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Le temps du shogunat (XIIe-XIXe siècles)

Avril 1185 : Le combat naval livré dans le détroit de Dan no Ura, entre Honshu et Kyushu, assure la victoire de Minamoto Yoritomo sur Taira no Kiyomori. Cette bataille met fin à la féodalité traditionnelle et prélude à l’installation en 1192 d’un système de dictature militaire appelé à durer près de sept siècles. Le nouveau régime, qui marginalise l’institution impériale en la réduisant à son caractère religieux est désigné par le terme de shogunat (de shogun, « général ») ou sous celui de bakufu qui signifie originellement la tente abritant le quartier général. Transfert de la capitale politique à Kamakura, une bourgade côtière du Kanto où se trouve le quartier général de Minamoto Yoritomo.


1185 : Reconstitution d’un service postal officiel et régulier. Une route Kamakura-Kyoto est aménagée durant la même période.


1187 : Yoritomo écarte son frère Yoshitsune dont la popularité l’inquiète. Réfugié auprès du clan des Fujiwara, Yoshitsune se suicide mais Yoritomo marche contre les Fujiwara et les soumet.


1191 : Introduction au Japon du bouddhisme zen qui rencontre la faveur de la caste guerrière dirigeante alors que les sectes Jôdo (fondée en 847 et organisée en 1174) et Nichiren (fondée en 1253) s’adressent principalement au peuple des campagnes et aux guerriers ordinaires.


1199 : Yoritomo meurt accidentellement d’une chute de cheval. De ses deux fils, l’un est un incapable et l’autre est assassiné. Ce sont donc le beau-père de Yoritomo Hojo Tokimasa et son fils Yoshitoki qui deviennent « régents » (shikken) du shogun, avec la veuve de celui-ci, Masako, qui choisit comme shogun un enfant de deux ans, parent par alliance de son mari et issu du clan des Fujiwara. Yoritsune est ainsi adopté par les Minamoto et élevé par eux à Kamakura.


Au début du XIIIe siècle, la confusion politique est à son comble et quatre empereurs prétendent au pouvoir. Quand ils tentent de s’entendre contre Yoshitoki, ils sont battus et exilés et l’enfant empereur Kujô meurt en 1234. Il est remplacé par le moine Kodô Hô-shinnô qui devient l’empereur Horikawa II.


1222 : Une bonne partie des terres nobles est enlevée aux partisans de l’empereur pour être redistribuées aux fidèles du shogun.


1224 : Mort de Yoshitoki, suivie en 1225 de celle de Masako. C’est sous Hôjô Yasutoki, fils de Yoshitoki et troisième shikken, qu’un code législatif en 51 articles est fixé. Le jeune Fujiwara Yoritsuné qu’avait choisi Masako devient effectivement shogun mais il est destitué par le shikken Tsunetoki, petit-fils de Yasutoki, et est obligé de devenir moine. Il est remplacé par son fils Yoritsugu mais, quand il tente de reprendre le pouvoir en 1246, c’est un échec qui conduit à l’élimination des Fujiwara dans la compétition pour le shogunat. Le nouveau shikken Tokiyori, frère de Tsunetoki, remplace en 1252 le Fujiwara par le frère cadet de l’empereur du moment, le prince Munetaka, ce qui rapproche les cours impériale de Kyoto et shogunale de Kamakura. C’est la période des « shogun princes » ou shinnoshogun qui n’ont guère de quoi inquiéter les shikken puisque les shoguns en question sont automatiquement déposés en accédant à leur majorité.


1246 - 1256 : Tokiyori, le cinquième « régent », apparaît comme la dernière grande personnalité de la famille Hôjô.


1252 : Réalisation de la grande statue de bronze du Bouddha de Kamakura.


1259 : Les Mongols soumettent la Corée.


1266 - 1273 : Six missions coréo-mongoles sont envoyées au Japon par Khubilaï Khan, l’empereur Yuan de Pékin qui est sur le point de vaincre en Chine méridionale la résistance des Song et entend établir son protectorat sur l’archipel nippon.


1274 : Première attaque mongole contre le Japon. Un typhon disperse la flotte des envahisseurs dans la baie de Hakata. Ce sont ces « vents divins » qui donneront ultérieurement leur nom aux « kamikazes ».


1275 et 1279 : Nouvelles ambassades sino-mongoles au Japon pour persuader l’empereur de venir rendre hommage à Khubilaï à Khanbaliq (Pékin). Les Japonais ne répondent pas et décapitent même en 1275 les envoyés de l’empereur chinois.


1281 : Une nouvelle attaque mongole est dispersée par la tempête.


1319 - 1339 : Règne de l’Empereur Daigo II.


1331 : Révolte de l’empereur contre le shogun.


Juillet 1333 : Ralliement à l’empereur d’Ashikaga Takauji, le chef des troupes du bakufu. Il restaure le shogunat dès 1338. Kamakura est pris et le shikken se suicide. C’est la victoire de la cour. Le shogun s’installe à Kyoto et abandonne Kamakura.


1335 : Exécution du prince Morinaga, shogun en titre.


1336 : Daigo II est chassé de Kyoto et installe une cour dissidente à Yoshino. Début du Grand Schisme impérial qui durera jusqu’en 1392, que les Japonais appellent aussi « période des Deux Cours ».


1338 : Ashikaga Takauji prend le titre de shogun qui demeurera à ses descendants jusqu’en 1573, ce qui correspond à la période dite « ère Muromachi ».


1339 : Mort de Daigo II.


1350 - 1450 : Floraison du drame lyrique, le nô, et développement de l’esthétique zen – art des jardins, cérémonie du thé, arrangement floral.


1392 : Après une longue période de confusion, l’unité du Japon est reconstituée en faveur de l’empereur de Kyoto, grâce à l’abdication du souverain rival installé à Yoshino dans le sud du pays.


1408 : Mort de Yoshimitsu, petit fils de Takauji, qui a réussi à imposer son autorité comme premier ministre auprès de l’empereur.


1428 : Échec de la révolte du prince de Kamakura contre le bakufu.


1449 - 1472 : Le règne du shogun Ashikaga Yoshimasa voit un brillant développement des lettres et des arts.


1467 - 1500 : La guerre d’Onin pour le contrôle du shogunat engendre de multiples troubles et est souvent considérée comme la « guerre de Trente Ans » du Japon. L’époque est aussi baptisée parfois « période des royaumes combattants » ou des « principautés belligérantes ».


1542 : Le Portugais Fernao Mendes Pinto et deux compagnons – Diego Zeimoto et Christopho Borrello – débarquent à Tanegashima, au sud de Kyushu.


15 août 1549 : Débarquement à Kagoshima de saint François Xavier. Il réalise le premier catéchisme en japonais. Il gagne Kyoto en décembre 1550 et repart finalement pour l’Inde le 20 décembre 1551. Il y aura en 1582 125 000 convertis au catholicisme à Kyushu.


1567 : Établissement d’un comptoir commercial européen à Nagasaki où le daimio local Omura Sumitada s’est converti au catholicisme.


1568 : Oda Nobunaga profite d’une révolte contre le shogun pour prendre Kyoto, renforcer le pouvoir du bakufu et se proclamer vice-shogun.


1571 : Nobunaga assiège le couvent forteresse d’Hieizan dont tous les moines sont massacrés.


1573 : Il dépose Yoshiaki, le dernier shogun Ashikaga et abolit provisoirement l’institution shogunale. Il bat ensuite les clans qui restaient partisans de l’ancien système – les Mori, les Uesugi, les Takeda – c’est la lutte contre ce dernier clan qui a fourni au cinéaste Kurosawa la matière de son film Kagemusha. En 1579, il s’empare de la citadelle d’Osaka qui appartenait à l’ordre de Monto. La même année, il organise la persécution de la secte de Nichiren. Il s’en prend aussi à la secte Jôdo, manifestant ainsi une hostilité générale au bouddhisme. Il semble favorable à l’inverse aux missionnaires catholiques ; les décrets de 1565 et 1568 qui interdisaient la prédication ne sont pas appliqués. Des daimios protègent les chrétiens et une école jésuite est installée dans la résidence de Nobunaga.


1582 : Fondation du bourg de Edo (ou Yedo), la future Tokyo.


1582 : Nobunaga est victime d’une révolution de palais conduite par l’un de ses généraux, Akechi Mitsuhide, lui-même tué ensuite par Toyotomi Hideyoshi.


1582 - 1615 : Âge d’or de l’architecture de la période dite Momoyama dont la profusion baroque marque une rupture avec l’austérité de l’esthétique zen.


1582 - 1590 : Ambassade de quatre jeunes chrétiens japonais auprès du pape Grégoire XIII. Ils le rencontrent en 1585 juste avant sa mort, ce qui leur permet d’assister au couronnement de Sixte Quint.


1582 - 1598 : Dictature d’Hideyoshi. Chef de guerre issu d’une famille paysanne, il se fait adopter par le clan Fujiwara sous le nom de Toyotomi et obtient le titre de Kambaku soit Premier ministre. Il restaure l’unité du pays en allant soumettre Kyushu et le Kanto. Il installe sa capitale à Osaka mais développe et embellit Kyoto. Sous son régime, le nombre des chrétiens s’élève jusqu’à 200 000 mais il change brutalement de politique et un décret d’expulsion des Jésuites est promulgué en 1587. De véritables persécutions commencent en 1596, quand on soupçonne les Espagnols de vouloir s’emparer du Japon à partir des Philippines. Vingt-six martyrs sont crucifiés à Nagasaki le 5 février 1597. L’évêque Martinez doit quitter le pays et meurt à Malacca. Il est remplacé l’année suivante mais 137 églises ont été détruites, ainsi qu’un collège.


1591 : Expédition japonaise en Corée. Prise de Séoul mais une défaite navale contraint les Japonais à renoncer à leur projet de conquête et à ne conserver en Corée que quelques places fortes sur les côtes.


1597 : Une deuxième tentative contre la Corée ne rencontre pas plus de succès.


17 septembre 1598 : Hideyoshi meurt du choléra. Le fils du défunt, Hideyori, n’a que cinq ans et les perspectives de régence de sa mère Yodogimi apparaissent bien incertaines. C’est Tokugawa Iyeyasu, issu d’une branche de la maison des Minamoto – il revendique le shogunat comme un bien de famille – qui va réussir en fait à imposer son autorité.


21 octobre 1600 : La victoire Sekigahara permet à Iyeyasu de l’emporter sur ses rivaux.


1603 : Le nouvel « homme fort » du pays, dont le quartier général est établi à Yedo, se fait redonner le titre de shogun et reconstitue un bakufu. C’est le début de l’ère Edo, qui voit le pouvoir aux mains des shoguns Tokugawa et qui durera jusqu’en 1868.


1606 : Poussé par les éléments traditionalistes de la cour d’Osaka, Iyeyasu promulgue un décret d’interdiction du christianisme mais celui-ci n’est pas appliqué. Il veut surtout manifester son autorité aux daimios de Kyushu ennemis des Tokugawa qui se sont convertis (ils sont cinq dans ce cas au début du XVIIe siècle).


1611 : Réception d’une ambassade espagnole. 1609 a vu le début de relations commerciales avec les Hollandais qui, installés désormais en Indonésie, ont ouvert un comptoir dans l’île de Hirado au nord-ouest de Kyushu. Les Anglais apparaissent dans l’archipel en 1613 pour y installer à leur tour une factorerie à Hirado.


1616 : Édit de persécution contre les chrétiens (il y en avait déjà eu en 1611 et 1614). Ce sont les Anglais et les Hollandais qui entretiennent, contre les missionnaires catholiques, les craintes du pouvoir shogunal. Les Jésuites sont expulsés. Les fonctionnaires du shogun organisent les abjurations des convertis.


1614 : Révolte d’Hideyori, fils de Hideyoshi à qui Iyeyasu avait donné sa petite-fille en mariage.


1615 : Vaincu, Hideyori se suicide. Iyeyasu mourra en 1 616 des blessures reçues lors des combats qui ont ponctué cet affrontement mais il fait massacrer avant de mourir les enfants et les partisans de son rival.


La fin du XVIe siècle et le début du XVIIe, marqués par des contacts accrus avec l’Occident, voient la généralisation au Japon de l’imprimerie et des armes à feu.


1616 - 1632 : « Règne » du shogun Hidetada, fils de Iyeyasu, qui porte le titre de shogun dès 1605 mais qui ne gouverne qu’après la mort de son père.


1616 : Le commerce portugais est confiné à Nagasaki et Hirado.


1619 : Disparition du servage. La masse paysanne est désormais divisée en deux catégories : les tenanciers travaillent sur les terres seigneuriales et les fermiers disposent d’un quasi droit de propriété sur les terres administrées par le bakufu.


1620 : Première apparition de la monnaie de papier au Japon.


1630 - 1643 : Règne de l’impératrice Miôshô à Kyoto.


1632 - 1649 : Règne de Iyemitsu qui renforce le caractère absolu du pouvoir shogunal. Cette période est marquée par une grande prospérité économique. La population passe, au cours du XVIIe siècle, de 13 à 26 millions d’habitants. La production de riz augmente et l’agriculture se diversifie avec le développement des cultures du mûrier et du coton et l’introduction de la canne à sucre et des patates douces en même temps que progresse l’élevage des chevaux et des bovins. L’extraction minière (or et argent) et les ateliers textiles se développent également. Le cabotage, l’aménagement des ports et l’essor des transports routiers favorisent le progrès des échanges et des communications.


1633 : Un édit de Iyemitsu interdit l’accès des côtes japonaises aux navires étrangers non officiels et établit la peine de mort pour les immigrants clandestins. Des récompenses sont données aux dénonciateurs de prêtres catholiques. Les membres de la noblesse militaire, les bushi, ne doivent entretenir aucun rapport avec les étrangers. En 1634, le Japon est totalement interdit aux missionnaires et toute navigation des Japonais vers l’extérieur est également interdite.


1637 : Les Portugais ne sont plus tolérés que sur l’îlot de Deshima. Les chrétiens de Kyushu, contraints d’abjurer, doivent mensuellement fouler la croix pour témoigner de la sincérité de leur renonciation au catholicisme.


1638 : La révolte du samourai chrétien Masuda Shirô contre les mesures prises par le shogun est finalement brisée, grâce à l’intervention des Hollandais et des milliers de catholiques de Kyushu sont noyés. Cette révolte entraîne une radicalisation de la fermeture du Japon. Le christianisme est totalement interdit, ainsi que l’usage des langues étrangères et des traductions. Les Hollandais eux-mêmes sont refoulés en 1641 dans l’îlot de Deshima, en face de Nagasaki. La peine de mort est automatique pour les étrangers ibériques et les membres d’une ambassade portugaise envoyée depuis Macao pour négocier l’abandon de ces mesures sont tous décapités en 1640. À partir de ce moment, la fermeture du pays est complète.


1649 - 1680 : Règne du shogun Iyetsuna. Souverain mécène, il a son Richelieu en la personne d’un grand ministre de son père, Matsudaira Nobutsuna.


1657 : Grand incendie de Yedo.


1681 - 1708 : Règne du shogun Tsunayoshi, marqué pare une crise financière et une grande licence des mœurs, qui le fait comparer à la Régence après les règnes brillants du XVIIe siècle. Tsunayoshi a fini par sombrer dans la folie, au point que sa femme le tue quand il prétend désigner comme héritier l’un de ses mignons.


1690 - 1692 : Séjour au Japon de l’Allemand Engelbrecht Kämpfer qui en rapporte une Histoire du Japon et du Siam.


1707 : Dernière éruption du Fuji-Yama. L’époque est marquée également par de nombreux séismes, dont le grand tremblement de terre du Kanto de 1703.


1709 : Création d’une Cour des comptes qui témoigne du développement de l’État shogunal, organisé à Yedo autour du shogun lui-même, assisté de trois conseils et de trois collèges de ministres spécialisés.


1716-1745 : Yoshimune est le huitième shogun Tokugawa. Quand il abdique en 1745, il fait investir son fils Iyeshige par le tennô (l’empereur) du moment, ce qui en dit long sur l’affaiblissement relatif de l’institution shogunale.


1731 - 1732 : Le Japon est affecté par une terrible famine, suivie d’une autre en 1787-1788, ce qui contribue à stabiliser le développement de la population, après la croissance très rapide du siècle précédent. Les ressources limitées de l’archipel en matière de capacités agricoles posent la question de la couverture alimentaire et certaines restrictions doivent être imposées par le pouvoir politique. La misère, aggravée par les épidémies et les catastrophes naturelles, explique les nombreuses jacqueries que connaît alors le pays.


1735 : Établissement du cadastre pour la perception de l’impôt foncier.


1738 : Les Russes s’installent au nord de l’archipel des Kouriles.


1745 - 1760 : Shogunat de Iyeshige, auquel succède Iyeharu (1760-1786).


1775 : Séjour à Nagasaki du botaniste suédois Carl Peter Thunberg.


1787 - 1837 : Iyenari occupe la fonction shogunale pendant un demi-siècle. La période est marquée par une décadence irréversible de l’institution, affaiblie par la corruption et les luttes de clans.


1792 : Incarcération de Hayashi Shihei pour ses écrits en faveur de la prérogative impériale.


1804 : Le Russe Rezanov, membre de l’expédition Krusenstern, est reçu à Nagasaki.


1806 - 1807 : Expédition punitive russe contre Sakhaline après l’arrestation de négociants qui avaient tenté d’y établir une factorerie. En 1811, le commandant Golovine, qui a débarqué dans les Kouriles est gardé en captivité pendant deux ans.


1808 : La frégate anglaise Phaeton arrive à Nagasaki.


1826 - 1829 : Séjour à Yedo de l’Allemand Franz von Siebold.


1831 - 1867 : Règne de l’empereur Komei. Le souverain de Kyoto reprend de l’autorité par rapport à un pouvoir shogunal de plus en plus affaibli.


1837 : Révolte d’Heihachirô à Osaka.


1841 : Suppression des corporations traditionnelles rétablies dix ans plus tard. La crise profonde que connaît le pays favorise les espérances de ceux qui voient dans l’institution impériale et le recours aux traditions insulaires le moyen de rétablir la situation. C’est alors que s’élabore une mystique nationale et religieuse visant à faire de l’empereur un dieu vivant en même temps que le grand-prêtre intermédiaire entre le peuple et les kami, les divinités de la tradition shintoïste.


1846 et 1848 : Arrestation et détention de marins américains qui ont abordé les côtes japonaises.


1846 : L’amiral français Cecille peut visiter les îles Ryukyu.


1849 : Les Russes fondent le port de Dui à Sakhaline.


8 juillet 1853 : Une escadre américaine de quatre navires aux ordres du commodore Perry jette l’ancre dans la baie de Yedo pour exiger la conclusion d’un traité commercial avec le Japon. Le shogun Iyeyoshi meurt peu après. Son fils Iyesada (1854-1858) est un incapable et c’est le premier ministre Abe Masahiro qui accepte de traiter.


Février 1854 : Retour de Perry inquiet de la démonstration de l’amiral russe Putiatine devant Nagasaki.


8 mars 1854 : Le traité nippo-américain est conclu. Il prévoit l’ouverture des deux ports francs de Shimoda et Hakodaté, la liberté de circulation des Américains au Japon et l’installation de deux consuls. Le traité est ratifié par les USA en janvier 1855 et par le Japon en février.


14 octobre 1854 : Les Anglais obtiennent par le traité de Nagasaki des droits à peu près analogues à ceux concédés aux Américains. Il en va bientôt de même des Russes, autorisés à commercer à Nagasaki, Hakodaté et Shimoda. Pour conclure ces traités, le bakufu a consulté les daimios et l’empereur, ce qui remettait largement en cause son autorité.


1856 : Installation à Shimoda du consul américain Townsend-Harris.


1858 : L’empereur Komei désavoue le ministre Hotta qui était partisan d’accepter les conditions des puissances.


29 juillet 1858 : Traité de Yedo avec les USA : ouverture de nouveaux ports, résidence de citoyens américains à Osaka et Yedo, extra-territorialité en matière de justice pour les citoyens américains. Les autres grandes puissances suivent rapidement l’exemple américain : les Pays Bas le 18 août, la Russie le 19, la Grande Bretagne le 26, la France le 9 octobre, le Portugal le 3 août 1860 et la Prusse le 24 janvier 1861. Une concession européenne est établie à Yokohama mais cette présence étrangère exacerbe la xénophobie nippone.


1862 : Shimazu Saburo, régent de Satsuma, prend la tête d’un mouvement pro-impérial hostile au bakufu réclamant la représentation dans le gouvernement shogunal des clans du sud du pays, la mise en tutelle du shogun et l’expulsion des étrangers. Il obtient satisfaction sur bon nombre de ces points, ce qui témoigne de l’affaiblissement définitif du pouvoir shogunal. Kyoto redevient alors pour quelque temps le centre de l’empire.


Juillet-août 1863 : Shimonoseki et Kagoshima sont bombardées par des navires européens après que ceux-ci ont essuyé des tirs à proximité des côtes japonaises.


30 septembre 1863 : L’empereur Komei désavoue ses partisans les plus radicaux favorables à la guerre avec les étrangers.


20 août 1864 : Les troupes de samourais rebelles issues des clans du sud sont vaincues devant Kyoto par les forces de l’empereur et du shogun.


Septembre 1864 : Une expédition navale anglo-néerlando-française bombarde Hiroshima pour soumettre les clans les plus hostiles aux Européens. Le shogun et l’empereur sont obligés de céder aux revendications étrangères.


19 septembre 1866 : Mort du shogun Iyemochi. Hitosubashi est proclamé chef du clan des Tokugawa sous le nom de Yoshinobu et devient shogun.


Janvier 1867 : L’empereur Komei meurt. Son fils Mutsu-Hito lui succède.


9 novembre 1867 : Abdication du shogun que l’empereur fait alors ministre de l’Intérieur, avec la charge de continuer à diriger les affaires publiques. Les clans rebelles ne l’entendent pas ainsi. Le 18 décembre, Shimazu de Satsuma occupe Kyoto et les cinq clans du sud-ouest obtiennent le 3 janvier 1868 de l’empereur la suppression du shogunat, la réorganisation du Conseil impérial et la réhabilitation des clans révoltés. À la fin janvier 1868, le quinzième et dernier shogun Tokugawa est contraint d’aller se réfugier provisoirement sur un vaisseau américain avant de se soumettre aux volontés impériales. La résistance de ses partisans se prolonge dans le nord pendant quelque temps mais, en mars 1868, le pouvoir impérial contrôle la situation et le tennô paraît même devant le peuple les 23 et 25 mars. Le souverain décide le 9 mai 1869 de s’installer à Yedo (ou Edo) devenue Tokyo (la capitale de l’Est), Kyoto devenant Saikio (la capitale de l’Ouest).

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