Le territoire de l’Argentine actuelle ne fut pas, à l’époque précolombienne le siège de grandes civilisations comme celle des Incas, des Mayas ou des Aztèques, mais peuplé de tribus de chasseurs nomades en Patagonie, ou, dans la région de la Plata, d’une société d’Indiens qui se livraient à une agriculture ...
Lire la suiteLe territoire de l’Argentine actuelle ne fut pas, à l’époque précolombienne le siège de grandes civilisations comme celle des Incas, des Mayas ou des Aztèques, mais peuplé de tribus de chasseurs nomades en Patagonie, ou, dans la région de la Plata, d’une société d’Indiens qui se livraient à une agriculture primitive et à un commerce limité. Ce furent ces derniers qui tendirent une embuscade à Juan Diaz de Solis, le navigateur espagnol qui aborda le premier ces rivages en 1516. Attirés par les récits faisant mention de richesses fabuleuses – Rio de la Plata ne signifie-t-il pas Rivière de l’Argent – plusieurs expéditions, comme celles de Sébastien Cabot ou de Pedro de Mendoza s’achevèrent en désastre. Cependant à la fin du XVIe siècle de petites colonies d’Espagnols, souvent mariés à des femmes indigènes, commençaient à prospérer autour d’Asunción – aujourd’hui au Paraguay – et de Buenos Aires. L’Argentine coloniale ne fut que tardivement perçue comme une entité : son territoire dépendait de la vice-royauté du Pérou et ce ne fut qu’à partir de 1776 que naquit la notion d’Argentine autour des trois centres de Tucuman, de Cordoba et de Buenos Aires, en réponse à la menace politique que faisait peser sur les colonies espagnoles la croissance du Brésil portugais. Buenos Aires devint alors la porte du continent sud-américain vers l’Espagne et l’Europe. L’invasion de l’Espagne par les troupes napoléoniennes en 1808 joua un rôle capital dans l’émancipation de l’Argentine qui refusait aussi bien les prétentions françaises que les interventions britanniques menées au nom de Ferdinand VII. L’indépendance des Provinces unies du Rio de la Plata fut proclamée en 1816, mais le pays allait immédiatement sombrer dans les luttes fratricides entre les partisans d’une fédération de provinces et les partisans d’un régime centralisé. Ce ne fut que dans les dernières décennies du XIX siècle que l’unité fut effective et que le nouveau gouvernement, dominé par les militaires se lança dans la conquête du sud du pays. Ces nouvelles terres attirèrent d’innombrables immigrants européens et le pays se modernisa rapidement, se dotant en particulier d’un vaste réseau de chemins de fer. L’histoire de l’Argentine au XXe siècle fut marquée par l’alternance de régimes militaires et d’ouvertures vers la démocratie avec laquelle le pays a renoué depuis 1983.