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La dynastie de Bragance et l’empire luso-brésilien (1640-1807)

1640-1656 : Règne de Jean IV de Bragance, fils du duc Théodore II de Bragance qui descendait d’Alphonse, un bâtard du roi Jean Ier fait duc de Bragance en 1442 et dont la famille occupa ensuite la charge de connétable.


1641 : Jean IV brise brutalement une conspiration nobiliaire, à l’occasion de laquelle il fait emprisonner l’archevêque de Braga, primat du Portugal.


1641 : Les Hollandais s’emparent de Malacca, de Sao Tomé et de la côte d’Angola.


1642 : Création d’un Conselho Ultramarino chargé des affaires coloniales, à un moment où les Portugais entendent reconquérir, au moins partiellement leur empire d’outre-mer, sérieusement entamé pendant la période d’union avec l’Espagne. Sans renoncer à leur présence dans l’océan Indien et en Asie où ils doivent désormais compter avec les Hollandais et bientôt avec les Anglais, les Portugais donnent désormais la priorité au commerce atlantique et à leurs possessions africaines et brésilienne.


10 mars 1649 : Création de la Compagnie générale de commerce du Brésil.


1649-1654 : Troubles fomentés au Brésil par les Hollandais qui cherchent à s’y rétablir après les victoires remportées par les Portugais dans les monts Guarapes dans le Pernambouc (la région de Recife) occupé pendant un temps par l’ennemi calviniste néerlandais


6 janvier 1654 : Capitulation des Hollandais à Recife, désignée comme « La Rochelle d’Amérique ».


1656-1683 : Règne d’Alphonse VI Henri, fils du roi Jean IV. Sa mère espagnole Louise de Guzman (elle était fille du duc de Medina Sidonia) assure la régence durant sa minorité, jusqu’en 1662, C’est le ministre Castelo-Melhor qui dirige ensuite les affaires du royaume. Faible d’esprit, le roi sera écarté du pouvoir en 1667 et incarcéré dans l’île de Terceres puis au château de Cintra. Sur décision des Cortes, la régence est exercée de 1667 à 1683 par Pierre, le frère d’Alphonse VI, qui deviendra à la mort de ce dernier le roi Pierre II.


3 juin 1661 : Traité de White-Hall. Renouvellement de l’alliance anglaise par le mariage du roi Charles II Stuart avec l’infante Catherine de Bragance, sœur d’Alphonse VI. Outre une dot magnifique, la princesse apporte à la couronne anglaise Tanger, Bombay et des comptoirs aux Indes et au Brésil. En contrepartie, l’Angleterre s’engage à défendre le Portugal et ses territoires coloniaux contre toute agression d’un pays tiers.


6 août 1661 : Conclusion de la paix entre le Portugal et la Hollande. Les régions les plus intéressantes (les îles à épices) de l’empire portugais d’Asie sont perdues pour l’essentiel mais le Brésil est conservé.


1667 : Traité d’alliance franco-portugais.


5 janvier 1668 : Traité de Madrid qui rétablit la paix avec l’Espagne contre la remise à celle-ci de Ceuta. À plusieurs reprises – à Montijo le 26 mai 1644, aux Linhas de Elvas le 14 janvier 1659, à Ameixial le 8 juin 1663 et à Montes Claros le 17 juin 1665 – les tentatives espagnoles de reconquête du pays avaient été repoussées.


1683-1706 : Règne de Pierre II, dernier enfant de Jean IV et de Louise de Guzman. Il épouse en avril 1668 Marie de Nemours, fille du duc Charles Amédée de Savoie qui avait été mariée à son frère d’août 1666 à mars 1668. Quand Marie mourra en 1683, il se remariera en 1687 avec Marie Sophie de Bavière-Neubourg (dite aussi Élizabeth), disparue elle-même en 1699.


1699 : Arrivée à Lisbonne du premier chargement d’or en provenance du Brésil. L’or du Minas Gerais et du Goias va augmenter la circulation monétaire et engager ainsi en Europe un cycle de croissance mais va compromettre les efforts réalisés au Portugal en vue du développement d’une activité manufacturière locale engagée à partir de 1675 par le comte de Ericeira, sur le conseil du théoricien mercantiliste Duarte Ribeiro de Macedo. Les revenus de la couronne portugaise augmentent mais servent surtout à financer des dépenses somptuaires pendant que l’attrait de l’or brésilien conduit à l’abandon d’une partie des plantations de sucre et de tabac.


1703 : Traité de Methuen avec l’Angleterre. Il garantit l’entrée libre des lainages anglais au Portugal et celle du vin portugais en Angleterre.


Mars 1704 : Le Portugal s’engage contre la France dans la guerre de Succession d’Espagne


1706-1750 : Règne de Jean V, fils de Pierre II et d’Élizabeth de Neubourg, marié en 1708 à Marie Anne Josèphe d’Autriche, fille de l’empereur Léopold Ier.


1711 : Le corsaire français Duguay-Trouin lance contre Rio de Janeiro un raid qui cause au Brésil de très lourdes pertes.


1713 : À Utrecht, le Portugal doit signer la paix avec la France et l’Espagne.


1720 : Jean V fonde l’Académie d’Histoire du Portugal.


1749 : Le pape Benoît XIV accorde au roi le qualificatif de « Roi très Fidèle » en raison de l’effort d’évangélisation accompli dans les colonies portugaises.


1750-1777 : Règne de Joseph Ier Emmanuel, fils de Jean V et de Marie Anne d’Autriche, marié en 1729 à Marie Anne Victoire de Bourbon, fille de Philippe V d’Espagne et d’Élizabeth Farnèse. Fiancée au roi de France Louis XV dès l’âge de quatre ans, elle a vécu à Versailles de 1722 à 1725 avant d’être renvoyée à ses parents : c‘est l’affaire du « mariage espagnol » finalement abandonné. Le règne de Joseph Ier voit en réalité le pouvoir exercé par Sébastien de Carvalho et Melo, marquis de Pombal (1699-1782), le grand ministre portugais de la deuxième moitié du XVIIIe siècle qui incarne, de 1751 à 1777, la tentative d’instauration dans le royaume d’un régime de despotisme éclairé.


1750 : Traité de Madrid fixant les frontières du Brésil. Jamais appliqué, il sera annulé par le traité du Pardo de 1761 et la question ne sera réglée qu’en 1777.


1er novembre 1755 : Lisbonne est frappée par un terrible tremblement de terre. La conception de la reconstruction de la ville est confiée à l’architecte Eugenio Santos.


Septembre 1758 : Un attentat manqué contre le roi, monté par le duc d’Aveiro qui reprochait au souverain les pouvoirs laissés à Pombal permet à ce dernier d’impliquer contre toute évidence les jésuites dans ce complot et d’obtenir du roi en 1759 l’expulsion de l’ordre, mesure qui sera appliquée ensuite en France (1764) et en Espagne (1767). L’expulsion des jésuites (décret du 3 septembre 1759) allait de pair avec la rupture avec Rome, marquée par l’expulsion du nonce dès le 15 juin).


1761 : Poursuivi par la haine de Pombal, le jésuite Malagrida est brûlé vif sur le Rossio. Il est la dernière victime de l’Inquisition au Portugal.


1762 : À la faveur de la guerre de Sept Ans, la France promet à l’Espagne qu’elle pourra récupérer à la fin du conflit le Portugal qui vient de rallier le camp de l’Angleterre, mais l’issue malheureuse de la guerre, conclue par le désastreux traité de Paris, préserve l’indépendance portugaise.


1763 : Pombal et Joseph Ier font du Brésil une vice-royauté dont la capitale est établie à Rio de Janeiro.


1771 : Pombal met fin aux autodafés. Il n’a pas supprimé l’Inquisition mais l’a placée sous l’autorité du pouvoir royal. En 1773, une loi supprime toute distinction entre « vieux » et « nouveaux » chrétiens. Dans le même esprit, Pombal fait supprimer l’Université jésuite d’Evora et donne en 1772 de nouveaux statuts à l’Université de Coimbra, dans le but de mettre en œuvre une politique de formation des élites qui soit au service de la monarchie absolue, du « despotisme éclairé » que ses initiatives tendent à imposer au Portugal. Dans le domaine économique, le marquis est confronté à l’épuisement de la production de l’or brésilien et à la chute des marchés des produits coloniaux et recourt aux vieilles recettes mercantilistes et protectionnistes pour développer l’activité du pays, à un moment où ses principales ressources viennent toujours du Brésil ; l’économie de la métropole demeure largement rurale et arriérée, si l’on excepte l’activité de Lisbonne ou celle du vignoble de Porto dont les productions sont exportées vers l’Angleterre avec laquelle les échanges demeurent très déséquilibrés en valeur, celle-ci vendant au Portugal des produits fabriqués (près de la moitié des importations portugaises) alors qu’elle lui achète des produits comme le vin ou des produits coloniaux. Le Portugal s’installe ainsi dans une économie de rente peu propice à la réalisation d’un effort de développement national.


1774-1777 : Victime d’une attaque d’apoplexie, Joseph Ier, très diminué, abandonne la régence à sa femme la reine Victoire.


1776 : Conflit luso-espagnol à propos de la colonie du Sacramento. Il se termine en 1777 avec le traité de San Ildefonso. Le Portugal renonce à la colonie du Sacramento et reconnaît à l’Espagne les territoires s’étendant du Rio de la Plata à Rio Grande do Sul (correspondant à l’actuel Uruguay) ainsi que les territoires des Siete Misiones du Paraguay.


1777-1816 : Règne de Marie Ière, fille de Joseph Ier Emmanuel et de Marie Anne Victoire d’Espagne, mariée en 1760 à son oncle Pierre de Bragance, fils du roi Jean V, qui prendra à l’avènement de sa femme le titre de roi sous le nom de Pierre III. Très pieuse (elle sera la fondatrice de la plus célèbre institution charitable portugaise, la Real Casa Pia de Lisbonne), la reine écarte Pombal, exilé dans ses terres dès 1777.


1778 : Signature d’un concordat avec le Pape.


1779 : Création de l’Academia Real das Ciencias de Lisbonne. Contre les interprétations libérales du XIXe siècle, qui voyaient dans le règne de Marie un « Reino da Estupidez » caractérisé par un retour à « l‘obscurantisme », les grandes orientations fixées par Pombal en matière intellectuelle ou universitaire furent maintenues.


1780 : Conclusion d’un traité commercial avec la Russie, portant notamment sur l‘exportation du vin portugais. De manière générale, le règne de Marie correspond alors à un brillant essor du commerce maritime portugais.


1789-1792 : Le Portugal se déclare contre la Révolution française et en faveur du maintien de la monarchie absolue de Louis XVI.


1791 : La reine Marie devient folle.


Janvier 1792 : Jean, prince des Algarves, fils aîné de la reine (trois autres sont morts avant lui, dont Joseph, prince du Brésil, en 1788) exerce le pouvoir de manière officieuse. Il ne prendra le titre de régent qu’en 1799.


1793 : Le Portugal rejoint la première coalition contre la France républicaine et engage des troupes aux côtés des forces espagnoles sur la frontière des Pyrénées où elles sont vaincues par les armées françaises.


1795 : Charles IV d’Espagne signe la paix avec la France lors du traité de Bâle, sans consulter son allié portugais.


1801 : Désormais alliée de la France républicaine, l’Espagne envahit l’Alentejo avec l’appui du corps expéditionnaire français du général Leclerc. Une intervention qui a surtout pour objectif d‘obliger Lisbonne à rompre ses liens privilégiés avec l’Angleterre. Après avoir subi les défaites d’Aronche et de Campo Mayor, le Portugal est contraint de demander la paix le 8 juin 1801. Cette guerre est surnommée la « guerre des oranges » parce que l’avant-garde espagnole victorieuse a offert à son chef, le Premier ministre et généralissime Manuel Godoy, deux branches d’orangers cueillies dans les jardins de la place d’Elvas demeurée au pouvoir des Portugais jusqu’à la fin du conflit. Par la paix de Badajoz (6 juin), le Portugal fut contraint de se fermer aux Anglais, dut payer une indemnité aux Français et accepter leurs tissus et céder aux Espagnols le district d’Olivenza qu’il ne récupérera jamais, même après les traités de 1815 qui prévoyaient pourtant sa rétrocession par l’Espagne.


1804 : Napoléon envoie à Lisbonne comme ambassadeur le général Andoche Junot, futur duc d’Abrantès, qui était davantage un homme de guerre qu’un diplomate et qui abandonna son poste dès 1805 pour aller servir dans la Grande Armée victorieuse à Austerlitz.


 

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