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Le temps de la conquête et de la Nouvelle Espagne

12 octobre 1492 : Christophe Colomb atteint avec ses trois caravelles l’archipel des Bahamas et entame la reconnaissance des Grandes Antilles. Il reconnaît l’année suivante, au cours d’un second voyage, la Jamaïque et les Petites Antilles. En 1498, il effectue un troisième voyage qui le conduit jusqu’à La Trinité et à la côte du Venezuela.


1499 : Juan Diaz de Solis longe la côte du Honduras, Alonso de Hojeda et Juan de la Cosa celle du Venezuela.


1502 : Lors d’un quatrième voyage, Colomb longe les côtes atlantiques de l’isthme de Panama et celles du Honduras.


1503 : Rodrigo de Bastidas reconnaît la côte du Darien (l’isthme de Panama).


10 janvier 1503 : Institution à Séville de la Casa de Contratacion qui se voit attribuer le monopole et l’organisation du commerce espagnol avec le Nouveau Monde.


1508 : Bulle Universalis Ecclesiae du pape Jules II précisant les patronat et vicariat apostoliques des rois d’Espagne sur l’Amérique.


1510 : Établissement de l’Audiencia de Saint-Domingue.


1512 : Les premiers Espagnols qui prennent pied au Mexique sont jetés par un naufrage sur la côte du Yucatan. Cortez y retrouvera en 1519 l’un des rescapés, le prêtre Jeronimo de Aguilar.


1512 : Lois de Burgos relatives à l’organisation générale du Nouveau Monde. Ferdinand le Catholique écarte l’esclavage des Indiens.


1513 : Antonio de Balboa découvre la « Grande Mer du Sud », c’est-à-dire l’océan Pacifique, après avoir traversé l’isthme de Darien. La même année, Ponce de Leon découvre la Floride.


1517 : Diego Velasquez, gouverneur de Cuba, envoie Hernandez de Cordoba explorer la côte du Yucatan où les Espagnols doivent affronter des indigènes dont la civilisation apparaît beaucoup plus avancée que celle des populations rencontrées dans l’archipel antillais.


1518 : Juan de Grijalva débarque dans l’île de Cozumel où il apprend l’existence de l’Empire aztèque et il reconnaît la côte depuis le Yucatan jusqu’à la région de l’actuelle Vera Cruz, sans fonder d’établissement dans l’île de San Juan de Ulloa.


1519 : Parti de Santiago de Cuba le 18 février, Hernando Cortez gagne à son tour le littoral du Yucatan puis celui du Tabasco où ses canons et ses cavaliers lui permettent, par la terreur qu’ils inspirent, d’écraser les indigènes. Il suit la côte mexicaine où il fonde Villa Rica de la Vera Cruz. Il y reçoit des ambassadeurs envoyés par Moctezuma II, impressionné par les prophéties annonçant le retour du dieu Quetzalcoatl. Il rassemble tous les renseignements relatifs à l’Empire aztèque et mesure la haine que celui-ci inspire à ses vaincus Totonaques et Tlaxcaltèques. Enfin, il se met en marche pour Mexico le 16 août 1519 après avoir sabordé ses navires pour écarter toute tentation de repli. Les Espagnols battent en septembre les Tlaxcaltèques dont ils se font des alliés. En octobre, Cortez poursuit sa route, s’empare de Cholula et atteint finalement Tenochtitlan (Mexico) où il est accueilli par l’empereur Moctezuma.


1519 : Le gouverneur de la Castille d’Or (l’isthme de Darien), Pedrarias Davila transfère sa capitale d’Antigua, sur le golfe d’Uruba, à Panama, sur la côte pacifique.


1519 : Fondation dans le Yucatan de l’évêché de Cozumel, transféré ensuite à Tlaxcala puis à Puebla. Sept autres évêchés seront ainsi créés dont celui de Mexico qui, confié en 1528 à l’évêque Juan de Zumarraga, prendra ensuite le rang d’archevêché en 1547.


Avril 1520 : Cortez gagne Cempoalla pour se rallier les hommes de l’expédition de Panfilo de Narvaez débarquée à Vera Cruz et envoyée contre lui par le gouverneur de Cuba qui lui reproche d’avoir rejeté son autorité.


24 juin 1520 : Cortez est de retour à Mexico où la population s’est soulevée contre les occupants après un massacre perpétré sur l’ordre de son lieutenant Pedro de Alvarado qui pensait devancer ainsi une révolte contre les Espagnols qui se retrouvent isolés et assiégés dans la capitale aztèque où Moctezuma est tué.


5-6 juillet 1520 : Noche triste au cours de laquelle Cortez doit évacuer Mexico dans des conditions difficiles, en perdant la moitié de ses hommes, pour se replier sur Tlaxcala. Après avoir reconstitué ses forces, il repart en décembre vers la capitale aztèque, assiégée de mai à août 1521.


13 août 1521 : Les Espagnols s’emparent de nouveau de Mexico défendue par Cuauhtémoc, le neveu de Moctezuma, qui sera pendu en 1524.


1521-1527 : Cortez et ses lieutenants, Francisco Orozco, Gonzalo de Sandoval, Pedro de Alvarado et Cristobal de Olid, soumettent les peuples voisins des Aztèques, Huaxtèques à l’est, Mixtèques et Zapotèques au sud, Tarasques à l’ouest…


1522 : Fondation d’Oaxaca.


22 octobre 1522 : Charles Quint signe à Valladolid une ordonnance confirmant tous les actes du conquérant et le faisant gouverneur, capitaine général et grand juge de la « Nouvelle Espagne ».


1523 : Des ordonnances royales prévoient l’élection de municipalités (ayuntamientos ou cabildos) dans toutes les villes espagnoles d’Amérique mais la Couronne vend les charges municipales et des oligarchies locales se mettent en place alors que les membres de la municipalité de Mexico (l’Ayuntamiento) sont nommés à vie par le roi.


1523-1524 : Arrivée des premiers missionnaires franciscains, suivis par les dominicains en 1526 et les augustins en 1533. Ces trois ordres compteront au Mexique en 1559 cent soixante établissements et plus de huit cents religieux.


1523 : Charles Quint enjoint à Cortez de révoquer les encomiendas qui consistait en la remise aux compagnons du conquérant de « lots » d’Indiens utilisables pour le travail contre l’engagement de les éduquer dans la religion chrétienne ; mais l’application d’une telle mesure s’avère impossible car elle compromettrait toute colonisation espagnole.


1524 : Création du Conseil royal des Indes, le Consejo Real de las Indias.


1524-1525 : Expédition d’Alvarado dans le sud où il soumet le Guatemala et fonde la ville de San Salvador.


1522 : Envoyé par Pedrarias, le gouverneur de la Castille d’Or, Cordoba reconnaît le Nicaragua et y fonde Granada et Leon, avant de rencontrer Gil Gonzalez, envoyé là par l’Audiencia de Saint-Domingue.


1524 : Envoyé dans le Honduras, Cristobal de Olid se révolte contre Cortès mais, vaincu et capturé par Francisco de Las Casas, il est décapité.


Octobre 1524 – avril 1526 : Expédition sans lendemain de Cortez dans le Honduras, passé finalement sous le contrôle de Pedrarias Davila.


1527 : Conquête du Chiapas.


1527 : Le gouvernement du Mexique est confié par Charles Quint à une Audiencia, commission de cinq membres dotée des pouvoirs administratif et judiciaire, sur le modèle de celle qui avait été mise en place à Saint-Domingue. Son président, Nuno de Guzman, est finalement démis en 1530. Parti du Michoacàn, il ira soumettre les Indiens du Jalisco et du Sinaloa et organisera les régions conquises sous le nom de Nouvelle Galice dont la capitale sera Gudalajara, qui deviendra en 1547 le siège d’une Audiencia distincte de celle de Mexico.


1527-1535 : Francisco de Montejo ne parvient pas à soumettre les Mayas du Yucatan. De 1537 à 1547, son fils réussit à s’avancer jusqu’à la pointe de la péninsule et fonde la ville de Mérida mais l’intérieur ne sera soumis qu’à la fin du XVIIe siècle.


Mai 1528 : Cortez revient en Espagne où Charles Quint le fait marquis de la vallée d’Oaxaca et le confirme dans sa fonction de capitaine général de la Nouvelle Espagne. En revanche, il ne lui confirme pas ses pouvoirs civils et décide la création d’une vice-royauté de la Nouvelle Espagne.


1530 : Cortez est de retour au Mexique où il pousse des explorations en direction du nord-ouest sans obtenir de résultats. Une seconde Audiencia est nommée à cette date et placée sous l’autorité de l’évêque Ramirez de Fuenleal. Elle va accomplir une œuvre positive au long des cinq années suivantes.


Janvier 1531 : Apparition de la Vierge de Guadalupe à l’Indien Juan Diego qui venait d’être baptisé. Son sanctuaire sera établi à l’emplacement où s’élevait auparavant le temple d’une ancienne divinité aztèque.


1535 : Premier de 62 vice-rois (ou 64 si l’on retient ceux qui l’ont été à titre intérimaire), Antonio de Mendoza vient prendre les pouvoirs qu’avait exercés depuis le départ de Cortez l’Audiencia royale. Il gouvernera le Mexique avec sagesse jusqu’en 1549. Représentant du souverain, il possède l’autorité civile et militaire et doit faire appliquer les décisions prises par le roi et le Conseil des Indes. L’Audiencia subsiste, elle fait fonction de cour d’appel et de conseil administratif chargé de contrôler l’exécution des décisions royales.


1535 : Installation à Mexico de la première imprimerie du Nouveau Monde.


1536 : Échec d’une expédition conduite par Cortez dans le golfe de Californie.


1536 : Création par les franciscains du collège de Santiago Tlatelolco destiné à la formation d’une élite indigène alors que Pierre de Gand multiplie les écoles primaires et les écoles techniques. Une œuvre analogue sera réalisée dans le Michoacàn par l’évêque Vasco de Quiroga.


1536 : Nuno de Guzman se voit privé du gouvernement de la Nouvelle Galice, qui est confié à Perez de la Torre.


1536 : Le franciscain Torribio de Benavente affirme, non sans exagération, que plusieurs millions d’Indiens ont été baptisés depuis 1524 par les seuls franciscains.


1536 : Arrivée au nord-est du Mexique d’Alvar Nunez Cabeza de Vaca, qui a parcouru depuis 1528 les régions s’étendant de la Floride au Texas.


1537 : La bulle pontificale Sublimis Deus réaffirme la liberté des Indiens.


1537 : Création de la Mesta de los ganaderos, la Compagnie des éleveurs du Mexique.


1539 : Hernando de Soto explore les régions s’étendant de la Floride au Mississipi.


1540 : Départ de l’expédition de Francisco Vasquez de Coronado à la recherche des Sept Cités mythiques de Cibola que prétendait avoir aperçues le père Marcos. Elle parvient jusqu’au Kansas et Garcia Lopez de Cardenas découvre les gorges du Colorado. Les régions explorées constitueront dans la seconde moitié du siècle, sous l’autorité du gouverneur Juan de Ibarra qui en entreprendra la conquête en 1554, la Nouvelle Biscaye.


1540 : Cortez regagne l’Europe et suit Charles Quint devant Alger l’année suivante.


1541 : La révolte indienne déclenchée en Nouvelle Galice est finalement brisée mais Alvarado y a trouvé la mort. Les derniers rebelles se réfugient dans les montagnes du Nayarit qui restera un foyer de résistance indienne jusqu’au XIXe siècle.


1542 : Parti d’Acapulco, Villalobos traverse le Pacifique Nord et atteint les Philippines.


1543 : Les Nuevas Leyes élaborées par le Conseil des Indes sous l’influence des interventions du dominicain Bartolomé de Las Casas, évêque du Chiapas, prévoient la disparition des encomiendas mais, devant la colère des colons, Mendoza et l’envoyé du roi, Francisco Tello de Sandoval, doivent renoncer à les faire appliquer. Charles Quint révoque donc – en 1545 à Malines et en 1546 à Ratisbonne – la suppression des encomiendas. On substitua progressivement à ce système celui assez proche du repartimiento qui permettait de recruter des travailleurs en les payant mais qui fut aussi l’occasion de multiples abus. De l’encomienda, il restera le tribut et elle ne disparaîtra du Yucatan qu’en 1785. Durant toute cette période, la Couronne espagnole s’est préoccupée du sort des Indiens et Philippe II établira même à Mexico un tribunal extraordinaire, le Juzgado General de Indios, chargé de protéger les indigènes contre les abus des colons, notamment les usurpations de terres au détriment des ejidos, les biens communaux des villages indiens. Le roi d’Espagne interdira également la réduction en esclavage des Indiens qui se sont soumis.


2 décembre 1547 : Cortez meurt en Espagne, à l’âge de soixante-trois ans.


1548 : Fondation de la ville de Zacatecas, non loin des mines d’argent qui viennent d’être découvertes par Juan de Tolosa, Cristobal de Onate, Diego de Ibarra et Treviso de Banuelos et qui seront les plus riches du Nouveau Monde. D’autres mines sont exploitées dans le Guanajuato (le célèbre filon Veta Madre) et près de San Luis Potosi.


1549-1564 : Gouvernement du vice-roi Luis de Velasco.


7 juillet 1550 : Charles Quint fait convoquer la « junte de jugement des conquêtes » réclamée l’année précédente par le Conseil des Indes. Elle se réunit au collège San Gregorio de Valladolid le 15 août et une première session s’étend jusqu’à la fin septembre. Las Casas s’y oppose à Ginès de Sepulveda. La seconde session de cette « controverse de Valladolid » a lieu en avril-mai 1551 et débouche sur l’approbation de la poursuite des conquêtes, tempérée par la réaffirmation des décisions royales concernant la protection des Indiens.


1553 : Fondation de l’Université de Mexico.


1555 : Réunion du premier concile mexicain.


1557 : L’emploi d’une nouvelle technique d’amalgame utilisant le mercure entraîne un développement spectaculaire de la production d’argent, qui décline après 1620, sans doute en raison de la raréfaction de la main d’œuvre indienne, décimée par les épidémies et des conditions de travail trop dures. Les ressources minières constituèrent le principal atout du Mexique colonial. Il faut y ajouter les cultures du cacao, de la canne à sucre, de l’indigo et de la cochenille car la volonté de ne pas concurrencer les exportations de la métropole limite tout développement de la vigne ou de l’olivier alors que les grands domaines du plateau central, sous-exploités, ne livrent qu’une production médiocre. La conquête espagnole a permis le développement de nouvelles cultures mais la faiblesse du marché intérieur, le poids des taxes et la réglementation du commerce extérieur (avec quelques exceptions de fait comme les liaisons établies par le galion de Manille avec les Philippines ou la contrebande anglaise devenue régulière après 1713) limitent jusqu’au XVIIIe siècle et aux grandes réformes des Bourbons d’Espagne les capacités de développement du pays.


1562 : Menendez de Avilès s’empare de la Floride.


1564 : Conduits par les frères Avila, des colons imaginent un complot visant à l’indépendance de la Nouvelle Espagne, qui serait confiée au marquis del Valle, le fils de Cortez. L’affaire est vite étouffée.


1566-1567 : Gaston de Peralta, marquis de Falces, exerce la vice-royauté mais il est accusé de faiblesse vis-à-vis des dissidents et un envoyé du roi, Alonso Munoz, instaure une période de terreur de plusieurs mois avant d’être finalement rappelé en Espagne alors que le fils de Cortez est innocenté.


1567 : Une loi garantit contre l’avidité des colons l’intégrité des ejidos, les terrains communaux indiens.


1568-1580 : Vice-royauté de Martin Enriquez de Almansa.


1571 : Établissement de l’Inquisition à Mexico.


1572 : Arrivée des Jésuites au Mexique. Ils y établissent d’abord des collèges destinés à la jeunesse espagnole mais s’engagent ensuite dans l’action missionnaire et seront au XVIIe siècle les pionniers de l’évangélisation du nord-ouest, notamment de la Basse Californie.


1573 : Début de la construction de la cathédrale de Mexico, sur l’emplacement où se dressait le grand temple aztèque de Tenochtitlan.


1580-1583 : Vice-royauté de Lorenzo Suarez de Mendoza comte de Coruna.


583-1585 : L’archevêque de Mexico Pedro Moya de Contreras exerce la vice-royauté par interim.


1581 : Fondation de Santa Fé, la capitale du Nouveau Mexique.


1584 : Luis de Carvajal, gouverneur du Nuevo Leon, fonde la ville de Monterrey et entreprend de soumettre les indigènes rebelles de la région.


1585-1589 : Vice-royauté d’Alvaro Manrique de Zuniga, marquis de Villamanrique. Soumis à l’enquête habituelle (residencia) engagée au moment où il quittait ses fonctions, il fut privé de presque tous ses biens.


1589-1595 : Vice-royauté de Luis de Velasco le Jeune, marquis de Salinas.


1592 : Création du Consulat de Mexico qui regroupe les commerçants bénéficiant de privilèges accordés par le roi ou le vice-roi. Il est à la fois une chambre et un tribunal de commerce et les monopoles qui lui seront accordés contribueront en fait à ralentir les échanges.


1595-1603 : Vice-royauté de Gaspar de Zuniga y Acevedo, comte de Monterrey.


1598 : Juan de Onate occupe le Nouveau-Mexique. À la fin du XVIe siècle, les Espagnols sont installés sur tout le territoire correspondant au Mexique actuel, et même bien au delà, mais la densité de leurs établissements est très faible au nord-ouest et au nord-est et ils doivent encore compter, en beaucoup de régions comme le Tamaulipas ou le Yucatan, avec l’hostilité des indigènes.


1603-1606 : Vice-royauté de Juan de Mendoza y Luna marquis de Montesclaros.


1607-1610 : Luis de Velasco le Jeune retrouve les fonctions de vice-roi.


1610-1612 : Fray Garia Guerra, archevêque de Mexico est vice-roi par interim.


1612-1620 : Vice-royauté de Diego Fernandez de Cordoba, marquis de Guadalcazar.


1621-1624 : Vice-royauté de Diego Carillo de Mendoza, comte de Priego.


1621 : Le trafic maritime entre la Nouvelle-Espagne et la métropole commence à se réduire sensiblement après avoir atteint son apogée dans les vingt premières années du XVIIe siècle. Cette baisse traduit l’échec du système de monopole commercial imposé aux colonies par la métropole et correspond aussi aux effets de la guerre, de la piraterie et des naufrages, souvent dus à l’impéritie des pilotes. L’exportation du métal précieux baisse également de manière très sensible à partir de 1600 et le phénomène s’accélère après 1630.


1624-1634 : Vice-royauté de Rodrigo Pacheco y Osorio, marquis de Cerralbo.


1632 : Disparition du repartimiento, sauf dans les mines. La condition des Indiens ne s’améliore guère pour autant. Désormais, les grands propriétaires des haciendas attachent leurs travailleurs indiens au sol par un système d’avances sur gages qui les endette de génération en génération, créant ainsi le système du « péonage ».


1635-1639 : Vice-royauté de Lope Diaz de Armendariz, marquis de Cadereyta.


1640-1642 : Vice-royauté de Diego Lopez Pacheco, duc de Escalona.


1683 : Prise de Vera Cruz par les pirates hollandais Nicolas van Horn et Laurent de Gaff, qui s’emparent de l’argent entreposé dans le port dans l’attente de son transfert à Séville par la flotte assurant annuellement cette mission. Les guerres européennes dans lesquelles l’Espagne est impliquée font ainsi peser une menace chronique sur les liaisons maritimes du Mexique – dans le Pacifique, c’est le galion reliant Acapulco à Manille qui est la cible des corsaires anglais.


1680-1696 : Révolte des Indiens du Nouveau Mexique.


1683 : Une ordonnance confirme celle promulguée en 1592 attribuant la propriété des mines à leurs découvreurs.


1702-1711 : Le vice-roi Albuquerque doit défendre le Mexique contre les attaques des corsaires anglais durant la guerre de Succession d’Espagne.


1713 : Le traité d’Utrecht assure à l’Angleterre des privilèges commerciaux dans l’Empire espagnol d’Amérique.


1722-1734 : Un créole, Casafuerte, exerce les fonctions de vice-roi et c’est sous son gouvernement que sont créés La Gaceta de Mexico et le Mercurio de Mexico.


1735-1736 : Révolte noire de Vera Cruz, suivie d’une épidémie très meurtrière pour la population indienne.


1746-1755 : Vice royauté de Francisco de Güemes, comte de Revillagigedo.


1755-1763 : Gouvernement du vice-roi Ahumada, qui est conscient de la nécessité des réformes.


1759-1788 : Le règne du roi d’Espagne Charles III correspond, en matière coloniale, à une période de réformes inspirées par les principes du despotisme éclairé qui triomphe alors en Espagne. Le visitador José de Galvez est envoyé au Mexique de 1765 à 1772 pour proposer ensuite, une fois devenu ministre des Indes, les réformes jugées indispensables. Le commerce intercolonial fut libéralisé par la Pragmatique du 12 octobre 1778, les droits de douane abaissés et certains monopoles abusifs disparurent, ainsi que le système de la flotte annuelle, qui avait déjà été remis en cause à partir de 1735. Alors que 222 navires avaient abordé à Vera Cruz entre 1740 et 1750, ils seront 1500 entre 1790 et 1800. La lutte contre la corruption, notamment celle des fonctionnaires des douanes, permit l’amélioration de l’administration. Les deux cents corregidores et alcaldes mayores de la Nouvelle Espagne furent remplacés en 1782 par douze intendants qui, secondés par des subdélégués, étaient dotés de pouvoirs étendus, inspirés du modèle qui avait fait ses preuves en France avant d’être introduit en Espagne par Philippe V, le petit-fils de Louis XIV. Le rendement de l’impôt s’accrut rapidement.


1763 : La France cède à son allié espagnol au sein du Pacte de Famille la Louisiane occidentale, ce qui pousse les frontières septentrionales du Mexique jusqu’au Mississipi.


2 juin 1767 : Chassés d‘Espagne, les jésuites doivent également abandonner les 23 collèges et les 103 missions qu’ils détenaient au Mexique, au grand mécontentement d’une bonne partie de la population. Ils avaient accompli une œuvre intellectuelle considérable aux XVIIe et XVIIIe siècles dans leurs séminaires de San Ildefonso et Tepozotlan et avaient contribué à la formation d’une véritable élite intellectuelle dont le plus brillant représentant avait été, au XVIIe siècle, le mathématicien et astronome Carlos Siguenza y Gongora.


1769-1776 : Les autorités espagnoles du Mexique font occuper San Diego et les baies de Monterey et de San Francisco en Californie, afin de devancer les initiatives anglaises et russes dans ces régions. L’initiateur de cette colonisation est un religieux, Junipero Serra.


1770 : Fondation par les missionnaires franciscains de San Carlos de Monterey


1771-1779 : Vice royauté de Bucareli, dont l’administration est digne de celle de ses grands prédécesseurs du XVIe siècle et de la première moitié du XVIIe.


1776-1783 : La guerre d’Indépendance américaine voit l’Espagne se ranger, comme la France, aux côtés des Insurgents mais cet exemple peut se révéler dangereux pour l’autorité du souverain de Madrid.


1776 : Fondation de San Francisco. Toutes les provinces du nord (les régions allant de la Californie au Texas et comprenant le nord du Mexique actuel) sont regroupées sous l’autorité d’un commandant général de la Nouvelle Biscaye installé à Sonora, indépendant du vice-roi de Mexico et disposant d’une milice coloniale dont les cadres sont principalement recrutés chez les créoles.


1778 : Découverte de nouveaux filons d’argent à Catorce, dans le Zacatecas (d’autres ont été exploités à Valenciana dès 1760).


1783 : Fondation de l’École des Mines. L’époque a connu un brillant développement de l’activité scientifique, avec l’astronome et naturaliste Antonio de Alzate, et historique avec les jésuites Clavigero, Veytia et Cavo qui redécouvrent l’antiquité précolombienne.


1785 : Mauvaises récoltes et hausse des prix du maïs créent les conditions d’une quasi famine.


1789 : Abolition du monopole des commerçants espagnols du Consulat de Mexico. Cette mesure favorise le développement des échanges au bénéfice des négociants de Vera Cruz.


1789-1794 : Vice royauté de Vicente de Güemes, comte de Revillagigedo.


1789 : La Révolution française suscite certains espoirs chez les créoles mexicains. Quand l’Espagne, entrée en guerre contre elle en 1793, fera la paix avec la République française lors de la signature du traité de Bâle en 1795, elle se retrouvera face à l’Angleterre qui verra dans ce conflit l’occasion de l’affaiblir dans son empire américain.


1791 : Le vice-roi dénonce une mauvaise répartition agraire faisant obstacle aux progrès de l’agriculture dans la mesure où les propriétaires de grands domaines latifundiaires les sous-exploitent alors qu’une multitude de paysans souhaite accéder à la propriété d’un lopin. Durant la seconde moitié du XVIIIe siècle, les manufactures textiles de Puebla, d’Oaxaca et de Queretaro connaissent un bel essor, tout comme la production d’argent – le Mexique fournit alors les deux tiers de l’argent extrait en Amérique.


1794 : Le recensement organisé à l’initiative du vice-roi donne au Mexique une population de 4 799 313 habitants dont 112 926 à Mexico, la capitale. En 1803, le voyageur et savant allemand Alexandre de Humboldt avancera, dans son Essai politique sur le royaume de la Nouvelle Espagne, le chiffre de 5 837 000 habitants. La population est alors composée à 43 % d’Indiens et à 21 % de Blancs – 1 025 000 créoles et 70 000 Espagnols –, les autres sont des métis, les Noirs ne représentant au Mexique que quelques milliers d’individus.


1794 : Le roi d’Espagne Charles IV décide le renvoi du vice-roi Revillagigedo.


La même année des affiches favorables au gouvernement de la France révolutionnaire sont apposées sur des monuments publics de Mexico.


 

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