Dans la partie la plus septentrionale de
l’Italie, la région lombarde étend sur 23 857 km son vaste
territoire et dessine d’égales frontières avec la Suisse, le
Piémont, le Trentin-Haut-Adige, la Vénétie et l’Emilie-Romagne.
Ses paysages sont façonnés au nord, sous le signe du grandiose à
travers les hautes montagnes des Alpes et les grands lacs immobiles,
au bord desquels se succèdent châteaux et villas princières. Au
sud, la vaste plaine du Pô, aussi fertile qu’industrieuse, abrite
de prestigieuses cités : Milan, la capitale, dont le nom originel
Mediolanum
signifie le milieu d’un pays, mais aussi Côme, Bergame, Pavie,
Brescia, Mantoue, Crémone dont les palais, les églises, les musées
témoignent d’un extraordinaire rayonnement culturel et rappellent,
entre autres, l’ancien faste des Sforza, des Visconti ou des
Gonzague, puissants princes et mécènes.
Ici séjournèrent Mantegna, Bramante, Léonard
de Vinci ou encore Jules Romain, mais la vitalité artistique de la
région, qui ne se limite pas à la seule Renaissance, laissa aussi éclore
de remarquables écoles locales, en peinture comme en architecture,
depuis la période romane jusqu’à l’époque contemporaine, qui
donne depuis plusieurs décennies, la place belle aux arts
décoratifs, au design et à la mode. C’est aussi en Lombardie
qu’ont été tournées nombre de pages de l’histoire de la
musique : la naissance à Mantoue de l’opéra avec l’'Orfeo
de Monteverdi ; la portée à la
perfection du violon, sous les mains de prestigieux luthiers, tels
Gaspare da Salo à Brescia ou Antonio Stradivari à Crémone ;
l’ouverture enfin à Milan de l’emblématique théâtre de la
Scala, qui révéla Verdi au public.
Terre
de culture, la Lombardie exerça de fait un exceptionnel pouvoir de
fascination sur les plus grands de ce monde, ainsi les rois de
France, d’Espagne, et les empereurs germaniques, qui au fil des
siècles, se disputèrent tour à tour son territoire, perçu comme
stratégique, dans l’équilibre des puissances européennes. Par
ailleurs, dès le Moyen-Age, l’émergence en Italie du nord des
communes libres favorisèrent les particularismes locaux mais aussi
la mise en place de nouvelles structures, préfigurant déjà, à
leur échelle, l’Etat moderne. Or, c’est aussi à partir du
singularisme communal, que se reconstituera par la suite, après
quatre siècles de domination étrangère - espagnole, puis
autrichienne - le principe d’union nationale. La Lombardie joua
ainsi une large part dans le Risorgimento
mais aujourd’hui encore, alors qu’elle est considérée comme
moteur économique de l’Italie dans son ensemble, elle demeure plus
que jamais fière de son identité propre.
La Lombardie, fer de lance de l’économie
italienne
Offrant des paysages variés et contrastés, la
Lombardie est délimitée par de véritables frontières naturelles :
les Alpes au nord, le Pô au sud, le lac Majeur à l’ouest et, à
l’est, le fleuve Mincio et le lac de Garde, le plus grand d’Italie.
Son territoire se divise en trois grandes zones géographiques : la
zone préalpine, jouxtant le canton suisse du Tessin, et abritant les
grands lacs, et les deux parties, dites « haute » et « basse » de
la plaine padane. La première, sèche et aride, concentre les
grandes industries de la région, tandis que la seconde, extrêmement
fertile, demeure avant tout réservée à l’agriculture. Dès le
XIIe siècle, les marécages y furent asséchés et l’eau des
fleuves maîtrisée par d’ingénieux systèmes d’irrigation.
Cette progressive mainmise de l’homme sur le paysage aboutit au
XVIe siècle à la construction de deux canaux majeurs : le Navilio
Grande et le canal de la Martasana, reliant respectivement à Milan
les eaux des rivières du Tessin et de l’Adda. Aujourd’hui encore, la Lombardie demeure une grande terre agricole, spécialisée dans la
production du riz, mais fournissant aussi un quart de la production
nationale de maïs et un tiers de celle du lait.
Le
légendaire esprit d’entreprise des Lombards a aussi favorisé dès
la fin du XIXe siècle l’industrialisation massive de la région,
dont les secteurs de pointe n’ont cessé de se renouveler jusqu’à
nos jours en fonction des aléas économiques. Si les aciéries Falk
et les usines d’Alfa Romeo, rachetées par Fiat dans les années
quatre-vingt, ont disparu du devant de la scène, elles ont été remplacées
par d’autres établissements, producteurs de richesses nouvelles,
dans le domaine de la manufacture, comme de l’informatique ou des
nouvelles technologies. Le secteur tertiaire, enfin, contribue à
part égale avec l’industrie à la dynamique économique d’une
région qui demeure en tête à l’échelle de l’Italie. Le
niveau de vie est ainsi en Lombardie un des plus élevés d’Europe,
comme la capacité par habitant à épargner, qui vient soutenir un
secteur bancaire déjà florissant et dont l’implantation remonte
au Moyen Age. Malgré tout, le ralentissement économique entamé
dans les années quatre-vingt-dix, puis la crise de 2009 ont contribué à
l’augmentation du taux de chômage, même si ce dernier reste bien en deçà de la moyenne nationale. De la même manière, si la
Lombardie demeure avec presque dix millions d’habitants la région
la plus peuplée d’Italie, sa vitalité démographique est menacée
par un vieillissement généralisé, avec un indice de fécondité de
seulement 1,41 par femme.
Des origines à l’âge du fer
Les fouilles archéologiques menées dans le
territoire de l’actuelle Lombardie font état d’un peuplement très ancien, remontant aux premiers temps du Paléolithique, il y a
plus de 200 000 ans. Mais, dans cette région, les vestiges
préhistoriques les plus remarquables sont les centaines de milliers
de gravures rupestres du Val Camonica, près de Brescia, réalisées
en l’espace de huit mille ans entre le mésolithique et le début de
l’ère chrétienne. Entre-temps furent aussi érigées à partir de -6000 et jusqu’à 500 avant notre ère, des palafittes,
rudimentaires demeures sur pilotis érigées alors au bord des fleuves, des lacs et des
rivières, dans de nombreuses régions d'Europe occidentale. A côté de ces palafittes se développe dès l’âge du bronze un autre type d’habitat, propre à l’Italie du
Nord : les constructions dites « de Terramare »,
bâties dans la vallée du Pô et non loin des grands lacs, à partir
de marnes argileuses, sorte de terre noire sédimentaire. Zone
particulièrement fertile et donc propice à l’agriculture, la
Lombardie est aussi située au cœur d’un axe commercial allant des Alpes jusqu’à la mer Adriatique. Ces facteurs d’ordre
naturel et économique favorisèrent l’implantation successive de plusieurs civilisations aujourd’hui disparues comme celles des Ligures, des Etrusques ou encore des Celtes.
- 200 000 : Dès les premiers temps du
Paléolithique (âge de la pierre taillée), le territoire de
l’actuelle Lombardie paraît habité. Les hommes préhistoriques
vivent alors dans des cavernes, comme dans le reste de la péninsule
italienne, et côtoient de grands pachydermes (éléphants,
hippopotames, rhinocéros).
- 30 000 : Début du Paléolithique supérieur.
Les objets en pierre se perfectionnent tandis que d’autres sont
réalisés en os ou en bois d’animal. Apparition d’un premier art
pariétal, très rudimentaire. Premières manifestations du culte des
morts.
à partir de - 20 000 : Réalisation d’outils en pierre et en os
de plus en plus élaborés.
- 8000 : A partir du Mésolithique, réalisation
de gravures rupestres dans la vallée glaciaire du Val Camonica, près
de Brescia (particulièrement nombreuses à Darfo Boario Terme, Capo
di Ponte, Nadro, Cimbergo et Paspardo). 300 000 pétroglyphes y
seront ainsi réalisés en l’espace de huit mille ans jusqu’à l’âge
de fer. L’ensemble constitue en 1979, le premier classement au patrimoine mondial d’un site italien par l’Unesco.
entre -6000 et -4000 : Période du Néolithique. Développement de la céramique
peinte, apparition des arts plastiques. Les premières techniques
d’habitat voient le jour : dans la vallée du Pô, comme dans la
région des grands lacs, apparaissent ainsi les palafittes,
c’est-à-dire des cabanes construites sur pilotis par d’anciennes
populations de chasseurs-pêcheurs commençant à se sédentariser
pour pratiquer l’agriculture. Les archéologues ont ainsi mis au jour des vestiges de palafittes sur les rives du lac de Garde, près
de Lazise et Torri del Benaco. Vient ensuite le Chalcolithique caractérisé par l'apparition d'objets en cuivre.
- 2000 : A l’âge du bronze, la construction
des palafittes se poursuit, mais on érige aussi désormais dans les
marécages, des Terramare,
c’est-à-dire des cabanes plus
grandes, faites de marnes argileuses, regroupées en villages.
L’agriculture se perfectionne comme l’art de la céramique. La
crémation l’emporte sur l’inhumation, pratique mortuaire
pourtant observée auparavant dans cette région.
- 1200 : Date historique de la fondation de Barra
(l’ancienne Bergame) par les Ligures, même si la légende
l’attribue, mille ans auparavant, au chef ligure Cydno.
- 800 : Début de l’âge du Fer.
- 500 : Fondation de Mantoue par les Etrusques
installés au nord du Pô. Son nom viendrait de Mantus,
équivalent d’Hadès dans le panthéon étrusque.
entre - 500 et - 400 : Les Celtes insubres
s’implantent dans l’actuelle Lombardie et fonde Mittland (future
Milan), la « ville du milieu », au centre d’une plaine
marécageuse.
- 400
: Les Celtes de la tribu des Cénomans (venus de la région du Mans
en Gaule) pénètrent à leur tour en Lombardie. Ils rebaptisent
alors Barra du nom de Berghem (Bergame) c’est-à-dire « habitation
sur la montagne », fondent Lodi et Brescia, dont ils font leur
capitale et un centre important de l’industrie du fer et de la
fabrication des armes. D’après Tite-Live, le légendaire chef
gaulois Bellovesos aurait alors conquis en particulier les
territoires répartis autour du lac de Côme, et donné son nom à
l’actuelle cité de Bellagio, surnommée depuis « la perle du
lac ».
Province romaine (IIIe siècle avant J.-C. - Ve siècle après
J.-C.)
Après avoir repoussé les Ligures vers le sud,
les Celtes, présents depuis plus deux cents ans en Italie
septentrionale, voient à leur tour leur territoire envahi par les Romains à partir
de 222 avant J.-C. En l’espace de trente ans, ces derniers parviennent à
étendre leur domination sur toute la plaine du Pô, malgré l’ultime
résistance opposée par les tribus insubres et boïennes. Dans les
campagnes désolées par les guerres successives, s’installent peu
à peu de nouveaux colons romains à la tête de grands domaines
agricoles, au détriment des populations plus anciennes. Leur
romanisation ne sera effective et définitive qu’à
l’époque de Jules César, proconsul de la Gaule cisalpine, qui
finit par accorder à la ville de Milan, et, par extension, au
territoire qui en dépend, le droit, non de citoyenneté, mais celui
de bourgeoisie : les élites sociales et commerciales se voient
confier l’administration des affaires publiques de la province.
A l’époque d’Auguste, la Lombardie, alors
répartie entre les régions de la Transpadanie, de la Vénétie, de
l’Emilie et de la Ligurie, est annexée à l’Empire. Mais au fil
des siècles, ce dernier ne cesse de s’agrandir, au fur et à
mesure des conquêtes, et exerce une pression fiscale de plus en plus
forte sur ses provinces, à laquelle n’échappent pas les régions de
l’Italie septentrionale, elles-mêmes affaiblies sur le plan
économique et commercial par la concurrence des territoires
orientaux, en pleine expansion. Milan, assujettie à l’Empire, de
plus en plus centralisé et bureaucratique, perd peu à peu toute
indépendance, et connaît un certain déclin, jusqu’à ce que Dioclétien en fasse la capitale de l’Empire romain d’Occident.
Avec l’édit de Milan, prononcé par Constantin en 313, la ville
devient aussi le centre administratif, spirituel et artistique de la
Chrétienté. Mais supplantée au début du IVe siècle par Ravenne,
qui devient à son tour capitale, elle est par deux fois mise à sac,
par les Huns d’abord puis les Goths. Pavie est, elle aussi, brûlée
en 476, alors que le dernier empereur romain d'Occident, Romulus Augustule, est
déposé par Odoacre.
-222 : Date probable à laquelle Milan (en latin
Mediolanum, « la plaine du milieu ») est conquise par les Romains.
C’est aussi l’année de la bataille de Clastidium (aujourd’hui
Casteggio dans la province de Pavie), qui s’achève par une
victoire romaine contre les Insubres.
-200 : Bataille de Bedriacum, victoire des
Romains contre les Celtes. Seuls les Insubres et les Boïens
continuent d’opposer une résistance.
-194 : Les Insubres sont définitivement vaincus
à Mutina (actuelle Modène en Emilie-Romagne).
-191 : Après la soumission des Boïens,
installés dans l’ancienne cité étrusque de Felsina (actuelle
Bologne) depuis -300, la Gaule cisalpine, comprenant le territoire de
l’actuelle Lombardie, tombe sous la dépendance de l’Empire
romain. Le lac de Garde, appelé alors Benaco, en fait aussi partie.
à partir de -190 : Dans le domaine de
l’agriculture, les grandes propriétés l’emportent sur les
petites exploitations souvent ruinées au cours des guerres
précédentes. Développement de la vigne et de l’olivier ainsi que
de l’élevage.
-133 : Tibérius Gracchus propose une loi selon
laquelle aucun citoyen romain ne pourra posséder plus de 500 arpents
de terre. Il est assassiné.
-123 : Son frère, Caïus Gracchus, redonne vie à
la loi agraire et fait appliquer une loi selon laquelle l’Etat doit
assurer aux citoyens une distribution de blé à vil prix.
-122 : Caïus propose la concession de la
citoyenneté romaine aux Latins et du droit latin aux autres
Italiens, mais ne remporte pas les élections l’année suivante.
-91 : Le tribun Livius Drusus qui proposait à
son tour l’octroi du droit de cité à tous les Italiens est
assassiné.
-89 : Le droit de cité complet est accordé à
toutes les cités italiques et aux alliés italiques.
-59 : Jules César installe autour de lac de
Côme des colons romains venus de Sicile, spécialisés dans la
construction de navires.
de -58 à -51 : Jules César, proconsul de la
Gaule cisalpine, utilise Milan comme base arrière pour partir à la
conquête de la Gaule, de l’autre côté des Alpes.
-42 : Jules César accorde aux habitants de
Milan et de sa province le droit de bourgeoisie. Le gouvernement et
l’administration de la cité sont dans les mains de la haute
bourgeoisie qui exerce ce pouvoir gratuitement, dans le souci du
bien commun. Les mœurs, les usages comme la religion des Romains
sont dès lors adoptés très rapidement.
-27 : Début du règne de l’empereur Auguste
pendant lequel le territoire de l’actuelle Lombardie est annexé à
l’Empire. La ville de Brescia est alors appelée Colonia civica
Augusta Brixia.
de 53 à 61 : Suivant la tradition, le Grec
Anatalone devient le premier évêque de Milan. Mais nombre
d’historiens s’accordent à penser qu’il fut évêque de Milan
vers la fin du IIe et le début du IIIe siècle.
IIe siècle : Décadence de l’industrie et du
commerce dans les territoires du Nord de l’Italie au profit des
provinces orientales de l’Empire, pacifiées et en plein essor.
117 : Avènement de l’empereur Hadrien. Sous
son règne, généralisation des commissaires impériaux, envoyés
dans toutes les villes d’Italie et de l’Empire.
138 : Avènement de Marc-Aurèle qui poursuit
une politique de centralisation et de sujétion à Rome, à laquelle
n’échappent pas les villes de l’actuelle Lombardie,
particulièrement Milan. Etranglées par des impôts de plus en plus élevés, ces cités perdent peu à peu toute autonomie.
193 : Avènement de Septime Sévère qui
transforme les prestations publiques de la haute bourgeoisie
municipale en une obligation vis-à-vis de l’Etat.
212 : Extension du droit de cité à tout
l’Empire par Caracalla.
292 : Dioclétien fait de Milan la capitale de
l’Empire romain d’Occident. Sous son règne, la pression fiscale
et bureaucratique, exercée dans tout l’Empire, est de plus en plus
forte.
313 : Constantin proclame l’édit de Milan par
lequel le christianisme devient une religion autorisée (Religio licita), c'est-à-dire reconnue au sein de l’Empire
romain avec droit de construire des édifices, de gérer des cimetières et de tester et agir en justice. Les premières grandes basiliques apparaissent à cette
époque aussi bien à Milan qu’à Brescia. Développement d’une
importante école artistique paléochrétienne.
vers 333-397 : Vie d'Aurelius
Ambrosius, plus connu sous le nom de saint Ambroise de Milan. Issu d'une
famille chrétienne de l'aristocratie romaine, il fut avocat puis gouverneur
consulaire de la province d'Emilie et Ligurie avant d'être élu évêque de Milan
en 374. Reconnu par l'église comme l'un des quatre grands docteurs d'Occident,
son enseignement moral et dogmatique contribua beaucoup à la conversion de
saint Augustin en 386. Son épiscopat fut aussi marqué par sa lutte continuelle
pour l'affirmation des droits de l'Eglise face au pouvoir impérial et par son
combat contre l'hérésie arienne. A Milan, il entreprit la construction de
quatre grandes basiliques : celle qui porte aujourd'hui son nom, San Lorenzo,
San Nazaro et San Sempliciano. Canonisé peu après sa mort, il devint le patron
de la capitale lombarde.364 : Début de la construction de la basilique
Saint-Laurent de Milan, alors hors les murs.
374 : Ambroise (339-397), docteur de l’Eglise, devient à cette date évêque de Milan. Les Milanais fêtent
traditionnellement cette figure incontournable de leur histoire le 7
décembre, et ont choisi aussi ce jour pour l’ouverture de la
saison lyrique à la Scala.
de 382 à 386 : Construction de la basilique
paléochrétienne Saint-Ambroise de Milan, alors appelée la
basilique des Saint-Martyrs-Gervais-et-Protais, à l’initiative de
saint Ambroise.
387 : Saint Augustin est baptisé à Milan à
l’âge de 33 ans par saint Ambroise, avec son fils Adéodat, âgé
de 14 ans.
vers 390 : L’île de San Giulo sur le lac
d’Orta (Piémont) voit l’édification d’une basilique
San-Giulio, dédiée à saint Jules l’Evangélisateur. Ce dernier,
originaire d’Egine, avait débarqué sur l’île après avoir été
chassé à coups de pierres par les passeurs d’Omegna. Selon la
légende, il tua les dragons et fit participer les loups à la
construction de la basilique.
395 : Selon la tradition, saint Ambroise a la
révélation en songe de l’endroit où saint Nazaire de Milan a été
inhumé, après sa condamnation à mort par Néron en 56, alors qu’il
revenait de Gaule avec saint Celse. Ses reliques se trouveraient
encore aujourd’hui dans la basilique Saint-Ambroise de Milan.
397 : A sa mort, saint Ambroise est enseveli
auprès des dépouilles des deux martyrs saint Gervais et saint
Protais.
402 : La construction à Milan de la basilique
Saint-Laurent, commencée hors les murs trente-huit ans plus tôt, est
achevée. La même année, sous Honorius, Milan perd son statut de
capitale de l’Empire romain au profit de Ravenne. Elle ne
retrouvera plus jamais ce statut, ce qui fonde en partie l’origine
de sa rivalité avec Rome.
452 : Mise à sac de Milan par les Huns
d’Attila, avant que ne soit arrêtée leur progression sur le Pô.
475 : Oreste, chef barbare des armées, fait
désigner son fils Romulus comme empereur, qui prend le nom
d’Augustule.
août 476 : Les milices barbares formées
d’Hérules et de Skires réclament à Oreste l’attribution de
territoires dans le Nord de l’Italie, mais ce dernier refuse. En
réaction, leur chef Odoacre se proclame roi. Oreste s’enferme à
Pavie qui est prise et brûlée. Romulus Augustule est déposé.
C’est la fin de l’Empire romain d’Occident.
vers la fin du Ve siècle : L’évêque de
Novare fait construire un château sur la petite île au large de la
presqu’île d’Orta (Piémont).
489-526 : Le chef des Ostrogoths, Théodoric,
renverse Odoacre et s’installe à Pavie. Mondicia (l’ancienne
Monza) devient sa résidence estivale.
539
: Milan est dévastée par les Goths et sa population décimée. Il
lui faudra des décennies pour se relever et retrouver un semblant de
vitalité.
La terre des Lombards (VIe-VIIIe siècle)
Les Goths, fascinés par le passé impérial
romain dont ils rêvaient de recueillir l'héritage, furent pourtant
incapables de reconstruire durablement l’Italie et d’enrayer le
déclin de son économie. Or, avec l’invasion des Lombards, à
partir de 568, les dernières infrastructures héritées de la
période romaine disparaissent définitivement. Une période sombre
s’amorce pour les populations conquises, qu’on malmène et dont
on confisque les terres, tandis que les nouveaux envahisseurs
affirment leur suprématie en s’opposant à Byzance. La fin du VIe
siècle est marquée cependant par la figure de la reine Théodelinde,
proche du pape Grégoire le Grand, et qui contribua beaucoup à la
conversion au catholicisme des Lombards, adeptes de l’arianisme.
Ce renouveau spirituel et politique s’accompagnera au VIIe
siècle, mais surtout au VIIIe siècle, sous le règne de Liutprand, d’une véritable efflorescence artistique. L’art lombard
s’affirme ainsi à travers une prédilection pour les motifs
décoratifs, géométriques ou végétaux, qu’on retrouve dans la
sculpture et l’orfèvrerie, mais aussi dans l’architecture,
notamment à Pavie, reconnue capitale du nouveau royaume.
printemps 568 : Invasion de l’Italie par les
Lombards (Longobards), germano-slaves, sous la conduite de leur roi
Alboin. Ceux-ci se heurtent d’abord à la résistance de Mantoue,
protégée par ses marais, mais marchent ensuite vers Milan.
septembre 568 : Les Lombards soumettent Milan
définitivement. L’évêque de la ville s’enfuit alors à Gênes,
cité placée sous le contrôle byzantin : c’est là que demeurera
le siège épiscopal milanais pendant quatre-vingts ans.
572 : Pavie tombe à son tour après un siège
de trois ans. Mort d’Alboin. Un nouveau roi, Clefi, est élu à
Pavie par l’assemblée lombarde. La ville devient le centre
politique du nouveau royaume.
584 : Autharis, fils de Clefi, est élu roi à
son tour. Il adopte une politique plus bienveillante envers les
vaincus et prend le prénom de Flavius, comme s’il se voulait
l’héritier de l’Empire romain en Italie. Il épouse Théodelinde,
une princesse catholique, fille du roi de Bavière.
590 : La reine Théodelinde, après la mort de
son époux Autharis, épouse Agiluf, son successeur sur le trône
lombard, et fait de Monza sa résidence principale. Proche du pape
Grégoire le Grand avec lequel elle entretient une relation
épistolaire, Théodelinde exerce une grande influence sur son second
mari. Pendant son règne, les relations avec le clergé catholique
s’améliorent et nombre de sujets se convertissent. Les églises et
les évêques bénéficient de mesures particulièrement favorables, même si Agiluf, de confession arienne, ne se convertit pas lui-même.
603 : Adaloald, le fils de Théodelinde et
d’Agiluf est baptisé selon le rite catholique.
615 : Adaloald accède au trône et devient le
premier roi lombard catholique. Son règne est marqué par des
relations de paix avec l’Empire.
625 : Pavie devient capitale de la Lombardie.
626 : Adaloald est destitué par des tenants de
l’arianisme encore nombreux dans l’orbite lombarde, au profit
d’Ariovald, son beau-frère.
627 : Mort de Théodelinde, ensevelie entre ses
deux époux dans la basilique Saint-Jean-Baptiste de Monza.
de 636 à 671 : Rothari (636-652), Aripert
(653-661) et Grimoald (662-661) se succèdent à la tête du royaume
lombard dont ils étendent la domination jusqu’à Gênes d’un
côté et la mer Adriatique de l’autre.
de 671 à 700 : Pendant les règnes de
Pertharite et Cunimpert, la conversion des Lombards au catholicisme
est désormais totale. Paix définitive avec l’Empire d’Orient.
712 : Le roi lombard Liutprand accède au trône.
Son règne, long de trente-deux ans, correspond à une période de
consolidation de l’Etat lombard, qui parvient à étendre sa
domination sur la péninsule. Mais il est marqué aussi par des
conflits avec les papes Grégoire II et Grégoire III, et avec les
Byzantins de l’exarchat de Ravenne qui l’empêcheront finalement
de réaliser son programme de soumission et d’unification totale de
l’Italie. Sous son impulsion enfin, Pavie devient un grand centre
culturel. La basilique Saint-Pierre-au-Ciel-d’Or est ainsi
entièrement rénovée de 720 à 725. Sur le plan artistique, autant
dans le domaine de l’architecture, de la sculpture, que de la
miniature, certains historiens n’hésitent pas à parler de
Renaissance liutprandienne.
751 : Le roi lombard Astulf, troisième
successeur de Liutprand, parvient à prendre Ravenne, imposant ainsi
sa domination à l’exarchat byzantin. Il entend aussi exercer son
autorité sur Rome qu’il tente d'assiéger.
756 : Arrivée d’une armée franque en Italie, sollicitée par le pape auprès de Pépin le Bref. Elle oblige
Astulf, enfermé dans Pavie, à rendre Ravenne et à renoncer à sa
politique de conquête et d’expansion.
757 : Avènement de Didier, le dernier des rois
lombards.
770 : Espérant consolider une alliance avec les
Francs, Didier donne sa fille Désirée en mariage à Charles, futur
Charlemagne, qui a succédé à Pépin en 768, en même temps que son
frère Carloman.
771 : A la mort de Carloman, Charles est
désormais seul maître du royaume franc. Il choisit de répudier
Désirée et de marquer ainsi la rupture avec le royaume lombard.
773 : Didier fait irruption dans le duché
romain, rangé du côté des Francs. Le pape Adrien Ier appelle en
renfort Charles qui, après avoir passé le val de Suse, parvient à
défaire l’armée lombarde.
774
: Didier, réfugié dans Pavie, finit par se rendre. Il mourra une
dizaine d’années plus tard, enfermé dans l’abbaye
Saint-Pierre-de-Corbie en Picardie. Charles s’empare de Milan et
est reconnu roi par les Lombards, dont il revêt l’emblématique
couronne de fer, réputée contenir l’un des clous de la Passion.
Réalisée sans doute à la demande de Théodelinde à la fin du VIe
siècle, en style byzantin, elle est actuellement conservée dans la
cathédrale de Monza.
La période carolingienne et l’institution
progressive de la féodalité en Lombardie (774-887)
La dynastie lombarde cède la place aux comtes
francs, alors alliés de la papauté, après avoir échoué dans sa
politique d’hégémonie sur l’Italie. Ces derniers ne
parviendront pas non plus à unifier la péninsule sous un pouvoir
unique, d’autant que l’élaboration des institutions franques
aboutit à la mise en place d’un régime féodal de plus en plus
décentralisé. Après la mort de Louis II, sans héritier mâle
direct, les grands du royaume affirment ainsi leur pouvoir souverain
au détriment de la personne royale. Le roi Charles le Chauve
lui-même contribue à consolider à partir de de 877 le système
féodal en officialisant le principe de l’hérédité des fiefs.
Cette prépondérance des grands feudataires dans les affaires du
royaume aboutira dix ans plus tard à l’abdication de Charles le
Gros, qui marquera aussi la fin de la domination carolingienne en
Italie. Sur le plan religieux, la période voit la généralisation
de l’observance de la règle bénédictine dans les monastères de
Lombardie. Dans cette région, peu de vestiges d’architecture
carolingienne ont été conservés, mais on compte parmi eux la
chapelle de San Satiro à Milan. L’influence carolingienne fut
pourtant féconde dans l’orfèvrerie et les décorations à
fresque, notamment celles récemment remises au jour, sur les murs de
l’église Saint-Sauveur de Brescia.
781 : Pépin, second fils de Charlemagne,
s’installe à Pavie après avoir été sacré roi du royaume de
Lombardie, bientôt dénommé “royaume d’Italie”.
784 : L’archevêque Pierre fonde le nouveau
monastère bénédictin qui occupe la basilique Saint-Ambroise à
Milan et en nomme le premier abbé, Benoît.
à partir de 786 : Retiré au monastère du mont
Cassin, le moine bénédictin Paul Diacre écrit son Histoire
des Lombards, depuis les origines
jusqu’à 744.
789 : Confirmation de la fondation bénédictine
par Charlemagne dans la basilique ambrosienne qui ajoute aux moines
deux chanoines.
800 : Charlemagne est couronné empereur à Rome par le
pape Léon III.
807 : A Mantoue, une apparition de saint André
révèle la présence du sang du Christ dans la basilique. Il aurait
été rapporté au Ier siècle par le soldat Longin, qui avait percé
le flanc du Christ avec sa lance, au moment de sa mort. La relique
est identifiée par le pape à la demande de Charlemagne.
810 : Le roi Pépin est enterré dans la
basilique Saint-Ambroise de Milan. Son fils Bernard lui succède
comme roi d’Italie.
814 : Mort de Charlemagne. Louis le Pieux lui
succède.
817 : Le roi d’Italie Bernard, fils de Pépin,
se rebelle contre son oncle, Louis le Pieux, qui entend redistribuer le
royaume d’Italie à l’un de ses fils.
818 : Vaincu, Bernard est aveuglé suivant une pratique byzantine selon laquelle un aveugle ne peut prétendre au trône, et meurt de ses blessures. Il est enterré dans la
basilique Saint-Ambroise de Milan.
823 : Lothaire, fils de Louis le Pieux, est
couronné roi d’Italie et s’installe à son tour à Pavie.
830 : L’évêque de Milan Angilbert II fait
réaliser par l’orfèvre Wolfinius l’autel d’or de la basilique
Saint-Ambroise. Orné d’émaux, il offre un exemple remarquable
d’art carolingien (hormis sa partie antérieure datant sans doute
du XIIe siècle).
840 : Lorsque Lothaire succède à son père et
partage avec ses deux frères l’empire, il confie l’Italie à son
fils Louis II.
850 : Louis II est couronné empereur. Cette
fois, l’empire et le royaume d’Italie ne font plus qu’un.
L’appellation « royaume de Lombardie » jusque-là synonyme de « royaume d'Italie » disparaît progressivement.
876 : Louis II meurt sans héritier mâle. A la
même époque, réalisation d’un cycle de fresques d’inspiration
byzantine, dans l’église de Castelseprio au sud de Varèse.
Manifestement sans précédent et demeuré sans lendemain, ce cycle
est sans doute l’œuvre d’un artiste chassé de Byzance, lors d'un épisode de la crise iconoclaste. Il fut redécouvert
seulement en 1945.
877 : Peu avant sa mort, Charles le Chauve consolide, par l’entremise du capitulaire de Quierzy, le
système féodal avec l’institution du principe de l’hérédité
des fiefs. Les ducs lombards resserrent de fait leur contrôle sur la
province. Carloman, fils de Louis le Germanique et rival de Charles
le Chauve, est reconnu en Lombardie roi d’Italie. Cependant, il
doit rentrer en Bavière après avoir été frappé de paralysie.
à partir de 878 : Les Sarrasins, présents en
Sicile depuis plusieurs décennies, lancent des attaques répétées contre les côtes de la péninsule.
879 : Mort de Carloman. Son frère Charles le
Gros, roi de Souabe, lui succède sur le trône du royaume d’Italie.
881 : Charles le Gros est couronné empereur par
le pape Jean VIII.
887
: Abdication de Charles le Gros à la diète de Tribur. C’est la
fin de la domination carolingienne en Italie.
La Lombardie passe sous l'autorité de l'Empire romain germanique, mais les communes s'affirment peu à peu (Xe - XIIe siècle)
Après l’abdication de Charles le Gros,
Bérenger Ier, duc de Spolète s’impose sur le trône d’Italie en
889. A sa mort, Hugues d’Arles devient roi à son tour en 926. Les
héritiers des fiefs distribués à l’époque carolingienne lui
contestent alors le droit de transmettre la couronne à son fils
Lothaire. Ce dernier monte pourtant sur le trône en 947, mais, à sa
mort, trois ans plus tard, c’est le fils de Bérenger Ier qui lui
succède. Otton de Saxe, qui se rêve un nouveau Charlemagne, profite
de l’occasion pour étendre son pouvoir en Italie. A la tête d’une
puissante armée, il défait Bérenger II, épouse la veuve de
Lothaire et devient roi d’Italie en 951. Soutenu d’abord par le
pape, il sera sacré empereur en 962, mais sa volonté d’hégémonie
est telle qu’elle le conduira à s’opposer dès 963 au pontife.
Ses successeurs n’auront de cesse de tenter d’imposer leur
domination sur Rome, entretenant ainsi un conflit qui aboutira à
l’époque d’Henri IV à la querelle des investitures et, en 1077, à
l’humiliation de Canossa. L’empereur continuera pourtant
de nommer des évêques, notamment à Milan. La papauté ne
l’emportera définitivement dans sa guerre contre la simonie, qu’en
1122, sous le règne d'Henri V. Entre-temps, les villes lombardes ont
gagné en importance, et le poids de la féodalité ecclésiastique et
seigneuriale, contestée par les bourgeois et les petits seigneurs,
n’a cessé de diminuer. A la fin du XIe siècle, Pavie, Milan,
Bergame, puis, au début du XIIe siècle, Côme et Brescia, deviennent
tour à tour des communes libres, mais aussi rivales.
Sur le plan culturel, les débuts de la vie
communale s’accompagnent d’un véritable renouveau artistique
dont témoignent les nouvelles cathédrales romanes de Lombardie,
souvent dessinées à partir de modèles clunisiens. Saint-Ambroise
de Milan est ainsi reconstruite dans sa partie antérieure durant la
seconde moitié du XIe siècle. Saint-Michel de Pavie voit le jour
dans le premier tiers du XIIe siècle, en place d’une basilique
beaucoup plus ancienne. Mais on construit aussi bientôt dans la même
ville Saint-Pierre-au-Ciel-d’Or et Saint-Théodore. A Côme, enfin,
Saint-Abonde est consacrée en 1095.
888 : Après l’abdication de Charles le Gros à
la diète de Tibur, l’Italie choisit un nouveau souverain, en la
personne de Bérenger, marquis du Frioul, descendant indirect des
Carolingiens. Il est couronné à Pavie.
889 : Bérenger est destitué par Guy, duc de
Spolète, qui devient roi d’Italie à son tour.
891 : Guy est couronné empereur par le pape
Etienne V.
898 : Bérenger, reconnu jusque-là dans le
Nord-Est de l’Italie, s’impose à nouveau comme unique roi
d’Italie.
899-900 : Raids menés par des Hongrois dans le
Nord de l’Italie. Ils infligent une lourde défaite à Bérenger
sur la Brenta.
924 : Pavie est mise à sac par les Hongrois qui détruisent une grande partie du patrimoine, dont quarante-quatre églises.
926 : Après la mort de Bérenger, Hugues
d’Arles reçoit la couronne à Pavie.
931 : Hugues fait associer au trône son fils
Lothaire.
947 : Mort d’Hugues d’Arles. Son fils
Lothaire d’Arles lui succède.
950 : Lothaire, roi d’Italie, meurt à son
tour. Il est enterré dans la basilique Saint-Ambroise de Milan.
Bérenger II et son fils Adalbert sont couronnés à Pavie. Bérenger
persécute la veuve de Lothaire, Adélaïde, qui se réfugie auprès
d’Otton de Saxe en Allemagne.
951 : Otton, qui aspire depuis longtemps à
étendre son pouvoir en Europe occidentale, se rend alors en Italie à
la tête d’une importante armée et contraint Bérenger à fuir. Il
est couronné roi à Pavie et épouse Adélaïde.
2 février 962 : Otton de Saxe est sacré
empereur par le pape. Naît alors le Saint Empire romain germanique à
travers lequel Otton tente de remettre en place le système
centralisé de Charlemagne.
962 : Otton Ier le Grand, empereur d’Occident
assiège l’île San Giulio (lac d’Orta) où s’est réfugiée la
reine Willa, femme du roi Bérenger II d’Italie. Otton, victorieux, confirme aux comtes-évêques de Novare, leurs droits féodaux sur
l’île.
963 : Otton Ier entre en conflit avec le pape
Jean XII et convoque alors à Rome un concile en vue de le déposer
et de le remplacer par Léon VIII. Mais Jean XII est rétabli dès le
retour d’Otton en Allemagne.
964 : Otton, revenu à Rome, impose à nouveau
Léon VIII et fait élire, à la mort de ce dernier, Jean XIII.
980 : Otton II, qui a succédé à son père en
973, réaffirme à son tour son autorité sur Rome, puis tente
de vaincre les musulmans présents en Italie du Sud et en Sicile,
mais il échoue et meurt finalement à Rome en 983.
995 : Dès sa majorité, Otton III, fils d’Otton
II, prend les rênes du pouvoir et intervient à nouveau à Rome, où
il place Grégoire V sur le trône pontifical, alors vacant.
998 : Après avoir mâté une première révolte,
Otton III s’installe définitivement à Rome, et met ainsi
concrètement en œuvre l’aspiration de l’Empire saxon à
englober toute l’Italie, mais il semble en même temps délaisser
les intérêts germaniques.
1001 : Otto III est chassé de Rome et meurt
l’année suivante près de Viterbe.
1004 : Elu empereur, Henri II descend de Saxe en
Italie pour se faire couronner roi à Pavie. Il ne reviendra ensuite
en Italie qu'à deux occasions, en 1015 et 1021, à chaque fois pour
réaffirmer son autorité menacée.
1018 : Aribert d’Intimiano devient archevêque
de Milan. Il est à l’origine de la politique d’hégémonie de
Milan sur les autres cités lombardes, notamment sur Pavie et Lodi.
1024 : Conrad II succède à Henri II,
instaurant ainsi la dynastie de Franconie, qui demeurera sur le trône
d’Allemagne jusqu’en 1125. Conrad II reçoit le soutien de
l’archevêque de Milan, alors que Pavie se range du côté des
seigneurs laïcs favorables au roi de France. Conrad II est
finalement couronné roi d’Italie à Milan après avoir obtenu la
soumission de Pavie. Il est ensuite sacré empereur à Rome par le
pape Jean XIX.
1027 : Aribert impose à Lodi l’évêque
Ambroise II, alimentant ainsi l’animosité des habitants envers
Milan.
1036 : Aribert, après avoir tenté de dépouiller de leurs terres ses propres vavasseurs, est condamné à Pavie par
Conrad II. Mais il parvient à s’enfuir à Milan qui lui demeure
alors fidèle. Conrad II ne parvient pas à soumettre la ville, mais
établit néanmoins de nouvelles lois protégeant les biens de la
petite noblesse féodale.
1039 : Henri III succède à son père et se
réconcilie avec Aribert, l’archevêque de Milan.
1040 : Cette fois, révolte du peuple milanais,
réunissant petite noblesse et bourgeoisie, contre Aribert, contraint
de quitter la ville.
1040-1043 : Milan est assiégée par Aribert et
les représentants de la haute féodalité. La ville aux abois finit
par solliciter l’aide d’Henri III avant de conclure un accord entre
les deux parties, sorte de statu quo, à partir duquel se
constituera cependant par la suite la commune de Milan.
1054 : La querelle des investitures divise les
cités limitrophes de Milan.
1056-1057 : Contre le clergé concubinaire et
simoniaque, les partisans de la Réforme de l’Eglise catholique se
regroupent à Milan sous le nom de Patarins. Henri IV, encore mineur,
succède à son père Henri III, après la mort précoce de ce
dernier.
1059 : Nicolas II est intronisé pape, tandis
qu’un synode au Latran décrète que, désormais, l’élection du
pontife doit être menée exclusivement par le collège des
cardinaux et recevoir la simple approbation du clergé. Par ailleurs,
le concubinage du clergé est officiellement interdit et
l’attribution par un laïc du gouvernement d’une église déclarée
nulle. L’archevêque de Milan, Guy, est excommunié et expulsé.
Privé d’archevêque, Milan s’habitue à se gouverner
elle-même.
1064 : Convocation d’un synode à Mantoue, qui
reconnaît Alexandre II comme pape. Ce dernier poursuit avec force la
politique d’indépendance de l’Eglise romaine, et la lutte contre
la simonie.
1075 : Les investitures de la part des laïcs
sont officiellement déclarées illicites par le nouveau pape
Grégoire VII, ce qui prive le pouvoir royal, autant en Allemagne
qu’en Italie, d’une partie de ses plus importants vassaux. Henri
IV passe outre l’interdiction papale et continue de nommer des
évêques en Lombardie, notamment à Milan.
février 1076 : Grégoire VII excommunie Henri
IV et interdit à quiconque de lui obéir.
janvier 1077 : Humiliation de Canossa. Henri IV
attend trois jours pieds nus dans la neige, que le pape, en visite
chez la comtesse Mathilde de Toscane, daigne lui accorder son pardon,
devant le château de Canossa.
1084 : Pavie devient une commune. Une assemblée
générale y élit pour deux ans des consuls, qu’elle place à la
tête du gouvernement. La même année, Henri IV, qui n’a, en fait, jamais abandonné la lutte contre la papauté, entre dans Rome et
contraint Grégoire VII à fuir.
1091 : La princesse Mathilde de Canossa fédère
plusieurs villes lombardes, notamment Milan et Plaisance, à travers
une ligue contre l’empereur, qui proclame son fils aîné, Conrad,
roi d’Italie. Mais Henri IV, profitant de la division des villes
lombardes entre elles, aura raison de son fils rebelle.
3 juin 1095 : La basilique romane Sant’Abbondio
de Côme est consacrée par le pape Urbain II. Sa construction avait
commencé en 1050. Elle est caractérisée entre autres par une
élévation d’influence clunisienne, sur un plan germanique. A la
même époque, la basilique San Carpoforo de Côme, plus ancienne, est
reconstruite en style roman.
1097 : Milan s’organise en commune et met, elle
aussi, en place un gouvernement de consuls.
1098 : Bergame devient à son tour une commune
libre.
vers 1100 : reconstruction à Milan de la
basilique Saint-Ambroise. A Pavie, début du chantier de San Michele,
et, à Côme, des chantiers de Sant’Abbondio et de San Fedele.
1105 : Le second fils d’Henri IV, futur Henri
V, parvient à déposer son père et à monter sur le trône du
Saint Empire.
1107 : Début de la construction du duomo de
Crémone (qui marquera progressivement le passage de l’art roman à
l’art gothique). Il sera achevé vers 1160-1170.
1109 : Côme s’organise à son tour en commune
libre. C’est aussi le cas, à la même époque, de Brescia.
1111 : Lodi succombe à un long siège de
l’armée milanaise et est détruite.
1115 : Mort de Mathilde de Canossa qui lègue
tous ses biens à l’église. Henri V déclare nul son testament et
s’accapare le prestigieux héritage. Ce nouveau conflit, source de
nombreux troubles en Italie du Nord, encourage les communes à
réaffirmer leur indépendance.
1118 : Début de la guerre entre Côme et Milan.
Elle sera l’objet d’une narration par un poète anonyme de Côme.
23 septembre 1122 : La papauté gagne
définitivement la querelle des investitures avec le concordat de
Worms établi entre Henri V et le pape Calixte II.
1125
: Après la dynastie de Franconie, c’est au tour de la dynastie de
Souabe, à laquelle appartiendra Frédéric Barberousse, de s’imposer
sur le trône. Henri V meurt en effet sans enfant.
Rivalités d'intérêts et volonté de puissance : la Ligue lombarde face à l'empire et ses alliés italiens ou les luttes entre guelfes et gibelins (XIIe - XIIIe siècle)
Les différentes communes, gérées chacune par
un collège de consuls, ont les mêmes droits que les grands
feudataires du royaume, affranchis non seulement du service
militaire, mais aussi de l’impôt, et libres d’exercer la justice
sur leur territoire. Par ailleurs, les premiers représentants de la
dynastie souabe ne parviennent pas avant Frédéric Barberousse à
affirmer réellement leur autorité en Italie. Les communes déjà
constituées s’en trouvent renforcées et réaffirment haut et fort
leur indépendance, alors que d’autres voient le jour. Leur
généralisation en Italie du Nord, et, notamment, en Lombardie, va
générer de multiples conflits locaux, les plus grandes d’entre
elles n’ayant de cesse en effet d’étendre leur domination sur
les campagnes ou les cités avoisinantes. Milan parvient ainsi à
assujettir Lodi et Côme, tandis que Crémone et Pavie deviennent ses
plus redoutables adversaires. Elles seront ainsi alliées à Frédéric
Barberousse contre la ligue lombarde qui réunira – à l’initiative
du pape Alexandre III – Milan, Bergame, Brescia, Mantoue, ainsi que
Parme, Bologne, Ferrare, Venise, Padoue et Vicence.
1127 : La ville de Côme est détruite et
incendiée par les Milanais.
1128 : Conrad, frère de Frédéric de
Hohenstaufen, est couronné roi d’Italie à Monza par l’archevêque
de Milan. De son côté, à Rome, le pape Honorius II s’est prononcé en faveur de Lothaire, duc de Saxe. Par ailleurs, la
plupart des villes lombardes, en réaction contre Milan, s’insurgent
contre Conrad, obligé de rentrer en Allemagne.
1135 : Fondation par Bernard de Clairvaux de
l’abbaye cistercienne de Chiaravalle, aux portes de Milan.
1138 : Conrad III de Souabe est élu successeur
du duc de Bavière, à la place d'Henri le Superbe, chef de la
maison guelfe, que Lothaire avait pourtant désigné comme son
héritier avant de mourir.
1145 : Fondation à Milan de l’hôpital du
Brolo par Goffredo da Bussero.
1147 : Conrad III s’engage dans la deuxième
croisade et se tient de fait à l’écart de l’Italie, laissant
ainsi les communes affirmer leur indépendance.
vers 1150 : Construction de l’église de Santa
Maria in Solario à Brescia
1152 : L’empereur germanique Frédéric de
Souabe, dit Frédéric Ier Barberousse, est élu roi d’Italie. Neveu
de Conrad III qui l’avait désigné comme successeur, il est
également le fils d’une sœur d’Henri le Superbe.
1154 : Frédéric Ier descend en Italie en
octobre pour la première fois, avec une petite armée, et se fait
couronner roi à Pavie. Il révoque toutes les usurpations des
droits impériaux depuis le règne d’Henri IV et d’Henri V,
décision qui vise à affaiblir les communes lombardes et, surtout, Milan.
juin 1155 : Frédéric Ier est sacré empereur
à Rome. Avant de rentrer en Allemagne, il retire à Milan tous ses
droits régaliens, notamment celui de frapper monnaie, qui est
transféré à Crémone.
juin 1158 : Barberousse descend pour la seconde
fois en Italie, à la tête d’une armée importante,
dont les rangs augmentent avec le renfort des grands feudataires
italiens et de certaines communes lombardes, opposées à Milan ou à
ses alliés. On compte parmi elles Pavie, Côme, Lodi et Crémone.
septembre 1158 : Barberousse obtient la
soumission de Milan, de Brescia et fait reconstruire Lodi.
novembre 1158 : Diète de Roncaglia lors de laquelle les droits de l’empire sont déclarés illimités.
1159-1160 : Révolte des Milanais qui chassent
les fonctionnaires impériaux et revendiquent d’élire, comme
naguère, leurs propres consuls. Crema, alliée fidèle de Milan, est
assiégée et rasée par Barberousse.
1160 : Début de la construction du duomo de
Lodi sur un plan roman. Il sera achevé au XVIe siècle.
1er mars 1162 : Milan, assiégée et affamée, se
rend. Barberousse ordonne la destruction de la ville, dont vont se
charger les habitants de Novare, de Côme, de Pavie et de Crémone.
1167 : Le pape Alexandre III, à l’origine de
la création de la Ligue lombarde, qui réunit Milan, Bergame,
Brescia, Mantoue (mais aussi Parme, Bologne, Ferrare, Venise, Padoue,
Vicence). Début de la construction de baptistère octogonal de
Crémone.
1174 : Frédéric, de retour en Italie, peut
toujours compter sur le soutien de Côme et de Pavie.
29 mai 1176 : Bataille de Legnano, dans la
province de Milan. Frédéric Barberousse est
vaincu par la Ligue lombarde. L’armée impériale est totalement
anéantie. C’est la fin de la féodalité.
1176-1179 : Frédéric Barberousse tente de se
rapprocher de la papauté afin de briser la ligue et fait la paix
avec Crémone et Tortona.
1180 : Fondation d’un ermitage par saint
François d’Assise sur Isola di Garda (lac de Garde).
25 juillet 1183 : Paix de Constance. Frédéric
Barberousse accorde de nouveau aux communes lombardes le droit de battre
monnaie, de percevoir l’impôt, d’élire leurs consuls. Ces
derniers doivent recevoir l’investiture de l’empereur, auquel les
villes doivent renouveler leur serment de fidélité tous les dix
ans.
1184-1186 : Frédéric Barberousse s’allie
avec Milan contre Crémone.
1186 : Mariage de l’empereur germanique Henri
VI avec Constance de Sicile dans la basilique Saint-Ambroise de
Milan. Durant son règne, il ne cessera de renforcer son pouvoir en
Italie comme en Allemagne et s’attachera à unifier l’empire.
1190 : Consécration du dôme de Crémone.
1196 : Milan signe un traité de paix avec Côme.
1197 : Mort précoce de l’empereur Henri VI,
perçu par beaucoup d’Italiens comme un tyran.
1198 : Milan reconstitue la ligue avec Brescia,
Mantoue, Vérone, Trévise, Novare et Verceil.
Au XIIIe siècle : Les moines de l’abbaye de
Viboldone améliorent le système des Marchites (prairies irriguées)
dans la plaine du Pô. Une fine couche d’eau recouvrant les terrains
permet en effet d’augmenter les rendements.
1201 : Milan signe un traité de paix avec
Pavie.
1210 : Le pape Innocent III, allié entre autres
de la Ligue lombarde, excommunie l’empereur Otton qui revendique
toute l’Italie du nord au sud, ainsi que le royaume de Sicile.
1214 : Otton est vaincu par Philippe Auguste à la
bataille de Bouvines.
1233 : Construction à Milan du Palazzo della
Ragione sur la piazza Mercanti.
1234 : Le dominicain Pierre de Vérone commence
à prêcher à l’église Saint-Eustorgio de Milan.
1237 : L'ouverture du col de Saint-Gothard entraîne l'apparition de routes nouvelles vers Bâle et Lucerne.
27 novembre 1237 : Bataille de Cortenuova, près
de Bergame. L’empereur Frédéric II, allié aux gibelins italiens, inflige une lourde défaite à l’armée de la ligue, qui réunit
en ses rangs les guelfes, favorables au pape et hostiles à la maison
impériale.
18 février 1248 : Les troupes de l’empereur
qui assiégeaient Parme en vue de la détruire définitivement sont
finalement battues par les habitants eux-mêmes.
13 décembre 1250 : Mort de l’empereur
Frédéric II. Elle va signifier, après l'échec de Manfred et la mort de Conradin vaincu par Charles d'Anjou, l’échec
de la politique d’assujettissement de l’Italie par l’empire.
1250 : Les Torriani règnent sur Milan (jusqu’en
1294). Ils deviennent les chefs du parti guelfe en Lombardie.
1252 : Assassinat à Milan, d’un coup de serpe
dans la tête, de Pierre de Vérone, reconnu ensuite comme saint Pierre
martyr.
1258 : Manfred, fils naturel de Frédéric II, reçoit la couronne royale, soutenu par le parti gibelin.
à partir de 1260 : Les guelfes, jusque-là
minoritaires, prennent le dessus en ralliant notamment les banquiers
d’affaires proches du pape.
1263-1265 : Charles d’Anjou, frère du roi de
France Louis IX, devient sénateur romain à vie. Les papes Urbain IV
et Clément IV l’appellent pour mettre fin aux querelles qui
suivent la mort du dernier empereur souabe.
1266 : Charles d’Anjou obtient le royaume de
Sicile et le royaume de Naples.
1268 : Mort de Conrad IV de Hohenstaufen,
dernier héritier de Frédéric Barberousse. Sa disparition met fin
aux luttes et guerres intestines pour l’empire.
1272 : Le guelfe Pinamonte Bonacolsi se fait
élire « capitaine général » à vie à Mantoue. Sa famille
régnera sur cette ville jusqu’en 1328.
1273 : Rodolphe de Habsbourg est reconnu par les
principaux seigneurs en Lombardie.
1274 : Rodolphe nomme Napoléon del Torre,
vicaire impérial à Milan.
décembre 1282 : L’archevêque Otton Visconti
renverse le marquis de Montferrat à Milan, entraînant ainsi une
lutte en Lombardie entre les partisans des Visconti et ceux du
marquis de Montferrat, derrière lequel se rangent les Torriani.
Contre lui, en revanche, se liguent les villes de Milan, Pavie, Asti,
Gênes, Crémone, Plaisance et Brescia.
1285 : Mort de Charles d’Anjou.
1288 : L’une des premières descriptions de
Milan est livrée par le moine Bonsevin de La Riva : « Les clochers,
construits à la manière des tours, sont environ cent vingt, et les
cloches plus de deux cents. »
1293
: Fin du combat contre les gibelins.
La transformation des communes en seigneuries et l'extraordinaire efflorescence artistique de la Lombardie au temps des Visconti, des Sforza et des Gonzague
Alors que s’achève le temps des ligues et
les luttes entre guelfes et gibelins, les communes se transforment
peu à peu en seigneuries, selon un processus qui, entamé au cours du
XIIIe siècle, aboutit à la consécration des plus illustres
familles de l’oligarchie dominante. A Milan, les Visconti succèdent aux Torriani, tandis que s’affirment à Mantoue les Gonzague
contre les Bonacolsi. Ces princes sont autant de mécènes en
gestation et favorisent le développement des arts pour asseoir leur
prestige et leur puissance. Giotto séjourne ainsi à Milan entre
1335 et 1337. Au milieu du siècle, la miniature lombarde est à son
apogée tandis que l’architecture gothique prend son essor à
Milan, Mantoue, Pavie. Le gothique international fait des émules en
Lombardie jusqu’au milieu du XVe siècle à travers les peintres de
la famille Zavatarri ou encore Cristofo Moretti. En 1438, le palais
ducal de Mantoue accueille Pisanello et, à peine dix ans plus tard, Bonifacio Bembo commence sa carrière artistique, partagée entre
Brescia et Crémone. A partir de 1450 pénètrent durablement dans la
région les innovations de la première Renaissance italienne. A
Milan, les Sforza, qui ont succédé aux Visconti, font venir de
Florence Michelozzo, Filarete, Bramante et Léonard de Vinci. Mantoue accueille de son côté Alberti, Jules Romain et, surtout, Mantegna
qui décorera non seulement la chambre des Epoux, mais aussi le
studiolo d’Isabelle d’Este. Si la Lombardie doit faire face à
des épidémies de peste successives entre le XIVe et le XVe siècle,
elle demeure prospère et bénéficie notamment du commerce
florissant de la laine, puis de la soie. Avec ses 150 000 habitants,
Milan s’est imposée non seulement comme la ville la plus
importante de Lombardie, mais aussi comme l’une des plus peuplées
d’Europe. La paix de Lodi enfin, signée entre Milan, Venise et
Florence, a inauguré en 1454 une longue période d’unité et de
stabilité, brisée seulement en 1494 par l’avènement à Milan de
Ludovic le More et l’arrivée en Italie du roi de France Charles
VIII, parti à la conquête du royaume de Naples.
1294 : Les Visconti succèdent aux Torriani, qui
avaient repris le pouvoir à Milan. Le chef de guerre Jean Galéas
Visconti contrôlera bientôt Sienne, Bologne, Vicence, Vérone,
Pise, Pérouse et Novare, et lance à Pavie la construction de la
chartreuse. Il donnera sa fille à Louis d’Orléans (c’est
pourquoi, au début du XVIe siècle, Louis XII de France, petit-fils
de Valentine Visconti, revendiquera le Milanais).
1308 : Le sarcophage de la reine lombarde
Théodelinde est transporté définitivement dans la chapelle éponyme
de la cathédrale de Monza. Son corps reposait jusque-là dans la basilique Saint-Jean-Baptiste de Monza.
1328 : A Mantoue, les Bonacolsi sont renversés
par leurs anciens alliés les Gonzague. Leur règne durera quatre
siècles, jusqu’en 1708.
entre 1335 et 1337 : Giotto séjourne à Milan.
à partir de 1339 : Brescia est gouvernée par
les Visconti, jusqu’en 1403.
1349 : Jean Visconti devient archevêque de
Milan. Protecteur des arts et des sciences, il se lie d’amitié
avec Pétrarque. Ce dernier voit en « Milan la grande la force qui alimente le cœur du pays ».
vers 1350 : L’école de miniature lombarde,
représentée notamment par Giovanni de Grassi et Michelino da
Besozzo, est à son apogée.
de 1360 à 1405 : Le lac de Garde est incorporé
dans la seigneurie des Scaliger, puis dans celle des Visconti.
1360 : Guido Gonzague reçoit la charge de
capitaine du peuple à Mantoue.
1361 : Fondation de l’université de Pavie,
l’une des plus anciennes d’Europe.
1367 : Le pape Urbain V forme une ligue
antiviscontienne, comptant l’Empereur, le roi Louis de Hongrie, les
Savoie, les Este, les Gonzague et les Carrare.
1369 : L’empereur signe la paix avec les
Visconti.
1377 : A son tour, le pape Grégoire XI fait la
paix avec les Visconti.
1378 : Jean Galéas Visconti reçoit par
l’empereur Wenceslas le vicariat de Lombardie. Mais il ambitionne
aussi de dominer Carrare, Padoue, Bologne et Florence.
1386 : Jean Galéas fait édifier le duomo de
Milan, le plus grand monument gothique en Italie. La construction du futur Castello sforzesco, une forteresse militaire, transformée ensuite en
résidence ducale sous les Sforza, date de la même époque.
1395 : Jean Galéas Visconti obtient de
l’empereur Wenceslas le titre de duc de Milan, ainsi que de comte
de Pavie.
1395 : Construction de la forteresse San Giorgio
de Mantoue sous François Ier Gonzague (1366-1407), petit-fils de
Guido Gonzague.
1396 : Début du chantier de la cathédrale de
Pavie (à l’initiative, là encore, de Jean Galéas).
1400 : Accord de paix entre Milan et Mantoue.
1404 : A partir de cette date et jusqu’en
1421, Brescia est gouvernée par les Malatesta.
juin 1412 : Philippe Marie, fils cadet de Jean
Galéas, est proclamé duc de Milan. Il restaurera en quelques années
l’hégémonie viscontienne en Lombardie en dominant tour à tour,
soit par les armes, soit par des négociations pacifiques, Lodi,
Côme, Crema, Verceil, Plaisance, Crémone, Bergame, Brescia et Parme.
1416 : Vitalien Ier (de la famille padouane des
Vitaliani) est appelé à Milan par son oncle maternel Jean Borromée,
qui lui lègue plusieurs des biens qu’il possède sur le lac
Majeur. En reconnaissance, Vitalien Ier prend le nom de son
bienfaiteur.
vers 1420 : Le condottiere Francesco Sforza
(1401-1466), issu d’une famille de petite noblesse de Romagne,
s’empare des Marches, à l’est de l’Italie. Il épousera la
fille de Filippo-Maria Visconti, avant de devenir duc de Milan.
1423 : Vittorino da Feltre (1378-1446) fonde à
Mantoue une prestigieuse école humaniste, à laquelle furent formées
plusieurs générations de Gonzague, mais aussi de Montefeltro.
Mantoue devient dès lors un berceau de l’humanisme.
1426 : Brescia passe sous domination vénitienne
et bénéficie dès lors d’une paix de plus de trois siècles.
C’est aussi le cas de Salo, sur la rive ouest du lac de Garde.
1427-1515 : Vie du peintre Vicenzo
Foppa. Né à Brescia et formé à Padoue auprès d'Andrea Mantegna, il
s'établit vers 1456 à Pavie au service des ducs de Milan et s'y impose comme
l'un des premiers maîtres de la Renaissance lombarde. Milan lui doit entre
autres les fresques de la chapelle Pontarini à Sant'Eustorgio.
1431-1506 : Vie du peintre et
graveur Andrea Mantegna, inventeur de la contre-plongée et de la gravure
sur cuivre. Né dans la région de Vicence et adopté par un peintre de Padoue,
Francesco Squarcione, il bénéficie dans cette ville de l'influence des artistes
florentins de passage tels que Donatello, Ucello ou Filippo Lippi. En 1459, il
devient peintre de cour à Mantoue où pendant quarante ans il servira
successivement trois marquis de la dynastie de Gonzague. De 1465 à 1474, il réalise
l'un de ses plus grands chefs d'œuvre pour Louis III de Gonzague : la
chambre des époux, ensemble de fresques mettant en scène la vie du marquis
et de sa famille. Fortement influencé par l'art antique, son art rompt
définitivement avec le style gothique et se distingue par son naturalisme et
par sa maîtrise de la perspective.
1433 : Jean-François Ier de Gonzague
(1395-1444) obtient de l’empereur Sigismond le titre de marquis de
Mantoue.
1438 : Jean-François Ier de Gonzague fait
décorer le palais de Mantoue par Pisanello.
1441-1446 : Réalisation du décor à fresques
de la chapelle de la reine Théodelinde dans la cathédrale de Monza.
Composé de 45 scènes disposées sur 500 mètres carrés, ce cycle, inspiré du
gothique tardif et consacré à l’histoire de la Lombardie, est
attribué aux différents frères de la famille Zavatarri, dont
l’atelier de peinture est installé à Milan.
1446 : Francesco Sforza se résout à abandonner
les Marches, en perpétuelle rébellion contre lui.
13 août 1447 : La lignée des Visconti s’éteint
avec Filippo Maria, second fils de Jean Galéas. La ville se dote
alors d’une constitution et proclame la République ambrosienne.
François Sforza, candidat à la succession de Filippo Maria, se met
tout d’abord au service de la nouvelle république.
dès 1447 (et jusqu’en 1478) : Le peintre
Bonifacio Bembo actif à Crémone.
25 mars 1450 : Les Milanais, en lutte contre
Venise, proclament Francesco Sforza seigneur et duc de Milan. Le
gouvernement républicain est ainsi renversé. Francesco Sforza, époux
de la fille illégitime de Filippo Maria Visconti, fonde une nouvelle
dynastie, à laquelle se rend quelques jours plus tard la ville de
Côme.
1451 : Francesco Sforza fait venir à Milan
l’architecte Filarète (env 1400 - env 1469) qui redessine le Castello de Porta Giova (ancienne forteresse militaire des Visconti)
pour en faire une résidence ducale : le Castello Sforzesco.
à partir de 1452 : Le peintre Cristofo Moretti
(gothique tardif) est actif à Crémone.
1452-1519 : Vie de Léonard de
Vinci. Archétype de l'humaniste de la Renaissance, il excelle dans tous les
domaines et est à la fois peintre, sculpteur, architecte, ingénieur, mathématicien,
anatomiste, écrivain et même musicien. Bien que né à Vinci en Toscane et mort à
Amboise en France, il fut particulièrement influent à Milan où il œuvra au
service de Ludovic Sforza entre 1482 et 1499. Son tableau de La Cène,
réalisé pour l'église Santa Maria delle Grazie, reflète à travers un thème
religieux son souci de mettre en valeur l'individu qui caractérise l'esprit de
la Renaissance. Il s'emploie également à améliorer l'utilisation de la
perspective aérienne et à définir les proportions parfaites du corps humain.
9 avril 1454 : Paix de Lodi entre Milan, Venise
et Florence.
19 novembre 1454 : Originaire de Crémone,
Bartolomeo Gadio est nommé responsable des fortifications du duché
de Milan. Il édifiera ainsi pour les Sforza les châteaux de Cassano
d’Ada et de Soncino.
30 août 1454 : A l’initiative de Francesco
Sforza, constitution de la Très Sainte Ligue, regroupant les
principaux Etats régionaux, face au danger turc, d’autant plus
menaçant depuis la prise de Constantinople.
12 août 1456 : Inauguration de l’Hôpital
Majeur à Milan, selon les plans d’Antonio Filarete.
vers 1458 : Le peintre Vincenzo Foppa émerge
comme l’un des premiers maîtres de la Renaissance lombarde.
1460-1464 : Antonio Filarete écrit son Traité
d’architecture à travers lequel il
livre sa vision de la cité idéale, baptisée Sforzinda
en hommage à son protecteur du
moment, le duc de Milan.
1460-1524 : Vie du peintre
Andrea di Bartolo, dit Andrea Solario. Né dans une famille d'artistes et
d'artisans milanais, il se consacre très tôt à la peinture, adopte rapidement
les caractéristiques de l'école lombarde et subit, comme tous les peintres de
Milan, l'ascendant irrésistible de Léonard de Vinci.
1465 : Premier séjour de Léonard de Vinci
(1435-1488) à Milan.
1459 : Mantegna (1431-1506) est nommé artiste
de cour à Mantoue par Ludovico III (1414-1478). C’est le début du
mécénat des princes de la famille des Gonzague.
1464 : Avec l’aide de Milan, Gênes est
libérée de la domination française angevine et passe sous la
souveraineté de François Sforza (en accord avec Louis XI).
8 mars 1466 : Mort de François Sforza. Son fils
aîné, Galéas-Marie, lui succède.
1473 : On construit au flanc gauche de la
basilique Saint-Ambroise de Milan un oratoire de la Passion qui sera
plus tard décoré à fresques par Bernardino Luini (1481-1532).
1474 : Mantegna achève le décor à fresques de
la chambre des Epoux, commencé vers 1465.
vers 1475 : Le riz venu d’Espagne se répand
en Italie et, notamment, en Lombardie.
26 décembre 1476 : Galéas-Marie Sforza, cruel
et tyrannique, est assassiné. Son fils, Jean-Galéas, étant encore
mineur, se met en place un gouvernement de régence dirigé par
François Sominetta contre lequel va lutter Ludovic Sforza, dit « le
More », et second fils de Francesco.
1476 : Signature d’une alliance entre Naples,
Florence et Milan.
1478 : Gênes s’affranchit du joug milanais.
1479 : Ludovic Sforza prend le pouvoir à
Milan. L’architecte Bramante entre à son service.
1480 : Ludovic confirme l’alliance de Milan
avec Naples et Florence.
1480-1548 : Vie de Giovanni
Gerolamo Savoldo. Né à Brescia, il fut probablement formé à la peinture par
Vicenzo Foppa. Bien qu'ayant essentiellement travaillé à Venise, il est
considéré comme l'un des trois grands maîtres de la première Renaissance
Bresciane, avec Il Romanino et Il Moretto. Parmi ses œuvres essentiellement
religieuses se distinguent ses scènes nocturnes, démontrant les études
approfondies du peintre sur les effets de la lumière.
1480 : Mantegna réalise Le Christ
mort, conservé aujourd’hui à la
pinacothèque Brera de Milan.
1481-1532 : Vie de Bernardino de
Scapis, dit Bernardino Luini. Né à Runo sur le lac Majeur, il se fait
connaître à Milan comme peintre de l'école lombarde et doit probablement sa
formation à Léonard de Vinci.
1483 : Léonard de Vinci arrive à son tour à
la cour de Milan. Il peint la Vierge
aux rochers du Louvre.
vers 1485-1566 : Vie de Girolamo
di Romano, dit Il Romanino. Actif essentiellement à Brescia et proche du
peintre Il Moretto, son œuvre opère une synthèse stylistique complexe entre les
écoles lombardes et vénitiennes.
12 février 1490 : Isabelle d’Este (1474-1539)
épouse François II (1466-1519), marquis de Mantoue depuis 1484.
Elle deviendra l’une des femmes les plus illustres de la
Renaissance. La même année, Mantegna revient à Mantoue, après un
séjour de deux ans à Rome, pour y décorer son studiolo.
1490 : Léonard de Vinci peint le Portrait
de musicien.
1492 : Dissensions entre Ludovic Sforza et le
roi de Naples Alphonse II d’Aragon.
1494
: A la mort de son neveu et adversaire, le duc Jean Galéas,
Ludovic le More se proclame duc de Milan.
Les guerres d’Italie (1494-1559)
Pour protéger sa position, Ludovic le More
encourage le roi de France Charles VIII à disputer le royaume de
Naples. Avant que ne s’y installent les souverains aragonais, ce dernier était
en effet gouverné par la dynastie angevine. Or, en 1481, Charles du Maine,
neveu et héritier du duc d’Anjou, avait transmis ses droits
héréditaires à la couronne de France. Dès 1494, Charles VIII part
à la conquête de Naples, ouvrant ainsi le premier épisode des
guerres d’Italie. Pour le contemporain Francesco Guicciardini, cet
événement marque symboliquement l’entrée « d’une flamme,
d’une peste qui, non seulement changea les Etats, mais aussi les
façons de les gouverner, et les façons de faire la guerre ». Sous
Louis XII et, surtout, sous François Ier, celle-ci n’aura plus pour
seul enjeu le contrôle de la péninsule, notamment du Milanais, mais
marquera aussi, au gré de nouvelles alliances, la rivalité avec le
pape, l’Espagne, le roi d’Angleterre et les cantons suisses. Au
terme de soixante années d’un conflit presque incessant, et porté
à l’échelle européenne, la France abandonnera pourtant toute
prétention sur l’Italie, en signant, en 1559, le traité du
Cateau-Cambrésis.
1494 : A la mort de son neveu et adversaire, le
duc Jean Galéas, Ludovic le More se proclame duc de Milan.
2 septembre 1494 : Charles VIII franchit, à la
tête des troupes françaises, le col du mont Genèvre.
9 septembre 1494 : Charles VIII s’installe à
Asti jusqu’au 6 octobre et y rencontre Ludovic le More. Entre-temps, Louis d’Orléans, cousin de Charles VIII et futur Louis XII, a
repoussé 5 000 soldats aragonais à Rapallo.
22 février 1495 : Charles VIII entre
solennellement à Naples.
31 mars 1495 : Formation à Venise d’une
Sainte Ligue entre le pape Alexandre VI, le duc de Milan, l’empereur
Maximilien de Habsbourg et le roi d’Espagne, Ferdinand le Catholique. Commynes, ambassadeur du roi de France, est convoqué le
lendemain pour prendre acte de cette nouvelle alliance et entre dans « un état de profonde mélancolie ».
15 juillet 1495 : L’armée française en
retraite depuis Naples arrive à Asti.
9 octobre 1495 : Paix de Verceil entre les
Français et le duc de Milan.
avril 1498 : Louis de Valois-Orléans succède à
Charles VIII, mort sans descendant, sous le nom de Louis XII. Il se
proclame immédiatement roi des Deux-Siciles, mais aussi duc de Milan,
en tant que descendant de Valentine Visconti. Il défait la Sainte Ligue en s’alliant à son tour avec l’Espagne, le Pape et Venise.
de 1495 à 1498 : Léonard de Vinci peint La
Cène du
réfectoire de Santa Maria della Grazie.
1498-1554 : Vie du peintre
Alessandro Bonvicino, dit Il Moretto da Brescia. Proche du peintre Il
Romanino, toute sa carrière se déroule à Brescia, sa ville natale, dont il
reflète dans son art la position ambigüe, à mi-chemin entre la tradition
lombarde de Foppa et l'influence vénitienne de Giorgione et du jeune Titien.
1499 : Ludovic est expulsé par les Français.
Léonard de Vinci a rejoint Florence, après un séjour à Mantoue
auprès d’Isabelle d’Este et un passage à Venise.
6 octobre 1499 : Louis XII entre en vainqueur à
Milan.
avril 1499 : Les Vénitiens, qui veulent s’emparer
d’une partie de la Lombardie, signent avec les Français le traité
de Blois.
dès février 1500 : Ludovic Sforza reprend
Milan et son duché.
10 avril 1500 : Les troupes françaises sont à
Novare. Trahi par ses fantassins suisses, qui refusent d’attaquer
leurs compatriotes servant les Français, le duc de Milan est fait
prisonnier.
vers 1500 : Le peintre Boccaccio Boccaccino,
originaire de Ferrare et élève du Vénitien Vivarini, est actif à
Crémone.
1500 : Prise de Milan par Louis XII. Ludovic le
More est emprisonné à Loches en Touraine, jusqu’à sa mort survenue huit
ans plus tard.
1er novembre 1503 : Election, à
la mort de Pie III dont le pontificat n’a duré que 25 jours, du pape Jules II.
1er janvier 1504 : Victoire espagnole non loin
de Gaète. Les Espagnols occupent alors le royaume de Naples tandis
que les Français restent maîtres du duché de Milan.
1505 : Ferdinand le Catholique épouse en
secondes noces Germaine de Foix, nièce du roi de France, après la
mort d’Isabelle de Castille.
de 1506 à 1512 : Second séjour de Léonard de
Vinci à Milan, au service cette fois des Français, sous le règne
de Louis XII. Le peintre réalise la Vierge
aux rochers de la National Gallery.
en 1507 : Le duc de Milan fait réaliser, pour
l’entrée triomphale de Louis XII dans la ville, un tableau vivant,
incarnant à travers allégories et figures mythologiques, l’Italie
sous la domination française.
10 décembre 1508 : A l’initiative du pape
Jules II, formation de la ligue de Cambrai réunissant l’Espagne,
l’Angleterre, la Hongrie, la Savoie, Ferrare, Mantoue et Florence
contre Venise et réclamant à cette dernière la restitution à
l’empereur Maximilien des places qu’elle occupe dans le Frioul,
et à Louis XII des territoires dépendant du Milanais (Crémone,
Bergame, Brescia, Crema, la Ghiara d’Adda).
29 avril 1509 : En guise d’avertissement, le
pape excommunie la république de Venise.
9 mai 1509 : Louis XII traverse avec son armée
l’Adda, qui marque la frontière orientale de la Lombardie.
14 mai 1509 : Victoire française à Agnadel. En quelques jours seulement, Louis XII s’empare
de Bergame, Brescia, Crémone, Peschiera et laisse ses troupes
perpétrer de nombreux massacres. Vicence, Vérone et Padoue
reviennent à l’empereur.
17 juillet 1509 : A la tête d’une armée de
paysans de la Terre Ferme, Andrea Gritti reprend Padoue, initiant
ainsi un sursaut vénitien.
15 septembre 1509 : L’armée impériale tente
d’investir Padoue, mais y renonce dix-sept jours plus tard.
24 février 1510 : Le pape Jules II s’inquiète
du pouvoir prépondérant des Français dans la péninsule et change
de camp. Il lève alors l’excommunication lancée contre Venise, pour s’allier
avec la République des Doges.
1510 : L’industrie de la soie naît à Côme
grâce à Pietro Boldono et vient concurrencer celle de la laine.
mai 1511 : Les troupes françaises, avec, à leur
tête, Trivulzio, s’emparent de Bologne, mais préfèrent finalement
se retirer vers Milan plutôt que de réunir à Pise un concile avec
un groupe de cardinaux opposés au pape.
5 octobre 1511 : Constitution d’une Sainte
Ligue réunissant contre les Français le Pape, les Vénitiens, mais
aussi les Espagnols.
fin janvier 1512 : Début des campagnes menées
par la Sainte Ligue, marquées par la prise de Bergame et de
Brescia et par le siège de Bologne.
18 février 1512 : Gaston de Foix, neveu de
Louis XII, et le chevalier Bayard reprennent Brescia aux Vénitiens.
La ville est mise à sac et livrée, selon l’historien Guicciardini, « pendant sept jours de suite à l’avidité et à la luxure
militaire ».
11 avril 1512 : Les Français remportent la
bataille particulièrement meurtrière de Ravenne, mais y perdent leur
général en chef, Gaston de Foix, âgé de 23 ans. Son successeur, Jacques de Chabannes, seigneur de La Palice, laisse l’armée piller
Ravenne plutôt que de marcher immédiatement vers Rome, comme cela
était prévu en cas de victoire.
fin mai 1512 : 18 000 Suisses recrutés par
Matthäus Schiner, évêque de Sion, arrivent en Lombardie pour
soutenir les forces espagnoles et pontificales.
juin 1512 : Les Français sont chassés de
Lombardie. Le duché de Milan revient à Massilimiano Sforza, fils de
Ludovic le More.
20 février 1513 : Mort de Jules II. Paride de
Grassis rapporte dans son Journal : « Ce pape nous a sauvés tous, et
toute Italie et la Chrétienté entière, du joug des Français et des Barbares. »
printemps 1513 : Les Français parviennent à
reprendre Milan et les principales villes du duché.
6 juin 1513 : Défaite française à Novare face
aux Suisses.
septembre 1513 : Les Suisses assiègent Dijon et
obtiennent la promesse de l’abandon des prétentions françaises
sur le Milanais (et le comté d’Asti), mais se retirent avant la
signature d’un quelconque traité. Aucune clause de l’accord ainsi
obtenu ne sera respectée par les Français.
octobre 1513 : Défaite des Vénitiens à Olmo
près de Vicence. Ces derniers évacuent la Lombardie. A partir de
cette date, le cardinal de Sion, Matthäus Schiner, entend contrôler
directement le duché de Milan, mis, avec l’aide de sa puissante
armée, en véritable coupe réglée. Impôts, confiscations,
exactions sont imposés pendant trois ans aux habitants, sans que
Massimiliano Sforza ne puisse réagir.
de 1513 à 1525 : Le peintre Lorenzo Lotto
(1480-1527) se fixe à Bergame.
1er janvier 1515 : Louis XII meurt alors qu’il
s’apprête à reconquérir le Milanais après avoir fait la paix
avec l’Angleterre. Son gendre, François d’Angoulême, lui
succède sous le nom de François Ier. On dit de lui qu’il est le
plus « italien » des jeunes nobles français.
13 et 14 septembre 1515 : Bataille de Marignan : victoire française contre les Suisses. François Ier écrit à sa
mère : « Tout bien débattu depuis deux mille ans n’a point été vue une si fière ni si cruelle bataille. » En échange d’une
pension, Maximilien Sforza cède le duché à François Ier. Le pape
Léon X, réconcilié avec le royaume de France, rend Parme et
Plaisance au duché de Milan.
13 août 1516 : Le nouveau roi d’Espagne,
Charles de Habsbourg, reconnaît au roi de France la possession du
Milanais contre l’abandon par celui-ci de toute prétention sur le
royaume de Naples.
11 novembre 1516 : Les Suisses acceptent de
signer « une paix perpétuelle » qui sera confirmée en 1521.
1519 : Charles de Habsbourg devient empereur du
Saint-Empire romain germanique sous le nom de Charles Quint.
1521 : François Ier, qui aspirait lui aussi au
titre d’empereur, déclenche les hostilités. Pour rallier le pape
à sa cause, Charles Quint lui promet Parme et Plaisance.
1521 : La ville de Côme est pillée et assiégée
par les Espagnols.
28 février 1522 : Miracle de Treviglio. Les
troupes françaises commandées par le général Odet de Foix de
Lautrec se retirent après avoir constaté que la Vierge du couvent
des Augustines versait des larmes depuis leur arrivée.
29 avril 1522 : Les Français battus près de
Milan à La Bicoque perdent de nouveau le Milanais, où le frère de
Massimiliano Sforza, Francesco Maria, est installé comme duc par les
forces impériales, sous le nom de François II Sforza.
11 juillet 1523 : Trahison du connétable
Charles III de Bourbon qui passe du côté de l’empereur après que
François Ier a confisqué l’héritage de sa femme.
septembre 1523 : Charles III de Bourbon prend la
tête des armées impériales.
30 avril 1524 : Bayard « le chevalier sans peur
et sans reproche » meurt d’un tir d’arquebuse près de
Rovasenda, dans le Piémont, alors que l’armée française se
retire. Selon Joachim de Bellay, il aurait, avant de rendre l’âme,
confié à son ancien ami le connétable de Bourbon : « Monsieur, il
n’y a point de pitié pour moi, car je meurs en homme de bien, mais
j’ai pitié de vous, de vous voir servir contre votre prince, votre
patrie et votre serment. »
vers le 15 octobre 1524 : François Ier reprend
l’offensive et passe à nouveau les Alpes par le col du mont Cenis.
26 octobre 1524 : La ville de Milan est prise, mais son château continue de résister. Les Espagnols s’enferment
dans les places fortes de Lodi et Pavie. François Ier décide alors
d’assiéger Pavie.
mi-février 1525 : au bout de trois mois de
siège, une armée de lansquenets commandés par Georg Frundsberg
vient en renfort à Pavie contre les assaillants français.
23 et 24 février 1525 : Bataille de Pavie,
durant laquelle François Ier est fait prisonnier par les Impériaux,
c’est-à-dire les partisans de Charles Quint. Les Français
évacuent toute la Lombardie. François Ier écrira à sa mère : « De
toutes choses ne m’est demeuré que l’honneur et la vie qui est
saulve ».
14 janvier 1526 : Signature du traité de
Madrid. François Ier, retenu prisonnier en Espagne, est finalement
libéré, mais s’engage à renoncer à tous ses droits en Italie et
laisse ses deux fils aînés en otages.
22 mai 1526 : Constitution de la ligue de Cognac
contre l’empereur Charles Quint. Elle regroupe le pape Clément
VII, le roi Henri VIII d’Angleterre, le roi François Ier et les
villes de Milan, Florence et Venise. Cette ligue marque le début de
la septième guerre d’Italie qui durera près de quatre ans.
à partir du 6 mai 1527 : Le sac de Rome donne
la victoire à Charles Quint et assure la suprématie du parti
impérial dans toute la péninsule, au bout de trente-cinq années de guerres
presque incessantes.
février 1528 : Les impériaux abandonnent enfin
Rome pour se diriger vers Naples.
avril 1528 : Après avoir repris Gênes et
Pavie, le général Lautrec, envoyé par François Ier, assiège la
ville de Naples.
août 1528 : L’ancien allié des Français,
André Doria, passe du côté de l’empereur et libère Gênes.
L’armée française capitule en Lombardie. Charles Quint s’est
rendu maître de la péninsule.
5 août 1529 : Signature de la paix de Cambrai
par Marguerite de Habsbourg, tante de Charles Quint et régente des
Pays-Bas et par Louise de Savoie, mère de François Ier. Elle est
appelée pour cette raison la « paix des dames ». La France
abandonne officiellement le Milanais, ainsi que la ville d’Asti.
novembre 1529 : En accord avec le pape et
l’empereur, François Sforza est investi, moyennant finance, du
duché de Milan.
24 février 1530 : Charles Quint est sacré
empereur par le pape Clément VII à Bologne.
8 avril 1530 : Frédéric II de Gonzague, fils
d’Isabelle d’Este, obtient des mains de l’empereur, à Mantoue,
la dignité ducale.
1534 : Jules Romain achève de décorer le
palais du Te à Mantoue.
1er novembre 1535 : Mort sans héritier du duc
de Milan, Francesco Sforza. François Ier demande l’investiture du
Milanais pour son fils cadet, mais n’obtient pas gain de cause.
début 1536 : Conquête de la Savoie et du
Piémont par François Ier, mais ce dernier s’arrête aux
frontières de la Lombardie, espérant encore obtenir par la
négociation l’investiture du duché de Milan pour son fils.
juin 1536 : Charles Quint réplique en occupant
avec son armée la Provence. Les troupes françaises se retirent alors
vers la vallée du Rhône.
septembre 1536 : L’empereur se retire sans
avoir livré un seul combat. Mais le conflit reprend peu après avec
François Ier qui envahit la Savoie et s’allie aux Turcs.
1538-1584: Vie de Charles
Borromée. Issu d'une grande famille milanaise et neveu du pape Pie IV, il
fit des études de droit canonique et devint cardinal à vingt-deux ans puis
archevêque de Milan. A ce titre, il joua un grand rôle dans l'application de la
réforme catholique définie par le concile de Trente. Son œuvre principale,
outre la direction de la commission chargée de rédiger le catéchisme romain,
fut l'institution de séminaires assurant la formation des futurs prêtres. Il
fut canonisé en 1610.
28 juin 1540 : Mort de Frédéric II de Gonzague.
octobre 1540 : Charles-Quint donne le Milanais
en fief à son propre fils Philippe.
14 avril 1544 : Victoire française de
Cérisoles, en Piémont, contre les Espagnols. C’est la dernière
grande bataille des guerres d’Italie.
18 septembre 1544 : Paix de Crépy qui marque le
début d’une longue trêve entre Charles Quint et François Ier.
Dans le traité est stipulé que le Milanais sera donné en dot à
une princesse autrichienne devant épouser le troisième fils de
François Ier.
1er novembre 1546 : Mort à Mantoue du peintre Jules Romain.
31 mars 1547 : Mort de François Ier. Henri II
lui succède. Charles Quint garde la Lombardie, et la France conserve
de son côté le Piémont.
vers 1550 : Le luthier Andrea Amati (1505-1578)
fabrique les premiers violons modernes à Crémone.
22 février 1550 : Guillaume de Gonzague succède à
son frère Frédéric de Mantoue.
26 avril 1551 : Guillaume de Mantoue épouse une
nièce de Charles Quint, Eléonore d’Autriche (1534-1594).
1555 : Philippe II d’Espagne reprend les hostilités.
10 août 1557 : Bataille de Saint-Quentin qui
voit la victoire définitive des troupes impériales.
3
avril 1559 : le traité du Cateau-Cambrésis marque la fin effective
des guerres d'Italie. Le duché de Milan est soumis aux Habsbourg d’Espagne, qui étendent aussi leur domination sur le Sud, la
Sicile et la Sardaigne. Mantoue demeure entre les mains des Gonzague.
Le temps de la domination espagnole
(1559-1713)
Les guerres d’Italie, avec leur lot de
souffrances et de désastres, ont entraîné un véritable déclin
économique, que vient ensuite renforcer la domination espagnole, de
Milan à la Sicile. En Lombardie, cette période inaugure ainsi la
décadence du commerce et des industries, naguère florissants, et
instaure aussi une insécurité grandissante, l’ordre public
n’étant plus ou mal assuré. Par ailleurs, l’hégémonie de
l’Espagne dans la péninsule renforce d’un côté le sentiment
naissant de l’unité italienne et exacerbe de l’autre la rivalité
avec la France, qui aboutira à la guerre de succession d’Espagne.
Charles II, dernier des Habsbourg d’Espagne, n’a pas d’héritier
direct, et désigne finalement, pour lui succéder, Philippe d’Anjou,
l’un des petits-fils de Louis XIV, reconnu en Espagne sous le nom
de Philippe V. Mais l’empereur Léopold, qui espérait placer sur
le trône son fils cadet, l’archiduc Charles, décide alors de
s’allier contre la France avec la Hollande et l’Angleterre. Ce
conflit, porté à l’échelle européenne, aura des conséquences
historiques majeures pour l’Italie, où la domination autrichienne,
meilleure sur le plan administratif, se substituera finalement à
celle des Espagnols. Elle entraînera par ailleurs l’annexion de
Mantoue et de Côme à la Lombardie, étape marquante vers
l’élimination des Etats mineurs.
1560 : A l’âge de 22 ans, Charles Borromée,
neveu de Pie IV, devient cardinal.
vers 1561 : Le luthier Gasparo da Salo
s’installe à Brescia.
1563 : Philippe II institue un Suprême Conseil
d’Italie, comptant avant tout des gouverneurs espagnols, mais aussi
deux Milanais, deux Napolitains et deux Siciliens.
1564 : Charles Borromée devient archevêque de
Milan. Il jouera un grand rôle dans l’application de la Réforme
catholique, définie par le concile de Trente.
1567-1643 : Vie de Claudio
Monteverdi, père de l'opéra. Né à Crémone, il y commence sa carrière
musicale en composant des motets et madrigaux. Nommé maître de musique à la
cour du duc de Mantoue, il se rend célèbre par la création d'Orphée, son
premier drame musical, considéré comme le premier véritable opéra. L'harmonie
et l'expressivité de ses œuvres éloignent de plus en plus sa musique des canons
de la Renaissance pour faire de lui l'un des principaux représentants de la
musique baroque.
1568 : Construction, sur le lac de Côme, de la
villa d’Este par l’architecte Pellegrino Pellegrini, dit « Tibaldi ».
1573 : Construction sur le lac de Côme de la
villa Pliniana, dont l’attribution reste incertaine.
1576 : Epidémie de peste à Milan.
1577 : A Milan, le duomo, dont la construction
a commencé en 1386, est consacré par Charles Borromée.
1581 : Charles Borromée fonde la congrégation
des oblats.
1582 : Publication des Actes
de l’Eglise de Milan par Charles
Borromée.
1587 : Vincent Gonzague (1562-1612), prince
collectionneur et mécène, succède à son père Guillaume de
Mantoue.
1591 : Monteverdi arrive à la cour de Mantoue.
Âgé de 24 ans, il est d’abord engagé comme instrumentiste et
chanteur.
1593 : Création à Milan de la banque
Sant’Ambrogio, qui fera faillite à cause de Philippe IV d’Espagne.
1601 : Pierre Paul Rubens (1577-1640) séjourne
à la cour de Mantoue et portraiture les Gonzague.
1602 : Monteverdi est nommé maître de chapelle
à Mantoue.
1604 : Dans le cadre de la Contre-Réforme,
début des travaux du Sacro Monte de Varèse, le long d’une voie
pavée de 2 kilomètres, ponctuée de chapelles, et évoquant les
mystères du Rosaire.
1606 : On recense à Milan une soixantaine
d’ateliers textiles et trois mille métiers à tisser en activité.
1607 : Claudio Monteverdi compose l’Orfeo,
à la demande de Vincent Gonzague.
1610 : Canonisation de Charles Borromée.
1612 : Mort de Vincent Gonzague. Son protégé, Monteverdi, quitte alors Mantoue pour Venise où il devient maître
de chapelle de l’église Saint-Marc.
1616 : Début de la construction de la façade
du duomo, à Milan, selon les plans de Pellegrino Tibaldi.
1609 : Ouverture de la bibliothèque ambrosienne
dans le palais du même nom. Elle était destinée, selon le vœu du
cardinal Frédéric Borromée, à servir la Réforme catholique.
1617 : Naissance à Bergame du peintre Evaristo
Baschenis (mort en 1677).
1618 : Ouverture de la pinacothèque ambrosienne
à Milan.
26 décembre 1627 : Vincent II Gonzague meurt à
Mantoue sans héritier. Mais dans les derniers mois de sa vie, il a négocié la vente des plus belles collections de peinture réunies à
Mantoue (écoles lombarde, toscane, flamande et vénitienne) à
Charles Ier d’Angleterre.
1628-1631 : Guerre de succession de Mantoue
suite à l’extinction de la ligne directe des Gonzague. La branche
cadette des Gonzague-Nevers, soutenue par la France, finit par
l’emporter, lors de la signature du traité de Cherasco le 6 avril
1631.
1630-1632 : Une terrible épidémie de peste
s’abat sur Milan. La moitié de la population est emportée. Une
grave récession économique s’ensuit.
1644-1737 : Vie d'Antoni
Stradivari, dit Stradivarius, célèbre luthier de Crémone. Il sut trouver
un équilibre parfait dans les proportions de ses instruments (des violons
essentiellement), d'une qualité sonore inégalée.
1655-1743 : Vie du peintre
Giuseppe Vittore Ghislandi, dit Fra Galgario. Né à Bergame à une période
ou le rococo est en vogue, il doit son succès à ses portraits ostentatoires de
l'aristocratie locale.
1671 : Sur le lac Majeur, inauguration des
jardins d’Isola Bella, dessinés par Angelo Crivelli et Pietro
Antonio, après de longs travaux de terrassement commandités par
Vitalien VI (1620-1690).
1690 : Construction de la villa Carlotta à
Tremezzo, sur le lac de Côme, par le marquis et banquier milanais
Giorgio II Clerici (1648-1736) à titre de résidence d’été.
1698-1767: Vie de Giacomo
Ceruti, dit aussi Potocchetto. Peintre baroque né à Brescia, la majorité de
son œuvre est composée de peintures de genre, de portraits d'un réalisme
dépouillé et d'une grande intensité psychologique. Son talent s'affirme à
Brescia lorsqu'en 1729 le podestat Andrea Memmo lui commande quinze
"portraits symboliques" pour le Broletto, ancien palais communal.
1701 : Opérations militaires dans le Milanais,
liées à la guerre de succession d’Espagne, et opposant les
troupes de l’empereur Léopold Ier à celles de Louis XIV.
1703 : Le duc de Vendôme et ses troupes
françaises détruisent de nombreux châteaux en Italie du Nord,
notamment autour du lac de Garde.
19 avril 1706 : Bataille de Calcinato près de
Brescia, remportée par le duc de Vendôme contre l’armée
autrichienne.
7 septembre 1706 : Bataille de Turin se soldant
par la défaite définitive des Français, qui évacuent le Nord de
l’Italie.
13 mars 1707 : Les Français signent un traité
de capitulation. Les Autrichiens s’emparent entre autres du
Milanais et de Mantoue.
5
juillet 1708 : Mort à Padoue de Charles III Ferdinand de Mantoue.
Avec lui s’éteint la branche des Gonzague-Nevers.
De l’Autriche à Napoléon (XVIIIe-début
XIXe siècle)
Alors que le roi d’Espagne Philippe V a
définitivement renoncé à l’Italie, c’est, quelques années plus
tard, au tour de Charles-Emmanuel III, roi de Sardaigne, de réclamer, avec l'aide de la France, Milan et la Lombardie. Mais, en 1748, le
traité d’Aix-la-Chapelle ne lui laisse finalement que Voghera,
Vigevano et une partie du territoire de Novare. A l’Autriche
reviennent Mantoue et le duché de Milan, où Marie-Thérèse nomme
gouverneur François III d’Este, duc de Modène. La Lombardie va
alors bénéficier des réformes administratives menées en Autriche,
de 1753 à 1792, par Kaunitz et favorisant l’essor de l’agriculture
et de l’industrie, comme une meilleure répartition des impôts.
L’université de Pavie retrouve aussi son rayonnement d’antan. En
même temps, les idées nouvelles pénètrent certaines élites qui
aspirent à transformer la société en profondeur, tant sur le plan
économique que juridique ou politique. Prince éclairé, Joseph II se mettra pourtant à dos les habitants de Lombardie en restreignant, à partir de 1786, leurs droits et en abolissant toutes les anciennes
institutions, dont le Sénat de Milan. Dans La
Chartreuse de Parme, Stendhal pourra
ainsi écrire quarante-deux ans après les événements en question : « Le 15 mai 1796, le général Bonaparte fit son entrée dans Milan
à la tête de cette jeune armée qui venait de passer le pont de
Lodi, et d’apprendre au monde qu’après tant de siècles César
et Alexandre avaient un successeur. Les miracles de bravoure et de
génie dont l’Italie fut témoin en quelques mois réveillèrent un
peuple endormi. »
6 mars 1714 : Par le traité de Rastadt, Milan,
mais encore Côme et Mantoue, sont officiellement attribuées à
l’Autriche.
17 février 1720 : Avec le traité de La Haye,
le roi d’Espagne, Philippe V, renonce à l’Italie.
1729-1799 : Vie du poète Giuseppe
Parini, l'une des figures les plus importantes du néoclassicisme italien.
Son poème le plus célèbre, Il Giorno, est une satire de la noblesse
milanaise et marque une avancée notable vers le vers non rimé.
3 novembre 1733 : Charles-Emmanuel III, roi de
Sardaigne, entre dans Milan à la tête d’une armée
franco-piémontaise et prend le titre de duc de Lombardie.
été 1734 : Les Impériaux lancent une
contre-offensive, mais, battus à plusieurs reprises par les
Franco-Piémontais, ils sont obligés de s’enfermer dans Mantoue.
1738 : Traité de paix de Vienne aboutissant à
une redistribution des territoires entre les grandes maisons
princières : Charles-Emmanuel III obtient Novare et Tortona (dans le
Piémont) tandis que l’Autriche conserve le Milanais et Mantoue et
obtient, en plus, Parme et Plaisance.
1738 : Naissance à Parabiago de l’ébéniste
d’art Giuseppe Maggiolini (mort en 1814).
1740 : Passage de Giambattista Tiepolo
(1696-1770) à Milan et à Bergame.
1740 : L’Espagne revendique la Lombardie pour Philippe, frère de Don Carlos.
19 décembre 1745 : Entrée triomphale de Philippe à Milan à la tête d’une armée franco-espagnole.
16 juin 1746 : Défaite des Franco-Espagnols
près de Plaisance, à l’issue de laquelle ils perdent la
Lombardie.
18 octobre 1748 : Signature du traité
d’Aix-la-Chapelle, à l’issue duquel Charles-Emmanuel III obtient
Voghera et Vigevano, dans la province de Pavie, et la partie nord du
territoire de Novare. Philippe de Bourbon devient duc de Parme,
Plaisance et Guastalla. Reprise par l’Empire, Mantoue est ensuite
réunie au duché de Milan, dont François III d’Este, duc de
Modène est nommé gouverneur par l’impératrice Marie-Thérèse.
1754-1817 : Vie du peintre
milanais Andrea Appiani, représentant majeur du néoclassicisme italien.
Nommé "premier peintre" de Napoléon Bonaparte en 1805, il exécute de
nombreux portraits de son protecteur et de la famille impériale et réalise les
fresques du palais royal de Milan, à la gloire du conquérant.
1764 : Publication du traité Des
délits et des peines par Cesare
Bonesana, marquis de Beccaria, dans lequel il demande l’abolition
de la torture et de la peine de mort.
de 1764 à 1766 : Publication du journal Il
Caffè – Le Café – rédigé par les membres de la société de pensée I pugni, dont
le nom signifie « les coups de poing ».
Il est édité par le noble milanais Pietro Verri (1728-1797) qui
propose la mise en place à Milan de réformes politiques inspirées
des Lumières.
1772 : Giuseppe Piermarini reconstruit à Milan
le Palazzo Reale, en place de l’ancien palais ducal des Visconti.
1773 : Le pape Clément XIV supprime la
Compagnie de Jésus.
1775-1821 : Vie de Carlo
Porta, poète romantique dont l'une des particularités est d'écrire dans le
dialecte milanais.
1776-1778 : L’architecte néoclassique
Giuseppe Piermarini (1734-1808) édifie le théâtre de la Scala,
après l’incendie, en 1776, du Teatro Ducale.
3 août 1778 : Inauguration de la Scala, avec la
représentation de l'opéra L'Europa
riconosciuta d'Antonio Salieri.
29 novembre 1780 : Mort à Vienne de
Marie-Thérèse d’Autriche.
1781 : Joseph II d’Autriche fait proclamer un
édit de tolérance religieuse.
1785-1873: Vie du poète et
romancier milanais Alessandro Manzoni, chef de file du romantisme
italien. Fervent patriote, il écrit en 1815, après le congrès de Vienne
soumettant la Vénétie-Lombardie à l'Autriche, ce vers demeuré célèbre “Nous ne
serons pas libres si nous ne sommes pas unis”. Dans son roman le plus célèbre, Les
Fiancés, il dénonce encore en filigrane le joug autrichien en situant son
récit à l’époque de la tyrannie espagnole en Lombardie, entre 1626 et 1630. Les
deux personnages Lucia et Renzo incarnent deux jeunes paysans du lac de Côme.
1786 : La Lombardie, désormais divisée en huit
circonscriptions, fait l’objet d’une réorganisation
administrative importante. A Milan, toutes les anciennes institutions
sont abolies, le Sénat comme les corporations. La politique
anticléricale de l’empereur d’Autriche conduit à l’élaboration
d’un nouveau concordat, en remplacement de celui de 1757. Par
ailleurs, le gouvernement contrôle désormais le recrutement des
prêtres, tout en favorisant la création d’écoles primaires
d’Etat. Les populations locales, le plus souvent opposées à ces
réformes, s’insurgent régulièrement, mais sans obtenir gain de
cause.
1790 : Le Hongrois Mihaly Pollack (1773-1865),
élève de Giuseppe Piermarini (1734-1808), édifie à Milan la villa
Reale. De style néoclassique, elle abrite aujourd’hui la Galleria
d’Arte Moderna.
avril 1792 : Le gouvernement français propose
au roi de Sardaigne, Victor-Amédée III, une alliance contre
l’Autriche, moyennant l’échange de la Savoie contre le Milanais.
Mais celui-ci refuse.
septembre 1792 : La Savoie s’allie avec
l’Autriche.
1793 : Fondation de la Galerie de l’Accademia
Carrara à Bergame par le comte Carrara qui fait don de ses
collections de peinture à la ville. C’est aujourd’hui encore
l’une des plus importantes pinacothèques de Lombardie.
10 mai 1796 : Bonaparte remporte la victoire du
pont de Lodi sur les Autrichiens. Elle lui vaudra la possession de la
Lombardie.
15 mai 1796 : Entrée triomphale de Bonaparte à
Milan, qui y institue un gouvernement provisoire. Naissance dans la
ville d’un parti patriotique jacobin, rejoint par des intellectuels
de toute l’Italie, ainsi les poètes Vincenzo Monti (1754-1828) et
Ugo Foscolo (1778-1827). S’expriment alors pour la première fois
des aspirations républicaines et le désir de constituer l’unité
italienne.
1797 : Lors de la première campagne d’Italie,
les troupes françaises installées autour du lac de Garde commettent
des atrocités.
2 février 1797 : Mantoue se rend.
18 avril 1797 : Préliminaires de Léoben.
L’Autriche perd la Lombardie, mais obtient toute la Terre Ferme
vénitienne.
29 juin 1797 : L’ex-duché de Milan est réuni
aux anciens territoires de Venise compris entre l’Adda et l’Oglio
et à la République cispadane, qui avait été proclamée le 16
octobre 1796 à Modène. L’ensemble forme la République cisalpine
une et indivisible, dont Milan est la capitale. La même année est
proclamée la république de Brescia, rattachée elle aussi à la
République cisalpine en novembre.
29 novembre 1797 : Naissance à Bergame du
compositeur italien Gaetano Donizetti (mort en 1848), considéré
comme l’un des maîtres du bel
canto.
mai 1800 : Napoléon descend en Italie par le
Grand-Saint-Bernard.
2 juin 1800 : Napoléon rentre à Milan.
14 juin 1800 : Victoire de Marengo. Les Français
entrent en possession du Piémont, de la Ligurie et de la Lombardie.
26 janvier 1802 : La République cisalpine
devient République italienne.
1803 : La villa Reale de Milan est mise à la
disposition de Napoléon et Joséphine par la République cisalpine.
17 mars 1805 : Napoléon est proclamé roi
d’Italie à Paris.
26 mai 1805 : Napoléon fait de Milan la
capitale du royaume d’Italie et ceint la couronne de fer des rois
lombards en prononçant : « Dieu me l’a donnée, gare à ceux qui
la toucheront. » Il nomme vice-roi son beau-fils Eugène de
Beauharnais.
1806 : Erection à Milan de l’arc de la Paix,
par Luigi Cagnola (1762-1883), d’inspiration néoclassique.
1807 : Le théâtre de la Scala est agrandi une
première fois.
1808 : Francesco Melzi d’Eril (1753-1816), duc
de Lodi et vice-président de la République italienne cisalpine
fondée par Napoléon, confie à l’architecte Giocondo Albertolli
(1743-1839) la construction d’une résidence d’été néoclassique
au bord du lac de Côme, à Bellagio. Achevée deux ans plus tard,
elle a gardé aujourd’hui son nom de « villa Melzi ».
15 août 1809 : A Milan, ouverture au public de
la pinacothèque Brera par Napoléon.
1813-1901 : Vie de Giuseppe
Verdi, l'un des plus célèbres compositeurs d'opéras italiens. Formé au
conservatoire de Milan, c'est à la Scala qu'il dirige en 1839 son premier
opéra, Oberto, et qu'il triomphe lors de la représentation de Nabucco
en 1842. Ses œuvres accompagnent l'émergence de l'Italie en tant que nation: le
chœur "va pensiero" de Nabucco devient l'hymne symbolisant la
résistance de l'Italie à la domination autrichienne. Ses succès se multiplient
avec notamment les opéras Macbeth, Rigoletto, Le Trouvère,
La Traviata, Otello ou encore Falstaff, dans lesquels sa
musique incarne la toute puissance des effusions romantiques. 16 avril 1814 : Après l’annonce de
l’abdication de Napoléon, le vice-roi Eugène conclut un armistice
à Schiarino-Rizzino, près de Mantoue, et tente d’obtenir le
royaume d’Italie à titre personnel.
20 avril 1814 : Le peuple milanais s’oppose
violemment dans les rues à la candidature d’Eugène. Ce dernier
abandonne alors le royaume aux mains des Autrichiens qui entrent dans
Milan une semaine plus tard.
1815
: Avec le congrès de Vienne, la Vénétie-Lombardie passe sous la
domination autrichienne. La même année, le poète Alessandro
Manzoni (1785-1873), fervent patriote, écrit un vers demeuré
célèbre : « Nous ne serons pas libres si nous ne sommes pas unis. »
L’affirmation de l’idée nationale
italienne (XIXe-début XXe siècle)
Les premières directives autrichiennes en
Lombardie-Vénétie visent à la suppression de toutes les institutions
napoléoniennes. L’armée italienne est dissoute tandis que la
police bénéficie de pouvoirs illimités et exerce une censure
systématique sur les publications. Les habitants sont écrasés
d’impôts et fournissent à eux seuls le cinquième du revenu total
de l’empire. Perçus comme des oppresseurs, les Autrichiens sont
détestés par les différentes populations d’Italie, qui vont
fomenter entre 1820 et 1821 une première série de révolutions, à l'imitation de celle qui vient d’éclater en Espagne. Naples
d’abord, puis le Piémont s’enflamment et gagnent à leur cause
de nombreux sympathisants dans les Marches, en Romagne et aussi en
Lombardie. A cette époque se développe à Milan une société
secrète patriotique et chrétienne, la Charbonnerie, née en Italie
du Sud sous le règne de Joseph Bonaparte et de Murat, et organisée
en différentes « ventes ». Son nom a une forte résonance
symbolique car on considère qu’en brûlant, le noir charbon
produit la flamme qui éclaire. En Lombardie, ses représentants les
plus importants sont Pietro Maroncelli, fondateur d’une vente à
Milan, l’écrivain Silvio Pellico et le comte Federico
Confalonieri, dont le but principal est de chasser les Autrichiens.
C’est contre ces derniers que va s’affirmer tout au long du XIXe
siècle l’idée nationale italienne, exprimée d’abord
exclusivement par une tendance révolutionnaire, mais dont les échecs
successifs favoriseront ensuite l’émergence parmi les
indépendantistes d’un mouvement réformiste et modéré.
octobre 1820 : Arrestation des carbonari
lombards Pietro Maroncelli et Silvio Pellico. D’abord condamnés à
mort le 6 décembre 1821, ils seront finalement emprisonnés au
Spielberg, en Moravie.
13 décembre 1821 : Arrestation de Confalonieri,
soupçonné de complicité avec les mouvements piémontais.
1823 : Condamnation à mort de Confalonieri, qui
choque profondément les Milanais, même si, par l’entremise de sa
femme et de ses parents, elle sera finalement commuée en peine de
prison.
1827 : Première édition des Fiancés,
roman historique d’Alessandro
Manzoni. L’auteur, milanais et chef de file du romantisme italien,
dénonce en filigrane le joug autrichien en situant son récit à
l’époque de la tyrannie espagnole en Lombardie, entre 1626 et
1630. Les deux personnages Lucia et Renzo incarnent deux jeunes
paysans du lac de Côme.
1830 : Après dix ans de prison, Silvio Pellico
et Pietro Maroncelli sont graciés.
1831 : A la suite de la révolution de Juillet,
qui a des répercussions dans toute l’Europe, un groupe de carbonari
italiens a constitué à Paris la Société de l’émancipation
italienne. Les libéraux parviennent à prendre le pouvoir à
Bologne, mais sont finalement défaits par l’armée autrichienne.
1831 : Bellini crée Norma
à la Scala de Milan. Le Génois
Giuseppe Mazzini fonde à Marseille la société secrète « La Jeune
Italie », qui vient remplacer la Charbonnerie. La grande nouveauté
de son programme politique est l’aspiration très claire à l’unité
de l’Italie. En avril 1831 est monté sur le trône de Sardaigne
Charles-Albert de Savoie-Carignan, auquel Mazzini s’adresse,
espérant voir en lui le grand roi de l’Italie à venir. Mais ce
dernier se range du côté des Autrichiens.
de 1832 à 1834 : Parution clandestine en Italie
du journal Jeune Italie.
1833 : Charles-Albert réprime très sévèrement
les révolutionnaires qui conspirent contre lui, particulièrement à
Gênes. Mais la Jeune Italie a trouvé aussi des partisans en
Lombardie où la police ordonne une série d’arrestations.
septembre 1835 : Le procès des partisans de la
Jeune Italie en Lombardie aboutit à dix-neuf condamnations à mort,
toutes commuées en peine de prison.
2 mars 1835 : Mort de François Ier d’Autriche
auquel succède Ferdinand Ier.
1836 : Confalonieri est gracié.
1837 : Franz Liszt et Marie d’Agoult séjournent dans la villa Melzi du lac de Côme peu après la naissance de leur
fille Cosima, qui sera l’épouse de Hans von Büllow puis de Richard
Wagner.
1838 : Le théâtre de la Scala est agrandi une
seconde fois.
1838 : Stendhal écrit La
Chartreuse de Parme.
6 septembre 1838 : L’empereur Ferdinand Ier
ceint la couronne de fer des rois lombards à Milan. Les comploteurs
de Jeune Italie sont pour la plupart amnistiés. Mais les libéraux
italiens ne parviennent pas à faire évoluer la politique
centralisatrice que l’Autriche impose au royaume lombard-vénitien.
1839 : Verdi dirige à la Scala de Milan son
premier opéra Oberto.
1840 : Mazzini reprend le combat depuis Londres
et Paris. En même temps apparaissent les néo-guelfes, rêvant d’une Italie fédérale, présidée par le pape. L’écrivain lombard Cesare
Cantu (1804-1895) ralliera ce mouvement.
9 mars 1842 : Verdi triomphe à la Scala avec
Nabucco,
dont cinquante-sept représentations vont être données en deux mois.
avril 1842 : Mariage du prince-héritier
Victor-Emmanuel, duc de Savoie, avec Marie-Adélaïde de
Habsbourg-Lorraine, fille du vice-roi du royaume lombardo-vénitien
l’archiduc Rainier. Cette union semble confirmer un rapprochement
avec l’Autriche, mais qui restera sans lendemain, Charles-Albert
adoptant bientôt une nouvelle orientation politique.
1843 : A la Scala, Verdi donne son opéra Les
Lombards à la première croisade,
perçu comme un manifeste pour l’indépendance.
16 juin 1846 : Election du pape Pie XI, acquis
à la cause libérale et à celle de l’unité italienne. Dans le
royaume Lombardo-vénitien, des démonstrations nationales et
antiautrichiennes ont lieu sous forme de manifestations en sa
faveur.
1847 : Verdi compose Ernani
et Macbeth.
1848 : Succession de révolutions européennes,
le 24 février à Paris et le 13 mars à Vienne, entraînant la
démission de Metternich.
3 janvier 1848 : Conflits à Milan avec la
police à l’occasion de manifestations antiautrichiennes.
18-22 mars 1848 : Insurrection dite « des
Cinq-Journées de Milan » à l’issue de laquelle les Autrichiens sont
repoussés une première fois. Le maréchal Joseph Radetsky fait se
replier ses forces armées dans les forteresses de Peschiera,
Mantoue, Vérone et Legnago, dites « les forteresses du
quadrilatère ». Elles sont en effet les quatre sommets d’un
système défensif autrichien, épousant la forme d’un quadrilatère
et censé empêcher le mouvement de troupes ennemies dans la plaine du
Pô.
Un gouvernement provisoire est
proclamé à Milan, mais en opposition avec les républicains, tel
Carlo Cattaneo (1801-1869), fer de lance de la résistance, qui
refuse toute alliance avec le roi Charles-Albert de Sardaigne.
12 avril 1848 : A la demande du gouvernement
provisoire, le roi Charles-Albert entre dans la ville et proclame un
plébiscite pour l’annexion de la Lombardie au royaume de
Sardaigne.
29 mai 1848 : La fusion de la Lombardie, de
Parme, de Plaisance et de Modène avec le Piémont est désormais
effective. La réaction des Autrichiens ne se fera pas attendre :
Radetsky quitte Vérone et entreprend d’attaquer l’armée
piémontaise.
23-25 juillet 1848 : Bataille de Custozza. Les
Piémontais sont battus et Charles-Albert se retire vers Milan avec
le gros de son armée.
4 août 1848 : Un corps de l’arrière-garde
piémontaise est à nouveau attaqué par Radetsky le 4 août.
Charles-Albert capitule.
9 août 1848 : Signature à Vivegano d’un
armistice qui contraint le Piémont à abandonner les duchés et
Venise. Giuseppe Garibaldi et ses volontaires résistent encore
jusqu’à la fin du mois d’août dans le territoire de Côme.
26 août 1848 : Bataille de Morazzone, à
l’issue de laquelle Garibaldi se réfugie à Lugano.
2 décembre 1848 : Abdication de Ferdinand Ier
en faveur de son neveu François-Joseph (1848-1916).
23 mars 1849 : Les Autrichiens l’emportent à
nouveau sur les Piémontais à Novare.
23 mars-1er avril 1849 : Les « Dix-Jours » de
1849 à Brescia lui valent son surnom de « lionne d’Italie ».
Mais malgré ce sursaut de résistance, l’hégémonie autrichienne
sur la Vénétie-Lombardie est confirmée.
6 août 1849 : Paix dite « de Milan » entre le
Piémont et l’Autriche, qui réclame entre autres une indemnité de
75 millions de lires.
9 janvier 1850 : Le traité est accepté par la
Chambre des députés après sa dissolution.
1851 : Verdi compose Rigoletto.
27 janvier 1852 : Arrestation à Mantoue de Don
Enrico Tazzoli, président du comité révolutionnaire de la ville.
7 décembre 1852 : Pendaison de Tazzoli avec
quatre de ses camarades (dont Tito Speri, le héros des journées de
Brescia) juste à l’extérieur des murs de Mantoue, dans la localité
de Belfiore. On parle dès lors des martyrs de Belfiore.
1852 : La France soutient Cavour, Premier
ministre du royaume de Piémont-Sardaigne, pour défendre l’idée,
contre l’Autriche, d’un royaume italien regroupant Piémont et
Lombardie.
1853 : Verdi compose le Trouvère
et La Traviata.
6 février 1853 : L’insurrection de Milan
menée par Mazzini se solde par un nouvel échec.
1859 : Le peintre romantique Francisco Hayez
peint Le Baiser conservé
à la pinacothèque Brera.
3 mai 1859 : L’empereur Napoléon III proclame
son intention de libérer l’Italie jusqu’à l’Adriatique. Il
commande personnellement son armée.
27 mai 1859 : Côme accueille Garibaldi après
sa victoire sur les Autrichiens à San Fermo.
4 juin 1859 : La victoire française de Magenta
délivre Milan et la Lombardie. La Lombardie est réunie au Piémont.
8 juin 1859 : Napoléon III entre dans Milan.
24 juin 1859 : La bataille de Solférino voit la
victoire de l’armée française de Napoléon III alliée à l’armée
sarde contre l’Autriche. Mais, véritable désastre humanitaire,
elle fait 40 000 morts et de nombreux blessés graves. Le Suisse
Henri Dunant organise alors avec l’aide des habitants de
Castiglione les secours sur le champ de bataille dévasté. Cette
vision d’horreur lui inspirera en 1862 l’ouvrage intitulé Un
souvenir de Solférino, et, surtout, la
fondation de la Croix-Rouge en 1863.
juin 1859 : Les troupes franco-piémontaises
libèrent Brescia qui est annexée au royaume d’Italie.
11 juillet 1859 : Préliminaires de Villafranca
entre Napoléon et François-Joseph. Ce dernier s’engage à céder
la Lombardie à l’empereur français qui la rétrocédera ensuite
au roi de Sardaigne.
à partir de 1860 : Développement du mouvement
littéraire et artistique de la Scapigliatura. Les scapigliati, mot à
mot les « échevelés », prônent une vision naturaliste de la société, adoptent un mode de vie bohème et refusent toute sorte de
dogme dans le processus de la création. On compte parmi eux des
écrivains, tel Emilio Praga (1839-1875), leur chef de file, ou des
peintres comme Daniele Ranzoni (1843-1889).
1861 : La Lombardie est intégrée au royaume
d’Italie.
1863-1938 : Vie de Gabriele
d'Annunzio. Poète, romancier et dramaturge, il se fait chantre des ivresses
dionysiaques et de la religion païenne de la beauté et de l'héroïsme. Fervent
patriote et favorable à l'entrée en guerre de l'Italie contre l'Autriche, il
s'engage dès 1915 et s'illustre tout au long du conflit par de nombreux actes
de bravoure. En 1919, avec quelques centaines de "légionnaires"
nationalistes et malgré l'opposition de l'armée régulière, il occupe Fiume et y
proclame une régence italienne dont il devient de facto le commandant
avant d'en être chassé en 1921. Il vécut les dernières années de sa vie dans
son domaine du Vittoriale, près du lac de Garde.
1865 : Début de la construction à Milan de la
Galleria Vittorio Emanuele II, chef-d’œuvre de l’architecture
métallique du XIXe siècle, selon les dessins de Giuseppe Mengoni
(1829-1877).
1866 : François-Joseph rend la Vénétie à
l’Italie. Cependant, le Tyrol du Sud (Trentin), et donc le Nord du
lac de Garde restent aux mains de l’Autriche jusqu’en 1919-1920.
1866 : Mantoue devient italienne.
1868 : Le poète et librettiste Arrigo Boito
(1842-1918), affilié aux scapigliati, compose à Milan son livret
d’opéra Mefistofele.
1872 : Fondation à Milan de la firme Pirelli.
1869 : Iginio Ugo Tarchetti, qui fait lui aussi
partie des scapigliati, écrit Fosca
son chef-d’œuvre avant de mourir la même année de la fièvre
typhoïde à l’âge de trente ans.
1880 : Après avoir fréquenté l’Académie
Brera de Milan, le peintre Giovanni Segantini (1858-1899) ouvre, dans
la même ville, son premier atelier.
25 avril 1881 : Inauguration du musée Poldi
Pezzoli à Milan, collection privée ouverte au public après la
mort, en 1879, de son illustre possesseur, Gian Giacomo Poldi Pezzoli.
1882 : Inauguration à Milan de la voie ferrée
du Saint-Gothard, événement majeur sur le plan économique, car
facilitant l’importation de fer et de charbon.
mai 1882 : Nietzsche fait une excursion avec
Lou-Andréas Salomé sur le Sacro Monte d’Orta, qui lui aurait
inspiré Ainsi parlait Zarathoustra.
Espérant lui déclarer sa flamme, il est rapidement éconduit et
parlera ensuite toute sa vie de Sacro Monte comme de son « plus beau
rêve ».
1887 : Verdi donne Otello
pour la première fois à la Scala.
Acclamé par le public, il est rappelé dix-neuf fois devant le
rideau. Inauguration du palais néo-Renaissance Bagatti Valchessi à
Milan, après onze ans de travaux. Il fut commandité par les frères
Fausto et Giuseppe Bagatti pour abriter leur collection d’art du
XVIe siècle, principalement lombard.
entre 1890 et 1903 : Isola di Garda sur le lac
de Garde est rachetée par le duc Gaetano de Ferrari di Genova et son
épouse l’archiduchesse russe Maria Annenkoff. Ils y font bâtir
une villa de style néogothique vénitien.
1891 : Apparition du divisionnisme à
l’exposition triennale de la Brera à Milan.
1893 : Création du Parco Sempione à Milan, un
jardin s’étendant sur 47 hectares à l’arrière du château des
Sforza.
1892 : Angelo Morbelli (1853-1919) peint Jour
de fête à l’hospice Trivulzio à Milan.
6-9 mai 1898 : Insurrections populaires
déclenchées à Milan contre le ministère Rudini, comme ailleurs
dans la péninsule, mais qui sont ici particulièrement réprimées.
Partout dans le pays, la classe ouvrière réclame des droits
sociaux.
vers 1900 : L’Art Nouveau gagne l’Italie où
il prend une forme originale désignée sous le terme de Liberty.
De nombreuses créations
d’architecture verront ainsi le jour dans la région lombarde :
villas de villégiature autour du lac Majeur et du
lac d’Iseo, immeubles
prestigieux à Milan.
1901 : Giuseppe Verdi s’éteint à Milan. La
même année, le peintre milanais Giuseppe Pellizza da Volpedo
(1868-1907) réalise Le Quatrième
Etat, qu’il définit lui-même
comme « un tableau social représentant le principal événement de
notre époque : la marche fatale des travailleurs ».
1903-1905 : Construction à Milan, en style
Liberty de la Casa Galimberti, selon les dessins de l’architecte
Giovanni Battista Bossi (1864-1924).
1905 : Pelizza da Volpedo peint l’une des
versions des Ambassadeurs de la faim,
ou Marée humaine.
1904-1906 : Les frères Galimberti font
construire à Milan la Casa Campanini, en style Liberty, selon les
dessins de l’architecte Alfredo Campanini (1873-1926).
1906 : Giorgio Enrico Falck crée la Société
anonyme des aciéries Falck, à Sesto San Giovanni, dans la banlieue
de Milan, non loin de la stratégique voie ferrée du Saint-Gothard,
facilitant l’approvisionnement du charbon exporté d’Allemagne,
comme celui des ferrailles à recycler.
début
1910 : Rencontre à Milan de Umberto Boccioni (1882-1916), Carlo Carra
(1881-1966) et Luigi Russolo (1885-1947) avec Filippo Tommaso
Marinetti (1876-1944), qui vient de publier à Paris le Manifeste
du futurisme. Les années 1910-1914
seront dès lors celles de l’âge d’or du futurisme italien dans
la capitale lombarde.
De la première guerre mondiale à nos jours
(XXe-XXIe siècle)
A l’issue de la première guerre mondiale,
l’Italie n’obtient pas les territoires promis le 26 avril 1915, lors de la conclusion du pacte de Londres, le traité de Versailles ne lui offrant
finalement qu’une « victoire mutilée ». Cette désillusion
nationale, associée aux difficultés économiques et sociales de
l’après-guerre, contribue à la montée du fascisme, né à Milan
le 23 mars 1919, sous l’égide de Mussolini. Après l’instauration
du nouveau régime, en 1922, la capitale lombarde sera d’ailleurs
constamment perçue comme rivale de Rome. Sur le plan culturel, son
rayonnement est alors immense et contribue au renouveau de
l’architecture et du design, tout en s’ouvrant à de nouvelles
formes d’art pictural, tel l’art abstrait. Dans la seconde moitié
du XXe siècle, Milan reste le fer de lance en Europe occidentale du
design, et s’affirme aussi comme capitale de la mode. Acteur
principal du « miracle économique » de l’après-guerre, la
Lombardie est encore aujourd’hui à la tête de tous les secteurs,
industriels et agricoles, tandis que l’Italie du Sud peine à
sortir de son marasme. Cette dichotomie, souvent mal vécue, entraîne
depuis la fin du XXe siècle de nouvelles revendications et la mise
en cause par les Ligues, inspirées de l’histoire médiévale, de
l’unité nationale. Par ailleurs, l’Exposition universelle de
Milan, organisée du 1er mai au 31 octobre 2015 sur le thème de « Nourrir la planète », achève de consacrer la capitale lombarde
comme la ville italienne la plus tournée vers l’avenir.
1915-1918 : L’Italie est engagée dans la
première guerre mondiale.
3 novembre 1918 : Armistice signé à la villa
Giusti près de Padoue entre l’empire austro-hongrois et l'Italie.
23 mars 1919 : Création à Milan du parti
fasciste dirigé par Benito Mussolini.
1921 : Gio Ponti (1891-1979) devient architecte
après des études à l’Ecole polytechnique de Milan. La même
année, Gabriele d’Annunzio (1863-1938) s’installe dans l’ancienne
villa de Cargnacco, au-dessus du lac de Garde, à Gardone Riviera,
dont il fera l’emblématique Vittoriale degli Italiani.
1922 : Formation du groupe Novecento à Milan,
prônant le retour à l’ordre classique, dominé par le peintre
Mario Sironi (1885-1961).
1923 : Création de la Biennale des arts
décoratifs de Monza.
1927 : Gio Ponti fonde Domus,
revue de design et d’art décoratif.
1929 : Ouverture à Milan de la galerie Del
Milione qui contribue à introduire l’art abstrait en Lombardie.
Dans les années trente : Apparition des
designers, qui façonneront, eux aussi, dans les décennies suivantes,
l’identité culturelle de Milan.
1933 : Les Biennales de Monza deviennent les
Triennales de Milan.
1933 : Gio Ponti publie La
Casa all’italiana. La même année,
il réalise à Milan la Torre Branca, une tour belvédère en acier
de 109 mètres.
1934 : Construction par le régime fasciste
d’un nouveau forum public, qui deviendra par la suite le Museo del
Novecento à Milan.
du 11 au 14 avril 1935 : Conférence de Stresa
dans la salle de musique du palais des Borromée à Isola Bella, qui
réunit, au lendemain du réarmement allemand, Mussolini, Pierre Laval et Ramsay MacDonald.
1er mars 1938 : Mort de Gabriele d’Annunzio,
dans son Vittoriale du lac de Garde.
1939 : Création à Milan de la société
Arteluce, pionnière dans le secteur de l’éclairage moderne, par
Gino Sarfatti.
1942 : Renato Guttuso (1911-1987) présente sa
Crucifixion à
Bergame.
1943 : La Scala est presque entièrement
détruite par les bombardements.
25 juillet 1943 : Arrestation de Mussolini, dont
le régime s’effondre.
9 septembre 1943 : L’Italie signe l’armistice
avec les Alliés, mais les deux tiers de son territoire restent aux
mains des Allemands.
12 septembre 1943 : Mussolini, placé en résidence surveillée au Gran Sasso, est libéré par un commando de parachutistes allemands aux ordres d'Otto Skorzeny
23 septembre 1943 : Mussolini fonde sa
République sociale italienne dont le siège s’installe à Salo, sur
la rive occidentale du lac de Garde.
2 mai 1945 : Fin de la seconde guerre mondiale
en Italie.
1946 : Reconstruite presque à l’identique,
la Scala ouvre à nouveau ses portes sous la direction d’Arturo
Toscanini.
1947 : Fondation à Milan du Picolo
Teatro par Giorgio Strehler
(1921-1997).
1er janvier 1948 : Entrée en vigueur de la
constitution de la République italienne.
1949 : Création à Milan de la firme Kartel,
spécialisée dans la production d’objets en plastique.
1949 : Lucio Fontana (1899-1969), actif à
Milan, commence à écorcher ses tableaux. « La toile – d’après
lui – n’est pas ou plus un support, mais une illusion. »
à partir de 1950 : Le « miracle économique » de l’après-guerre concerne surtout l’Italie du Nord, ainsi
l’industrieux Milanais bénéficie des investissements engagés
par L’Etat. Se dessine déjà un fossé avec les régions du Sud.
1957 : Publication par Gio Ponti de Amatte
l’architettura.
1958-1959 : Construction à Milan du gratte-ciel
Pirelli, dessiné par Gio Ponti.
1962 : Fondation des Semaines musicales de
Stresa.
à partir de 1965 : Ascension du secteur de la
mode à Milan (Missoni, Nino Cerruti, Krizia), qui contribue au
prestige de la ville, comme à son dynamisme économique.
1963 : Pietro Manzoni meurt à l’âge de 29
ans. Pionner de l’art conceptuel et de l’arte povera, il s’était
notamment rendu célèbre en 1961 avec sa Merda
d’artista.
1967 : L’architecte Aldo Rossi (1931-1997)
fait édifier le quartier Gallaratese à Milan.
12 décembre 1969 : Attentat de la place Fontana
à Milan qui fait seize morts et 88 blessés. Cet attentat est attribué successivement à l'extrême gauche puis à
l’extrême-droite.
1978 : L’architecte Aldo Rossi (1931-1997)
construit le Teatrino Scientifico à Milan.
dans les années quatre-vingt : Fermeture progressive
des aciéries Falck à Sesto San Giovanni dans la banlieue nord de
Milan. La zone est surnommée « le Stalingrad d’Italie ».
11 décembre 1980 : Fondation à Milan du groupe
de Memphis (en référence à une chanson de Bob Dylan) par le
designer Ettore Sottsass (1917-2007). Le groupe aspirait à ouvrir le
design aux tendances les plus récentes tout en se réclamant du pop
art.
1983 : Nomination du socialiste lombard Bettino
Craxi au fauteuil de président du Conseil. La même année meurt à
Milan le poète Vittorio Sereni (1913-1983).
1985-1988 : Construction du centre commercial
Centro Torri à Parme par Aldo Rossi. A la même époque,
l’architecte Vittorio Gregotti (né en 1927) rénove l’ancienne
zone industrielle milanaise Pirelli-Biccocia.
1987-1989 : Développement de la Ligue lombarde
s’opposant au pouvoir centralisateur exercé par Rome.
1989 : Dirigée par Umberto Bossi, la Ligue du
Nord naît de la fusion de la Ligue lombarde et de la Ligue
vénitienne.
1992 : Mario Chiesa, membre du parti socialiste, est arrêté en flagrant délit de corruption.
1994 : Fondation par Silvio Berlusconi de la
Forza Italia. Elle entre la même année au gouvernement dans une
coalition de deux ans avec la Ligue du Nord d’Umberto Bossi et le
parti d’extrême-droite du MSI.
15 septembre 1996 : Bossi et la Ligue du Nord
réclament l’indépendance de la Padanie, dont le territoire
correspondrait grossièrement à la vallée du Pô et inclurait de
fait la Lombardie. Mais leur démarche reste lettre morte.
1997 : Dario Fo, originaire de Lombardie, près
de Varèse, reçoit le prix Nobel de littérature. La même année, Gabriele Albertini, le candidat de Forza Italia, remporte les
élections municipales de Milan contre les léguistes d’Umberto
Bossi.
2001 : Berlusconi revient au pouvoir pour cinq
ans. La même année, le théâtre de la Scala est fermé pour
rénovation. Le chantier est confié à l’architecte Mario Botta
(né en 1943).
2002 : Inauguration dans l’ancienne zone
industrielle de la Bicocca du théâtre des Arcimboldi, réalisé par
l’architecte Vittorio Gregotti.
24 janvier 2003 : Mort de Giovanni Agnelli,
dirigeant historique de Fiat.
2004 : Réouverture de la Scala, qui joue pour
l’occasion l’œuvre d’Antonio Salieri, L’Europa
riconosciuta, donnée lors de son
inauguration en 1778.
2006 : Berlusconi est battu par le centre gauche
Romano Prodi. La même année cependant, Letizia Moratti, ancien
membre du gouvernement Berlusconi, ravit à Gabriele Albertini la
mairie de Milan.
2008 : Silvio Berlusconi remporte une troisième
fois les élections législatives en s’alliant avec Forza Italia.
2009 : La Forzia Italia est rebaptisée le « Peuple de la Liberté ».
2010 : Victoire du Peuple de la Liberté aux
élections régionales. Roberto Formigoni est réélu à la
présidence du Conseil régional de Lombardie.
juin 2011 : Victoire aux municipales du candidat
de gauche Giuliano Pisapia.
novembre 2011 : Berlusconi quitte la présidence
du Conseil. Il est remplacé par Mario Monti, ancien commissaire
européen.
2012 : Elaboration d’un projet visant à
revaloriser les anciennes aciéries Falck, à Sesto San Giovanni,
dans la banlieue nord de Milan, en parc de patrimoine industriel. Sa
réalisation est confiée à l’architecte Renzo Piano (né en
1937).
2012 : Suite à des problèmes
d’approvisionnements de fonds illicites, Umberto Bossi est
contraint à la démission.
2013 : La Ligue du Nord, alliée de Berlusconi
depuis 2001, passe dans l’opposition. Au mois d’août de la même
année, Berlusconi est condamné à quatre ans de prison ferme pour
fraude fiscale dans l’affaire de Mediaset. Sa peine est cependant
commuée en travaux d’intérêt général, pendant dix-huit mois.
14 avril 2015 : Après avoir purgé sa peine,
Berlusconi retrouve sa liberté de mouvement, mais demeure
inéligible.
L’Italie peine à sortir de la crise politique. Après un troisième président du Conseil en trois ans et une troisième année de récession le pays a vu arriver aux affaires Matteo Renzi qui, âgé de 39 ans, est le plus jeune président de l’histoire de la République italienne. M. Renzi dirige un gouvernement de centre-gauche composé pour l’essentiel de membres du parti démocrate, complété par quelques ministres de centre-droit. Malgré la croissance retrouvée en 2015 après treize trimestres consécutifs de récession, la stagnation du pouvoir d’achat et la persistance du chômage chez les jeunes n’ont pu être surmontés et seul l’excédent commercial a donné satisfaction à une Europe qui reste méfiante quant à l’équilibre budgétaire et à la compétitivité de l’Italie.
du 1er mai au 31 octobre 2015 : Succès de l’Exposition universelle de Milan, qui attire vingt millions de visiteurs et témoigne du dynamisme et de la vitalité de la capitale lombarde. Ces résultats encourageants incitent Matteo Renzi à avancer sur la question de la réforme constitutionnelle avec, à la clé, un référendum prévu pour décembre 2016.
Décembre 2016 : Après quinze années difficiles, les électeurs expriment leur mécontentement lors du référendum de réforme constitutionnelle : ils votent « non » à 59% (+ de 70% chez les moins de 35 ans). Ce résultat conduit à la démission de Matteo Renzi qui avait la confiance des institutions européennes, remplacé par Paolo Gentiloni. Malgré la réforme du marché du travail, le chômage persiste à un haut niveau. Dans le même temps, le rejet de la classe politique et le développement de sentiments anti-bruxellois favorisent la montée dans l’opinion du mouvement populiste 5 Etoiles de Beppe Grillo. La question de l’immigration en provenance des côtes africaines devient également un élément majeur du débat politique.
Mars 2018 : Les élections législatives sont perçues comme un séisme politique de grande ampleur. Avec 37% des voix, la coalition des droites réunissant Forza Italia, Fratelli d’Italia et la Ligue de Matteo Salvini l’emporte, la Ligue en constituant désormais l’élément le plus fort. A l’inverse le Parti Démocrate de Matteo Renzi, aux affaires depuis 2013, subit une déroute historique avec 18% des voix. Le Mouvement 5 Etoiles de Luigi di Maio atteint pour sa part 32% des voix. Contre toute attente, c’est un gouvernement de coalition confié à Giuseppe Conte réunissant le mouvement 5 Etoiles et la Ligue qui se met en place à l’issue de cette séquence électorale. Très vite, c’est le leader de la Ligue - Matteo Salvini, devenu ministre de l’Intérieur - qui s’impose comme la personnalité la plus en vue du gouvernement, en exploitant auprès de l’opinion la crise migratoire.
Août 2019 : Alors que la Ligue l’a emporté lors des élections européennes avec 35% des voix (le Mouvement 5 Etoiles est tombé à 17%) Matteo Salvini déclenche une crise gouvernementale dont il attend de nouvelles élections qu’il espère remporter. Contre toute attente, le Mouvement 5 Etoiles trouve une alternative dans une alliance avec le Parti Démocrate qu’il dénonçait violemment quelques années plus tôt. Le gouvernement Conte 2 va bénéficier du soutien de Bruxelles, garanti par la bénédiction inattendue que lui donne Matteo Renzi.
2020 : Le débat politique est éclipsé en 2020 par l’épidémie de Covid qui frappe durement l’Italie, premier pays d’Europe contraint d’imposer le confinement. Pour l’Italie cela signifie la chute du PIB et l’envolée de la dette publique alors que l’Europe doit accepter la suspension du pacte de stabilité imposé en amont pour permettre le retour à l’équilibre financier. Sur le plan politique, un nouveau rapport de forces se dessine à droite à l’occasion de diverses élections locales. Forza Italia poursuit son déclin mais la Ligue de Matteo Salvini doit maintenant compter avec le mouvement Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni.
Février 2021: Une majorité inattendue se forme au Parlement pour soutenir le gouvernement confié à Mario Draghi, l’ancien président de la Banque Centrale Européenne, naguère ennemi juré de la Ligue et du Mouvement 5 Etoiles. Une volte-face qui s’explique par l’ampleur de l’épidémie de Covid et par le fait que le plan de relance européen a été orienté en priorité vers l’Italie, appelée à recevoir 200 milliards d’euros. Le mouvement 5 Etoiles perd en octobre 2021 les mairies de Rome et de Turin. La Ligue se rallie à la majorité de Mario Draghi mais son audience mesurée par les enquêtes d’opinion continue à s’éroder au profit du mouvement concurrent Fratelli d’Italia. Dans le même temps, le Parti Démocrate opère une sensible remontée. Mais le vainqueur du moment est sans conteste Mario Draghi, soutenu par la classe dirigeante, par les marchés et par l’Europe.
Octobre 2022 : Giorgia Meloni, cheffe du parti Fratelli d'Italia, remporte les élections nationales et devient présidente du conseil.
2023 : Lors des élections régionales, le parti Fratelli d'Italia obtient la majorité en Lombardie.
Février 2026 : Jeux olympiques d'hiver à Milan. Malgré de nombreuses controverses (cyberattaques russes, présence d'athlètes russes et israéliens, soupçons de corruption), l'évènement est un grand succès. La Norvège emporte pour la quatrième fois d'affilés les jeux par le nombre de médailles gagné.
L'élection de Giorgia Meloni avait fait craindre a beaucoup la radicalisation de l'Italie tant sur les questions migratoires qu'économiques ou internationales. Mais pragmatique, la cheffe du gouvernement italien s'est adaptée pour assurer la stabilité de sa coalition politique et rassurer l'opinion publique quant à sa politique. Si l'immigration illégale a été fortement réduit, l'immigration légal est encouragé pour pallier à l'effondrement démographique que connaît le pays. Moins europhile que les gouvernements allemand ou français, elle a gardé la confiance de Bruxelles grâce à la réduction de son déficit publique (3,4% en 2025, contre 8,6 % en 2022) et profite des bons résultats économiques (chômage au plus bas depuis plus de vingt ans, balance commerciale très excédentaire).