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Rome
Ancienne chronologie
« Soleil nourricier, puisses-tu rien visiter de plus grand que la ville de Rome », a dit Horace dans son Chant séculaire (9-11). Dès avant les débuts de notre ère, Rome était, non seulement la capitale politique d’un empire s’étendant presque aux limites du monde connu, mais aussi le centre d’une cosmographie dans laquelle elle était devenue tout simplement « la Ville », « l’Urbs ». Orbis terrarum, c’était bien là ce qu’indiquaient le milliaire d’or du Forum ou encore la carte du Portique d’Agrippa sur le Champ de Mars. Jupiter n’avait-il pas prédit à Vénus qu’« aux Romains, ni limites ni durée je n’assigne : je leur ai dit un empire sans fin » (Virgile, Enéide, I, 278) ? Pôle d’attraction, centre intellectuel et artistique, cœur des richesses et cible de toutes les convoitises, lieu unique de procédure du droit et du commandement, elle a servi de modèle à l’édification des cités passées sous son joug, et de fondement à notre civilisation. Véritable mégapole avant l’heure, elle abritait en ses murs un million d’habitants suscitant la mise en place d’administrations jusqu’alors inédites. En dépit de son déclin au Moyen Age, elle marque une seconde fois le monde de son empreinte universelle en devenant la capitale du christianisme et le siège d’une papauté qui cherchera longtemps à s’imposer dans les affaires temporelles des cours européennes. Les pèlerins commencent à affluer pour se recueillir désormais sur les traces des premiers martyrs et les jubilés, organisés depuis le début du XIVe siècle, rencontreront un succès qui ne se démentira jamais. Ville de rédemption et de consécration, elle offre une nouvelle dimension à la place véritablement unique qu’elle occupe dans l’imaginaire occidental. L’époque moderne a, quant à elle, vu un nouveau type de voyageur tourner ses pas vers la ville éternelle : les artistes se pressent dans cette cité de la Renaissance, transformée par l’œuvre des papes mécènes avant que les aristocrates ne fassent étape, dans le cadre de leur « grand tour », sur les bords du Tibre. La promenade mélancolique dans Rome s’impose alors comme un genre obligé, car « partout ailleurs, on est obligé de chercher ce qui vaut la peine d’être vu, ici on est obsédé, surchargé » (Goethe). Aujourd’hui, la capitale italienne est l’une des villes les plus visitées du monde. On peut y venir voir les vestiges de la Rome sépulcrale de l’Antiquité ou les façades spectaculaires du XVIIe siècle baroque, y méditer avec nostalgie sur la grandeur des empires, s’émouvoir des premières tombes chrétiennes ou profiter des charmes de la Dolce Vita. Au terme d’une histoire longue de 3 000 ans, Rome est tout cela à la fois, un véritable palimpseste de civilisations superposées. Cette plongée dans les différentes strates d’un temps plurimillénaire submergera d’émotions celui qui, par exemple, s’arrêtera un instant aux abords du Capitole, là où, d’une certaine manière, tout a commencé, et portera son regard sur ce qui l’entoure : sur une place dessinée par Michel-Ange trône l’antique statue équestre de Marc-Aurèle qu’encadrent ici un palais du XVe siècle, et là, un autre du XVIIe. En contrebas, la prison mamertine, où auraient été enfermés saint Pierre et saint Paul, côtoie les marbres consacrés aux dieux païens de l’ancienne Rome, que surplombe de ses quadriges ailés le néoclassique Vittoriano, redondant souvenir du Risorgimento ; plus loin, de l’autre côté d’une large avenue percée par le pouvoir fasciste et arpentée par de modernes centurions faisant la joie des touristes, la colonne Trajane et la tour médiévale des Milices. « Les dépôts matériels des siècles successifs non seulement se recouvrent, mais s’imbriquent, s’entrepénètrent, se restructurent et se contaminent les uns les autres » (Julien Gracq), donnant au centre de Rome un lustre que nulle autre cité ne peut lui disputer. Rome était-elle prédisposée à imposer ainsi durablement au monde sa domination politique et culturelle ? Les auteurs antiques se sont plu à trouver dans la géographie du site de Rome les preuves d’un tel déterminisme. Ainsi, dans son De Republica (II, 3-5), Cicéron analyse les avantages et les inconvénients des sites maritimes, ce qui le conduit à considérer celui de Rome comme une sorte d’idéal classique pour toute cité « fondée avec des espérances de durée et d’empire ». La ville bénéficie de sa proximité avec la mer Tyrrhénienne, tout en échappant aux inconvénients du rivage que sont l’insécurité, la piraterie ou encore l’exposition à la corruption des mœurs étrangères. Le Tibre, doublé par la via Salaria qui suit son tracé, est un fleuve navigable qui offre un gué à la hauteur du forum Boarium, renforçant la position de carrefour de la ville. Les sept collines canoniques de Rome (l’Aventin, le Caelius, le Capitole, l’Esquilin qui se prolonge par l’Oppius et le Cispius, le Palatin, le Quirinal, le Viminal), ont permis d’échapper aux marécages de la dépression centrale qui allait devenir, une fois drainée, le Forum. C’est toute cette topographie qu’évoquera Tite-Live, en prêtant à Camille un fameux discours, après l’attaque gauloise de 390 av. J.-C. : « Ce n’est pas sans motif que les dieux et les hommes ont choisi cet emplacement pour fonder Rome : des collines très saines, un fleuve commode par où descendent les produits de l’intérieur du pays et accessible au trafic maritime, la mer assez proche pour notre commodité, sans que sa proximité excessive nous expose aux attaques des flottes étrangères, enfin, au centre de l’Italie, une situation unique bien faite pour l’accroissement de la ville ». Certes, aujourd’hui, le site de la capitale italienne ne revêt plus la même importance et il est difficile de deviner, dans la forêt de coupoles dont s’est hérissée la cité, les sommets des collines originelles. La ville qui, jusqu’en 1870 encore, remplissait à peine le cadre antique, déborde maintenant largement la ceinture autoroutière et les cités nouvelles se multiplient. Les vingt-deux rioni, ou quartiers centraux, se dépeuplent au profit de la banlieue anarchique. Mais, en dépit de la perte d’identité de certains lieux – conséquence des effets du tourisme de masse –, il demeure possible de retrouver cette ancienne Rome qu’évoquait Bède le Vénérable, car, « tant que le Colisée sera debout, Rome aussi sera debout ; quand tombera le Colisée, Rome aussi tombera ; quand Rome tombera, le monde aussi tombera ».
Le site de Rome a été occupé bien avant la date canonique de 753 av. J.-C. Des fouilles ont mis au jour des fragments de céramique datant de l’âge du bronze (XIVe-XIIIe siècle av. J.-C.), près de sant’ Omobono et dans la zone du forum Boarium, dans de la terre amenée du Capitole. De petits villages, attestés par la découverte de trous de poteaux et de fonds de cabanes, étaient établis le long des escarpements, constituant des sites défensifs, à distance des eaux stagnantes et malsaines des rives du Tibre. Cet habitat épars regroupait des cabanes de bergers, faites de bois et de chaume, qu’imitaient les urnes funéraires déposées en contrebas dans les tombes de la plaine marécageuse du futur Forum, avant que l’inhumation ne remplaçât l’incinération à partir du Xe siècle av. J.-C. Une fédération, le Septimontium, aurait alors regroupé les sept collines entourant la dépression centrale. Vers 800 av. J.-C., l’archéologie permet de situer les premières transformations qui conduiront à la constitution d’une cité, issue du synœcisme des villages jusque-là indépendants les uns des autres : une muraille, dont on peut voir les vestiges sur les pentes septentrionales du Palatin, est édifiée. Le Forum n’est plus un cimetière et commence à être habité. Les sépultures, qui révèlent une différenciation sociale plus marquée et les contacts établis avec le monde grec, sont repoussées vers l’Esquilin. Cette mise à distance des morts suppose la fixation de l’espace du monde des vivants, qui aurait couvert au VIIIe siècle plus de 150 hectares, une surface plus importante que les métropoles étrusques contemporaines.
 
21 avril 753 av. J.-C. : Fondation mythique de Rome selon la chronologie établie par Varron. On en trouve le récit notamment chez Tite-Live (mais aussi chez Denys d’Halicarnasse, Ovide et Plutarque). Le héros troyen Enée a fondé dans le Latium, à la fin du XIIe siècle av. J.-C., la cité de Lavinium (l’actuelle Pratica di Mare) et son fils Ascagne, à la génération suivante, Albe la Longue. Son treizième successeur, Numitor, est détrôné par son frère Amulius qui se débarrasse de ses neveux et fait de sa nièce une vestale, la condamnant ainsi au célibat. La jeune Rhéa Silvia n’en donne pas moins naissance à deux jumeaux, fils du dieu Mars. Abandonnés par leur oncle sur le Tibre, ils échouent au pied du Palatin devant le figuier Ruminal. Elevés par une louve et par le berger Faustulus, ils rendent à l’âge adulte le trône à leur grand-père et entreprennent de fonder à leur tour une cité. Le 21 avril 753, Romulus veut donner son nom à la ville, estimant avoir reçu un signe favorable des augures : il a vu, depuis le Palatin, plus d’oiseaux que son frère, installé sur l’Aventin. Il trace donc le sillon (que l’on assimile parfois à celui de la Roma Quadrata) et tue son frère qui tentait de le profaner. Ce pomerium revêt une signification très forte, car il fait de la cité un espace sacré : aucun mort ne peut y être enterré, on ne peut y pénétrer en armes (sauf pour le triomphe). Ce caractère sacré aura par la suite sa traduction dans le droit public en donnant lieu à deux formes d’imperium : domi, à l’intérieur de la ville ; et militiae, à l’extérieur. 753-717 av. J.-C. : Règne de Romulus durant lequel intervient l’épisode du rapt des Sabines. Pour peupler leur nouvelle cité, les Romains enlèvent les femmes d’un peuple voisin qu’ils avaient invité à un concours sportif. Mais la trahison de l’une d’entre elles, Tarpéia, permet aux Sabins de s’emparer du Capitole avant que tous ne se réconcilient pour ne plus former qu’un peuple, celui des Quirites. 717-616 av. J.-C. : Règne des rois sabins, après la mort de Romulus, disparu dans un orage et promu au rang divin. C’est sous leur gouvernement que le Forum va se développer et que va apparaître le complexe de la Regia. L’agglomération est divisée en quatre quartiers, des aménagements portuaires apparaissent au bord du Tibre. 717-673 av. J.-C. : Numa Pompilius, un roi sabin qu’inspirait la nymphe Egérie, organise la vie religieuse des Romains : il est à l’origine de l’institution des principaux collèges de prêtres, des vestales, de la charge de Grand Pontife et de la division de l’année en jours fastes et néfastes. 673-640 av. J.-C. : Règne de Tullus Hostilius. C’est au cours d’une guerre livrée contre Albe qu’intervient l’épisode fameux du combat des Horaces contre les Curiaces. On doit à Tullus Hostilius la première Curie, un lieu de réunion réservé aux chefs des grandes familles, les patres, mais devant lequel va également se développer le comitium, réservé aux rassemblements du peuple romain. C’est là que se réunissaient les comices tributes, représentant le peuple romain quand il devait intervenir dans les affaires civiles et investir les magistrats inférieurs. Les comices centuriates se rassemblaient sur le Champ de Mars pour délibérer des questions militaires. 640- 616 av. J.-C. : Sous le règne d’Ancus Martius, les Latins auraient été vaincus et déportés sur l’Aventin (certains y ont vu l’origine des plébéiens). Un port est fondé à proximité de la future Ostie. Un premier pont, le pont Sublicius, est jeté sur le Tibre. 616-509 av. J.-C. : Royauté étrusque. 616-579 av. J.-C. : Règne de Tarquin l’Ancien qui entreprend les travaux d’assèchement de la vallée du Forum, la mise en place des égouts (cloaca maxima) et la construction du grand cirque. 578-534 av. J-C. : Le roi Servius Tullius répartit la population en quatre tribus urbaines (que compléteront les tribus rustiques), subdivisées en classes et en centuries, en fonction de la richesse et non pas de la naissance. La cité s’agrandit avec l’incorporation du Quirinal et du Viminal à l’intérieur de la muraille dite « servienne », dont on peut voir des vestiges aujourd’hui près de la gare Termini. Longue de 11 kilomètres, elle délimitait une superficie de 426 hectares. Milieu du VIe siècle av. J.-C. : Une inscription du Lapis Niger, une pierre noire retrouvée sur le Forum, atteste l’existence de rois à cette époque. 534-509 av. J.-C. : Règne du tyran Tarquin le Superbe. Il poursuit l’entreprise de drainage du Forum et fait construire le temple de la Triade protectrice de Rome (Jupiter, Junon et Minerve) sur le Capitole. Son plan à triple cella est caractéristique de l’architecture étrusque. Son fils viole une matrone romaine, Lucrèce, qui se suicide. Les Romains, conduits par Brutus, se révoltent et renversent la monarchie. L’archéologie témoigne de traces de destructions dans la zone du Forum, près de la Regia, à la fin du VIe siècle av. J.-C.
 
« Là nous interromprons le fil de notre récit, pour examiner la forme du gouvernement romain, et l'on verra qu'il ne pouvait être mieux constitué, non seulement pour se rétablir dans l'Italie et dans la Sicile, ainsi que pour soumettre les Espagnes et les Gaules ; mais encore pour triompher des Carthaginois, et songer à l'empire du monde » (Polybe, Histoire, VI). Dès le IIe siècle av. J.-C., l’idée d’une prédisposition de la Ville à devenir la capitale du monde était familière aux Romains. L’époque républicaine a vu en effet la petite cité-Etat du Latium lutter contre ses proches voisins, puis en Italie du Sud avant de s’imposer comme la puissance dominante du Bassin méditerranéen aux plans culturel, militaire et économique. Devenir le centre d’un ensemble géographique ainsi étendu aux limites de l’oikoumène a alors durablement marqué la cité : cette ascension a eu pour toile de fond les luttes entre patriciens et plébéiens (Ve-IVe siècle av. J.-C.), les crises sociales et politiques et l’épineuse question de l’attribution des terres publiques (IIe siècle av. J.-C), ou encore la douloureuse guerre civile qui, au Ier siècle av. J.-C., devait marquer la fin du système politique qui avait fait sa puissance. Elle a également laissé sa marque dans l’Urbs même, théâtre de la rivalité des puissants : les magistrats évergètes et les généraux vainqueurs y ont affirmé leurs ambitions politiques et en ont fait le décor de leur triomphe, pour le plus grand bénéfice de ses habitants. 509 av. J.-C. : Naissance d’un nouveau régime politique, la république, marquée par l’élection des deux premiers consuls, Lucius Junius Brutus et Lucius Tarquinus Collatinus, rapidement remplacé par Publicola. Les fastes ou listes consulaires commencent à cette date, ainsi que le principe de collégialité et d’annalité de la magistrature. Le temple capitolin est dédicacé, ce qui en fait, de façon opportune, un monument républicain et non pas un temple édifié par les rois étrusques honnis. Il deviendra le point d’aboutissement de la cérémonie du triomphe. L’archéologie confirme ce changement de régime en constatant le ralentissement des importations de céramique venant d’Etrurie au début du Ve siècle av. J.-C. 507 av. J.-C. : Selon la tradition, le roi étrusque Porsenna attaque Rome pour y réinstaller les Tarquin, donnant lieu à des épisodes héroïques de la mémoire romaine : Horatius Coclès défendant seul le pont Sublicius contre l’ennemi, ou encore Mucius Scaevola, dont la détermination aurait impressionné l’adversaire, au point de lui faire retirer ses troupes. Certains historiens n’accordent aucun crédit à l’attaque de Porsenna et pensent que c’est lui qui aurait en réalité chassé les Tarquin de Rome. 501 av. J.-C. : Première nomination d’un dictateur, face à la menace des Latins et des Sabins. Il s’agit d’une magistrature légale, accordant, pour une durée de six mois, une autorité supérieure à un personnage qui reçoit ainsi la mission de résoudre une crise grave. Elle est attestée à quatre-vingt reprises jusqu’à la fin du IIIe siècle av. J.-C. Ve siècle av. J.-C. : Période de recul et de repli de Rome, confrontée à des voisins belliqueux. L’état de guerre permanent engendre des tensions sociales et politiques. 499 ou 496 av. J.-C. : Au lac Régille, les Romains battent la ligue des Latins à laquelle s’est joint Tarquin, le dernier roi étrusque. Un temple aurait alors été dédié aux Dioscures, Castor et Pollux, pour les remercier de leur intervention dans la bataille. Il est édifié à l’endroit même où, sur le Forum, ils auraient fait boire leurs chevaux et annoncé la victoire à la population de Rome. 494 av. J.-C. : La plèbe se retire sur le mont Sacré ou sur l’Aventin. Elle comprend à l’origine des citoyens riches et pauvres, des patrons et leurs clients qui ne sont pas organisés en gens, autour d’un culte ancestral. A la fin de la république, le terme désignera davantage le petit peuple par opposition aux chevaliers et aux sénateurs. En 494 av. J.-C., les plébéiens protestent contre la structure oligarchique du pouvoir et le monopole détenu par les patriciens dans le gouvernement de l’Etat. Ils obtiennent la création des tribuns de la plèbe, des magistrats chargés de les défendre et disposant d’un droit de veto à l’encontre des décisions des consuls. Une assemblée compétente pour voter des lois  les plébiscites, qui ne valent originellement que pour la plèbe  est également créée. Un temple est dédié peu après sur la colline de l’Aventin à Cérès, Liber et Libera, qui rivalisent sur le plan religieux avec la triade capitoline. 493 av. J.-C. : Le Foedus Cassianum, un traité, garantit à Rome la capacité de traiter d’égal à égal avec l’ensemble des autres membres de la confédération latine. 488 av. J.-C. : Guerre contre les Volsques, aidés dans leur entreprise par Coriolan qui trahit Rome après s’être illustré au lac Régille. 477 av. J.-C. : Plus de trois cents membres de la seule gens Flavia sont anéantis lors de la défaite du Crémère contre Véiès. 458 av. J.-C. : Guerre contre les Eques, repoussés grâce à Cincinnatus qui, pourtant ruiné par un procès intenté à son fils, accepte par dévouement, pour le bien public, de quitter son champ pour devenir consul. 451- 449 av. J.-C. : Dix magistrats, les decemvirs, remplacent les consuls et rédigent la loi des XII Tables, douze lois inscrites sur douze plaques de bronze exposées sur le Forum. Elles constituent la base du droit romain. Ils gouvernent en tyrans. Leur chute est provoquée par la mort de Virginie : l’un d’eux aurait voulu assujettir la jeune fille que son père aurait alors préféré tuer, entraînant la révolte de la population. 449 av. J.-C. : Seconde sécession de la plèbe. 445 av. J.-C. : Les mariages entre patriciens et plébéiens sont autorisés. 443 av. J.-C. : Création des censeurs. Tous les cinq ans, ils révisent la liste des sénateurs et recensent la population en fonction de sa richesse. 439 av. J.-C. : Alors que la famine sévit à Rome, un riche plébéien, Spurius Maelius, distribue du blé au peuple. Accusé d’aspirer à la royauté, il est exécuté. 438 av. J.-C. : A partir de cette date, et de façon plus ou moins régulière jusqu’en -367, Rome n’a plus de consuls, mais un collège de magistrats, les tribuns militaires à pouvoirs consulaires, ce qui témoigne des difficultés rencontrées face aux peuples voisins. 396 av. J.-C. : Prise de Véies par le dictateur Camille, à la suite d’un siège de dix ans que la tradition a assimilé à la guerre de Troie. L’origine de ce long conflit avec les Etrusques, entamé dès 485, est à rechercher dans la rivalité les opposant à Rome pour l’exploitation des salines situées au nord de l’embouchure du Tibre et pour la possession des territoires de la rive droite du fleuve. Pour avoir laissé ses hommes se partager le butin, Camille est exilé. 390 av. J.-C. : L’armée romaine est battue sur l’Allia par des Gaulois, les Senons, conduits par Brennus. Rome est mise à sac tandis que les défenseurs se réfugient sur le Capitole qui, grâce aux fameuses oies, ne sera pas pris. Les assiégés doivent néanmoins racheter leur liberté au prix d’une énorme rançon (« Vae victis ! »  « Malheur aux vaincus ! »). Camille, rappelé de son exil, prononce un discours fameux pour empêcher la population de quitter le site de Rome : « Pour moi, je vous l'avoue, si j'ai oublié votre injustice, je me rappelle mon malheur ; dans mon exil, toutes les fois que la patrie se représentait à ma pensée, c'était toujours avec le regret de ne plus trouver devant moi ces collines, ce Tibre, ce paysage, ces plaines, auxquels mes yeux étaient si accoutumés, et ce ciel qui avait éclairé mon berceau et les heureux jours de mon enfance… Ce n'est pas sans raison que les dieux et les hommes ont choisi ce lieu pour l'emplacement de Rome : l'extrême salubrité de ses coteaux, les grands avantages d'une rivière par où descendent d'un côté les récoltes du continent, et par où arrivent de l'autre les approvisionnements de la mer ; cette mer, suffisamment proche pour les facilités du commerce, et trop éloignée pour nous exposer aux insultes des flottes étrangères ; une position au centre de l'Italie et qui semble se prêter d'elle-même aux accroissements de notre puissance… Vous pourriez emporter ailleurs avec vous votre courage ; mais vous ne pourriez emporter la fortune de ces lieux. Ici est le Capitole où fut jadis trouvée cette tête d'homme qui, au dire des devins, annonçait qu'à cette place serait la tête du monde, la souveraine des empires : ici la Jeunesse et le dieu Terme, lorsque les augures transportèrent ailleurs les dieux du Capitole, refusèrent de quitter leur place, à la grande joie de nos pères ; ici sont les feux de Vesta, les boucliers sacrés descendus du ciel, et tous ces dieux dont la faveur vous quitte du moment que vous les quittez. » (Tite-Live, Histoire, V, 54). Plus tard, les Romains attribueront à l’incendie de la ville par les Gaulois le plan apparemment anarchique de leur cité : l’Etat aurait en effet encouragé une reconstruction rapide, mais sans définir une véritable politique urbanistique. 384 av. J.-C. : Marcus Manlius Capitolinus, héros de la résistance aux Gaulois, est accusé d’aspirer à la royauté : il est précipité du haut de la roche Tarpéienne. 378 av. J.-C. : La muraille servienne est restaurée. 367 av. J.-C. : Législation Licinio-Sextienne, du nom des deux tribuns qui rétablissent le consulat et imposent que l’un des deux consuls soit issu de la plèbe. La construction du temple de la Concorde est entreprise. Création de nouvelles magistratures (les préteurs, les édiles curules et les questeurs). 356 av. J.-C. : Pour la première fois, un plébéien accède à la dictature. 348 av. J.-C. : Un premier traité, portant sur les conditions de trafic commercial en Méditerranée, est signé avec Carthage. 343-290 av. J.-C. : Guerres contre les montagnards samnites et contre les Latins. Elles donnent lieu à de mémorables épisodes de l’histoire romaine : le sacrifice de Publius Decius Mus au cours de la bataille du Veseris en 340, selon le rite de la devotio ; l’installation sur la tribune aux harangues sur le Forum, des éperons, ou rostres, pris aux navires de la cité volsque d’Antium ; l’humiliation des Fourches Caudines imposée à l’armée romaine après sa défaite de 321 av. J.-C. 342 av. J.-C. : Loi sur le cursus honorum, la carrière des honneurs, réglementant l’accès aux différentes magistratures romaines. 338 av. J.-C. : A l’exception de Préneste et de Tibur, tout le Latium est annexé et Rome affirme son hégémonie sur l’Italie centrale. Les Latins se voient accorder la citoyenneté romaine. Ailleurs, les vaincus obtiennent une citoyenneté dépourvue des droits politiques. L’ager romanus mesure dès lors 5 289 kilomètres carrés contre 822 en 509 av. J.-C. Cette date est souvent perçue comme un tournant dans l’histoire de la cité du fait d’une importante extension géographique, d’une relative stabilité des institutions ou encore des transformations imposées à l’armée par la guerre contre les montagnards samnites (apparition d’une nouvelle unité tactique plus souple que la phalange, le manipule, adoption du pilum et du bouclier oblong…) 338 ou 335 av. J.-C. : Fondation d’Ostie. 329 av. J.-C. : Nouvelle incursion des Gaulois dans le Latium. 312 av. J.-C. : Le censeur Appius Claudius fait construire l’aqua Claudia, le premier aqueduc romain (apportant quotidiennement 75 000 m3 d’eau sur le Palatin) et la via Appia reliant Rome à Capoue et l’ouvrant sur la Campanie. Pavée de dalles de basalte, large de 4,10 mètres, elle permettait la circulation des véhicules à double sens par tous les temps. Elle était bordée de fossés pour l’écoulement des eaux. Ce grand aristocrate hellénisant, auteur d’un recueil de formules et de sentences, aurait, par ailleurs, conduit des réformes démocratiques. 300 av. J.-C. : Les plébéiens sont autorisés à faire partie des collèges sacerdotaux des pontifes et des augures. 287 av. J.-C. : Législation hortensienne sur le lotissement des terres prises sur la Sabine. Cette lex Hortensia ordonne également que les plébiscites soient rendus équivalents aux lois votées par les comices centuriates et s’appliquent, non pas à la seule plèbe, mais à toute la population. 272 av. J.-C. : A l’issue de la guerre contre Pyrrhus et Tarente, Rome domine l’Italie. 264-241 av. J.-C. : Première guerre punique suscitée par l’appel des Mamertins, des mercenaires de Campanie, contre Hiéron de Syracuse. Rome apparaît désormais comme une puissance navale en Méditerranée. 264 av. J.-C. : Premiers combats de gladiateurs à Rome. 256-255 av. J.-C. : Expédition de Régulus en Afrique durant la première guerre punique. Prisonnier des Carthaginois, il est envoyé à Rome pour négocier un échange de prisonniers, mais défend auprès du Sénat la plus grande fermeté à l’égard de l’ennemi. Il est supplicié à son retour en Afrique, devenant, dans la mémoire collective, un modèle de fermeté et de courage. 241 av. J.-C. : Construction de la via Aurelia de Rome à Pise. 240 av. J.-C. : Andronicus écrit les premières pièces en latin à Rome. On lui attribue également une traduction de l’Odyssée. 237 av. J.-C. : Occupation de la Corse et de la Sardaigne. 235 av. J.-C. : Les portes du temple de Janus sont fermées en signe de paix, ce qui ne devait plus se produire avant Auguste. 229-219 av. J.-C. : Les guerres illyriennes contre la piraterie permettent à Rome de s’imposer sur l’autre rive de l’Adriatique. 227 av. J.-C. : La Sicile devient la première « province » romaine. 225-222 av. J.-C. : Guerre contre les Gaulois de la vallée du Pô. 220 av. J.-C. : Construction de la via Flaminia, reliant Rome à la Gaule cisalpine. On doit aussi à Flaminius les travaux d’aménagement du cirque qui porte son nom, où sont donnés les jeux plébéiens à partir de 216. 219-201 av. J.-C. : La prise de Sagonte par Hannibal déclenche la deuxième guerre punique qui met Rome, menacée en Italie même, en péril. Les batailles de Trasimène en 217 et de Cannes en 216 figurent parmi les plus graves défaites de son histoire. En 211, le chef carthaginois pille le Latium et campe sous les murs de Rome. Si le déplacement du conflit en Afrique et la victoire de Zama remportée par Scipion permettent finalement de l’emporter, les conséquences du conflit sont particulièrement lourdes : ainsi, entre 218 et 215, sur les 108 000 hommes mobilisés, 50 000 périssent. Les déplacements de population sont à l’origine de la réduction de la production agricole et de l’appauvrissement des petits propriétaires, refoulés vers l’Urbs. 218 av. J.-C. : La lex Claudia interdit aux sénateurs toute activité visant un profit, laissant aux seuls chevaliers le monopole de l’adjudication publique des dépenses et des recettes de l’Etat. 218-167 av. J.-C. : Tite-Live évoque la construction ou la restauration de vingt-huit temples. 215-168 av. J.-C. : Guerres de Macédoine (215-205, 200-196, 172-168). Rome l’emporte et s’impose comme puissance orientale. Vers 214-212 av. J.-C. : Abaissement du cens de la Ve classe, pour faire entrer plus de prolétaires dans l’armée. 212-186 av. J.-C. : Pièces de Plaute, considéré comme le père de la comédie à Rome. 211 av. J.-C. : Création du denier d’argent. 204 av. J.-C. : Introduction à Rome du culte oriental de la Grande Mère, un oracle ayant assuré qu’elle permettrait de vaincre Hannibal. 200-175 av. J.-C. : Près de quinze temples sont édifiés à Rome. 196 av. J.-C. : Flaminius proclame la liberté des Grecs à Corinthe. 192 av. J.-C. : Construction du pont Fabricius sur le Tibre. 188 av. J.-C. : Victoire de Rome contre les Séleucides. 187 av. J.-C. : Construction de la via Aemilia. 186 av. J.-C. : Affaire des Bacchanales : l’état d’exception est instauré pour la répression du culte bachique, suspecté de porter atteinte à l’ordre public. 184 av. J.-C. : Censure de Caton qui exerce ses fonctions avec beaucoup de sévérité. On lui élèvera une statue avec, pour inscription : « A Caton, qui a corrigé les mœurs ». Il lutte contre l'hellénisation de la classe politique, entreprend la réfection du système d’égouts, fait bâtir la basilique Porcia sur le Forum et est perçu comme l’un des fondateurs de la littérature latine (De agricultura). Il fera de la destruction définitive de Carthage son cheval de bataille jusqu’à la fin de sa vie. 184 av. J.-C. : Le poète Ennius, originaire du Sud de l’Italie, reçoit la citoyenneté romaine. Il a adapté l’hexamètre grec à la poésie latine. 173 av. J.-C. : Pour couvrir le temple de la Fortune équestre, le consul Q. Fulvius Flaccus vole les tuiles en marbre du temple d’Héra Lacinia à Crotone. Cet épisode rend compte de la pauvreté des matériaux alors utilisés à Rome (tuf et terre cuite). 170 av. J.-C. : Construction sur le Forum de la basilique Sempronia (qui deviendra la basilique Julia en 54 av. J.-C.). 167 av. J.-C. : La victoire sur la Macédoine et Persée libère les citoyens romains de l’impôt direct finançant l’armée jusqu’au milieu du Ier siècle av. J.-C. (mais les alliés latins, pourtant plus mobilisés que les Romains, continueront, eux, à payer cet impôt). Mille otages achéens arrivent dans la cité, parmi lesquels Polybe, le plus grand historien grec de Rome. La découverte de la Grèce va durablement marquer la parure monumentale de Rome. On adopte le marbre du Pentélique, les portiques à colonnades ioniques ou corinthiennes. 166-160 av. J.-C. : Comédies de Térence. Elles témoignent de l’attrait exercé par l’hellénisme sur une partie de la noblesse romaine, et ce en dépit des récriminations de Caton. 149-146 av. J.-C. : Troisième guerre punique, à l’issue de laquelle Scipion Emilien rase la ville de Carthage. 146 av. J.-C. : Sac de Corinthe par les Romains. 133 av. J.-C. : Tribunat de Tiberius Gracchus, un fervent partisan de la réforme agraire. Il veut en effet reconstituer la classe moyenne des petits propriétaires lésés par la conscription et les nombreux conflits. Il pense ainsi lotir l’ager romanus, au détriment des plus riches qui ont eu tendance à l’accaparer pour en faire des pâtures et des latifundia. Il meurt lynché par ses adversaires. Il apparaît ainsi comme l’une des premières figures du « parti » des populares, favorables aux réformes et aux intérêts du peuple, contre celui des optimates, partisans de l’oligarchie sénatoriale, qui vont, de façon récurrente, s’opposer jusqu’à la fin de la république. Mais tous font partie de la nobilitas, l’aristocratie. 133 av. J.-C. : Le roi de Pergame Attale III lègue son royaume à Rome. 131 av. J.-C. : Le vote des lois devient secret. 123-121 av. J.-C. : Tribunat de Caius Gracchus. Il reprend la loi agraire de son frère, mais en lui donnant plus d’ampleur. Il met en place des distributions de blé à bas prix, pour mettre le citoyen à l’abri de la spéculation, et obtient le soutien de l’ordre équestre en confiant aux publicains la ferme des douanes d’Asie. Il est aussi assassiné. 112-106 av. J.-C. : Guerre contre Jugurtha en Afrique. Triomphe de Marius qui en a pris la direction au détriment de Metellus : il a, à cette occasion, recruté des soldats par enrôlements volontaires, mettant en place une première armée de métier alors que, traditionnellement, on avait recours à la conscription, déterminée par le cens. Jugurtha sera exécuté dans sa prison, à Rome. 107 av. J.-C. : Premier consulat de Marius, réélu tous les ans entre 104 et 101. 102-101 av. J.-C. : Marius bat les Teutons et les Cimbres. 101 av. J.-C. : Naissance de César. Fin du IIe siècle av. J.-C. : Edification du temple dédié à Hercule vainqueur. 91-88 av. J.-C. : Révolte des alliés italiens qui obtiennent le droit de cité. 88-82 av. J.-C. : Guerre civile à Rome. Sylla, privé du commandement  attribué à Marius  des troupes engagées dans la guerre contre Mithridate, marche sur Rome. Il en profite pour accroître le pouvoir du Sénat et diminuer celui des comices. Marius assiège la ville et, déclaré ennemi public, Sylla doit fuir. Aidé par le jeune Pompée, il revient dans Rome en -82, après un combat près de la porte Colline et proscrit ses adversaires dont il rend la liste publique (80 sénateurs et 440 chevaliers). La lex Valeria lui accorde le titre de « dictateur à pouvoir législatif et constituant » pour une durée illimitée. Jusqu’en 79, son œuvre vise à affaiblir le tribunat et à renforcer le Sénat. S’il abdique volontairement avant de mourir en 78, il reste le premier à avoir dévoyé le sens de la dictature à Rome. 86 av. J.-C. : Mise à sac d’Athènes par l’armée de Sylla dans le cadre de la lutte contre Mithridate, le roi du Pont. Mort de Marius la même année. 78 av. J.-C. : Création du Tabularium, renfermant les archives de l’Etat. 73-71 av. J.-C. : Révolte des esclaves conduits par Spartacus. Crassus en vient à bout. 6 000 prisonniers seront crucifiés le long de la voie Appia. Vers 70 av. J.-C. : Environ 395 000 à la fin du siècle précédent, les citoyens romains sont désormais 900 000, la citoyenneté ayant été étendue aux alliés. 70 av. J.-C. : Consulat de Pompée et de Crassus, durant lequel l’autorité des tribuns est restaurée. Les tribunaux sont réformés et composés désormais pour un tiers de sénateurs, un tiers de chevaliers et un tiers de tribuns de l’aerarium. 70 av. J.-C. : Cicéron attaque Verrès, propréteur pillard de la province sicilienne. Chevalier ayant reçu une éducation soignée, il avait déjà, par ses plaidoiries, contribué à l’abdication de Sylla. 68 av. J.-C. : Préture de l’érudit Varron. 67 av. J.-C. : Pompée vient à bout de la piraterie en Méditerranée. 66-63 av. J.-C. : Pompée conquiert l’Asie Mineure, l’Arménie, la Syrie, la Judée. 65 av. J-C. : Edilité de César, qui fait donner des jeux grandioses ; Poésies de Catulle. 63 av. J.-C. : Cicéron met fin à la conjuration de Catilina, un candidat populaire au consulat qui s’était vu barrer la route par les optimates, et avait, un temps, rassemblé les mécontents et les aigris de toutes sortes. Cicéron, sénateur depuis 74 av. J.-C., appartient au parti démocratique soucieux de maintenir la république qu’il n’imagine néanmoins qu’entre les mains des optimates. C’est l’un des pires ennemis du démagogue Clodius. 61 av. J.-C. : Pompée célèbre un triple triomphe. Par cette cérémonie, en franchissant le pomerium, le général vainqueur abandonne son pouvoir de commandement militaire, pour marquer symboliquement son retour à sa condition de simple citoyen. Partant du Champ de Mars, où les légionnaires déposaient les armes, se détournant du dieu de la guerre, le cortège triomphal passait au circus Maximus, sur le Palatin, empruntait la via Sacra (Voie sacrée) et se terminait sur le Capitole, où le général vainqueur se purifiait des souillures du sang. Il y sacrifiait lui-même des bœufs à Jupiter Capitolin, Optimus et Maximus (« le plus grand et le meilleur »). Pompée entame par ailleurs la construction d’un vaste ensemble architectural sur le Champ de Mars (théâtre, temple de Vénus Victrix, portique, nouvelle curie…). Avec le clientélisme, l’évergétisme est en effet devenu une véritable obligation pour qui veut s’imposer en politique à Rome. 60 av. J.-C. : Premier triumvirat constitué par César, Pompée et Crassus. Cette alliance officieuse pour dominer le fonctionnement de la vie politique est mise en forme en 56 par les accords de Lucques. 58-51 av. J.-C. : César conquiert la Gaule du Nord. 58 av. J.-C. : Clodius est tribun de la plèbe et fait voter une loi sur les distributions gratuites de blé. Il parvient à faire exiler Cicéron pour avoir fait mettre à mort des citoyens romains sans jugement dans l’affaire Catilina. 55 av. J.-C. : Pompée fait édifier à Rome, sur le Champ de Mars, le premier théâtre en pierre. Jusque-là, les théâtres étaient en bois et les spectateurs restaient debout. Les censeurs trouvaient avilissant de réserver des lieux particuliers et permanents à ce type de spectacle. Pour parer leurs critiques, Pompée aurait alors présenté les gradins comme les escaliers menant au temple de Vénus Victorieuse qui surplombe l’édifice. 54 av. J.-C. : César charge Cicéron d’acheter des terrains pour ses projets évergétiques. 53 av. J.-C. : De Republica de Cicéron. 52 av. J.-C. : Mort de Clodius dans un affrontement contre les hommes de Milon, son adversaire politique. La Curie est incendiée à l’occasion de ses funérailles. Le Sénat appelle Pompée, qui devient consul unique. 49 av. J.-C. : César, à qui le Sénat a ordonné de congédier son armée, franchit le Rubicon. Il est rejoint par les tribuns de la plèbe Marc Antoine et Cassius. 49-48 av. J.-C. : Guerre civile qui se termine par la victoire de César sur Pompée à Pharsale. 48-44 av. J.-C. : Révolution institutionnelle du régime césarien. César concentre en effet entre ses mains l’ensemble des pouvoirs traditionnellement répartis entre les magistrats de la république : il est tout à la fois consul et dictateur, dispose des pouvoirs tribuniciens (mais sans le tribunat), des pouvoirs censoriaux (mais sans être censeur), ainsi que d’un grand nombre de privilèges et prérogatives divers comme celui de porter en permanence le costume de triomphateur. Il réforme le calendrier (dont l’usage perdurera jusqu’en 1582), tente de résorber l’antagonisme entre le peuple et les classes dirigeantes en se penchant sur le problème des dettes et de la colonisation de l’ager publicus. En 46 av. J.-C., il célèbre un quadruple triomphe et peut même offrir un congiaire (un don) à la population de Rome. Ses victoires lui offrent les financements nécessaires à l’édification d’un vaste complexe architectural (refonte du Forum républicain, sanctuaire gentilice du temple de Vénus Genitrix sur le forum de César qui, tout en déplaçant le centre de gravité politique de l’Etat, affirme son ascendance divine) : il s’agit là de marquer chaque lieu important de Rome. En 45, c’est l’urbanisme même de la ville qui l’occupe : la lex Julia municipalis réglemente l’entretien des rues et les conditions de circulation des voitures, interdites du lever au coucher du soleil, à l’exception des véhicules transportant des matériaux pour la construction d’édifices de l’Etat et des chariots à ordures. 46 av. J.-C. : César organise un recensement sur le territoire urbain, limite le nombre des bénéficiaires des frumentationes à 150 000, et instaure un système de tirage au sort pour leur renouvellement. L’objectif est d’enrayer la fraude installée à la faveur des troubles dans une administration débordée et de dépister les noms inscrits indûment sur les listes. 44 av. J.-C. : César est nommé dictateur à vie. Lors de la fête des Lupercales, son lieutenant Antoine veut lui poser une couronne sur la tête, ce qui a pour conséquence la formation d’une conjuration regroupant ceux qui sont hostiles à ses prétentions à la royauté. Lors des ides de mars, César est assassiné dans la Curie de Pompée. Dès ses funérailles apparaît la rivalité opposant Marc Antoine au fils adoptif de César, Octave. 43-27 av. J.-C. : Guerres civiles entre les héritiers de César et ses assassins, les républicains, puis entre Octave et Antoine, qui vont se disputer l’héritage du dictateur. 43 av. J.-C. : Octave se fait conférer le consulat. Un second triumvirat est mis en place, donnant lieu à un véritable partage de l’Empire romain : l’Orient revient à Antoine qui part en Egypte ; l’Occident à Octave qui peine à y installer les vétérans de César. Lépide se voit attribuer l’Afrique romaine et l’Hispanie. Proscrit pour s’être opposé à Marc Antoine, Cicéron est tué à Gaète. Sa tête et ses mains tranchées sont exposées à la tribune des harangues sur le forum. 42 av. J.-C : Bataille de Philippes, marquant la défaite de Brutus et de Cassius. 41-36 av. J.-C. : Le blocus établi par Sextus Pompée, le fils du grand Pompée, et la guerre civile sur le sol même de l’Italie, entraînent une grave crise frumentaire. Antoine et Octave sont attaqués à coup de pierres sur le Forum. 40 av. J.-C. : Renouvellement du triumvirat. Lépide sera exclu de l’alliance en 36 av. J.-C. 36 av. J.-C : Bataille de Nauloque qui voit la défaite de Sextus Pompée, le farouche adversaire du triumvirat qui avait fini par recourir à la piraterie. Octave reçoit l’inviolabilité et la sacro-sainteté des tribuns de la plèbe. Il fait le vœu d’édifier un temple à Apollon sur ses terrains du Palatin, frappés par la foudre. 33 av. J.-C. : Rupture entre Antoine, qui a épousé Cléopâtre, et Octave. 31 av. J.-C. : Octave bat Antoine en Epire, à Actium. 30 av. J.-C. : Octave conquiert l’Egypte qui relève directement de son autorité et non pas du Sénat. 29 av. J.-C. : Construction de l’amphithéâtre de Titus Statilius Taurus pour les spectacles de gladiateurs. Les portes du temple de Janus sont fermées. Dédicace du temple de César divinisé. 28 av. J.-C. : Sur le Champ de Mars, construction du mausolée d’Auguste. C’est ainsi que l’on appelle désormais Octave, « touché par la faveur des dieux ».
 

C’est durant le Haut-Empire que la Rome antique atteint son apogée. Elle est, en effet, devenue le centre d’un monde qui compte, à la fin du IIe siècle, près de 70 millions d’habitants et qui s’étend de l’Ecosse à l’Euphrate, de la mer du Nord et du Danube au Sahara. Véritable mégapole, à la démographie hors du commun pour l’époque, elle attire les hommes comme les richesses et apparaît comme « un abrégé du monde » (Athénée, I, 36). Pour répondre à son gigantisme et aux besoins de sa population, son administration est réorganisée. L’empereur est désormais le seul dispensateur des bienfaits, des constructions édilitaires comme des édifices plus prestigieux, des distributions de blé comme des jeux. Principat d’Auguste (27 av. J.-C. 14 ap. J.-C.) : Un régime inédit est progressivement mis en place : sous couvert de restauration des libertés, les Romains acceptent de se donner un maître, qui n’est officiellement que « princeps », premier parmi ses pairs, mais qui, finalement, cumule tous les titres et toutes les magistratures principales de la cité (« César, Imperator, Grand Pontife, consul, censeur, Père de la patrie… »), allant jusqu’à détenir tout l’imperium politique. Cette période fondatrice a aussi particulièrement marqué la ville même de Rome, qui reçoit une nouvelle organisation administrative et une dynamique spatiale particulière (création de fora impériaux, renforcement du Palatin, thématique de l’association de la famille du prince à la cité…). Elle donne lieu à une activité édilitaire sans précédent et à d’importants travaux de réfection. Tandis que l’architecture est ainsi mise au service de la politique, des historiens, comme Tite-Live, ou des poètes, comme Virgile ou Horace, entreprennent de célébrer la pax Augustana. 27 av. J.-C. : Au Sénat, Octave propose de déposer ses pouvoirs exceptionnels et accepte en retour l’imperium proconsulaire pour dix ans. Il partage la gestion des provinces avec le Sénat. Dédicace du Panthéon, qui sera restauré par Domitien et remodelé par Hadrien. 26 av. J.-C. : Création de la préfecture de la ville, fonction qui va devenir le couronnement de la carrière sénatoriale. Assisté de curateurs, le préfet a en charge l’administration de Rome (maintien de l’ordre, construction, sécurité, approvisionnement en eau…). Il dispose de quatre cohortes urbaines de 500 hommes. 26 av. J.-C. - 19 av. J.-C. : Construction des thermes d’Agrippa, premier ensemble véritablement monumental de ce type à Rome. Vers 25 av. J.-C. : Tite-live (59 av. J.-C. - 17 ap. J.-C.) commence son Histoire de Rome depuis sa fondation. 23 av. J.-C. : Auguste abandonne le consulat pour la puissance tribunicienne à vie. 22 av. J.-C. : Grave disette dans Rome. La foule bloque les sénateurs dans la Curie en menaçant d’incendier le bâtiment. Auguste refuse la dictature, mais accepte le rôle d’homme providentiel en prenant en charge la cura annonae pour régler les problèmes d’approvisionnement. Il s’agit là d’une charge fondamentale de l’Etat romain qui va désormais relever du pouvoir impérial. En 2 av. J.-C. : Auguste révisera ainsi la liste des bénéficiaires des frumentationes, les distributions gratuites de blé. Vers 8, il créera la préfecture de l’annone, chargée de réunir, transporter et stocker le blé nécessaire à l’ensemble de la cité. De gigantesques entrepôts seront bâtis sur les bords du Tibre. Peu à peu, en assumant l’intégralité de l’approvisionnement de Rome, l’empereur va devenir l’unique patron de la plèbe, et les rapports de clientèle privée perdront de leur importance. L’aristocratie va progressivement se réfugier dans les villas et l’otium. Vers 20 av. J.-C. : Mort de Vitruve, auteur du De architectura qui influencera profondément les artistes de la Renaissance. 19 av. J.-C. : Mort de Virgile. On lui doit Les Bucoliques, Les Géorgiques et, surtout, l’Enéide, un long poème épique sur la légende des origines troyennes de la cité. On retrouve dans son œuvre l’évocation d’un âge d’or qui se veut la préfiguration de la Rome d’Auguste et accompagne la mise en place du principat. Disparition également de Tibulle, auteur d’Elégies. Vers 18 av. J.-C. : Colonne du milliaire d’or sur le Forum, marquant l'origine de toutes les routes de l'empire, ainsi que les distances entre Rome et les principales villes. 17 av. J.-C. : Chant séculaire d’Horace (65 av. J.-C. - 8 av. J.-C.), à l’occasion des jeux qui célèbrent la naissance de Rome. Ces jeux Séculaires étaient organisés en vue d’assurer symboliquement le renouvellement du monde. Sous l’égide d’Apollon, le poète y exalte le nouveau Siècle d’or. Un nouveau théâtre est édifié sur le Champ de Mars, qu’on appellera par la suite le théâtre de Marcellus, neveu et, alors, héritier présomptif d’Auguste. 13 av. J.-C. : Balbus, qui, en 19 av. J.-C., avait été le dernier sénateur à célébrer un triomphe avant que cela ne devînt le monopole du prince et de sa famille, fait ériger un théâtre. C’est le dernier monument à être inauguré sans le patronage supérieur de l’empereur. 12 av. J.-C. : A la mort de Lépide, Auguste devient Grand Pontife, ce qui lui donne le contrôle de la vie religieuse officielle. Mort d’Agrippa en Pannonie, une figure indissociable de celle d’Auguste, dont il était le gendre, et de la mise en place du principat, à laquelle il a largement participé. Partisan fidèle depuis la guerre civile, il s’est notamment illustré dans la guerre maritime contre Sextus Pompée et a contribué à l’édification de la « Rome de marbre » augustéenne (Panthéon, thermes, réfections diverses, jeux…). 9 av. J.-C. : Dédicace de l’autel de la Paix. Le monument comporte une enceinte décorée de bas-reliefs évoquant la gloire de la dynastie impériale, à l’intérieur de laquelle se trouve l’autel proprement dit. 8 av. J.-C. : Mort de Mécène, un proche d’Auguste, célèbre pour avoir consacré son influence et sa richesse à la promotion des arts et des lettres. 7 av. J.-C. : Auguste refonde l’organisation administrative de la ville en créant les quatorze régions de Rome : sept intra-pomériales, les sept autres s’étendant au-delà de la limite sacrée. 265 vici, ou quartiers, viennent compléter cette division. Les rues étaient classées et hiérarchisées. Auguste introduit pour l’occasion une réforme religieuse en créant le culte des Compitalia aux carrefours, associé à celui de son Genius. L’Italie est divisée en onze régions. 2 av. J.-C. : Auguste est fait Père de la Patrie. Les premiers préfets du prétoire en charge de la protection de l’empereur, sont nommés. Pendant trois siècles, ils participeront largement aux crises dynastiques et aux troubles qui ont émaillé l’histoire de la ville. Leur poids politique ira grandissant. Le temple dédié à Mars Ultor (« vengeur » de l’assassinat de César) est dédicacé sur le forum d’Auguste, orné de statues renvoyant aux origines divines mêlées de Rome et de la gens Julia, issues toutes de Mars et de Vénus. La migration progressive du Capitole au temple de Mars de certaines fonctions importantes de la vie publique (vœux des généraux quittant la ville, insignes du triomphe confiés à la garde du dieu, passage obligé lors de la prise de toge virile par les jeunes Romains…) traduit la rivalité entre Jupiter, symbole de la République, et Mars, symbole du Principat. 6 apr. J.-C. : Création de la préfecture des vigiles (7 000 affranchis), chargée de la lutte contre les incendies, l’un des grands fléaux de Rome. 9 : Désastre de Varus. Trois légions sont massacrées par les Chérusques dans la forêt de Teutoburg. 13 : Auguste rédige les Res gestae divi Augusti, où il présente sous la forme d’un exposé factuel, d’une grande sobriété, un état de l’empire. Gravé dans le bronze, ce texte était placé à l’entrée de son mausolée. Aujourd’hui, il a été reproduit sur les murs du bâtiment renfermant l’autel de la Paix. Il s’y félicite notamment de laisser « une ville de marbre » après l’avoir reçue en briques, comme en témoigne la liste des quatre-vingt-deux temples restaurés par ses soins. 14 : A sa mort, Auguste reçoit les honneurs divins. Des jeux Palatins sont organisés en son honneur et un collège de prêtres est créé pour assurer le culte impérial. 14-68 : Dynastie des Julio-Claudiens. 14-37 : Principat de Tibère, fils de Livie, la seconde femme d’Auguste. Très décrié par Tacite, il semble avoir surtout été détesté par les sénateurs. La plèbe a pu lui reprocher sa restriction des jeux et son départ de Rome en 27 pour s’installer à Capri. 14 : L’élection des magistrats, qui avait toujours eu lieu au Champ de Mars, est transférée au Sénat. La plèbe ne réagit pas. 15-31 : Séjan devient préfet du prétoire. Il semble avoir voulu s’emparer du pouvoir et fait tuer le fils de Tibère, Drusus II en 23. Il sera exécuté par l’empereur. 17-18 : Mort du poète Ovide en exil. 19 : Mort du populaire Germanicus, neveu de Tibère. Entre 20 et 23 : Les prétoriens sont installés aux Castra Praetori, aux portes de la ville. A partir de Caligula, celui qui aspire au trône impérial rendra systématiquement visite à ces soldats au préalable. Un donativum (un don en argent) leur sera systématiquement octroyé lors de la prise de pouvoir. 24 : la loi Visellia accorde un statut officiel aux affranchis qui peuvent par exemple obtenir la pleine citoyenneté après six ans de service chez les vigiles. Vers 25 : Mort du géographe Strabon. 36 : Incendie à Rome. L’empereur indemnise les sinistrés, témoignant de son rôle d’unique bienfaiteur dans la capitale. 37-41 : Principat de Caligula. Son règne commence sous les meilleurs auspices. Il gouverne avec le Sénat, proclame une amnistie et, admiratif de l’absolutisme oriental, il multiplie les largesses. Il bénéficie longtemps du soutien de la plèbe qui aime en lui le fils de Germanicus qui avait été l’un des chefs les plus populaires de l’armée. Marqué par une longue maladie, il commence néanmoins à mener une politique incohérente et multiplie les dérapages cruels, notamment lors des jeux publics : en 40, au cirque, ses soldats s’en prennent à la foule qui s’est moquée de lui. Il meurt assassiné par la garde prétorienne. 41-54 : Principat de Claude, oncle de Caligula, et petit neveu d’Auguste. Les cohortes prétoriennes jouent un grand rôle dans son accession à l’empire. Son règne est marqué par le poids des affranchis impériaux (Pallas, Narcisse…) dans l’administration, et la volonté de promouvoir les provinciaux – lui-même était né en Gaule, à Lyon. 43 : Début des travaux du port d’Ostie. 43-44 : Conquête de la Bretagne. 47-48 : Exécution de Messaline, femme de Claude, et mère de Britannicus. 48 : Discours – gravé sur les Tables claudiennes conservées à Lyon – qui annonce l’entrée des nobles gaulois au Sénat. 49 : Extension du pomerium de Rome qui intègre désormais l’Aventin. Sénèque devient précepteur de Néron, le fils de l’impératrice Agrippine. On doit au philosophe le De clementia, une sorte de miroir du prince exaltant les vertus stoïciennes du bon gouvernement opposé aux excès de la tyrannie. 52 : Inauguration de l’Aqua claudia. 54 : Claude est empoisonné, probablement par sa femme Agrippine qui craint que Néron ne soit désavantagé par rapport à Britannicus. 54-68 : Principat de Néron, qui laisse une œuvre monumentale dans la ville, expression de sa mégalomanie. 54-59 : Néron règne sous l’influence de sa mère, Agrippine, que Sénèque et Burrhus, le préfet du prétoire, tentent de contrebalancer. 54 : Début des travaux de la Domus transitoria. 55 : Assassinat de Britannicus. 57 : Distribution d’un don (congiaire) au peuple. 59 : Assassinat d’Agrippine. 60 : Création des Néronia, des jeux de type grec. 61 : Le préfet de la ville Pedanius Secundus est assassiné par un de ses esclaves et toute sa maisonnée, soit quatre cents personnes, est exécutée en vertu d’un senatus consulte de l’an 10, remis en vigueur par Néron en 57. 62 : Année charnière, marquée par la mort de Burrhus et la retraite de Sénèque. Néron répudie sa femme, Octavie, pour épouser Poppée. 64 : Incendie de Rome. Parti du cirque Maxime, il fait rage pendant neuf jours et détruit les quartiers centraux. Les chrétiens sont tenus pour responsables et martyrisés. La catastrophe est l’occasion pour Néron d’entamer de grands travaux dans la ville : sur le site de la Domus transitoria, détruite, les architectes Severus et Celer, aidés de l’artiste Fabulus, entreprennent l’édification de la Domus aurea. Cette immense villa (80 ha) située entre le Palatin, le Caelius et l’Oppius, est ornée des œuvres d’art sur lesquelles Néron avaient fait main basse lors de son séjour en Grèce. Vers 67 : Martyres de saint Pierre et saint Paul, sans doute pendant les persécutions contre les chrétiens liées à l’incendie. Le premier aurait été crucifié au Vatican, le second exécuté près de Rome sur la route d’Ostie. Le christianisme, en refusant de montrer la moindre déférence à l’égard des dieux de la cité, ne bénéficiaient pas alors de la tolérance traditionnellement manifestée envers les autres religions, il est vrai polythéistes. Les persécutions son néanmoins restées épisodiques sous le Haut-Empire. 65 : La conjuration de Pison est éventée. Impliqué, Sénèque doit se suicider. 68 : Néron, déclaré ennemi par le Sénat, las des humiliations, se suicide. 68-69 : Année des quatre empereurs. Le légat de Tarraconaise Galba (juin 68 - janvier 69), ne pouvant leur payer la prime qu’il leur avait promise, est exécuté par les prétoriens en plein forum. Les soldats imposent pendant quelques mois Othon, (janvier 69 - avril 69), bientôt remplacé par le général commandant les légions de Germanie Vitellius (avril 69 - décembre 69). Ses partisans sont défaits par ceux de Vespasien, ancien légat de Judée, proclamé empereur par les légions d’Orient. 69- 96 : Dynastie des Flaviens. 69-79 : Principat de Vespasien, premier empereur d’origine plébéienne. C’est à ce général expérimenté, issu d’une famille équestre que l’on doit la lex de Imperio vespasiani, qui donne à la titulature impériale sa forme canonique. Années 70 : Pline l’Ancien écrit son Histoire naturelle. 70 : Vespasien rentre à Rome. Pour éviter le risque de séditions dans la capitale, le nombre de cohortes prétoriennes est réduit de 16 à 9. 71 : Triomphe de Vespasien et de son fils Titus, corégent, sur la Judée. Le butin va permettre de construire le forum de la Paix. Expulsion des philosophes et des astrologues. 75 : Visite à Rome du roi de Judée, Hérode Agrippa II, et de sa sœur Bérénice. Le peuple s’oppose à son amour partagé pour Titus. Une fois au pouvoir, il se pliera à la volonté populaire en la renvoyant en Orient, « malgré lui et malgré elle ». Le drame inspirera notamment Racine au XVIIe siècle. 79-81 : Principat de Titus. 79 : Eruption du Vésuve. 80 : Dédicace du Colisée, l’amphithéâtre, érigé à l’emplacement du lac artificiel de la Domus aurea de Néron, pour rendre au peuple l’espace autrefois accaparé par le tyran. Le monument, qui doit son nom à une statue colossale, peut accueillir 70 000 spectateurs et se trouve au cœur de tout un complexe consacré à la gladiature (casernes, centres de formation …). 81-96 : Principat de Domitien. Son règne est marqué par un renforcement de l’absolutisme impérial, fondé sur la victoire militaire : en 85 est créé le limes de Germanie supérieure. Il restaure des monuments endommagés par l’incendie de 81 et édifie un stade (dont la forme a été conservée par l’actuelle place Navone), un odéon ainsi que l’arc de Titus. C’est lui qui décide que la résidence impériale sur le Palatin tournera désormais le dos au Forum pour regarder vers le sud et le Cirque. Eliminé par une conjuration menée par sa femme et les préfets du prétoire, il subit, dès sa mort, la « damnatio memoriae », la condamnation de sa mémoire, entraînant le martelage de ses représentations figurées et des inscriptions lui faisant référence. Fin du Ier siècle : Premiers écrits de Juvénal (v. 55- v.140). On lui doit seize Satires qui sont autant de peintures pittoresques de la vie de son époque. Il porte sur la société qui l’entoure le regard d’un provincial, représentant de la classe moyenne qui se voyait souvent évincée par les affranchis, les intrigants, les étrangers. Il dénonce ainsi la dégénérescence de la cité, les mœurs détestables des étrangers, les tracas du quotidien dans une ville de plus en plus cosmopolite : « Il y a beau temps que le fleuve de Syrie, l’Oronte, se dégorge dans le Tibre, charriant la langue, les mœurs de cette contrée » (III, 62-63). 96-192 : Dynastie des Antonins. 96-98 : Principat de Nerva, un vieux sénateur dont la modération tranche sur les excès de son prédécesseur. 97 : Frontin, nommé curator aquarum, entreprend la rédaction de son traité, De acquae ductu urbis Romae (« Les aqueducs de la ville de Rome »). Dédicace du forum Transitorium où est édifié un temple de Minerve. 98-117 : Principat de Trajan, ancien légat de Germanie supérieure. Son règne est marqué à l’extérieur par les guerres daciques et parthiques. 100 : Panégyrique de Pline le Jeune en l’honneur de Trajan. Il y trace le portrait du prince idéal. Ce membre de l’aristocratie romaine, familier de l’empereur, est surtout connu pour son œuvre épistolaire. 102-105 : Port de Trajan à Ostie. 109 : Achèvement des thermes de Trajan. 112 : Dédicace du forum de Trajan, œuvre d’Apollodore de Damas qui a dû aplanir les terrains situés entre les collines septentrionales de la ville. C’est là le plus grand des fora impériaux, comprenant cinq parties essentielles : le forum proprement dit, la basilique Ulpia, les bibliothèques, le temple de Trajan divinisé que l’on doit à Hadrien, et la fameuse colonne Trajane, indiquant « la hauteur de la colline que ces travaux ont démoli ». Elle était à l’origine surplombée d’une statue de l’empereur qui sera détruite au Moyen Age et remplacée par une effigie de saint Pierre par Sixte Quint à la Renaissance. Elle devait servir de tombe à l’empereur, son soubassement cubique accueillant des urnes d’or. Sur le fût se déroule en spirale, sur près de 200 mètres, un relief représentant les guerres daciques, la narration des deux guerres étant séparée par une victoire en train d’écrire sur un bouclier. Même s’ils ne font pas partie intégrante de l’ensemble, on associe souvent au forum de Trajan les marchés qui les jouxtent. 117-138 : Principat d’Hadrien, cousin de Trajan. Cet empereur philhellène rompt avec la politique expansionniste de Trajan. Il a beaucoup voyagé (en Gaule, en Bretagne où débute la construction du mur qui porte son nom, en Espagne, en Maurétanie, en Syrie, en Grèce, en Egypte et en Sicile). 120 : Vie des Douze Césars de Suétone. Vers 120 : Mort de Tacite au terme d’une carrière l’ayant conduit jusqu’aux plus hautes charges. On lui doit des œuvres empreintes de grandeur épique et de moralisme politique telles qu’Agricola, La Germanie, les Histoires et les Annales. Début des travaux de la villa impériale à Tivoli où, sur 120 hectares, sont reproduits les monuments des lieux visités dans l’empire. A Rome, reconstruction du Panthéon. 126 : Mort de Plutarque. 130-139 : Début de la construction du mausolée d’Hadrien. 134 : Construction du pont Aelius. 135 : Dédicace du temple consacré à Vénus et à Rome. 138-161 : Principat d’Antonin le Pieux. Modèle de l’empereur vertueux, son règne est considéré comme celui de l’apogée de la paix romaine. 144 : Aelius Aristide prononce son Eloge de Rome, expression de la paix romaine et de la richesse de l’empire. « Quelqu’un aurait-il besoin de voir toutes les productions du monde, il lui faut pour cela parcourir l’univers entier ou venir dans votre ville ; car tout ce qui pousse, tout ce qui est fabriqué dans chaque pays, se trouve toujours ici en abondance… La ville est semblable à un marché commun à toute la terre. » Milieu du IIe siècle : Sur la voie appienne, à deux kilomètres de la ville, le cimetière dit « ad catacumbas », « près de la combe », s’étend. La loi romaine enjoignait d’ensevelir les morts à l’extérieur de la ville. 161-180 : Principat de Marc Aurèle, associé à Lucius Verus jusqu’en 169. Cet empereur philosophe passe dix-sept années hors d’Italie à faire la guerre (guerre parthiques, guerres sur le limes danubien). Ses Pensées constituent un grand texte de la pensée stoïcienne. 161 : Temple d’Antonin et de Faustine. 177 : Commode est fait corégent. Premier héritier présomptif à obtenir les titres de César, Imperator, consul, Auguste… du vivant de son prédécesseur. Contrairement à la pratique déjà ancienne de l’adoption par les empereurs de leur successeur, c’est son fils. 180-192 : Principat de Commode. L’empereur a laissé une image de tyran dépravé, se laissant gouverner, après la conjuration de 182 menée par sa sœur, par ses affranchis. Parmi eux, Saetorus, assassiné par les préfets du prétoire, ou encore Cléandre, finalement livré à la plèbe. C’est finalement l’un d’entre eux, Eclectus, qui assassinera Commode en 192. A Rome, il participe à plus de sept cents combats dans l’arène, se fait statufier en Hercule et entreprend de rebaptiser les mois de l’année en fonction des épithètes qu’il s’attribue. La ville connaît une importante disette. En 192, il refonde Rome, nommée pour l’occasion Colonia Commodiana.

 
Durant les siècles qui vont succéder à ce qui est considéré comme l’apogée de l’empire, le processus de construction se fige à Rome, bien équipée déjà, il est vrai : un régionnaire du IVe siècle, un catalogue topographique de la ville, recensera 28 bibliothèques, 6 obélisques, 8 ponts, 11 places, 10 basiliques, 11 thermes publics, 18 aqueducs, 9 cirques et théâtres. Les palais du Palatin sont progressivement abandonnés, les empereurs vivant désormais dans des camps ou dans des villes proches des frontières de plus en plus menacées. Souvent élevés au pouvoir à la suite de coups d’Etat, ils ne doivent la pourpre impériale qu’à la faveur des légions et des prétoriens et éviteront de plus en plus de venir solliciter leur investiture au Sénat, se contentant de gagner la faveur du peuple en lui assurant ponctuellement « le pain et les jeux ». Dans ce contexte de crise politique (« l’empire est devenu une monarchie absolue tempérée par l’assassinat »), militaire (la première moitié du IIIe siècle est marquée à elle seule par des attaques barbares sur trois fronts différents : les Francs et les Alamans sur le Rhin, les Goths sur le Danube et les Perses en Orient) et morale (ce dont témoignent les progrès du christianisme), Rome entame un long déclin. Trop éloignée des points névralgiques de l’empire, du commerce international avec l’Asie et des champs de bataille des différents limes, elle va devenir de plus en plus marginale et perdre son rôle moteur de centre du monde. 193 : Pertinax, préfet de la ville, est acclamé empereur par les prétoriens. Il règne quelques mois avant d’être assassiné et remplacé par le sénateur Didius Julianus. Il occupe deux mois durant le trône impérial avant d’être tué à son tour, dans sa salle de bains. 193-197 : Guerre qui n’a de civile que le nom. Le peuple reste spectateur des conflits impliquant les prétoriens et les différentes armées qui ne cherchent qu’à accaparer le pouvoir, pour le confier à leurs généraux et en tirer avantages et profits. 193-235 : Règne des empereurs africains et syriens. L’Etat s’ouvre à l’influence prépondérante de l’Orient qui, depuis le IIe siècle, domine de plus en plus la vie économique et intellectuelle de l’empire. 193-211 : Septime Sévère : D’origine africaine, ce légat de Pannonie supérieure est soutenu par les légions du Danube et du Rhin. Il marche sur Rome, et ne sera reconnu par le Sénat qu’en 197. Il licencie les prétoriens coupables d’avoir voulu brader l’empire et constitue une nouvelle garde prétorienne formée de légionnaires choisis parmi les meilleurs dans les différentes armées. Il lui faut ensuite partir en Orient pour combattre son adversaire Pescennius Niger. Un autre prétendant, Clodius Albinus, qui s’est déclaré en Bretagne, se suicide en 197. Septime Sévère obtient que ses fils lui succèdent, fondant ainsi une nouvelle dynastie. Sa famille occupera ainsi le trône jusqu’en 235. Mais chacun de ses successeurs mourra assassiné. L’empereur rentre à Rome et renoue avec la politique édilitaire (Septizonium, gigantesque nymphée de plusieurs étages, arc de Septime Sévère sur le Forum…). Des décennales sont célébrées pour fêter son arrivée au pouvoir : à cette occasion, sont organisés sept jours de jeux ininterrompus et chaque membre de la plèbe frumentaire ainsi que chaque prétorien reçoit 1 000 sesterces. 203-208 : La Forma Urbis Romae est gravée. Ce plan de marbre de la ville avait, à l’origine, une surface de 235 mètres carrés, dont il ne reste aujourd’hui qu’un dixième. Il était affiché sur un mur de la bibliothèque du temple de la Paix. 204 : Célébration des jeux Séculaires (les derniers remontaient au règne de Domitien). 206 : Premier consulat de l’historien Dion Cassius, un Grec, ami de l’empereur et auteur d’une Histoire romaine de quatre-vingts livres (on a conservé les textes relatifs aux années 68-10 av. J.-C.). 211-217 : Principat de Caracalla, associé jusqu’en 212 à son frère Géla qu’il assassinera. Son règne est marqué par de sanglantes violences et les conflits contre les Germains et les Parthes. Il meurt assassiné en Mésopotamie par le préfet du prétoire Macrin. 212 : Constitution antonine, ou édit de Caracalla : tous les hommes libres de l’empire reçoivent la citoyenneté romaine. 212-216 : Construction des thermes de Caracalla sur l’Aventin, pouvant accueillir 1 600 baigneurs simultanément. C’est le plus grand monument édifié dans Rome jusqu’au règne de Dioclétien. Les nouveaux chantiers se font ensuite plus rare : Rome entame un long déclin. 218-222 : L’empereur Elagabal, neveu de Caracalla, transgresse les traditions religieuses des Romains : il enlève ainsi, pour l’épouser, une vestale, « pour que naissent des enfants divins ». Poussé par sa folie mystique, il introduit notamment le culte de la divinité syrienne dont il s’est arrogé le nom pour l’imposer dans tout l’empire. Il est assassiné par les prétoriens. 222-235 : Principat de Sévère Alexandre, qui passe pour un modèle de vertu du fait de son gouvernement modéré et favorable aux sénateurs. 235-284 : Règne des empereurs soldats ou « Anarchie militaire ». C’est à cette époque que se font sentir les premiers effets des grands déplacements de peuples qui vont conduire aux invasions barbares : la pression va devenir telle que les frontières vont céder de toutes parts. Une telle situation participe aux troubles politiques qui minent l’empire : vingt-six empereurs et une trentaine d’usurpateurs se disputent le pouvoir en moins de cinquante ans. La crise économique s’installe, les échanges sont interrompus et les régions vivent de plus en plus en autarcie. 235-238 : Maximin le Thrace. Son règne est à plusieurs reprises contesté par les sénateurs (Gordien Ier et Gordien II, Pupien et Balbin en 238), qui lui reprochaient notamment de tenir Rome et les Romains dans un profond mépris. 236-250 : Pontificat de Fabien. « Il répartit les régions entre les diacres et fit faire beaucoup de constructions dans les cimetières », dit le catalogue Liberien. 21 avril 248 : Sous le règne de Philippe l’Arabe (244-249), célébration du premier millénaire de l’Urbs. Les cérémonies s’organisent autour du temple de Vénus et de Rome. Les fastes déployés à cette occasion donnent l’illusion que la puissance et la grandeur de Rome sont encore intactes. 249-251 : Règne de Dèce, un usurpateur reconnu empereur par le Sénat. En 250, un édit impose de sacrifier aux dieux de la cité et de consommer la viande du sacrifice. Une première persécution contre les chrétiens qui s’y refusent est ordonnée à l’échelle de l’empire. Le pape Fabien est martyrisé à Rome. 251 : La mort de Dèce sur le champ de bataille marque le début d’une grave crise, alors que les Germains et les Goths menacent les frontières. 253-260 : Règne de Valérien, qui nomme son fils Gallien coempereur, marquant ainsi une première partition de l’empire. 253-268 : Règne de Gallien, contesté par toute une série de grands capitaines n’hésitant pas à faire sécession et à tenter d’assurer seuls la défense des territoires qu’ils contrôlent. 257-260 : Persécution des chrétiens : à Rome, exécution du pape Sixte II et du diacre Laurent, sur un gril. 259-260 : Pour la première fois, un empereur est fait prisonnier sur un champ de bataille, contre le roi perse Sapor, en Orient. 260-274 : Sécession des provinces occidentales (empire des Gaules). 262 : Gallien est à Rome, où il célèbre des decennalia, ses dix ans de règne. 270-275 : Règne d’Aurélien, qui doit lutter contre les princes de Palmyre et les empereurs gaulois. Sous son règne, l’empire retrouve une certaine unité : les Romains lui décerneront le titre de « maître de la terre et de la mer, ainsi que du monde habité ». A Rome, il améliore l’institution de l’annone en y ajoutant une distribution de viande de porc et de sel. 270 : Révolte des ouvriers des ateliers monétaires de Rome. 271 : Pour la première fois depuis des siècles, des travaux de défense sont engagés dans la ville, afin d’y édifier la muraille aurélienne, longue de 18 kilomètres. Elle sera rehaussée en 309-312 et en 402-403. 274 : Triomphe d’Aurélien. Dédicace du temple au Sol invictus. 281 : L’empereur Probus aurait fait transplanter dans l’enceinte du cirque des arbres avec leurs racines pour former une forêt dans laquelle il aurait fait lâcher des milliers d’animaux que les spectateurs pouvaient chasser. 284-325 : Règne des empereurs tétrarques. Une sorte de collège gouvernemental est institué donnant lieu à la désignation de plusieurs capitales interchangeables. Rome perd son statut séculaire de capitale unique de l’empire et concède la primauté aux grandes métropoles de l’Orient. 285-305 : Règne de l’empereur dalmate Dioclétien. Il impose une tétrarchie, c’est-à-dire la présence à la tête de l’Etat de deux empereurs, « Augustes », assistés de deux Césars. Elle donne lieu à une répartition territoriale des tâches civiles et militaires tout en conservant l’unité administrative de l’empire. Les tétrarques choisissent de nouvelles résidences impériales (Nicomédie, Antioche, Trêve, Salonique, Milan….) et viennent peu à Rome, où le Sénat ne conserve qu’un rôle honorifique. L’Urbs reste symboliquement la capitale du monde romain, ce dont témoigne, sur l’Esquilin, l’édification des thermes de Dioclétien (298-306), dont la gare de Termini a gardé le nom déformé. Mais elle n’est plus le centre réel du pouvoir. 290-291 : Provincialisation de l’Italie. La péninsule, qui avait toujours bénéficié d’un statut particulier, est découpée en provinces. 303-304 : Persécutions contre les chrétiens, avec, notamment, la disparition du pape Marcellin et de sainte Agnès. 306-312 : Règne de Maxence, qui arrive au pouvoir grâce à la révolte, en sa faveur, des prétoriens et des Romains. Il fait réaménager le temple de Vénus et de Rome et entamer les travaux de la Basilica Nova, ainsi que d’un véritable palais sur la via Appia (comprenant une résidence, un mausolée et un cirque où devait se trouver l’obélisque qu’Innocent X fera transporter en 1650 dans la fontaine du Bernin, place Navone). 306-476 : Les empereurs chrétiens. 306-337 : Règne de Constantin qui rétablit l’unité de l’empire à son profit. Sur des terrains impériaux, à la limite du centre monumental de Rome, il fait élever les basiliques Saint-Pierre, Saint-Laurent-hors-les-Murs, Saint-Jean-de-Latran et Sainte-Croix-de-Jérusalem. 28 octobre 312 : Constantin prend la ville à Maxence à l’issue de la bataille du Pont Milvius. La victoire est attribuée au dieu chrétien. Seul maître de l’Occident, il marque la fin du système instauré par Dioclétien. 313 : Edit de Milan, accordant la liberté de conscience dans l’empire. 314-335 : Pontificat de Sylvestre Ier, à qui l’on prête de fameux exploits, notamment celui d’avoir terrassé le dragon de la Roche tarpéienne. 315 : Inauguration de l’arc de Constantin, constitué de matériaux empruntés à d’autres monuments. 321 : Constantin accorde à l’Eglise le droit de recevoir des héritages, ce qui est à l’origine de sa richesse. 324 : Constantin conquiert l’Orient en remportant la victoire devant Andrinople contre Licinius. Le système érigé par Dioclétien a vécu : l’unité de l’empire est à nouveau réalisée autour d’un seul empereur, d’une seule famille, d’une seule dynastie et sous une seule bannière, celle de la croix. 325 : Constantin convoque un concile à Nicée, qui va établir le credo de l’Eglise catholique et condamner l’arianisme. 326 : La première pierre de la basilique Saint-Pierre est posée sous le pape Sylvestre. 330 : Fondation de Constantinople, où sont transférés la cour et les bureaux impériaux et où un sénat vient doubler celui de Rome, désormais réduit au rôle d’un conseil municipal. 332 : Le blé égyptien est réservé à l’approvisionnement de Constantinople. 340 : L’empire est gouverné par deux Augustes (un en Occident et un autre en Orient). 346 : Interdiction du culte public païen. 348 : Constant Ier célèbre le onzième centenaire de la fondation de Rome, mais s’attire les foudres de la population en confiant le gouvernement de la ville à un Grec. 356 : Fermeture des temples païens. L’histoire raconte que la Vierge aurait fait tomber de la neige en plein mois d’août à l’endroit où le pape Libère lui fera édifier une église, qui deviendra la basilique Sainte-Marie-Majeure. 357 : L’empereur Constance II vient à Rome. L’historien Ammien Marcellin rend compte de l’émerveillement que lui inspire la ville. 360-363 : Règne de Julien l’Apostat, qui tente vainement de promouvoir un paganisme d’inspiration orientale teinté de néo-platonisme. 366 : Avec le pontificat de Damase, un aristocrate de culture romaine, le christianisme se romanise. L’Eglise de Rome s’efforce d’atténuer ses origines étrangères orientales et de se présenter comme d’origine et d’inspiration proprement romaines. 367 : Le préfet de la Ville fait reconstruire un petit monument au pied du Capitole dédié aux douze divinités protectrices de Rome : le Porticus Deorum Consentium. 375 : Entrée massive des Goths dans l’empire, poussés par l’hégémonie des Huns. 378 : A Andrinople, l’empereur Valens tombe contre les Goths. 379-395 : Règne de l’empereur d’Orient, Théodose, caractérisé par un retour à l’unité politique de l’empire et par l’assimilation des Barbares dans l’armée. 380 : Edit de Thessalonique faisant du christianisme la religion d’Etat de l’empire. 382 : Sous Gratien, qui dirige l’Occident depuis Milan, la religion traditionnelle est mise hors la loi au Sénat de Rome. Il fait enlever l’autel où les sénateurs faisaient brûler un peu d’encens au début des séances, ainsi que la statue de la Victoire, symbole de la religion romaine. Il supprime tout revenu aux prêtres et vestales de Rome. A la même époque, la primauté du pape s’affirme sur les autres sièges apostoliques. En 382 également, pour la première fois, un traité concède des terres de l’empire à un peuple allogène. 384 : Le préfet de la ville Symmaque plaide dans une fameuse lettre pour le rétablissement de l’autel de la Victoire à la Curie. Valentinien II fait entreprendre le début du chantier de la basilique Saint-Paul, comme en témoigne une lettre adressée par l’empereur au préfet de la ville de Rome, Sallustius, qui était chargé de l’étude des travaux. Décision d’édifier une basilique à saint Paul, à l’origine mis sur un pied d’égalité à Rome avec saint Pierre. 389 : Séjour de Théodose à Rome. Il y instaure le repos dominical et introduit les fêtes chrétiennes dans le calendrier. 391 : Interdiction du culte païen. Le paganisme est proscrit à Rome. 395 : Division de l’empire. 402 : Ravenne devient la nouvelle capitale de l’Empire d’Occident. 406 : Les Alains, les Suèves et les Vandales franchissent le Rhin. 408 : Un édit affecte tous les temples païens à un autre usage. 410 : Les Wisigoths d’Alaric pillent Rome trois jours durant, contraignant la population à trouver refuge dans Saint-Pierre et Saint-Paul. L’empereur Honorius, depuis Ravenne, ne fait rien. C’est là un véritable traumatisme pour les Romains car, depuis 390 av. J.-C., la ville était restée inviolée. « Ma voix s’arrête, les sanglots interceptent mes paroles au moment de dicter. Elle est prise, la Ville qui a pris l’univers entier » écrira saint Jérôme. Saint Augustin, dans La Cité de Dieu, critique l’idée d’une Rome éternelle, les cités terrestres étant amenées à se consumer puisque seul le royaume de Dieu est éternel. 425 : Construction de l’église Sainte-Sabine. 429 : Mort de saint Augustin. 440 : L’empereur Valentinien III interdit les combats de gladiateurs. 440-461 : Pontificat de Léon le Grand, sous lequel se développe l’idée d’une nouvelle Rome, chrétienne, tout aussi importante que la Rome classique. 455 : La ville est saccagée par les Vandales de Genséric. L’empereur Pétrone Maxime est lynché par les Romains pour avoir cherché à fuir. Le pape Léon Ier obtient des Barbares qu’ils n’incendient pas la ville, qui est soumise au pillage pendant quinze jours. 457-461 : Règne de Majorien, qui interdit notamment d’utiliser comme carrière les monuments de la ville qui tombent en ruine. Une permission du Sénat est obligatoire. Le pillage des matériaux est autorisé dès lors qu’un bâtiment ne peut plus être réparé : c’est ainsi, sur les ruines de la Rome antique, que va s’édifier la Rome chrétienne. 468 : En janvier, Sidoine Apollinaire prononce le panégyrique de l’empereur Anthème qui le récompense en le nommant préfet de la Ville. 468-483 : Le pape Simplicien fait bâtir Saint-Etienne-le-Rond sur le Caelius. 472 : Les troupes de Ricimer, un patricien d’origine barbare, attaquent Rome pour destituer Anthème. 476 : A Ravenne, Odoacre, le roi de Hérules, dépose le dernier empereur d’Occident, Romulus Augustule, dont le nom rappelle ceux des fondateurs de la ville et de l’empire. En renvoyant les insignes impériaux à Constantinople, il entend signifier la fin de l’Empire romain d’Occident.
 
 

A l’époque moderne, les Etats pontificaux comptent 1,8 millions de sujets, répartis en six légations. Leur territoire couvre le Latium, l’Ombrie, les Marches, une partie de la Romagne avec Bologne et la petite enclave de Bénévent dans le royaume de Naples. De multiples entités politiques sont sous sa dépendance du fait du népotisme des pontifes qui ont distribué à leurs proches châteaux, dignités ecclésiastiques et autres vicariats. « Cette très belle ville mérite vraiment d’être appelée la capitale du monde », écrivait, en 1596, un jeune baron allemand, témoignant de la transformation radicale opérée par Rome, surtout à partir de la décennie 1560. Au tournant des XVe et XVIe siècles, la zone des collines est depuis longtemps abandonnée (la destruction des aqueducs ayant supprimé l’alimentation en eau) et la majeure partie de la population (environ 35 000 personnes sur 54 000) se concentre dans les 2 kilomètres carrés de la boucle du Tibre, aux quartiers médiévaux encore hérissés de tours fortifiées. En 1480, Sixte IV déplorait que deux cavaliers ne puissent se croiser dans les rues. Ailleurs, à l’intérieur de la muraille aurélienne, le bétail continue de paître sur le Forum républicain, « le campo vaccino », et Sainte-Marie-Majeure semble être en pleine campagne. Mais, à la fin du siècle, la population a été multipliée par deux et atteint 100 000 personnes, une population qu’on engage à repeupler les collines. Plus de cinquante églises et oratoires sont construits, des rues rectilignes sont tracées. Transparaît alors une réelle volonté de penser l’urbanisme de la ville et de lui donner un véritable centre. Cet embellissement de la cité se fait au prix d’importantes destructions, selon le principe de l’expropriation pour cause d’intérêt public. Raphaël parlera de « saccagement » des vestiges : « Mais pourquoi nous plaindre des Goths et des Vandales, et de tant d’autres ennemis acharnés, quand ceux qui auraient dû protéger en pères et en tuteurs les pauvres restes de la vieille Rome ont depuis longtemps contribué à sa ruine et à son pillage ! » Il faut dire que, ville sainte pour les pèlerins, rendez-vous des artistes, cour idéale, elle voit désormais affluer près d’un demi-million de personnes pour les jubilés. Rome est alors, selon Jean Delumeau, « une ville qui rassemble sur son sol les ruines d’une capitale impériale, les vestiges émouvants de l’Eglise primitive et médiévale, et la gloire monumentale récente d’une cité qui prétend contre vents et marées devenir le centre spirituel du monde » : il lui faut assumer sa vocation internationale en renforçant son prestige. Mais le XVIe siècle romain voit aussi la ville à la croisée des chemins : en dépit des efforts de Pie V et de Sixte Quint, les tentatives de développement de l’artisanat échouent. Rome conserve l’image, excessive, d’une ville oisive qui n’exporte que sa vérité et son art quand il lui faut importer matières premières et produits alimentaires et industriels. « A Rome, tout le monde est à son aise, excepté ceux qui travaillent, excepté ceux qui ont de l’industrie, excepté ceux qui cultivent les arts, excepté ceux qui ont des terres, excepté ceux qui font du commerce », écrira Montesquieu. Les programmes architecturaux pétrifient l’argent. Les riches y vivent en rentiers et s’endettent, les pauvres et les prostituées arrivent de toute la campagne environnante pour bénéficier de l’aumône systématique. La politique visant à répondre aux exigences de faste d’une capitale qu’on ne jugeait jamais assez belle, entraîne de lourdes conséquences fiscales, mais aussi l’épanouissement de l’âge baroque, qui fait de Rome la capitale incontestée des arts. A l’éclat, le mouvement, la luxuriance des formes et la rutilance des effets théâtraux des colonnes torses et des stucs, succède un XVIIIe siècle moins lumineux, « un siècle de l’essoufflement ». Les Etats pontificaux s’appauvrissent en tentant de réaliser une ambition qui est hors de leur portée. Dans une cité abritant 6 000 ecclésiastiques, 1 800 religieuses et une trentaine d’ordres, un quart de la population active travaille pour le Saint-Siège. Le régime repose trop sur le népotisme, le clientélisme. En 1775, la ville ne compte encore que 165 000 habitants, et n’occupe qu’un cinquième de la superficie délimitée par les murailles d’Aurélien. Les routes et le Tibre restent impraticables, les ports sont ensablés et le manque d’hygiène devient proverbial : les grandes pluies sont le seul balai de Rome… disent les Encyclopédistes et les hommes des Lumières qui ne manquent pas d’attaquer les fondements mêmes de l’Etat pontifical, véritable monarchie absolue dotée d’une administration extrêmement complexe. 1430-1433 : L’artiste Donatello séjourne à Rome. 1431 : Ouverture du concile de Bâle. Après avoir été déplacé à Ferrare puis à Florence, il se terminera à Rome en 1441. 1434 : Sous le pontificat d’Eugène IV, les Romains se révoltent, excédés par les privations imposées par les condottieri envoyés par les Visconti de Milan. Le pape se réfugie à Florence. 1447 – 1455 : Pontificat de Nicolas V, marqué par un ample programme de rénovation urbaine et la montée en puissance de Rome comme foyer humaniste et centre culturel. Le pape lui-même est un humaniste : il aurait fait passer le nombre des manuscrits de la bibliothèque vaticane de 340 à 1170. 1450 : Le jubilé rencontre un immense succès. Rome est même dépassée : le 19 décembre, il faut annuler la bénédiction papale. Le reflux de la foule entraîne un massacre pour passer le pont Saint-Ange. Les pèlerins sont piétinés ou poussés dans le Tibre. On dénombre près de deux cents morts. 1451 : Frédéric III est le dernier empereur à aller se faire couronner à Rome. Milieu du XVe siècle : Sous les pontificats de Martin V, Eugène V et Nicolas V commence le temps des érudits et des premières fouilles. Le Pogge rédige un livre des ruines de Rome, dressant un premier relevé scientifique des vestiges de la ville éternelle. En 1444, Biondo, dans sa Roma Instaurata (« Rome restaurée »), identifie les monuments d’autrefois. 1455 : Le cardinal Pietro Balbo (le futur Paul II) entreprend l’édification du palais de Venise, qui passe, avec sa cour intérieure, pour le modèle du palais de la Renaissance dans la ville. 1455-1458 : Calixte III, un Borgia, passe pour avoir fait du népotisme une véritable pratique de gouvernement. Son pontificat est marqué par l’afflux des Espagnols, ses compatriotes, à la Curie. 1458 : Election de Pie II, authentique humaniste, auteur d’un roman d’amour épistolaire. Il lui faudra réprimer une nouvelle insurrection républicaine en 1460. 1460 : A Tolfa, découverte providentielle de gisements d’alun, un produit devenu inaccessible aux Occidentaux depuis la prise de Constantinople. 1462 : Le tyran de Rimini Malatesta doit prêter hommage à Pie II. Un édit interdit de dégrader les monuments antiques. 1471-1484 : Pontificat de Sixte IV à qui l’on doit l’esquisse de la configuration actuelle du cœur de la ville : l’aménagement du carrefour du pont Saint-Ange et la régularisation du tracé des grandes rues qui y mènent. A l’occasion du jubilé de 1475, il fait restaurer le pont Aurélius, qui prend le nom de ponte Sisto, facilitant la communication entre le Champ de Mars et le Trastevere. Le stade de Domitien est nivelé et pavé pour recevoir un marché. On lui doit également la construction de la chapelle Sixtine (1477-1483). Il a favorisé l’ascension de ses neveux et, en particulier, de Girolamo Riario qui a tenté de constituer un Etat en Romagne autour d’Imola et de Forli Il. Sans soutien à la mort de son protecteur, il essaiera de conserver ses prérogatives en envoyant sa femme Catherine occuper et défendre le Château Saint-Ange à Rome en son nom. Après une résistance valeureuse de treize jours, elle capitulera et rendra le château aux cardinaux romains. 1481 : Botticelli est appelé à Rome par le pape Sixte IV pour décorer la chapelle Sixtine accompagné par Cosimo Rosselli, Domenico Ghirlandaio et Le Pérugin pour illustrer les vies de Jésus et Moïse sur les murs latéraux de la chapelle. 1492-1503 : Pontificat d’Alexandre VI (Rodrigo Borgia) qui a marqué les esprits du fait de l’amour excessif qu’il portait à ses deux enfants, Lucrèce et César. 31 décembre 1494 : Le roi de France Charles VIII pénètre dans Rome où Alexandre VI conspirait contre lui. A la mort du roi Ferdinand Ier de Naples, le souverain français a en effet pris le titre de roi de Naples et de Jérusalem et pénètre en Italie pour s’emparer de son trône. C'est le début de la première guerre d'Italie (1494-1497). C’est à son initiative qu’est mise en chantier l’église de la Trinité-des-Monts, en l’honneur de François de Paule, le fondateur des Minimes. 1500 : Lors du jubilé, Michelangelo Buonarroti (1475-1564), dit « Michel-Ange », expose sa Piéta. Tout à la fois peintre, architecte, sculpteur et poète, l’artiste a travaillé à Florence jusqu’à ce que le pape l’appelle à Rome, en 1505, pour réaliser son mausolée. 1501 : Découverte par le cardinal Carafa d’un torse antique mutilé, qu’il fait dresser sur un piédestal à côté de son palais. La statue devait recevoir le nom de Pasquino, peut-être dû à une figure du quartier. On y affichait des satires visant les travers de l’époque et, plus particulièrement, la papauté : les « pasquinades ». Ces statues parlantes perdureront durant toute l’époque moderne. 1502 : César Borgia, le fils d’Alexandre VI, s’empare du palais ducal d’Urbino. Il tente de s’y tailler une principauté qui ne survivra pas à la mort du pape en 1503. 1502 : Bramante élève le Tempietto sur le Janicule. 1503 : Baldassarre Peruzzi vient à Rome pour étudier. Il y travaille longtemps, notamment à la villa Farnesina (1509-1511) et aux mosaïques de la chapelle Sainte-Hélène, dans la basilique de Sainte-Croix-de-Jérusalem. Entre 1516 et 1517, il participe à la décoration de Sainte-Marie-de-la-Paix, sous la direction de Raphaël. En 1520, il succède à Bramante à la direction des travaux de la basilique Saint-Pierre de Rome, étant reconnu comme son meilleur disciple. En 1527, fait prisonnier par les Espagnols durant le sac de Rome, il parvient à se faire libérer et retourne à Sienne. Il est rappelé à Rome vers 1535 par des prélats qui avaient apprécié ses dons artistiques. Une de ses plus importantes réalisations est le palazzo Massimo alle Colonne à Rome. Sa dépouille repose au Panthéon de Rome, aux côtés de son maître Raphaël. 1503-1513 : Giuliano della Rovere devient pape sous le nom de Jules II. Pape guerrier, représenté comme un souverain en armes dans l’Héliodore chassé du temple de Raphaël, il multiplie les campagnes militaires pour sauvegarder ou agrandir les Etats pontificaux. Il crée à cette fin une véritable armée pontificale, la Garde suisse, et ramène l’ordre dans la cité en interdisant les duels. Initiateur d’une œuvre urbanistique et artistique immense, il établit à Rome une cour brillante où travaillent Bramante, Raphaël et Michel Ange. Pour financer ses projets, il s’appuie sur les revenus des salines et les mines d’alun, le trafic des dignités et des indulgences. Ce qui lui vaudra d’être la cible d’une pasquinade : « Jules s’est fait marchand et veut tromper l’univers. Il vend ce qu’il n’aura jamais : le ciel. » C’est lui qui entreprend ainsi de reconstruire la basilique Saint-Pierre. Il fait aménager le palais du Vatican et ajouter une galerie à celui du Belvédère où sont placés le Laocoon et l’Apollon, découverts près des thermes de Trajan. La ville, à l’époque, se limitait essentiellement au Trastevere, au Borgo (quelques rues comprises entre le château Saint-Ange et Saint-Pierre, rive droite) et au Champ de Mars, à l’intérieur de la boucle du Tibre. Le Forum restait une pâture et, au-delà du Colisée, s’étendait une campagne parsemée d’églises et de couvents. A l’instigation du pape, le Tibre est dragué, de nouvelles rues sont tracées. 18 avril 1506 : Première pierre de la nouvelle basilique Saint-Pierre sous Jules II. 2 500 ouvriers abattent édifice de Constantin, que Bramante va détruire morceau par morceau : il y gagnera d’ailleurs le surnom d’Il Ruinante, « le Ruineur ». La même année, découverte du Laocoon. 1508 : Arrivée à Rome de Raphaël, chargé de la décoration de plusieurs pièces des appartements pontificaux, les stanze. La chambre de la Signature est achevée en 1508, celle d’Héliodore en 1512, celle de l’Incendie du Borgo, dont l’artiste n’a fait que les dessins, en 1514. Ce sont ses élèves qui achèveront la chambre de Constantin en 1517. 1508-1512 : Michel-Ange décore le plafond de la chapelle Sixtine, avec des fresques représentant les épisodes de la Genèse. Dans ses Poèmes, il décrit ces quatre ans comme extrêmement éprouvants. La chapelle est ouverte le jour de la Toussaint de 1512, dans l'enthousiasme général. 1510-1511 : Voyage de Luther à Rome pour les besoins de son ordre. Il ne voit dans la Ville sainte qu’une Babylone maudite, nouvelle Sodome et patrie de l’Antéchrist. 1512 : Réalisation du portrait de Jules II par Raphaël. 1513-1521 : Pontificat de Léon X, fils de Laurent de Médicis. 1514 : Mort de Bramante qui avait conçu le plan en croix grecque de la basilique Saint-Pierre. Ses successeurs, da Sangallo et Raphaël, opteront pour la croix latine, avant que Sangallo le Jeune et Michel-Ange n’en reviennent au premier projet de Bramante. Vers 1515 : Erasme : « Je ne puis, toutes les fois que j’y pense, ne pas soupirer après Rome où l’on jouit de tant de liberté, où l’on fait de si charmantes promenades, où l’on s’entretient si agréablement en compagnie de personnes remplies de science et d’esprit. [...] Je ne conçois pas de bonheur plus grand que de retourner à Rome. » Sensible au climat d’humanisme qui règne dans la ville, Erasme n’en est pas moins critique, dans L’Eloge de la folie, à l’encontre de la papauté : « Comme si les ennemis les plus dangereux de l’Eglise n’étaient pas les pontifes impies, qui […] font oublier le Christ, l’enchaînent par des lois vénales, altèrent sa doctrine dans des interprétations abusives et, par leur vie scandaleuse, crucifient le Christ une seconde fois. » 1517 : Publication des « 95 thèses » de Luther contre la pratique des indulgences : la papauté monnaye les années que les fidèles devront passer au purgatoire, dans ce qui devient une véritable « comptabilité de l’au-delà ». 1520 : Mort de Raphaël, à 37 ans. Son tombeau se trouve au Panthéon. 1523-1534 : Pontificat de Clément VII, neveu de Laurent le Magnifique, marqué par la venue à Rome d’artistes comme Le Parmesan et Rosso Fiorentino. 1526 : Un recensement dénombre 54 000 personnes à Rome, dont 1 750 Israélites. Parmi les nations non italiennes résidant à Rome, on trouve d’abord les Espagnols, arrivés dans les bagages des Borgia au siècle précédent, les Français qui représentent 5 % de la population et sont particulièrement nombreux parmi les notaires de la Curie, les Allemands, dont le nombre va décroître du fait de la Réforme. Egalement des Corses, des Génois, des Toscans (très présents sous les pontificats des Médicis Léon X et Clément VII) et de plus en plus de Lombards. Mai 1527 : Sac de Rome par les troupes de Charles Quint. Dans le cadre des guerres d’Italie, François Ier s’était engagé l’année précédente à renoncer à toutes ses prétentions sur la péninsule. Mais il intègre la ligue de Cognac suscitée par le pape contre Charles Quint qui contrôle l’Italie depuis Pavie (1525). L’empereur, pour punir le souverain pontife, traître à la cause des Habsbourg, de ses volte-face, dépêche sur la Ville éternelle les lansquenets de Georg von Frundsberg, ainsi que des soldats espagnols, des tercieros, dirigés par le connétable de Bourbon qui a rompu avec le roi de France. Il se présente sous les murs de la ville avec plus de 10 000 hommes qui, en dépit de la mort de leur commandant, tué d’un coup d’arquebuse lors du premier assaut, investissent la cité. Sans solde, sans ordre, sans commandement et pour beaucoup, poussés par une aversion profonde à l’égard de l’Eglise catholique, ils soumettent Rome à un pillage sans précédent. Le pape a pu se réfugier dans le château Saint-Ange, notamment défendu par l’orfèvre Benvenuto Cellini, avant de fuir vers Orvieto. L’épisode est un véritable traumatisme et connaît un grand retentissement dans l’Europe du XVIe siècle qui s’est plu à trouver des signes avant- coureurs et autres présages de la catastrophe en multipliant a posteriori les annonces prophétiques de la punition de la « nouvelle Babylone ». Les contemporains parlent de 40 000 morts, la peste s’étant, de surcroît, abattue sur la ville, et de 13 600 maisons détruites. D’importantes reliques, tels les fragments de la vraie croix et le fer de la lance, ont disparu dans la tourmente tandis que les peintres, architectes et autres graveurs qui faisaient la gloire de Rome désertent la cité. Février 1528 : Les troupes impériales évacuent Rome. 6 octobre 1528 : Entrée dans Rome de Clément VII, vieilli et amer, portant une longue barbe en signe de deuil et de réclusion : il apparaît en pape pénitent. 1530 : Réconciliation du pape et de l’empereur à Bologne, où Clément VII couronne Charles Quint. 1532 : Ancône, qui était une république autonome, est annexée à la Marche et, donc à l’Etat pontifical. Michel-Ange revient à Rome après un séjour de plusieurs années à Florence, au cours duquel il avait pris parti contre le pape dans le conflit avec l'empereur Charles Quint. Clément VII le lui pardonne et lui demande de peindre les deux murs latéraux de la chapelle Sixtine. Il devait y représenter la Chute des anges rebelles et le Jugement dernier. Presque aussitôt, il se met à l'étude pour réaliser ce projet démesuré. Clément VII étant mort en 1534, il songe à renoncer à ce travail pour reprendre le tombeau de Jules II, quand le pape Paul III s'y oppose et le nomme, en 1535, architecte, peintre et sculpteur du Vatican. La fresque du Jugement dernier sur le mur d’autel fut seule exécutée et ne fut achevée qu'en 1541. 1536 : Visite de l’empereur à Rome après sa victoire contre Barberousse à Tunis. A l’annonce de son arrivée avec 30 000 fantassins, le pape doit interdire par décret à la population de prendre la fuite. 1539 : Création du mont de Piété, pour secourir les pauvres et lutter contre l’usure. 1542 : Rétablissement de l’Inquisition. 1540 : Etablissement des jésuites. Le Primatice est envoyé à Rome par François Ier : il reviendra en France avec 133 caisses de moulage. 1545-1563 : Sous la houlette de Paul III, le concile de Trente marque le début de la Contre-Réforme dont le symbole artistique sera l’église du Gesu. Milieu du XVIe siècle : Michel-Ange aménage la place du Capitole : il y ajoute un escalier monumental et y fait placer la statue équestre de Marc Aurèle. A partir de 1546, il est nommé architecte de la basilique Saint-Pierre. Il revient au plan de croix grecque proposé par Bramante et simplifie le dôme, lui donnant un aspect plus léger. En 1561, le pape Pie IV lui confiera la construction de la basilique Sainte-Marie-des-Anges-et-des-Martyrs dans les thermes de Dioclétien, œuvre qu'il ne pourra mener à son terme. Michel-Ange mourra à Rome le 18 février 1564, à l’âge de 88 ans. 1552 : Ouverture du collège des Français, qui sera suivi par celui des Grecs (1577), des Anglais (1579), des Maronites (1584). Sous la houlette des jésuites, ils font de Rome une ville très cosmopolite. 1553 : Séjour de du Bellay à Rome. 1555-1559 : Publication du premier Index de livres interdits. 1555 : Deux ans après le grand autodafé du Talmud et d’autres livres hébreux sur le Campo de’ Fiori, Paul IV publie la bulle Cum nimis absurdum édictant de nouvelles mesures vexatoires à l’encontre des Juifs de Rome. Jusqu’à présent, à chaque élection pontificale, on se contentait de les conduire à l’Arc de Titus pour leur commenter la victoire de l’empereur sur leurs ancêtres de Palestine. Désormais, les Juifs de Rome (environ 5 000) sont assignés à résidence autour du théâtre de Marcellus, dans le Rione San Angelo, qui devient le Ghetto. De nombreux métiers leur sont interdits : ils ne peuvent guère être autre chose que chiffonniers ou brocanteurs. Une discrimination vestimentaire (bonnet ou voile jaune, couleur des infidèles) leur est imposée. La bulle sera abrogée par Pie IV (1559-1565). 1557 : Allié à la France, représentée par le duc de Guise, contre les Habsbourg d’Espagne et du Saint-Empire, Paul IV perd la guerre et doit accepter les conditions de la paix de Cave-Palestrina après que le duc d'Albe a occupé les Etats de l’Eglise. 1559 : Lors du traité du Cateau-Cambrésis, la papauté renonce à sa politique belliqueuse en Italie. Ses territoires englobent alors tout le Latium de Ferrare à Terracina, les Abruzzes, l’Ombrie, les Marches, une partie de l’Emilie, Bologne y compris. 1562 : Ostie est pillée par les barbaresques qui remontent le Tibre jusqu’aux portes de Rome. 1563 : A l’heure de la Contre-Réforme, un édit interdit « les dépenses immodérées et la pompe des banquets et du vêtement masculin et féminin ». 1566 : A rebours du désormais traditionnel népotisme des pontifes, Pie V ne veut aucun parent auprès de lui et combat le parasitisme rebelle des vieilles dynasties romaines. 1568 : Début des travaux de l’église du Gesu, commandée par les jésuites à Vignola. 1571 : La victoire de Lépante vient couronner l’œuvre de redressement moral de Pie V. Le danger turc s’éloigne et Marc-Antoine Colonna, second de Don Juan d’Autriche, vient célébrer son triomphe à Rome. 1572-1585 : Pontificat de Grégoire XIII, durant lequel le Collegio Romano devient l’Université grégorienne. 1573 : L’église jésuite du Gesu, modèle du baroque italien, est dédiée au Christ. 1575 : 450 000 pèlerins affluent à Rome à l’occasion du jubilé. 1576 : Le cardinal Ferdinand de Médicis acquiert la villa Médicis, pour en faire un musée des premières découvertes archéologiques. 31 mai 1578 : Découverte des catacombes de la via Salaria. 1580 : Montaigne séjourne à Rome. Il témoigne des découvertes des ruines antiques, des mesures anti-juives, des fléaux qu’étaient la mendicité, la prostitution ou encore l’oisiveté. « Le plus commun exercice des Romains, c’est se promener par les rues, et ordinairement l’entreprise de sortir du logis se fait pour aller seulement de rue en rue, sans avoir où s’arrêter ; et il y a des rues plus particulièrement destinées à ce service ». Il évoque aussi l’aspect cosmopolite de la ville : « C’est la plus commune ville du monde et où l’étrangeté et différence de nation se considère le moins ; car de sa nature c’est une ville rapiécée d’étrangers, chacun y est comme chez soi ». 1582 : Philippe Neri (1515-1594), une figure incontournable de la Réforme catholique (et le patron de la ville de Rome), est à l’origine de la procession aux sept églises dans la campagne romaine pour détourner la population du carnaval le jeudi gras. 1582 : Le pape met en place le nouveau calendrier, dit « grégorien ». 1585-1590 : Pontificat de Sixte-Quint qui accélère l’évolution des Etats pontificaux vers la forme de l’Etat moderne : dans le cadre de la réforme de la Curie, le pape fonde une quinzaine de congrégations (bulle Immensa aeterni Dei). Six ont un champ d'action purement romain, les neuf autres ont une vocation universelle. Ces congrégations fonctionnent comme des ministères, chacune dans un domaine particulier, et sont titulaires de l'autorité déléguée par le pape. Ce dernier s'efforce par ailleurs d'assurer la sécurité de ses Etats en édictant des mesures plus sévères envers les bandits. Il lutte contre les pouvoirs féodaux locaux, mène une politique dynamique de travaux publics et d'emploi : l'assainissement des marais pontins est aussi un moyen de fournir du travail aux nombreux mendiants. A Rome, le Borgo est officiellement incorporé à la cité qui s’étend au-delà de la boucle du Tibre pour former le 14e rione. Sixte-Quint reste également comme le « pape des obélisques » dont il orne la ville. De vastes projets urbanistiques sont imaginés car « Rome n’a pas seulement besoin de la protection divine et de la force sacrée et spirituelle, il lui faut aussi la beauté que donnent le confort et les ornements matériels ». 1587 : Exécution de Malatesta qui versait dans le banditisme, comme beaucoup d’autres féodaux trouvant là une revanche contre l’emprise du pouvoir pontifical. 1590 : Après la mort de Sixte-Quint, Rome connaît durant quelques années une situation difficile, tout à la fois due aux aléas climatiques (pluies, crues), au regain du banditisme et aux problèmes de ravitaillement, les emblavures ne cessant de diminuer au profit des pâtures. 1591 : La coupole de la basilique Saint-Pierre est achevée par Giacomo della Porta. 1592-1605 : Pontificat de Clément VIII Aldobrandini. 1593 : Inauguration de la nouvelle basilique Saint-Pierre où sont venus travailler Bramante, Michel-Ange, Raphaël… 1596 : La Chambre apostolique, par la bulle dite Congrégation des barons, prend possession de castel Gandolfo et de la Rocca Priora, confisqués aux Savelli qui refusaient d’honorer une dette de 150 000 écus. Castel Gandolfo sera déclaré patrimoine inaliénable du Saint-Siège et incorporé définitivement à l’Etat pontifical par le décret consistorial du 27 mai 1604. 1598 : Mort d’Alphonse d’Este, maître de Ferrare sans descendant. En vertu d’un ancien droit, le pape veut faire tomber la cité dans le patrimoine de Saint-Pierre. Mais un neveu, César, le revendique, appuyé par le grand-duché de Toscane et Venise. Henri IV, qui avait reçu l’absolution de Clément VIII, soutient le pape et fait pencher la balance en faveur de Rome. En 1598, Ferrare et Comacchio sont annexés. 1600 : Alors que Rome a multiplié par deux sa population au cours du XVIe siècle, mais ne compte encore que 100 000 habitants, 530 000 pèlerins affluent dans la ville à l’occasion du jubilé. Depuis Grégoire XIII (1572-1585), leur séjour est réduit à cinq jours (et non plus quinze comme c’était jusqu’alors la règle), ce qui limite les problèmes d’hébergement. L’hospitalité peut désormais se réduire à trois nuits. 1605 : Election de Camille Borghèse, sous le nom de Paul V qui exercera un gouvernement jugé tyrannique (il a lancé l’interdit sur Venise et fait condamner les thèses de Copernic). C’est son neveu, le cardinal Scipion Borghèse, qui achètera la villa qui porte son nom, passera commande auprès du Bernin et repèrera le jeune Michelangelo Merisi, originaire de Caravaggio. En dépit d’un caractère ombrageux et d’une fort mauvaise réputation qui lui vaudront l’exil, l’artiste travaillera beaucoup à Rome. Ses personnages forment une sorte de bible des pauvres, humble et familière. Ainsi, dans La Vocation de saint Matthieu dans l'église Saint-Louis-des-Français, le Christ est représenté comme un simple homme du peuple. 1614 : Achèvement de la façade de Saint-Pierre par Carlo Maderno. 1623-1644 : Sous Urbain VIII (Maffeo Barberini). Rome conjugue « les traits accoutumés d’une cour monarchique, où politique, diplomatie et vie privée sont intimement mêlées, avec ceux d’une académie humaniste, ses fêtes oratoires, théâtrales et musicales, ses préoccupations littéraires et érudites, et avec ceux d’un couvent, ouvert sans doute plus que d’autres aux visites et au brouhaha du monde, mais dont l’existence est rythmée en définitive par les rites de la journée et de l’année chrétiennes » (Marc Fumaroli). 1626 : Urbain VIII consacre la basilique Saint-Pierre dont la construction aura duré 120 ans. 1629 : Le Bernin est nommé architecte en chef de Saint-Pierre par Urbain VIII. 1630 : Terrible épidémie de peste. 1633 : Inauguration du baldaquin de Saint-Pierre (Le Bernin). 1641 : Le pape fait occuper le duché de Castro appartenant aux Farnèse et excommunie le duc, entraînant quatre ans de guerre. 1646 : Prise en main de façon officielle de la gestion urbaine par les papes. Le sénateur est pour la première fois désigné par un bref pontifical. 1648 : Les traités de Westphalie consacrent, avec l'effondrement du pouvoir impérial, les gains acquis par les protestants et le droit, pour les souverains, d'imposer une confession religieuse à leurs sujets. Innocent X proteste et déclare nuls ces articles contraires aux principes du catholicisme, mais en vain : c'est la fin du catholicisme triomphant. C’est un coup dur porté au prestige de l’Eglise qui va devenir une puissance de second rang sur l’échiquier européen, un pion dans le grand jeu international qui s’organise principalement autour de la rivalité entre la France et l’Espagne. 1651 : Sur la place Navone, Le Bernin achève la fontaine des Quatre-Fleuves, représentant le Nil, le Gange, le Danube et le Rio de La Plata. On lui doit aussi celle du Maure. Une anecdote veut que les statues du Nil et du Rio de la Plata lèvent les bras pour se protéger de la façade de Sant’Agnese in Agone, œuvre de son rival Borromini, qui ne fut achevée en réalité qu’en 1653. 1655 : Innocent X fait alliance avec l’Espagne contre la France. Les Barberini, à la tête du parti français, quittent la ville. Le pontife passe pour avoir été sous la coupe de sa belle-sœur, Olympe Maidalchini, mais il est néanmoins le dernier pape à travailler en famille. Ses successeurs se passeront des services d'un cardinal-neveu pour diriger les affaires de la papauté, affaires qu'ils confieront à des ecclésiastiques, en théorie plus qualifiés. 1657 : A la demande du pape Alexandre VII, élu en 1655, Le Bernin commence les travaux de la colonnade de la place Saint-Pierre (284 colonnes, 140 statues de saints). 1657 : Epidémie de peste. 1668-1669 : Clément IX demande au Bernin d’ajouter à la rambarde du pont Saint-Ange dix anges symboles de la Passion (Ange à la lance, à la croix, à l’éponge…). 1700-1721 : Pontificat de Clément XI. 1703 : Des inondations désastreuses contraignent les Romains à circuler en barque jusqu’à la Trinité-des-Monts. 1721-1724 : Innocent XIII. 1724-1730 : Benoît XIII. 1724 : Début des fouilles de la villa impériale de Tivoli. 1730-1740 : Pontificat de Clément XII. La façade de Saint-Jean-de-Latran est restaurée. Les quinze statues des docteurs de l’Eglise y sont ajoutées. La construction du palais du Quirinal est achevée et le pavage des rues entrepris. 1732 : Ancône devient un port franc. 1734 : Ouverture du musée du Capitole. Fin de la décennie 1730 : Le Français Charles de Brosses qui visite l’Italie est surpris par le désordre qui règne dans la ville : « Tout est de palais ou de cabanes ; un bâtiment superbe est entouré de cent mauvaises maisonnettes ; quelques grandes rues principales, d’une longueur sans fin, alignées à merveille, presque toujours terminées par de beaux points de vue, aident heureusement à se retrouver au milieu d’une foule de culs-de-sac, de ruelles tortueuses ou de mauvais petits carrefours. Il n’y a rien de plus aisé que de savoir la ville en gros et rien si difficile que de s’en démêler en détail. Je croirais volontiers que Rome se ressent encore d’avoir été brûlée par les Gaulois et de ce qu’en la rebâtissant, chaque habitant a édifié sans ordre et sans suite, dans la première place qu’il avait trouvée vacante. » (Lettres écrites d’Italie) 1744 : Le pape fait établir une liste de deux cent soixante-et-onze rues et cent quatre-vingt-trois places. Toutes les autres (plus de 200) ne sont que décrites par leur parcours et leurs extrémités. 1750 : Arrivée à Rome du graveur vénitien Piranèse. 1751-1766 : En France, parution de l’Encyclopédie qui comprend un article consacré à Rome : « Il résulte de cette observation que Rome est six fois moins peuplée que Paris, et sept fois moins que Londres ; elle n'a pas la moitié d'habitants que contient Amsterdam, et en est encore plus éloignée proportionnellement du côté de l'opulence, et la connaissance des arts qui la produisent ; elle n'a ni vaisseaux, ni manufactures, ni trafic. Il est vrai que depuis le pontificat de Jules II et de Léon X, Rome a été le centre des beaux-arts, jusqu'au milieu du dernier siècle ; mais bientôt, dans quelques-uns, elle fut égalée, et dans d'autres surpassée par notre capitale. Londres a aussi sur elle autant de supériorité par les sciences que par les richesses et la liberté ; les palais si vantés de Rome sont inégalement beaux, et généralement mal entretenus ; la plupart des maisons des particuliers sont misérables ; son pavé est très mauvais, les pierres petites et sans assiette ; ses rues vilaines, sales et étroites, ne sont balayées que par la pluie qui y tombe rarement. […] Cette ville, qui fourmille d'églises et de couvents, est presque déserte à l'orient et au midi. Qu'on lui donne tant qu'on voudra douze milles de tour, c'est un circuit rempli de terres incultes, de champs et de jardins, qu'on appelle vignes. Ceux du Vatican et du derrière de S. Pierre, occupent plus d'un tiers de la partie nommée le bourg, et tout ce qui est à l'occident de la Longara jusqu'au Tibre, ne présente encore que des jardins, et des lieux vides d'habitants. Ainsi, l'on a eu raison de dire que les sept collines qui faisaient autrefois sa décoration, ne lui servent plus que de tombeaux. » 1755 : Arrivée à Rome de Johann Joachim Winckelmann qui deviendra bibliothécaire au palais de la Chancellerie avant de résider chez le cardinal Albani, puis scripteur à la Bibliothèque vaticane en 1764. On le considère comme l’un des fondateurs de l’histoire de l’art et de l’archéologie modernes. 1758-1769 : Pontificat de Clément XIII marqué par la défense de la Compagnie de Jésus. 1762 : En France, un arrêt du Parlement condamne la Compagnie de Jésus, sécularise ses membres, ordonne leur expulsion et la vente de leurs biens. C’est le signal de la curée dans les différents royaumes européens. 1762 : Achèvement de la fontaine de Trevi par Niccolo Salvi. 1768 : Le pape excommunie Ferdinand de Parme, feudataire de l’Eglise, qui a, lui aussi, chassé les jésuites. Il prononce sa déchéance de ses duchés de Plaisance et de Parme. Mais il est le petit-fils de Louis XV, le neveu du roi d’Espagne, le futur gendre de Marie-Thérèse d’Autriche. Tous exigent que le pape revienne sur sa décision. 1769 : A la mort de Clément XIII, le conclave dure des mois, empoisonné par l’affaire des jésuites. 1773 : Par le bref Dominus ac redemptor, Clément XIV supprime les jésuites, expulsés déjà de nombreux pays. Ouverture du musée Pio Clementino. 1774 : Près de la place Navone, début de la construction du palais Braschi par l’architecte originaire d’Imola Cosimo Morelli (1732-1812) pour devenir la résidence de Luigi Braschi Onesti, neveu du futur pape Pie VI, élu en 1775. Il sera construit avec les richesses que le pontife fera affluer dans les caisses de son neveu par l'attribution sans scrupules de multiples privilèges. 1775 : Election de Pie VI. Il fait dessiner le jardin de la Pigna au Vatican et agrandit le musée Pio Clementino. Il fait dresser l’obélisque solaire d’Auguste sur la place Montecitorio. Hors de Rome, il entreprend de faire assécher les Marais pontins. 1776 : Début de la parution de l’Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain, de Gibbon. Un déclin amorcé, selon lui, par la victoire du christianisme. 1786 : Séjour de Goethe à Rome (Elégies romaines) : « Partout ailleurs, on est obligé de chercher ce qui vaut la peine d’être vu ; ici, on est obsédé, surchargé. » 12 juillet 1790 : La France de l’Assemblée constituante vote la constitution civile du clergé qui réorganise en profondeur l’Eglise gallicane. Alors que, quelques mois plus tôt, les vœux monastiques avaient déjà été abolis, conduisant à la suppression de cent mille membres du clergé, les prêtres deviennent des fonctionnaires publics. Mars-avril 1791 : Deux brefs pontificaux condamnent la Constitution civile du clergé, marquant la rupture entre la papauté et la France révolutionnaire. Madame Adélaïde et Madame Victoire, deux tantes de Louis XVI, viennent trouver refuge à Rome. 12 septembre 1791 : L’Assemblée nationale constituante vote l’annexion d’Avignon et la réunion du Comtat Venaissin au royaume de France.

 
Rome est violemment affectée par les troubles nés de la période révolutionnaire. La France, jusqu’alors fille aînée de l’Eglise, se transforme en une nation farouchement anticléricale et lâche ses armées sur la Ville éternelle, en vue de s’en prendre à l’institution pontificale et à ses richesses, jugées incommensurables. Napoléon se montrera plus mesuré vis-à-vis du christianisme, tout en soumettant le pape à son autorité et en faisant de Rome un simple département du Tibre. L’épopée napoléonienne marquera durablement le XIXe siècle en Italie et contribuera au développement du sentiment national qui va s’exprimer dans un Risorgimento aspirant à l’unité de la péninsule autour de Rome, la seule cité qui puisse en devenir la capitale. Une Rome débarrassée d’un pouvoir pontifical jugé anachronique. 13 janvier 1793 : Hugon de Basseville, ancien journaliste au Mercure national, secrétaire de légation à Naples, est tué devant le palais Palombara (près de l’église San Lorenzo in Lucina). La résidence des représentants français à Rome et l’Académie de France sont pillées. 1793 : Pie VI, qui a dénoncé l’exécution de Louis XVI, entre dans la coalition contre la France. 20 Juin 1796 : L’armée française occupe Bologne et les Légations dans le Nord des Etats pontificaux. Tandis que La Revellière Lepeaux ou encore Reubell aimeraient profiter de l’occasion pour faire disparaître le pouvoir temporel du pape, Bonaparte se refuse à marcher sur Rome : « Nous somme amis de tous les peuples et plus particulièrement des descendants des Brutus, des Scipion et des grands hommes que nous avons pris pour modèles. » Il est surtout conscient que c’est la politique foncièrement antireligieuse de la Révolution qui a plongé la France dans le chaos. Le 24 juin, l’armistice de Bologne est signé avec la papauté. 16 octobre 1796 : Congrès de Bologne, qui débouche sur la création d’une République cispadane. Février 1797 : Traité de Tolentino. Selon l’article 8 de l’armistice de Bologne, le pape, qui reconnaît la perte de la Romagne et la cession d’Avignon et du Comtat Venaissin, se dessaisit d’une somme d’argent considérable, de cinq cents manuscrits rares, d’une centaine d’objets d’art. Ces œuvres seront triomphalement montrées à Paris le 28 juillet 1799 (des toiles de Raphaël et du Titien, l’Antinoüs du Capitole, l’Antinoüs du Belvédère, le groupe Amour et Psyché, l’Apollon du Belvédère, le Laocoon). Le port d’Ancône est livré aux Français, mais le pape ne revient pas sur les brefs condamnant la constitution civile du clergé. 28 décembre 1797 : Des échauffourées éclatent place d’Espagne. Le général Duphot  qui devait épouser la belle-sœur de Joseph Bonaparte, alors ambassadeur  est malencontreusement tué en s’interposant entre les troupes pontificales et les jacobins romains. Le Directoire tient là un prétexte pour intervenir dans la cité. 9 février 1798 : Berthier est aux portes de Rome avec une armée de 12 000 hommes, à la tête de laquelle « roulaient les carrosses des fournisseurs et des financiers ». 10 février 1798 : Pie VI capitule et accepte de fournir argent, vivres et excuses. Il espère, en faisant ainsi profil bas, faire l’économie d’un changement de régime. Mais un gouvernement de transition, composé de cardinaux, est mis en place. 15 février 1798 : Les jacobins romains, habilement manipulés par des hommes comme Bassal, un ancien curé constitutionnel de Versailles, proclament la république sur le Forum, autour d’un arbre de la liberté. Berthier prononce un discours sur le Capitole, à côté de la statue de Marc Aurèle décorée aux couleurs françaises : « Ombres de Pompée, de Caton, de Brutus, de Cicéron, d’Hortensius… recevez ici sur le Capitole qui vous doit sa renommée, ce lieu où vous avez tant de fois défendu les droits du peuple, recevez l’hommage des Français libres… » Alors que, dès le 16 février, le pape part pour Sienne avant d’être expulsé en Toscane, les clubs, comme celui des « émules de Brutus », se réclament des Gracques ou encore de Cicéron et se gargarisent du vocabulaire et de la gestuelle de l’Antiquité. Une fête de la fédération, évoquée par Stendhal dans les Souvenirs d’un gentilhomme, est organisée, l’ange exterminateur du château Saint-Ange est repeint en tricolore pour figurer « le génie de la France libératrice ». Mais, de façon générale, les Romains restent imperméables à cette « fête révolutionnaire ». Un gouvernement provisoire de sept consuls est mis en place, la ville est divisée en trois arrondissements et les maisons sont numérotées. Les archives du Saint-Office sont brûlées place d’Espagne. 17 février 1798 : Ouverture par les nouvelles autorités des portes du ghetto, fermées depuis 1555. 25 février 1798 : Combats de rue dans le Trastevere. Tout commence par une affaire de cocarde dont le port a été rendu obligatoire. Le calme est rétabli, en dépit de la menace de mutinerie des troupes françaises hostiles à la présence de Masséna, connu pour s’adjuger une part trop conséquente des prises de guerre. Il est remplacé par Gouvion-Saint-Cyr. Mars 1798 : Promulgation de la constitution, rédigée par une commission civile (Daunou, Monge, Florent) sur le modèle de celle de l’an III. Des noms de magistratures romaines sont donnés aux fonctionnaires (consuls, sénateurs, tribuns). Une partie des biens de l’Eglise est mise en vente. Mars-Novembre 1798 : Les collections du pape sont pillées, le Saint-Siège est lourdement taxé (38 millions de francs). Les insurrections contre la présence française se multiplient dans les Etats pontificaux : à Velletri, Orvieto, Subiaco. 130 soldats sont massacrés à Citta di Castello, entraînant de terribles représailles. Le banditisme se développe : le prêtre-bandit Tiburzi entretient une véritable guérilla dans la Maremme. 22-27 novembre 1798 : Les soldats napolitains du général Mack chassent les Français de Rome. 13 décembre 1798 : Reprise de Rome par les troupes françaises de Championnet qui a défait les armées napolitaines à Civita Castellana. Il pousse son avantage jusqu’à Naples où il fonde la République parthénopéenne. Mais, dans la Ville éternelle, deux des consuls nommés par la république d’inspiration française sont promenés sur des ânes, sous les insultes et les avanies de la foule. Mai 1799 : Le général MacDonald évacue Naples et, dans sa retraite, enlève le pape établi à Florence, qui mourra à la fin du mois d’août, prisonnier des Français à Valence. Septembre 1799 : Disparition définitive de la République romaine : c’est la fin du « biennio giacobino ». 14 mars 1800 : Election à Venise de Pie VII (1800-1823). Le cardinal Chiaramonti, évêque d’Imola, en Emilie, s’était fait remarquer par une homélie prononcée à Noël 1797 démontrant que la démocratie n’était pas contraire aux Evangiles. Il rentre à Rome durant l’été. Octobre 1800 : Edit d’amnistie du cardinal Consalvi. Un jacobin peut ainsi reprendre son poste d’avocat consistorial « pour traiter de la cause des saints ». Consalvi élabore par ailleurs un programme de réformes et de rationalisation de l’Etat pontifical. 15 janvier 1801 : Armistice signé à Trévise pour la péninsule. La République romaine n’est pas rétablie : Napoléon est convaincu qu’il aura besoin de la papauté dans son entreprise de retour à l’ordre et de stabilisation des nouvelles structures politiques, en France comme en Italie. Les Etats pontificaux sont restaurés dans les limites du traité de Tolentino, c’est-à-dire sans les Légations. 15 juillet 1801 : Signature du concordat qui réorganise le catholicisme en France. Les articles organiques consacrant la supériorité de l’Etat sur l’Eglise, rajoutés de façon unilatérale, ne seront jamais acceptés par le pape. 1803 : Concordat italien. 1803 : Séjour de Chateaubriand à Rome en qualité de secrétaire de légation. Il écrit alors une Lettre à M. Fontanes sur la campagne romaine : « Rome sommeille au milieu de ses ruines… le Tibre sépare les deux gloires : assises dans la même poussière, Rome païenne s’enfonce de plus en plus dans ses tombeaux, et Rome chrétienne redescend peu à peu dans les catacombes dont elle est sortie. » 1803 : La villa Médicis accueille l’Académie de France. Novembre 1803 : Pauline Bonaparte, qui vient d’épouser Camillo Borghèse, s’installe à Rome. 18 mai 1804 : Proclamation de l’Empire. L’emblème choisi pour symboliser le nouveau régime napoléonien est « l’aigle éployée », qui renvoie aussi bien à la grandeur carolingienne qu’à la Rome antique. L’empereur demandera « de placer l’enseigne au sommet des drapeaux de la même manière que le portaient les Romains ». Mai 1804 : En conflit avec son frère, Lucien Bonaparte s’exile en Italie. Amicalement accueilli à Rome par Pie VII (qui sera le parrain de son quatrième enfant), il s’installe dans l’un des plus somptueux palais de la Rome baroque, le palais Nunez. Il achète également à la Chambre apostolique la propriété de La Ruffinella. En 1814, il sera fait prince de Canino et se fera sur ses terres l’un des précurseurs de l’archéologie étrusque en découvrant, sans le savoir, l’antique Vulci. 2 décembre 1804 : A Paris, Pie VII participe au sacre de Napoléon, pour qui « tout ce qui tend à rendre sacré celui qui gouverne est un grand bien ». L’empereur se couronne lui-même, selon un protocole accepté par le souverain pontife. Novembre 1805 : Aux prises avec la troisième coalition, Napoléon fait occuper le port pontifical d’Ancône. « Votre Sainteté est souveraine de Rome, mais j’en suis l’Empereur. Tous mes ennemis doivent être les siens. » Les rapports se tendent : le pape refuse de déclarer nul le mariage de Jérôme Bonaparte et d’Elisa Patterson, continue de considérer Marie-Caroline et Ferdinand IV comme les souverains légitimes de Naples… Il s’oppose par ailleurs au Code civil et refuse d’investir les évêques nommés en Italie. 1806 : Canova achève la statue de Napoléon en Mars pacificateur. L’empereur, la trouvant trop dénudée, refusera de l’exposer. Printemps 1806 : Les Marches, la Romagne et Civita-Vecchia sont occupées par les Français. 1807 : Progetti architettonici de Giuseppe Valadier, architecte fécond et véritable urbaniste. On lui doit l’aménagement des rampes et jardins du Pincio et la décoration de la piazza del Popolo. Il emploie indigents et chômeurs pour dégager l’assise de la colonne Trajane. 2 février 1808 : Rome, où le pape refuse toujours de se rallier au blocus continental, est investie par les troupes du général Miollis. Le souverain pontife se réfugie sur le Quirinal et s’y prépare au martyre. Mai 1808 : Les provinces d’Urbino et d’Ancône sont annexées au royaume d’Italie. Mai 1809 : Napoléon annexe officiellement Rome (« ville libre et impériale ») qui est promue seconde capitale de l’Empire. Lui qui ne se rendra jamais à Rome fourmille de projets de réformes politiques, sociales et urbaines. Avril 1809 : Annexion des Marches. 16 mai 1809 : L’armée pontificale se fond dans l’armée française. 10 juin 1809 : Le pape excommunie « ceux qui portent atteinte à l’intégrité de l’Eglise ». 5-6 juillet 1809 : Dans la nuit, le général Radet escalade le Quirinal pour enlever le pape et l’emmener en détention à Savone jusqu’en 1812, avant de le garder prisonnier à Fontainebleau jusqu’en janvier 1814. 1809 : Dans le Latium, création de deux départements en lieu et place des Etats du pape annexés par la France. Antoine Roederer devient le préfet de celui de Trasimène (Spolète), Tournon celui du Tibre. Un Sénat de cinquante membres auquel participent quelques nobles (Chigi, Colonna…) est créé, et le duc Braschi Onesti, neveu de Pie VI, devient maire de Rome. Le code civil est appliqué dans la ville dont on ferme les couvents, ceux-là mêmes qui permettaient aux plus démunis de subsister. Le nombre de mendiants et le banditisme augmentent alors considérablement. Cette administration française donne une impulsion décisive à l’archéologie : de nombreux monuments antiques sont dégagés ou réhabilités (temple de Vespasien, Panthéon, Colisée). La figure de l’archéologue s’éloigne de celle de l’antiquaire amateur : sa démarche est plus scientifique et s’inscrit dans le cadre de chantiers programmés par les pouvoirs publics qui rêvent d’aménager une promenade archéologique arborée dans le cœur de la Rome antique. 1810 : Après le déblaiement de l’assise de la colonne Trajane, des centaines d'ouvriers travaillent sur le Forum et déterrent le temple de la Concorde, le temple d’Antonin et de Faustine, la basilique de Maxence. Fondation de l’Académie romaine d’archéologie du baron de Gerando. 17 février 1810 : Un sénatus-consulte abolit le pouvoir temporel du pape et proclame le futur héritier du trône impérial « Roi de Rome ». A sa naissance en 1811, ce dernier est placé dans un berceau orné des vues de la Seine et du Tibre, aux pieds duquel figure un aiglon. 1811 : Une commission aux embellissements de Rome remplace la commission des monuments antiques et des bâtiments civils. Y siègent des Italiens comme Canova, Fea, Valadier, Guattani, Camporesi et des Français : Tournon, Pâris, le directeur de la villa Médicis, ou encore Daru, l’intendant de la couronne à Rome. 24 mai 1814 : Alors que Rome est encore occupée par les troupes napolitaines de Murat, retour triomphal dans la cité de Pie VII, vivement acclamé sur la piazza del Popolo. C’est le début de la « seconde restauration », marquée par les figures du politicante Ercole Consalvi, un modéré, et du zélanti Bartoloméo Pacca, plus intransigeant. Les jésuites sont rétablis, les fonctionnaires ayant collaboré avec les Français sont démis. 30 juillet 1814 : Restauration des juridictions féodales. Eté 1815 : Madame Mère, Laetizia Bonaparte, s’installe à Rome, chez son frère, le cardinal Fesch, dans le palais Falconieri. En 1818, elle achète le palais Rinuccini, à l’angle de la place de Venise et de la via del Corso où elle s’éteindra en 1836. D’autres Bonaparte trouveront refuge dans la Ville éternelle (Jérôme et sa femme Catherine, Louis, Pauline, Lucien…). 1815 : Le congrès de Vienne rend au pape l’intégralité de ses territoires sauf Ferrare. 1815 : Canova est à Paris en tant qu’ambassadeur du Saint-Siège. Il est chargé d’organiser le retour à Rome des œuvres d’art confisquées par les Français. Mais des Mantegna, des Giotto ou encore Les Noces de Cana de Véronèse resteront en France. Bon nombre des sculptures antiques ainsi récupérées seront exposées dans la grande galerie édifiée par Bramante pour relier le palazetto du Belvédère et le palais des Papes (aujourd’hui musée Chiaramonti). Vers 1820 : Les sociétés secrètes se multiplient. Leurs membres, les carbonari, réclament une constitution et s’opposent fermement au pouvoir temporel du pape. 15-16 juillet 1823 : Dans la nuit, un incendie détruit la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, qui sera reconstruite presque à l’identique. Survenu quelques jours seulement avant la mort de Pie VII, cet événement est perçu par les zelante comme le signe d’une condamnation des outrages faits à l’Eglise. C’est l’un des rares chantiers de cette époque, les revenus de la papauté ayant été largement amputés par les nouveaux rapports concordataires. 1823 : Lors du conclave chargé d’élire un nouveau pape, Consalvi apparaît comme le partisan de l’accord entre l’Eglise et les puissances européennes, des équilibres concordataires, d’une ouverture prudente aux changements du siècle. Il s’oppose au cardinal della Genga, qui est élu sous le nom de Léon XII. 1823-1829 : Pontificat de Léon XII, marqué par la restauration de l’ordre pontifical, la volonté de faire à nouveau de Rome le sanctuaire de la catholicité. Sa décision de quitter le Quirinal pour résider définitivement au Vatican est perçue comme une affirmation de la tradition apostolique. Novembre 1823 : Des réformes rationalisent la répartition spatiale des paroisses romaines qui passent de 81 à 44. 13 novembre 1825 : Exécution publique de deux carbonari : Angelo Targhini, fils d’un cuisinier du pape et Leonida Montanari, un médecin. Ils sont décapités et enterrés au pied du Muro torto, en dehors de l’enceinte urbaine, en terre non consacrée. Pourtant, l’opposition continuera, notamment sous la forme de pasquinades, ces petits libelles traditionnellement affichés sur les statues « parlantes ». 1825 : Jubilé. Dans cette perspective, des mesures relatives à la consommation du vin ou encore aux jeux de hasard visent à encadrer de façon plus stricte la population romaine. 100 000 pèlerins, essentiellement des Italiens, viendront à Rome : cela reste donc un événement régional, bien éloigné de la prétention à l’universalité de l’Eglise. 1827 : Début des fouilles d’Antonio Nibby sur le Forum. En confrontant les inscriptions et les textes antiques, il parvient à identifier un certain nombre de ruines. 1828 : Chateaubriand est ambassadeur à Rome. Il fera dresser un monument funéraire à Poussin dont la dépouille repose à San Lorenzo in Lucina. Il établit le bilan de l’occupation française à Rome : « La première invasion des Français à Rome, sous le Directoire, fut infâme et spoliatrice ; la seconde, sous l’Empire, fut inique : mais une fois accomplie, l’ordre régna… Les Français de l’Empire eurent à réparer à Rome les ravages des Français de la République. » 1829-1830 : Bref pontificat de Pie VIII. 1829 : Stendhal, Promenades dans Rome. Novembre 1830 : La mort de Pie VIII agite les milieux patriotes : les carbonari souhaitent profiter de l’interrègne pour manœuvrer et imposer des réformes au nouveau pape. Parmi eux, Louis-Napoléon Bonaparte multiplie les réunions secrètes. Les conjurés se réunissent chez Vitto Fedeli, le maître d’armes d’un des fils de son oncle Lucien, ou chez sa mère, au palais Ruspoli. Mais, le 10 décembre, le coup d’Etat se termine en lamentable échauffourée. 1831 : Giuseppe Mazzini fonde à Marseille La Jeune Italie, prônant l’unité patriotique et territoriale. Il rêve de la création d’une « troisième Rome », celle du peuple. 1831-1846 : Grégoire XVI, ancien général des moines de l’ordre camaldule, est intronisé le 6 février 1831. Alors que les principales villes du territoire pontifical réclament un statut constitutionnel, il jette sur les séditieux les paysans sanfedistes de la Sabine qui, sous la conduite de cardinaux bottés (comme Albani ou Bernetti), écrasent les insurgés. En réaction, la France occupe Ancône, et l’Autriche Bologne. Alors que Lamenais, en France, souhaitait voir l’Eglise épouser son siècle, le pontife dénonce avec intransigeance le progrès (les chemins de fer sont assimilés à « des chemins d’enfer »), la liberté de conscience (encyclique Mirari vos). Il crée le Musée grégorien étrusque. 1831-1836 : Naissance d’une chambre du commerce, d’une banque d’escompte et de la caisse d’épargne de Rome. Février 1831 : Soulèvement de Bologne. L’insurrection gagne tous les Etats pontificaux, entraînant l’intervention militaire de l’Autriche. Quand ses troupes se retirent en juillet, les troubles reprennent. 1832 : Par l’encyclique Cum primum, le pape demande aux Polonais révoltés contre la Russie de se soumettre au tsar. 1832 : Lamennais, Montalembert et Lacordaire se rendent à Rome dans l’espoir de pouvoir concilier catholicisme et idées libérales. 1834 : Publication de Del primo morale et civile degli Italiani, d’un prêtre turinois, Vincenzo Gioberti, âme du parti néoguelfe. Il prône la formation d’une confédération des Etats italiens sous la tutelle d’un pape qui serait aussi l’arbitre de l’Europe, à condition d’accepter en retour la modernisation culturelle et la lutte contre l’Autrichien. A rebours de ses théories, qui ont néanmoins permis de rallier certains catholiques à la cause unitaire : Cesare Balbo et Massimo Taparelli d’Azeglio voudront limiter le rôle du pape au profit de la dynastie de Savoie. 1837 : Epidémie de choléra à Rome, où un tiers de la population continue de vivre de l’assistance. 1846 : Election de Jean-Marie Mastai Ferretti sous le nom de Pie IX (1846-1878). Face au candidat pro-autrichien, le secrétaire d’Etat Lambruschini, il passe pour patriote et libéral. A peine élu, il amnistie une partie des condamnés politiques, entame des pourparlers avec Turin et Florence en vue d’une union douanière et proteste quand les Autrichiens occupent la garnison de Ferrare. Plus ouvert sur le monde moderne (il autorisera la construction de lignes de chemin de fer), il est néanmoins vite dépassé par les espérances politiques placées en lui, notamment par la figure charismatique d’Angelo Brunetti, dit « Ciceruacchio », qui prend la tête des manifestations de soutien au nouveau pape. Carbonari et membre de la Jeune Italie, il incarne bien ce paradoxe très romain : mêler un réel attachement au pape à un profond mépris pour la Curie. Le 9 novembre, l’encyclique Qui Pluribus dénonce les espérances mises dans le progrès. Octobre 1847 : Création de la Consulta di Stato, chargée de préparer les réformes. Des laïcs entrent au gouvernement, un rôle accru est donné à la municipalité de Rome. Début 1848 : Constitutions libérales dans le royaume des Deux-Siciles, en Toscane, en Piémont-Sardaigne. 14 mars 1848 : Publication du Statut fondamental des Etats de l’Eglise, une constitution réclamée par les libéraux. Il prévoit la création d’un sénat et de deux conseils, dont un conseil des députés élus au suffrage censitaire, l’égalité devant la loi, l’abolition de la censure. Mais le texte présente pour certains trop de garde-fous pour satisfaire pleinement. L’autorisation accordée aux Juifs de vivre en dehors du ghetto heurte le petit peuple romain qui leur reste profondément hostile. 29 avril 1848 : Le pape refuse de prendre part au conflit contre l’Autriche engagé par le Piémont. « Si on veut exiger de moi des choses que ma conscience repousse, je me retirerai dans un couvent pour y pleurer sur les malheurs de Rome ». Il s’aliène ainsi les plus démocrates. 15 novembre 1848 : Assassinat du comte Pellegrino Rossi, principal ministre du gouvernement pontifical. Alors que la situation se tend, le pape s’installe à Gaète et menace d’excommunication tous ceux qui participeront au vote, au suffrage universel, pour désigner une assemblée constituante. 9 février 1849 : La nouvelle assemblée, élue par plus de 200 000 électeurs, vote l’abolition de l’Etat pontifical et l’instauration de la République. Un premier triumvirat est mis en place, composé de l’avocat romain Carlo Armellini, le libéral romagnol Aurelio Saffi et Mattia Montecchi, remplacé en juin par Mazzini. Le pape appelle au secours le roi de Naples, l’empereur d’Autriche et Louis-Napoléon Bonaparte (l’ancien carbonari a alors besoin du soutien des catholiques français). Avril- juillet 1849 : La jeune république est assiégée par les troupes françaises, débarquées à Civitavecchia, par les forces autrichiennes au nord et les soldats napolitains au sud. Louis-Napoléon Bonaparte cherche d’abord à trouver un compromis entre les forces révolutionnaires et le pape et à éviter ainsi une restauration du pontife par l’Autriche. Mais, en mai, la victoire électorale en France du parti de l’ordre le pousse à infléchir sa politique et à favoriser le rétablissement du pouvoir temporel de Pie IX. 30 avril 1849 : Les Français sont battus sur le Janicule. Eté 1849 : Les Romains, assistés des milices de Garibaldi, résistent un mois durant aux troupes du général Oudinot. L’assemblée capitule et les Français entrent dans la ville le 3 juillet, au moment où était adoptée la charte constitutionnelle devant fonder la Troisième Rome rêvée par Mazzini. Désormais, une garnison française va assurer la protection du pape à Rome. 12 avril 1850 : Le pape rentre à Rome sous escorte française. Les pouvoirs de la municipalité sont réduits. 1853 : Des mazziniens débarquent sur la côte du Latium. Contrairement à leurs attentes, Rome ne se soulève pas. 1854 : Proclamation du dogme de l’Immaculée conception. Fondation du musée chrétien du Latran. Giuseppe Marchi y présente ses trouvailles effectuées dans les catacombes, qui rendent compte de ce qu’a été l’existence des premiers chrétiens. 1858 : Affaire Mortara : un enfant juif, Edgar Mortara, enlevé à ses parents, est secrètement baptisé et placé dans le giron de l’Eglise. L’affaire fait grand bruit en Europe occidentale. 1859 : Allié du royaume de Piémont-Sardaigne, Napoléon III se porte à son secours quand il est confronté à un ultimatum autrichien. La guerre voit la victoire des Français à Magenta et Solférino. 1859 : A la faveur de la victoire remportée contre l’Autriche, les Piémontais s’emparent de la Romagne, des Marches et de l’Ombrie. 1859 : Loi Casati entraînant la laïcisation du corps enseignant. 1860 : Le denier de Saint-Pierre devient la base principale des ressources du Saint-Siège : il s’agit d’une collecte opérée auprès des catholiques. 1860 : Expédition des Mille : Garibaldi et ses volontaires débarquent dans le Sud de l’Italie pour conquérir le royaume des Deux-Siciles. Septembre 1860 : Après la défaite des zouaves pontificaux à Castelfidardo, Ancône est occupée par les Piémontais. 1861 : 200 000 habitants à Rome (450 000 à Naples). 1861 : Proclamation du royaume d’Italie. Pour l’opinion publique, l’étape suivante ne peut être que la conquête de Rome qui, seule, peut accueillir le gouvernement de l’Italie nouvelle. « A Rome concourent toutes les circonstances historiques, intellectuelles, morales qui assurent à la ville les conditions requises pour devenir la capitale d’un grand Etat », dira Cavour, le Premier ministre piémontais. 1861 : Napoléon III achète les jardins Farnèse à François II de Bourbon et les fait fouiller par Pietro Rosa (maison de Livie, escalier de Cacus, temple de Magna Mater..). 1863 : Parution du Bulletin d’archéologie chrétienne de Gian Battista Rossi qui a notamment découvert la catacombe de Calliste dite aussi « la crypte des Papes ». 1864 : L’encyclique Quanta Cura et le Syllabus condamnent la société moderne. 1865 : Florence devient capitale du nouvel Etat italien. 1866 : Venise intègre le nouvel Etat italien. 1867 : Le ministre des Armées du pape, Monseigneur Mérode, passe une convention avec la ville pour la cession des terrains conventuels autour de Termini où une gare doit être construite. 3 novembre 1867 : Napoléon III retire la garnison française de Rome : Garibaldi en profite pour tenter un coup de main contre la cité, mais l’empereur renvoie un corps expéditionnaire de 22 000 hommes qui ont raison des rebelles à Mentana. 1868 : Le Non expedit interdit de participer aux élections nationales, faisant écho au « ni électeurs, ni élus » de Don Margotti. 18 juillet 1870 : Dogme de l’infaillibilité pontificale. 2 septembre 1870 : La défaite française de Sedan entraîne le retrait de la garnison française de Rome. Les soldats piémontais, les Bersaglieri du général Cadorna, attaqueront par le nord-ouest et la porta Pia. 10 septembre 1870 : Le pape inaugure le nouveau quartier de la via Nazionale, le jour même où un ambassadeur de Victor-Emmanuel II vient annoncer la pénétration des troupes italiennes dans le Latium. 19 septembre 1870 : Dernière sortie du pape qui gravit à genoux la Scala Santa et bénit les zouaves du colonel de Charrette. 20 septembre 1870 : Les partisans de l’unité italienne investissent la ville par la brèche de la porta Pia. Le pape se retire au Vatican où il fait hisser le drapeau blanc. La capitulation est signée à la villa Albani. Une nouvelle structure municipale est mise en place : le général piémontais Cadorna refuse d’y voir siéger des représentants du mouvement démocratique romain comme Nino Costa ou Vincenzo Rossi. Elle est donc d’inspiration « monarchiste modérée ». Il est prévu d’élire le maire au suffrage censitaire. 2 octobre 1870 : Dans la liesse populaire, vote de l’intégration au royaume d’Italie (40 785 oui contre 46 non). 27 décembre 1870 : Inondations du Tibre, perçues comme un fléau divin par les catholiques. 1870 : Création d’une surintendance pour les fouilles et la conservation des monuments (Musée national romain dans les thermes de Dioclétien).
 
En devenant la capitale de l’Italie unifiée, Rome connaît un nouveau souffle. Tandis que le pape s’enferme dans le Vatican, elle voit sa physionomie modernisée et transformée par l’arrivée de migrants venus du Nord assurer le fonctionnement de la nouvelle administration. Mais elle a paradoxalement bien du mal à imposer son nouveau statut aux Italiens qui continuent de voir en elle une ville improductive, parasitaire et au mieux oisive, peuplée de prêtres, de diplomates et de fonctionnaires des deux gouvernements. Il faudra attendre le fascisme et la réactivation de l’idéal impérial de l’ancienne Rome ainsi que les grands projets urbanistiques de Mussolini pour que s’estompe cette image négative de la cité. 3 février 1871 : Loi proclamant Rome capitale du royaume d’Italie. Aux yeux des nouvelles élites du Nord, la cité, qui compte alors 250 000 habitants, présente l’avantage d’être dépourvue d’une classe politique forte capable de s’opposer aux libéraux piémontais. Ce n’est pas non plus une ville industrielle : ils n’ont pas à y redouter un prolétariat remuant. 13 mai 1871 : La loi des Garanties qui met fin au pouvoir temporel du pontife, prévoit de laisser au pape son autorité sur le Vatican dans lequel il est toujours enfermé, les palais apostoliques et Castel Gandolfo. Elle suppose aussi l’exequatur, c’est-à-dire l’accord du gouvernement pour les actes ecclésiastiques concernant la destination des biens et des bénéfices. Jusqu’en 1877, le pape refuse de le demander. 27 novembre 1871 : Le palais du Montecitorio (édifié par Le Bernin et Domenico Fontana) est converti en Assemblée. Un nouvel édifice (d’Ernesto Basile) sera plus tard adossé au bâtiment. Le Sénat siège, quant à lui, au palais Madame, l’ancien palais Médicis. Les ministères s’installent dans les couvents (l’Instruction publique à Santa Maria Sopra Minerva) ou dans les palais (les Affaires étrangères au palais Chigi). Pour faire face à la demande en nouveaux logements – 20 000 personnes viennent s’installer en quelques mois dans la nouvelle capitale –, il est décidé de surélever d’un étage tous les immeubles. 1871-1880 : Les fouilles du Forum sont confiées à Pietro Rosa et Giuseppe Fiorelli, avant d’être conduites par Rodolfo Lanciani dans la décennie1880. 1872 : La loi donne à Rome la propriété de tous les objets antiques exhumés dans les terrains relevant de sa compétence. 1873 : Premier plan régulateur de la ville qui est bientôt touchée par une incroyable fièvre spéculatrice, « la fièvre édilitaire ». Comme les Prati du Castello sont inondables et trop proches du Vatican, l’extension de la ville est prévue vers l’est, vers l’Esquilin, et des lotissements sont aménagés le long de la via Nazionale. 19 juin 1873 : Loi sur la suppression des congrégations religieuses. 1874 : Création d’un quinzième rione, l’Esquilin, établi à partir du rione Monti. 1875 : Le mouvement catholique se structure véritablement avec la création de l’Opera dei congressi (l’œuvre des Congrès), reposant sur une pyramide de type ecclésiastique et comptant cinq sections : œuvres religieuses et sociales ; charité ; instruction et éducation ; presse ; art chrétien. Elle devient le centre de coordination d’initiatives diffuses. 1875 : Naissance de l’Ecole française de Rome. 1876 : L’arrivée au pouvoir de la gauche avec Depretis est marquée par la mise en place d’une politique beaucoup plus agressive envers la papauté. Par exemple, la circulaire Nicotera, appliquée de façon intermittente, interdit les processions dans l’espace public. Le Non expedit, interdisant la participation des catholiques aux élections politiques, est renouvelé par le pape. 1877 : Dégagement de larges voies de part et d’autre du Tibre, enfin doté de quais. La troisième Rome continue de s’édifier au détriment des monuments plus anciens. Sur le Forum, découverte du temple de Vesta. Janvier 1878 : Mort de Victor-Emmanuel II, qui sera enterré à Rome et non à Turin. Son fils Humbert Ier (1878-1900) lui succède : c’est le début du « ventennio umbertino ». 1878-1884 : Destruction des murs et du portail des jardins Farnèse pour supprimer la barrière artificielle entre le Forum et le Palatin. 1878-1903 : Léon XIII débute son pontificat par un geste symbolique : pour manifester son sentiment d’être prisonnier du Vatican, il donne sa bénédiction de la loggia intérieure du palais et non de celle ouverte sur la place Saint-Pierre. Si on loue son libéralisme et son ouverture à la société moderne, il conserve l’attitude intransigeante de son prédécesseur par rapport à la question romaine. 1880 : 40 % de la population de la ville est née hors du Latium. Le nombre des Romani di Roma diminue. Eté 1883 : Deuxième plan régulateur. Pour compléter la loi de 1881 accordant une subvention de 50 millions de lires à la ville, un prêt de 150 millions lui est garanti pour permettre la construction des infrastructures nécessaires à la nouvelle capitale. Le chantier romain continue de s’étendre vers l’est, mais aussi, cette fois, sur la rive droite (Prati di Castello, les prés du château Saint-Ange). On commence à édifier le premier quartier ouvrier au Testaccio. La destruction du ghetto est programmée (1886-1904). 1883-1886 : Epidémie de choléra dans le quartier de San Lorenzo. 1884 : Organisation d’un pèlerinage sur le tombeau de Victor-Emmanuel II au Panthéon. 1885-1911 : Construction d’un monument à la gloire de Victor-Emmanuel II : le Vittoriano. Giuseppe Sacconi prétend s’être inspiré du grand autel de Pergame pour édifier ce qu’il perçoit comme un écrin devant abriter l’autel de la Patrie. Très critiqué, le bâtiment, surnommé « la machine à écrire », surplombe de ses lourdes compositions allégoriques tous les bâtiments antiques ou baroques de la ville. 1887 : L’arrivée au pouvoir du franc-maçon Crispi marque un raidissement des relations entre l’Etat et le Vatican. 1888 : Aménagement de l’actuelle piazza della Republica sur les fondations des thermes de Dioclétien. 9 juin 1889 : 20 000 personnes assistent à l’inauguration de la statue de G. Bruno, brûlé vif en 1600 pour hérésie sur le campo dei Fiori. Galilée, autre « martyr de l’obscurantisme » se verra aussi dresser une statue à son effigie. Fin de la décennie 1880 : Après des années de frénésie spéculative, une grave crise édilitaire touche les banques et le secteur du bâtiment. Le climat de crise devient profond avec le scandale de la Banca romana (malversations, émission de fausse monnaie, prêts sans intérêts à des députés…). Aux portes de la ville, se développent les borghetti. 7 février 1889 : Création par décret royal du Musée national romain. Les objets retrouvés intra-muros sont envoyés aux thermes de Dioclétien, les trouvailles extra-muros rejoignent la villa Giulia. 1891 : Achèvement du pont Margherita sur le Tibre. 15 mai 1891 : L’encyclique Rerum novarum sur la condition ouvrière est à l’origine du catholicisme social. Février 1892 : L’encyclique Au milieu des sollicitudes enjoint les catholiques français de se rallier à la République. 1895 : Achèvement du pont Umberto. Inauguration de la statue de Cavour sur la place qui porte son nom. Rome se laïcise de plus en plus avec d’autres sculptures encore, à l’effigie de Garibaldi par exemple. 1895 : Léon XIII fait de l’abstention une obligation morale. 1896 : Chute de Francesco Crispi après la défaite africaine d’Adoua. Giovanni Giolitti lui succède et parvient à assouplir l’intransigeance du pape qui autorise les catholiques à participer à la vie politique. 1896 : Dans Rome, Zola décrit les nouveaux logements des Prati investis par une population misérable, de « véritables hordes de loqueteux ». Il évoque la spéculation sans fin des princes et des promoteurs et les bouleversements sociaux de la ville. 1898 : Création de la cultura sociale, symbole de l’engagement de la première démocratie chrétienne. 10 janvier 1899 : Découverte du Lapis Niger. Certains y voient le tombeau de Romulus. 1900 : La Tosca de Puccini illustre le mépris des gens du Nord pour les séides du pape. 1900 : 500 000 pèlerins viennent à Rome pour l’année sainte. 29 juillet 1900 : Assassinat d’Humbert Ier. Victor Emmanuel III lui succède (1900-1946). 1901 : Achèvement du pont Cavour. 1902 : Percement d’un tunnel sous le Quirinal. 1903-1914 : Giuseppe Sarto devient pape sous le nom de Pie X. 1903 : Dissolution de l'Opera dei Congressi. 1903 : Création de l’Istituto per le case popolari (Institut pour les maisons populaires). Juillet 1904 : Inauguration en grande pompe d’une nouvelle synagogue, perçue comme une revanche sur des siècles d’humiliation. 1905 : L’encyclique Il fermo proposito précise comment les catholiques doivent rencontrer la politique : sans la médiation des partis et dans le sillage d’une action catholique sociale, morale et intellectuelle. On craint le modernisme italien incarné par des figures comme Ernesto Buonaiuti (Lettres d’un prêtre moderniste, publiées anonymement en 1908). L’œuvre des Congrès est remplacée par l’Action catholique italienne. 1906-1909 : L’Etat achète et devient propriétaire de toute la colline du Palatin. 1907 : Election par le conseil municipal d’un nouveau maire, Ernesto Nathan, d’origine anglaise et de confession juive, mazzinien et franc-maçon. Avec lui, la municipalité cesse d’être le domaine des affairistes et des amateurs. 1907 : Encyclique Pascendi Dominici renouvelle les interdits concernant la modernité. 1909 : Nouveau plan régulateur de Rome, le plan Sanjust. On y trouve une nouvelle typologie des bâtiments à construire (les fabricati, de grands immeubles de 5 à 6 étages à cour centrale, les villini, plus petits…), la promotion des espaces verts. 1910 : Rome compte 550 000 habitants (240 000 en 1871). La capitale prend de l’ampleur, mais les pôles culturels et économiques de l’Italie restent ailleurs (Milan, Turin, Florence…). La spéculation dans le bâtiment et la volonté d’empêcher Rome de devenir une ville ouvrière expliquent son retard industriel. 1910 : Le pape impose un serment antimoderniste aux prêtres. 1910 : Mussolini, alors militant socialiste, décrit Rome en ces termes : « C’est une ville parasite de joueurs de mandoline, de pensions de famille, de cireurs de chaussures, de prostituées, de prêtres, de bureaucrates, ville sans prolétariat digne de ce nom… ville vampire qui suce le sang de la nation ». 1911 : Construction du palais de justice. L’inauguration de la fontaine de Mario Rutelli sur la piazza della Repubblica fait scandale à cause de la nudité des naïades renversées sous les jets d’eau. 1911 : Commémoration du cinquantenaire du royaume. A cette occasion, on inaugure les ponts Mazzini et Victor-Emmanuel, le Stade national (Stadio Flaminio), et le Vittoriano (sans le quadrige). 1911 : Création de quinze quartiers en dehors de la muraille aurélienne. 1914-1922 : Pontificat de Benoît XV. 1914 : A la veille de la première guerre mondiale, Rome est bien devenue la capitale politique. Mais les pôles économiques et intellectuels sont toujours ailleurs. Mai 1915 : L’Italie est profondément divisée entre neutralistes et partisans d’une intervention qui permettrait de surcroît de finaliser la conquête du territoire italien. Arrivée à Rome, marquée par l’agitation des partisans de l’entrée en guerre, du héraut fédérateur des éléments interventionnistes : Gabriele d’Annunzio. Il embrasse devant la foule l’épée de Nino Bixio, compagnon héroïque de Garibaldi : « Romains, voilà le vrai parlement ! ». Les jours qui suivent sont marqués par des défilés contre les neutralistes. La ville marque ainsi son retour sur la scène politique nationale. 24 mai 1915 : L’Italie entre en guerre, au côté de la Triple Entente. 1er août 1917 : Benoît XV appelle à l’arrêt des hostilités. Octobre 1917 : Défaite de Caporetto. Novembre 1918 : L’Italie fête la capitulation de l’Autriche-Hongrie. Rome est touchée par la grippe espagnole qui fait près de 10 000 morts dans la ville. Juin 1919 : Le traité de Versailles ne laisse qu’une « victoire mutilée » à l’Italie, qui a perdu près de 700 000 hommes : elle ne se voit pas accorder la Dalmatie. D'anciens combattants manifestent dans Rome. 1920 : Offensive prolétarienne en Italie (Bienno rosso). Depuis Fiume qu’il occupera avec ses volontaires (les arditi) pendant plus d’un an, d’Annunzio menace d’une action contre la capitale. 1921-1922 : Affrontements fréquents entre fascistes et milices de gauche autour du quartier San Lorenzo, bastion du prolétariat romain. Janvier 1921 : Création du parti communiste à Livourne. Novembre 1921 : Mussolini transforme les Faisceaux italiens de combat, nés à Milan en 1919, en Parti national fasciste. 4 novembre 1921 : La tombe du soldat inconnu est adjointe au Vittoriano. 1922-1939 : Pontificat de Pie XI. 21 avril 1922 : Le jour anniversaire de la fondation de Rome, Mussolini déclare : « Rome et l’Italie sont deux termes inséparables. Rome est notre point de départ et de référence ; elle est notre symbole ou, si l’on préfère, notre mythe. Nous rêvons l’Italie romaine, c’est-à-dire, sage et forte, disciplinée et impériale. Beaucoup de ce qui fut l’esprit immortel de Rome resurgit dans le fascisme : romain est le faisceau du licteur, romaine est notre organisation de combat, romain est notre orgueil et notre courage… civis romanus sum. » L’idéal impérial romain tient une place de plus en plus importante dans les discours fascistes (« Rome restaurée dans sa grandeur », « Rome capitale de la Méditerranée et bientôt du monde »…). « La Rome que nous honorons n’est pas seulement la Rome des monuments et des pierres, la Rome des ruines glorieuses […] La Rome que nous honorons, mais surtout la Rome que nous désirons et préparons, est une autre Rome : il ne s’agit pas de pierres mais d’âmes vivantes, ce n’est pas une contemplation nostalgique du passé, mais une dure préparation à l’avenir. » 28 octobre 1922 : Marche sur Rome. 26 000 squadristi des légions fascistes venant, pour la plupart, du congrès de Naples, se rapprochent de la capitale et se rassemblent à Tivoli, Santa Marinella et Monte Rotondo. Seul le quartier de San Lorenzo, le bastion du prolétariat romain, tente de résister. 30 octobre 1922 : Plus soucieux de la menace rouge, Victor-Emmanuel III confie la présidence du Conseil à Mussolini. 320 000 adhérents, des dizaines de milliers de chemises noires sont alors regroupés dans les squadre d’azione. C’est le début du ventennio fasciste (1922-1943) qui devait ériger la romanité – réinventée – en modèle tout-puissant. 4 novembre 1922 : Mussolini tombe à genoux devant la tombe du soldat inconnu du Vittoriano. 21 avril 1924 : Discours de Mussolini, nommé « citoyen de Rome », lors de la célébration du Natale di Roma : « J’aime diviser les problèmes de Rome, de la Rome du XXe siècle, en deux catégories : les problèmes liés à la nécessité (communications et logement) et ceux liés à la grandeur… Il faut créer la Rome du XXe siècle. Rome ne peut pas, ne doit pas être simplement une ville moderne, au sens banal du terme : elle doit devenir une ville digne de sa gloire, et cette gloire doit, sans arrêt, se renouveler afin d’être la référence, comme héritage de l’ère fasciste, des générations à venir. » S’y dégagent les lignes directrices du projet mussolinien pour la ville (extension de Rome vers la mer, offre de logements plus importante, embellissement de la capitale). 10 juin 1924 : Des membres des groupes de choc fascistes enlèvent à Rome le secrétaire général du Parti socialiste unitaire, Giacomo Matteoti. Son corps est retrouvé quelques jours plus tard. 1924 : Rome et Ostie sont reliées par une voie ferrée électrique. Les années vingt sont aussi marquées par la bonification des Marais pontins et par la construction de la première « autostrada », la via del Mare. « L’Italie fasciste se remet en marche sur les traces antiques par la route de la mer pour créer la gloire de la nouvelle ère », peut-on lire sur la borne milliaire de Saint-Paul-hors-les-Murs. Ces nouveaux axes permettent également aux Romains, profitant des premiers congés payés, de se presser sur le littoral. 1924-1940 : Construction d’une dizaine de borgate aux alentours de Rome (Acilia, Tor Marancia…) afin de gagner de l’espace pour les projets monumentaux fascistes. 1925 : Mussolini veut faire de la capitale une « troisième Rome », après celle des empereurs et des papes. De nombreux plans d’aménagement voient le jour : La Burba imagine ainsi de détruire le centre historique et de rebâtir dans un style romano-babylonien. Armando Brassani projette quant à lui de raser les quartiers entre le Corso et le Panthéon, en ne gardant que quelques bâtiments comme la colonne de Marc-Aurèle. Mussolini annonce que « d’ici cinq ans, une large brèche permettra d’entrevoir depuis la piazza Colonna la masse du Panthéon. Les monuments millénaires de notre histoire doivent se dresser, tels des géants, dans une nécessaire solitude. » Juin 1925 : Quatrième congrès du Parti national fasciste à l’Augusteo, une salle de concert construite sur l’ancien mausolée d’Auguste. Début 1926 : Le Duce est autorisé à légiférer par décret-loi. A Rome, il remplace le maire par un gouvernement nommé par l’exécutif. Le plus souvent, ses membres appartiennent aux plus illustres familles de l’aristocratie romaine. Le siège du gouvernement devient le palais de Venise, Mussolini ayant fait de la villa Torlonia sa résidence privée. 7 avril 1926 : Une Irlandaise qui se dit inspirée par Dieu tire sur Mussolini, place du Capitole. Automne 1926 : Lois fascistissimes interdisant les partis politiques. De plus en plus d’organisations affiliées au mouvement fasciste encadrent la population (organisations de jeunesse comme les Balilla, les Fils de la louve, associations professionnelles…). 1928 : Création de l’Opus Dei. Avril 1929 : « Les Juifs sont à Rome depuis l’époque des rois ; peut-être ont-ils fourni aux Sabines des vêtements après leur enlèvement. Ils étaient 50 000 sous Auguste et ils demandèrent à pleurer sur la dépouille de Jules César. Nous les laisserons en paix. » 11 février 1929 : Accords de « conciliation » de Latran avec le Saint-Siège, signés par le secrétaire d’Etat de Pie XI, Monseigneur Gasparri, et par Mussolini. Ils délimitent une fois pour toutes l’enclave du Saint-Siège, créant ainsi l’Etat de la cité du Vatican (44 ha et 1 000 habitants environ). Moyennant dédommagements, le pape renonce à son pouvoir temporel et ne conserve que sa résidence d’été de Castel Gandolfo, les trois basiliques de Saint-Jean-de-Latran, Sainte-Marie-Majeure, Saint-Paul-hors-les-Murs, quatre palais (Chancellerie, Latran, Propagation de la foi, Dateriee), l’université grégorienne. En échange, l’Etat apporte son soutien à la religion catholique. 21 avril 1929 : Inauguration du Largo Torre Argentina. Comme la plupart des entreprises mussoliniennes, le but est d’améliorer la circulation, de libérer et préserver les monuments antiques, de détruire ce qui est jugé mineur. 1931 : Plan régulateur du prince Francesco Boncompagni, gouverneur de Rome, qui dépasse désormais le million d’habitants (hausse de 250 % en 30 ans). 29 juin 1931 : Encyclique de Pie XI condamnant le paganisme et le culte exagéré d’un Etat constituant une fin en lui-même. 1931 : Plan d’aménagement des forums : ouverture de la via dell’Impero, entre la place de Venise, haut-lieu du pouvoir fasciste, et le Colisée, et de la via del Teatro di Marcello. 1932-1935 : Construction, derrière la gare, de la cité universitaire réalisée par Giuseppe Pagano et Marcello Piacentini. Octobre 1932 : Exposition à la gloire de la révolution fasciste. A sa fermeture, en octobre 1934, plus de 3.8 millions de personnes l’auront visitée. 1933 : Le pape signe un concordat avec l’Allemagne hitlérienne. Mai 1936 : Les Italiens s’emparent d’Addis-Abeba. La condamnation de la SDN et des puissances occidentales – la France et la Grande Bretagne notamment – poussent l’Italie fasciste vers le Reich allemand. 1937 : La percée, très critiquée, de la via della Conciliazione, dans l’axe de la basilique Saint-Pierre, entraîne la disparition du village médiéval du Borgo (5 000 personnes déplacées, 142 logements expropriés). Avant, seules deux petites rues conduisaient à la place Saint Pierre, il n’y avait pas de perspective. Elle ne sera achevée que dans les années cinquante. De larges voies sont tracées au pied du Capitole, qui se retrouve isolé du Champ de Mars. 1937 : Encyclique Mit brennender sorge, condamnant le nazisme. Avril 1937 : Inauguration – en pleine campagne romaine, sur 550 000 m2 – de Cinecitta, d’où sortiront 77 films en 1939 et 96 en 1942, essentiellement des fresques historiques ou des films à la gloire de l’homme nouveau. A Rome, en plus de l’Instituto Luce, est créée l’une des premières écoles de cinéma en Europe, le Centro Sperimentale di Cinematografia. Cinecitta sera transformée en camp de réfugiés après la guerre. Avril 1937 : Au sud de la ville, près de l’abbaye de Tre Fontane, Mussolini plante le premier pin sur site de l’E42, l’EUR aujourd’hui (Esposizione Universale di Roma), une véritable ville nouvelle, créée ex nihilo en vue de l’exposition universelle de 1942. Elle participe au développement d’un nouveau noyau de Rome vers la mer et à la décongestion du centre de la ville. Y est édifié ce qui deviendra le musée de la Civilisation romaine (inauguré finalement en 1955 seulement), le « Colisée carré » (Palais de la civilisation et du travail)… Le chantier sera interrompu par la guerre et l’occupation allemande, avant de reprendre au début des années cinquante. Au nord de la ville cette fois, est édifié un ensemble sportif, le Foro Mussolini (aujourd’hui Foro Italico), avec, notamment, le Stadio dei Marmi, orné de soixante statues néoclassiques d’athlètes. C’est là qu’Achille Starace, secrétaire général du parti fasciste, organise des célébrations du culte de la force et de la virilité. On trouve aussi, dans le quartier, la Casa Littoria, siège du parti (aujourd’hui le ministère des Affaires étrangères). Tous ces aménagements entraînent l’expropriation de milliers de Romains (les « déguerpis »), transférés en périphérie dans des borgate édifiés dans l’urgence et devant, en contrepartie, recevoir un lopin de terre de 200 mètres carrés… Certaines de ces habitations, prévues pour être temporaires, resteront en place jusque dans les années quatre-vingt. Mai 1938 : Le Führer vient à Rome, accompagné de Ribbentrop, Goebbels et Himmler. De gigantesques parades sont organisées via dell’Impero (300 000 personnes). Le pape se retire à Castel Gandolfo, la croix gammée « n’étant pas celle du Christ ». Automne 1938 : Mussolini demande à un comité de médecins et d’anthropologues de rédiger un « manifeste de défense de la race ». En réaction aux mesures antisémites, le pape affirme : « Nous sommes de la descendance spirituelle d’Abraham… Nous sommes spirituellement des Sémites. » 1939-1958 : Pontificat de Pie XII. 1941 : Début du rationnement à Rome qui comprend maintenant 1,4 million d’habitants. Fin 1942 : Les commerçants juifs ont trois mois pour fermer boutique. 19 juillet 1943 : Le premier bombardement allié sur Rome entraîne la mort de centaines de personnes, essentiellement dans le quartier populaire de San Lorenzo, dans lequel se rend le pape Pie XII. 24-25 juillet 1943 : Le Grand Conseil fasciste démet Mussolini de ses fonctions. Le roi est acclamé au Quirinal. Badoglio devient chef du gouvernement. Il annonce que l’Italie reste dans le camp allemand. 13 août 1943 : Nouveau bombardement sur Rome (Prenestino, Tuscolano et Tiburtino) qui est déclarée « ville ouverte » ce qui, au regard de la Convention internationale de La Haye, implique sa démilitarisation. Elle sera néanmoins encore bombardée cinquante-deux fois. Le parti socialiste de Petro Nenni et Sandro Pertini, et le parti communiste de Giorgio Amendola et de Luigi Longo, reconstituent leurs appareils. 3 ou 8 septembre 1943 : Badoglio signe l’armistice avec Eisenhower en Sicile. Il est tenu secret par crainte de la réaction allemande. 9 septembre 1943 : Les Américains ayant révélé la signature de l’armistice, le roi et Badoglio s’enfuient de Rome pour rejoindre Brindisi sous protection alliée. Les Romains se sentent abandonnés et connaissent alors une profonde crise de confiance vis-à-vis des institutions civiles et militaires. Création du Comité central de libération nationale (CCLN). 10 septembre 1943 : L’idée de tenir secrète la conclusion de l’armistice italo-américain a nui à la préparation de la défense de la ville : deux divisions allemandes ont raison des six divisions italiennes défendant la ville, en dépit de la résistance de la Porta San Paolo : c’est le début de l’occupation. Le front se stabilise à 150 kilomètres au sud de la capitale : c’est la ligne Gustav. 12 septembre 1943 : Mussolini, est enlevé au Gran Sasso, où il avait été placé en résidence surveillée, dans les Abruzzes, par un commando allemand. Il fonde ensuite la république sociale italienne de Salo. 23 septembre 1943 : Les Allemands arrêtent le commandant italien de la cité, le général Calvi di Bergolo. Septembre 1943 : Organisation de la résistance des partis antifascistes avec le Comité de libération nationale. Octobre 1943 : Le premier commandant de la place de Rome, Stahel, est congédié car jugé trop doux avec les habitants. Il est remplacé par Kurt Waltzer, un général de la Luftwaffe, protégé de Göring. Le couvre-feu est instauré, la circulation des bicyclettes interdite (ce qui explique la transformation des vélos en tricycles, symboles de désobéissance civile). Les Allemands imaginent alors de réquisitionner deux tiers des Romains en âge de travailler pour le STO. 16 octobre 1943 : Rafle de Juifs. Sous la houlette de Théo Dannecker, 1 259 personnes sont enfermées dans le théâtre de Marcellus. Plus de mille d’entre elles seront déportées à Auschwitz et Birkenau. De nombreux Juifs sont cependant accueillis et cachés dans les édifices religieux bénéficiant de l’extraterritorialité (monastère San Bartolomeo, couvent des Capucins). 22 janvier 1944 : Débarquement allié à Nettuno et Anzio, à une trentaine de kilomètres de Rome. Un nouveau front, la ligne César, est ouvert. Sur ligne Gustav se déroule la bataille du Monte Cassino où l’artillerie allemande tient les Alliés à distance pendant quatre mois. 12 mars 1944 : 100 000 Romains acclament Pie XII qui semble incarner la ville éternelle. 23 mars 1944 : Massacre des Fosses ardéatines. L’explosion d’une bombe posée par les GAP (groupes d’action patriotiques) a entraîné la mort de trente-trois Allemands, via Rasella, au siège de la Gestapo. Le commandant suprême des forces d’occupation allemandes en Italie, Kesselring, exige alors l’exécution de dix Italiens pour chaque Allemand tué. Le chef de la Gestapo à Rome, Kappler, choisit dans les prisons des responsables d’attentats, des juifs, des adeptes du marché noir, des opposants au STO, mais sans communiquer le nom des victimes. Les exécutions (cinq toutes les quatre minutes) ont lieu hors les murs de Rome, dans des carrières taillées dans le tuf, le long de la voie Ardéatine. 24 mars 1944 : La population du Trastevere boycotte une distribution de pain par les Allemands (la ration de pain quotidienne est pourtant tombée à 100 g par jour). 12 avril 1944 : Victor-Emmanuel III se retire de la vie publique et délègue ses fonctions à son fils Humbert, lieutenant du royaume. 16 avril 1944 : Une messe en mémoire des victimes se transforme en véritable meeting place Sainte-Marie-Majeure. 17 avril 1944 : Le quartier du Quadraro est entièrement bouclé : 800 hommes sont raflés pour le compte du STO. 3 mai 1944 : Répression d’une tentative de grève générale. 4 juin 1944 : Les troupes du général Clark, commandant de la 5° armée américaine, et du général Juin, entrent dans Rome par la via Appia, surnommée « First Street ». Les Allemands quittent la ville en emmenant seize prisonniers, parmi lesquels le syndicaliste Bruno Buozzi, qu’ils exécutent dans le bourg de La Storta. 15 août 1944 : Mise en place d’un nouveau gouvernement, formé en grande partie des figures du CNL. Le prince Filippo Andrea Doria Pamphili est nommé maire de Rome, avec un conseil constitué de deux représentants de chaque parti antifasciste. Cette municipalité provisoire restera en place jusqu’en novembre 1946. 2 mai 1945 : Capitulation des Allemands en Italie.
 
Depuis le milieu du XXe siècle, tantôt magnifiée, tantôt dépeinte sans fard, Rome véhicule de nouvelles images : celle la dolce vita, popularisée par le cinéma italien, ou encore celle des borgate, du magma incompréhensible de banlieues qui l’enserre désormais, fruit des grandes mutations des années cinquante et soixante et des spéculations immobilières qui les ont accompagnées. Il lui a fallu faire face à un accroissement démographique sans précédent (elle atteint 3 millions d’habitants en l’an 2000) et au développement du tourisme de masse. 1945 : Rome, ville ouverte de Robert Rossellini, est une chronique au quotidien de la résistance au nazisme à travers l’histoire de trois personnages : une veuve amoureuse, déchirée, un militant communiste torturé et un prêtre fusillé par les Allemands. Le film annonce le néoréalisme et « l’antimonumentalité » du cinéma italien d’après-guerre. Mai 1946 : Abdication du roi en faveur de son fils Humbert II, le « roi de mai », qui ne régnera que 35 jours. Juin 1946 : Le peuple italien vote en faveur de la fin de la monarchie : Rome devient la capitale d’une république. 1947 : Le palais du Quirinal devient la résidence officielle de la présidence de la République. 1948 : Le Voleur de bicyclette de Vittorio De Sica, dépeint la Rome des chômeurs et des banlieues populaires. En 1952, il réalisera, dans la même veine, Umberto D. 1949 : Début du tournage de Quo Vadis de Mervyn LeRoy à Cinecitta. 26 mai 1949 : Pie XII annonce que le jubilé de 1950 sera l’année « del grande perdone ». 1er novembre 1949 : Le pape proclame le dogme de l’Assomption de la Vierge devant un demi-million de personnes rassemblées sur la place Saint-Pierre. 1950 : Près de 3 millions de pèlerins se rendent à Rome pendant l’année sainte. 1950-1960 : Un second souffle est donné au quartier de l’EUR, dont il ne restait que d’imposantes ruines au milieu des moutons. Le projet, conduit par Virgilio Testa, transforme le site en centre tertiaire et résidentiel, relié au centre de Rome par la voie Cristoforo Colombo dès 1950, et par le métro en 1955. 1951 : Sortie de Quo Vadis, de Mervyn LeRoy, le premier des quelques cent cinquante péplums qui seront tournés à Cinecitta. 1953 : Vacances romaines de l’Américain William Wyler. Grégory Peck faisant découvrir Rome à Audrey Hepburn sur sa Vespa donne de la ville une image de carte postale. 1954 : Nouvelles romaines de Moravia. Dans Pilleurs d’églises, l’auteur met en scène un couple de Romains vivant dans une grotte. A la même époque, une enquête révèle que près de 100 000 personnes vivent ainsi dans des bâtiments ou baraquements de fortune qui ne sont pas destinés au logement. 1955 : Première ligne de métro (axe sud-est). 1956 : « Seule Paris est digne de Rome ; seule Rome est digne de Paris ». En janvier, la ville de Rome est jumelée à Paris. 1957 : Signature du traité de Rome créant la CEE. 1958-1963 : Pontificat de Jean XXIII. 1960 : Fellini immortalise Anita Ekberg se baignant dans la fontaine de Trevi dans La Dolce Vita. Le film remporte la palme d’or à Cannes. La même année, Rome accueille les jeux Olympiques, à l’occasion desquels de nouveaux chantiers ont été entrepris, avec, notamment, la construction de l’aéroport de Fiumicino. Les aménagements sportifs donnent lieu à de nouveaux scandales financiers et même politique : au Foro olimpico, les inscriptions de l’époque fasciste n’avaient pas été effacées. 1961 : Pasolini tourne Accatone, l’histoire sordide d’un maquereau, avant de réaliser l’année suivante Mamma Roma, consacrée cette fois à une ancienne prostituée. Ce « diptyque des trottoirs » évoque la Rome des faubourgs et des borgate chère au cinéaste, pourtant originaire du Frioul. Il manifestera un intérêt marqué pour la langue et les dialectes romains. La même année, un nouveau plan régulateur de la ville cherche à établir un outil législatif rendant possible un urbanisme populaire à loyers modérés afin de reloger les plus pauvres. 1962-1965 : Le concile du Vatican II entreprend la mise à jour (« aggiornamento ») de l’Eglise face au monde moderne. Elle s’efforce ainsi de préparer l’unité des chrétiens ou encore de remplacer le latin par les langues vulgaires dans la liturgie. 1963-1978 : Pontificat de Paul VI. 1964 : Après les péplums, Cinecitta se lance dans les tournages de westerns-spaghettis avec Pour une poignée de dollars. 1966 : La mort de l’étudiant socialiste Paolo Rossi, suite à une rixe avec les fascistes, marque le début de fortes tensions dans la ville et les prémices de la crise de 1968. 1968 : La piazza Navona et la via dei Coronari deviennent piétonnes. 2 février 1968 : Au moment de l’offensive du Têt, au Vietnam, des étudiants occupent la faculté des Lettres de l’université La Sapienza. Automne 1969 : Plusieurs bombes explosent à Rome. Attribuées aux anarchistes, elles sont, en réalité, le fait de l’extrême droite entretenant les tensions politiques. 1970 : Achèvement du Raccordo Anulare, le périphérique. 1971 : Aménagement de la salle des Audiences pontificales au Vatican. 1972 : Les bâtiments du Vatican sont inscrits sur la liste du patrimoine de l’humanité établie par l’UNESCO. En mai, un déséquilibré mutile à coup de marteau la Pietà de Michel-Ange. Sa restauration fera apparaître son monogramme. 1972 : Sortie de Fellini Roma, de F. Fellini, une suite de courts récits évoquant des souvenirs de jeunesse et restituant l’ambiance de Rome. Les différentes strates de l’histoire urbaine sont évoquées, depuis l’Antiquité (traversée du Rubicon par une bande d’écoliers, découverte par les Allemands des restes fragiles d’une villa) jusqu’au XXe siècle (les embouteillages du périphérique, les travaux du métro). 1973-1983 : « Années de plomb », marquées par un terrorisme diffus et de violents affrontements entre l’extrême-gauche et l’extrême-droite. 16 avril 1973 : Des militants du Pouvoir ouvrier (Potere operaio) inondent d’essence l’appartement du secrétaire du MSI, le parti néofasciste italien. Ses deux fils de 22 ans et de 8 ans meurent dans l’incendie. 1975 : Année Sainte. 1975 : Démantèlement de la quasi-totalité des Brigades rouges qui se reforment sous la houlette de Mario Moretti. 2 novembre 1975 : Assassinat de Pier Paolo Pasolini à Ostie, dans des conditions obscures. 1976-1985 : Après avoir été aux mains de la démocratie chrétienne puis des partis de tradition laïque, la ville est dirigée par les communistes. 1977 : Nouvelle vague de contestation étudiante. En février, il faut déloger avec les bulldozers les étudiants barricadés dans la cité universitaire. Le 12 mars, le centre historique est mis à sac par des manifestants. 9 mai 1978 : Via Caetani, découverte dans le coffre d’une voiture abandonnée par les Brigades rouges, à égale distance des sièges du parti communiste et de la démocratie chrétienne, du corps d’Aldo Moro, président de la DC. Les terroristes qui voulaient échanger leur otage contre la libération de treize des leurs, s’étaient vus opposer une attitude intransigeante. Paul VI participera à la cérémonie funèbre dans la basilique Saint-Jean-de-Latran. Août-septembre 1978 : Pontificat de Jean Paul Ier qui s’achève prématurément par la mort, suspecte pour certains, du pontife. 1978 : Election de Karol Wotjila, qui prend le nom de Jean-Paul II. Son pontificat est marqué par une certaine reconquête de la Rome religieuse : visites dans les paroisses de la périphérie, déplacements dans la ville, rencontre avec le grand rabbin de Rome… 1980-1994 : Au Vatican, restauration des fresques de Michel-Ange dans la chapelle Sixtine. 1981 : 2,84 millions d’habitants à Rome. 1981 : Tentative d’assassinat de Jean-Paul II par le Turc Mehmet Ali Agça, place Saint-Pierre. 1982 : Dans la banlieue ouest de la ville, achèvement du Corviale, un bâtiment d’un kilomètre de long, de neuf étages, se voulant l’application romaine de la cité radieuse de Le Corbusier à Marseille. 1983 : Jubilé. Février 1984 : Signature d’un nouveau concordat du Latran. Le catholicisme n’est plus religion d’Etat, et Rome perd son statut de ville sainte. La place Saint-Pierre appartient au Vatican mais la sécurité y est assurée jusqu’aux escaliers par la police italienne. La papauté reste propriétaire de quelques bâtiments dans Rome : Saint-Jean-De-Latran, Saint-Paul-hors-les-Murs, Sainte-Marie-Majeure, les palais de la Chancellerie et de la Propagande. 1987 : Jusqu’à cette date étaient projetés des films dans le cadre de « l’Eté romain » dans la basilique de Maxence, le Colisée, le cirque Maxime. 1987 : Intervista de Fellini, un film dédié à Cinecitta. 1993 : Arrestation de sept conseillers municipaux impliqués dans des affaires de corruption. 1993-2001 : « Règne » de Francesco Rutelli, maire vert, le premier élu au suffrage universel qui l’opposait à Gianfranco Fini pour le MSI. 1994 : Journal intime du réalisateur Nanni Moretti. 1998 : La municipalité a autorisé 1 800 tournages dans les rues de la ville. 6 millions de touristes contre 1,7 en 1955. 2000 : Année Sainte. 25 millions de pèlerins affluent dans la ville en plus des touristes habituels (plus de six millions par an). L’événement donne lieu à une collaboration étroite et inédite entre le Vatican et la municipalité. L’un des points d’orgue a lieu au mois d’août avec l’organisation des JMJ. Restauration de la façade du palais Farnèse. 2001-2008 : Walter Veltroni est maire de Rome. 2002 : Inauguration de l’Auditorium (Renzo Piano). 2003 : Nouveau plan régulateur de Rome. 2005 : Rome accueille près de 20 millions de touristes. 2006 : Inauguration de l’Ara Pacis de l’architecte Meier, intégrant l’autel d’Auguste dans une sorte de boîte de verre. Les critiques ont été telles que l’artiste a accepté de reprendre son œuvre. 2007 : Dans la nuit du 10 août, un incendie détruit plus de 4 000 mètres carrés à Cinecitta, mettant à mal le tournage de la série Rome qui réutilisait les décors de Ben Hur. 2008 : Election de Gianni Alemanno, un ancien militant du MSI, à la mairie de Rome, remportée sur le thème de l’insécurité. Novembre 2010 : Le plus grand temple de la Rome antique, dédié à Vénus et à Rome, a rouvert au public après plus de vingt ans de travaux, en pleine tempête politique sur l'entretien des trésors artistiques italiens après l'effondrement de la maison des Gladiateurs à Pompéi.
 
 
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