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Les civilisations précolombiennes

La description des civilisations précolombiennes qu’ont connues le Mexique et certains des pays voisins conduit à évoquer une aire « mésoaméricaine » qui correspond à la partie méridionale du Mexique mais aussi au Guatemala, au Belize et au Honduras. Les diverses cultures indigènes qui se sont développées là pendant près de deux millénaires présentent un certain nombre de caractéristiques communes telles que l’existence de grandes cités, la pratique d’une agriculture avancée dont le maïs était la production principale, la construction de temples et de pyramides, les sacrifices humains, l’utilisation, à partir des Mayas, d’une écriture hiéroglyphique – la seule qui soit apparue en Amérique centrale et méridionale –, un panthéon organisé et l’élaboration d’un calendrier sacré complexe. Ces différents traits donnent son unité à la civilisation mésoaméricaine, quelles que soient les différences qu’il est possible d’établir entre des cultures éloignées dans le temps et l’espace telles que celles des Olmèques, des Mayas, des Toltèques, des Totonaques ou des Aztèques.


À la fin du Pléistocène, le réchauffement du climat entraîne surtout des progrès de l’aridité et la disparition d’une bonne partie des animaux qui, à la période précédente, avaient pu constituer pour les premiers groupes humains un précieux gibier. La cueillette des plantes comestibles prend alors le pas sur la chasse et prépare la domestication des espèces végétales. C’est ainsi que les populations mésoaméricaines entrèrent vers -7 000 avant J.-C. dans la période agricole dite archaïque qui durera jusque vers – 2000, au début d’une autre phase, dite période de formation. Des traces des premières expériences agricoles concernant la courge, le maïs, le haricot et le piment ont été identifiées dans le Tamaulipas et surtout dans la vallée de Tehuacan, dans la province de Puebla. Plusieurs phases ont pu être distinguées dans cette région aride et propice à la conservation des restes alimentaires.


-7000 -5000 : Période d’El Riego. Des petits groupes itinérants vivant en grotte ou en campement de plein air récoltent des céréales et des plantes comme l’avocat, le piment et la courge.


-5000 : Début de la période dite de Coxcatlàn qui voit l’apparition du maïs « domestique ». On utilise désormais des meules de pierre pour broyer les plantes récoltées.


-3400 -2300 : Période d’Abejas. Des coupes et des jarres sont façonnées dans la pierre et annoncent les travaux de poterie ultérieurs. La sédentarisation progresse et des villages faits d’habitations circulaires creusées dans le sol apparaissent.


-2300 -1500 : Période de Purron qui marque la fin de la période archaïque de la vallée de Tehuacan. Des conditions exceptionnelles ont facilité les recherches dans cette région mais il est probable que la culture du maïs est apparue ailleurs durant cette longue période archaïque notamment dans les basses terres où ses traces ne se sont pas conservées.


La période dite de formation s’étend, selon les régions de -2000 ou -1600 jusqu’à l’ère chrétienne ou au IIIe siècle après J.-C. en pays maya. Plusieurs cultures maîtrisant les techniques de la céramique apparaissent dans le sud-est du Chiapas et au Guatemala voisin vers le milieu du IIe millénaire avant J.-C. (culture de Barra vers -1600, culture d’Ocos un siècle plus tard) dont les représentants pratiquent conjointement la pèche, l’élevage des tortues, le ramassage des coquillages et la culture du maïs et d’autres plantes vivrières en retrait de la côte. Les décors encore rudimentaires qui ornent la céramique et la réalisation des figurines livrées par le site d’Aquiles Serdan témoignent de l’apparition des premières productions artistique mexicaines. Au Guatemala, la zone archéologique de Kaminaljuyù a révélé le site de Las Charcas. La culture du Peten apparue vers -800, le site de Chiapa de Corzo au Chiapas (-1500 -800), celui de San José Mogote dans l’Oaxaca (1150-850 av. J.-C. , les villages de Tlatilco, Zacatenco et El Arbolillo, proches du lac de Texcoco et influencés jusque vers -900 avant J.-C. par la civilisation olmèque, témoignent de la croissance de la population et des progrès de l’agriculture durant toute cette période.


-1200 -400 : Phase de développement de la culture olmèque, illustrée principalement par les sites de La Venta, de San Lorenzo Tenochtitlan et de Laguna de los Cerros, dans les basses terres de Vera Cruz et de Jalisco. La construction de grands sanctuaires, l’usage du jade et de la serpentine, la réalisation de ses fameuses têtes colossales caractérisent cette culture qui ignorait l’écriture et qui exerça son influence sur le haut plateau, ce que révèlent des sites comme ceux de Tlatilco ou de Chalcatzingo (au sud-est de Mexico), et jusque dans l’État de Guerrero, en bordure du Pacifique avec la grotte peinte de Juxtlahuaca. On a souvent désigné les Olmèques comme les « Sumériens du Nouveau Monde ».


-500 avant J.-C. : Débuts de la civilisation zapotèque à Monte Albàn où les Mésoaméricains ont peut-être inventé l’écriture et le calendrier. Les figurines trouvées en grand nombre dans le Jalisco et le Nayarit, à proximité des côtes pacifiques du Mexique occidental remontent à la même période.


200 avant J.-C. – 100 apr. J.-C. : Phase II de Monte Albàn.


après 200 avant J.-C. : La culture d’Izapa, un site du Chiapas proche de la frontière actuelle du Guatemala correspond à la phase initiale du développement de la civilisation maya. Cette culture sera transmise, via Kaminaljuyu (au Guatemala) aux basses terres du Peten septentrional.


Début de l’ère chrétienne : Développement de la civilisation de Teotihuacan, dans la vallée de Mexico. Elle marque le début de l’époque dite « classique » dans le centre du Mexique, le commencement de cette même période se plaçant deux siècles plus tard en pays maya. Installée à proximité du lac de Texcoco au nord-est de la vallée de Mexico, Teotihuacan représente un espace urbain de 20 km2, organisé selon un plan quadrillé et correspondant à une population évaluée de 150 000 à 250 000 habitants. La fortune de la cité est due au contrôle qu’elle exerce sur ses carrières d’obsidienne (mines de Pachuca), un matériau indispensable à la fabrication des outils tranchants dans toute l’Amérique centrale. La richesse agricole de la région et le dynamisme des échanges garantissent sa prospérité. Les habitants honorent déjà Tlaloc et Quetzalcoatl qui seront ensuite des dieux du panthéon aztèque. La cité connaîtra une fin brutale au VIIe siècle de notre ère, moment où sa destruction par le feu semble signifier qu’elle a été frappée par un incendie ou par une insurrection violente.


300-600 après J.-C. : Apogée du site du Cerro de las Mesas, au sud de Vera Cruz.


300-900 après J.-C. : Apogée de la civilisation maya dans le Yucatan. Elle étend aussi son influence sur le haut plateau mexicain, ce dont témoignent des sites comme Cacaxtla et Xochicalco. Elle débute par la phase dite du « classique ancien » de 300 à 600, caractérisée par la céramique dite de Tzalcol.


600-900 après J.-C. : Civilisation d’El Tajin dans le centre du Vera Cruz, caractérisée par la célèbre pyramide à niches et attribuée aux Totonaques installés également dans la région de Cempoalla. Les Huastèques étaient les voisins septentrionaux de ce peuple.


615-683 : Règne de Pacal à Palenque. Son règne et celui de son successeur Chan Bahlum voient l’apogée de Palenque. La période « classique récente » de la civilisation maya s’étend de 600 à 900 et est illustrée par les brillantes cités de Palenque, Yaxchilan, Piedras Negras. C’est l’époque de la céramique dite de Tepan, des constructions de Tikal et des fresques de Bonampak.


700 après J.-C. : Début du déclin de la civilisation de Monte Albàn.


milieu du VIIIe siècle : Apogée de la cité maya de Copan (au Honduras).


VIIIe siècle : Construction des pyramides de Tikal, qui dépassent 45 m de haut.


Fin du VIIIe siècle : 22 cités-Etats indépendantes les unes des autres se partagent le Yucatan maya.


900 après J.-C. et au delà : Culture de Remojadas dans le centre du Vera Cruz.


début Xe siècle : Apogée de la cité maya d’Uxmal dans le nord du Yucatan.


Xe siècle : Déclin irréversible de la civilisation maya ; on en ignore la raison ; on a avancé l’hypothèse d’un déséquilibre écologique lié à une croissance trop rapide de la population ou à un changement climatique. On a évoqué aussi d’éventuels troubles révolutionnaires…


Fin Xe siècle : Établissement à Chichen-Itza d’une civilisation hybride toltèque-maya.


Xe-début du XVIe siècle : Période dite « post-classique » à propos de laquelle une véritable histoire devient possible dans la mesure où existent des annales ou des chroniques écrites après la conquête par des Espagnols ou par des indigènes instruits.


900-1200 : Période d’apogée de Tula (dans l’État actuel de Hidalgo). Cette culture est née de la fusion entre des nomades du Nord apparentés aux Chichimèques – qui ignoraient l’agriculture et continuaient à vivre de la chasse – et d’un autre peuple, les Toltèques, influencés par la civilisation de certains sites de culture maya du Mexique central comme Xochicalco. Les Toltèques influenceront durablement toute l’aire mésoaméricaine jusqu’à la fin de la période post-classique, les Aztèques, mais aussi les Mayas de l’époque tardive et ils établiront des foyers de civilisation dans les régions demeurées barbares du nord-ouest, comme en témoignent les sites de La Quemada et de Chalchihuites. Le mythe racontant la fuite de Quetzalcoatl, le serpent à plumes chassé par Tezcatlipoca et réfugié au Yucatan où il porte le nom de Kukulcàn, confirme l’extension de la puissance toltèque dans ces régions méridionales où le site de Chichen-Itza correspond à cette période et nous a laissé des monuments plus grands que ceux de Tula – dont le grand temple-pyramide appelé le Castillo.


C’est avec les Toltèques qu’entrent en scène les peuples de langue nahuatl qui domineront le Mexique à partir de cette époque. Tula sera mise à sac et abandonnée en 1168 à la suite de conflits internes ou de l’arrivée de Barbares venus du nord mais la puissance toltèque se maintiendra à Cholula et à Colhuacan. La civilisation toltèque fut si puissante et si brillante que tous les souverains mexicains ultérieurs s’affirmeront comme ses héritiers.


XIIIe siècle : Fin de la puissance toltèque. Les Itza reprennent possession du grand site du Yucatan et remettent à l’honneur le culte de Tlaloc au puits sacré (cenote). Ils fondent ensuite en 1283 Mayapan, à une centaine de km à l’ouest de Chichen Itza et en font pour un siècle leur capitale mais Mayapan ne peut ensuite s’imposer à la cité rivale d’Uxmal. L’unité politique de la péninsule yucatèque ne peut donc être établie et, quand les Espagnols arriveront, le pays sera divisé en une quinzaine de cités-États indépendantes et rivales les unes des autres, ce qui, faute d’un pouvoir centralisé qu’il aurait suffi de subjuguer, rendra plus difficile pour les conquérants l’établissement de leur pouvoir sur cette région. Les centres de Zacaleu, Ulatlan (capitale des Mayas Quiché), Mixco Viejo ou Tayasal (dans le Peten) qui se trouvent aujourd’hui en territoire guatémaltèque connaissent une belle prospérité jusqu’à la conquête espagnole réalisée par Alvarado. C’est aux Mayas Quichés que l’on doit le grand poème épique du Popol Vuh.


XIVe siècle : Les Mixtèques de l’ouest de l’Oaxaca entament leur expansion, qui les conduit à soumettre les anciennes principautés zapotèques au moment où leur ancienne capitale de Monte Albàn a perdu toute sa puissance. Les monuments de Mitla témoignent de l’osmose réalisée entre ces deux peuples. La région sera conquise à partir du XVe siècle par les souverains aztèques Itzcoatl, Ahuitzol et Moctezuma II. Ces mêmes conquérants aztèques renonceront en revanche à imposer leur volonté au royaume des Tarasques du Michoacàn – un peuple pratiquant une langue tout à fait originale alors que son aristocratie parlait le nahuatl – dont la capitale, Tzintzuntzan, était installée près du lac Patzcuaro.


1325 : Installation des Aztèques à Tenochtitlan, une île marécageuse du lac de Texcoco. Peut-être d’origine chichimèque, ils viennent d’Aztlan dans le Nayarit. Ils soumettent rapidement, vers 1430, les Tépanèques d’Azcapotzalco et, en s’alliant aux cités de Texcoco e Tlacopan, imposent leur domination à toute la vallée de Mexico, qui redevient avec eux le principal centre géopolitique du Mexique de l’époque.


1427-1440 : Règne d’Itzcoatl.


1440-1468 : Règne deMoctezuma Ier.


1469-1481 : Règne d’Axayacatl qui soumet Tlatelolco. Les Aztèques établissent avec leurs voisins de Tlaxcala et de Huexotzinco le système de la « guerre fleurie » qui entretient une guerre perpétuelle destinée à fournir les victimes des sacrifices humains imposés par leur croyance en la nécessité d’alimenter en sang le dieu du Soleil Huitzilopochtli pour garantir son retour quotidien.


1486-1502 : Règne d’Ahuitzol.


1502-1520 : Règne de Moctezuma II Xocoyotzin, le Montezuma des Espagnols. Il accroît les prélèvements de richesses et d’hommes destinés aux sacrifices réalisés sur les peuples voisins. Quand le roi de Texcoco Nezahualpilli meurt, Moctezuma impose la succession de Cacama, ce qui entraîne la révolte de l’un de ses frères, Ixtilcochitl. L’Empire aztèque sera donc engagé dans un conflit difficile au moment où apparaîtront Cortez et ses compagnons.


À l’arrivée de Cortez, on évalue à dix millions d’âmes la population de l’Empire aztèque, dont cent mille pour la seule capitale.


 

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