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Le « modèle » malien


26 mars 1991 : Un Conseil de réconciliation nationale exerce le pouvoir et engage des pourparlers avec l’opposition. Il est dirigé par le colonel Amadou Toumani Touré.


2 avril 1991 : L’ancien ministre des Finances Soumana Sacko est nommé Premier ministre.


29 juillet-12 août 1991 : La conférence nationale chargée de conduire la transition démocratique s’ouvre à Bamako, présidée par Amadou Toumani Touré, président du Comité de transition pour le salut du peuple créé sur la base d’un accord entre les militaires et les forces démocratiques.


Août 1991 : Le gouvernement malien rend public le bilan des affrontements entre l’armée et les Touareg au cours de l’année écoulée. Selon le ministère de la Défense et de la Sécurité intérieure, il s’élève à 150 tués chez les militaires. Le problème est moins grave qu’au Niger voisin mais la guérilla targuie considérée à Bamako comme une forme de « banditisme armé » se manifeste de manière chronique, principalement dans les régions de Gao et de Tombouctou.


18 septembre 1991 : Le gouvernement libyen expulse deux cents immigrants maliens vers leur pays.


12 janvier 1992 : À l’issue d’un référendum qui voit, par 99,76 % de oui, l’adoption du multipartisme et d’un nouveau texte constitutionnel, la constitution de la IIIe République est promulguée. Le pouvoir exécutif est détenu par un président élu pour cinq ans au suffrage universel et par un Premier ministre ; le pouvoir législatif est exercé par une Assemblée nationale monocamériste élue elle aussi pour cinq ans. Des élections municipales ont lieu le 19 janvier. Les élections législatives qui les suivent les 9 février et 8 mars voient une large victoire de la coalition gouvernementale sortante. Ces diverses consultations s’effectuent sous le contrôle d’une quarantaine d’observateurs étrangers.


12 avril 1992 : Des délégués des Mouvements et Fronts unis de l’Azawad représentant la guérilla targuie signent à Bamako avec les autorités maliennes et sous l’égide de l’Algérie dont la médiation s’est révélée décisive, le Pacte national sur la question du Nord (dont les termes ont été négociés à Alger en mars) qui met fin à deux ans de guérilla et accorde aux populations du désert une certaine autonomie.


26 avril 1992 : Alpha Oumar Konaré, candidat de l’Alliance pour la Démocratie, est élu président de la République. Avec 45 % des voix obtenues au premier tour contre huit concurrents. Son principal adversaire, Tiéoulé Mamadou Konaté, obtient près de 14,5 % des voix, les autres candidats jouant les figurants (une victoire qui ne traduit pas vraiment, en raison d’une participation très réduite au scrutin, de l’ordre de 24 % des inscrits, l’état d’esprit du pays réel). Le deuxième tour voit Konaré l’emporter sur Konaté par 69,01 % des voix (contre 30,99 % à son adversaire). Le vainqueur de la consultation entre en fonction le 8 juin. C’est la « IIIe République » du Mali qui commence avec lui, après la première, dominée par Modibo Keita, et la seconde, qui s’est confondue avec le régime de Moussa Traoré. On considère généralement à l’étranger que le Mali a réalisé en quelques mois une « transition démocratique » exemplaire.


12 février 1993 : Moussa Traoré, dont le procès a débuté le 4 juin 1992 avant d’être reporté en novembre, est condamné à mort, ainsi que trois autres chefs militaires, pour la répression des émeutes conduite par l’armée en 1991 (elle a entraîné la mort de deux cents personnes).


5 avril 1993 : Reprise de l’agitation étudiante. Les manifestants s’en prennent à l’Assemblée nationale. Démission le 9 avril du gouvernement de Younoussi Touré.


12 janvier 1994 : Dévaluation de 50 % du franc CFA par rapport au franc français (décidée à la conférence de Dakar réunissant les chefs d’État et de gouvernement des quatorze pays de la Zone Franc). Depuis mars 1993 et l’arrivée à Matignon d’Édouard Balladur, la France privilégie la bonne gestion. La fin de la parité fixe entre franc français et franc CFA correspond à la réalité économique et elle est décidée sous la pression des institutions financières internationales jugeant le franc CFA par trop surévalué. La mesure est perçue comme une sorte d’« abandon » par la France. Cet événement traduit également le poids grandissant du FMI et de la Banque mondiale dans les affaires africaines, les États se voyant contraints d’appliquer les politiques d’ajustement structurel décidées par ces institutions. La dévaluation a également été suivie par la transformation de l’Union monétaire ouest-africaine en Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).


2 février 1994 : Reprise de l’agitation étudiante. Démission du Premier ministre Abdoulaye Sékou Sow. Il est remplacé le 4 par Ibrahim Boubacar Keita, troisième Premier ministre du président Alpha Oumar Konaré. La situation de l’enseignement qui est l’objet d’une forte demande sociale est à l’origine d’une contestation chronique, consécutive au faible taux de scolarisation (encore plus faible pour les filles) et à l’insuffisance des moyens en personnel, en locaux et en matériel pédagogique.


15 février 1994 : Fermeture des écoles et arrestation de plusieurs leaders étudiants accusés de vandalisme. L’opération « ville morte » organisée à Bamako le 31 mars suivant est un échec.


16-20 avril 1994 : Échec des nouvelles négociations entreprises par le gouvernement malien avec les Touareg. Malgré de nouvelles tentatives en mai et juin à Alger et Tamanrasset, une nouvelle attaque est lancée le 19 juillet par la dissidence et fait une vingtaine de tués.


Septembre 1994 : le congrès de l’ADEMA Alliance pour la démocratie au Mali place à la tête de ce parti le Premier ministre Ibrahim Boubacar Keita.


Novembre 1994 : Nouveaux accords, conclus à Bourem avec les Touareg rebelles. Ils mettent momentanément fin à un nouveau cycle de violences.


10 décembre 1994 : Premières rencontres de photographie africaine à Bamako. Doté de peu de ressources, le Mali s’efforce d’affirmer une influence culturelle que justifie, aux yeux de ses dirigeants, la richesse de son passé.


27 mars 1996 : Une cérémonie de réconciliation nationale avec les rebelles Touareg est organisée à Tombouctou.


1996 : Conférence franco-africaine à Ouagadougou, capitale du Burkina-Faso.


1992-1996 : Les militaires combattent la rébellion touareg jusqu’à la prise de la base principale des rebelles et à la signature d’un accord de paix.


27 mars 1996 : Dissolution des mouvements armés touareg. Échec du pacte national de 1992.


1996 : Élaboration d’un programme décennal pour l’éducation et la culture, qui n’obtient pas les résultats escomptés puisque l’analphabétisme perdure massivement au début du XXIe siècle.


27-30 janvier 1997 : Tenue à Kayes d’un forum franco-malien portant sur le développement local et les moyens de limiter l’émigration.


9 mai 1997 : Réélection pour cinq ans d’Alpha Oumar Konaré. Il décide commuer en emprisonnement à vie la peine de mort prononcée contre les quatre accusés considérés comme responsables de la mort des victimes tombées lors des journées insurrectionnelles de mars 1991.


17-20 décembre 1997 : Tournée africaine du Premier ministre français Lionel Jospin (au Maroc, au Sénégal et au Mali où il prononce un discours consacré à l’aide au développement).


1997-1998 : Le Mali devient le premier producteur de coton de l’Afrique subsaharienne (les 522 000 tonnes produites constituent un record absolu depuis l’introduction de cette culture). Avec 663 000 tonnes de riz, le pays, qui n’en consomme que 384 000, dispose de surplus exportables importants. Ces bons résultats conduisent au report de la privatisation, demandée par la Banque mondiale, de la Compagnie malienne de développement textile (compagnie au sein de laquelle l’État malien demeure majoritaire). Malgré ce bilan encourageant, l’émigration demeure toujours aussi massive.


12 octobre 1998-12 janvier 1999 : Procès des dirigeants de l’ancien régime poursuivis pour crimes économiques. Il se déroule dans des conditions discutables, au point que le collectif de défenseurs se retire le 16 décembre.


Septembre 1999 : Début d’une campagne de lutte contre la corruption mais l’archevêque de Bamako Monseigneur Luc Sangaré compare cette lutte contre la corruption « à un filet qui ne prend que les petits poissons en laissant s’échapper les gros ».


Février 2000 : Mandé Sidibé succède à Ibrahim Boubacar Keita au poste de Premier ministre.


2000 : Alpha Omar Konaré annonce qu’il renonce à se succéder à lui-même en 2002, au terme de son mandat. La lutte pour la succession divise l’ADEMA, le parti dominant. En novembre 2000, Diacounda Traoré est élu président du parti contre le Premier ministre Mandé Sidibé.


Février 2001 : Signature par les partis politiques d’un pacte de bonne conduite en vue des élections de 2002. Le multipartisme est devenu une réalité. Le pays compte une cinquantaine de partis dont une vingtaine représentés dans les conseils municipaux, huit à l’Assemblée nationale et cinq au gouvernement. Le vote d’une loi de juillet 2000, relative au financement des partis, confirme la marche du Mali vers la démocratisation.


8 juin 2002 : Amadou Toumani Touré est élu président. Ahmed Mohammed Ag Hamani devient Premier ministre.


2003 : L’ancien président du Mali, Alpha Omar Konaré, accède à la présidence de l’Union africaine qui a succédé à l’Organisation de l’unité africaine.


2003 : Le pays est confronté à la disette et bénéficie d’une aide alimentaire fournie par la communauté internationale qui, sur l’initiative de la France et dans le cadre de l’aide aux « pays pauvres très endettés », annule pour 675 millions de dollars la dette malienne.


Septembre 2003 : Au sommet de l’Organisation mondiale du commerce réuni au Mexique, à Cancun, le Mali, le Bénin, le Burkina Faso et le Tchad demandent aux États-Unis de cesser de subventionner les producteurs de coton et l’État malien annonce son soutien à la Société de filature Fitina, dont l’usine doit être inaugurée en 2004.


Fin 2003 : L’aggravation de la crise ivoirienne a d’importantes retombées pour le Mali qui se trouve coupé d’Abidjan, son débouché traditionnel sur l’Atlantique, et doit réorienter ses flux commerciaux vers Lomé (au Togo) et Accra (au Ghana). Une situation nouvelle qui peut conduire le Mali à développer ses relations avec le Sénégal et la Mauritanie voisins.


2004 : Mise en œuvre, à l’initiative des États-Unis, du « Plan Sahel » visant à contrôler la « zone grise » que pourrait éventuellement constituer l’espace saharien pour des organisations terroristes islamistes. Outre les États du Maghreb, les pays participants sont le Mali, la Mauritanie, le Tchad et le Niger. C’est sur la base d’informations fournies par l’armée malienne qu’une colonne de véhicules du Groupe salafiste pour la prédication et le combat, importante organisation islamiste algérienne, est interceptée à la fin janvier 2004, en provenance du nord du Mali. Les dirigeants de Bamako voient dans le plan Sahel l’opportunité d en finir avec la dissidence targuie.


Février 2004 : Congrès du Parti pour la renaissance nationale (PARENA) de Tiébilé Dramé qui critique le pouvoir, également contesté lors du congrès constitutif du Bloc des alternatives pour le renouveau africain de Yoro Diakité.


29 avril 2004 : Ousmane Issoufi Maïga devient Premier ministre et constitue un gouvernement réduit à 28 membres qui remplace celui de Ahmed Mohammed ag Hamini. Il s’agit d’un gouvernement de consensus dans lequel la plupart des partis sont représentés.


30 mai 2004 : Élections municipales. L’Alliance pour la démocratie au Mali, l’Adema anciennement au pouvoir, arrive en tête avec 28 % des sièges ; de nombreux petits partis soutiennent le président Amadou Toumani Touré.


2004 : Le Mali souffre d’une invasion de criquets pèlerins entraînant un déficit céréalier de 450 000 tonnes.


12 novembre 2005 : Inauguration de la mine d’or de Loulo, qui va permettre de faire passer la production de 40,5 tonnes en 2005 à 64 tonnes en 2006. L’exploitation aurifère représente une part importante du PIB malien, le pays devenant désormais le troisième producteur du continent, après l’Afrique du Sud et le Ghana.


3-4 décembre 2005 : Le 23e sommet franco-africain se réunit à Bamako.


2005 : Le Mali atteint un taux de croissance de 5,9 % sur l’année. La production de coton augmente mais la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) est en difficulté en raison de la faiblesse des cours et sa privatisation est repoussée à 2008. Il en va de même pour la Sotelma (Société de télécommunications du Mali) Dans le même temps, une filiale de Bouygues, Saur International, s’est retirée d’EDM (Énergie du Mali) en raison d’une baisse des tarifs décidée unilatéralement. Il n’en reste pas moins qu’avec un déficit budgétaire à hauteur de 0,9 % du PIB, le Mali se voit décerner par la communauté internationale un brevet de bonne gouvernance économique. Avec une population âgée aux trois quarts de moins de vint-cinq ans et illettrée à 65 %, le Mali apparaît cependant toujours comme l’un des pays les plus pauvres du monde, ce dont témoigne un taux de mortalité infantile qui s’élève à 122‰. 70 % des importations et des exportations du Mali passent par Abidjan et les difficultés que connaît actuellement la Côte-d’Ivoire n’arrangent rien pour un pays, qui après l’Éthiopie, est le pays africain recevant l’aide la plus importante de l’Union européenne.


22 mai 2006 : Des rebelles touareg s’emparent de deux camps militaires à Kidal, dans le nord du pays, à quelques centaines de kilomètres des frontières de l’Algérie et du Niger puis se replient en emportant d’importantes quantités d’armes.


Alors que l’on considère généralement qu’il a réussi sa « transition démocratique », le Mali demeure un pays pauvre dépourvu de ressources naturelles où d’énormes efforts restent à réaliser en matière d’équipement, de développement économique et d’éducation. Enclavé dans une Afrique de l’Ouest confrontée à de nombreux facteurs de déstabilisation (crises au Liberia, en Sierra Leone, en Côte-d’Ivoire, incertitudes pesant sur l’évolution du Nigeria, persistance de la dissidence targuie, pression démographique et ampleur de l’émigration), le pays conduit par Amadou Toumani Touré semble être entré dans un cycle de bonne gouvernance qui apparaît comme un signe encourageant dans une Afrique subsaharienne qui voit toujours s’accumuler par ailleurs les obstacles susceptibles de compromettre son développement.

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