Quatrième
pays d’Asie par sa population (235 millions d’habitants)
après la Chine, l’Inde et l’Indonésie, le Pakistan apparaît
comme l’un des géants potentiels du XXIe
siècle. État né en 1947 de l’indépendance et de la partition de
l’Empire britannique des Indes, il a dû compter avec une situation
géopolitique quelque peu aberrante dans la mesure où la partition,
réalisée sur une base religieuse avait réuni dans le même
ensemble l’actuel Pakistan et le Bengale oriental, distant de
1700 km et séparé de l’autre partie du pays par le
territoire indien. Le Pakistan oriental est devenu depuis le
Bangladesh à l’issue de la guerre de sécession de 1971-1972.
L’identité du pays partagé entre Pathans – qui
appartiennent à l’espace pachtoune comme leurs frères voisins
d’Afghanistan – et Sindhis, Pendjabis et
Muhagir – descendants des Musulmans qui ont fui l’Inde
au moment de la partition – demeure incertaine, d’autant
que le pays est partie prenante du réveil islamiste qui a marqué
les dernières décennies. L’antagonisme avec le voisin indien est
encore loin d’être surmonté, même si l’accès des deux pays au
rang de puissance nucléaire apparaît en mesure de calmer les
tensions belligènes nées pour l’essentiel de la question du
Cachemire indien, majoritairement peuplé de Musulmans.
Un Espace centré sur la vallée de l'Indus
Étendu
au nord-ouest du sous-continent
indien sur une superficie de 797 000 km2,
le Pakistan est frontalier au sud-ouest de l’Iran sur 900 km,
à l’ouest de l’Afghanistan sur 2400 km, au nord de la Chine
sur 520 km et à l’est de l’Union Indienne sur 2900 km.
Au sud, le littoral de la mer d’Oman s’étire sur 1050 km.Séparé
de l’Afghanistan par la ligne Mortimer Durand (du nom du diplomate
qui négocia, à la fin du XIXe
siècle, le tracé de la frontière du Nord-ouest de l’empire
britannique des Indes avec le royaume afghan) qui correspond aux
monts Suleiman, le Pakistan touche au nord à l’extrémité
orientale de l’Hindou-Kouch et à l’Himalaya du
Karakoram où
le K2, deuxième sommet du monde après l’Everest, s’élève à
8611 m d’altitude. Entre les plateaux inhospitaliers du pays
baloutche au sud-ouest et le désert du Cholistan au sud-est, le cœur
vivant du pays correspond à l’espace drainé par l’Indus et ses
tributaires (Jhelum, Chenab, Ravi et Sutlej). Une région qui serait
désertique, entre le désert indien de Thar et les steppes arides du
Séistan afghan et iranien, si elle ne bénéficiait pas de l’apport
en eau des fleuves issus de la chaîne himalayenne.Baloutchistan
et Sindh présentent un climat aride ou semi-aride mais le pays
bénéficie, à hauteur de la vallée de l’Indus, de juin à
septembre, de effets de la mousson d’été, parfois génératrice
d’inondations catastrophiques comme ce fut le cas en 2010 et en 2022. La
sécheresse est cependant généralement dominante, ce qui explique
que la forêt n’occupe que 2,5 % du territoire.Dans
cet ensemble, la région la plus riche est le Pendjab (180 000 km²)
qui correspond à un piedmont formé de sols sédimentaires
détritiques mis en place par les cours d’eau descendus de
l’Himalaya. Ce « pays des cinq rivières » partagé
avec l’Inde concentre la majeure partie du peuplement, même si la
basse plaine du delta de l’Indus, le Sindh – qui
serait, plus au sud, un désert sans l’irrigation – constitue
également un important foyer de développement, ce dont témoigne
l’essor de Karachi, ancienne capitale et premier port du pays.
Des débuts de la civilisation urbaine à la conquête d'Alexandre
Florissante
de -2500 à -1800 dans la vallée de l’Indus et de ses affluents,
la civilisation connue par les grands sites de Mohenjo-Daro et de
Harappa (distants de 650 km) demeure en grade partie une énigme.
Correspondant à une civilisation urbaine évoluée – avec
des cités étendues sur plusieurs centaines d’hectares, un plan
urbain rigoureux orienté selon des critères astronomiques, un
système d’évacuation des eaux très sophistiqué, une production
agricole intensive et des croyances religieuses déjà très
élaborées – ce foyer culturel, contemporain à ses
débuts de l’Égypte de l’Ancien Empire et de la Mésopotamie
sumérienne comme de la première Crète minoenne vers sa fin, nous a
laissé des centaines de sceaux témoignant de l’existence d’une
écriture riche de plus de quatre cent signes mais qu’il est
demeuré, jusqu’à aujourd’hui, impossible de décrypter. La
découverte, en janvier 2002, de la civilisation dite « de la
rivière perdue » est venue compliquer la question des origines
de la culture de l’Indus. C’est dans le golfe de Khambat
(l’ancienne Cambay, dans l’ouest du Gudjerat) que des vestiges
engloutis sous les eaux de la mer d’Oman ont été identifiés. Des
traces de constructions étendues sur près de neuf kilomètres sur
les rives aujourd’hui submergées de l’ancienne rivière
Saravasti ont été repérées. La date de 7500 avant J-C a été
avancée mais la plus grande prudence s’impose à propos d’une
datation aussi haute. La civilisation concernée serait en tout cas
antérieure à celles de Mohenjo-Daro et de Harappa, ce qui n’est
pas vraiment surprenant quand on considère
l’aire
d’extension considérable
des
cultures de l’Indus identifiées aujourd’hui sur tout le littoral
de la mer d’Oman, ainsi qu’au nord de Bombay et au sud de
Delhi... Demeurée mystérieuse, la civilisation de l’Indus n’est
pas à l’origine de la civilisation indienne classique apportée
par les Indo-Aryens mais elle a laissé des traces importantes en
matière de connaissances astronomiques ou dans le domaine des poids
et mesures et l’on peut penser qu’un ancêtre du dieu Shiva est
déjà, à travers certaines figurines, présent dès cette époque.
L’origine de cette civilisation commence à être mieux connue,
notamment grâce aux fouilles effectuées dans le Baloutchistan sur
le site de Mehrgahr – remontant à -7000 – et
sur les sites plus récents d’Amri, de Kuli et de Kot Diji. Les
découvertes effectuées à Jiroft, dans le sud-est de l’Iran, sont
également intéressantes de ce point de vue. La conclusion à
laquelle sont arrivés les chercheurs met en avant les parentés
existant entre les sites les plus anciens étudiés au pied des Monts
Zagros en Elam et ceux qui, fouillés en Iran et au Turkménistan,
correspondraient à une phase préparatoire du développement de la
civilisation de l’Indus.
2350
avant J-C : Aménagement du port de Lothal, qui sera un centre
de production de perles faisant l’objet d’un commerce important.
2200
avant J-C : Création sur l’Oxus de la colonie Harappéenne de
Shortugai, un comptoir approvisionnant les villes de l’Indus en
lapis-lazuli provenant de l’actuel Afghanistan.
L’origine
des envahisseurs indo-aryens apparaît également mieux connue. C’est
dans la future Bactriane, entre l’Hindou-Kouch et l’Amou-Daria
que les Aryens se seraient différenciés des Proto-Iraniens. Leurs
mouvements vers l’ouest aboutiront à la formation du royaume du
Mitanni, rival de l’empire hittite et partenaire proche-oriental de
l’Égypte du Nouvel Empire, mais c’est vers l’est qu’ils
bâtiront, en pénétrant en Inde, un espace de civilisation durable.
On a eu tendance, au cours des dernières décennies, à rejeter
l’idée d’une « invasion » indo-aryenne destructrice
de la civilisation de l’Indus. Et il semble bien que celle-ci ait
entamé son déclin auparavant – en raison peut-être de
catastrophes climatiques (inondations ou sécheresses
exceptionnelles) ou à cause des bouleversements intervenus dans les
régions avec lesquelles elle entretenait des relations
commerciales ; cependant, l’hypothèse d’une invasion
destructrice ne peut être totalement exclue et les épisodes
analogues que connut le sous-continent
indien au cours des siècles ultérieurs tendent même à la
confirmer. D’abord installés dans la vallée de l’Indus, puis au
Pendjab, les nouveaux arrivants pénétrèrent ensuite dans la vallée
du Gange mais les textes les plus anciens qui nous sont parvenus,
notamment le Rigveda,
témoignent bien de l’origine extérieure des fondateurs de la
civilisation indienne. C’est l’époque qui voit se constituer le
corpus de la tradition védique, mise par écrit beaucoup plus tard.
1000-800
avant J-C : Aryanisation de la plaine gangétique. Introduction
et généralisation de la métallurgie du fer.
Fin
du VIe
siècle avant J-C : Le souverain perse achéménide Cyrus
conquiert la région de l’Indus où Darius crée ensuite une
satrapie de l’empire perse.
337-325
avant J-C : Alexandre, qui a détruit l’empire perse,
entreprend de conquérir ses possessions indiennes. Il bat
difficilement le roi Poros, parvient à l’embouchure de l’Indus
puis prend le chemin du retour vers Babylone à travers le sud-est de
l’Iran, pendant que Néarque conduit une flotte dans le Golfe
Persique.317
avant J-C : Le souverain maurya Chandragupta chasse les princes
grecs mis en place par Alexandre dans la vallée de l’Indus.
Au nord-ouest de l'Inde classique
305
avant J-C : Seleucos, souverain hellénistique de Syrie,
franchit l’Indus après avoir conquis la Bactriane, avec
l’intention de restaurer la satrapie grecque établie naguère en
Inde. Il traite finalement avec Chandragupta à qui il doit
abandonner l’Arachosie (région de l‘actuelle Kandahar), le pays
de Paropanisadae (Kaboul), une partie de l’Ariane (région de Hérat), et la Gédrosie correspondant à l’actuel Baloutchistan.
303-297
avant J-C : Séjours du Grec Mégasthène à la cour de
Chandragupta.
232
avant J-C : Mort du grand souverain maurya Ashoka à Taxila,
près de l’actuelle Peshawar. Son fils Jalauka règne sur le
Cachemire et affronte les Grecs de Bactriane.
135
avant J-C : Occupation de la Bactriane par les Scythes.
78
avant J-C : Le roi scythe Manès s’installe à Pushkalavati,
dans la région de Peshawar, et à Taxila.
58
avant J-C : Azès Ier
monte sur le trône de Taxila et y précède Azès II et Gondiphorès
dont on pense qu’il a fondé un empire éphémère regroupant
d’Arachosie et le Sindh. Après lui, Pachorès ne règne plus que
sur le Pendjab.50
avant J-C : Mort de Hipastartus, dernier roi indo-grec du
Gandhara dont le royaume est ravagé par les Parthes.30
avant J-C : Mort de Hermaeus, roi de Paropamisadae (Kaboul et
Pesahawar) dont le royaume passe aux mains des Parthes ; C’est
la fin des royaumes grecs nés de l’expédition d’Alexandre.48
après J-C : Les Kushana, une tribu Yue-Tché (les Tokhariens,
peuple nomade indo-européen installé jadis au nord-est de la Chine)
quittent la Bactriane sous le commandement de Kadphises pour occuper
le Gandhara et constituer ensuite l’empire comprenant le Pendjab,
le Sindh, le nord du Gudjerat et une partie de l’Inde centrale.120 :
Avènement du roi kushana Kanishka qui établit sa capitale à
Kurushapura (Peshawar), envahit l’Inde centrale et bat les Parthes.
Vainqueur des Chinois, il annexe Kachgar, Yarkand et Khotan. Son
empire s’étend alors de l’Asie centrale à l’Inde centrale. Il
se convertit au bouddhisme et meurt en 162. Vaduseva, l’un de ses
successeurs se convertit à l’hindouisme.178 :
Mort de Vaduseva Ier.
Elle marque le début du déclin de l’empire kushana mais le temps
de cette dynastie a été marqué par le développement du commerce
avec l’Empire romain à l’ouest et la Chine à l’est.330-380 : Règne de Samudragupta, le plus grand souverain de la dynastie gupta,
qui étend son autorité du Bengale au Cachemire et se pose en
champion de la cause hindoue.380-415 :
Règne de Chandragupta II Vikramaditya qui pousse ses conquêtes vers
la Gédrosie et la Bactriane.400 :
Établissement des Huns blancs dans le Gandhara.550 :
Fin de l’empire Gupta.
De l'invasion musulmane aux splendeurs de l'Empire moghol
712 : Les Arabes envahissent le Sindh et s’emparent de Multan. Cette conquête est marquée par de nombreux pillages et massacres mais les musulmans, peu nombreux, laissent aux hindous la liberté de pratiquer leur religion contre le paiement de l’impôt foncier et de la capitation imposés partout aux Infidèles. Au IXe siècle, le Sindh se détachera du Califat abbasside de Bagdad et poursuivra, sous l’autorité de dynasties locales, une existence politique indépendante.725-753 : Le roi Lalidatiya règne sur le Cachemire, qui s’étend alors des plaines du Pendjab aux montagnes du Ladakh et comprend tous les pays de l’Indus. La région de Srinagar est alors le centre de gravité de cet ensemble.XIe siècle : Reprise de la poussée musulmane, trois siècles après la conquête du Sindh, demeuré une marche lointaine du Califat de Bagdad. La conquête de l’Inde par les Musulmans, qui s’étend sur une longue période, se caractérise surtout, initialement, par des raids de pillage dévastateurs et ne sont plus le fait des Arabes ou des Persans, mais celui des Turcs et des Afghans, populations barbares issues des steppes de la Haute Asie ou des montagnes de la périphérie occidentale de l’Himalaya ; ce fait lui donnera un caractère de brutalité particulièrement catastrophique, pour le plus grand malheur des pays de vieille civilisation qui s’étaient constitués au fil du temps dans le nord du sous-continent indien. L’extrême division politique de l’Inde de cette époque a favorisé les entreprises des envahisseurs, qui tiraient de leur grande mobilité une supériorité militaire incontestable sur les lourdes armées de fantassins, même quand elles étaient appuyées par des éléphants, des royaumes hindous. L’éloignement des zones d’invasion et de razzia constituait en fait la meilleure garantie de sécurité et ce furent naturellement les royaumes les plus méridionaux du Dekkan qui souffrirent le moins des campagnes de conquête et des raids de pillage musulmans.997 : Premier raid contre l’Inde de Mahmoud de Ghazni (aujourd’hui en Afghanistan) qui va – tout au long de son règne qui dure jusqu’en 1030 – multiplier les expéditions de pillage, sur fond de mise à sac des sanctuaires et de massacres des populations. Son empire s’étendait des rives orientales de la Caspienne au Pendjab et l’Inde était avant tout pour lui une terre de razzia.1192 : L’Afghan Mohammed de Ghur l’emporte sur les Radjpoutes du Gudjerat. Les vainqueurs musulmans poussent jusqu’au Bengale et une bonne partie de l’héritage de l’Inde antique est alors détruit.1206 : Mort de Mohammed de Ghur qui a constitué un empire éphémère allant de l’Afghanistan au Bengale.1210-1235 : Règne d’Iltumish, un conquérant turc qui crée le sultanat de Delhi, premier véritable État musulman installé en Inde, étendu du Sindh et du Pendjab jusqu’au Bengale, un ensemble dont le souverain est reconnu par le calife de Bagdad.1221 : Les hordes mongoles de Gengis Khan atteignent le cours de l’Indus mais ne poussent pas au-delà.1297 : Âla ud-Din arrête une armée mongole qui menaçait Delhi. Il impose ensuite son autorité à toute l’Inde du nord.1399 : Tamerlan dévaste le sultanat de Delhi et met à sac sa capitale.1498 : Vasco de Gama arrive à Calicut, sur les côtes occidentales de l’Inde.1504 : Bâbur s’empare de Kaboul.1505 : Fondation d’Agra.1507-1508 : Le Portugais Albuquerque impose le tribut à Ormuzd et à divers ports musulmans de la mer d’Oman.1509 : Les Portugais remportent contre les Musulmans la victoire navale de Diu. Albuquerque prend Goa et devient gouverneur de l’Inde portugaise.1524 : Bâbur occupe Lahore.1525 : La victoire de Panipat permet à Bâbur de s’emparer de Delhi.1526-1530 : Les turco-Mongols venus d’Afghanistan sous les ordres de Bâbur soumettent les Radjpoutes et réalisent la conquête de toute l’Inde du nord. Bâbur est de nouveau victorieux à Kanwa en 1527.1530 : Mort de Babûr et avènement de Humayun qui règne une première fois jusqu’en 1540. Il envahit et annexe en 1535 le Gudjerat.1538 : Mort de Guru Nanak, le fondateur de la communauté sikhe, qui a réalisé un syncrétisme original entre Hindouisme et Islam.1539-1545 : Sher Shah règne à Delhi.1556 : Mort d’Humayun qui avait été restauré l’année précédente.1556-1605 : Règne d’Akbar.1565 : Bataille de Talikota. Destruction du royaume hindou de Vijayanagar par les Musulmans.1571 : Fondation par la dynastie moghole de Fatepuhr Sikri.1572-1573 : Conquête du Gudjerat par Akbar.1572-1580 : Réformes d’Akbar qui introduisent une relative « tolérance » religieuse.1583-1585 : Réformes administratives et fiscales d’Akbar en vue de renforcer la puissance moghole.1585 : Akbar s’établit à Lahore pour entreprendre la conquête de l’Afghanistan et du Cachemire, poursuivie jusqu’en 1598.1605-1627 : Règne de Jahangir.1615 : Ambassade de l’Anglais Thomas Roe auprès du Grand Moghol.1628-1658 : Règne de Shah Jahan qui fera construire le Taj Mahal à la mort de son épouse.1638-1648 : Construction à Delhi d’une nouvelle capitale.1658-1707 : Règne du Grand Moghol Aureng Zeb, qui correspond à l’apogée de l’empire moghol.1707-1712 : Règne de l’empereur moghol Bahadur Shah Ier.1710 : Insurrection des Sikhs et fondation d’un État sikh indépendant mais la révolte sera écrasée en 1715.1739 : Le souverain persan Nadir Shah prend Delhi et la met à sac.1725-1763 : Rivalité franco-anglaise pour le contrôle de l’Inde.1758 : Les Sikhs prennent le contrôle du Pendjab. Vaincus par les Afghans en 1762, ils rétablissent au cours des années suivantes leur domination sur Amritsar, Sialkot, Multan et Lahore et contrôlent durablement le Pendjab.
Dans l'Empire britannique des Indes
1763 :
Le traité de Paris, qui conclut la Guerre de Sept Ans, ouvre la voie
à la domination britannique sur l’Inde.
1803 :
Les Anglais imposent leur protectorat à l’empereur moghol Shah
Alam.
1809 :
La Compagnie des Indes signe le traité d’Amritsar avec le Sikh
Ranjit Singh devenu souverain du Pendjab quatre ans plus tôt.
1819 :
Conquête du Cachemire par les Sikhs qui ont également pris Multan
en 1818 et s’empareront de Peshawar en 1823. Ranjit Singh s’est
doté d’une armée organisée à l’occidentale et encadrée par
des officiers européens comme le Français Allard ou l’italien
Ventura.
1826-1831 :
Un prédicateur wahhabite, Sayid Ahmad Barelwi, prêche la révolte à
la frontière du nord-ouest.
1833 :
Le gouverneur général anglais du Bengale devient officiellement
« gouverneur de l’Inde ».
1834 :
Ranjit Singh, le souverain du Pendjab, s’empare de Peshawar puis
meurt en 1839.
1839-1842 :
Première guerre d’Afghanistan. La retraite de Kaboul se termine en
désastre pour les Anglais.
1843 :
Le gouverneur général Lord Ellenborough envoie Sir Charles Napier
conquérir le Sindh.
1845-1846 :
Première guerre contre les Sikhs, conclue par le traité de Lahore,
suivie en 1848-1849 d’une deuxième qui aboutit à l’annexion du
Pendjab par les Anglais.
1846 :
Les Anglais installent leur domination sur le Cachemire.
1857 :
Révolte des Cipayes.
1858 :
Abolition de l’East
India Company.
L’Inde dépend désormais directement de la couronne britannique et
la reine Victoria prendra officiellement le titre d’impératrice
des Indes en 1876.
1861 :
Création du Conseil législatif impérial.
1869 :
Ouverture du canal de Suez, la distance de l’Angleterre à l’Inde
se trouve raccourcie de 4500 km.
1876 :
Occupation de Quetta au Baloutchistan.
1878-1880 :
Deuxième guerre d’Afghanistan.
1885 :
Première réunion du Congrès national indien à Bombay.
1897 :
La frontière du nord-ouest est agitée par des dissidences.
1899-1905 :
Lord Curzon est vice-roi des Indes.
1901 :
Création de la province frontière du Nord-Ouest dans laquelle les
tribus peuvent conserver une large autonomie.
1906 :
Fondation de la Ligue musulmane à Dacca. A l’inverse des Hindous,
les Musulmans sont favorables à la division du Bengale décidée
l’année précédente.
1914-1918 :
Près de 700 000 Indiens combattent dans les rangs de
l’armée britannique, notamment en Mésopotamie, en Palestine et en
Afrique orientale durant la première guerre mondiale.
1918-1919 :
Troisième guerre d’Afghanistan à l’issue de laquelle
l’Angleterre reconnaît l’indépendance du pays.
Avril
1919 : Le massacre d’Amritsar fait 379 morts chez les
manifestants nationalistes indiens qui étaient désarmés.
1919 :
Avec le Government
of India Act,
l’Angleterre accorde une constitution fondée sur la représentation
communautaire, le suffrage censitaire et une Chambre des Princes
représentant les 500 principautés du pays. Mais Londres conserve le
pouvoir exécutif et le contrôle des finances.
1920 :
Le Congrès réclame l’indépendance et appelle au boycott des
institutions mises en place par les Anglais. Gandhi appelle au
boycott des tissus anglais importés.
1929 :
Le Congrès adopte la résolution de Lahore qui réclame de nouveau
l’indépendance.
1930 :
Mohammed Iqbal avance le projet, dans la perspective de
l’indépendance à venir, d’un État musulman séparé.
1931 :
L’accord Gandhi-Irwin (qui représente le gouvernement travailliste
au pouvoir depuis 1929) met fin à la campagne de désobéissance
civile lancée par Gandhi mais les conférences de la Table Ronde
réunies à Londres échouent du fait du refus des Musulmans
d’accepter le principe majoritaire.
1930-1933 :
Des mouvements de désobéissance civile se succèdent.
1935 :
Vote du nouveau Government
of India Act.
La loi accorde une large autonomie aux assemblées locales mais ne
fait pas de l’Inde un dominion comparable au Canada ou à
l’Australie. La Ligue musulmane craint toujours l’application du
principe majoritaire. Le Congrès maintenait sa revendication
d’indépendance et se refusait à partager les pouvoirs octroyés
avec les délégués des princes alors que ceux-ci s’inquiètent de
voir le pouvoir progressivement transféré au peuple même si le
système colonial garantissait le maintien de leurs privilèges.
1939-1940 :
Londres reporte la question de l’indépendance à l’issue de la
guerre.
1940 :
La Ligue musulmane adopte une résolution favorable à la création
du Pakistan, un État réservé aux Musulmans qui, minoritaires dans
l’Inde devenue indépendante, risquaient de se retrouver à la
merci des volontés de la majorité hindoue. « Pakistan »
est un néologisme formé avec les initiales de Pendjab, d’Afghan
Province (la province du nord-ouest), Kashmir, Sindh et avec la
syllabe terminale de Baloutchistan. Ce nom désigne également le
« pays des Purs » car le mot « pak »
signifie
« pur » en langue ourdoue. C’est Mohammed Ali Jinnah
qui prend alors la direction de la Ligue musulmane et devint de ce
fait l’interlocuteur des Anglais et des dirigeants du Congrès.
Mars-avril
1942 : Sir Stafford Cripps propose au Congrès l’octroi du
statut de dominion à la fin de la guerre, au moment où les Japonais
accumulent les victoires en Asie.
1942 :
Développement du Quit
India Movement
qui se heurte à une vigoureuse répression engagée contre le
Congrès.
1944 :
Libéré par les Anglais qui l’avaient incarcéré, Gandhi ne peut
trouver un terrain d’entente avec Jinnah qui veut ajouter au
Pakistan le Bengale oriental.
Été
1945 : La victoire des travaillistes aux élections anglaises
accélère la marche vers l’indépendance de l’Inde. Les
désaccords entre le Congrès et la Ligue musulmane vont toutefois
retarder de deux ans l’accès à l’indépendance.
1945-1946 :
Élections et émeutes intercommunautaires opposant Hindous et
Musulmans. En août 1946, les affrontements de Calcutta font des
milliers de victimes. L’agitation gagne ensuite le Bihar et le
Bengale ainsi que les régions du nord-ouest, très affectées à
partir de février 1947.
Mars
1947 : Entrée en fonction du nouveau vice-roi Lord Mountbatten,
qui annonce le 3 juin la décision britannique de permettre la
sécession des provinces à majorité musulmane.
3
juillet 1947 : le Parlement britannique vote l’Indian
Independance Act
qui prévoit le transfert de la souveraineté au gouvernement indien
dans la nuit du 14 au 15 août 1947.
15
août 1947 : Proclamation de l’indépendance et partition de
l’Inde et du Pakistan, arquées par de nombreux massacres et le
déplacement, dans les deux sens, de près de quinze millions de
personnes.
La Genèse complexe du "pays des purs"
Mars
1940 : La Ligue musulmane vote à Lahore une résolution
revendiquant la formation d’un Pakistan réunissant en un État
souverain et indépendant les Musulmans indiens.
15
août 1947 : Indépendance et partition de l’Empire
britannique des Indes. Les régions majoritairement peuplées de
Musulmans – à l’ouest, le Pendjab occidental, le
Sindh, le Baloutchistan et les zones tribales de la frontière du
Nord ouest, à l’est le Bengale oriental forment le nouvel État du
Pakistan qui est admis à l’ONU en septembre.
Octobre
1947 : Le maharadjah du Jammu-Cachemire demande l’aide de
l’Inde face à l’insurrection des tribus pathanes (autre nom
désignant les Pachtounes établis de part et d’autre de la
frontière indo-afghane). L’Inde intervient mais obtient que la
province lui soit rattachée. Ce prince hindou régnant sur une
population à majorité musulmane créait ainsi les conditions d’un
antagonisme durable entre les deux États nés de la partition du Râj
britannique.
Janvier
1948 : L’ONU recommande l’organisation d’un référendum
au Cachemire.
Septembre
1948 : Mort de Muhammad Ali Jinnah, le père fondateur de l’État
pakistanais et son premier chef de l’État.
Décembre
1948 : Maulvi Tammeezuddin est élu président de l’Assemblée
constituante chargée de donner des institutions politiques au nouvel
État.
1er
janvier 1949 : Conclusion d’un cessez le feu au Cachemire. Le
pays est divisé (37% du territoire pour le Pakistan, 63% pour
l’Inde)
Janvier
1949 : L’Assemblée constituante vote une loi réprimant la
corruption, qui sera un fléau récurrent dans le nouvel État.
Février
1949 : Rana, l’épouse du premier ministre Liaquat Ali Khan,
fonde l’Association des femmes pakistanaises.
27
juillet 1949 : Accord de cessez le feu entre l’Inde et le
Pakistan.
Janvier
1950 : Le Pakistan reconnaît la chine populaire de Mao Tsé
Toung sorti victorieux de la guerre civile chinoise quelques mois
plus tôt.
Avril 1950 : Le Pakistanais Liaquat Ali Khan et l’Indien Jawaharlal Nehru
concluent le pacte de Delhi relatif à la protection des minorités
dans leurs pays respectifs.
Janvier
1951 : Le général Ayub Khan remplace le général britannique
Gracey comme commandant en chef des forces armées du Pakistan.
Octobre
1951 : Assassinat de Liaquat Ali Khan. Ghulam Muhammad lui
succède.
Janvier
1952 : Premières tensions entre les deux composantes du
Pakistan ; le premier ministre Nazimuddin annonce en effet
à Dacca, au Pakistan oriental, que l’ourdou sera la langue
nationale de l’État pakistanais. Plus nombreux, les Bengalis
manifestent dans la rue leur mécontentement et, un mois plus tard,
trois manifestants sont tués. L’Assemblée constituante va devoir
reculer et proclamer, en 1954, le bengali comme seconde langue
nationale.
Avril
1953 : Le gouverneur général Ghulam Muhammad démet le premier
ministre Nazimuddin puis, en mai, Fazl ul Huq, le chef du
gouvernement du Pakistan oriental.
Mars
1954 : La Ligue musulmane est battue aux élections provinciales
dans le Pakistan oriental, au profit de la Ligue Awami.
Mai
1954 : Le Pakistan adhère à l’OTASE, Organisation du Traité
de l’Asie du Sud-Est, constituée sous l’égide des États-Unis
dans le contexte de la guerre froide.
Juillet
1954 : Le parti communiste est déclaré illégal.
Octobre
1954 : Ghulam Muhammad dissout l’Assemblée constituante.
Janvier
1955 : Les États princiers du Baloutchistan fusionnent avec la
province du même nom située au sud-ouest du Pakistan.
Août
1955 : Chaudharay Muhammad Ali devient premier ministre.
Septembre
1955 : Iskander Mirza remplace Ghulam Muhammad au poste de
gouverneur général.
Septembre
1955 : Le Pakistan adhère au CENTO (plus connu sous le nom de
Pacte de Bagdad). Après l’adhésion à l’OTASE, elle confirme
que le pays se range dans l’alliance occidentale face au bloc
soviétique.
Octobre
1955 : Une réforme réunit dans un même ensemble centralisé
les diverses provinces constituant le Pakistan occidental. Il s’agit,
pour les promoteurs de cette réforme, de donner au nouvel ensemble
un poids démographique supérieur à celui du Pakistan oriental.
Février
1956 : L’Assemblée constituante adopte enfin la première
constitution du Pakistan, dont la présidence revient à Iskander
Mirza, élu le mois suivant.
23
mars 1956 : Fruit d’une élaboration très longue, la
Constitution est officiellement proclamée au bout de neuf années de
discussions. Le pays sera une république islamique dotée d’un
régime parlementaire et formellement fédéral mais il s’agira en
fait d’un État très centralisé.
Septembre
1956 : Hussein Shaheed Surhawardy est nommé premier ministre.
Juillet
1957 : Création du Parti National Pakistanais, qui deviendra le
Parti National Awami.
Octobre
1957 : I. Chundrigar devient premier ministre mais démissionne
en décembre pour être remplacé par Feroz Khan Noon.
Octobre
1958 : L’apparition de dissidences régionales conduit le
président Iskander Mirza à proclamer la loi martiale, avec l’aide
du maréchal Ayub Khan qui devient premier ministre. L’Assemblée
est dissoute et les partis politiques interdits, puis Mirza est
poussé à la démission en même temps que se déclenche une
campagne anti-corruption.
Octobre
1959 : Une réforme du collège électoral est établie pour
favoriser les tenants du coup d’État d’octobre 1958.
Février
1960 : Ayub Kan est élu président du Pakistan.
Mars
1961 : Une loi sur la famille encadre rigoureusement la
polygamie et autorise les épouses à demander le divorce.
Juillet
1961 : La capitale du Pakistan est transférée de Karachi,
désormais intégrée à la province du Sindh, à Rawalpindi.
Construite à proximité de Rawalpindi, une nouvelle ville,
Islamabad, deviendra capitale en 1967.
Juin
1962 : Une nouvelle constitution est substituée à la loi
martiale. Elle établit un régime de type présidentiel.
Juillet
1962 : Les partis politiques sont de nouveau autorisés.
Janvier
1963 : Zulfikar Ali Bhutto devient ministre des Affaires
étrangères. Au même moment, Ayub Khan promulgue une ordonnance
menaçant d’emprisonnement tout homme politique condamné pour
corruption s’il tente de revenir ensuite sur la scène publique.
Mars
1963 : Accord frontalier sino-pakistanais, dans le contexte de
la guerre éclair qui a opposé les troupes de Pékin à celles de
New Delhi sur la frontière himalayenne.
Avril
1963 : Ali Bhutto pose la première pierre du premier réacteur
nucléaire pakistanais à Nilor, à proximité d’Islamabad.
1964 :
Violentes manifestations de musulmans après la disparition d’une
précieuse relique : un cheveu du Prophète abrité dans une
mosquée de Srinagar, au Cachemire indien.
Septembre
1964 : L’opposition s’organise en vue de l’élection
présidentielle autour de Fatima Jinnah.
Janvier
1965 : Ayub Khan sort victorieux de l’élection présidentielle
mais son succès est suivi d’émeutes intercommunautaires.
Avril
1965 : Début de la deuxième guerre indo-pakistanaise à la
frontière du Gujarat et du Sindh. Un cessez le feu intervient le 30
juin, après une médiation britannique.
Juillet
1965 : Échec complet de la tentative de soulèvement des
Musulmans cachemiris encouragée par les militaires pakistanais.
Septembre
1965 : L’armée indienne franchit la frontière entre les deux
pays et avance en direction de Lahore. Ayub Khan se rend alors
secrètement en Chine pour y chercher le soutien de Chou En Lai, le
ministre des affaires étrangères de Mao Tsé Toung.
Décembre
1965 : Le premier réacteur nucléaire pakistanais commence à
fonctionner.
Janvier
1966 : Ayub Khan et l’Indien Bahadur Shastri signent la paix à
Tachkent en Ouzbékistan soviétique.
Février
1966 : Mujibur Rahman, le leader de la Ligue Awami du Pakistan
oriental, réclame l’instauration d’un véritable fédéralisme.
Décembre
1966 : Ali Bhutto crée le Parti Populaire Pakistanais (PPP).
Janvier
1967 : Les politiciens corrompus écartés du jeu politique
peuvent reprendre leurs activités.
Janvier
1967 : Mujibur Rahman, suspecté de s’entendre avec les
Indiens et de mettre en cause la sécurité du pays, est arrêté.
Octobre
1967 : Le gouvernement admet que l’économie du pays dépend
d’un nombre très restreint de grandes familles.
Novembre
1967 : Ali Bhutto est arrêté pour avoir critiqué le
gouvernement d’Ayub Khan. Il sera relâché deux mois plus tard et
Mujibur Rahman est innocenté au même moment.
Mars
1969 : Le mécontentement social et l’affirmation bengalie au
Pakistan oriental poussent Ayub Khan à la démission. Il remet le
pouvoir au général Yahya Khan alors que, selon la constitution, il
aurait dû le transmettre au président de l’Assemblée nationale.
À peine installé au pouvoir, Yahya Khan proclame la loi martiale
Novembre
1969 : Yahya Khan revient sur le programme centralisateur de ses
prédécesseurs et décide en mars que 169 des 313 sièges de
l’Assemblée seront réservés au Pakistan oriental.
1er
juillet 1970 : Les diverses provinces du Pakistan occidental
recouvrent une assez large autonomie.
7
décembre 1970 : Les élections voient, au Pakistan oriental, la
Ligue Awami l’emporter alors que le Parti Populaire Pakistanais
d’Ali Bhutto est en tête au Pakistan occidental. Les élections
des assemblées provinciales confirment ces résultats.
Février
1971 : Yahya Khan annonce la réunion à Dacca d’une Assemblée
constituante mais ce projet est abandonné à la demande d’Ali
Bhutto.
Mars
1971 : La Ligue Awami organise une grève générale au Pakistan
oriental où l’armée intervient.
Avril
1971 : Proclamation au Pakistan oriental de la République
populaire du Bangladesh. La répression mise en œuvre par Islamabad
provoque l’exode de 10 millions de Bengalis en Inde.
Décembre
1971 : L’Inde reconnaît le gouvernement bengali constitué en
exil. L’armée indienne intervient au Bengale et vient aisément à
bout des forces pakistanaises. La sécession bengalie l’emporte et
le Bangladesh est proclamé le 16 décembre.
20
décembre 1971 : Yahya Khan abandonne le pouvoir pour le
remettre à Ali Bhutto qui devient « administrateur de la loi
martiale ».
Janvier
1972 : Le gouvernement d’Ali Bhutto annonce une vague de
nationalisations dans les grands secteurs industriels et les
compagnies d’assurances. Il limite le mois suivant la liberté de
licenciement et se pose en défenseur des ouvriers. En mars, une
réforme agraire limite drastiquement la dimension des exploitations.
20
avril 1972 : La loi martiale est levée et une constitution
intérimaire est mise en place.
2
juillet 1972 : Indira Gandhi et Ali Bhutto signent les accords
de paix de Simla, qui mettent fin à la guerre engagée en 1971 à la
faveur de l’indépendance du Bangladesh.
Juillet
1972 : Des émeutes affectent la province du Sindh où se sont
aggravées les tensions intercommunautaires.
Février
1973 : Débuts de dissidences au Baloutchistan et dans les
provinces de la frontière du Nord-Ouest.
2
avril 1973 : Promulgation de la troisième constitution depuis la
création de l’Etat pakistanais.
Juillet
1973 : Mohammed Daoud dépose le roi Zaher Shah pour s’installer
au pouvoir en Afghanistan.
Février
1974 : Réunion du sommet de la Conférence des États
Islamiques à Lahore, ce qui témoigne du poids du Pakistan dans
l’espace musulman.
Mai
1974 : Premier essai nucléaire indien au Rajasthan, non loin
des frontières pakistanaises.
Août
1975 : Mujibur Rahman, le fondateur du Bangladesh, est
assassiné.
Mars
1976 : Ali Bhutto nomme Zia ul Haq chef d’état-major des
armées.
Mai
1976 : Voyage en Chine d’Ali Bhutto qui confirme l’alliance
entre les deux pays, une alliance tournée contre l’Inde.
Mars
1977 : Le Parti Populaire d’Ali Bhutto remporte les
trois-quarts des sièges lors des élections législatives. Bhutto
est nommé premier ministre mais, en avril, la police tire sur les
opposants qui dénoncent les conditions du déroulement du scrutin et
Bhutto doit faire appel à l’armée pour rétablir l’ordre.
Juin
1977 : Fin de la loi martiale. Bhutto s’entend avec
l’opposition représentée par l’Alliance nationale pakistanaise
pour partager le pouvoir.
Juillet
1977 : Zia ul Haq fait arrêter Bhutto, suspend la constitution
et dissout le gouvernement central et ceux des provinces. Il rétablit
la loi martiale et promet de nouvelles élections.
Septembre
1977 : Ali Bhutto est accusé du meurtre d’un dissident de son
propre parti. Au même moment, les États-Unis suspendent leur aide
au Pakistan soupçonné de mettre en œuvre un programme de
développement de l’arme nucléaire.
Mars
1978 : Bhutto est condamné à mort jugement confirmé par la
Cour Suprême, et exécuté le 4 avril 1979.
Février
1979 : Une nouvelle législation s’inspire de la charia et
rétablit les châtiments islamiques. Cette évolution éloigne des
Occidentaux le Pakistan, qui rejoint le camp des non-alignés.
27
décembre 1979 : L’intervention soviétique en Afghanistan
change la donne car Washington compte maintenant sur Islamabad pour
faire rempart à l’expansionnisme soviétique en direction de
l’Océan Indien.
Juin
1980 : Le Pakistan réorganise son système fiscal en
s’inspirant du modèle islamique, ce qui suscite l’opposition de
la minorité shi’ite.
Mars
1981 : Benazir Bhutto est assignée à résidence.
Septembre
1981 : L’Afghanistan bénéficie d’une importante aide
militaire américaine.
1983 :
Le régime militaire doit faire face à des rébellions dans le
Sindh.
Janvier
1984 : Benazir Bhutto quitte le Pakistan pour l’Europe.
Mars
1984 : Altaf Hussain lance le Mohajir
Qaumi Movement (MQM)
pour répondre à la dissolution par l’État des organisations
étudiantes islamistes.
Décembre
1984 : Le oui
l’emporte
à un référendum d’approbation de l’islamisation en matière
sociale et législative. Zia ul Haq s’autoproclame président pour
cinq ans, ce que cautionnent les électeurs lors des consultations
législatives et provinciales qui suivent.
Mars
1985 : Un amendement à la constitution de 1973 autorise le
président à démettre le premier ministre.
Décembre
1985 : Création de la South
Asia Association for Economic Cooperation.
La loi martiale est levée et la constitution de 1973 rétablie après
avoir été amendée.
Avril
1986 : Benazir Bhutto revient au Pakistan après deux ans d’exil
en Angleterre.
Novembre
1987 : Lors des élections municipales, les partisans du MQM
remportent la majorité des sièges à Karachi.
Mai
1988 : Zia ul Haq démet le premier ministre Muhammad Khan
Junejo. Le régime est désormais aux mains des militaires.
Juin
1988 : Une réforme de la justice place les tribunaux sous le
contrôle des muftis.
1er
août 1988 : Zia ul Haq meurt dans un accident d’avion à
propos duquel la lumière n’a jamais été complètement faite.
Octobre
1988 : Huit partis politiques, dont la Pakistan Muslim League de
M. K. Junejo, forment l’Islami Jamhoori Ittehead (IJI)
que rejoint la Jamaat-i-Islami.
Novembre
1988 : Le Parti Populaire du Pakistan remporte les élections
générales et, le mois suivant, Benazir Bhutto devient premier
ministre et le restera jusqu’en 1990.
Décembre
1988 : Gulam Ishaq Khan est élu président du Pakistan.
Février
1989 : Les dernières troupes soviétiques se retirent
d’Afghanistan.
Juin
1989 : Le National
Awami Party de
Wali Khan rejoint l’IJI.
Octobre
1989 : Le Pakistan rejoint l’association des pays du
Commonwealth qu’Ali Bhutto lui avait fait quitter.
Août
1990 : Le gouvernement de Benazir Bhutto est démis par le
président Ghulam ishaq Khan et Mustapha Jatoi devient premier
ministre par intérim.
Septembre
1990 : Le Pakistan envoie des troupes en Arabie saoudite pour
assurer la sécurité de la monarchie saoudienne.
Octobre
1990 : Les États-Unis suspendent l’aide accordée au Pakistan
à la faveur de la guerre d’Afghanistan.
Octobre
1990 : L’IJI reporte les élections générales.
Novembre
1990 : Nawaz Sharif devient premier ministre.
Janvier
1991 : Le Pakistan participe, aux côtés des Américains, à la
guerre du Golfe déclenchée contre l’Irak de Saddam Hussein à la
suite de l’invasion du Koweit.
Février
1991 : Le gouvernement de Nawaz Sharif oriente sa politique
économique dans le sens libéral.
Janvier
1992 : Altaf Hussain, le chef du MQM, s’exile à Londres.
Mai
1992 : L’armée s’en prend aux militants du MQM à Karachi.
Janvier
1993 : Le général Abdul Waheed Kakar remplace le général
Asif Nawaf Janjua à la tête de l’Armée.
Avril
1993 : Le président Gulam Ishaq Khan démet Nawaz Sharif.
L’intéressé est rétabli dans ses fonctions par la Cour Suprême
et peut s’appuyer sur un vote de confiance de l’Assemblée
nationale.
Juillet
1993 : Le général Kakar obtient du président Ghulam Ishaq
khan et de Nawaz Dharif qu’ils démissionnent tous les deux.
Octobre
1993 : Le PPP remporte les élections générales et Benazir
Bhutto redevient premier ministre, elle le restera jusqu’en 1996.
Novembre
1993 : Farouk Leghari est élu président du Pakistan.
Octobre
1994 : Les talibans, « étudiants en religion »
formés dans les medersas fondamentalistes du Pakistan pénètrent en
Afghanistan.
Novembre
1994 : Formation du mouvement shi’ite Sipah-i-Mohammed.
Novembre
1994 : Des violences intercommunautaires affectent Karachi.
1995 :
Attentat contre l’ambassade d’Égypte au Pakistan, revendiqué
par le groupe fondamentaliste Djamaa
Islamiya.
Février
1996 : Le général Jahangir Karamat devient chef des armées.
Avril
1996 : Tensions entre les provinces à propos des allocations de
ressources accordées par l’État. Les provinces les plus petites
et les moins peuplées se regroupent contre le Pendjab.
Septembre
1996 : Des heurts opposant sunnites et shi’ites font des
centaines de morts. Les Talibans prennent le pouvoir à Kaboul. Le
frère de Benazir Bhutto, Murtaza est tué à Karachi lors d’une
fusillade avec la police. Un autre frère Shanawaz avait été
retrouvé mort à Nice en 1985. Ces disparations laissent planer des
rumeurs sur des règlements de compte au sein du clan Bhutto.
Novembre
1996 : Le président Leghari démet Benazir Bhutto.
Décembre
1996 : Leghari annonce que les populations des zones tribales
voteront au suffrage universel direct lors des futures élections.
Janvier
1997 : Leghari nomme un Conseil de Défense et de Sécurité
nationale au sein duquel l’Inter-services Intelligence (ISI), c’est
à dire les services secrets, pèsent d’un poids grandissant. La
nouvelle institution a de fait vocation à contrôler le pouvoir
politique.
Janvier
1997 : Le centre culturel iranien de Lahore est plastiqué par
des extrémistes sunnites.
Février
1997 : La Pakistan
Muslim League gagne
très largement les élections générales et son chef, Nawaz Sharif,
redevient premier ministre.
Avril
1997 : L’Assemblée nationale limite les pouvoirs du président
et rétablit ainsi un véritable régime parlementaire.
Mai
1997 : Le Pakistan reconnaît le gouvernement des talibans en
Afghanistan.
Décembre
1997 : Démission du président Leghari remplacé en janvier
1998 par Rafiq Ahmed Tarar.
Avril
1998 : Expérimentation d’un missile d’une portée de
1500 km.
Mai
1998 : Nouveaux essais nucléaires indiens, vingt quatre ans
après le premier.
Juin
1998 : Essais nucléaires pakistanais, ce qui entraîne des
sanctions économiques américaines, Washington entendant lutter
contre la prolifération du nucléaire militaire.
Août
1998 : Nawaz Sharif annonce une loi renforçant l’islamisation.
Octobre
1998 : Le général Pervez Musharraf succède au général
Jahangir Karamat à la tête de l’Armée.
Février
1999 : Rencontre à Lahore des premiers ministres indien et
pakistanais.
Avril
1999 : Benazir Bhutto est condamnée à cinq ans de prison pour
corruption et suspendue de ses droits politiques pour sept ans. Elle
a déjà quitté le pays pour vivre entre Londres et Dubaï. En parallèle, l’Inde teste son missile Agni-2 à capacité nucléaire. Le Pakistan riposte en réalisant des essais analogues.
Mai-Juillet
1999 : Affrontements indo-pakistanais dans le secteur de Kargil,
dans le Cachemire indien.
Juillet
1999 : Nawaz Sharif se rend à Washington où Bill Clinton
l’encourage à la retenue face à l’Inde.
Octobre
1999 : Coup d’État du général Musharraf. Renversement du
premier ministre Nawaz Sharif.
Les Défis du Pakistan contemporain
Mars
2000 : En voyage en Inde et au Pakistan, le président américain
Bill Clinton encourage sans succès les dirigeants de Delhi et
d’Islamabad à renoncer aux essais nucléaires.
Mai
2000 : La Cour suprême légalise le coup d’État de Pervez
Musharraf. Nawaz Sharif est condamné à 14 ans de prison pour fraude
fiscale et corruption. Gracié, il s’exile en Arabie saoudite.
Août
2000 : Regain de tension au Cachemire où plusieurs massacres
sont perpétrés par les musulmans radicaux au moment où l’Inde
s’apprêtait à établir un compromis avec des séparatistes
modérés.
Décembre
2000 : Multiplication des attaques et des attentats-suicides au
Cachemire indien.
2001 :
Musharraf se proclame président. Après le 11 septembre et
l’attentat de Manhattan, il engage son pays aux côtés de
Washington dans la « guerre contre le terrorisme ». Les
États-Unis lèvent alors les sanctions infligées au Pakistan depuis
les essais nucléaires de 1998.
14-16
juillet 2001 : Échec de la rencontre d’Agra entre les
dirigeants indien et pakistanais – Atal Bihari Vaijpayee
et Pervez Musharraf – pour parvenir à un règlement de
la question du Cachemire. L’Inde entend limiter le débat à la
question du terrorisme alors que le Pakistan exige
l’autodétermination de la population du Cachemire indien.
Octobre
2001 : Combats indo-pakistanais sur la frontière.
Décembre
2001 : Après l’attentat perpétré contre le Parlement de
Srinagar en octobre, un commando islamiste attaque le Parlement de
New Delhi et fait treize morts.
Février
2002 : Affrontements entre Hindous et Musulmans en Inde.
Avril
2002 : Un référendum reconduit Musharraf au pouvoir pour cinq
ans.
Mai
2002 : Regain de tensions au Cachemire indien. Deux essais
nucléaires pakistanais et la mise en état d’alerte des troupes
indiennes au Cachemire ne font qu’aggraver la situation. La Russie
intervient pour tenter une médiation entre les deux pays mais les
attentats se poursuivent de plus belle au Cachemire.
Juillet
2002 : Deux lois interdisent le retour de Benazir Bhutto et de
Nawaz Sharif qui dirigent toujours les deux plus importants partis du
pays. Les deux exclus se rapprochent en octobre.
Décembre
2002 : Le parti nationaliste hindou BJP remporte les élections
dans l’État du Gudjerat, à la faveur de l’aggravation des
tensions entre Inde et Pakistan.
2004 :
Une procession shi’ite est attaquée à Quetta. L’attentat fait
une quarantaine de morts.
2006 :
Un rapport britannique dénonce le double jeu du Pakistan dans la
lutte antiterroriste.
2007 :
Musharraf suspend de ses fonctions le président de la Cour Suprême.
En juillet, l’Armée donne l’assaut à la Mosquée rouge
d’Islamabad, fief des intégristes. En octobre, Musharraf remporte
la présidentielle mais risque de voir son élection invalidée par
la Cour suprême. Le 3 novembre il proclame l’état d’urgence. Le
18 octobre Benazir Bhutto est revenue au Pakistan. Son convoi est
visé par un attentat qui fait 124 morts. Rescapée de ce premier assaut, elle est finalement assassinée le 27 décembre. Le 28 novembre Musharraf prête
serment pour un nouveau mandat présidentiel. Asif Ali Zardari,
l’époux de Benazir Bhutto et son fils Bilawal reprennent la
direction du Parti Populaire du Pakistan.
2008 :
Victoire de l’opposition aux élections législatives. Musharraf
est contraint de quitter le pouvoir.
Septembre
2008 : Asif Ali Zardari, veuf de Benazir Bhutto, devient
président du Pakistan.
Octobre
2009 : Un attentat-suicide islamiste fait 120 victimes sur un
marché de Peshawar. Le Pakistan qui a longtemps toléré, à la
faveur des guerres d’Afghanistan, le fondamentalisme religieux en
paye désormais les conséquences.
2010 :
D’importantes inondations ouvrent une crise humanitaire
d’envergure.
2011 :
Le Pakistan propose sa médiation entre les talibans afghans et les
autorités de Kaboul. Un commando américain vient éliminer Oussama
ben Laden le chef d’Al Qaida réfugié à Abbottabad, au Pakistan.
Cette opération est vécue au Pakistan comme une atteinte à la
souveraineté nationale. Elle alimente la méfiance des Américains
vis à vis de leur « allié » pakistanais.
Février
2013 : Un attentat terroriste visant les shi’ites hazaras fait
près de cent morts à Quetta, capitale du Baloutchistan.
L’affrontement entre sunnites et shi’ites fait peser une lourde
menace sur l’unité du pays. Les shi’ites y représentent 20 %
de la population.
Mai
2013 : Les élections législatives voient la victoire de Nawaz
Sharif et la percée du Mouvement du Pakistan pour la Justice de
l’ancien champion de cricket Imran Khan, porteur d’un programme
de réformes. Le procureur chargé de l’enquête sur le meurtre de
Benazir Bhutto est assassiné. Le FMI accorde en septembre une aide 6,5 milliards de dollars. Forte de 4 à 5%% ,la croissance du PIB est insuffisante pour absorber les nouveaux arrivants ( 3 millions par an) sur le marché du travail
Octobre
2013 : Le président Obama reçoit le premier ministre
pakistanais, Nawaz Sharif, pour tourner la page de l’élimination
de Ben Laden.
Novembre
2013 : Un drone américain tue Hakumullah Mehsud, chef
des talibans pakistanais.
2015 :
Le Pakistan est confronté à une période caniculaire en juin et à
un séisme en octobre. Il a subi par ailleurs des attentats fomentés
par les groupes talibans locaux, dirigés contre les shi’ites et
l’Armée.
2016 :
Indiens et Pakistanais s’affrontent localement sur la frontière du
Cachemire. New Delhi menace de réviser le traité conclu en 1960 sur
le partage des eaux de l’Indus.
2017 :
La Cour Suprême destitue le 28 juillet le premier ministre Nawaz
Sharif pour des soupçons de corruption. Il est remplacé par Shahid
Khaqan Abasi. La décision de la Cour suprême a renforcé
l’influence de l’Armée, qui a dirigé le pays pendant la moitié
de ses 70 ans d’histoire. Les mouvements islamistes se
renforcent avec, notamment, une attaque-suicide en février contre
l’un des lieux saints du soufisme le sanctuaire de Lal Shahbaz
Qalandar. La croissance atteint 5,3 % mais 7 % seraient
nécessaires selon la Banque mondiale, dans un pays où 60 % de
la population a moins de vingt ans. Les transferts des migrants
(20 milliards de dollars), qui contrebalançaient le déficit
commercial, ont pâti du ralentissement économique affectant les
pays du Golfe où réside la moitié des dix millions de Pakistanais
émigrés.
2018 :
Imran Khan, un ancien joueur de cricket, fondateur du Mouvement
pour la Justice, devient premier ministre. Il a promis de mettre en
œuvre un « État Providence islamique » mais les
contraintes budgétaires fragilisent la réalisation de ses promesses
Il doit faire face à la question des ressources hydriques du pays,
dans la perspective du réchauffement climatique attendu. La hausse
des prix du pétrole ne lui facilite pas la tâche.
2019 :
La cour suprême confirme l’acquittement d’Asia Bibi, une
chrétienne injustement accusée de blasphème par ses voisins
musulmans. Cet acquittement, survenu en octobre 2018, avait entraîné
de grandes manifestations des musulmans fondamentalistes qui
exigeaient la pendaison de l’intéressée, qui devrait trouver
refuge avec sa famille au Canada, la Grande-Bretagne ayant
apparemment refusé de l’accueillir pour ne pas susciter la colère
de sa forte minorité pakistanaise.2022 : Imran Khan est destitué par une motion de censure de l'Assemblée pakistanaise. Imran Khan accuse les Etats-Unis d'avoir fait pression sur les oppositions et les militaires pour le renverser, Washington n'ayant pas apprécié le déplacement de l'homme politique en Russie et la neutralité du Pakistan dans le conflit russo-ukrainien. En parallèle d'une tentative d'assassinat, Imran Khan est empêché par divers pans de l'administration pakistanaise de briguer à nouveau le pouvoir.2023 : Imran Khan voit certains de ses proches et de ses partisans arrêtés, les autres menacés par la police et l'armée. Il est lui-même condamné par la justice pour de multiples infractions. Interdit de se présenter aux élections, il laisse le champ libre à Nawaz Sharif, de retour au pays après que les accusations de corruptions aient été levées. C'est une étonnante course électorale qui se joue, entre la principale figure de l'opposition inéligible et le clan Sharif, parti de l'armée mais peu apprécié par la population, le tout sur fond d'attentats meurtriers récurrents.2024 : Les élections législatives qui se jouaient en février remettent en question la "démocratie pakistanaise". Emaillées de violences meurtrières (au moins 35 personnes tuées), la coupure d'internet et des résultats arrivés 24h après le dépouillement, les résultats donnèrent la victoire au parti d'Imran Khan. C'est pourtant le parti de Nawaz Sharif, avec à sa tête son frère Shehbaz, qui dirigera le pays grâce à une coalition hétéroclite et au soutien omniprésent de l'armée.
Les
deux premières décennies du XXIe
siècle ont confirmé la persistance des problèmes structurels qui
affectent le
Pakistan.
La croissance démographique peut être un atout de puissance comme
une source de déséquilibres dangereux. Le défi du développement
demeure dans un pays souvent confronté à de grandes catastrophes
naturelles, séismes ou inondations notamment. En interne, le pays
doit compter avec le fondamentalisme sunnite et l’antagonisme entre
sunnites et shi’ites alors que – sur le plan international – la
situation de ce grand pays musulman apparaît des plus incertaines
face à une Amérique devenue méfiante à l’égard de l’allié
privilégié d’hier, avec des relations toujours tendues avec le
grand voisin indien, avec la perspective, enfin, d’une influence
grandissante de
la Chine
soucieuse d’associer le Pakistan à son grand projet des
« nouvelles routes de la soie ».