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De la seconde guerre mondiale à l'indépendance

1937 : Déclenchement de la guerre sino-japonaise qui aboutit à l’occupation de la Chine du Sud par les forces nippones désormais présentes sur la frontière nord du Tonkin. Tous les ports de Chine sont sous contrôle japonais mais l’Angleterre, par la route de Birmanie, et la France, par le chemin de fer du Yunnan, sont encore en mesure de ravitailler le gouvernement chinois nationaliste de Tchang Kaï Shek (Hiang Je Shi) replié à Tchoung King, dans le Se-Tchouan (c’est-à-dire le Bassin rouge, dans la moyenne vallée du Yang Tsé Kiang).
19 juin 1940 : Deux jours après l’annonce par le maréchal Pétain, nouveau chef du gouvernement, de l’ouverture de négociations d’armistice avec l’Allemagne victorieuse, les Japonais adressent un ultimatum au général Catroux, gouverneur général de l’Indochine depuis août 1939 et exigent de contrôler le trafic du port de Haïphong. Faute de l’appui des États-Unis et de la flotte britannique d’Extrême-Orient, le général Catroux doit accepter les conditions japonaises et une commission de contrôle est installée à la frontière sino-tonkinoise.
20 juillet 1940 : Remplacement du général Catroux par l’amiral Decoux, nommé à la tête de l’Indochine par le gouvernement de Vichy. Totalement isolé de la métropole et placé dans un rapport de forces très défavorable face aux Japonais, l’amiral va réussir à maintenir, au prix de concessions inévitables, la souveraineté française sur l’Indochine jusqu’en 1945. 6 septembre 1940 : Une unité japonaise franchit la frontière du Tonkin près de Lang Son.
19 septembre 1940 : Ultimatum du général japonais Nishihara à l’amiral Decoux, qui doit accepter avec l’accord de Vichy les conditions nippones.
22 septembre 1940 : Signature de la convention de Haïphong autorisant les forces japonaises à pénétrer au Tonkin et leur cédant un certain nombre de points sur la rive gauche du fleuve Rouge ainsi que des terrains d’aviation au nord du territoire. Le Japon s’engageait en contrepartie à respecter l’intégrité du territoire indochinois et la souveraineté de la France.
23 novembre 1940-28 janvier 1941
: Guerre avec le Siam, conclue le 9 mai par un traité signé à Tokyo abandonnant au Siam des territoires de l’ouest du Cambodge et du Laos. La division navale française d’Extrême-Orient n’en avait pas moins envoyé par le fond, au large de l’île de Koh Chang, le 17 janvier, la majeure partie de la flotte siamoise.
19 mai 1941: Création du Viet Minh (Ligue pour l’indépendance du Vietnam).
À partir de 1941
: Le Japon respecte en apparence les engagements de la convention conclue à Haïphong mais favorise le développement de l’agitation indépendantiste, ce qui s’inscrit dans la continuité de son action depuis le début du siècle, depuis qu’il prétend être reconnu comme le champion du « réveil de l’Asie ».
29 juillet 1941 : Nouvelle convention militaire franco-nippone qui entraîne l’installation de garnisons japonaises en Indochine.
Novembre 1941 : L’Indochine française est complètement coupée de la métropole.
8 décembre 1941 : Entrée des troupes japonaises dans Hanoi.
novembre 1944 : Le général Mordant unifie les divers mouvements de résistance français en Indochine pour préparer le débarquement allié considéré alors comme imminent.
9 mars 1945 : L’ambassadeur japonais Yatsumoto remet à l’amiral Decoux un ultimatum exigeant le contrôle des forces militaires et navales stationnées en Indochine, ainsi que de l’administration française. Devant le refus de ce dernier, les Japonais attaquent les forces françaises très inférieures en nombre et occupent l’ensemble du pays. Seuls les hommes du général Alessandri parviennent, par le nord du Tonkin, à gagner la Chine demeurée sous le contrôle de Tchang Kaï Shek. De nombreux prisonniers sont exécutés ou torturés par les Japonais ou détenus dans des conditions atroces dans les camps de concentration nippons, notamment celui de Hoa Binh.
10 mars 1945 : Les Japonais chassent l’administration française et proclament l’indépendance du Vietnam en maintenant l’autorité de l’empereur Bao Dai et en laissant d’abord Pham Quynh à la tête du gouvernement. Il y est cependant remplacé quelques jours plus tard par Tran Trong Kim.
24 mars 1945 : Déclaration du Gouvernement provisoire de la République française sur la création d’une Fédération indochinoise au sein de l’Union française.
4 mai 1945 : Le terme de Vietnam remplace officiellement celui d’Annam.
Juin 1945 : Le Viet Minh établit une zone « libérée » en Haute Région.
Juillet-août 1945 : La conférence interalliée réunie à Potsdam – où la France n’est pas représentée – prévoit le partage du territoire indochinois à hauteur du 16e parallèle, entre une zone d’occupation chinoise au nord et une zone d’occupation anglaise au sud.
15 août 1945 : Le Japon accepte l’arrêt des combats qui précède la capitulation sans conditions signée en rade de Tokyo le 2 septembre suivant. Contraints d’évacuer l’Indochine, les forces nippones laissaient le pays en pleine anarchie après avoir favorisé l’armement des éléments nationalistes locaux.
16 août : Le Viet Minh (abréviation de Viet Nam Doc Lap Dong Minh, qui signifie Ligue pour l’indépendance du Viet Nam et qui rassemble plusieurs partis nationalistes dont le Parti communiste) organise une grande manifestation indépendantiste à Hanoi et un gouvernement provisoire présidé par Ho Chi Minh est constitué. Le même jour, dès qu’est connue la capitulation japonaise, le général de Gaulle, chef du gouvernement provisoire constitué en septembre 1944, nomme l’amiral Thierry d'Argenlieu haut commissaire en Indochine, avec mission de « rétablir l’autorité française dans les territoires de l’Union indochinoise ».
22 août 1945 : Arrivée à Hanoi de Jean Sainteny et du major Patty, officier de l’OSS (les services secrets américains) qui vient soutenir le mouvement indépendantiste vietnamien.
25 août 1945 : L’empereur Bao Dai abdique et prend le nom de Vinh Tuy, pour ne plus être que le « conseiller suprême » du nouveau gouvernement mis en place par les nationalistes. Il prendra ses distances peu après.
28 août 1945 : Entrée des troupes chinoises au Tonkin. Elles sont à Hanoi le 10 septembre.
29 août 1945 : Fondation officielle de la République démocratique du Vietnam. L’agitation antifrançaise se développe dans les premiers jours de septembre.
12 septembre 1945 : Suppression des conseils de notables, remplacés par des conseils du peuple élus au suffrage universel par les hommes et les femmes âgés de plus de dix-huit ans. Les corvées traditionnelles qui permettaient l’entretien des routes et des digues sont supprimées. L’agitation sociale se généralise. Les difficultés nées de ces troubles expliquent les famines qui affecteront le Tonkin en 1946.
23 septembre : Les Français de Saigon chassent les forces du Viet Minh établies dans la capitale de la Cochinchine et reprennent le contrôle des bâtiments et des services publics. Les militants et sympathisant du Viet Minh massacrent en représailles une centaine de Français de la cité Heyraud.
5 octobre 1945 : Arrivée à Saigon du général Leclerc, bientôt suivi par une division blindée
janvier 1946 : Élection d’une assemblée nationale vietnamienne, réunie à Hanoi le 2 mars. Elle élit Ho Chi Minh président de la République démocratique du Vietnam et lui octroie les pleins pouvoirs pour former le gouvernement.
6 mars 1946 : Ho Chi Minh conclut avec Jean Sainteny, commissaire de la République pour le Tonkin et représentant de Thierry d’Argenlieu, des accords par lesquels la France reconnaît la République du Vietnam comme un État libre doté d’un gouvernement, d’un Parlement et d’une armée mais rattaché à la Fédération indochinoise et à l’Union française. Le gouvernement vietnamien se dit prêt à accueillir les troupes françaises censées relever les troupes chinoises chargées de l’occupation du Tonkin. Une conférence franco-vietnamienne est également prévue. Les troupes de Leclerc peuvent débarquer sans encombre à Haïphong et et chasser du Tonkin les Chinois qui ne leur opposent qu’une faible résistance. Les négociations franco-vietnamiennes peuvent commencer, à Dalat d’abord (en mai et en août), à Fontainebleau ensuite (en septembre).
24 mars 1946 : Rencontre entre Ho Chi Minh et Thierry d’Argenlieu en baie d’Along.
1er juin 1946 : D’Argenlieu encourage à la proclamation de la République autonome de Cochinchine, ce qui est considéré comme inacceptable par Ho Chi Minh qui voit là une violation des accords conclus en mars avec Jean Sainteny.
10 juin 1946 : Les Chinois entament l’évacuation du Tonkin.
septembre 1946 : Ho Chi Minh, arrivé en France le 27 juin, et les autorités françaises ne peuvent, lors de la conférence de Fontainebleau rapprocher leurs points de vue sur la question de l’unité des trois Ky (Tonkin, Annam et Cochinchine).
Octobre 1946 : Élimination par le Viet Minh des autres groupes nationalistes.
23 novembre 1946 : À la suite d’un incident opposant Français et Vietnamiens, la Marine française bombarde Haïphong en faisant de nombreuses victimes. 19 décembre: Les forces du Viet Minh commandées par Vo Nguyen Giap attaquent Hanoi par surprise et massacrent les civils français isolés à sa périphérie. De nombreuses garnisons françaises sont assiégées au même moment, notamment à Bac Ninh, Nam Dinh et Hué. Le 21 décembre, Ho Chi Minh lance un appel général à l’insurrection. Les actions de guérilla se multiplient sur tout le territoire.
5 mars 1947 : E. Bollaert remplace l’amiral d’Argenlieu. Il sera lui-même remplacé en octobre 1948 par L. Pignon.
5 juin 1948 et 8 mars 1949 : Signature des accords franco-vietnamiens relatifs à l’indépendance de l’Indochine. Renonçant à un compromis avec Ho Chi Minh, la France s’est retournée dès mai 1947 vers Bao Dai, l’empereur légitime parti en exil à Hong Kong. Les négociations engagées avec le ministre de la France d’outre-mer Coste-Fleuret et avec les hauts-commissaires Bollaert, puis Pignon, conduisent à la reconnaissance de l’indépendance du Vietnam au sein de l’Union française. Le nouvel État se voyait reconnaître une pleine souveraineté à l’intérieur, la constitution d’une armée nationale et le droit de représentation auprès des puissances étrangères.
mai 1949 : L’Assemblée nationale française vote le rattachement de la Cochinchine, qui était une colonie française, à l’État associé du Vietnam, ce qui correspondait à l’Union des trois Ky revendiquée par les Vietnamiens.
Octobre 1949 : Victoire de Mao Tsé Toung et installation de la République populaire de Chine.
Novembre 1949 : Les Pays-Bas doivent reconnaître l’indépendance complète de l’Indonésie.
1950-1953 : La guerre de Corée oppose les deux États coréens soutenus respectivement par les USA et leurs alliés pour celui du Sud, par la Chine populaire et l’URSS pour celui du Nord. Dans ce contexte nouveau, la lutte de décolonisation engagée en 1946 au Vietnam devient un épisode de la guerre froide opposant le bloc occidental au bloc communiste. En Indochine, les USA, qui ont soutenu Ho Chi Minh en 1945 dans le contexte des engagements rooseveltiens en faveur de la décolonisation, appuient désormais les efforts de la France pour soutenir le régime de Bao Dai contre un Viet Minh bénéficiant pour sa part du soutien direct des États communistes. Grande-Bretagne et USA reconnaissent le régime de Bao Dai le 7 février 1950 après que Pékin et Moscou ont reconnu la République démocratique du Vietnam en janvier.
Octobre 1950 : Les forces françaises déployées sur la frontière sino-tonkinoise doivent se replier sous la pression des divisions viet-minh qui ont été formées en Chine et y disposent désormais d’un sanctuaire. L’abandon de Lang Son et la retraite par la Route coloniale 4 aboutissent au désastre de Cao Bang. Les Français doivent alors se replier sur le delta du fleuve Rouge pour y sauver le Tonkin « utile », c’est-à-dire Hanoi, Haïphong, les rizières qui constituent le grenier du pays et les charbonnages du Tonkin. L’abandon de la Haute Région était cependant lourd de menaces car le contrôle du Tonkin impliquait celui du cours supérieur du fleuve Rouge et de la vallée de la rivière Claire, voies de passage essentielles dans des régions montagneuses et couvertes de jungle largement inaccessibles par ailleurs. L’afflux de l’aide chinoise et la disposition de vastes bases de repli allaient constituer pour le Viet Minh des atouts majeurs.
17 décembre 1950 : L'arrivée à Saigon du général de Lattre de Tassigny, haut-commissaire et commandant en chef permet de rétablir la situation. Il organise la couverture du delta et casse les offensives viet-minh lors des batailles de Vinh Yen en janvier et de Dong Trieu en mai. De Lattre entendait par ailleurs, au nom de la lutte contre le communisme, confier progressivement à l’armée vietnamienne qui était en train de se former et de s’aguerrir, l’essentiel de la défense du pays.
Septembre 1951 : Voyage du général de Lattre aux États-Unis. À partir de 1952, les USA financeront pour moitié le coût de la guerre.
11 janvier 1952 : Mort du général de Lattre. Le général Salan lui succède en avril.
Novembre-décembre 1952 : Échec des attaques de Giap contre Nasan.
27 juin 1952 : Déclaration du président Truman à propos de l’engagement américain en Extrême-Orient pour y stopper la progression du communisme.
24 juillet 1953 : Le général Navarre, promu en mai au commandement en chef, fait approuver par un Comité de la défense nationale un plan visant à contenir le Viet Minh et à placer la France en position favorable en vue d’une paix de compromis.
20-22 novembre 1953 : Opération « Castor ». Six bataillons parachutistes français occupent la cuvette de Dien Bien Phu à l’ouest du Tonkin, en pays thaï, pour interdire aux forces du Viet Minh toute avancée qui, de Lai Chau ( sur la rivière Noire) en direction de Luang Prabang (sur le Mékong) le mettrait en situation de menacer le Laos, pays avec lequel la France venait de signer, le 28 octobre 1953, un accord de défense. Les Français sont convaincus que les forces du Viet Minh commandées par le général Giap ne seront pas en mesure d’amener dans ces régions isolées et privées de routes l’artillerie lourde susceptible de menacer sérieusement le camp retranché en cours d’aménagement et relié à Hanoi et aux bases du delta par la seule voie des airs.
13 mars-7 mai 1954 : Le camp retranché de Dien Bien Phu résiste à l’assaut général dont il est l’objet mais la disproportion des forces prive les défenseurs de tout espoir et le colonel de Castries doit finalement accepter la reddition. Les meilleures troupes françaises se trouvent décimées ou prisonnières et le retentissement de la victoire viet-minh est considérable dans le monde entier où Dien Bien Phu apparaît comme le symbole de la victoire des peuples colonisés contre les anciennes puissances impériales.
8 mai 1954 : Ouverture de la conférence de Genève sur l’Indochine.
Juin 1954 : Le général Ely succède au général Navarre.
16 juin 1954 : Ngo Dinh Diem devient chef du gouvernement à Saigon.

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