Logo Clio
Service voyages
Service voyages


Des origines à la colonisation

Les régions qui constituent l’actuel Mali demeurent mal connues jusqu’au Moyen Âge et il faut attendre les sources arabes, notamment El-Bekri, Ibn Khaldoun, Idrisi et Ibn Batouta ainsi que les textes du Tarikh el Fettach et du Tarikh es Soudan pour glaner des informations précises à propos des royaumes nigériens qui se sont développés durant la période précoloniale. L’archéologie a cependant permis de reconstituer les principales étapes de l’évolution de ces régions au cours des temps pré- et protohistoriques. Les plus anciens objets attribués au Paléolithique ancien sont des galets aménagés découverts en 1988 sur les bords du Niger, à Farabana en amont de Bamako. Le plus ancien site préhistorique identifié est celui de Lagreich-Erar-rar, dans la vallée du Tilemsi, daté d’environ 280 000 ans. Il a livré des bifaces taillés dans le quartz, des hachereaux et divers autres outils de pierre. Un matériel différent s’impose ensuite entre -70 000 et -18 000 ans ; il s’agit d’un outillage lithique de type atérien, retrouvé en bordure des lacs qui parsemaient alors l’espace saharien. À l’inverse de la richesse des trouvailles réalisées en Afrique orientale ou au Tchad, le Mali apparaît très pauvre en restes humains fossiles. La paléontologie humaine y commence de fait avec l’homme d’Asselar, très récent, contemporain des débuts du Néolithique. Cette période commence il y a environ 6 000 ans, ce que révèle le site de Hassi-el-Abiod étudié au sud-ouest d’Arouane. Outillage lithique et gravures rupestres témoignent de la densité de l’occupation humaine au Néolithique, notamment dans la vallée du Tilemsi, dans la cuvette de Taoudeni et dans l’Adrar des Ifoghas. Des ateliers de taille de la pierre contemporains ont également été identifiés dans la zone des savanes méridionales, notamment dans la région de Bamako. L’agriculture, l’élevage et la céramique se développent alors. À partir de 1500 avant J.-C., on voit s’établir à travers le Sahara la « route des chars » (attelés de chevaux dont on trouve des représentations dans l’art rupestre contemporain). L’extraction du cuivre et la fabrication du bronze semblent absents mais le fer apparaît dès le milieu du premier millénaire avant J.-C., sans doute introduit par le peuple saharien des Garamantes. Les premières « villes », Dia et Djenné-Djeno (proche de l’actuelle Djenné) apparaissent dans le delta intérieur vers le IIIe siècle avant J.-C., ce qui montre que l’urbanisation a précédé, contrairement à l’idée reçue généralement admise, l’islamisation de ces régions. Gao est créée, selon la tradition, entre 670 et 690 de notre ère alors que Tombouctou naît d’un simple campement établi vers le XIIe siècle.


IIIe siècle après J.-C. : Arrivée au Soudan du dromadaire, introduit en Égypte par les occupants perses au VIe siècle avant J.-C.


VIIe siècle : L’astronome arabe Al-Fazari cite le premier le « Ghana, pays de l’or » dont nous parle également le géographe Ibn Hawqal. Ce royaume (souvent présenté comme un « empire », au même titre que ceux du Mali et du Songhaï) tire sa fortune de sa situation de point d’aboutissement des caravanes qui reliaient l’Afrique du nord aux régions soudanaises où arrivait l’or extrait plus au sud. Les sources disponibles ne permettent pas de reconstituer dans le détail l’histoire de cet État fondé au VIe siècle dont la population semble être demeurée très majoritairement animiste après la conversion à l’Islam de ses souverains dont plus de la moitié régnèrent avant le début de l’expansion musulmane… Cet État s’étendait à l’est jusqu’à Tombouctou et Djenné et fut ruiné par les Almoravides venus du nord de l’actuelle Mauritanie qui poussèrent au XIe siècle leurs conquêtes au sud du Sahara avant d’entreprendre celles du Maroc et d’une partie de l’Espagne. Les vainqueurs, qui ont fondé Marrakech et qui y ont installé leur capitale, tout comme les Almohades après eux, utilisent l’Afrique noire soudanaise comme pourvoyeuse d’or et de troupes. La capitale du Ghana se trouvait sur le territoire de l’actuelle Mauritanie, à Koumbi-Saleh qui fut pillée par les Almoravides en 1077. Ce Ghana historique n’a évidemment rien à voir avec le Ghana actuel, ainsi dénommé par Kwamé N’krumah, l’un des leaders du nationalisme africain, quand la Gold Coast britannique (qui correspondait en fait pour l’essentiel au territoire de l’ancien royaume ashanti) obtint son indépendance en 1957.


L’empire du Mali, dont l’histoire s’étend du Xe au XVe siècle, a son origine dans le Samako, non loin de l’actuelle ville de Bamako à peu de distance en amont du confluent du Sankarani et du Niger. C’est à partir de là que se constitua un empire qui s’étendait à son apogée depuis l’Adrar des Ifoghas jusqu’à l’estuaire de la Gambie. Il est fondé par un certain Baramendena, de la famille des Keita qui se convertit à l’Islam vers 1050 alors que ses sujets demeurent animistes Il se rend en pèlerinage à La Mecque et prend au retour le titre de sultan.


1200 : Le roi Moussa Allakoï monte sur le trône et s’allie aux Almoravides maîtres du Maroc contre ce qui restait de la puissance du Ghana mais le souverain de ce royaume, Samangourou Kanté, bat et fait exécuter Naré Famagan, successeur de Moussa Allakoï, ainsi qu’une dizaine de ses fils.


1235 : Le dernier descendant de Samangourou Kanté, Keita Soundiata, remporte sur Samangourou la victoire de Kirina et peut venger le massacre de sa famille. Il installe ensuite sa capitale dans le village de Niani qui prend le nom de Mali (nom désignant l’hippopotame en bambara, ou mot peul équivalent au mot mandingue qui désigne le grand ensemble ethnique regroupant Bambara, Soninké et Malinké, eux-mêmes rassemblés dans l’empire historique du Mali).


1240 : Soundiata ruine Koumbi Saleh, prend le titre d’empereur et entreprend la conquête du Bambouk. Sous son règne, le commerce se développe ainsi que l’exploitation de l’or et la culture du coton. Une organisation militaire et administrative solide est mise en place.


1255 : Mort de Soundiata. Mansa Oulé, Ouati, Khalifa et Aboubakari lui succèdent mais ne peuvent éviter le développement des ferments d’anarchie. C’est un ancien esclave, Sakora, qui s’impose ensuite en 1285 et conquiert le Macina et le Tékrour. Les Toucouleurs du Sénégal et les Songhaï de Gao doivent reconnaître son autorité mais il est assassiné en 1300 en Somalie, au retour du pèlerinage de La Mecque.


1300 : La dynastie des Keita récupère le pouvoir avec Gaou, Mamadou et Aboubakari II dont on dit qu’il périt après s’être embarqué sur l’océan à la tête d’une expédition de pirogues.


1312-1332 : Règne de Kankan Moussa, fils d’Aboubakari II. Il porte à son apogée la puissance du Mali dont le territoire s’étend alors du Fouta Djalon à Agadès et sur les anciens royaumes du Ghana et des Songhaï.


1324 : Kankan Moussa se rend en pèlerinage à La Mecque et dispense de multiples prodigalités, notamment en Égypte. Il ramène avec lui l’architecte andalou Abou Ishaq es-Saheli qui construit les mosquées de Gao et de Tombouctou. Des lettrés maghrébins viennent s’installer à Djenné et à Tombouctou.


1332-1336 : Règne de Maghan, l’empire Songhaï reprend son indépendance.


1339 : Sept ans après la mort de Kankan Moussa, c’est le célèbre voyageur tangitan Ibn Batouta qui se rend au Mali, sous le règne de Mansa Souleymane (1336-1359).


1339 : L’empire du Mali apparaît dans l’Atlas catalan de Charles V, qui précise que son roi « est le plus noble et le plus riche de toute cette région pour l’abondance de l’or que l’on trouve sur sa terre ».


1359-1374 : Règne de Kamba. Mossi et Touareg menacent les périphéries orientale et septentrionale de l’Empire.


1374-1387 : Règne de Moussa II. Maghan II monte sur le trône en 1390.


1435 : Les Touareg et leur chef Akil s’emparent de Tombouctou.


1545 : Daoud, frère de l’Askia de Gao, prend Mali, la capitale de l’empire. Celui-ci se réduit progressivement au territoire de son noyau originel, menacé par le Songhaï à l’est et par les Peuls à l’ouest.


1630 : Les Peuls du Macina et les Bambara de Ségou ravagent ce qui reste de l’empire du Mali.


1667 : Le dernier souverain mandingue du Mali, Mama Maghan, assiège Ségou mais doit renoncer et reconnaître sa défaite en 1670. Il se retire à Kangaba, réduit au rang d’un simple chef local. À cette époque, l’empire du Mali n’est plus qu’un souvenir. Au cours de la période qui suit, ce sont les Bambara de Ségou qui s’imposent comme la puissance dominante dans la région. Le fondateur de leur royaume, établi dans le delta central du Niger, est Kaladian Coulibaly dont le fils, Danfassari, a créé la capitale de Ségou Koro à proximité de l’actuelle Ségou.


1712-1755 : Règne à Ségou de Mamari Coulibaly, connu aussi sous le nom de Biton. Il constitue une puissante armée, formée en majorité d’esclaves et de prisonniers et étend régulièrement ses conquêtes.


1755-1757 : Dikoro, fils aîné de Mamari Coulibaly, ne règne que deux ans avant d’être assassiné par les hommes de sa propre garde personnelle. Son frère Bakari Ali lui succède mais est tué à son tour par sa garde qui porte au pouvoir l’un des siens, Tom Mansa, assassiné à son tour.


Milieu du XVIIIe siècle : Un descendant de Manka Diabakaté Traoré – qui s’était imposé aux Senoufo des territoires correspondant actuellement au Burkina Faso et au nord de la Côte-d’Ivoire, vient s’installer dans la région de Finkolo à proximité de Sikasso pour asservir tous les Senoufo qui s’y trouvaient et créer ainsi le royaume de Kénédougou.


1760 : Ngolo Diara devient roi de Ségou, conquiert Djenné et Tombouctou, restaure la capitale de Ségou Koro qui avait été abandonnée et fonde une dynastie qui durera jusqu’en 1862.


1790 : C’est le second fils de Ngolo Diarra, Monzon, qui lui succède. Il fait campagne contre les Mossi, dans le Kaarta et dans le Beledougou. Sa mort, survenue en 1802, marque le début d’un déclin irréversible pour le royaume bambara de Ségou finalement conquis par El Hadj Omar en 1862.


1817 : Cheikou Hamadou conduit la révolte contre les Peuls du Macina et fonde un État théocratique dont la capitale, Handallahi, est installée près de Mopti. Champion d’un Islam puritain, il organise rigoureusement la région et sédentarise les Peuls. Il meurt en 1844. Son fils, puis son petit-fils lui succèdent mais le royaume ainsi constitué est envahi en 1862 par El Hadj Omar.


1862 : Originaire du Sénégal et fondateur de l’Empire toucouleur, El Hadj Omar (1794-1864) qui est aussi le chef de la confrérie tidjane, réussit à s’imposer aux Bambara de Ségou et du Kaarta (dès 1856) puis aux Peuls du Macina en 1864, avant de mourir la même année à Bandiagara.

1865 : Samory Touré, qui prétend être une réincarnation du grand souverain mandingue Soundiata, fonde le royaume du Ouassalou. Il doit lutter à l’est contre le roi de Sikasso et au nord contre les Français qui entament alors leur pénétration du Soudan nigérien. Despote dont la puissance reposait sur le trafic d’esclaves, il apparaît ensuite comme l’un des champions de la résistance africaine à la colonisation. Il est pris par les Français en 1898 et exilé au Gabon où il meurt en 1900 mais ce sont surtout l’est de la Guinée et le nord de la Côte-d’Ivoire qui constituent le théâtre de ses exploits, dans une moindre mesure le sud du Soudan français appelé à devenir le Mali.
Page précédente Page suivante
Mentions légales Conditions Générales de vente Comment s'inscrire Hôtels à Paris Vos assurances Qui sommes-nous ? Clio recrute Nous contacter