Logo Clio
 
Service voyages
Service voyages


Mythes et réalités de l’illusion soviétique

Février 1917 : La révolution éclate à Petrograd. Le rationnement du pain (16 février), la grève de l’usine Poutilov (18 février), celle des transports urbains (24 février) et la répression engagée le 26 conduisent le tsar à dissoudre la Douma le 27 alors que se constitue le même jour le Soviet (conseil révolutionnaire d’ouvriers et de soldats mutinés) de Petrograd. Alexandre Kerensky, l’un des leaders de l’opposition, réagit le 28 en constituant un Comité provisoire de la Douma qui se transforme en gouvernement provisoire le 2 mars quand on annonce l’abdication du tsar et quand on apprend le refus du grand-duc Michel d’assumer la régence. Les difficultés nées de la guerre, les fragilités de l’économie russe, le discrédit dans l’aristocratie de la famille impériale qui se voit reprocher les faveurs accordées à Raspoutine, les rigueurs de la vie quotidienne expliquent cette explosion révolutionnaire qui apparaît largement spontanée. Le gouvernement provisoire présidé par le prince Lvov prévoit pour la fin octobre des élections permettant de désigner une Assemblée constituante. L’octroi des libertés fondamentales et l’amnistie pour les condamnés et les exilés politiques créent un paysage politique nouveau. Dans un premier temps, le gouvernement provisoire et les soviets qui se forment partout en Russie ne s’opposent pas et la Russie continue la lutte contre les Empires centraux au sein de l’Entente.


3 avril 1917 : Retour de Lénine à Petrograd. Le chef du courant bolchevik, qui est alors à peu près inconnu et ne dispose que de quelques milliers de militants, se prononce d’emblée pour « la paix immédiate » et pour le transfert de « tout le pouvoir aux soviets ». Il est en effet convaincu qu’une Assemblée constituante élue au suffrage universel ne peut conduire à la révolution sociale radicale qu’il appelle de ses vœux alors que la « minorité agissante » bolchevique peut espérer prendre le contrôle des soviets.


5 mai – 7 juillet 1917 : Second gouvernement provisoire. Il brise, les 4 et 5 juillet, l’insurrection populaire déclenchée par les marins de Cronstadt et profite de l’événement pour réprimer les menées bolcheviques. Lénine et Staline doivent passer dans la clandestinité. Le prince Lvov démissionne et laisse à Kerensky la direction du gouvernement provisoire.


25 au 25 août 1917 : Échec de la tentative de putsch militaire du général Kornilov. Les bolcheviks sont alors en situation de reprendre l’initiative et Trotski, rentré en Russie en mai puis emprisonné en juillet, est élu, après avoir été libéré et avoir pris la tête de la résistance au coup d’État, président du Soviet de Petrograd le 25 septembre.


24 au 24 octobre 1917 : Insurrection bolchevique à Petrograd. Elle est déclenchée avant les élections à la Constituante et au moment où se réunit dans la capitale un Congrès panrusse des Soviets qui pourra donner une caution « nationale » au coup de force. Alors que les bolcheviks s’emparent aisément de Petrograd mais maîtrisent plus difficilement la situation à Moscou, Lénine fait entériner par le Congrès des Soviets les décrets sur la paix et sur la terre. Un nouveau gouvernement provisoire exclusivement bolchevique est constitué sous le nom de conseil des commissaires du peuple. Il est présidé par Lénine et Trotski se voit confier les affaires étrangères. Dès le 15 décembre, un armistice est conclu avec les puissances centrales à Brest-Litovsk où la paix sera signée le 3 mars 1918, après que les Allemands auront repris l’offensive le 18 février.


7 décembre 1917 : Création de la Tchéka, la police politique du nouveau régime. Elle sera, sous les ordres de Djerzinski, l’instrument de la terreur révolutionnaire.


À partir de janvier 1918, la nouvelle Russie soviétique adopte le calendrier grégorien et abandonne le calendrier julien de la tradition orthodoxe.


5 janvier 1918 : Réunion et dissolution immédiate de l’Assemblée constituante élue deux mois plus tôt.


21 janvier 1918 : Annulation des emprunts contractés par l’ancien régime tsariste.


27 février 1918 : Création de l’Armée rouge.


7 mars 1918 : Le VIIe Congrès du parti bolchevik le transforme en Parti communiste.


12 mars 1918 : Le gouvernement s’installe à Moscou.


17 juillet 1918 : Assassinat de la famille impériale à Iekaterinenburg.


19 juillet 1918 : Promulgation de la première constitution soviétique qui donne à la « classe ouvrière » un poids électoral cinq fois supérieur à celui de la paysannerie.


Été 1918 : Les bolcheviks éliminent leurs anciens alliés socialistes-révolutionnaires qui se sont dressés contre eux à partir du mois de juillet. C’est durant cette période que se met en place le « communisme de guerre » impliquant la nationalisation de tous les secteurs de l’économie et la généralisation des réquisitions.


2 août 1918 : Les Anglais occupent Arkhangelsk sur la mer Blanche.


25 octobre 1918 : Note alliée aux États neutres organisant le blocus de la Russie qui s’enfonce dans la guerre civile opposant l’Armée Rouge organisée par Trotski aux Armées blanches contre-révolutionnaires.


8 novembre 1918 : Le pouvoir bolchevik dénonce le traité de Brest-Litovsk.


22 janvier 1919 : La conférence organisée dans l’île des Princes, en mer de Marmara, ne permet pas de réconcilier Rouges et Blancs.


2-6 mars 1919 : Lénine constitue à Moscou la IIIe Internationale qui, dirigée par le Komintern, doit rassembler tous les partis socialistes se reconnaissant dans la révolution bolchevique et devenir ainsi l’instrument de la révolution mondiale que les dirigeants soviétiques croient alors imminente.


Avril 1919 : L’Armée blanche de l’amiral Koltchak venue de Sibérie est vaincue sur la Volga et son chef sera fusillé à Irkoutsk en février 1920.


Octobre 1919 : L’Armée blanche du général Denikine est stoppée à Voronej.


Octobre-décembre 1919 : Le général blanc Youdénitch ne parvient pas à s’emparer de Petrograd.


16 janvier 1920 : Les puissances alliées – Anglais et Français – lèvent le blocus imposé à la Russie bolchevique face à laquelle elles organisent en Europe orientale un « cordon sanitaire » d’États chargés de contenir la poussée révolutionnaire.


Avril 1920 : Offensive en Ukraine de l’Armée blanche de Wrangel, combinée avec le déclenchement de la guerre russo-polonaise.


7 mai 1920 : Prise de Kiev par les Polonais, suivie par une contre-offensive soviétique conduite par Toukhatchevsky et Boudienny qui n’est arrêtée que devant Varsovie le 15 août, grâce à l’intervention de la mission militaire française conduite par le général Weygand.


1er septembre 1920 : Le congrès international de Bakou appelle l’Asie à s’engager à son tour dans la révolution.


Septembre-décembre 1920 : L’Azerbaïdjan, puis l’Ukraine se joignent à la République Fédérative des Soviets de Russie. En 1921, la Biélorussie (en janvier), la Géorgie (en mai) et l’Arménie (en décembre) se joignent à leur tour à la Russie. C’est en fait l’intervention de l’Armée rouge, venue appuyer l’action des bolcheviks locaux, qui met fin à la Fédération de Transcaucasie née des espoirs d’indépendance suscités par le décret des nationalités du 2 novembre 1917.


2-17 mars 1921 : La révolte des marins de Cronstadt contre le régime est écrasée par Trotski. Au cours des mois suivants, l’Armée rouge purge l’Ukraine des bandes anarchistes de Makhno. Dans le même temps, Lénine lance lors du Xe Congrès du Parti (8-16 mars) la NEP (Nouvelle Politique économique) qui organise la coexistence entre secteur nationalisé et planification d’une part et la privatisation d’un certain nombre d’activités d’autre part (dans l’agriculture et le commerce). Alors que le bilan de la guerre et du communisme de guerre était catastrophique – la production russe de 1921 égale un septième de celle de 1913 – la reconstruction et le dynamisme du secteur privatisé font que le pays rattrape le niveau de production de 1913 dès 1925.


28 mars 1921 : Le traité de Riga fixe les frontières du nouvel État polonais et de la Russie soviétique.


6 février 1922 : La Tchéka devient la Guépéou (GPU).


26 février 1922 : Confiscation des biens d’Église. Lancement d’une campagne violemment antireligieuse.


3 avril 1922 : Staline devient secrétaire général du Parti.


16 avril 1922 : Traité germano-soviétique de Rapallo. Il s’agit d’un pacte de non-agression complété d’accords secrets permettant de tourner le désarmement imposé à l’Allemagne.


Octobre 1922 : Les Japonais qui s’étaient avancés jusqu’au lac Baïkal – ce qui avait entraîné le débarquement d’un petit corps expéditionnaire américain à Vladivostok – évacuent la Sibérie orientale.


30 décembre 1922 : Naissance de l’Union des républiques socialistes soviétiques.


21 janvier 1924 : Mort de Lénine.


1925 : Trotski est exclu du gouvernement. La même année, le cinéaste Eisenstein réalise Le Cuirassé Potemkine et le poète Essenine se suicide.


1927 : Trotski et Zinoviev sont exclus du Parti.


Mai 1928 : Trotski est exilé à Alma-Ata. Il dénonce « la dégénérescence bureaucratique de l’État ouvrier » et se fait le champion d’une « révolution permanente » à vocation immédiatement universelle alors que Staline, au nom du réalisme et de la consolidation des acquis d’octobre, défend l’idée du « socialisme dans un seul pays » proclamée en décembre 1924.


Octobre 1928 – décembre 1932 : Mise en œuvre du premier plan quinquennal.


Janvier 1929 : Trotski est exilé d’URSS.


Automne 1929 : Début de la collectivisation forcée de l’agriculture et de l’élimination des koulaks, les petits paysans propriétaires.


Avril 1930 : Suicide du poète Maiakovski.


Juin 1930 : Création d’une administration spéciale des camps (Goulag) au sein du GPU.


Décembre 1932 : Introduction de l’obligation du passeport intérieur pour les citoyens soviétiques.


1932-1934 : Famine en Ukraine et dans le bassin méridional de la Volga. Elle fait cinq millions de victimes.


1933-1937 : Deuxième plan quinquennal. Les résultats annoncés sont spectaculaires, notamment dans le domaine de l’énergie, des infrastructures et de l’industrie lourde qui sont les priorités affichées du régime. Celui-ci entend alors « bâtir le socialisme dans un seul pays » avant de reprendre l’offensive pour la réalisation de la révolution mondiale après l’échec enregistré au cours de la période 1917-1921.


Juillet 1934 : Le GPU devient le NKVD.


18 septembre 1934 : L’URSS devient membre de la Société des Nations.


1er décembre 1934 : Assassinat de Kirov, responsable du parti à Petrograd. Il va fournir à Staline le prétexte des grandes purges.


Août 1935 : Début des campagnes « stakhanovistes » de mobilisation des travailleurs, du nom d’un ouvrier qui avait établi des normes de rendement exceptionnelles. (Il s’est avéré ultérieurement que toute cette campagne relevait de la simple propagande.)


Août 1936 : Premier procès de Moscou dont sont victimes Kamenev, Zinoviev et quatorze autres inculpés.


5 décembre 1936 : Promulgation de la troisième constitution soviétique.


Janvier 1937 : Deuxième procès de Moscou dont sont victimes, entre autres, Piatakov et Radek.


Mi-juin 1937 : Nouveau procès de Moscou visant principalement les militaires. Une épuration de grande ampleur aboutit à la liquidation de la moitié du commandement supérieur soviétique, Toukhatchevski étant la victime la plus célèbre.


Mars 1938 : Troisième procès de Moscou, qui aboutit à l’exécution de Boukharine, Rykov et Iagoda.


Décembre 1938 : Béria accède à la direction du NKVD.


1938-1941 : Le troisième plan quinquennal qui devait aboutir à la « réalisation du socialisme » voit sa mise en œuvre interrompue par la guerre.


23 août 1939 : Pacte germano-soviétique.


Septembre 1939 : Allemagne et URSS se partagent la Pologne.


Novembre 1939 – mars 1940 : Guerre d’hiver russo-finlandaise. L’URSS reprend à la Finlande indépendante depuis 1917 l’isthme de Carélie.


Juin 1940 : L’URSS annexe les États baltes et la Bessarabie roumaine (l’actuelle Moldavie) comme le prévoyait le pacte germano-soviétique de l’année précédente.


20 août 1940 : Trotski est assassiné à Mexico par un agent de Staline.


22 juin 1941 : L’armée allemande envahit l’URSS en application du plan Barbarossa. Les Allemands s’emparent de l’Ukraine, poussent jusqu’à Leningrad qui subira trois ans de siège et sont finalement stoppés devant Moscou par l’hiver et par la contre-offensive de Joukov.


1942 : Après de nouveaux succès au sud du Don et jusqu’au Caucase, les Allemands ne parviennent pas à prendre Stalingrad sur la Volga et sont encerclés en novembre par la contre-offensive déclenchée par les Soviétiques.


2 février 1943 : La VIe Armée allemande de Paulus doit capituler à Stalingrad.


Juillet 1943 : L’échec de l’offensive allemande de Koursk décide du sort de la guerre à l’est.


Janvier-mai 1944 : Déportation des peuples du Caucase (dont les Tchetchènes) et des Tatars de Crimée.


Février 1945 : Conférence des trois Grands à Yalta, suivie en juillet-août de la conférence de Potsdam.


8 mai 1945 : L’armistice est signé à Berlin. L’URSS sort victorieuse de la seconde guerre mondiale, avec le rang de superpuissance que lui valent sa participation majeure au conflit et le souci de Roosevelt de l’associer à l’ONU et à la construction d’un nouvel ordre mondial mais le pays a terriblement souffert. Vingt millions de morts viennent s’ajouter aux victimes de la révolution, de la guerre civile, de la répression du monde paysan, de la famine ukrainienne et de la terreur de masse qui frappe l’ensemble de la population dans les années trente ; toute la Russie d’Europe et l’Ukraine sont ravagées.


1946-1950 : Réalisation du quatrième plan quinquennal.


1947 : Début de la guerre froide, marquée l’année suivante par le coup de Prague et le début du blocus de Berlin.


Septembre 1949 : L’URSS annonce l’explosion de sa première bombe atomique.


5 mars 1953 : Mort de Staline. Béria est écarté en juillet et c’est Khrouchtchev qui s’impose comme premier secrétaire du parti en septembre.


1954 : Création du KGB.


1955 : Malenkov est écarté et c’est le tandem Boulganine-Khrouchtchev qui dirige le pays. Ils se rendent en visite en Yougoslavie pour renouer avec Tito excommunié par Staline en 1948.


Février 1956 : Le rapport Khrouchtchev présenté devant le XXe Congrès du Parti Communiste d’Union soviétique dénonce les crimes de Staline.


Octobre 1956 : Les Soviétiques interviennent à Budapest pour briser la révolution hongroise.


4 octobre 1957 : Les Soviétiques mettent en orbite Spoutnik, le premier satellite artificiel. Ce qui signifie qu’ils disposent de fusées balistiques en mesure de parcourir des trajectoires intercontinentales et de menacer directement le territoire américain, ce qui engendre une parité stratégique nouvelle entre les deux Grands.


Août 1961 : Construction du mur de Berlin. L’Europe est plus que jamais divisée entre les deux blocs.


Octobre 1962 : Crise américano-soviétique majeure à propos du déploiement des missiles soviétiques à Cuba. Kennedy obtient leur retrait mais doit faire des concessions comparables à propos des missiles américains déployés en Turquie et en Iran.


Juillet 1963 : Rupture des relations sino-soviétiques. Mao Tsé Toung fait de la surenchère « anti-impérialiste ».


14 octobre 1964 : Khrouchtchev est écarté du pouvoir et remplacé par Leonid Brejnev.


Août 1968 : Intervention soviétique en Tchécoslovaquie.


Mars 1969 : Combats entre Chinois et Soviétiques sur la frontière de l’Oussouri.


Mai 1972 Signature à Moscou des accords soviéto-américains SALT I relatifs à la limitation des armements stratégiques.


1973 : Publication en Occident de L’Archipel du Goulag d’Alexandre Soljenytsine qui révèle la réalité de l’univers concentrationnaire soviétique. L’image de la « patrie du socialisme » en sort ébranlée en Occident, ce que confirme la répression engagée contre les dissidents.


1975 : Les Soviétiques obtiennent avec les accords d’Helsinki, la confirmation des frontières issues en Europe de la seconde guerre mondiale. L’URSS atteint alors à son maximum de puissance militaire d’autant qu’elle s’est dotée, grâce à l’amiral Gorchkov, d’une flotte désormais présente sur toutes les mers du globe.


7 octobre 1977 : Adoption de la quatrième constitution soviétique.


Décembre 1979 : Intervention soviétique en Afghanistan. Réalisée à l’origine pour soutenir une tendance communiste contre une autre, elle débouche sur une révolte généralisée au nom de la guerre sainte musulmane contre l’envahisseur étranger et athée. Le soutien apporté aux moudjahiddines – proclamés « combattants de la liberté » par le président Reagan – par le Pakistan, les USA, l’Arabie séoudite et de nombreux pays musulmans aboutit à l’enlisement des Soviétiques.


1979 : Le recensement donne à l’URSS 263 millions d’habitants. Après l’éclatement de l’État soviétique qui interviendra en 1991, la Fédération de Russie ne conservera que moins de 160 millions d’habitants et sera confrontée à une crise démographique majeure – effondrement de la natalité due à la crise économique et à la baisse du niveau de vie, baisse très sensible de l’espérance de vie, progrès inquiétants de la mortalité infantile…


Été 1980 : Les USA et leurs alliés boycottent les Jeux olympiques de Moscou pour protester contre l’intervention en Afghanistan.


Novembre 1982 : Mort de Leonid Brejnev qui est remplacé par Youri Andropov.


1983 : L’année est marquée par la montée des tensions entre l’Est et l’Ouest. En réponse au déploiement des missiles SS20 soviétiques à moyenne portée face à l’Europe occidentale, les Américains y installent les fusées Pershing II et les missiles de croisière Tomahawk capables de menacer l’URSS de frappes nucléaires chirurgicales alors que le territoire américain, plus lointain, ne pourrait en contrepartie être atteint que par des frappes stratégiques donnant d’emblée à un éventuel conflit une dimension toute différente. Cette crise des euromissiles se termine sur un échec incontestable des Soviétiques, contraints d’accepter le fait accompli.


Février 1984 : Andropov meurt et est remplacé par Tchernenko.


10 mars 1985 : Mort de Tchernenko qui est remplacé par Mikhaïl Gorbatchev dès le 11. Celui-ci représente une nouvelle génération de dirigeants conscients des retards structurels accumulés par l’URSS et convaincus que celle-ci ne pourra soutenir la nouvelle course aux armements lancée par le président américain Reagan avec le projet de bouclier spatial (initiative de Défense Stratégique dite « guerre des étoiles » dans le public). Gorbatchev fait donc le choix d’une détente rapide avec l’Ouest, marquée par l’évacuation des Soviétiques d’Afghanistan en 1987 et par des mesures unilatérales de réduction des forces conventionnelles en Europe centrale qui conduisent les Américains à négocier ensuite le démantèlement des armes de portée intermédiaire et la réduction des armements stratégiques (accords START).


25 avril 1986 : La catastrophe nucléaire de Tchernobyl est un révélateur de la faillite du système soviétique.


19 décembre 1986 : Le dissident Andrei Sakharov, en résidence surveillée en province, est autorisé à regagner Moscou. Les dissidents emprisonnés sont progressivement libérés.


1987 : Glasnost, « transparence » et Perestroika, « restructuration », s’imposent comme les deux mots clés du nouveau cours que connaît la politique soviétique. Ce qui vaut une popularité certaine à M. Gorbatchev dans les pays occidentaux, alors que certains dirigeants du bloc socialiste apparaissent beaucoup plus réservés à propos du nouveau dirigeant du Kremlin.


Avril 1988 : Accord de paix sur l’Afghanistan d’où l’URSS s’engage à retirer toutes ses troupes avant 1989.


Octobre 1988 : M. Gorbatchev ajoute à sa fonction de secrétaire général du Parti celle de chef de l’État. La situation se détériore au Caucase où Arméniens et Azéris s’affrontent pour le contrôle de la région du Haut Karabagh.


1989 : Gorbatchev doit compter avec le développement de l’agitation dans les pays Baltes mais, surtout, avec l’effondrement des « démocraties populaires » d’Europe de l’Est. Après la Pologne et la Hongrie, l’Allemagne de l’Est est touchée à son tour par la contestation et, le 9 novembre, la chute du mur de Berlin ouvre la voie de la réunification allemande, acquise dès l’année suivante. À Prague, la « révolution de velours » entraîne la chute du régime alors que Ceausescu est renversé et exécuté à Bucarest. En URSS, la poursuite des réformes installe progressivement les conditions de la démocratie politique mais la transformation de l’appareil productif demeure très insuffisante.


3 décembre 1990 : Le Parlement de Russie vote une loi sur la propriété privée qui rompt avec sept décennies de communisme.


19 au 19 août 1991 : Échec d’un coup d’État « conservateur » à Moscou. Quelques jours plus tard, les parlementaires suspendent l’activité du Parti communiste.


8 décembre 1991 : La Russie, l’Ukraine et la Biélorussie constituent, à l’initiative du président de Russie Boris Eltsine, la Communauté des États indépendants (CEI). Gorbatchev se retrouve ainsi privé de fait de son titre de président de l’URSS. Le 21 décembre, à Alma-Ata, la CEI regroupe les anciennes républiques soviétiques, à l’exception des trois États baltes et de la Géorgie. La fin de l’Union soviétique est officiellement proclamée le 25 décembre.

Page précédente Page suivante