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Des migrations barbares à l’éveil médiéval

À la fin du IVe siècle, les populations daco-romaines demeurées au nord du Danube assimilent assez rapidement les envahisseurs Goths poussés vers les Balkans par la pression des Huns qui vont s’installer, au Ve siècle, dans les plaines de la Tisza et du Danube moyen. Les raids de pillage des cavaliers d’Attila font alors disparaître la vie urbaine au nord du Danube.


VIe siècle : L’empereur byzantin Justinien (527-565) entreprend plusieurs expéditions au nord du Danube mais ces efforts restent vains alors qu’à la même époque des Germains, les Gépides, paraissent solidement installés en Transylvanie où ils sont bientôt subjugués par les Avars, des nomades surgis des steppes asiatiques qui dominent l’espace allant de la Pannonie à l’Ukraine, jusqu’à ce que Charlemagne les écrase en 796.


Fin du VIe siècle : Arrivée des Slaves, qui vont cohabiter avec les Proto-Roumains avant d’être assimilés par eux au cours des siècles suivants. En 602, ils franchissent la frontière danubienne de l’Empire byzantin et se répandent dans l’ensemble des Balkans, ce qui a contribué au maintien et à la vitalité de l’élément proto-roumain, qui aurait été étouffé par la masse slave si elle était demeurée privée de l’exutoire qu’allait être pour elle l’expansion jusqu’aux rives de l’Égée et de l’Adriatique. Il en va de même des Proto-Bulgares qui, pour la majeure partie d’entre eux, s’installent finalement au sud du Danube.


Les migrations qui se sont succédé dans la région allant des Carpates au Danube, de la fin de l’Antiquité aux alentours de l’an mil, et même au delà si l’on évoque les avant-gardes mongoles du XIIIe siècle, n’ont pourtant pas réussi à ébranler l’unité culturelle et ethnique des autochtones. Goths, Gépides, Slaves et Avars, plus tard Bulgares, Petchenègues, Magyars, Coumans et Tatars n’ont fait que passer ou ont été finalement assimilés puisque, durant les temps obscurs du haut Moyen Âge, la « roumanité » survécut à l’abri des montagnes transylvaines avant de s’affirmer de nouveau dans la plaine valaque et sur le cours inférieur du Danube.


XIIe siècle : Les textes témoignent de l’émergence progressive, entre Danube et Carpates, d’un peuple appelé à jouer dans cette région un rôle capital. Il s’agit des Valaques, également baptisés Vlaques à ces époques anciennes, puis désignés plus tard sous le nom de Roumains.


Chroniques, épopées et chartes anciennes témoignent de la présence des Valaques dans la région dès le haut Moyen Âge. La Chronique russe de Nestor affirme, à la fin du XIe siècle, que les Hongrois rencontrèrent les Valaques, en même temps que les Slaves, dès qu’ils franchirent les Carpates en 898 et que Slaves et Valaques cohabitaient dans la région. Le Notaire anonyme du roi Béla mentionne les luttes opposant Hongrois et Vlaques pour le contrôle de la Transylvanie. Simon Kéza écrit en 1205 que « les Vlaques étaient des anciens pasteurs et colons des Romains » et qu’ils sont demeurés depuis en Pannonie. Le poème germanique des Niebelungen nous montre les Vlaques placés sous l’autorité de leur roi Ramung (le Romain) établi dans le voisinage de la Pologne. Les chartes des rois de Hongrie écrites aux XIe et XIIIe siècles décrivent les Vlaques occupant la Transylvanie depuis un temps immémorial : « a tempore humanam memoriam transeunte per majores ; avos atavosque… possessa » (charte de 1231). En 1263, il y a des Valaques dans l’armée du roi Bela IV. Les Vlaques ne sont pas alors de simples bergers ou des paysans attachés à leur terre, ils ont une aristocratie formée de voïvodes, de juges de villages, de grands propriétaires se faisant confirmer leurs privilèges par les souverains hongrois. Ils disposent d’assemblées de comtés (congregationes) et se réunissent en communautés (universitates) qui revendiquent des droits ou défendent leurs coutumes. Peu nombreuse et subordonnée à l’aristocratie magyare, cette aristocratie roumaine va se magyariser mais c’est d’elle que sortiront ultérieurement un Jean Hunyadi et un Mathias Corvin. Ces Roumains ont un alphabet dont ils ont communiqué l’usage à leurs voisins les Szekler. Il s’agit de l’alphabet paléo-slave, celui de leur langue ecclésiastique reçue avec le christianisme de leur voisin l’Empire bulgare. À partir de la conquête définitive de la Transylvanie par le roi de Hongrie saint Étienne (997-1038), le développement d’un État roumain est compromis par celui de l’État magyar, d’autant que les Hongrois, devenus catholiques, persécutent les Roumains demeurés orthodoxes. Cette persécution aura pour effet de faire partir de Transylvanie deux groupes de Valaques qui, se déplaçant vers les plaines du Danube et vers le littoral de la mer Noire, iront y fonder les deux principautés de Moldavie et de Valachie.


À cette époque, les Valaques se répandent dans l’ensemble des Balkans, dans les nombreuses régions qui ont vu leur population régresser et l’on voit se multiplier les « Petites Valachies » (en Épire, dans le Rhodope…) alors que la Thessalie est parfois désignée sous le nom de « Grande Valachie ». Une partie de ces populations descend des éléments romains établis jadis sur la côte adriatique, que l’on désigne parfois sous le nom de « Valaques noirs ». Selon certaines sources, les Valaques de Thessalie se disent Armini (Romains) alors que ceux du Danube se désignent déjà comme Romini. Les chroniqueurs byzantins signalent dès le VIe siècle la présence de populations usant d’une langue latine dans la région. À la fin du Xe siècle, Cinnamus écrit que « les Valaques descendent d’anciens colons d’Italie » et, en 1033, le tsar bulgare Samuel élève des fortifications en un lieu appelé Kimba-Lungu, un nom à l’évidence « roumain ». À partir du XIIe siècle les mentions des Valaques deviennent courantes dans les textes byzantins. Évoquant les populations des Balkans et de Mésie, Nicétas affirme alors que « les habitants de ce pays s’appelaient autrefois Mésiens et aujourd’hui ce sont des Valaques ». L’histoire de ceux-ci se confond dans une large mesure, pendant le XIIe siècle, avec celle de leurs voisins bulgares avec lesquels ils combattent à plusieurs reprises les empereurs byzantins. Au début du XIIIe siècle, le souverain bulgare Kaloyan, qui domine alors les Balkans et s’est attaché le concours des Valaques, écrit au pape Innocent III en invoquant curieusement une commune ascendance romaine « in memoriam sanguinis et patriae nostrae, a qua descendimus ».


XIIe-XIIIe siècles : Les Valaques apparaissent plus nettement en Transylvanie et se répandent à l’est des Carpates. Plusieurs petites principautés se constituent, dont la réunion aboutira à la formation de la Valachie et de la Moldavie. Des principautés de ce type sont identifiées à cette époque en Moldavie : celles, slaves, de Jassy et de Berlad, ou celles, roumaines d’Olténie, de Petite et de Grande Valachie – qu’il ne faut pas confondre avec la « Grande Valachie » thessalienne évoquée plus haut –, respectivement aux mains du ban Bessaraba et du voïvode Seneslav. D’autres petits « États » comparables existent alors en Bucovine et aux confins de la Galicie. C’est au sein de cette population dans laquelle se mêlent éléments slaves et roumains que viennent alors s’implanter les colons transylvains qui unifient les principautés séparées et accroissent régulièrement l’importance de l’élément latin, ce qui aboutira à une assimilation complète des éléments slaves.


1290 : La première principauté valaque est fondée par un certain Radu Negru (Rodolphe le Noir), parfois nommé Tugomir Bassaraba, qui, vassal du roi de Hongrie Vladislav le Kouman, quitte son duché et franchit les Carpates pour établir sa capitale à Campu-Lungu. Il marie sa fille au roi de Serbie Stefan Milioutine et, fort de cette alliance, peut ainsi échapper à la tutelle hongroise.


1330 : Le roi de Hongrie Charles Robert d’Anjou est battu à Posada par Alexandre Bassaraba, un successeur de Radu Negru, quand il tente de lui imposer son autorité. Le successeur de Charles-Robert, Louis le Grand, échoue à son tour et, en 1377, Radu II peut acquérir une complète indépendance par rapport au trône hongrois. Pendant ce temps, l’État valaque s’étend toujours plus loin vers la mer Noire, occupant tout le territoire compris entre les bouches du Danube, la Dobroudja actuelle y compris la ville de Silistrie, ainsi qu’une partie de la Bessarabie, qui tire son nom des princes valaques de la dynastie des Bessaraba.


1349 : Le prince transylvain Bogdan s’établit à Suciava et fonde la principauté de Moldavie. Cette région a été conquise auparavant par le prince Dragosh, à l’époque où Radu le Noir s’établissait en Valachie, mais Dragosh et ses descendants, Sas et Balk, sont demeurés soumis au roi de Hongrie. C’est contre cette situation que se dresse Bogdan qui vient battre Balk et constituer à son tour, en Moldavie, un État indépendant. Pour faire face aux expéditions lancées par Louis de Hongrie, Bogdan doit reconnaître la suzeraineté du roi de Pologne. Il est clair que pour les principautés roumaines, l’adversaire principal demeure, à l’époque de leur naissance, le royaume de Hongrie dont elles sont séparées par les Carpates. À l’inverse, elles se tournent naturellement vers la Bulgarie et la Serbie : le Danube n’est pas une frontière et l’adhésion commune à l’orthodoxie est un puissant facteur de rapprochement.


1363 : Les Turcs remportent une première victoire sur une coalition de Valaques, de Bosniaques, de Serbes et de Hongrois à Sirf-Sindughi.


1374 : La dynastie de Bogdan s’éteint avec son fils Latzcu, qui s’est rapproché un temps du catholicisme, dans le vain espoir d’apaiser l’hostilité de la Hongrie. Le Lithuanien Iuga Koriatovitch est fait prince mais meurt en 1375. C’est un Valaque, Pierre Mouchate, qui inaugure une nouvelle dynastie en régnant de 1375 à 1391.


1386 : Avènement en Valachie de Mircea Ier le Grand qui régnera jusqu’en 1418. Il doit faire face au péril turc tout en se gardant de la menace hongroise. En s’alliant avec le roi de Pologne Vladislav Jagellon, il pense pouvoir neutraliser les ambitions hongroises et y parvient mais la victoire remportée par Mourad Ier sur les Serbes à Kossovo en 1389 place la Valachie dans une situation difficile. Battu par les Turcs, Mircea est exilé à Brousse et doit accepter de se soumettre au tribut pour être libéré en 1391.


1395 : Le roi de Hongrie Sigismond, inquiet de la poussée ottomane, s’allie à la principauté valaque mais Mircea est battu à Rovine et la croisade chrétienne organisée l’année suivante est complètement vaincue à Nicopolis par les troupes du sultan Bayézid Ier.


1401-1433 : Règne d’Alexandre le Bon, le premier véritable organisateur de la principauté moldave. Les deux principautés sont cependant affaiblies du fait d’un régime de succession au trône mêlant l’hérédité et l’élection dans la famille royale par un conseil des boyards. Les successions seront donc à plusieurs reprises l’occasion de luttes de clans nuisibles au bien commun.


1411 : Le souverain valaque Mircea Ier doit de nouveau accepter de payer tribut au sultan Mehmed Ier. Quand il s’en dispense et soutient contre lui un prince rebelle, Mehmed occupe les forteresses de Giurgévo et de Turnu-Séverinu d’où il peut lancer des expéditions de pillage en Valachie. La succession de Mircea, disparu en 1418, se révèle difficile en raison des luttes opposant ses descendants à leurs cousins. C’est Vlad III le Diable qui réussit à s’imposer sur le trône.


1444 : Défaite à Varna de la croisade conduite par le roi de Hongrie Vladislav Jagellon contre les Turcs.


1453 : Les forces du sultan Mehmed II s’emparent de Constantinople et mettent ainsi fin à l’Empire byzantin.


1456 : Le prince moldave Pierre Aron paie pour la première fois tribut aux Turcs.


1456 : Avènement de Vlad IV en Valachie. Le pays est alors largement repassé sous la coupe des Hongrois et doit de plus – outre un tribut annuel de 12 000 ducats – donner cinq cents enfants par an pour le corps des janissaires. Après la disparition du Hongrois Jean Hunyadi (d’origine roumaine, il a été appelé en Hongrie par le roi Sigismond) et de l’Albanais Skanderbeg – qui ont tous deux été à la tête de la résistance contre le Turc – c’est Vlad IV, surnommé l’Empaleur par ses ennemis, qui reprend le flambeau de la lutte contre les Ottomans et inflige une sévère défaite aux armées de Mehmed II, contraintes de se replier sur Andrinople.

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