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Le Mexique, de l’indépendance à la victoire des libéraux

1798 : Un modeste fonctionnaire, Juan Guerrero, organise un complot révolutionnaire rapidement éventé. La contagion de l’esprit révolutionnaire gagne même les Indiens et un chef tlaxcalan de Jalisco est arrêté avec 86 complices.


1799 : Rapport du chanoine Abad y Queipo, futur évêque du Michoacàn, qui dénonce l’oppression dont sont victimes Indiens et métis. Humboldt lui-même décrira quelques années plus tard le Mexique comme un pays de très grande inégalité : « Il n’en existe nulle part une plus effrayante dans la distribution des fortunes, de la civilisation, de la culture du sol et de la population. » Condamnés à une « minorité perpétuelle », Indiens et métis doivent payer un tribut qu’ils sont seuls à supporter. Le Mexique s’est enrichi au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle mais la misère des masses indiennes s’est aggravée.


1803-1808 : Vice-royauté de José de Iturrigaray.


1805 : Apparition du premier journal quotidien, le Diario de Mexico, publié par Carlos Maria de Bustamante.


1808 : Abdication de Charles IV, à l’issue du « guet-apens de Bayonne » organisé par Napoléon. Joseph Bonaparte devient roi d’Espagne mais la Junte formée à Séville poursuit la lutte contre les Français. Les colonies refusent de reconnaître l’usurpateur mais l’opinion y est divisée entre les partisans de l’indépendance et ceux de la junte de Séville.


Août 1808 : Le vice-roi Iturrigaray, nommé par Charles IV et son ministre Godoy, se range aux côtés des créoles indépendantistes et réunit l’Audiencia et l’Ayuntamiento de Mexico. Le premier de ces corps penchait pour la reconnaissance de l’autorité de la junte sévillane, le second pour la création d’une junte locale.


15 septembre 1808 : Gabriel de Yermo, un riche planteur hostile aux indépendantistes réunit une troupe qui dépose Iturrigaray et fait nommer vice-roi par l’Audiencia un militaire, Pedro de Garibay, remplacé ultérieurement par l’archevêque Lizana. Le fossé se creuse entre « Espagnols » et créoles.


1809 : Un complot créole est réprimé à Valladolid.


14 septembre 1810 : Un nouveau vice-roi, Venegas, envoyé d’Espagne par le gouvernement issu de la junte de Séville, vient prendre ses fonctions à Mexico. À ce moment, les créoles demeurent attachés à Ferdinand VII dont ils attendent qu’une fois son autorité restaurée, il placera le Mexique sur le même plan que l’Espagne.


16 septembre 1810 : Miguel Hidalgo y Costillo, curé de la ville de Dolores acquis aux idées nouvelles appelle ses ouailles à la révolte, à la grande surprise des autorités espagnoles. Toute la région de Guanajuato se soulève et un jeune propriétaire terrien, Ignacio Allende, apparaît comme le chef militaire de l’insurrection. Le mouvement, qui mobilise les masses indiennes, dégénère cependant en révolte sociale difficilement contrôlable. Répondant au « grito de Dolores » tout le nord du Mexique se soulève alors que, dans le sud du pays, un prêtre de campagne, José Maria Morelos, entraîne dans la rébellion la région d’Acapulco.


6 décembre 1810 : Les révolutionnaires proclament l’abolition de l’esclavage et du tribut payé par les Indiens.


1811 : Après avoir renoncé à marcher sur Mexico, Hidalgo voit ses troupes indiennes se débander progressivement. Quand le chef loyaliste Calleja reprend Guanajuato, le massacre est général et, en représailles, Hidalgo fait exécuter des partisans du vice-roi à Guadalajara. C’est à proximité de cette ville, à la bataille du pont de Calderon, que les révolutionnaires sont écrasés par les troupes du général Calleja qui occupent ensuite Zacatecas pendant qu’Allende se replie vers la frontière des États-Unis dont il espère des secours ; la trahison de l’un des chefs rebelles, Elizondo, entraîne la défaite complète des révolutionnaires qui, livrés en février aux autorités espagnoles, sont tous exécutés, notamment Allende et Hidalgo qui est fusillé le 30 juillet 1811 à Chihuahua. Ignacio Rayon poursuit la lutte dans le Michoacàn mais c’est surtout le prêtre Morelos qui maintient la flamme révolutionnaire dans l’actuel État de Guerrero.


Fin de 1811 : Toute la région comprise entre la vallée de Mexico et la côte pacifique – à l’exception du port d’Acapulco – est sous l’autorité de Morelos alors que d’autres rebelles contrôlent les régions montagneuses voisines de Puebla, de Guanajato et de Tampico mais banditisme et rébellion se confondent parfois. Le général Calleja vient à bout de la résistance de Rayon dans le Michoacàn.


1812 : Calleja assiège Morelos à Cuautla mais les rebelles lui échappent et s’installent près de Puebla, en situation de contrôler les liaisons entre Vera Cruz, le grand port de la côte atlantique, et Mexico. Oaxaca est prise et les révolutionnaires contrôlent alors tout le Mexique méridional, à l’exception de Mexico, Vera Cruz et Puebla.


28 septembre 1812 : Le vice-roi Venegas présente la Constitution adoptée par les Cortes espagnoles de Cadix qui accorde aux colonies une représentation placée sur un pied d’égalité avec la métropole. Les élections municipales donnent la victoire aux créoles indépendantistes et, pour enrayer le mouvement, Venegas décide, le 5 décembre de suspendre la constitution jusqu’à la fin de la guerre civile.


3 décembre 1812 : Le journaliste libéral José Joaquin Fernadez de Lizardi est emprisonné pour huit mois après avoir publié dans son journal El Pensador Mexicano un article hostile au vice-roi Venegas.


Février 1813 : Calleja succède à Venegas au poste de vice-roi et crée des milices appelées à lutter contre les guérillas.


Septembre 1813 : Au congrès de Chilpancingo, Morelos annonce la création d’une République d’Anahuac, fondée sur la souveraineté populaire, l’égalité des races, la réforme agraire et l’abolition des privilèges ecclésiastiques. Proclamé chef de l’Armée révolutionnaire, il confirme en octobre l’abolition de l’esclavage.


6 novembre 1813 : Promulgation du décret d’indépendance du Mexique.


22 octobre 1814 : Une constitution est promulguée à Apatzingan. Elle établit un suffrage universel au scrutin indirect, un pouvoir exécutif de trois membres désignés par le corps législatif (ou Congrès) et une Cour suprême mais, à cette date, les rebelles ont été repoussés dans les régions montagneuses et isolées et, après la victoire remportée sur Morelos par Agustin de Iturbide à Valladolid en décembre 1813, le nouveau vice-roi a repris le contrôle de la majeure partie du sud du pays. Retirant alors leur confiance à Morelos, les rebelles se divisent.


Août 1815 : Après la reprise en main autoritaire de l’Espagne par Ferdinand VII, Calleja annonce aux Mexicains l’abolition de la Constitution de 1812.


5 novembre 1815 : Les troupes de Morelos sont vaincues par celles de Calleja. Fait prisonnier, Morelos est fusillé près de Mexico, à San Cristobàl Ecatepec le 22 décembre.


1816 : Apodaca remplace Calleja au poste de vice-roi et promulgue une large amnistie. La rébellion s’éteint à peu près partout, seuls quelques foyers subsistent dans le Michoacàn et autour de Guanajato où Francisco Javier Mina, un libéral espagnol venu poursuivre au Nouveau Monde la lutte engagée contre Ferdinand VII est capturé et fusillé en octobre 1817. 1816 : Le libéral José Joaquin Fernandez de Lizardi publie El Periquillo Sarniento, le premier roman de la littérature mexicaine.


1817 : Seuls deux chefs rebelles – Vicente Guerrero, dans l’État qui porte aujourd’hui son nom, et Guadalupe Victoria dans la région de Vera Cruz – tentent de poursuivre la lutte.


Janvier 1820 : La révolution libérale conduite par Rafael del Riego qui a éclaté en Espagne oblige le roi Ferdinand VII à rétablir la constitution de 1812 et Apodaca annonce son rétablissement au Mexique où bon nombre d’éléments réactionnaires, naguère partisans de Ferdinand, sont inquiets de l’évolution de la situation en Espagne et, réunis au sein de la « conspiration de la Profesa », acceptent désormais d‘autant mieux l’idée de l’indépendance.


Décembre 1820 : Agustin de Iturbide est chargé d’aller écraser la rébellion de Guerrero mais fait finalement alliance avec lui.


24 février 1821 : Iturbide présente le plan d’Iguala (du nom de la ville où il se trouve alors), dit aussi « plan des Trois Garanties », auquel ses soldats prêtent serment. Il entend bâtir une monarchie mexicaine indépendante qui serait confiée à Ferdinand VII ou à un autre prince européen, l’Église catholique conservant ses privilèges, les créoles et les Espagnols – que leurs adversaires désignent du nom de gachupines – bénéficiant d’une complète égalité civile et politique. Une junte doit assurer l’exercice du pouvoir jusqu’à l’arrivée d’un roi et organiser l’élection d’un Congrès chargé de préparer une Constitution. Il n’y aura pas de confiscations de biens, ce qui écarte, pour les propriétaires créoles, le spectre d’une réforme agraire.


Été 1821 : À la tête de « l’armée des Trois Garanties » Iturbide rallie toujours plus de partisans. Il a conquis tout le Mexique septentrional dès la fin du printemps. En août, il entre à Puebla et le drapeau espagnol ne flotte plus alors que sur Mexico, Acapulco et Vera Cruz où le nouveau vice-roi envoyé d’Espagne, Juan O’Donojù, qui a débarqué en juillet, se retrouve assiégé et se voit obligé de composer avec Iturbide en signant le 24 août le traité de Cordoba.


27 septembre 1821 : Iturbide fait son entrée dans Mexico à la tête de l’armée des Trois Garanties. Les dernières forces espagnoles loyalistes cesseront le combat en octobre. Libéraux et conservateurs se sont unis pour obtenir l’indépendance mais ils vont ensuite s’affronter pour le contrôle du pouvoir. Les masses indiennes qui s’étaient ralliées à Hidalgo et à Morelos apparaissent alors comme les grandes perdantes de cette indépendance qui semblait rejeter les espoirs de révolution sociale et de partage des terres qui les avaient mobilisées. La ruine de l’exploitation minière, qui avait longtemps fourni au Mexique l’essentiel de ses ressources, les difficultés financières, le poids d’une armée largement parasitaire, la volonté des créoles de maintenir indéfiniment leurs privilèges et l’arriération des masses indiennes écartées de fait du processus d’émancipation nationale hypothèquent alors lourdement l’avenir du nouvel État.


Février 1822 : Iturbide qui a nommé le 28 septembre 1821 une junte de gouvernement et un conseil de cinq régents dont il s’est attribué la présidence a organisé des élections en vue de la réunion d’un Congrès. Réuni le 24 février 1822, celui-ci compte une majorité de créoles conservateurs a priori favorables à Ferdinand VII mais celui-ci a fait savoir qu’il n’entendait ni devenir roi au Mexique, ni reconnaître l’indépendance. Certains de ses partisans se rallient donc à l’idée d’une République centraliste et se joignent aux libéraux contre Iturbide, avec les encouragements d’une partie de la franc-maçonnerie qui connaît alors un développement rapide – ses membres se partagent en fait alors entre libéraux et conservateurs. Le Mexique jouit désormais d’une indépendance de fait qui ne sera reconnue par l’Espagne qu’en 1836.


Mai 1822 : Le Congrès propose de réduire les effectifs de l’armée et de priver de commandement militaire tout membre du conseil exécutif, ce qui encourage Iturbide à agir. Le 18 mai, des soldats et une foule nombreuse lui demandent de se proclamer empereur du Mexique sous le nom d’Augustin Ier. Il y consent et, le lendemain, par 67 voix contre 15 le Congrès entérine ce choix, même si plus de la moitié des députés s’abstiennent. La couronne est déclarée héréditaire. Une cérémonie du sacre est organisée et, en août, l’ordre de Guadalupe est institué.


Août 1822 : Le leader de l’opposition, Servando de Teresa y Mer, est emprisonné avec quatorze autres députés.


31 octobre 1822 : Le Congrès est dissous et remplacé par quarante-cinq de ses membres nommés par Iturbide pour leur docilité supposée mais ils refusent de rédiger une constitution et de voter les impôts. Iturbide prétend alors élaborer lui-même la constitution en même temps qu’il impose le cours forcé pour une monnaie de papier dénuée de toute valeur, ce qui engendre une rapide hausse des prix et un mécontentement général. Avec un territoire de 4 665 000 km2 (plus du double de son extension actuelle) et ses sept millions d’habitants le Mexique d’alors apparaît plus important que ne l’étaient les États-Unis au moment de leur indépendance en 1783, mais ses incontestables atouts ne seront pas exploités faute d’une direction politique compétente et efficace.


Décembre 1822 : Pronunciamiento du général Santa Anna qui proclame la République. Envoyé contre lui le général Antonio Echavarri pactise avec le mutin en janvier.


19 mars 1823 : Déclenchée à Vera Cruz par Antonio Lopez de Santa Anna, la révolte contre Iturbide a rallié rapidement Guadalupe Victoria et Vicente Guerrero, puis la majeure partie de l’Armée. Isolé, Iturbide annonce son intention d‘abdiquer et le Congrès le condamne au bannissement perpétuel.


Novembre 1823 : Réunion d’un nouveau Congrès dont l’acteur principal, Miguel Ramos Arizpe est aussi le responsable de la franc-maçonnerie locale alors en plein essor. Une constitution inspirée de celle des États-Unis (la tolérance religieuse en moins) est adoptée. Le pays est divisé en dix-neuf États et quatre territoires dont chacun élit son gouverneur et son assemblée législative. Le président et le vice-président sont nommés par l’assemblée de chaque État.


Printemps 1824 : Parti pour l’Europe en mai de l’année précédente, Iturbide regagne le Mexique avec l’intention d’y jouer un rôle mais, arrêté, il est fusillé le 19 juillet. Devenu le héros malheureux de l’indépendance pour le clergé et les propriétaires terriens qui reprochent à Hidalgo et Morelos d’avoir voulu y mêler les Indiens, il sera réhabilité en 1838.


4 octobre 1824 : Promulgation de la Constitution.


Automne 1824 : Guadalupe Victoria et Nicolas Bravo, tous deux héros de la lutte pour l’indépendance, sont élus président et vice-président. Pour faire face à la crise financière – les dépenses représentent le double des recettes –, le gouvernement commence à emprunter massivement à l’étranger, avant tout à Londres, au risque d’aliéner l’indépendance du pays, au moment où George Canning – qui a manifesté l’opposition de son pays à toute intervention de la Sainte Alliance en Amérique pour y rétablir les droits de l’Espagne – peut se vanter que « l’Amérique espagnole est devenue anglaise… » Le chargé d’affaires britannique H.G. Ward joue alors un rôle prépondérant auprès des autorités mexicaines même si Français et Américains sont aussi présents dans les activités économiques encore modestes du pays. Les Mexicains se méfient alors en priorité des Américains dont ils craignent les ambitions territoriales camouflées derrière la fameuse formule « l’Amérique aux Américains », prononcée en 1823 par le président Monroe. Nommé en 1825, le chargé d’affaires américain Joël R. Poinsett multiplie les ingérences dans la politique intérieure du Mexique et s’efforce alors sans succès d’obtenir que celui-ci accepte de vendre aux États-Unis ses provinces du nord.


1828 : Le conservateur Gomez Pedraza est élu président avec Anastasio Bustamante comme vice-président. Il l’emporte contre le libéral Vicente Guerrero qui était pourtant le candidat le plus populaire.


Septembre 1828 : Auréolé de la gloire que lui valait son rôle de « libérateur du Mexique », Santa Anna se prononce contre l’élection de Pedraza. Il est repoussé dans l’Oaxaca mais des insurrections libérales éclatent un peu partout.


Fin novembre 1828 : L’insurrection gagne Mexico et, après quatre jours de combat, Pedraza démissionne et part pour l’exil mais, le 4 décembre, la capitale est aux mains de la populace et des pillards.


Fin janvier 1829 : Le Congrès proclame président Vicente Guerrero, qui conserve Bustamante à la vice-présidence mais le nouveau président n’est pas à la hauteur de la tâche et son ministre des finances, le libéral Zavala, démissionne au bout de quelques mois.


11 septembre 1829 : Une tentative de débarquement espagnol échoue et les envahisseurs, bloqués à Tampico, doivent se rendre à Santa Anna qui retire toute la gloire liée à ce fait d’armes.


1830 : Mutinerie militaire contre Vicente Guerrero, conduite par le vice-président Anastasio Bustamante. Le vieux chef révolutionnaire gagne le sud où il mènera la lutte pendant un an mais, tombé dans un piège à Acapulco, il est vendu par un capitaine italien au gouvernement qui le fait passer pour fou avant de le faire juger et exécuter en 1831 pour « trahison ». Il sera lui aussi réhabilité plus tard et considéré comme l’un des pères de l’indépendance. Au cours des années suivantes, les libéraux sont écartés du pouvoir dans les divers États par un gouvernement réactionnaire de Lucas Aleman appuyé sur l’armée mais celui-ci lutte efficacement contre le banditisme et la contrebande et rétablit partiellement l’équilibre des finances.


6 avril 1830 : Le gouvernement mexicain décide de ne plus admettre de nouveaux colons des États-Unis sur le territoire du Texas mais cette loi ne sera pas appliquée et l’immigration anglo-saxonne se poursuit. En 1834, le Texas ne comptera plus que 3 400 Mexicains sur 24 700 habitants.


1832 : Santa Anna soulève Vera Cruz, ce qui déclenche une vague d’insurrections libérales dans le nord du pays. À la fin de l’année, Bustamante part en exil et Gomez Pedraza est rétabli à la présidence mais, lors des élections suivantes, Santa Anna est élu président avec le libéral Gomez Farias comme vice-président.


Janvier 1833 : Santa Anna fait son entrée à Mexico.


Été 1833 : Sous l’impulsion de Gomez Farias, de nombreuses mesures anticléricales sont prises : fin de l’obligation des dîmes, fin des vœux perpétuels, nomination des ecclésiastiques par l’État, fermeture de l’Université catholique de Mexico, création d’une direction de l’instruction publique en vue du développement d’un enseignement laïque, suppression des missions indiennes du nord du pays et confiscation de leurs biens…


1833 : L’épidémie de choléra qui atteint le pays est interprétée comme une punition divine et alimente les passions antilibérales.


Avril 1834 : Santa Anna, qui a gardé ses distances vis-à-vis de la politique hostile au clergé, révoque Gomez Farias, s’attribue des pouvoirs dictatoriaux, annule les mesures anticléricales, renvoie le Congrès et écrase la révolte libérale déclenchée contre lui dans le Zacatecas. Il impose rapidement un pouvoir centralisé appuyé sur l’armée.


Septembre 1834 : Réunion d’un nouveau Congrès, dont la majorité conservatrice représentée par le nouveau vice-président, Barragàn, se méfie de Santa Anna qui la laisse gouverner et se retire sur ses terres de Vera Cruz, dans l’attente du moment opportun pour reprendre le plein contrôle du pouvoir.


Décembre 1835 : Le général mexicain Cos est chassé de San Antonio par les Texans qui ont décidé le 5 novembre précédent de séparer leur État du Mexique et proclament solennellement leur indépendance le 2 mars 1836.


6 mars 1836 : Les insurgés texans sont vaincus et massacrés à la mission d’Alamo.


21 avril 1836 : Les Texans de Sam Houston écrasent les troupes mexicaines sur les rives du rio San Jacinto et Santa Anna est fait prisonnier le lendemain. Envoyé à Washington et contraint de reconnaître contre sa libération l’indépendance du Texas (il sera désavoué par le gouvernement de Mexico) il est renvoyé au Mexique par le président Andrew Jackson qui doit tenir compte de l’opinion des États abolitionnistes du Nord hostiles à l’annexion par l’Union d’un Texas qui serait un État esclavagiste de plus. Celui-ci reste donc momentanément une République indépendante – reconnue en 1837 par les États-Unis, en 1839 par la France et en 1840 par la Grande Bretagne.


Fin 1836 : Le Congrès mexicain remplace la constitution de 1824 par sept lois restreignant les libertés des États et renforçant les pouvoirs du président, désormais élu pour huit ans et rééligible.


1er mars 1837 : Le Sénat des États-Unis finit par reconnaître l’indépendance texane.


Avril 1837 : Alors que Santa Anna, qui a échangé sa liberté contre la reconnaissance de l’indépendance du Texas, apparaît discrédité, les conservateurs élisent Anastasio Bustamante pour mettre en œuvre une nouvelle constitution abolissant les libertés des États et introduisant le suffrage censitaire.


1838 : Guerre franco-mexicaine dite de la « pâtisserie » (il s’agissait du remboursement des dommages subis par des commerçants français de Mexico – dont un pâtissier – lors du pillage de la ville par les insurgés dix ans plus tôt). Une escadre française s’empare du fort de San Juan de Ulloa et Vera Cruz est occupée un temps. C’est à cette occasion que Santa Anna, blessé par un boulet, perd une jambe, ce dont il tirera une gloire supplémentaire de défenseur héroïque de la patrie, ce qui était pour lui bien nécessaire après sa capture peu glorieuse au Texas.


1840 : Échec d’un soulèvement libéral initié par Gomez Farias à Mexico.


1841 : Une nouvelle révolte militaire ramène Santa Anna au pouvoir mais le Congrès élu l’année suivante ne lui est pas acquis et il repart pour Vera Cruz, pour son domaine de Manga de Clavo.


1843 : Une junte de notables nommée par Nicolas Bravo, un ancien lieutenant de Morelos, vote une nouvelle constitution établissant une présidence dictatoriale et Santa Anna est élu à cette fonction.


1844 : Révolte militaire déclenchée par le général Paredes. Santa Anna engage la lutte contre lui mais une insurrection ramène au pouvoir Pedraza avec, comme nouveau président le général José Joaquin Herrera. Santa Anna part se réfugier une fois de plus à Vera Cruz puis doit embarquer pour La Havane, avec interdiction de revenir au Mexique pendant dix ans.


29 décembre 1845 : Les États-Unis annexent le Texas ce que demandaient les Texans depuis le mois de juillet précédent. Almonte, l’ambassadeur mexicain à Washington demande alors ses passeports car, dès 1843, le gouvernement mexicain avait annoncé qu’une telle annexion constituerait un casus belli.


Janvier 1846 : Accusé de faiblesse dans la crise américano-mexicaine, Herrera est renversé par un nouveau pronunciamiento et remplacé par le géneral Paredes, au moment où l’ambassadeur américain à Mexico John Slidell quitte la capitale et où le général Zachary Taylor s’avance jusqu’au Rio Grande, en territoire considéré comme mexicain.


25 avril 1846 : Une première escarmouche oppose des cavaliers américains et mexicains. Le président américain Polk décide alors de déclarer la guerre le 13 mai. Dès le mois de mai, les Américains battent le général Arista et franchissent le Rio Grande puis marchent sur Monterey prise deux mois plus tard.


Août 1846 : Paredes est chassé du pouvoir qui revient au libéral Gomez Farias, décidé à faire appel à Santa Anna pour faire face à l’urgence de la situation militaire et à financer la guerre en nationalisant les biens du clergé.


Septembre 1846 : Santa Anna est de retour à Mexico. Un Congrès le nomme président avec Farias comme vice-président. Le fédéralisme est restauré et des libéraux, Melchior Ocampo et Benito Juarez, se trouvent à la tête du Michoacàn et de l’Oaxaca.


23 février 1847 : Échec de Santa Anna contre Zachary Taylor à Angostura, près de Buena Vista dans l’État de Coahuila, mais le général président transforme ce revers en victoire et se retourne contre les libéraux. Appelé par les conservateurs furieux de voir menacés les biens d’Église, il renvoie Gomez Farias lors de son retour à Mexico.


Mars 1847 : Prise de Vera Cruz par le général américain Winfield Scott, qui écrase Santa Anna à Cerro Gordo, près de Jalapa, en avril et s’empare de Puebla. Face au danger, les partis s’en remettent pourtant de nouveau à Santa Anna.


Août 1847 : Les combats font rage pendant trois semaines autour de Mexico pour la défense de la capitale. C’est à ce moment que les Américains fusillent pour désertion un régiment de catholiques irlandais qui avaient changé de camp.


13 septembre 1847 : Après avoir subi de lourdes pertes à Molino del Rey et escaladé les hauteurs de Chapultepec, les Américains entrent dans Mexico où la résistance se poursuit dans la journée du 14, pendant que Santa Anna se replie sur Guadalupe. La lutte continue au cours des semaines suivantes sous forme de guérilla mais l’échec de la tentative contre la garnison américaine de Puebla, la révolte des indigènes Mayas du Yucatan et les progrès de l’anarchie conduisent à la présidence Pena y Pena, juge principal de la Cour suprême, qui établit un gouvernement à Queretaro et entreprend de négocier. Santa Anna est contraint pour sa part de gagner la Jamaïque.


10 mars 1848 : Ratification par le Sénat américain du traité de Guadalupe Hidalgo signé le 2 février. Le Mexique cède le Texas, la Californie et les vastes territoires vides intermédiaires correspondant aux États américains actuels du Nouveau-Mexique et de l’Arizona, c’est-à-dire la moitié en superficie de son territoire national. Il reçoit en contrepartie quinze millions de dollars qui doivent contribuer à rétablir ses finances et se voit libéré des indemnités réclamées par les USA pour les pertes subies précédemment par leurs nationaux.


Juin 1848 : Les conservateurs redonnent la présidence à Herrera.


Fin juillet 1848 : Les derniers soldats américains évacuent le territoire mexicain.


1850 : Mariano Arista devient président de la République et gouverne honnêtement mais il est renvoyé en janvier 1853. Les conservateurs qui se sont alors emparés du pouvoir font appel de nouveau à Santa Anna, élu dictateur pour un an.


1er avril 1853 : Rentrant du Venezuela où il était exilé, Santa Anna revient à Vera Cruz. Il est à Mexico le 20 avril. La mort en juin du meilleur des hommes politiques conservateurs, Alemàn, le prive pourtant d’un précieux soutien. Ses pouvoirs dictatoriaux n’en sont pas moins confirmés le 16 décembre. Par le traité Gadsden il est contraint de céder aux États- Unis la région de la Mesilla (c’est-à-dire 76 845 km2 de territoire mexicain).


1er mars 1854 : Des rebelles réunis dans le Guerrero autour de Juan Alvarez publient le « plan d’Ayutla » prévoyant une dictature militaire transitoire et l’élection d’une convention chargée de préparer une nouvelle constitution.


Décembre 1854 : Santa Anna organise un plébiscite (avec vote public) pour obtenir la prolongation de la dictature.


Août 1855 : Alors que la majeure partie du nord du pays a basculé dans l’insurrection et que Vera Cruz menace d’en faire autant, une junte réunie à Cuernavaca et présidée par Gomez Farias proclame Juan Alvarez, l’un des rédacteurs du plan d’Ayutla, comme président de la République. Santa Anna fuit le pays le 17 août pour rejoindre le Venezuela.


14 novembre 1855 : Entrée d’Alvarez dans Mexico. Quelques jours plus tard, le nouveau ministre de la Justice, Benito Juarez, annonce l’abolition des privilèges ecclésiastiques.


Décembre 1855 : Alvarez transmet la présidence à Ignacio Comonfort, l’un des inspirateurs du plan d’Ayutla.


28 juin 1856 : Préparée par le ministre des Finances Miguel Lerdo de Tejada, une loi ordonne la vente de tous les biens d’Église, le gouvernement percevant une taxe sur chaque transaction. L’opération ne profite en fait qu’aux grands propriétaires ou aux investisseurs étrangers, mais la loi vaut aussi pour les propriétés indivises des municipalités ou des communautés indiennes.


Une nouvelle constitution d’inspiration libérale est préparée dans le même temps ; elle est promulguée le 5 février 1857 et modifiée en 1874 par la création d’une deuxième chambre législative, le Sénat.


Septembre 1856 : Destruction à Mexico du couvent de San Francisco suspecté d’être un foyer de conspiration réactionnaire.


Novembre 1856 – mars 1857 : Diverses révoltes éclatent à Puebla, à Queretaro et dans le Michoacàn mais Comonfort parvient à les calmer. Les fonctionnaires doivent prêter serment à la nouvelle constitution mais l’Église excommunie ceux qui le font. Comonfort est élu président de la République au printemps de 1857.


Décembre 1857 : Le général Zuloaga « se prononce » pour une dictature de Comonfort, prend Mexico, dissout le Congrès et fait arrêter Juarez, le président de la Cour suprême. Comonfort, par souci de l’unité nationale, accepte la nouvelle situation mais les foyers d’insurrection se multiplient et un Congrès rassemblé à Queretaro décide de déchoir Comonfort et de nommer Benito Juarez président.


21 janvier 1858 : Comonfort quitte le Mexique pour les États-Unis. Zuloaga se proclame président et abolit les lois anticléricales. Libéré par Comonfort, Juarez a dû évacuer Queretaro puis s’est embarqué pour Panama et La Havane avant de venir s’installer à Vera Cruz où, trois années durant, il va attendre son heure.


 

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