Des voyages dans le monde entier
en compagnie de conférenciers passionnés
Clio
Des voyages dans le monde entier en compagnie de conférenciers passionnés
  Trouver votre voyage
Lettres et brochures
S'abonner aux lettres électroniques de Clio

Pour vous abonner à nos lettres électroniques, merci de nous indiquer votre adresse mél.

Votre mél


Abonnez-vous à nos
    lettres électroniques

Nous suivre
  Haut de page
Pakistan
Une Terre d'Islam dans le Sous-Continent Indien

  Partir avec Clio
  01 53 68 82 82
  Nous contacter
Quatrième pays d’Asie par sa population (235 millions d’habitants) après la Chine, l’Inde et l’Indonésie, le Pakistan apparaît comme l’un des géants potentiels du XXIe siècle. État né en 1947 de l’indépendance et de la partition de l’Empire britannique des Indes, il a dû compter avec une situation géopolitique quelque peu aberrante dans la mesure où la partition, réalisée sur une base religieuse avait réuni dans le même ensemble l’actuel Pakistan et le Bengale oriental, distant de 1700 km et séparé de l’autre partie du pays par le territoire indien. Le Pakistan oriental est devenu depuis le Bangladesh à l’issue de la guerre de sécession de 1971-1972. L’identité du pays partagé entre Pathans – qui appartiennent à l’espace pachtoune comme leurs frères voisins d’Afghanistan – et Sindhis, Pendjabis et Muhagir – descendants des Musulmans qui ont fui l’Inde au moment de la partition – demeure incertaine, d’autant que le pays est partie prenante du réveil islamiste qui a marqué les dernières décennies. L’antagonisme avec le voisin indien est encore loin d’être surmonté, même si l’accès des deux pays au rang de puissance nucléaire apparaît en mesure de calmer les tensions belligènes nées pour l’essentiel de la question du Cachemire indien, majoritairement peuplé de Musulmans.

Un Espace centré sur la vallée de l'Indus

Étendu au nord-ouest du sous-continent indien sur une superficie de 797 000 km2, le Pakistan est frontalier au sud-ouest de l’Iran sur 900 km, à l’ouest de l’Afghanistan sur 2400 km, au nord de la Chine sur 520 km et à l’est de l’Union Indienne sur 2900 km. Au sud, le littoral de la mer d’Oman s’étire sur 1050 km.Séparé de l’Afghanistan par la ligne Mortimer Durand (du nom du diplomate qui négocia, à la fin du XIXe siècle, le tracé de la frontière du Nord-ouest de l’empire britannique des Indes avec le royaume afghan) qui correspond aux monts Suleiman, le Pakistan touche au nord à l’extrémité orientale de l’Hindou-Kouch et à l’Himalaya du Karakoram où le K2, deuxième sommet du monde après l’Everest, s’élève à 8611 m d’altitude. Entre les plateaux inhospitaliers du pays baloutche au sud-ouest et le désert du Cholistan au sud-est, le cœur vivant du pays correspond à l’espace drainé par l’Indus et ses tributaires (Jhelum, Chenab, Ravi et Sutlej). Une région qui serait désertique, entre le désert indien de Thar et les steppes arides du Séistan afghan et iranien, si elle ne bénéficiait pas de l’apport en eau des fleuves issus de la chaîne himalayenne.Baloutchistan et Sindh présentent un climat aride ou semi-aride mais le pays bénéficie, à hauteur de la vallée de l’Indus, de juin à septembre, de effets de la mousson d’été, parfois génératrice d’inondations catastrophiques comme ce fut le cas en 2010 et en 2022. La sécheresse est cependant généralement dominante, ce qui explique que la forêt n’occupe que 2,5 % du territoire.Dans cet ensemble, la région la plus riche est le Pendjab (180 000 km²) qui correspond à un piedmont formé de sols sédimentaires détritiques mis en place par les cours d’eau descendus de l’Himalaya. Ce « pays des cinq rivières » partagé avec l’Inde concentre la majeure partie du peuplement, même si la basse plaine du delta de l’Indus, le Sindh – qui serait, plus au sud, un désert sans l’irrigation – constitue également un important foyer de développement, ce dont témoigne l’essor de Karachi, ancienne capitale et premier port du pays. 

Des débuts de la civilisation urbaine à la conquête d'Alexandre

Florissante de -2500 à -1800 dans la vallée de l’Indus et de ses affluents, la civilisation connue par les grands sites de Mohenjo-Daro et de Harappa (distants de 650 km) demeure en grade partie une énigme. Correspondant à une civilisation urbaine évoluée – avec des cités étendues sur plusieurs centaines d’hectares, un plan urbain rigoureux orienté selon des critères astronomiques, un système d’évacuation des eaux très sophistiqué, une production agricole intensive et des croyances religieuses déjà très élaborées – ce foyer culturel, contemporain à ses débuts de l’Égypte de l’Ancien Empire et de la Mésopotamie sumérienne comme de la première Crète minoenne vers sa fin, nous a laissé des centaines de sceaux témoignant de l’existence d’une écriture riche de plus de quatre cent signes mais qu’il est demeuré, jusqu’à aujourd’hui, impossible de décrypter. La découverte, en janvier 2002, de la civilisation dite « de la rivière perdue » est venue compliquer la question des origines de la culture de l’Indus. C’est dans le golfe de Khambat (l’ancienne Cambay, dans l’ouest du Gudjerat) que des vestiges engloutis sous les eaux de la mer d’Oman ont été identifiés. Des traces de constructions étendues sur près de neuf kilomètres sur les rives aujourd’hui submergées de l’ancienne rivière Saravasti ont été repérées. La date de 7500 avant J-C a été avancée mais la plus grande prudence s’impose à propos d’une datation aussi haute. La civilisation concernée serait en tout cas antérieure à celles de Mohenjo-Daro et de Harappa, ce qui n’est pas vraiment surprenant quand on considère l’aire d’extension considérable des cultures de l’Indus identifiées aujourd’hui sur tout le littoral de la mer d’Oman, ainsi qu’au nord de Bombay et au sud de Delhi... Demeurée mystérieuse, la civilisation de l’Indus n’est pas à l’origine de la civilisation indienne classique apportée par les Indo-Aryens mais elle a laissé des traces importantes en matière de connaissances astronomiques ou dans le domaine des poids et mesures et l’on peut penser qu’un ancêtre du dieu Shiva est déjà, à travers certaines figurines, présent dès cette époque. L’origine de cette civilisation commence à être mieux connue, notamment grâce aux fouilles effectuées dans le Baloutchistan sur le site de Mehrgahr – remontant à -7000 – et sur les sites plus récents d’Amri, de Kuli et de Kot Diji. Les découvertes effectuées à Jiroft, dans le sud-est de l’Iran, sont également intéressantes de ce point de vue. La conclusion à laquelle sont arrivés les chercheurs met en avant les parentés existant entre les sites les plus anciens étudiés au pied des Monts Zagros en Elam et ceux qui, fouillés en Iran et au Turkménistan, correspondraient à une phase préparatoire du développement de la civilisation de l’Indus. 2350 avant J-C : Aménagement du port de Lothal, qui sera un centre de production de perles faisant l’objet d’un commerce important. 2200 avant J-C : Création sur l’Oxus de la colonie Harappéenne de Shortugai, un comptoir approvisionnant les villes de l’Indus en lapis-lazuli provenant de l’actuel Afghanistan. L’origine des envahisseurs indo-aryens apparaît également mieux connue. C’est dans la future Bactriane, entre l’Hindou-Kouch et l’Amou-Daria que les Aryens se seraient différenciés des Proto-Iraniens. Leurs mouvements vers l’ouest aboutiront à la formation du royaume du Mitanni, rival de l’empire hittite et partenaire proche-oriental de l’Égypte du Nouvel Empire, mais c’est vers l’est qu’ils bâtiront, en pénétrant en Inde, un espace de civilisation durable. On a eu tendance, au cours des dernières décennies, à rejeter l’idée d’une « invasion » indo-aryenne destructrice de la civilisation de l’Indus. Et il semble bien que celle-ci ait entamé son déclin auparavant – en raison peut-être de catastrophes climatiques (inondations ou sécheresses exceptionnelles) ou à cause des bouleversements intervenus dans les régions avec lesquelles elle entretenait des relations commerciales ; cependant, l’hypothèse d’une invasion destructrice ne peut être totalement exclue et les épisodes analogues que connut le sous-continent indien au cours des siècles ultérieurs tendent même à la confirmer. D’abord installés dans la vallée de l’Indus, puis au Pendjab, les nouveaux arrivants pénétrèrent ensuite dans la vallée du Gange mais les textes les plus anciens qui nous sont parvenus, notamment le Rigveda, témoignent bien de l’origine extérieure des fondateurs de la civilisation indienne. C’est l’époque qui voit se constituer le corpus de la tradition védique, mise par écrit beaucoup plus tard. 1000-800 avant J-C : Aryanisation de la plaine gangétique. Introduction et généralisation de la métallurgie du fer. Fin du VIe siècle avant J-C : Le souverain perse achéménide Cyrus conquiert la région de l’Indus où Darius crée ensuite une satrapie de l’empire perse. 337-325 avant J-C : Alexandre, qui a détruit l’empire perse, entreprend de conquérir ses possessions indiennes. Il bat difficilement le roi Poros, parvient à l’embouchure de l’Indus puis prend le chemin du retour vers Babylone à travers le sud-est de l’Iran, pendant que Néarque conduit une flotte dans le Golfe Persique.317 avant J-C : Le souverain maurya Chandragupta chasse les princes grecs mis en place par Alexandre dans la vallée de l’Indus.

Au nord-ouest de l'Inde classique

305 avant J-C : Seleucos, souverain hellénistique de Syrie, franchit l’Indus après avoir conquis la Bactriane, avec l’intention de restaurer la satrapie grecque établie naguère en Inde. Il traite finalement avec Chandragupta à qui il doit abandonner l’Arachosie (région de l‘actuelle Kandahar), le pays de Paropanisadae (Kaboul), une partie de l’Ariane (région de Hérat), et la Gédrosie correspondant à l’actuel Baloutchistan. 303-297 avant J-C : Séjours du Grec Mégasthène à la cour de Chandragupta. 232 avant J-C : Mort du grand souverain maurya Ashoka à Taxila, près de l’actuelle Peshawar. Son fils Jalauka règne sur le Cachemire et affronte les Grecs de Bactriane. 135 avant J-C : Occupation de la Bactriane par les Scythes. 78 avant J-C : Le roi scythe Manès s’installe à Pushkalavati, dans la région de Peshawar, et à Taxila. 58 avant J-C : Azès Ier monte sur le trône de Taxila et y précède Azès II et Gondiphorès dont on pense qu’il a fondé un empire éphémère regroupant d’Arachosie et le Sindh. Après lui, Pachorès ne règne plus que sur le Pendjab.50 avant J-C : Mort de Hipastartus, dernier roi indo-grec du Gandhara dont le royaume est ravagé par les Parthes.30 avant J-C : Mort de Hermaeus, roi de Paropamisadae (Kaboul et Pesahawar) dont le royaume passe aux mains des Parthes ; C’est la fin des royaumes grecs nés de l’expédition d’Alexandre.48 après J-C : Les Kushana, une tribu Yue-Tché (les Tokhariens, peuple nomade indo-européen installé jadis au nord-est de la Chine) quittent la Bactriane sous le commandement de Kadphises pour occuper le Gandhara et constituer ensuite l’empire comprenant le Pendjab, le Sindh, le nord du Gudjerat et une partie de l’Inde centrale.120 : Avènement du roi kushana Kanishka qui établit sa capitale à Kurushapura (Peshawar), envahit l’Inde centrale et bat les Parthes. Vainqueur des Chinois, il annexe Kachgar, Yarkand et Khotan. Son empire s’étend alors de l’Asie centrale à l’Inde centrale. Il se convertit au bouddhisme et meurt en 162. Vaduseva, l’un de ses successeurs se convertit à l’hindouisme.178 : Mort de Vaduseva Ier. Elle marque le début du déclin de l’empire kushana mais le temps de cette dynastie a été marqué par le développement du commerce avec l’Empire romain à l’ouest et la Chine à l’est.330-380 : Règne de Samudragupta, le plus grand souverain de la dynastie gupta, qui étend son autorité du Bengale au Cachemire et se pose en champion de la cause hindoue.380-415 : Règne de Chandragupta II Vikramaditya qui pousse ses conquêtes vers la Gédrosie et la Bactriane.400 : Établissement des Huns blancs dans le Gandhara.550 : Fin de l’empire Gupta.

De l'invasion musulmane aux splendeurs de l'Empire moghol

712 : Les Arabes envahissent le Sindh et s’emparent de Multan. Cette conquête est marquée par de nombreux pillages et massacres mais les musulmans, peu nombreux, laissent aux hindous la liberté de pratiquer leur religion contre le paiement de l’impôt foncier et de la capitation imposés partout aux Infidèles. Au IXe siècle, le Sindh se détachera du Califat abbasside de Bagdad et poursuivra, sous l’autorité de dynasties locales, une existence politique indépendante.725-753 : Le roi Lalidatiya règne sur le Cachemire, qui s’étend alors des plaines du Pendjab aux montagnes du Ladakh et comprend tous les pays de l’Indus. La région de Srinagar est alors le centre de gravité de cet ensemble.XIe siècle : Reprise de la poussée musulmane, trois siècles après la conquête du Sindh, demeuré une marche lointaine du Califat de Bagdad. La conquête de l’Inde par les Musulmans, qui s’étend sur une longue période, se caractérise surtout, initialement, par des raids de pillage dévastateurs et ne sont plus le fait des Arabes ou des Persans, mais celui des Turcs et des Afghans, populations barbares issues des steppes de la Haute Asie ou des montagnes de la périphérie occidentale de l’Himalaya ; ce fait lui donnera un caractère de brutalité particulièrement catastrophique, pour le plus grand malheur des pays de vieille civilisation qui s’étaient constitués au fil du temps dans le nord du sous-continent indien. L’extrême division politique de l’Inde de cette époque a favorisé les entreprises des envahisseurs, qui tiraient de leur grande mobilité une supériorité militaire incontestable sur les lourdes armées de fantassins, même quand elles étaient appuyées par des éléphants, des royaumes hindous. L’éloignement des zones d’invasion et de razzia constituait en fait la meilleure garantie de sécurité et ce furent naturellement les royaumes les plus méridionaux du Dekkan qui souffrirent le moins des campagnes de conquête et des raids de pillage musulmans.997 : Premier raid contre l’Inde de Mahmoud de Ghazni (aujourd’hui en Afghanistan) qui va – tout au long de son règne qui dure jusqu’en 1030 – multiplier les expéditions de pillage, sur fond de mise à sac des sanctuaires et de massacres des populations. Son empire s’étendait des rives orientales de la Caspienne au Pendjab et l’Inde était avant tout pour lui une terre de razzia.1192 : L’Afghan Mohammed de Ghur l’emporte sur les Radjpoutes du Gudjerat. Les vainqueurs musulmans poussent jusqu’au Bengale et une bonne partie de l’héritage de l’Inde antique est alors détruit.1206 : Mort de Mohammed de Ghur qui a constitué un empire éphémère allant de l’Afghanistan au Bengale.1210-1235 : Règne d’Iltumish, un conquérant turc qui crée le sultanat de Delhi, premier véritable État musulman installé en Inde, étendu du Sindh et du Pendjab jusqu’au Bengale, un ensemble dont le souverain est reconnu par le calife de Bagdad.1221 : Les hordes mongoles de Gengis Khan atteignent le cours de l’Indus mais ne poussent pas au-delà.1297 : Âla ud-Din arrête une armée mongole qui menaçait Delhi. Il impose ensuite son autorité à toute l’Inde du nord.1399 : Tamerlan dévaste le sultanat de Delhi et met à sac sa capitale.1498 : Vasco de Gama arrive à Calicut, sur les côtes occidentales de l’Inde.1504 : Bâbur s’empare de Kaboul.1505 : Fondation d’Agra.1507-1508 : Le Portugais Albuquerque impose le tribut à Ormuzd et à divers ports musulmans de la mer d’Oman.1509 : Les Portugais remportent contre les Musulmans la victoire navale de Diu. Albuquerque prend Goa et devient gouverneur de l’Inde portugaise.1524 : Bâbur occupe Lahore.1525 : La victoire de Panipat permet à Bâbur de s’emparer de Delhi.1526-1530 : Les turco-Mongols venus d’Afghanistan sous les ordres de Bâbur soumettent les Radjpoutes et réalisent la conquête de toute l’Inde du nord. Bâbur est de nouveau victorieux à Kanwa en 1527.1530 : Mort de Babûr et avènement de Humayun qui règne une première fois jusqu’en 1540. Il envahit et annexe en 1535 le Gudjerat.1538 : Mort de Guru Nanak, le fondateur de la communauté sikhe, qui a réalisé un syncrétisme original entre Hindouisme et Islam.1539-1545 : Sher Shah règne à Delhi.1556 : Mort d’Humayun qui avait été restauré l’année précédente.1556-1605 : Règne d’Akbar.1565 : Bataille de Talikota. Destruction du royaume hindou de Vijayanagar par les Musulmans.1571 : Fondation par la dynastie moghole de Fatepuhr Sikri.1572-1573 : Conquête du Gudjerat par Akbar.1572-1580 : Réformes d’Akbar qui introduisent une relative « tolérance » religieuse.1583-1585 : Réformes administratives et fiscales d’Akbar en vue de renforcer la puissance moghole.1585 : Akbar s’établit à Lahore pour entreprendre la conquête de l’Afghanistan et du Cachemire, poursuivie jusqu’en 1598.1605-1627 : Règne de Jahangir.1615 : Ambassade de l’Anglais Thomas Roe auprès du Grand Moghol.1628-1658 : Règne de Shah Jahan qui fera construire le Taj Mahal à la mort de son épouse.1638-1648 : Construction à Delhi d’une nouvelle capitale.1658-1707 : Règne du Grand Moghol Aureng Zeb, qui correspond à l’apogée de l’empire moghol.1707-1712 : Règne de l’empereur moghol Bahadur Shah Ier.1710 : Insurrection des Sikhs et fondation d’un État sikh indépendant mais la révolte sera écrasée en 1715.1739 : Le souverain persan Nadir Shah prend Delhi et la met à sac.1725-1763 : Rivalité franco-anglaise pour le contrôle de l’Inde.1758 : Les Sikhs prennent le contrôle du Pendjab. Vaincus par les Afghans en 1762, ils rétablissent au cours des années suivantes leur domination sur Amritsar, Sialkot, Multan et Lahore et contrôlent durablement le Pendjab.

Dans l'Empire britannique des Indes

1763 : Le traité de Paris, qui conclut la Guerre de Sept Ans, ouvre la voie à la domination britannique sur l’Inde. 1803 : Les Anglais imposent leur protectorat à l’empereur moghol Shah Alam. 1809 : La Compagnie des Indes signe le traité d’Amritsar avec le Sikh Ranjit Singh devenu souverain du Pendjab quatre ans plus tôt. 1819 : Conquête du Cachemire par les Sikhs qui ont également pris Multan en 1818 et s’empareront de Peshawar en 1823. Ranjit Singh s’est doté d’une armée organisée à l’occidentale et encadrée par des officiers européens comme le Français Allard ou l’italien Ventura. 1826-1831 : Un prédicateur wahhabite, Sayid Ahmad Barelwi, prêche la révolte à la frontière du nord-ouest. 1833 : Le gouverneur général anglais du Bengale devient officiellement « gouverneur de l’Inde ». 1834 : Ranjit Singh, le souverain du Pendjab, s’empare de Peshawar puis meurt en 1839. 1839-1842 : Première guerre d’Afghanistan. La retraite de Kaboul se termine en désastre pour les Anglais. 1843 : Le gouverneur général Lord Ellenborough envoie Sir Charles Napier conquérir le Sindh. 1845-1846 : Première guerre contre les Sikhs, conclue par le traité de Lahore, suivie en 1848-1849 d’une deuxième qui aboutit à l’annexion du Pendjab par les Anglais. 1846 : Les Anglais installent leur domination sur le Cachemire. 1857 : Révolte des Cipayes. 1858 : Abolition de l’East India Company. L’Inde dépend désormais directement de la couronne britannique et la reine Victoria prendra officiellement le titre d’impératrice des Indes en 1876. 1861 : Création du Conseil législatif impérial. 1869 : Ouverture du canal de Suez, la distance de l’Angleterre à l’Inde se trouve raccourcie de 4500 km. 1876 : Occupation de Quetta au Baloutchistan. 1878-1880 : Deuxième guerre d’Afghanistan. 1885 : Première réunion du Congrès national indien à Bombay. 1897 : La frontière du nord-ouest est agitée par des dissidences. 1899-1905 : Lord Curzon est vice-roi des Indes. 1901 : Création de la province frontière du Nord-Ouest dans laquelle les tribus peuvent conserver une large autonomie. 1906 : Fondation de la Ligue musulmane à Dacca. A l’inverse des Hindous, les Musulmans sont favorables à la division du Bengale décidée l’année précédente. 1914-1918 : Près de 700 000 Indiens combattent dans les rangs de l’armée britannique, notamment en Mésopotamie, en Palestine et en Afrique orientale durant la première guerre mondiale. 1918-1919 : Troisième guerre d’Afghanistan à l’issue de laquelle l’Angleterre reconnaît l’indépendance du pays. Avril 1919 : Le massacre d’Amritsar fait 379 morts chez les manifestants nationalistes indiens qui étaient désarmés. 1919 : Avec le Government of India Act, l’Angleterre accorde une constitution fondée sur la représentation communautaire, le suffrage censitaire et une Chambre des Princes représentant les 500 principautés du pays. Mais Londres conserve le pouvoir exécutif et le contrôle des finances. 1920 : Le Congrès réclame l’indépendance et appelle au boycott des institutions mises en place par les Anglais. Gandhi appelle au boycott des tissus anglais importés. 1929 : Le Congrès adopte la résolution de Lahore qui réclame de nouveau l’indépendance. 1930 : Mohammed Iqbal avance le projet, dans la perspective de l’indépendance à venir, d’un État musulman séparé. 1931 : L’accord Gandhi-Irwin (qui représente le gouvernement travailliste au pouvoir depuis 1929) met fin à la campagne de désobéissance civile lancée par Gandhi mais les conférences de la Table Ronde réunies à Londres échouent du fait du refus des Musulmans d’accepter le principe majoritaire. 1930-1933 : Des mouvements de désobéissance civile se succèdent. 1935 : Vote du nouveau Government of India Act. La loi accorde une large autonomie aux assemblées locales mais ne fait pas de l’Inde un dominion comparable au Canada ou à l’Australie. La Ligue musulmane craint toujours l’application du principe majoritaire. Le Congrès maintenait sa revendication d’indépendance et se refusait à partager les pouvoirs octroyés avec les délégués des princes alors que ceux-ci s’inquiètent de voir le pouvoir progressivement transféré au peuple même si le système colonial garantissait le maintien de leurs privilèges. 1939-1940 : Londres reporte la question de l’indépendance à l’issue de la guerre. 1940 : La Ligue musulmane adopte une résolution favorable à la création du Pakistan, un État réservé aux Musulmans qui, minoritaires dans l’Inde devenue indépendante, risquaient de se retrouver à la merci des volontés de la majorité hindoue. « Pakistan » est un néologisme formé avec les initiales de Pendjab, d’Afghan Province (la province du nord-ouest), Kashmir, Sindh et avec la syllabe terminale de Baloutchistan. Ce nom désigne également le « pays des Purs » car le mot « pak » signifie « pur » en langue ourdoue. C’est Mohammed Ali Jinnah qui prend alors la direction de la Ligue musulmane et devint de ce fait l’interlocuteur des Anglais et des dirigeants du Congrès. Mars-avril 1942 : Sir Stafford Cripps propose au Congrès l’octroi du statut de dominion à la fin de la guerre, au moment où les Japonais accumulent les victoires en Asie. 1942 : Développement du Quit India Movement qui se heurte à une vigoureuse répression engagée contre le Congrès. 1944 : Libéré par les Anglais qui l’avaient incarcéré, Gandhi ne peut trouver un terrain d’entente avec Jinnah qui veut ajouter au Pakistan le Bengale oriental. Été 1945 : La victoire des travaillistes aux élections anglaises accélère la marche vers l’indépendance de l’Inde. Les désaccords entre le Congrès et la Ligue musulmane vont toutefois retarder de deux ans l’accès à l’indépendance. 1945-1946 : Élections et émeutes intercommunautaires opposant Hindous et Musulmans. En août 1946, les affrontements de Calcutta font des milliers de victimes. L’agitation gagne ensuite le Bihar et le Bengale ainsi que les régions du nord-ouest, très affectées à partir de février 1947. Mars 1947 : Entrée en fonction du nouveau vice-roi Lord Mountbatten, qui annonce le 3 juin la décision britannique de permettre la sécession des provinces à majorité musulmane. 3 juillet 1947 : le Parlement britannique vote l’Indian Independance Act qui prévoit le transfert de la souveraineté au gouvernement indien dans la nuit du 14 au 15 août 1947. 15 août 1947 : Proclamation de l’indépendance et partition de l’Inde et du Pakistan, arquées par de nombreux massacres et le déplacement, dans les deux sens, de près de quinze millions de personnes.

La Genèse complexe du "pays des purs"

Mars 1940 : La Ligue musulmane vote à Lahore une résolution revendiquant la formation d’un Pakistan réunissant en un État souverain et indépendant les Musulmans indiens. 15 août 1947 : Indépendance et partition de l’Empire britannique des Indes. Les régions majoritairement peuplées de Musulmans – à l’ouest, le Pendjab occidental, le Sindh, le Baloutchistan et les zones tribales de la frontière du Nord ouest, à l’est le Bengale oriental forment le nouvel État du Pakistan qui est admis à l’ONU en septembre. Octobre 1947 : Le maharadjah du Jammu-Cachemire demande l’aide de l’Inde face à l’insurrection des tribus pathanes (autre nom désignant les Pachtounes établis de part et d’autre de la frontière indo-afghane). L’Inde intervient mais obtient que la province lui soit rattachée. Ce prince hindou régnant sur une population à majorité musulmane créait ainsi les conditions d’un antagonisme durable entre les deux États nés de la partition du Râj britannique. Janvier 1948 : L’ONU recommande l’organisation d’un référendum au Cachemire. Septembre 1948 : Mort de Muhammad Ali Jinnah, le père fondateur de l’État pakistanais et son premier chef de l’État. Décembre 1948 : Maulvi Tammeezuddin est élu président de l’Assemblée constituante chargée de donner des institutions politiques au nouvel État. 1er janvier 1949 : Conclusion d’un cessez le feu au Cachemire. Le pays est divisé (37% du territoire pour le Pakistan, 63% pour l’Inde) Janvier 1949 : L’Assemblée constituante vote une loi réprimant la corruption, qui sera un fléau récurrent dans le nouvel État. Février 1949 : Rana, l’épouse du premier ministre Liaquat Ali Khan, fonde l’Association des femmes pakistanaises. 27 juillet 1949 : Accord de cessez le feu entre l’Inde et le Pakistan. Janvier 1950 : Le Pakistan reconnaît la chine populaire de Mao Tsé Toung sorti victorieux de la guerre civile chinoise quelques mois plus tôt. Avril 1950 : Le Pakistanais Liaquat Ali Khan et l’Indien Jawaharlal Nehru concluent le pacte de Delhi relatif à la protection des minorités dans leurs pays respectifs. Janvier 1951 : Le général Ayub Khan remplace le général britannique Gracey comme commandant en chef des forces armées du Pakistan. Octobre 1951 : Assassinat de Liaquat Ali Khan. Ghulam Muhammad lui succède. Janvier 1952 : Premières tensions entre les deux composantes du Pakistan ; le premier ministre Nazimuddin annonce en effet à Dacca, au Pakistan oriental, que l’ourdou sera la langue nationale de l’État pakistanais. Plus nombreux, les Bengalis manifestent dans la rue leur mécontentement et, un mois plus tard, trois manifestants sont tués. L’Assemblée constituante va devoir reculer et proclamer, en 1954, le bengali comme seconde langue nationale. Avril 1953 : Le gouverneur général Ghulam Muhammad démet le premier ministre Nazimuddin puis, en mai, Fazl ul Huq, le chef du gouvernement du Pakistan oriental. Mars 1954 : La Ligue musulmane est battue aux élections provinciales dans le Pakistan oriental, au profit de la Ligue Awami. Mai 1954 : Le Pakistan adhère à l’OTASE, Organisation du Traité de l’Asie du Sud-Est, constituée sous l’égide des États-Unis dans le contexte de la guerre froide. Juillet 1954 : Le parti communiste est déclaré illégal. Octobre 1954 : Ghulam Muhammad dissout l’Assemblée constituante. Janvier 1955 : Les États princiers du Baloutchistan fusionnent avec la province du même nom située au sud-ouest du Pakistan. Août 1955 : Chaudharay Muhammad Ali devient premier ministre. Septembre 1955 : Iskander Mirza remplace Ghulam Muhammad au poste de gouverneur général. Septembre 1955 : Le Pakistan adhère au CENTO (plus connu sous le nom de Pacte de Bagdad). Après l’adhésion à l’OTASE, elle confirme que le pays se range dans l’alliance occidentale face au bloc soviétique. Octobre 1955 : Une réforme réunit dans un même ensemble centralisé les diverses provinces constituant le Pakistan occidental. Il s’agit, pour les promoteurs de cette réforme, de donner au nouvel ensemble un poids démographique supérieur à celui du Pakistan oriental. Février 1956 : L’Assemblée constituante adopte enfin la première constitution du Pakistan, dont la présidence revient à Iskander Mirza, élu le mois suivant. 23 mars 1956 : Fruit d’une élaboration très longue, la Constitution est officiellement proclamée au bout de neuf années de discussions. Le pays sera une république islamique dotée d’un régime parlementaire et formellement fédéral mais il s’agira en fait d’un État très centralisé. Septembre 1956 : Hussein Shaheed Surhawardy est nommé premier ministre. Juillet 1957 : Création du Parti National Pakistanais, qui deviendra le Parti National Awami. Octobre 1957 : I. Chundrigar devient premier ministre mais démissionne en décembre pour être remplacé par Feroz Khan Noon. Octobre 1958 : L’apparition de dissidences régionales conduit le président Iskander Mirza à proclamer la loi martiale, avec l’aide du maréchal Ayub Khan qui devient premier ministre. L’Assemblée est dissoute et les partis politiques interdits, puis Mirza est poussé à la démission en même temps que se déclenche une campagne anti-corruption. Octobre 1959 : Une réforme du collège électoral est établie pour favoriser les tenants du coup d’État d’octobre 1958. Février 1960 : Ayub Kan est élu président du Pakistan. Mars 1961 : Une loi sur la famille encadre rigoureusement la polygamie et autorise les épouses à demander le divorce. Juillet 1961 : La capitale du Pakistan est transférée de Karachi, désormais intégrée à la province du Sindh, à Rawalpindi. Construite à proximité de Rawalpindi, une nouvelle ville, Islamabad, deviendra capitale en 1967. Juin 1962 : Une nouvelle constitution est substituée à la loi martiale. Elle établit un régime de type présidentiel. Juillet 1962 : Les partis politiques sont de nouveau autorisés. Janvier 1963 : Zulfikar Ali Bhutto devient ministre des Affaires étrangères. Au même moment, Ayub Khan promulgue une ordonnance menaçant d’emprisonnement tout homme politique condamné pour corruption s’il tente de revenir ensuite sur la scène publique. Mars 1963 : Accord frontalier sino-pakistanais, dans le contexte de la guerre éclair qui a opposé les troupes de Pékin à celles de New Delhi sur la frontière himalayenne. Avril 1963 : Ali Bhutto pose la première pierre du premier réacteur nucléaire pakistanais à Nilor, à proximité d’Islamabad. 1964 : Violentes manifestations de musulmans après la disparition d’une précieuse relique : un cheveu du Prophète abrité dans une mosquée de Srinagar, au Cachemire indien. Septembre 1964 : L’opposition s’organise en vue de l’élection présidentielle autour de Fatima Jinnah. Janvier 1965 : Ayub Khan sort victorieux de l’élection présidentielle mais son succès est suivi d’émeutes intercommunautaires. Avril 1965 : Début de la deuxième guerre indo-pakistanaise à la frontière du Gujarat et du Sindh. Un cessez le feu intervient le 30 juin, après une médiation britannique. Juillet 1965 : Échec complet de la tentative de soulèvement des Musulmans cachemiris encouragée par les militaires pakistanais. Septembre 1965 : L’armée indienne franchit la frontière entre les deux pays et avance en direction de Lahore. Ayub Khan se rend alors secrètement en Chine pour y chercher le soutien de Chou En Lai, le ministre des affaires étrangères de Mao Tsé Toung. Décembre 1965 : Le premier réacteur nucléaire pakistanais commence à fonctionner. Janvier 1966 : Ayub Khan et l’Indien Bahadur Shastri signent la paix à Tachkent en Ouzbékistan soviétique. Février 1966 : Mujibur Rahman, le leader de la Ligue Awami du Pakistan oriental, réclame l’instauration d’un véritable fédéralisme. Décembre 1966 : Ali Bhutto crée le Parti Populaire Pakistanais (PPP). Janvier 1967 : Les politiciens corrompus écartés du jeu politique peuvent reprendre leurs activités. Janvier 1967 : Mujibur Rahman, suspecté de s’entendre avec les Indiens et de mettre en cause la sécurité du pays, est arrêté. Octobre 1967 : Le gouvernement admet que l’économie du pays dépend d’un nombre très restreint de grandes familles. Novembre 1967 : Ali Bhutto est arrêté pour avoir critiqué le gouvernement d’Ayub Khan. Il sera relâché deux mois plus tard et Mujibur Rahman est innocenté au même moment. Mars 1969 : Le mécontentement social et l’affirmation bengalie au Pakistan oriental poussent Ayub Khan à la démission. Il remet le pouvoir au général Yahya Khan alors que, selon la constitution, il aurait dû le transmettre au président de l’Assemblée nationale. À peine installé au pouvoir, Yahya Khan proclame la loi martiale Novembre 1969 : Yahya Khan revient sur le programme centralisateur de ses prédécesseurs et décide en mars que 169 des 313 sièges de l’Assemblée seront réservés au Pakistan oriental. 1er juillet 1970 : Les diverses provinces du Pakistan occidental recouvrent une assez large autonomie. 7 décembre 1970 : Les élections voient, au Pakistan oriental, la Ligue Awami l’emporter alors que le Parti Populaire Pakistanais d’Ali Bhutto est en tête au Pakistan occidental. Les élections des assemblées provinciales confirment ces résultats. Février 1971 : Yahya Khan annonce la réunion à Dacca d’une Assemblée constituante mais ce projet est abandonné à la demande d’Ali Bhutto. Mars 1971 : La Ligue Awami organise une grève générale au Pakistan oriental où l’armée intervient. Avril 1971 : Proclamation au Pakistan oriental de la République populaire du Bangladesh. La répression mise en œuvre par Islamabad provoque l’exode de 10 millions de Bengalis en Inde. Décembre 1971 : L’Inde reconnaît le gouvernement bengali constitué en exil. L’armée indienne intervient au Bengale et vient aisément à bout des forces pakistanaises. La sécession bengalie l’emporte et le Bangladesh est proclamé le 16 décembre. 20 décembre 1971 : Yahya Khan abandonne le pouvoir pour le remettre à Ali Bhutto qui devient « administrateur de la loi martiale ». Janvier 1972 : Le gouvernement d’Ali Bhutto annonce une vague de nationalisations dans les grands secteurs industriels et les compagnies d’assurances. Il limite le mois suivant la liberté de licenciement et se pose en défenseur des ouvriers. En mars, une réforme agraire limite drastiquement la dimension des exploitations. 20 avril 1972 : La loi martiale est levée et une constitution intérimaire est mise en place. 2 juillet 1972 : Indira Gandhi et Ali Bhutto signent les accords de paix de Simla, qui mettent fin à la guerre engagée en 1971 à la faveur de l’indépendance du Bangladesh. Juillet 1972 : Des émeutes affectent la province du Sindh où se sont aggravées les tensions intercommunautaires. Février 1973 : Débuts de dissidences au Baloutchistan et dans les provinces de la frontière du Nord-Ouest. 2 avril 1973 : Promulgation de la troisième constitution depuis la création de l’Etat pakistanais. Juillet 1973 : Mohammed Daoud dépose le roi Zaher Shah pour s’installer au pouvoir en Afghanistan. Février 1974 : Réunion du sommet de la Conférence des États Islamiques à Lahore, ce qui témoigne du poids du Pakistan dans l’espace musulman. Mai 1974 : Premier essai nucléaire indien au Rajasthan, non loin des frontières pakistanaises. Août 1975 : Mujibur Rahman, le fondateur du Bangladesh, est assassiné. Mars 1976 : Ali Bhutto nomme Zia ul Haq chef d’état-major des armées. Mai 1976 : Voyage en Chine d’Ali Bhutto qui confirme l’alliance entre les deux pays, une alliance tournée contre l’Inde. Mars 1977 : Le Parti Populaire d’Ali Bhutto remporte les trois-quarts des sièges lors des élections législatives. Bhutto est nommé premier ministre mais, en avril, la police tire sur les opposants qui dénoncent les conditions du déroulement du scrutin et Bhutto doit faire appel à l’armée pour rétablir l’ordre. Juin 1977 : Fin de la loi martiale. Bhutto s’entend avec l’opposition représentée par l’Alliance nationale pakistanaise pour partager le pouvoir. Juillet 1977 : Zia ul Haq fait arrêter Bhutto, suspend la constitution et dissout le gouvernement central et ceux des provinces. Il rétablit la loi martiale et promet de nouvelles élections. Septembre 1977 : Ali Bhutto est accusé du meurtre d’un dissident de son propre parti. Au même moment, les États-Unis suspendent leur aide au Pakistan soupçonné de mettre en œuvre un programme de développement de l’arme nucléaire. Mars 1978 : Bhutto est condamné à mort jugement confirmé par la Cour Suprême, et exécuté le 4 avril 1979. Février 1979 : Une nouvelle législation s’inspire de la charia et rétablit les châtiments islamiques. Cette évolution éloigne des Occidentaux le Pakistan, qui rejoint le camp des non-alignés. 27 décembre 1979 : L’intervention soviétique en Afghanistan change la donne car Washington compte maintenant sur Islamabad pour faire rempart à l’expansionnisme soviétique en direction de l’Océan Indien. Juin 1980 : Le Pakistan réorganise son système fiscal en s’inspirant du modèle islamique, ce qui suscite l’opposition de la minorité shi’ite. Mars 1981 : Benazir Bhutto est assignée à résidence. Septembre 1981 : L’Afghanistan bénéficie d’une importante aide militaire américaine. 1983 : Le régime militaire doit faire face à des rébellions dans le Sindh. Janvier 1984 : Benazir Bhutto quitte le Pakistan pour l’Europe. Mars 1984 : Altaf Hussain lance le Mohajir Qaumi Movement (MQM) pour répondre à la dissolution par l’État des organisations étudiantes islamistes. Décembre 1984 : Le oui l’emporte à un référendum d’approbation de l’islamisation en matière sociale et législative. Zia ul Haq s’autoproclame président pour cinq ans, ce que cautionnent les électeurs lors des consultations législatives et provinciales qui suivent. Mars 1985 : Un amendement à la constitution de 1973 autorise le président à démettre le premier ministre. Décembre 1985 : Création de la South Asia Association for Economic Cooperation. La loi martiale est levée et la constitution de 1973 rétablie après avoir été amendée. Avril 1986 : Benazir Bhutto revient au Pakistan après deux ans d’exil en Angleterre. Novembre 1987 : Lors des élections municipales, les partisans du MQM remportent la majorité des sièges à Karachi. Mai 1988 : Zia ul Haq démet le premier ministre Muhammad Khan Junejo. Le régime est désormais aux mains des militaires. Juin 1988 : Une réforme de la justice place les tribunaux sous le contrôle des muftis. 1er août 1988 : Zia ul Haq meurt dans un accident d’avion à propos duquel la lumière n’a jamais été complètement faite. Octobre 1988 : Huit partis politiques, dont la Pakistan Muslim League de M. K. Junejo, forment l’Islami Jamhoori Ittehead (IJI) que rejoint la Jamaat-i-Islami. Novembre 1988 : Le Parti Populaire du Pakistan remporte les élections générales et, le mois suivant, Benazir Bhutto devient premier ministre et le restera jusqu’en 1990. Décembre 1988 : Gulam Ishaq Khan est élu président du Pakistan. Février 1989 : Les dernières troupes soviétiques se retirent d’Afghanistan. Juin 1989 : Le National Awami Party de Wali Khan rejoint l’IJI. Octobre 1989 : Le Pakistan rejoint l’association des pays du Commonwealth qu’Ali Bhutto lui avait fait quitter. Août 1990 : Le gouvernement de Benazir Bhutto est démis par le président Ghulam ishaq Khan et Mustapha Jatoi devient premier ministre par intérim. Septembre 1990 : Le Pakistan envoie des troupes en Arabie saoudite pour assurer la sécurité de la monarchie saoudienne. Octobre 1990 : Les États-Unis suspendent l’aide accordée au Pakistan à la faveur de la guerre d’Afghanistan. Octobre 1990 : L’IJI reporte les élections générales. Novembre 1990 : Nawaz Sharif devient premier ministre. Janvier 1991 : Le Pakistan participe, aux côtés des Américains, à la guerre du Golfe déclenchée contre l’Irak de Saddam Hussein à la suite de l’invasion du Koweit. Février 1991 : Le gouvernement de Nawaz Sharif oriente sa politique économique dans le sens libéral. Janvier 1992 : Altaf Hussain, le chef du MQM, s’exile à Londres. Mai 1992 : L’armée s’en prend aux militants du MQM à Karachi. Janvier 1993 : Le général Abdul Waheed Kakar remplace le général Asif Nawaf Janjua à la tête de l’Armée. Avril 1993 : Le président Gulam Ishaq Khan démet Nawaz Sharif. L’intéressé est rétabli dans ses fonctions par la Cour Suprême et peut s’appuyer sur un vote de confiance de l’Assemblée nationale. Juillet 1993 : Le général Kakar obtient du président Ghulam Ishaq khan et de Nawaz Dharif qu’ils démissionnent tous les deux. Octobre 1993 : Le PPP remporte les élections générales et Benazir Bhutto redevient premier ministre, elle le restera jusqu’en 1996. Novembre 1993 : Farouk Leghari est élu président du Pakistan. Octobre 1994 : Les talibans, « étudiants en religion » formés dans les medersas fondamentalistes du Pakistan pénètrent en Afghanistan. Novembre 1994 : Formation du mouvement shi’ite Sipah-i-Mohammed. Novembre 1994 : Des violences intercommunautaires affectent Karachi. 1995 : Attentat contre l’ambassade d’Égypte au Pakistan, revendiqué par le groupe fondamentaliste Djamaa Islamiya. Février 1996 : Le général Jahangir Karamat devient chef des armées. Avril 1996 : Tensions entre les provinces à propos des allocations de ressources accordées par l’État. Les provinces les plus petites et les moins peuplées se regroupent contre le Pendjab. Septembre 1996 : Des heurts opposant sunnites et shi’ites font des centaines de morts. Les Talibans prennent le pouvoir à Kaboul. Le frère de Benazir Bhutto, Murtaza est tué à Karachi lors d’une fusillade avec la police. Un autre frère Shanawaz avait été retrouvé mort à Nice en 1985. Ces disparations laissent planer des rumeurs sur des règlements de compte au sein du clan Bhutto. Novembre 1996 : Le président Leghari démet Benazir Bhutto. Décembre 1996 : Leghari annonce que les populations des zones tribales voteront au suffrage universel direct lors des futures élections. Janvier 1997 : Leghari nomme un Conseil de Défense et de Sécurité nationale au sein duquel l’Inter-services Intelligence (ISI), c’est à dire les services secrets, pèsent d’un poids grandissant. La nouvelle institution a de fait vocation à contrôler le pouvoir politique. Janvier 1997 : Le centre culturel iranien de Lahore est plastiqué par des extrémistes sunnites. Février 1997 : La Pakistan Muslim League gagne très largement les élections générales et son chef, Nawaz Sharif, redevient premier ministre. Avril 1997 : L’Assemblée nationale limite les pouvoirs du président et rétablit ainsi un véritable régime parlementaire. Mai 1997 : Le Pakistan reconnaît le gouvernement des talibans en Afghanistan. Décembre 1997 : Démission du président Leghari remplacé en janvier 1998 par Rafiq Ahmed Tarar. Avril 1998 : Expérimentation d’un missile d’une portée de 1500 km. Mai 1998 : Nouveaux essais nucléaires indiens, vingt quatre ans après le premier. Juin 1998 : Essais nucléaires pakistanais, ce qui entraîne des sanctions économiques américaines, Washington entendant lutter contre la prolifération du nucléaire militaire. Août 1998 : Nawaz Sharif annonce une loi renforçant l’islamisation. Octobre 1998 : Le général Pervez Musharraf succède au général Jahangir Karamat à la tête de l’Armée. Février 1999 : Rencontre à Lahore des premiers ministres indien et pakistanais. Avril 1999 : Benazir Bhutto est condamnée à cinq ans de prison pour corruption et suspendue de ses droits politiques pour sept ans. Elle a déjà quitté le pays pour vivre entre Londres et Dubaï. En parallèle, l’Inde teste son missile Agni-2 à capacité nucléaire. Le Pakistan riposte en réalisant des essais analogues. Mai-Juillet 1999 : Affrontements indo-pakistanais dans le secteur de Kargil, dans le Cachemire indien. Juillet 1999 : Nawaz Sharif se rend à Washington où Bill Clinton l’encourage à la retenue face à l’Inde. Octobre 1999 : Coup d’État du général Musharraf. Renversement du premier ministre Nawaz Sharif.

Les Défis du Pakistan contemporain

Mars 2000 : En voyage en Inde et au Pakistan, le président américain Bill Clinton encourage sans succès les dirigeants de Delhi et d’Islamabad à renoncer aux essais nucléaires. Mai 2000 : La Cour suprême légalise le coup d’État de Pervez Musharraf. Nawaz Sharif est condamné à 14 ans de prison pour fraude fiscale et corruption. Gracié, il s’exile en Arabie saoudite. Août 2000 : Regain de tension au Cachemire où plusieurs massacres sont perpétrés par les musulmans radicaux au moment où l’Inde s’apprêtait à établir un compromis avec des séparatistes modérés. Décembre 2000 : Multiplication des attaques et des attentats-suicides au Cachemire indien. 2001 : Musharraf se proclame président. Après le 11 septembre et l’attentat de Manhattan, il engage son pays aux côtés de Washington dans la « guerre contre le terrorisme ». Les États-Unis lèvent alors les sanctions infligées au Pakistan depuis les essais nucléaires de 1998. 14-16 juillet 2001 : Échec de la rencontre d’Agra entre les dirigeants indien et pakistanais – Atal Bihari Vaijpayee et Pervez Musharraf – pour parvenir à un règlement de la question du Cachemire. L’Inde entend limiter le débat à la question du terrorisme alors que le Pakistan exige l’autodétermination de la population du Cachemire indien. Octobre 2001 : Combats indo-pakistanais sur la frontière. Décembre 2001 : Après l’attentat perpétré contre le Parlement de Srinagar en octobre, un commando islamiste attaque le Parlement de New Delhi et fait treize morts. Février 2002 : Affrontements entre Hindous et Musulmans en Inde. Avril 2002 : Un référendum reconduit Musharraf au pouvoir pour cinq ans. Mai 2002 : Regain de tensions au Cachemire indien. Deux essais nucléaires pakistanais et la mise en état d’alerte des troupes indiennes au Cachemire ne font qu’aggraver la situation. La Russie intervient pour tenter une médiation entre les deux pays mais les attentats se poursuivent de plus belle au Cachemire. Juillet 2002 : Deux lois interdisent le retour de Benazir Bhutto et de Nawaz Sharif qui dirigent toujours les deux plus importants partis du pays. Les deux exclus se rapprochent en octobre. Décembre 2002 : Le parti nationaliste hindou BJP remporte les élections dans l’État du Gudjerat, à la faveur de l’aggravation des tensions entre Inde et Pakistan. 2004 : Une procession shi’ite est attaquée à Quetta. L’attentat fait une quarantaine de morts. 2006 : Un rapport britannique dénonce le double jeu du Pakistan dans la lutte antiterroriste. 2007 : Musharraf suspend de ses fonctions le président de la Cour Suprême. En juillet, l’Armée donne l’assaut à la Mosquée rouge d’Islamabad, fief des intégristes. En octobre, Musharraf remporte la présidentielle mais risque de voir son élection invalidée par la Cour suprême. Le 3 novembre il proclame l’état d’urgence. Le 18 octobre Benazir Bhutto est revenue au Pakistan. Son convoi est visé par un attentat qui fait 124 morts. Rescapée de ce premier assaut, elle est finalement assassinée le 27 décembre. Le 28 novembre Musharraf prête serment pour un nouveau mandat présidentiel. Asif Ali Zardari, l’époux de Benazir Bhutto et son fils Bilawal reprennent la direction du Parti Populaire du Pakistan. 2008 : Victoire de l’opposition aux élections législatives. Musharraf est contraint de quitter le pouvoir. Septembre 2008 : Asif Ali Zardari, veuf de Benazir Bhutto, devient président du Pakistan. Octobre 2009 : Un attentat-suicide islamiste fait 120 victimes sur un marché de Peshawar. Le Pakistan qui a longtemps toléré, à la faveur des guerres d’Afghanistan, le fondamentalisme religieux en paye désormais les conséquences. 2010 : D’importantes inondations ouvrent une crise humanitaire d’envergure. 2011 : Le Pakistan propose sa médiation entre les talibans afghans et les autorités de Kaboul. Un commando américain vient éliminer Oussama ben Laden le chef d’Al Qaida réfugié à Abbottabad, au Pakistan. Cette opération est vécue au Pakistan comme une atteinte à la souveraineté nationale. Elle alimente la méfiance des Américains vis à vis de leur « allié » pakistanais. Février 2013 : Un attentat terroriste visant les shi’ites hazaras fait près de cent morts à Quetta, capitale du Baloutchistan. L’affrontement entre sunnites et shi’ites fait peser une lourde menace sur l’unité du pays. Les shi’ites y représentent 20 % de la population. Mai 2013 : Les élections législatives voient la victoire de Nawaz Sharif et la percée du Mouvement du Pakistan pour la Justice de l’ancien champion de cricket Imran Khan, porteur d’un programme de réformes. Le procureur chargé de l’enquête sur le meurtre de Benazir Bhutto est assassiné. Le FMI accorde en septembre une aide 6,5 milliards de dollars. Forte de 4 à 5%% ,la croissance du PIB est insuffisante pour absorber les nouveaux arrivants ( 3 millions par an)  sur le  marché du travail Octobre 2013 : Le président Obama reçoit le premier ministre pakistanais, Nawaz Sharif, pour tourner la page de l’élimination de Ben Laden. Novembre 2013 : Un drone américain tue Hakumullah Mehsud, chef des talibans pakistanais. 2015 : Le Pakistan est confronté à une période caniculaire en juin et à un séisme en octobre. Il a subi par ailleurs des attentats fomentés par les groupes talibans locaux, dirigés contre les shi’ites et l’Armée. 2016 : Indiens et Pakistanais s’affrontent localement sur la frontière du Cachemire. New Delhi menace de réviser le traité conclu en 1960 sur le partage des eaux de l’Indus. 2017 : La Cour Suprême destitue le 28 juillet le premier ministre Nawaz Sharif pour des soupçons de corruption. Il est remplacé par Shahid Khaqan Abasi. La décision de la Cour suprême a renforcé l’influence de l’Armée, qui a dirigé le pays pendant la moitié de ses 70 ans d’histoire. Les mouvements islamistes se renforcent avec, notamment, une attaque-suicide en février contre l’un des lieux saints du soufisme le sanctuaire de Lal Shahbaz Qalandar. La croissance atteint 5,3 % mais 7 % seraient nécessaires selon la Banque mondiale, dans un pays où 60 % de la population a moins de vingt ans. Les transferts des migrants (20 milliards de dollars), qui contrebalançaient le déficit commercial, ont pâti du ralentissement économique affectant les pays du Golfe où réside la moitié des dix millions de Pakistanais émigrés. 2018 : Imran Khan, un ancien joueur de cricket, fondateur du Mouvement pour la Justice, devient premier ministre. Il a promis de mettre en œuvre un « État Providence islamique » mais les contraintes budgétaires fragilisent la réalisation de ses promesses Il doit faire face à la question des ressources hydriques du pays, dans la perspective du réchauffement climatique attendu. La hausse des prix du pétrole ne lui facilite pas la tâche. 2019 : La cour suprême confirme l’acquittement d’Asia Bibi, une chrétienne injustement accusée de blasphème par ses voisins musulmans. Cet acquittement, survenu en octobre 2018, avait entraîné de grandes manifestations des musulmans fondamentalistes qui exigeaient la pendaison de l’intéressée, qui devrait trouver refuge avec sa famille au Canada, la Grande-Bretagne ayant apparemment refusé de l’accueillir pour ne pas susciter la colère de sa forte minorité pakistanaise.2022 : Imran Khan est destitué par une motion de censure de l'Assemblée pakistanaise. Imran Khan accuse les Etats-Unis d'avoir fait pression sur les oppositions et les militaires pour le renverser, Washington n'ayant pas apprécié le déplacement de l'homme politique en Russie et la neutralité du Pakistan dans le conflit russo-ukrainien. En parallèle d'une tentative d'assassinat, Imran Khan est empêché par divers pans de l'administration pakistanaise de briguer à nouveau le pouvoir.2023 : Imran Khan voit certains de ses proches et de ses partisans arrêtés, les autres menacés par la police et l'armée. Il est lui-même condamné par la justice pour de multiples infractions. Interdit de se présenter aux élections, il laisse le champ libre à Nawaz Sharif, de retour au pays après que les accusations de corruptions aient été levées. C'est une étonnante course électorale qui se joue, entre la principale figure de l'opposition inéligible et le clan Sharif, parti de l'armée mais peu apprécié par la population, le tout sur fond d'attentats meurtriers récurrents.2024 : Les élections législatives qui se jouaient en février remettent en question la "démocratie pakistanaise". Emaillées de violences meurtrières (au moins 35 personnes tuées), la coupure d'internet et des résultats arrivés 24h après le dépouillement, les résultats donnèrent la victoire au parti d'Imran Khan. C'est pourtant le parti de Nawaz Sharif, avec à sa tête son frère Shehbaz, qui dirigera le pays grâce à une coalition hétéroclite et au soutien omniprésent de l'armée. 

Les deux premières décennies du XXIe siècle ont confirmé la persistance des problèmes structurels qui affectent le Pakistan. La croissance démographique peut être un atout de puissance comme une source de déséquilibres dangereux. Le défi du développement demeure dans un pays souvent confronté à de grandes catastrophes naturelles, séismes ou inondations notamment. En interne, le pays doit compter avec le fondamentalisme sunnite et l’antagonisme entre sunnites et shi’ites alors que – sur le plan international – la situation de ce grand pays musulman apparaît des plus incertaines face à une Amérique devenue méfiante à l’égard de l’allié privilégié d’hier, avec des relations toujours tendues avec le grand voisin indien, avec la perspective, enfin, d’une influence grandissante de la Chine soucieuse d’associer le Pakistan à son grand projet des « nouvelles routes de la soie ».