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Les siècles de la nuit ottomane

1396 : Échec de la croisade de Nicopolis conduite par le roi de Hongrie Sigismond et la chevalerie française, complètement vaincus par le sultan Bayézid Ier Yildirim. Ivan Strasimir, qui s’est joint aux croisés est fait prisonnier. Toute la Bulgarie passe alors sous domination ottomane. La victoire turque a été favorisée par les divisions des États balkaniques et l’impossibilité d’aboutir à un accord entre Byzance et les États de l’Occident latin ; le souvenir du sac de la ville, perpétré en 1204 par les Latins à l’occasion de la quatrième croisade et celui de l’Empire latin de Constantinople y étaient sans doute pour quelque chose, alors que Pétrarque affirmait que « les Turcs sont des ennemis mais les Grecs schismatiques sont pires que des ennemis ».


Une fois installés dans les Balkans, les Turcs s’établissent en priorité dans les plaines et les vallées fertiles ainsi qu’aux principaux carrefours routiers, dont le contrôle est indispensable au maintien de leur domination. À l’inverse, les populations chrétiennes cherchent souvent un refuge dans les régions montagneuses, qui deviennent des foyers de résistance chronique. Des colons turcs venus d’Asie Mineure s’installent ainsi dans certaines régions où, soucieuse de préserver ses privilèges, l’aristocratie locale voit parfois ses représentants se convertir à l’Islam ; dans le peuple, les Bulgares islamisés, assez peu nombreux, forment la minorité des Pomaks. Fondée sur la force brutale et la discrimination ethnique et religieuse, la domination ottomane sera toujours perçue comme insupportable par les Bulgares qui, réduits au rang de raïa ou bétail, lui opposeront une résistance durable et polymorphe. Soumis à la capitation et à l’impôt foncier, contraints d’accepter l’enlèvement régulier ou devchurmé d’une partie de leurs jeunes enfants destinés à former la milice des janissaires ou à fournir les harems, les vaincus trouvent dans la religion orthodoxe le rempart inébranlable qui leur permettra de maintenir leur identité. Corvées, impôts et massacres accableront ainsi, cinq siècles durant, la population bulgare, soumise aux règles de la « dhimmitude » imposée aux minorités chrétiennes ou juives dans les pays musulmans. L’abandon des terres, la stagnation démographique et la régression économique seront les conséquences naturelles d’un tel système. Une situation que l’historien britannique Paul Coles a parfaitement résumée en expliquant que « l’absorption dans l’Empire ottoman fut à long terme une tragédie pour l’Europe du Sud-Est. Cet impérialisme avait quelque chose de stérile. Les peuples conquis furent prisonniers durant plusieurs siècles d’un système économique et social incapable d’évolution, dont les élites n’avaient pas d’autre idéal qu’un parasitisme empreint de violence… » Immergés dans la population, les haïdouks rassemblés en groupes de maquisards occupant les régions montagneuses mèneront la vie dure à l’occupant ottoman et à ses gendarmes ou pandours. La répression est féroce et les vaincus régulièrement empalés mais les Turcs ne parviendront jamais à éradiquer complètement cette résistance, que les massacres répétés perpétrés contre la population ne feront qu’encourager.


1403 : À la faveur de la défaite subie par les Ottomans l’année précédente à Angora devant les troupes de Tamerlan, les Bulgares se soulèvent mais sont vaincus près de la rivière Temska, non loin de Pirot. La répression est sanglante. Des soulèvements analogues ont lieu en 1412 et 1425. Tous sont écrasés et les représailles sont terribles.


1443 : Le roi Vladislav de Pologne et de Hongrie et le prince transylvain Jean Hunyadie libèrent Sofia mai se retirent au nord du Danube, abandonnant la Bulgarie à la répression turque.


10 novembre 1444 : Alors que la Bulgarie s’est de nouveau soulevée Vladislav est vaincu à Varna.


Mai 1453 : Prise de Constantinople par les Turcs.


1508 : Parution, dans la ville roumaine de Targoviste, du premier livre imprimé en langue bulgare.


1526 : La victoire turque de Mohacs entraîne la disparition du royaume de Hongrie.


1564 : Soulèvement de Prilep, suivi en 1574 de celui d’Ochrid et en 1590 de celui de Kustendil.


1575 : Révolte des habitants de la région de Silistrie.


1595 : Un détachement de haïdouks attaque Sofia et massacre les Turcs qui s’y trouvent.


1598 : Soulèvement général des Balkans contre la domination turque. Le prince de Valachie Michel le Brave, avec l’appui des Moldaves, des Transylvains et des Bulgares commandés par Baba Novak bat les Turcs à Nikopol. Vidin, Vratsa et Plevna et Turnovo sont libérées. Un prétendu descendant d’Ivan Chichman se fait proclamer tsar des Bulgares sous le nom de Chichman III. L’Autriche ne fournissant pas les renforts attendus, les Turcs sont en mesure de reconquérir le pays et d’infliger à la population bulgare de cruelles représailles. La « première insurrection de Turnovo » se conclut donc sur un échec. 60 000 Bulgares vont chercher refuge en Valachie au nord du Danube.


1646 : À la faveur de la guerre de Candie opposant Venise au Sultan pour le contrôle de la Crète, Pierre Partchevitch, archevêque catholique, tente de rallier à la cause bulgare l’Autriche, Venise et la Pologne.


1657 : Campagne turque dans le Rhodope, marquée par des conversions forcées à l’Islam, les récalcitrants cherchant refuge dans les montagnes.


1683 : Échec des Turcs devant Vienne. La victoire remportée par le roi de Pologne Jean Sobieski et le duc Charles de Lorraine fait naître en Bulgarie de nouveaux espoirs. Une conjuration est organisée à Turnovo par Rostilsav Stratimirovitch qui cherche en vain l’appui du tsar Pierre le Grand mais le soulèvement est un échec Une nouvelle révolte éclate en 1688 mais elle est également brisée et il en va de même en 1689.


1711 et 1730 : Révoltes bulgares dans la région de Silistrie.


1714 : Publication à Vienne de la Stématographie de Christophore Jelarovitch, premier livre imprimé en bulgare traitant d’un sujet profane et dans lequel l’auteur dénonce l’oppression turque et appelle à la résistance.


1737-1738 : L’ouest de la Bulgarie s’insurge à nouveau.


1767 : L’archevêché grec d’Ochrid est supprimé. Toutes les communautés chrétiennes orthodoxes de Bulgarie dépendent désormais du patriarcat grec de Constantinople.

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