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L’expédition de Bonaparte et Mehmet Ali ouvrent l’Égypte à la modernité (1798-1882)

23 février 1798 Dans un rapport relatif à la guerre contre l’Angleterre, le général Bonaparte suggère de frapper indirectement l’adversaire dans le Hanovre ou en Égypte. Le 14 février, Talleyrand avait exposé devant le Directoire les avantages que procureraient à la France la conquête et la colonisation de l’Égypte. Le 5 mars, le Directoire autorise Bonaparte à entreprendre la conquête de l’Égypte.


19 mai 1798 La flotte transportant l’expédition d’Égypte quitte Toulon. Arrivés devant Malte le 9 juin, les Français s’en emparent puis reprennent la mer le 16 pour atteindre Alexandrie le 1er juillet et pour débarquer à l’ouest de la ville au cours de la nuit suivante.


2 juillet 1798 Alexandrie tombe aux mains des Français.


21 juillet 1798 Victoire des Pyramides. Bonaparte, qui prétend libérer l’Égypte de la domination mameluke, entre le 24 au Caire où il cherche avant tout à rassurer la population musulmane et les notables locaux, en créant notamment un « Conseil général », al-diwan al-âm, chargé des affaires du pays et composé d’ulémas, de notables et de commerçants désignés par les diverses provinces, qui seront réunis pour la première fois du 5 au 20 octobre.


1er août : Désastre d’Aboukir. La flotte de l’amiral Brueys est détruite par Nelson.


11 août Le chef mameluk Ibrahim Bey, replié vers le nord-est, est battu à Salalieh.


22 août Les savants qui accompagnent l’expédition créent, « pour le progrès et la propagation des lumières » l’Institut d’Égypte chargé de « régénérer » le pays. Le bilan sera en ce domaine très positif. Dès l’été 1798, la création par Larrey et Desgenettes de quatre hôpitaux militaires introduit en Égypte la médecine scientifique ; un recensement de la population est organisé, qui doit permettre une répartition équitable de l’impôt ; enfin, l’amélioration des procédés d’irrigation et les premières études de l’ingénieur Lepère relatives au percement de l’isthme de Suez préparent la modernisation du pays.


24 août Desaix s’embarque à Boulak pour poursuivre Mourad Bey replié vers le sud et pour pacifier ainsi la Haute-Égypte. Il bat les Mameluks le 7 octobre à Damanhour et remonte la vallée du Nil jusqu’à Assiout.


9 septembre 1798 Le sultan ottoman déclare la guerre à la France.


21 octobre Insurrection du Caire, brisée le lendemain. Elle est consécutive au recensement, qui implique la fourniture de titres de propriété souvent inexistants. Le diwan est dissous mais un nouveau conseil de soixante membres est réuni en décembre.


10 février 1799 Bonaparte quitte Le Caire pour aller affronter en Palestine et en Syrie les forces ottomanes. Gaza est prise le 25 février et Jaffa le 5 mars. Engagés dans le siège de Saint-Jean d’Acre, les Français remportent les victoires de Nazareth (6 avril) et du mont Thabor dix jours plus tard ; à la fin du mois de mai il faut renoncer au siège de Saint-Jean d’Acre pour se replier sur l’Égypte, menacée par l’arrivée prochaine d’une armée ottomane transportée par mer.


25 juillet 1799 Les forces turques débarquées à Aboukir sont totalement détruites par les Français.


août 1799 Découverte de la pierre de Rosette, qui permettra ultérieurement à Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes et de jeter les bases de l’égyptologie.


23 août Bonaparte quitte secrètement l’Égypte pour regagner la France, en laissant le commandement à Kléber.


24 janvier 1800 La convention d’armistice signée à El-Arish avec les Ottomans prévoit le repli des forces françaises sur Alexandrie, Rosette et Aboukir, en vue d’un rapatriement en France mais le commodore anglais Sidney Smith exige une reddition complète que refuse Kléber.


25 mars 1800 Les Français infligent une nouvelle défaite aux Turcs à Héliopolis mais doivent ensuite briser une deuxième révolte du Caire.


14 juin 1800 Assassinat de Kléber par un jeune musulman. Le général Menou, qui s’est converti à l’Islam et a épousé une musulmane, lui succède.


23 mars 1801 Débarquées à Aboukir, les troupes du général Abercrombie battent à Canope celles de Menou.


27 juin 1801 Le général Belliard négocie avec les Anglais et les Turcs la reddition du gros des forces françaises, embarquées à Damiette et rapatriées.


2 septembre 1801 Menou, qui s’était enfermé dans Alexandrie, capitule à son tour, trois ans et deux mois après le début de la campagne.


8 février 1802 Khosrew Pacha s’installe au Caire comme « gouverneur d’Égypte » au nom du sultan.


1802 Publication en France du Voyage dans la Basse et Haute Égypte pendant la campagne de Bonaparte de Vivant Denon.


11 mars 1803 Les troupes anglaises quittent Alexandrie, laissant Mameluks et Turcs face à face.


mai 1804 Mehmet Ali – officier ottoman d’origine albanaise arrivé en Égypte en mars 1801 – s’empare du pouvoir en s’appuyant sur les ulémas et la population du Caire qui ne veulent plus de la domination des Mameluks et réclament au sultan sa confirmation comme pacha d’Égypte.


18 juin 1805 Le gouvernement ottoman désigne Mehmet Ali comme pacha d’Égypte.


18 août 1805 Échec d’une révolte des Mameluks contre Mehmet-Ali.


19 mars 1807 Les Anglais, qui craignent que Napoléon se rapproche de l’Empire ottoman et s’engage dans une nouvelle aventure égyptienne s’emparent d’Alexandrie mais les forces de Mehmet Ali les repousse quand ils tentent de prendre Rosette.


21 avril 1807 Mehmet Ali bat les forces anglaises du général Fraser, qui abandonne Alexandrie le 19 septembre.


1808 Le Sultan ottoman Mahmoud II demande à Mehmet-Ali de rétablir l’autorité de la Sublime Porte en Arabie. Devant les réticences du pacha, il lui promet le gouvernement de la Syrie puis, en 1811, la possession héréditaire de l’Égypte.


1809 Début de la publication des vingt volumes de la Description de l’Égypte, qui constitue le bilan scientifique de l’expédition de Bonaparte.


1er mars 1811 Mehmet Ali fait massacrer les Mameluks.


1812 Les troupes égyptiennes s’emparent de Médine, de Djeddah et de La Mecque et occupent le Hedjaz.


1815 Les Wahhabites sont écrasés lors de la bataille de Taëf. Fait prisonnier, leur chef Abdallah est envoyé à Istanbul où le sultan le fait décapiter.


1820 Mehmet-Ali entame la conquête du Soudan. Le royaume des Fundj et sa capitale Sennar sont occupés. À l’ouest, le Dar Four demeure insoumis.


1822 Soulèvement de la Nubie ; Ismaïl, le fils aîné de Mehmet Ali est tué mais la révolte est brisée.


1822 Développement de la culture du coton qui devient l’une des ressources principales de l’Égypte. Il représentera plus de la moitié des exportations du pays en 1836.


1823 À la demande du sultan ottoman, Mehmet Ali envoie ses troupes réprimer l’insurrection crétoise.


1824-1828 Le corps expéditionnaire égyptien d’Ibrahim Pacha, le second fils de Mehmet-Ali, occupe la Morée pour y briser l’insurrection grecque.


29 octobre 1827 Destruction à Navarin par les flottes française, anglaise et russe – de la flotte turco-égyptienne.


1830 Fondation de Khartoum.


1831 Mehmet-Ali défie le sultan ottoman en envahissant la Palestine.


8 avril 1832 Les forces égyptiennes s’emparent de Tripoli de Syrie et marchent ensuite sur Homs où elles repoussent les forces du sultan en juillet.


21 décembre 1832 Les forces d’Ibrahim et de Soliman Pacha – Joseph Anthelme Sève, un officier français engagé au service du pacha d’Égypte – écrasent les troupes ottomanes à Konya. Istanbul est directement menacée mais, après une nouvelle victoire remportée à Kutayah, Ibrahim reçoit de son père l’ordre de suspendre sa marche.


5 mai 1833 La convention de Kutayah, conclue sous la garantie des puissances, fait de la Palestine, de la Syrie et d’Adana des possessions égyptiennes.


24 juin 1839 Le sultan ottoman, qui a cherché à prendre sa revanche sur le pacha d’Égypte, voit ses forces de nouveau vaincues, à Nezib. Le sultan Mahmoud II meurt le 30 juin. Son successeur, Abdul Majid, un jeune homme, ne paraît pas en mesure de faire face au danger égyptien mais il bénéficie du soutien des puissances.


1840 L’Anglais Palmerston veut imposer à Mehmet Ali l’abandon de la Syrie mais le premier ministre français Adolphe Thiers soutient le pacha ; la tension atteint alors son paroxysme entre Paris et Londres à propos de la « question d’Égypte ». Louis- Philippe, pacifique et prudent, désavoue finalement son ministre et le nouvel « homme fort » de la Monarchie de Juillet, Guizot, est un anglophile convaincu.


15 juillet 1840 La convention de Londres, conclue entre l’Angleterre, la Prusse, la Russie, l’Autriche et l’Empire ottoman tient la France à l’écart. Palmerston craint en priorité qu’une Égypte alliée de la France ne fournisse à celle-ci, déjà installée en Algérie, une position dominante en Méditerranée et qu’un Empire ottoman trop affaibli ne devienne une proie facile pour la Russie, toujours désireuse d’accéder à la Méditerranée. La convention de Londres accorde à Mehmet-Ali, à titre héréditaire, le pachalik d’Égypte et à titre viager la Syrie méridionale. Il devait évacuer par ailleurs l’Arabie, la Crète et les autres régions que ses succès militaires lui avaient permis d’occuper depuis dix ans.


15 septembre 1840 Mehmet Ali n’ayant pas encore répondu à l’ultimatum lancé par les puissances après la convention de Londres, le sultan le dépose et prétend nommer un autre pacha en Égypte. La crise est relancée mais le départ de Thiers et une révolte de la Syrie permettent d’aboutir à un compromis. Le sultan accepte de rétablir Mehmet Ali comme pacha héréditaire d’Égypte mais il doit retirer ses troupes de Syrie (firman du 19 avril 1841). Mehmet-Ali était surtout attaché à l’indépendance de l’Égypte alors q’Ibrahim rêvait de supplanter le sultan ottoman et de faire de l’Égypte le centre d’un puissant Empire arabe.


mars 1848 Mehmet-Ali, malade, est écarté du pouvoir au profit de son fils Ibrahim mais celui-ci meurt le 10 novembre suivant.


1849-1854 Règne d’Abbas Ier, petit-fils de Mehmet Ali et neveu d’Ibrahim, qui périra assassiné le 13 juillet 1854, à la suite d’une intrigue de palais.


1851 Abbas Ier contracte en Europe un emprunt destiné au financement de la construction d’une ligne de chemin de fer reliant Alexandrie au Caire. C’est le début d’une politique d’endettement dont les conséquences seront redoutables.


1854 -1863 Règne de Mohammed Saïd, quatrième fils de Mehmet-Ali.


30 novembre 1854 Mohammed Saïd accorde par firman au Français Ferdinand de Lesseps, ancien consul en Égypte, le droit de fonder une société chargée de construire un canal reliant la Méditerranée à la mer Rouge.


décembre 1858 Constitution de la Compagnie du canal de Suez, au capital de 400 000 actions, dont 42 % souscrites par Mohammed Saïd et 52 % par les investisseurs français. La Compagnie reçoit pour 99 ans la concession des terres nécessaires au percement du canal.


1860, 1868 et 1874-1875 Révoltes des indigènes Shilluk des provinces méridionales du Soudan. La conquête du Bahr el-Ghazal et de l’Équatoria permet à la même époque de donner un développement considérable au commerce des esclaves noirs.


18 janvier 1863 Ismaïl, deuxième fils d’Ibrahim, succède à son oncle Saïd. Il régnera jusqu’en 1879.


1863 Création du Musée Égyptien dirigé par Auguste Mariette.


1865 Étatisation du service des postes.


1866 Création d’une Assemblée consultative de 75 députés élus au suffrage indirect.


8 juin 1867 En récompense de sa participation à la répression de l’insurrection crétoise, Ismaïl reçoit du sultan ottoman le titre de khédive qui lui confirme la possession héréditaire, en ligne directe, de l’Égypte.


1868 Loi organisant l’instruction publique. Sous le règne d’Ismaïl, le nombre des écoles publiques est multiplié par vingt.


17 novembre 1869 Inauguration du canal de Suez, en présence de l’impératrice Eugénie.


9 janvier 1870 Ismaïl décrète que l’arabe sera désormais la langue officielle de l’administration.


1871 Reconnaissance du droit à la pleine propriété de la terre.


8 juin 1873 Un firman impérial ottoman remet au khédive l’administration de l’Égypte et le pouvoir législatif. L’Égypte est devenue de fait un État semi-indépendant.


1875 Création du journal al-Ahrâm.


1875 Après avoir abusivement recouru aux crédits extérieurs, l’Égypte ne peut plus rembourser ses créanciers. C’est l’occasion pour Disraëli de racheter au khédive la part d’actions qu’il détenait dans la Compagnie du canal de Suez, faisant ainsi de l’État britannique l’actionnaire majoritaire.


19 mai 1875 Création de la Société khédiviale de géographie. Sous couvert d’exploration et de recherche scientifique, elle sera un instrument de l’expansionnisme égyptien vers l’Afrique noire.


2 mai 1876 L’Égypte est de nouveau confrontée à la banqueroute. Les puissances imposent alors la création d’une Caisse de la dette publique contrôlant les recettes fiscales du pays et dirigée par quatre commissaires étrangers – français, anglais, italien et autrichien. Le 18 novembre, les créanciers de l’Égypte imposent la nomination de deux contrôleurs de ses finances, un Anglais et un Français. En 1877 un triumvirat comprenant le ministre égyptien Nubar Pacha, l’Anglais Wilson et le Français de Blignières est institué pour diriger l’économie du pays.


1877 Gordon est nommé gouverneur général du Soudan. En 1878, c’est l’Allemand Edouard Schnitzer (Emin Pacha) qui est nommé gouverneur de la province égyptienne de l’Equatoria.


août 1878 Faute d’un redressement de la situation financière, Paris et Londres imposent à Ismaïl un gouvernement d’experts européens qui prend de fait, à travers l’administration de la Dette égyptienne, la direction économique du pays.


25 juin 1879 Paris et Londres contraignent Ismaïl à l’abdication, avec l’accord du sultan ottoman. Il est remplacé par son fils, Tewfik Bey qui régnera jusqu’en 1892.


février 1881 : La rue égyptienne reproche à Tewfik d’être inféodé aux Européens. Le mouvement de contestation est dirigé par un officier nationaliste, le colonel Urabi, dit aussi Arabi Pacha, qui a constitué dès 1876 une société secrète nationaliste. Un Parti nationaliste, Al-Hizab al Watani, est créé peu après. L’agitation débouche en février 1881 sur une révolte militaire. L’assemblée élue peu après est en majorité hostile à la tutelle étrangère et vote le budget sans tenir compte des remarques de la Caisse de la dette. La nomination d’Arabi Pacha comme ministre de la Guerre en février 1882 inquiète directement les Anglais et les Français, qui craignent de voir leurs intérêts menacés.


1881 Mohammed Ahmed ibn Abdallah, qui se présente comme le Mahdi, « l’Envoyé de Dieu », soulève le Soudan.


Eté 1882 L’assassinat de plusieurs dizaines d’Européens à Alexandrie fournit à l’Angleterre le prétexte d’une intervention. Faute d’une majorité au Parlement – les radicaux sont résolument hostiles à une réaction de type « colonial » en Égypte – les Français s’abstiennent de toute intervention et les Anglais agissent seuls.


11 juillet 1882 Bombardement d’Alexandrie par la Royal Navy, suivi d’un débarquement des troupes du général Wolseley.


13 septembre 1882 Les dernières forces d’Arabi Pacha sont dispersées par les Anglais au combat de Tell el-Kébir. Arrêté, Arabi Pacha est exilé à Ceylan.

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