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D’un conflit mondial à l’autre (1919-1945)

1920 : La Bulgarie est admise à la Société des Nations.


1923 : Le gouvernement bulgare d’Alexandre Stamboliski signe un traité d’amitié avec la Yougoslavie, mettant ainsi un terme à un antagonisme serbo-bulgare vieux de plusieurs décennies.


1922 : Alexandre Tzankov fonde le parti de l’Entente nationale (Naroden Zgovor) qui veut l’instauration d’un régime autoritaire inspiré de l’exemple donné par le mouvement mussolinien en Italie. Il peut compter sur l’appui de la très nationaliste Ligue des officiers formée dès 1913. Ces aspirations nationalistes et autoritaires caractéristiques de l’Europe de l’après-guerre (le régent Horthy en Hongrie, la « dictature » de Miguel Primo de Rivera en Espagne) sont encouragées par Boris III, désireux de restaurer l’autorité royale.


9 juin 1923 : Coup d’État à Sofia, organisé avec la complicité de l’armée, de la police et du parti « narodniak ». Les ministres agrariens sont arrêtés et l’état de siège proclamé. Les tentatives de résistance sont brisées et Alexandre Stamboliski est fusillé. Alexandre Tzankov établit alors un régime autoritaire. Le successeur de Stamboliski à la tête de l’Union agrarienne, Raïko Daskalov, est assassiné, de même que le leader communiste Asse Halatchev. La répression très violente des grèves du mois de septembre 1923 condamne l’opposition (les agrariens de Petko Petkov et les communistes de Georges Dimitrov) à la clandestinité.


Avril 1926 : Pour garantir la stabilité du régime tout en rassurant les éventuels investisseurs étrangers, Andrei Liaptchev constitue un gouvernement conservateur et modéré qui remplace celui de Tzankov. Ce gouvernement se maintient jusqu’en 1931 en conservant les structures du régime autoritaire mis en place depuis 1923.


1930 : Les effets de la crise mondiale font que la production bulgare baisse de 40 %. Le nombre des chômeurs atteint 200 000 deux ans plus tard, dans un pays de sept millions d’habitants demeuré à prédominance rurale. La chute des prix ruine une bonne partie de la paysannerie.


Juin 1931 : Le Bloc populaire d’Alexandre Malinov remporte les élections mais le nouveau gouvernement déçoit.


19 mai 1934 : Un nouveau coup d’État porte au pouvoir les conservateurs de Kimon Gueorguiev. Ils mettent en œuvre une politique dirigiste en matière économique. Le nouveau pouvoir est favorable à une alliance avec la Yougoslavie et les démocraties d’Europe occidentale alors que le Mouvement social populaire créé par Tzankov est favorable à l’Italie et à l’Allemagne en vue d’obtenir une révision du traité de Neuilly.


22 janvier 1935 : Le général Pentcho Zlatev forme un nouveau gouvernement, appuyé par le roi qui est hostile à la politique étrangère de Gueorguiev. Il est remplacé en avril par Andrei Tochev puis par Gueorgui Kiossevanov. Ces chefs de gouvernement successifs préparent en fait la voie à l’instauration du pouvoir personnel du roi Boris qui, partisan de la révision du traité de Neuilly, est persuadé que la Bulgarie doit se rapprocher de l’Allemagne et de l’Italie. Les relations économiques avec l’Allemagne se développent de 1936 à 1939, au point de représenter les trois quarts des exportations bulgares, les importations d’origine allemande comptant pour 70 % des produits entrant en Roumanie. Avec la Hongrie de l’amiral Horthy, la Roumanie du roi Carol, la Yougoslavie du régent Paul et l’Albanie annexée par l’Italie en 1939, la Bulgarie s’inscrit alors dans la zone d’influence que les États totalitaires allemand et italien sont en train d’établir dans l’Europe danubienne et balkanique.


Août 1940 : L’arbitrage de Vienne, confirmé par l’accord de Craiova du 7 septembre, rend à la Bulgarie la Dobroudja du Sud, de peuplement bulgare mais annexée par la Roumanie en 1913.


Octobre 1940 : Déploiement de troupes allemandes en Roumanie (le 7) et attaque italienne contre la Grèce (le 28).


1er mars 1941 : Le gouvernement bulgare de Bogdan Filov adhère au Pacte tripartite conclu au cours de l’automne précédent entre l’Allemagne, le Japon et l’Italie et auquel ont déjà adhéré la Hongrie et la Roumanie.


6 avril 1941 : Invasion de la Yougoslavie et de la Grèce par les forces allemandes qui se sont auparavant déployées en Bulgarie. À la faveur de cette campagne, les Bulgares annexent à nouveau la Macédoine serbe et la Thrace grecque. Le traité de Neuilly se trouvait effacé.


29 septembre 1941 : L’armée bulgare réprime férocement l’insurrection de Drama en Macédoine grecque.


Décembre 1941 : Le gouvernement Filov – qui ne s’est pas associé à l’attaque contre l’URSS du 22 juin précédent, déclare la guerre aux États-Unis et à la Grande-Bretagne.


Juillet 1942 : À la suite de l’appel lancé par Dimitrov à la radio soviétique le 17, constitution d’un Front de la patrie regroupant tous les opposants à la collaboration de la Bulgarie avec l’Axe, des communistes aux agrariens et aux nationalistes anti-allemands comme Gueorguiev. Les communistes commencent à constituer des maquis dans les régions montagneuses du pays.


28 août 1943 : Décès du roi Boris III, au retour d’un voyage à Berlin au cours duquel il a maintenu son refus d’un engagement militaire de la Bulgarie sur le front russe aux côtés du Reich. Le fils du roi, Siméon, étant mineur, un conseil de régence est constitué avec son oncle le prince Cyrille, le premier ministre Filov et le général Mikhov, Dobri Bojilov remplaçant Filov à la tête du gouvernement. Durant cette période, les autorités bulgares refusèrent toujours la déportation des Juifs.


1er juin 1944 : Un modéré, Ivan Bagrianov, succède à Dobri Bojilov à la tête du gouvernement.. Le choix des Anglo-Saxons de privilégier un effort en Italie plutôt que dans les Balkans met alors la Bulgarie (alors qu’elle n’est pas en guerre avec l’URSS) sous la menace de l’Armée rouge qui va pénétrer en Roumanie à partir du 22 août.


2 septembre 1944 : L’agrarien Constantin Mouraviev forme un nouveau gouvernement qui proclame une « stricte neutralité » et envoie au Caire des émissaires chargés de négocier un armistice avec les Anglo-Saxons dont l’aviation a bombardé Sofia à partir de novembre 1943.


5 septembre 1944 : L’URSS, dénonçant la « collusion bulgare » avec l’Allemagne, déclare la guerre à la Bulgarie et les forces du général Tolboukhine franchissent le Danube. La russophilie traditionnelle de la population fait qu’elles sont plutôt bien accueillies et l’armée bulgare, malgré les ordres reçus, n’oppose aucune résistance. Dans le même temps, le Front de la patrie proclame partout l’insurrection générale. Celle-ci l’emporte à Sofia dans la nuit du 8 au 9 septembre. Kimon Gueorguiev constitue un gouvernement auquel participent les communistes (4 ministres sur 16), les agrariens et des sociaux-démocrates. Le principe monarchique n’est pas remis en cause mais le jeune roi Siméon est placé sous l’autorité d’un nouveau conseil de régence. Un accord d’armistice est conclu dès le 11 septembre et deux corps d’armée bulgares sont engagés dans la guerre aux côtés des Soviétiques. Ils combattront en Yougoslavie et en Hongrie ; de septembre 1944 à mai 1945, la Bulgarie comptera 32 000 tués du fait de la guerre. Le nouveau gouvernement bulgare a, de lui-même, évacué les territoires annexés par le roi Boris.


6 octobre 1944 : Création de tribunaux populaires chargés de réaliser l’épuration.


9-18 octobre 1944 : Lors de sa rencontre avec Staline à Moscou, Churchill – qui entend maintenir la Grèce dans la sphère d’influence britannique – abandonne à l’URSS la Roumanie et la Bulgarie.


28 octobre 1944 : Signature à Moscou de l’armistice entre la Bulgarie et les Alliés. Les Soviétiques peuvent maintenir des troupes dans le pays pour « protéger la sécurité des communications ».


4-11 février 1945 : À Yalta, les vainqueurs prévoient des élections libres dans tous les pays libérés de la domination de l’Axe. En Bulgarie, le droit de vote est accordé aux femmes et l’âge du vote est abaissé à dix-neuf ans.


Février 1945 : Exécution des trois régents et de nombreux politiciens liés aux gouvernements autoritaires des années précédentes.


Mai 1945 : Le leader agrarien Dimitrov (qu’il ne faut pas confondre avec son homonyme communiste qui ne rentrera d’URSS en Bulgarie que le 7 novembre suivant, après 22 ans d’exil) est contraint de s’exiler. En août, l’agrarien Nikola Petkov démissionne du gouvernement.


18 novembre 1945 : Le Front de la patrie remporte les élections et Kimon Gueorguiev constitue un nouveau gouvernement, après qu’une vaste épuration a décapité les « partis bourgeois ». Des lois sociales et une réforme agraire (130 000 ha seulement sont redistribués dans ce pays de petite propriété) traduisent l’importance grandissante du parti communiste dans un pays où la présence de l’Armée rouge ne peut que favoriser ses ambitions.

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