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Le Cambodge
De l'Empire khmer à la renaissance cambodgienne au XXIe siècle
« Une histoire plurimillénaire faite de splendeurs et d’horreurs. » C'est en ces termes que l'on pourrait résumer celle du Cambodge. Ce pays s’est en effet construit à l’ombre de ses imposants et belliqueux voisins vietnamiens et siamois. Jadis puissant, au temps de l’éclatant royaume d’Angkor, il a ensuite connu plusieurs siècles de déclin avant d'être colonisé par la France puis de sombrer, une fois son indépendance rétablie, dans le cauchemar que fut le régime des Khmers rouges. Les Cambodgiens d’aujourd’hui vivent malgré tout dans le souvenir de leur grandeur passée et s'efforcent de restaurer et de valoriser leur magnifique patrimoine, sans oublier les décennies de guerre et de dictature, marquées par l'effroyable génocide qui vit la disparition d'au moins un quart de la population. Le pays doit aujourd’hui relever de nombreux défis s’il veut connaître une croissance et un développement semblables à ceux dont bénéficie le voisin vietnamien. En quête de stabilité politique, il souffre d’une corruption endémique et demeure englué dans un système marqué par le passé communiste et dont certains dirigeants ont compté naguère parmi les responsables de sa ruine. Des difficultés qu'il doit absolument surmonter s’il veut peser dans son espace régional et trouver sa place sur la scène internationale.
Certains reconnaissent au Cambodge la silhouette d’un chat, alors que d’autres penchent plutôt pour la forme d’un éventail. Ses habitants lui attribuent le qualificatif de teuk-dey, qui évoque la proximité de la terre et de l'eau et, comme l'Egypte, le pays est perçu comme un don du fleuve. Il s’organise autour d’une vaste cuvette centrale bordée de massifs montagneux : au sud-ouest la chaîne des Cardamomes, qui le sépare du golfe de Thaïlande, à l’est le plateau de Mondolkiri et, au nord, les monts Dangrek. La plaine centrale s’ouvre en direction du delta du Mékong, fleuve qui traverse du nord au sud le Cambodge sur plus de 500 kilomètres avant de pénétrer en territoire vietnamien pour aller rejoindre les eaux de la mer de Chine.
D'une superficie de 181 000 kilomètres carrés, le Cambodge s’étire sur 580 kilomètres d’est en ouest et sur 450 du nord au sud. Le pays de l’eau est drainé par le Mékong, mais aussi par le fleuve (tonlé) Bassac ainsi que par une multitude de rivières secondaires qui convergent pour la plupart dans la cuvette centrale. Au total, près de 3 900 kilomètres de cours d'eau s’offrent à la navigation, auxquels il faut ajouter plusieurs lacs, dont l'imposant Tonlé-Sap, étendu sur 2 900 kilomètres carrés.
Les plaines qui entourent les lacs s'élèvent au fur et à mesure qu’elles s’en éloignent. Les altitudes demeurent en général modestes et ne dépassent pas 100 mètres sur 75 % du territoire. Les montagnes, plateaux et collines qui bordent le Cambodge sur trois de ses côtés sont de faible hauteur : la chaîne des Danger, qui sert de frontière entre le pays khmer et la Thaïlande, s’étend sur 300 kilomètres, avec une altitude moyenne de 500 mètres et quelques pics atteignant les 700 mètres. La chaîne des Cardamomes que prolonge le massif des Eléphants forme un ensemble d’une superficie bien plus importante : tous deux s’étirent sur 300 kilomètres du nord au sud et 200 d’est en ouest. On y trouve le point culminant du pays, le Phnom Aural, avec ses 1 813 mètres d’altitude. Le plateau de Mondolkiri, à l’est, s'élève de 400 à 900 mètres. Enfin, le paysage est parsemé de monticules, de petits sommets qui portent le nom de phnom. Ces régions montagneuses abritent les forêts, espaces sacrés aux yeux des Khmers, et atteignent des taux de boisement très élevés, en dépit d'une déforestation intensive qui constitue un véritable fléau pour le pays. 
Le Cambodge est une terre de moussons où l’on distingue trois saisons : de novembre à mars, l’air est sec et frais, c’est la saison froide où les températures ne descendent cependant pas en-dessous de 24°C. On entre ensuite dans la saison chaude qui voit, en avril, les températures culminer entre 38 et 40°C. On s'achemine enfin, dès le mois de mai, vers la saison des pluies qu’apportent les vents venus du golfe de Thaïlande. Les précipitations s’accentuent à mesure que l’on s’approche du mois d’octobre. Les diverses régions connaissent cependant des chutes de pluie très variables et, d’une année sur l’autre, la mousson peut être plus ou moins chargée d'humidité. La saison sèche est le plus souvent très marquée, et les Khmers ont dû très tôt mettre en place un système efficace de retenue des eaux de pluie. En dehors des terres limoneuses fertilisées par les crues du Mékong et du Tonlé-Sap, qui ne représentent pas plus du tiers du territoire, les sols cambodgiens sont peu fertiles et souffrent de l’érosion causée par les orages violents qui s’y abattent. 
Selon les chiffres les plus récents, la population cambodgienne compte environ 14,5 millions d’âmes, parmi lesquelles près de 90 % de Khmers auxquels s’ajoutent des Chams, des Vietnamiens, des Chinois et des membres de petites ethnies. 
A la différence des Vietnamiens issus d’une récente immigration ou des Chams, musulmans, les Chinois s’intègrent à la société khmère par des mariages exogames. Cela s’explique notamment par leur arrivée individuelle au Cambodge, à l’inverse des Vietnamiens qui y arrivent le plus souvent en groupes et y vivent dans des quartiers ou des villages qui leur sont propres, en conservant leur culture et leur mode de vie. 
La population est jeune et à majorité rurale et agricole, puisque 80 % des travailleurs demeurent employés dans l’agriculture. 
Les trois principales villes du pays sont la capitale Phnom Penh, Battambang et Sihanoukville.
 
Vers 3400 avant J.-C. : Etablissements néolithiques de Kbal Romeas et de Kampot. Il ne reste en revanche aucun vestige du Paléolithique. 
XIIIe siècle avant J.-C. : Dès l’époque du site de Samrong-Sen, les Khmers habitent dans des maisons sur pilotis, comme dans toute l’Asie du Sud-Est, hormis au Vietnam. Les maisons végétales rectangulaires, dont le plancher repose sur 8 à 12 colonnes, sont situées à 2 mètres du sol. On y accède par un escalier ou une échelle au nombre de marches toujours impair. 
IIIe siècle avant J.-C. : Le Vietnam connaît une sinisation due à la poussée vers le Sud des Ch’in. Aux siècles suivants, c’est au tour des Han et des Tang de s’y installer. Ce sont autant de peuples dont sont issus les Vietnamiens. 
De 111 avant J.-C. à 939 après J.-C. : Les Vietnamiens luttent contre les Chinois, qui se comportent en colonisateurs, pratiquant une assimilation et un encadrement rigoureux des autochtones. Les Vietnamiens réutilisent ces méthodes à l’égard des peuplades du Sud (le Nam Tiên) qu’ils soumettent, ce qui explique la méfiance, voire l’animosité, qui subsiste encore de nos jours entre Khmers et Vietnamiens. Les premiers doivent beaucoup à la culture indienne tandis que les seconds ont hérité de celle des Chinois. 
Ier et Ve siècle : Vagues de migrations indiennes en terre khmère. Elles se distinguent des afflux habituels par leur importance numérique. 
Ier siècle : Naissance présumée du Fou-nan, royaume qui occupe la partie côtière de l'actuel Cambodge et le delta du Mékong. Il s’agit de la première entité politique citée par les Chinois. Des membres d’une de leurs ambassades en rapportent la légende de fondation. Un homme nommé Houen t’ien ou Kaundinya et originaire d’Inde ou de Malaisie reçoit en rêve l’ordre de s’embarquer à bord d’une jonque. Armé d’un arc magique, il accoste sur les côtes du Fou-nan sur lequel règne la reine Lieou-ye. La souveraine tente de se défendre en attaquant la jonque, mais un trait de l’arc magique suffit à transpercer la coque de son navire. Elle se rend et épouse le conquérant. Selon un autre récit, Kaundinya lance son javelot pour décider de l’emplacement de la capitale. Il rencontre Soma, fille du roi des Nagas, le serpent aquatique merveilleux. Soma est l’un des noms sanskrits de la lune, ce qui explique que les lignées royales se soient par la suite prétendues de race lunaire. Le roi des Nagas assèche les terres de la région en absorbant l'eau qui les recouvre et offre le royaume au couple. Cette légende, venue d’Inde du Sud, a été adoptée par les populations de divers petits royaumes de la région. Elle illustre à merveille les travaux de drainage et de construction de canaux effectués sur le territoire compris entre le fleuve Bassac et le golfe du Siam.
Du IIIe au VIe siècle, le Fou-nan jouit d’une prospérité qui repose sur le commerce maritime, l’exportation de bois précieux et de denrées alimentaires telles que le riz. Le royaume entretient des relations diplomatiques avec les grandes contrées voisines que sont la Chine, l’Inde, la Malaisie. Il développe une culture très riche et un art inégalé qui posent les jalons de l’art khmer.
Le Fou-nan appartient à l’aire de civilisation indienne qui lui lègue non seulement sa culture fondée sur l’alphabet et la littérature sanskrits, mais encore des techniques agraires et hydrauliques. Ce royaume bilingue est majoritairement peuplé d'autochtones, très certainement des Khmers, ainsi que d'Indiens. Seule la société qui vit à la cour est touchée par l’indianisation.
Vers 550 : Le Fou-nan passe sous l’influence du deuxième royaume khmer, le Chenla, appellation chinoise dont on ignore le sens. Rien n’indique que le changement de nom ait été accompagné d'un quelconque bouleversement politique. La légende de fondation raconte que l’ermite Kambu, ancêtre des Kambujas, autrement dit les Cambodgiens, aurait reçu du dieu Shiva en personne comme épouse la nymphe céleste Merâ. De l’association des noms Kambu et Merâ serait né le nom de Khmer. Cependant, il s’agit d’une supposition et l’on ne sait quel nom s’attribuaient les populations du Fou-nan et du Chenla. 
Selon certains historiens, Kambu serait une invention tardive afin d’expliquer l’origine du terme Kambuja. D’autres avancent l’hypothèse d’un lien avec la résine «gamboge » issue du garcinia, un arbre qui pousse au Cambodge et en Thaïlande. Enfin, des marins arabes font allusion au pays des Kumars ou Kimers, termes qui se rapprochent du mot Khmer. 
L’étude des sources archéologiques laisse à penser que le Chenla aurait été le plus puissant d’une multitude de petits royaumes en lutte pour la domination des populations travaillant dans les rizières. Il serait parvenu à se rendre maître du Fou-nan et aurait constitué un royaume hétérogène s’étendant des montagnes situées au nord du lac Tonlé-Sap à la riche région du delta du Mékong. Deux cultures, deux religions, deux économies, deux modes de vie auraient cohabité au sein d’un même royaume où le seul point commun devait être la langue, ce qui explique le caractère éphémère de l’unité du Chenla.
Fin VIe-début VIIe siècle : Les deux premiers souverains du Chenla seraient Bhavavarman Ier et Mahendravarman-Citrasena. 
VIe siècle : Des inscriptions en vieux khmer attestent, de manière certaine, la présence des Khmers. 
550-800 : Période préangkorienne qui voit l’épanouissement d’une civilisation riche en monuments et fondations religieuses. De cette époque datent les lingas (symboles de Shiva), les sculptures et les stèles portant des inscriptions en sanskrit et en khmer. Les capitales sont multiples : les souverains du Fou-nan choisissent tout d’abord Ba Phnom puis Angkor Borei. Ceux du Chenla préfèrent la région de Kompong Thom. Isanavarman Ier, qui règne de 610 à 628, s’installe à Isanapura, l’actuelle Sambor Prei Kuk. C’est la plus ancienne capitale identifiable dont il reste de majestueux vestiges perdus dans la forêt. 
Vers 655-680 : Règne de Jayavarman Ier dont la fille Jayadevi prend la succession à la fin du VIIe siècle et installe sa capitale dans la région d'Angkor.
Après 706 : Eclatement du Chenla. Des annales chinoises rapportent l’existence de deux principautés, le Chenla d’eau et le Chenla de terre. La première correspond au Fou-nan, au sud de l’actuel Cambodge, la seconde au Chenla qui s’étend des montagnes des Dangrek à la vallée du moyen Mékong. Tandis que le Chenla de terre s’impose par les armes, le Chenla d’eau est en proie à des querelles dynastiques qui le divisent. Le cœur du royaume se situe dans les hautes terres.
 
Vers 770-790 : Le prince Jayavarman II quitte Java pour conquérir le Chenla, qu’il estime être la terre de ses ancêtres. Il unifie le Chenla d’eau et le Chenla de terre.
802-850 : Règne de Jayavarman II qui fait édifier des cités-capitales lors de ses voyages dans le royaume : ainsi Indrapura et Kuti dans la province de Siem Reap, Hariharâlaya ou encore Mahendraparvata où se déroule la cérémonie fondatrice de la dynastie d’Angkor. Le souverain y instaure, dès 802, le culte du devarâja, le dieu-roi. Ce dernier, représenté par un linga placé sur une pyramide, est considéré comme le souverain du pays et le seigneur de l’univers. La possession du linga confère à Jayavarman II et à ses successeurs le statut de monarque universel. Ils le transportent dans leurs capitales successives, convaincus qu’en lui réside leur « moi subtil » de roi. 
Jayavarman II fonde ainsi la dynastie d’Angkor, cité royale dont le nom provient du sanskrit nagara (« la ville ») et nokor (« royal »). Angkor est située à proximité du lac Tonlé-Sap, réserve inépuisable de poissons, et des carrières de grès de Phnom Kulen. Son site s’étend sur 230 kilomètres carrés et englobe plusieurs cités parmi lesquelles celle fondée au IXe siècle par Yasovarman ; Angkor Vat, la ville-temple, construite au XIIe siècle par Isanavarman, et Angkor-Thom, la grande capitale, édifiée par Jayavarman VII au XIIIe siècle. 
Début du IXe siècle : A la veille de la naissance de la civilisation d’Angkor, rien ne semble annoncer que le Chenla pourrait engendrer une si brillante culture. Le Chenla de terre se remet à peine de l’attaque du Nanchao, un petit royaume du Yunnan, tandis que le Chenla d’eau, en proie à de multiples divisions, a vu fuir ses souverains vers Java. 
850-877 : Règne de Jayavarman III.
877-889 : Règne d’Indravarman Ier. On peut commencer à parler d’urbanisme à Angkor où il fait édifier la triade monumentale, symbole de la puissance royale, constituée du temple-montagne du Bakong, immense édifice de grès qui abrite le devarâja, d’un temple aux ancêtres et du premier baray (lac artificiel), l’Indrataka. Les baray ont ceci de particulier qu’ils ne sont pas creusés ; au contraire, ils accumulent l’eau retenue entre des levées de terre, comme dans le cas d’un barrage. Dans cette région sèche, les lacs avaient certainement un rôle d’irrigation et permettaient la mise en valeur de vastes espaces dédiés à la riziculture. Une telle organisation hydraulique explique les très fortes concentrations de populations : l’irrigation favorisait la production de surplus agricoles et participait à la prospérité du royaume. Certains spécialistes affirment cependant que rien ne permet d’affirmer que le baray alimentait la région en eau. La question de l’origine de la richesse et de la puissance économique d’Angkor reste donc incertaine. 
Toujours est-il que l’eau revêt une importance toute particulière dans le royaume d’Angkor dont le souverain est maître de la terre et des ondes. 
889-vers 910 : Règne de Yasovarman, fondateur de la première Angkor, Yashodharapura, qui devient sa capitale. Cette cité épousait la forme idéale du mandala, le carré magique, symbole de la cohésion de l’ordre cosmique. Chacun des côtés de la cité mesurait 4 kilomètres tandis que le temple-montagne construit sur la colline du Phnom Bakheng se trouvait en son centre exact, à la croisée des deux voies principales de communication. La ville était entourée de douves de 200 mètres de large, remplies d’eau sacrée du Phnom Kulen. 
La fondation de la cité s’accompagne de celle du Baray oriental, qui s’étend sur 7 kilomètres de long et 1 800 mètres de large et représente l’Océan cosmique. 
Vers 921 : Jayavarman IV, un usurpateur, emporte le devarâja à Chok Gargyar, aujourd'hui Koh Ker dont il fait sa capitale ; on ne connaît pas les raisons de l'abandon d'Angkor.
944-968 : Règne de Rajendravarman qui ramène le pouvoir à Angkor où il se distingue par sa politique édilitaire. Son règne est aussi marqué par des expéditions à l’est, contre le Champa voisin. Il procède à une consolidation de l’Etat en étoffant l’administration et en renforçant la centralisation. 
967 : Construction du Banteay Srei, la citadelle des femmes, à Angkor. 
Au Xe siècle, on estime le nombre de fonctionnaires du royaume à 4 000, ce qui est remarquable. La société est extrêmement hiérarchisée avec, à sa tête, le roi, tenu pour le propriétaire de toutes les terres et de ses sujets. Il est entouré d’une cour à laquelle appartiennent aussi bien la famille royale que les brahmanes. Les renseignements sont moins fournis à propos de la population rurale dont on ignore de combien de personnes elle se compose alors. 
Le XIe siècle est affecté par une instabilité et des révoltes, consécutives à une guerre civile qui s'est déroulée de 1002 à 1004. Toutefois, le royaume ne cesse de s’étendre vers l’ouest et les constructions vont bon train. Ainsi le Preah Vihear ou « Saint Temple », au nord du Cambodge, date de la fin du XIe siècle.
1002-1050 : Règne de Suryavarman Ier marqué par la reprise en main de l’administration centrale et provinciale. Le royaume atteint le bassin du Menam, à l’ouest. Cette expansion se poursuit jusqu’au XIIe siècle, date à laquelle le royaume khmer est à son apogée territorial. 
1050-1060 : Règne d’Udayadityavarman II pendant lequel est inauguré le temple du Baphuon à Angkor.
1051 : Rébellion dans le Sud du pays.
1060 : C’est au tour de l’Est et du Nord-Est d’être touchés par des séditions.
Fin du XIe siècle : Après diverses interventions du Cambodge dans des conflits contre le Dai-Viêt au Tonkin, Jayavarman VI s’empare du pouvoir et donne naissance à la dynastie de Mahidharapura. Deux grands souverains, Suryavarman II et Jayavarman VII, en sont issus. 
1080-1107 : Règne de Jayavarman VI. 
1113-vers 1150 : Règne de Suryavarman II, le protégé du Soleil, qui accède au trône à la suite d’un meurtre et après s’être fait légitimer par le brahmane Divakaranpandita. 
Il fait édifier le plus beau temple du site : Angkor Vat, dédié à Vishnu. Ses constructions parsèment le royaume, y compris les régions les plus reculées : il fait construire, au nord de Koh Ker, les monuments de Phnom Sandak, au sud de Phnom Kulen, ceux de Beng Mealea, et d’autres encore.
Sous le règne de ce roi conquérant, le royaume se déploie vers Pagan en Birmanie, au Champa ainsi que dans le Dai-Viêt, au nord de l’actuel Viêt Nam. Il restaure les liens ancestraux avec la Chine en y envoyant des ambassadeurs. Le Cambodge est alors un véritable empire et jouit d’une prospérité économique sans égale.
1120-1150 : Construction d’Angkor Vat, la ville-temple, qui couvre 200 hectares. Tout y est de dimensions colossales : le portique d’entrée de 235 mètres de large, la chaussée bordée de serpents naga de 600 mètres de long, ou encore le temple qui renferme le plus long bas-relief en grès sculpté d’une surface de 2 kilomètres carrés. Le temple était autrefois entouré de jardins, de bosquets et comprenait de riches bibliothèques, aujourd’hui tous disparus. Il se veut la réplique du mont Meru en Inde, considéré comme le centre de l’univers. 
On ne connaît pas l’architecte de ce chef-d’œuvre. Seule existe une légende selon laquelle il aurait été édifié sur le modèle des écuries d’Indra par Visvakarman, architecte divin envoyé par le dieu en personne.
1177 : Les Chams s’emparent du pouvoir, en évinçant le souverain légitime Jayavarman VII. Après avoir remonté le Mékong et atteint le Tonlé-Sap, ils attaquent à plusieurs reprises Angkor, encore appelée Yasodharapura, et la pillent. Dans un sursaut, Jayavarman VII les repousse vers leurs terres, occupe le Champa et reprend le pouvoir dans son royaume. 
1181 : Couronnement de Jayavarman VII. 
1181-1218 ? : Règne de Jayavarman VII. Ce fervent bouddhiste impose le bouddhisme mahayana ou du « grand véhicule » qui supplante bientôt le culte de Shiva et le vishnouisme. Bouddha prend la forme de Lokesvara, compatissant et sauveur des hommes. 
Ce grand bâtisseur entoure la capitale de murailles épaisses et, pour effacer les pillages dont elle a été victime, il fait édifier Angkor Thom, la « grande cité », au centre de laquelle se trouve le temple-montagne du Bayon. Ce dernier offre aux visiteurs ses visages géants ainsi qu’une multitude de représentations du Bouddha. Ailleurs dans le royaume, le roi fait construire des monastères qui reçoivent pèlerins et étudiants.
Par ailleurs, Jayavarman VII poursuit l’extension du royaume en annexant le Champa et en prenant le contrôle de territoires jusqu’à la mer de Chine. Le royaume couvre l’actuelle Thaïlande et atteint l’actuelle Vientiane. 
Jayavarman VII est le dernier des grands rois d’Angkor : après lui, le Cambodge entre dans une phase de déclin, le foisonnement architectural et artistique perd de sa vigueur. A sa mort, les travaux cessent dans la capitale. 
1218 : Le centre décisionnel du royaume se déplace vers le sud alors que les interventions des pays voisins dans sa politique intérieure sont incessantes. 
1218-1248 : Règne d’Indravarman II. 
1220 : Le territoire khmer commence à s’amenuiser avec, notamment, la perte du Champa. Les principautés vassales de Sukhothaï et de Lopburi se déclarent indépendantes, ce qui déclenche des heurts avec Angkor. 
Le gouvernement khmer de ce qui correspond à l’actuelle Thaïlande s’effondre, remplacé par un prince siamois qui se proclame roi. C’est le début de l’affirmation d’une puissance thaïe, parfois belliqueuse. Cependant, à la même période, les relations diplomatiques et mercantiles entre Khmers et Siamois sont intenses.
XIIIe siècle : Les guerres et les offensives du Siam mettent à mal la puissance du royaume d’Angkor. De nombreux villages sont ravagés et la population doit se battre pour faire reculer l’ennemi. 
1243-1295 : Règne de Jayavarman VIII. 
1283 : Incursion mongole au Cambodge.
Fin XIIIe siècle : Le bouddhisme Theravada (issu du bouddhisme hinayana de Ceylan) se répand au sein de la population khmère, après une courte période de sivaïsme, imposée vers 1250 par Jayavarman VIII. Originaire de Ceylan, il est pratiqué dans l’ensemble de la péninsule et porte aussi les noms de « bouddhisme des Anciens » ou « du Petit Véhicule ». Il promeut une religion sobre dont les moines vivent d’aumônes. Ce bouddhisme syncrétique s’accorde parfaitement avec les croyances animistes ancestrales des Khmers, contrairement à l’hindouisme et au bouddhisme Mahayana, tournés vers le culte du roi-dieu. Le bouddhisme Theravada a conservé sa préséance au Cambodge jusqu’à nos jours. 
Fin XIIIe siècle : Le Chinois Tchéou Ta-kouan rédige ses Mémoires sur les coutumes du Cambodge où il a résidé en tant qu’ambassadeur entre 1296 et 1297. Il y décrit à la fois les monuments de la cité royale d’Angkor et ses habitants, parmi lesquels les milliers de concubines royales. Il dépeint les trois religions pratiquées, l’armée et même l’élevage des vers à soie. 
Il oppose les habitants « grossiers, laids et très noirs » de la cité, aux femmes de la cour à la peau blanche « comme le jade », ce qui nous instruit sur le fait que la couleur de la peau était un critère de distinction entre l’élite et le reste de la population. 
Tchéou Ta-kouan raconte encore qu’à la différence des temples, entièrement construits en pierre, toutes les habitations étaient de bois, ce qui explique qu’il n’en reste rien aujourd’hui. Il ajoute que les Chinois sont nombreux au Cambodge où ils trouvent aisément des femmes, de la nourriture et du travail. 
1330 : Date de la dernière inscription sanskrite. Le khmer s’impose désormais comme la langue de l’administration et du pouvoir. 
A partir de 1340, les inscriptions se font rares voire inexistantes. Cette absence de sources épigraphiques correspond à l’extinction de la dynastie qui régnait sur le Cambodge. 
A partir de 1350, date de l’installation des Siamois à Ayutthaya, les invasions et les raids thaïs se multiplient. Le royaume se fragilise et l’on abandonne peu à peu les infrastructures hydrauliques considérables qui faisaient sa puissance : les baray s’ensablent et les canaux s’envasent. On a expliqué le déclin d’Angkor par la diffusion dans le royaume du bouddhisme Theravada, religion du renoncement au monde, à soi et aux autres. Il a cela de révolutionnaire qu’il rejette le culte de Shiva, le roi des dieux, auquel est assimilé le roi. Cependant, les assaillants siamois et birmans en sont également adeptes, ce qui invalide cette thèse.
L’introduction du Theravada a pu engendrer un climat de guerre civile et de contestation politique en détruisant le support politico-religieux du royaume, mais il semble plus plausible que la défaillance du royaume ait été due à l’absence de règles de succession qui provoque des querelles et des contestations à chaque changement de souverain. Devient roi celui qui obtient l’investiture religieuse et les insignes sacrés, ce qui explique l'influence dont jouissent les brahmanes. 
1352 : Date probable du pillage d’Angkor par les Siamois.
1405-1467 : Règne du roi Ponhea Yat.
 
1431 : Après plusieurs attaques des Thaïs, Ponhea Yat abandonne Angkor pour Srey Santhor, au cœur du pays khmer, avant de s’établir définitivement aux Quatre-Bras, sur le site de Phnom Penh, au croisement du Tonlé-Sap, du Bassac et des Mékong supérieur et inférieur. Il y fait construire le premier stupa, une sorte de tour qui constitue le monument le plus caractéristique du bouddhisme. 
1431 : Un prince d’Ayutthaya prend ses quartiers à Angkor. En grande partie abandonnée, la cité royale reste durant quatre siècles la proie de la forêt.
1445 : Ponhea Yat parvient à déloger le souverain siamois qui a usurpé le pouvoir à Angkor. Après cette victoire, il adopte le nom de Suryavarman afin de se légitimer en se rattachant à la dynastie précédente. Il demeure à Chatomukh, à Phnom Penh. 
Le choix de Chatomukh comme lieu d’accueil des souverains trouve sa source dans une légende selon laquelle une vieille femme nommée Penh aurait découvert un tronc d’arbre abritant quatre statues du Bouddha et une autre de Vishnu. Afin d’accorder à ces statues une place digne d’elles, Penh aurait fait rehausser une butte qui serait alors devenue un phnom, une colline, au sommet de laquelle fut édifié un monastère qui accueillit bientôt des moines. 
1471 : Vijaya, capitale du Champa, tombe aux mains du Dai-Viêt qui ne cesse ses assauts depuis plusieurs décennies et a, peu à peu, pris possession de cette région orientale du Cambodge. Les Chams se réfugient en masse au Cambodge entre le XVe et le XVIe siècle. 
1516-1566 : Règne de Ang Chan Ier qui bat les Siamois à Siemréap.
1526-1594 : La cité de Lovek, située à une trentaine de kilomètres de Phnom Penh, accueille la cour en tant que capitale du royaume.
Vers 1526-vers 1566 : Règne de Ang Chan qui multiplie les offensives contre les Siamois. Défaites et victoires alternent. 
Vers 1566-1576 : Règne de Barom Réachea, fils de Ang Chan, deux souverains qui parviennent à maintenir la prospérité du royaume. 
1576-1596 : Sâtha Ier est au pouvoir. En lutte contre le prince siamois Naresuen, il fait appel aux Européens pour obtenir leur soutien militaire et diplomatique. Deux aventuriers, l’Espagnol Blaz Ruiz et le Portugais Diego Veloso, accourent à son aide. En vain, puisque Lovek est mise à sac et détruite une première fois en 1593. Nous connaissons l’existence de ces trois rois grâce aux écrits du dominicain portugais Gaspar da Cruz. Les récits des Européens sont teintés d’admiration à l’égard de ce royaume prospère où se mêlent Chinois, Malais, Japonais, Arabes puis, bientôt, Anglais et Hollandais. 
1594 : Les Siamois s’emparent de Lovek, emportant sur leur passage les statues de Preah Koh et de Preah Keov qui abritent en leur sein des manuscrits sacrés et des formules magiques censées assurer à ceux qui les possèdent une supériorité et une toute-puissance surnaturelle. Cet événement se double d’un transfert chez les Siamois des élites pensantes khmères. Des milliers de penseurs, techniciens et artisans, faits prisonniers, s’installent définitivement dans la région d’Ayutthaya, alors capitale du Siam. 
Dès le XIIIe siècle, les échanges intellectuels ont été intenses entre le Cambodge et le Siam qui s’influencent mutuellement, ce qui explique la présence d’éléments architecturaux khmers dans les monuments siamois.
La prise de Lovek par les Siamois est lourde de conséquences et augure le passage du Cambodge sous leur influence. Le roi est désormais choisi par le Siam qui exerce un contrôle sur son pouvoir. Ces changements politiques n’altèrent en rien la réussite économique du royaume khmer qui poursuit ses activités commerciales et maritimes. 
1619-1627 : Règne de Chey-Chetta II qui a établi la capitale du royaume à Oudong après s’être défait de l’emprise thaïe, avec le secours des Annamites. 
1619-1867 : Oudong est la capitale khmère. 
1623 : Pour les remercier de leur aide face aux Siamois, Chey-Chetta II autorise les Annamites à établir trois comptoirs à Prey Nokor. 
1627 : A la mort du souverain, c’est un prétendant musulman qui l’emporte après des querelles de succession et des assassinats.
1658 : La veuve annamite de Chey-Chetta II en appelle à ses compatriotes pour chasser le nouveau roi. C’est ainsi que les Annamites du Dai Viêt, royaume appelé à devenir l’actuel Vietnam, menés par Nguyen de Hué, entament la conquête des terres khmères qu’ils colonisent bientôt. 
1698 : La ville khmère de Prey Nokor devient Saigon. Elle demeure aux mains des Annamites ainsi que le delta du Mékong qui constituait le débouché maritime du royaume.
1701 : Annexion des provinces de Gia-Dinh, Bien-hoa et Baria par les Annamites. C’est au tour de Sa-dec et de Chau-doc en 1757 puis de Tra-Vinh et Soc-Trang, si bien qu’à la fin du XVIIIe siècle, les Khmers ont perdu l’accès à la mer ainsi que les revenus issus du commerce maritime. Le royaume est en plein déclin, rongé à l’est par les Viêts et à l’ouest par les Siamois. 
Deuxième moitié du XVIIIe siècle : Les Siamois, libérés de la menace birmane, reviennent à la charge dans le royaume khmer. Siam et Annam s’y affrontent, soutenant des souverains opposés. 
1758-1775 : Règne de Outey II qui reçoit l’appui des Annamites.
1775-1779 : Ang Non Réaméa lui succède grâce au secours des Siamois.
1794 : Le Siam obtient la souveraineté sur les provinces de Battambang, Mongjol Borey, Sisophon et Angkor.
1796 : Date à laquelle est offert au roi de Siam le plus ancien fragment des Chroniques royales du Cambodge
1796-1834 : Règne de Ang Chan II, appuyé par les Annamites. Ceux-ci installent à sa mort sa fille Ang Mey sur le trône. 
1813 : Les Siamois s’emparent des provinces de Mlou Prey et Stung Treng.
1841 : Les Annamites déportent la reine Ang Mey et procèdent à l’annexion du Cambodge. La réponse siamoise ne se fait guère attendre.
1842 : Ang Duong, frère d’Ang Chan II, se rend maître d’Oudong avec le soutien siamois. Les heurts se poursuivent jusqu’en 1846.
1845 : Les Khmers se rebellent contre le pouvoir vietnamien et se livrent à des massacres de Vietnamiens à travers tout le pays.
1846 : Signature de la paix. 
1847-19 octobre 1860 : Règne de Ang Duong, couronné par les représentants du Dai Viêt et du Siam, qui rétablit momentanément la stabilité au Cambodge. Cela se fait au prix de l’indépendance du royaume khmer car le roi doit accepter la suzeraineté de Bangkok et de Hué qui ne parviennent pas à se mettre d’accord sur son partage, revendiquant tous deux Phnom Penh et la région des Quatre-Bras. De plus, les Annamites encouragent les Chams à la révolte.
1853 : Le roi Ang Duong, souhaitant se mettre à l’abri des velléités belliqueuses et annexionnistes de ses voisins, sollicite la protection de la France. 
1858 : L’installation des Français en Cochinchine écarte du Cambodge la menace annamite. 
1858-1861 : Le Français Henri Mouhot remonte le Mékong et relate ses explorations dans ses récits de voyage. La France est alors persuadée de la possibilité d’utiliser ce fleuve comme voie commerciale jusqu’en Chine, d’où l’intérêt très particulier qu’elle porte au Cambodge. 
1860 : A la mort de Ang Duong, ses deux fils, Ang Voddey et Ang Sivotha, se disputent le pouvoir. L’aîné, Ang Voddey, en exil au Siam, doit au vicaire apostolique à Phnom Penh, Mgr Miche, de revenir sur le trône.
1860-1904 : Règne du roi Ang Voddey ou Norodom Ier
11 août 1863 : Par un traité, Ang Voddey place son royaume sous la protection de la France qui lui promet une intervention militaire en cas d’agression extérieure.
 
1863-1953 : La France est présente au Cambodge. 
1863-1884 : Le protectorat exercé par la France au Cambodge consiste essentiellement en un appui au roi Norodom dont elle permet le couronnement à Oudong, au grand mécontentement du Siam.
1866 : Le capitaine de frégate Doudart de Lagrée reçoit pour mission d’aller découvrir les sources du Mékong. 
1866 : Sous l’influence de la France, le roi et la cour se rétablissent à Phnom Penh où un nouveau palais est construit. 
Pendant la décennie 1860, la France doit réprimer des révoltes. Il s'agit de tentatives sécessionnistes qui se répètent à l’est du Mékong, une région dont les provinces apportent leur soutien au frère rebelle du roi, Ang Sivotha, qui revendique toujours le pouvoir. 
1867 : Le Siam annexe les provinces de Battambang et de Siem Reap, sans que les Français réagissent.
De 1870 à 1914, plusieurs régions du bas-Cambodge, peuplées de Cambodgiens, sont cédées au royaume d'Annam (l'actuel Vietnam), sans que les Français se préoccupent de l’intégrité du territoire khmer, à la grande déception du souverain. 
1884-1904 : La France tente de renforcer son emprise sur le Cambodge, sans tenir compte des résistances de l’élite locale et de la population. 
1884 : La France cherche depuis plusieurs années à réformer la gestion du royaume mais doit faire face à l'opposition de la cour et des fonctionnaires. Jugeant le roi responsable de cette résistance, elle le laisse sur le trône tout en le dépouillant de ses prérogatives traditionnelles. Il ne reste plus qu’un souverain fantoche, impuissant devant les réformes imposées par la puissance coloniale. Ces dernières sont multiples, de la diminution de certains impôts au recrutement des fonctionnaires, en passant par la participation de la population à la politique par l’élection des chefs locaux ou encore la suppression de l’esclavage et la distribution des terres qui, jusque là, appartenaient toutes au roi. Ces mesures sont mises en œuvre sous la surveillance de résidents français, placés sous l’autorité d’un résident supérieur dont le pouvoir surpasse celui du roi. 
Fin 1884 : Insurrection générale pour protester contre les réformes imposées par les autorités françaises. Elle se prolonge jusqu’en 1887, date à laquelle un accord garantissant au roi un minimum d'indépendance est finalement conclu. La France, déçue de ne pas avoir trouvé au Cambodge les richesses escomptées, privilégie dès lors la Cochinchine. Quant aux fonctionnaires français présents au Cambodge, ils font de plus en plus appel à un personnel vietnamien auquel ils attribuent plus de qualités qu’aux Khmers. Ces derniers n’en sont que moins favorables aux Français. 
1887 : Naissance de l’Union indochinoise qui regroupe le Laos, le Cambodge, l’Annam, la Cochinchine et le Tonkin. Le Laos et le Cambodge se trouvent ainsi englobés dans une fédération où leurs habitants sont nettement minoritaires face aux Vietnamiens.
1898 : Création de l’Ecole française d’Extrême-Orient.
1904-1927 : Règne de Sisowath, frère du roi défunt dont le fils a été écarté du pouvoir par les Français. La France met désormais en œuvre une véritable politique coloniale.
1907 : Les provinces de Battambang et de Siem Reap reviennent dans le giron cambodgien. 
1916 : Les paysans se rendent par dizaines de milliers à Phnom Penh pour protester auprès du roi contre les impôts qui les assaillent. 
1917 : Fondation de l’Ecole des arts cambodgiens. 
1921 : Le premier recensement estime la population cambodgienne à 2 403 000 habitants mais les Vietnamiens représentent plus de 60 % des habitants de Phnom Penh. Ils sont aussi nombreux dans les campagnes peu peuplées où ils occupent souvent les meilleures terres. La France n’a pas rempli sa mission de protection du Cambodge face aux immigrations étrangères. Les Chinois, également nombreux, pratiquent sans vergogne l’usure auprès des Cambodgiens qui souffrent d’un endettement chronique. Ce sont en effet les paysans autochtones qui paient le plus d’impôts tandis que les bonzes, les fonctionnaires et les militaires en sont exemptés. 
1925 : Naissance de Saloth Sar, futur Pol Pot, dans une famille de huit enfants.
1927-1941 : Règne de Monivong, fils de Sisowath.
1930 : Création de l’Institut bouddhique de Phnom Penh. 
1936 : Apparition d’une nouvelle revue en langue khmère, Nagara Vatta dont les auteurs critiquent l’inaction française face à l’avidité vietnamienne et chinoise. En parallèle se forment des réseaux de résistance au lycée Sisowath de Phnom Penh et à l’Institut bouddhique. 
1941 : Les Français choisissent le prince Sihanouk, arrière-petit-fils de Norodom, pour succéder à Monivong dont les descendants sont écartés du pouvoir. 
1941 : Sous la pression japonaise, la France concède les provinces de Siem Reap et de Battambang à la Thaïlande. La même année, les Japonais déploient 8 000 hommes au Cambodge, avec pour mot d’ordre : l’« Asie aux Asiatiques ». L’idée se répand et fait des émules, notamment dans les milieux religieux où l’on commence à évoquer un renversement du pouvoir. 
Juillet 1942 : Arrestation du bonze Hem Chieu, l’un des meneurs de la lutte anti-française. Elle donne lieu à une manifestation de protestation qui se solde par l’arrestation des rédacteurs de Nagara Vatta. La répression conduit de nombreux manifestants au bagne de Poulo Condor, en Cochinchine, où ils entrent en contact avec des membres du Parti communiste indochinois (PCI). 
1943 : Mort de Hem Chieu à Poulo Condor. Le bonze est par la suite considéré comme le premier héros de la lutte indépendantiste. 
1943 : Projet de romanisation de l’alphabet khmer, au grand mécontentement de la population et, particulièrement, des religieux. 
11 Mars 1945 : Les Japonais remercient les administrateurs français tandis que le roi Sihanouk décrète l’indépendance du Kampuchéa et installe un gouvernement appelé à durer quelques mois, jusqu’à l’arrivée des Alliés qui mettent fin à cette expérience indépendantiste. Des partisans du nationaliste Son Ngoc Thanh rejoignent alors le mouvement des Khmers issaraks, qui signifie « Khmers libres », présent dans le Nord-Ouest du pays. Ces nationalistes prônent la lutte armée pour conquérir l’indépendance et ont installé les premiers maquis à Païlin, non loin de la frontière thaïlandaise.
 
1945 : La dissolution du Parti communiste indochinois donne naissance à trois partis nationaux, dont le Parti révolutionnaire du peuple khmer (PRPK). Sous l’influence de Son Ngoc Minh et de Tou Samouth, ralliés aux Khmers issaraks, est créé un Comité central exécutif national khmer puis un gouvernement provisoire.
1946 : Après y avoir rétabli son autorité, la France autorise la création de partis politiques au Cambodge. Plusieurs voient rapidement le jour. 
Septembre 1946 : Les élections pour la création d’une Assemblée nationale voient la victoire des démocrates parmi lesquels on compte des fonctionnaires, des enseignants, d’anciens lecteurs de Nagara Vatta ou des électeurs adhérant aux idées des Issaraks. 
1947 : La Thaïlande restitue les provinces de Battambang et de Siem Reap au Cambodge. 
1947 : La constitution, élaborée par les démocrates, n’accorde qu’un rôle de second plan à Sihanouk, ce qui n’est pas du goût du jeune souverain qui, en œuvrant en faveur de l’indépendance de son pays, a su s’imposer dans le paysage politique national.
1949 : La France accorde un semblant d’indépendance au Cambodge. 
1949 : Arrivée de Saloth Sar en France pour poursuivre ses études. 
1950 : On dénombre environ 220 000 Chinois dans la population de Phnom Penh. 
Années cinquante : Alliance entre les Khmers issaraks et les troupes du Viêt-minh, la Ligue pour l’indépendance du Viêt Nam, constituée de communistes vietnamiens originaires en majorité du Nord. 
1950 : Voyage de Saloth Sar en Yougoslavie. La même année, il fonde le Cercle marxiste des étudiants khmers. 
1951 : Sihanouk renvoie son gouvernement, suspend la constitution et se proclame Premier ministre. 
1951 : Fondation du Parti révolutionnaire du peuple khmer (PRPK), issu de la scission du PCI.
Juillet 1951 : La participation de Thiounn Mounn, Sien An, Ieng Sary au « festival de la Jeunesse » à Berlin constitue pour eux une expérience internationaliste. Ils y font également la connaissance de la délégation du Viêt-minh et de Cambodgiens qui combattent les Français en Indochine. 
15 juin 1952 : Sihanouk dissout le gouvernement du démocrate Huy Kantoul. Dénoncé comme un coup d’Etat, cet acte pousse certains Cambodgiens présents en France à adhérer au PCF. 
1952 : Saloth Sar se voit retirer sa bourse d’études pour agitation et échec scolaire. Fin décembre, il embarque sur le SS Jamaïque, à bord duquel il était arrivé en France, et retourne dans son pays. 
1953 : Sihanouk dissout l’Assemblée nationale et décrète la loi martiale. Il attribue le titre de régent à son père, Norodom Suramarit, et se rend en France afin de négocier une indépendance totale du Cambodge. 
Juillet 1953 : La France, affaiblie par le conflit vietnamien, concède de très nombreuses prérogatives au Cambodge dans les domaines de la défense nationale, de la justice, de l’intérieur, des affaires étrangères et des finances. La population en est particulièrement reconnaissante à son roi qu’elle considère comme un héros de l’indépendance.
9 novembre 1953 : Date choisie par les Cambodgiens pour commémorer leur indépendance. 
1953 : Retour au Cambodge de Saloth Sar, le futur Pol Pot, après un séjour de quatre années en France. Il rejoint immédiatement les Issaraks et les Viêt-minhs dans les maquis. Cette arrivée précoce lui permet par la suite de prendre la tête du PRPK. 
Juillet 1954 : Traité accordant l’indépendance au Cambodge, ratifié à la conférence de Genève. 
1954 : Indépendance du Vietnam, les combattants indépendantistes n’ont alors plus de raison de poursuivre le combat et quittent le Cambodge. Les relations se dégradent véritablement entre communistes khmers et vietnamiens, certains comme Ieng Sary, Son Sen et Saloth Sar accusant ces derniers d’avoir sacrifié la cause khmère à leurs propres intérêts. 
1955 : Naissance du parti du Peuple créé par Sieu Heng, Saloth Sar et Tou Samouth. Saloth Sar poursuit ses visites dans le maquis, se plaçant ainsi à la tête des petits groupes qui y subsistent. Toutes ces activités ont lieu dans le plus grand secret.
27 février 1955 : Abdication de Sihanouk en faveur de son père. Il crée alors le Sangkum Reastr Niyum ou Communauté socialiste populaire, et se présente aux élections, chose interdite à un roi. Il se défend de fonder un parti à caractère politique. Son mouvement a pour but de lutter contre la corruption et pour la justice, de soutenir la royauté et de défendre les droits du petit peuple cambodgien. Cette stratégie, associée à des mesures d’intimidation lors des élections, est payante, puisque Sihanouk remporte 83 % des suffrages ainsi que l’ensemble des sièges de l’Assemblée nationale. Il écarte ainsi pour de longues années le parti du Peuple et répète son succès électoral en 1962 et en 1966. Il doit sa popularité à la relation très paternaliste qu’il entretient avec son peuple auquel il rend visite dans les campagnes, à sa volonté réformatrice, mais se maintient aussi au pouvoir grâce à son charisme autoritaire. Il fait entrer certains ministres de gauche, de futurs Khmers rouges, au sein de son gouvernement. 
1955 : Le Cambodge rallie le camp des pays non-alignés lors de la conférence de Bandung et devient membre de l’ONU. Sihanouk se rapproche des pays socialistes, ce qui dérange ses adversaires politiques, notamment les communistes. 
1958 : Saloth Sar se hisse à la tête de la cellule communiste de Phnom Penh dont les services de police de Sihanouk ne connaissent pas l’existence. 
1959 : La trahison de Sieu Heng met fin à l’existence des cellules communistes clandestines de province, toutes démantelées par le pouvoir. 
1960 : Sihanouk met en avant son désir de neutralité alors que la guerre du Vietnam menace ses frontières. Il tente d’obtenir des garanties de la Chine, du Nord-Vietnam et des Etats-Unis. Ces derniers lui apportent une aide militaire dès 1960, mais les Cambodgiens s'agacent de l'attitude arrogante de leurs interlocuteurs américains. 
Avril 1960 : A la mort du roi Suramarit, Sihanouk prend le titre de chef de l’Etat et confère le titre de régente à sa mère, la reine Kossamak. Maintenant, le Cambodge devient une monarchie qui fonctionne sans roi. 
Juin 1960 : Sihanouk organise un référendum populaire pour se faire élire roi. La victoire lui est assurée. 
30 Septembre 1960 : Congrès de fondation du Parti des travailleurs khmers (PTK), héritier du Parti révolutionnaire du peuple cambodgien fondé en 1951 et qui est l’équivalent du Parti communiste cambodgien. Le Congrès élit le comité central constitué de Tou Samouth, Nuon Chea, Saloth Sar et Ieng Sary et choisit la voie de la violence révolutionnaire. La réunion se tient dans le plus grand secret. Deux partis communistes se concurrencent désormais : celui de Hanoï et celui de Phnom Penh. Les Khmers rouges considèrent cette date comme celle de la naissance du premier parti communiste cambodgien autonome, à la différence du parti créé sous influence vietnamienne. La rupture entre membres des deux groupes sera consommée en 1976. 
1961 : Suspension des relations diplomatiques avec la Thaïlande, coupable de violations des eaux territoriales et à l’origine d’incidents sur la frontière. La Thaïlande apporte par ailleurs son soutien au développement des mouvements des Khmers issaraks et des Khmers serei, opposants politiques déclarés de Sihanouk. 
Mai 1962 : Disparition mystérieuse de Tou Samouth, remplacé dès 1963 par Saloth Sar au poste de secrétaire du comité central du PTK. 
1962 : Le recensement estime la population cambodgienne à 5 740 000 personnes, dont plus de la moitié âgée de moins de vingt ans. 
1963 : Rupture des relations diplomatiques avec le Vietnam à propos de la situation des Khmers krom qui, chassés de leurs terres par les Vietnamiens, se réfugient en masse au Cambodge jusqu’en 1970.
1963 : Pacte militaire conclu entre le Cambodge et la Chine, assorti d’un accord secret de soutien aux Viêt-minhs. 
1963 : Sihanouk annule le programme d’aide américaine qui avait assuré une croissance économique de 8 % par an jusqu’en 1962. Aucun pays ne lui apporte par la suite une aide comparable à celle des Américains qui, associée à l’investissement du roi en faveur de la modernisation du pays, avait engendré un développement et une prospérité économiques que le Cambodge est bien en peine de maintenir. La fin des aides américaines marque le début d’un déclin que rien ne peut enrayer et qui s’aggrave durant la décennie 1960. 
1963 : Nationalisation des banques et du commerce d’import-export. La mesure s’avère toutefois inefficace, notamment en raison de la corruption de nombreux fonctionnaires, et le pays s’enlise dans la crise. Les étrangers se voient découragés d’investir au Cambodge. 
Mai 1963 : Les communistes, nommés plus tard Khmers rouges par Sihanouk, débutent leur entraînement dans le Nord-Est du pays, à la frontière vietnamienne. Les dirigeants du Parti communiste cambodgien, menacés par Sihanouk, quittent la capitale pour rejoindre le maquis de la frontière vietnamienne où ils tentent de recruter des partisans au sein de la paysannerie. Les partis-frères refusent de leur prêter les équipements nécessaires à la lutte contre Sihanouk et, en 1965, les Vietnamiens leur conseillent une alliance avec le roi, ce que les cadres Khmers rouges considèrent comme une trahison. 
Avril 1965 : Rupture des relations diplomatiques avec les Etats-Unis tandis que les liens avec la Chine, qui fournit des armes, ne cessent de se renforcer.
1965 : Sihanouk autorise la guérilla nord-vietnamienne à établir des bases au Cambodge afin de poursuivre la lutte contre les forces américaines au Sud-Vietnam. 
1965-1966 : Voyage de Saloth Sar et d’autres dirigeants Khmers rouges en Chine, au Nord-Vietnam et en Corée du Nord. 
1966 : Les conservateurs sortent vainqueurs des élections législatives
30 août-2 septembre 1966 : Voyage au Cambodge du général De Gaulle qui y prononce le fameux discours de Phnom Penh, dans lequel il prend position contre l'intervention américaine au Viêt Nam. 
1966 : Second congrès des communistes cambodgiens qui adoptent pour leur mouvement le nom de Parti communiste du Kampuchéa, inspiré de la Chine alors en pleine révolution culturelle. 
1967 : Les spéculateurs cambodgiens fournissent désormais les Viêt-congs, les Vietnamiens communistes du Sud, en armes, en médicaments et en riz. C’est ainsi que le quart de la production de riz s’évapore du pays. Sihanouk ordonne alors à l’armée de contrôler les moissons, ce qui provoque des abus de la part des militaires et une révolte des paysans de Samlaut, dans la province de Battambang. Fin mai, la révolte est écrasée après que la répression a fait au moins 10 000 victimes. De nombreux paysans trouvent refuge auprès des Khmers rouges. Khieu Samphan, très populaire auprès de la population notamment pour son intégrité, se voit accusé par Sihanouk d’avoir fomenté la révolte. Il quitte alors la capitale et se réfugie secrètement dans le Nord-Est où il rejoint Saloth Sar. 
A la fin de la décennie 1960, les campagnes demeurent très majoritairement favorables à Sihanouk, ce qui n’est pas le cas des villes. L’armée, très fidèle au général Lon Nol, accepte mal la diminution des budgets causée par l’arrêt des aides américaines. Le pays compte de nombreux mécontents et le soutien de Sihanouk aux communistes vietnamiens n’est pas pour apaiser les inquiétudes de la droite d’affaires et des militaires. 
1968 : Les Khmers rouges lancent la lutte armée. Les maquis ne cessent de se renforcer : 7 000 recrues rejoignent leurs rangs entre 1968 et 1970. 
1968 : Le gouvernement dit « de la dernière chance » est mis en place par Sihanouk qui sent la situation lui échapper. 
1969 : Campagne de bombardements américains sur les forces nord-vietnamiennes présentes sur le sol khmer.
1969 : Rétablissement des relations diplomatiques avec les Etats-Unis. Sihanouk se rend compte du danger représenté par les communistes, mais trop tard. Son alliance avec les Vietnamiens a été vécue comme une trahison par son peuple. Sa réputation est entachée par la corruption qui n’épargne ni sa famille ni celle de son épouse, par ailleurs peu appréciée.
1969 : Le général Lon Nol est placé à la tête du gouvernement « de sauvetage ».
Mars 1970 : Manifestations antivietnamiennes dans la province de Svay Rieng où les villageois jugent la présence du Front national de Libération trop pesante. Elles prennent la forme d’émeutes quelques jours plus tard à Phnom Penh où les ambassades vietnamiennes sont saccagées. 
18 mars 1970 : Le cousin et rival de Sihanouk, le prince Sisowath Sirik Matak, fait proclamer par l’Assemblée nationale la « patrie en danger » et obtient la déchéance du chef de l’Etat, alors en vacances en France. Tandis que Lon Nol conserve le poste de Premier ministre de cette nouvelle république, Sirik Matak s’installe au gouvernement pour le seconder. La population voit tout d’abord ce coup d’Etat d’un œil favorable. Les paysans ne tardent cependant pas à organiser des manifestations de soutien à Sihanouk, sévèrement réprimées par l’armée. 
23 mars 1970 : Conseillé par Chou En Lai et depuis Pékin où il est réfugié, Sihanouk annonce la déposition du général Lon Nol ainsi que la dissolution de l’Assemblée. Il appelle son peuple à le rejoindre au sein du Front uni national du Kampuchéa (FUNK), crée le Gouvernement royal uni du Cambodge (GRUNK) et l’armée de libération nationale afin de renverser les ennemis, accusés de trahison. Son appel est entendu par les royalistes et certains intellectuels qui viennent s’ajouter aux quelques 3 000 ou 4 000 Khmers rouges qui ont paradoxalement rejoint leur ancien ennemi. 
Mars 1970 : L’ordre de Lon Nol d’expulser les troupes viêt-congs sous deux jours aboutit à des violences contre les Vietnamiens dont au moins 12 000 trouvent la mort. Hanoï réplique immédiatement par l’invasion du Cambodge et en apportant son soutien à Sihanouk. L’armée de Lon Nol, composée pour l’essentiel de civils volontaires mal formés, ne pèse que peu. 
Mars-Octobre 1970 : Le pays porte le nom d’Etat du Cambodge.
Avril 1970 : Les Khmers rouges commencent à obtenir des succès auprès des paysans dont quelques centaines les rejoignent après avoir entendu l’appel de Sihanouk. Des personnages tels que Khieu Samphan, Hou Yuon et Hu Nim contribuent à crédibiliser le mouvement en apparaissant comme ministres du FUNK alors qu’ils ne partagent pas les idées marxistes. Entre 1970 et 1975, les effectifs des Khmers rouges passent de quelques centaines voire quelques milliers à 15 000 puis 60 000. Bien sûr, le soutien de Sihanouk n’est qu’un instrument aux mains des combattants communistes. Alors que Khieu Sampham, Hou Yuon et Hu Nim sont sur le devant de la scène, Saloth Sar, Nuon Chea et Son Sen restent dans l’ombre et parviennent à faire oublier qu’ils sont les véritables dirigeants du parti dont l’existence demeure secrète jusqu’en 1977 alors qu’ils gouvernent le pays depuis déjà deux ans. Il est difficile de comprendre comment ces hommes sont parvenus pendant si longtemps à dissimuler leurs convictions communistes. 
Fin avril 1970 : Bombardements américains pour tenter de freiner l’avancée des Viêt-congs, alliés aux Khmers rouges. De nombreux villages khmers sont alors détruits. 
Juin 1970 : Le Nord-Est du Cambodge, soit près du tiers du pays, est sous la domination des Nord-Vietnamiens qui ne cessent de progresser. 
Octobre 1970 : Proclamation de la République khmère qui perdure jusqu’en 1975. Le premier gouvernement comporte de nombreux Khmers serei et issaraks. Lon Nol, désormais maréchal, y est toujours présent bien que très affaibli par une attaque cérébrale. Il fait appel aux forces sud-vietnamiennes qui répondent aux pogroms commis en mars par des massacres. 
Octobre 1970 : Sihanouk est condamné à mort par contumace. 
De 1970 à 1975 ont lieu des affrontements entre les forces américaines, alliées aux Sud-Vietnamiens, et les communistes dont l’implantation à l’ouest et au centre du Cambodge ne cesse de se renforcer. Cette guerre civile se solde par la mort de plusieurs centaines de milliers de Khmers : au moins 300 000 dans le camp des civils et de Lon Nol et peut-être 250 000 parmi les Khmers rouges et les populations qu’ils contrôlent. Ces chiffres ne sont que des estimations qui n’ont jamais pu être confirmées avec certitude. 
De 1970 à 1975 : Huit gouvernements se succèdent, dans un climat d’instabilité et de corruption. Les officiers et les commerçants de Phnom Penh se livrent à des spéculations sur le riz et les autres denrées de première nécessité dont ils tirent des revenus substantiels qui leur permettent une vie d’opulence qui jure avec celle des paysans et des simples soldats. Le peuple est naturellement attiré par les Khmers rouges qui ne semblent pas corrompus. 
Les combats qui font rage dans tout le pays provoquent de nombreux déplacements de Cambodgiens qui s’entassent dans les bidonvilles de Phnom Penh. La population de la capitale fait plus que tripler entre 1970 et 1975, pour atteindre plus de deux millions d’habitants sur un total de 7 millions au Cambodge. 
1971 : Destruction de l’aviation khmère par les Viêt-congs qui mènent la guerre devant les Khmers rouges, moins expérimentés et moins bien équipés, jusqu’en 1972.
1971 : Les Khmers rouges divisent le Cambodge en six zones militaires et administratives contrôlées chacune par un secrétaire qui gère la population et l’armée. Cela aboutit à la formation de six partis dirigés par six secrétaires autonomes que Pol Pot et Ieng Sary ont par la suite des difficultés à fédérer sous leur commandement. Dans les régions aux mains des Khmers rouges, dites « libérées », la collectivisation des campagnes débute et des coopératives voient le jour. Chacun est invité à se remettre en question lors de séances d’autocritique et à croire en la puissance et en l’infaillibilité de l’Angkar qui signifie « l’Organisation » et qui est l’organe de gouvernement créé par les Khmers rouges. Toute référence au parti est formellement proscrite tandis que critiquer l’Angkar est passible de la peine de mort. Si les paysans apprécient l’aide et la considération des Khmers rouges à leur égard, ils ne comprennent en revanche rien aux principes socialistes et sont franchement hostiles à la collectivisation. 
Mars 1972 : Lon Nol accède à la présidence de la République après un coup de force contre l’Assemblée. Il fait réprimer par l’armée les manifestations des étudiants qui contestent son action et s’aliène alors une bonne part de ses soutiens qui se tournent vers le FUNK. Des élections présidentielles truquées le confirment dans ses fonctions de président en juin de la même année. 
Mars 1972 : Les tirs de roquette sur la capitale font de nombreuses victimes parmi les réfugiés. Les récits d’atrocités commises par les Khmers rouges rapportés par les déplacés laissent les Occidentaux sourds et sceptiques. 
1972 : Les voies de communication et les infrastructures ayant été la cible de destructions massives, il est de plus en plus difficile d’assurer le ravitaillement de la capitale où la misère et la maladie gagnent du terrain, sans retenir l’attention du gouvernement républicain. Certaines provinces, telles que celle de Battambang, sont totalement coupées du reste du pays et uniquement accessibles par voie aérienne. 
27 janvier 1973 : Les accords de paix de Paris mettent fin à la guerre du Vietnam dont les troupes sont sommées de quitter le Cambodge. Cependant, les Khmers rouges refusent de reconnaître le traité et poursuivent les offensives contre les forces républicaines sans l’aide des Viêt-congs qu’ils considèrent plus que jamais comme des traîtres. Ils mènent des opérations-suicides et parviennent à duper les républicains, persuadés que les amulettes de leurs ennemis sont plus efficaces et puissantes que les leurs. Les Vietnamiens vivant au Cambodge font rapidement les frais de cette prétendue trahison : nombre d’entre eux sont éliminés par les Khmers rouges tandis que l’approvisionnement en riz leur est rendu très difficile. Soutenant le gouvernement de Lon Nol, les Américains refusent la proposition de pourparlers de Sihanouk et les plus riches habitants de Phnom Penh commencent à fuir le pays. 
Dès 1973, les Khmers rouges pratiquent des déplacements de population dans les régions dites « libérées ». Par décision de l’Angkar, les individus originaires de petites bourgades et de villages sont regroupés dans des coopératives et chargés de défricher et de cultiver de nouvelles terres. On pratique le travail forcé dans les coopératives qui ressemblent à des camps militaires et qu’il est interdit de quitter sous peine de mort. Le système fonctionne par la terreur : les éventuels récalcitrants disparaissent brusquement et sont éliminés. Lorsque Sihanouk se rend dans les régions « libérées », les Khmers rouges se gardent bien de le mettre au contact avec les populations qui y vivent. 
1974 : Les cadres formés à Hanoï, dits « Khmers viêt-minhs », sont placés en camps de rééducation et soumis à des purges dans lesquelles ils disparaissent.
1974 : Toutes les voies de terre reliant la capitale au reste du Cambodge sont coupées, l’année suivante, c’est également le cas du Mékong. Les Khmers rouges intensifient leurs assauts pour s’emparer de Phnom Penh et se rendre ainsi maîtres de tout le pays. 
Mars 1974 : La prise d’Oudong par les forces communistes donne lieu à la déportation de ses 20 000 habitants et au massacre de l’ensemble de ses fonctionnaires. 
Avril 1975 : Les Américains, exigeant la démission de Lon Nol, sont la cause de la capitulation devant les Khmers rouges. Ils s’entendent avec la Chine pour rétablir Sihanouk au pouvoir. Cependant, sous la pression des Khmers rouges, la Chine manque à ses promesses.
17 avril 1975 : Les troupes des Khmers rouges investissent la capitale. Il s’agit de très jeunes soldats d’une quinzaine d’années, armés par les Chinois. 
Alors que tous fêtent la fin de la guerre, les Khmers rouges se rendent peu à peu maîtres de la ville qu’ils vident de la totalité de ses habitants en quelques heures, prétextant la menace de bombardements américains. Des millions d’individus se mettent en route sous une accablante chaleur, ignorant tout du sort terrible qui les attend. Les Khmers rouges s’apprêtent à instaurer à l’échelle nationale le système des coopératives. Pour eux, la ville porte le mal en elle. De plus, le faible nombre de cadres Khmers rouges leur fait redouter d’éventuelles insurrections urbaines qui renverseraient leur pouvoir. Mieux vaut donc à leurs yeux évacuer totalement les cités d’autant que les travaux de reconstruction seraient selon eux trop coûteux. En fait, ne pas rétablir les divers réseaux de communication, de transports et de téléphone permet de mieux contrôler la population. Cette déportation s’accompagne de massacres ciblés de militaires et fonctionnaires de la République khmère. 
Avril 1975-janvier 1979 : Régime des Khmers rouges qui établissent le Kampuchéa démocratique. Ce nom, qui désigne les membres du parti communiste, n’a pas été choisi par ceux qui le portent, mais leur a été attribué par Sihanouk. Les Cambodgiens les nomment quant à eux le plus souvent « polpotistes » ou « sales Pot », en référence à leur chef de guerre. Rarement un régime politique fut aussi destructeur, générateur de violences et d’atrocités. 
Les Khmers rouges sont issus à la fois des démocrates, apparus dans les années trente dans les plantations de caoutchouc, des issaraks et des premiers communistes que compta le pays. 
C’est par l’intermédiaire de Français que des Cambodgiens partis faire leurs études en France découvrent l’Association des étudiants khmers dirigée par Saloth Sar (le futur Pol Pot), Ieng Sary, Hou Yuon et les frères Thiounn, également fondateurs d’une cellule marxiste et très liés au PCF. Les deux premiers deviennent les principaux meneurs des Khmers rouges. 
A partir de 1975 débute l’entreprise de « ruralisation » de la société. L’économie est entièrement tournée vers la production de riz qui sert de monnaie d’échange avec les autres régimes communistes, notamment la Chine qui fournit les Khmers rouges en armes. Il devient interdit de posséder un livre, la monnaie disparaît. Bien que mis en garde par les Chinois contre les inconvénients d’un « grand bond en avant » analogue à celui lancé par Mao vingt ans plus tôt, les Khmers rouges entendent passer rapidement au communisme total, au mépris de la population qui subit des famines particulièrement meurtrières. 
Dès la fin de 1975, les purges commencent. Les premières victimes sont les officiers et soldats de l’armée républicaine, les fonctionnaires, les médecins, les enseignants qui sont exterminés et dont les corps sont répandus comme engrais dans les rizières. Les paysans font également les frais de purges et d’assassinats collectifs de plus en plus fréquents à mesure que l’on approche de 1978. Les mises en garde contre de telles pratiques par le père des Missions étrangères de Paris François Ponchaud ne sont pas prises au sérieux en Occident et notamment en France où son livre est taxé d’anticommunisme par les intellectuels de gauche. 
La ration de riz passe de 700 grammes par jour à 50 grammes, puis est remplacée par une soupe d’eau claire. Se plaindre est passible d’exécution. Plusieurs centaines de milliers de Cambodgiens trouvent la mort, victimes de la privation de nourriture et du travail forcé
Les exécutions sont perpétrées par des soldats mais surtout par les petits cadres du parti appelés kamaphibal
1975 : Fermeture des frontières qui sont minées. Les ambassades sont toutes fermées et leurs membres renvoyés dans leurs pays. 
1976 : Déportation vers leur pays de très nombreux Vietnamiens installés au Cambodge.
1976 : Le Cambodge devient le Kampuchéa démocratique.
Janvier à Septembre 1976 : Période pendant laquelle la Constitution du Kampuchéa démocratique est proclamée. Sihanouk doit quitter le pouvoir qu’il n’exerce plus depuis longtemps déjà. Il est assigné à résidence dans son palais tandis qu’une partie de sa famille est assassinée. Khieu Samphan le remplace à la tête de l’Etat tandis que Camarade Pol devient Premier ministre. C’est à ce moment qu’il ajoute à son nom celui de « Pot ». Le gouvernement comprend l’ensemble des cadres qui ont fait leurs études à Paris : Thiounn Thioenn, Hu Nim, Son Sen. Il est dirigé par le « groupe des quatre », composé de Pol Pot et Ieng Sary ainsi que de leurs épouses Khieu Ponnary et Khieu Tirith. 
Une fois le pouvoir conquis, les rivalités éclatent au grand jour. Les secrétaires des provinces et les personnes soupçonnées de faire partie de leurs clientèles sont les premiers à en faire les frais et sont éliminés.
Septembre 1976 : Apparition des premières divisions à l’occasion de l’anniversaire de la création du parti. Certains comme Keo Meas parlent du 25e anniversaire, d’autres du 16e. Aux yeux de Pol Pot, Premier ministre et secrétaire général du parti, reconnaître la fondation en 1951 revient à l’attribuer aux Vietnamiens auquel le PCK ne doit rien. Les purges débutent donc contre ses adversaires : 2 250 membres du parti subissent la torture et la mort dans le centre de détention de Tuol Sleng. De 1975 à 1979, environ 20 000 Khmers rouges y trouvent la mort, accusés de diverses trahisons et de complots imaginaires. 
1976 : Ieng Sary rappelle au Cambodge les étudiants partis faire leurs études à l’étranger et leur demande de rédiger leur biographie, en fonction de laquelle il décide de les laisser en vie ou non. Seul un quart d’entre eux réchappent à cette sélection.
1976 : Le parti lance un plan-programme économique pour quatre ans. Les objectifs qu’il fixe pour la production de riz sont totalement démesurés. Les paysans doivent intensifier leur travail et certains kamaphibal prélèvent sur leur nourriture le riz qu’exige le gouvernement, ce qui provoque la mort de milliers de personnes supplémentaires.
Septembre 1976-septembre 1977 : La situation alimentaire dans les campagnes se dégrade encore. Les dirigeants croient alors à l’existence d’ennemis cachés qui mettent tout en œuvre pour les empêcher d’atteindre leurs objectifs. Il s’agit de les démasquer au sein du parti, parmi les paysans ainsi qu’à l’extérieur, à la frontière avec la Thaïlande où des villages sont détruits et les habitants massacrés. 
1977 : Début des combats contre le Vietnam. Les dirigeants Khmers rouges envoient quatre divisions au Vietnam afin de « reconquérir le Kampuchéa Krom ». Trop faibles pour pouvoir inquiéter les Vietnamiens, ils sont contraints de faire appel à la Chine. 
Septembre 1977 : Pol Pot annonce pour la première fois l’existence du Parti communiste khmer, certainement pressé de le faire par la Chine où il se trouve en tant qu’invité d’honneur de la fête nationale à Pékin. 
Décembre 1977-janvier 1979 : Période dominée par le conflit avec le Vietnam qui s’allie à l’Union soviétique pour faire face à l’alliance entre le Cambodge et la Chine.
26 décembre 1977 : L'armée vietnamienne aux ordres du général Giap intervient dans l’Est du Cambodge. Les Vietnamiens font prisonniers des centaines de milliers d’individus qu’ils déplacent sur leur territoire. Pol Pot et Ieng Sary, croyant à une trahison des officiers et cadres locaux, en font assassiner près de 500. La population n’est pas épargnée et de nombreux soldats de la zone orientale sont à leur tour massacrés et remplacés par d’autres venus du Sud, jugés plus fidèles. Ils vident la zone est de sa population, soit en la déplaçant, soit en l’exterminant. 
Les deux dirigeants se gardent bien de révéler ces défaites aux Cambodgiens ainsi qu’aux membres du parti. 
A partir de 1978, les purges sont également commanditées par le comité central lui-même et se multiplient. Le but des communistes est d’obtenir des Khmers purs, cette notion de purification revenant de manière récurrente dans leurs discours. La purification de l’impérialisme, du capitalisme doit passer par le travail des champs ainsi que par des modifications corporelles et vestimentaires fixées par des émissaires du régime. La notion de pureté contient aussi des caractères raciaux qui excluent d’emblée les métis et les membres de minorités telles que les Chams. Le teint sombre est signe de pureté, alors qu’il avait toujours été méprisé jusque-là. Enfin, la pureté se trouve chez les enfants que l’on enlève à leurs parents pervertis : ils sont formés par l’Angkar qui leur attribue diverses fonctions dont celle d’espionner et de dénoncer les ennemis de la révolution. Les jeunes de plus de 14 ans représentent la première force de travail ; considérés comme les « troupes d’élite du travail », ils remplacent les adultes dans de nombreux métiers. Les Khmers vivent dans l’angoisse perpétuelle de l’Angkar qui voit tout puisqu’elle « a des yeux comme des ananas ». 
Fin 1978 : Les Vietnamiens fondent le Front d’union nationale pour le salut du Kampuchéa dont Heng Samrin prend la tête. 
25 décembre 1978 : 170 000 soldats vietnamiens enfoncent la frontière avec le Cambodge qu’ils envahissent sans difficulté. Les dirigeants Khmers rouges s’enfuient vers la Thaïlande où ils trouvent refuge tandis que leurs troupes en déroute massacrent la population sur leur passage. 
6 janvier 1979 : Pol Pot est évacué de toute urgence en hélicoptère chinois devant l’avancée des Vietnamiens vers Phnom Penh. 
A la chute du régime khmer rouge, on estime au minimum le nombre de victimes à 1 700 000, soit près du cinquième de la population. Le site S21 de Tuol Sleng dirigé par Douch a été le centre de tortures le plus atroce. On a parlé d’autogénocide dans la mesure où les victimes comme les bourreaux étaient dans leur immense majorité des Khmers. 
7 janvier 1979 : Les Vietnamiens pénètrent dans Phnom Penh et Heng Samrin prend le pouvoir. Dans les jours qui suivent, ils libèrent les autres régions du pays.
11 janvier 1979 : Heng Samrin devient président de la République populaire du Kampuchéa et Pen Sovann son Premier ministre.
1979 : Traités d’amitié et de coopération signés entre le Cambodge, le Laos et le Vietnam, assortis d’obligations de solidarité économique, politique et militaire. Pendant la décennie 1980, 190 000 Vietnamiens demeurent sur le territoire cambodgien sous le prétexte de protéger ses habitants du danger khmer rouge. Devant le déficit en techniciens et fonctionnaires, qui avaient été remplacés par des enfants, le Vietnam envoie son propre personnel qui prend en main la relance du pays. Une fois de plus, le Cambodge se retrouve sous la houlette de son ennemi de toujours. 
Fin 1979 : L’ONU vote une demande de retrait de « toutes les forces étrangères du Kampuchéa ». Très paradoxalement, en refusant de reconnaître le pouvoir mis en place par les Vietnamiens, l’ONU légitime celui des Khmers rouges en désignant le Kampuchéa démocratique comme représentant officiel du Cambodge. 
1979 : Le gouvernement mis en place par les Vietnamiens est formé de communistes de diverses tendances : pro-Vietnamiens, Khmers viêt-minhs et anciens Khmers rouges. Les Cambodgiens n’en ont donc pas fini avec la terreur politique. 
Août 1979 : Pol Pot, Ieng Sary et Khieu Samphan sont condamnés à mort par contumace. Au grand étonnement de la population, les kamaphibal ne sont ni emprisonnés ni éliminés mais se voient confier de nombreuses responsabilités. Au fil des ans, les Khmers viêt-minhs sont même remplacés par d’anciens Khmers rouges. Les Vietnamiens auraient redouté l’habileté des premiers ou bien se seraient servi de ces individus qui, ayant trahi Pol Pot, redoutaient plus que tout son retour au pouvoir. 
A la suite du pillage de Phnom Penh, du vol de riz et d’autres denrées alimentaires perpétrés par les communistes vietnamiens, beaucoup de Cambodgiens, mus par la crainte, préfèrent fuir dans des camps de réfugiés, à la frontière avec la Thaïlande. 
Après la prise de la capitale, les Vietnamiens interdisent à ses anciens habitants d’y accéder pendant six mois et s’emparent des archives des Khmers rouges. 
De 1979 à 1980, des Cambodgiens déplacés sous les Khmers rouges errent par dizaines de milliers sur les routes, à la recherche de leur famille. La situation économique et alimentaire est si précaire que dès juillet 1979, la famine touche l’ensemble du pays. Le pouvoir acquis aux Vietnamiens refuse l’aide alimentaire extérieure à la distribution de laquelle il émet une condition : la reconnaissance par la communauté internationale du gouvernement de la République populaire du Kampuchéa. 
1979 : La Thaïlande voit affluer 200 000 réfugiés ainsi que des Khmers rouges qui entraînent dans leur sillon 100 000 prisonniers affamés. Effrayée par l’avance vietnamienne vers sa frontière, elle décide de financer le réarmement des Khmers rouges présents sur son territoire.
La résistance armée s’organise dans les camps et c’est parmi les réfugiés que les diverses organisations de résistance recrutent combattants et guérilleros. En 1979, Son Sann crée l’Armée nationale de libération du peuple khmer (ANLPK) qui domine six des plus grands camps. En mars 1981, c’est au tour de Sihanouk de fonder l’Armée nationale sihanoukiste (ANS) dont l’influence ne cesse de croître. 
1980 : L’UNICEF organise une distribution de vivres, de semences et d’outils dans un camp situé à la frontière, mais les autorités de Phnom Penh le font fermer dès janvier 1981. 
1980 : Trois catégories de fonctionnaires gèrent le pays : les A-40, responsables des décisions importantes ; à un niveau intermédiaire, les B-68, qui travaillent en lien avec les fonctionnaires cambodgiens et, enfin, les A-50, chargés des provinces. Le Viêt Nam ne tarde pas à exploiter économiquement son voisin cambodgien. 
1981 : Adoption d’une nouvelle constitution et désignation d’une nouvelle Assemblée.
1982 : Le Viêt Nam, à la population fort nombreuse, prévoit l’installation de 500 000 des ses ressortissants au Cambodge, jugé peu peuplé. Il s’agit donc d’une sorte de colonisation qui a de quoi effrayer les Cambodgiens. 
Années quatre-vingt : Les dirigeants de la RPK et ceux d’Hanoï n’autorisent que peu d’organisations occidentales à apporter des secours humanitaires à la population, cherchant à les préserver de toute influence qui ne serait pas communiste et les pervertirait. Le pays, maintenu dans un total isolement, ne cesse de s’appauvrir. Afin de contrôler la population, le pouvoir cherche à renforcer le Parti populaire révolutionnaire du Kampuchéa qui se place dans la mouvance vietnamienne. Le but du parti est d’« aider le peuple du Kampuchéa à recommencer sa révolution à partir de zéro », selon les termes du général Le Du Anh ; les principes marxistes-léninistes restent en vigueur. 
Décembre 1981-avril 1982 : Les Vietnamiens lancent plusieurs offensives contre des camps de réfugiés dans le but de repousser les Khmers rouges vers la Thaïlande. Elles se soldent par un échec pour l’armée populaire du Viêt Nam qui ne parvient pas à éliminer cette résistance ni celle organisée par les sihanoukistes. Le Vietnam manifeste alors son intention de lutter contre cette résistance armée par la construction d’un mur de bambou de 800 kilomètres le long de la frontière.
 
22 juin 1982 : Le Gouvernement de coalition du Kampuchéa démocratique (GCKD) voit le jour, sous la pression de l’ASEAN, des pays occidentaux et de la Chine, qui financent les organisations de résistance et souhaitent leur union. Sihanouk en prend la tête avec, comme Premier ministre, Son Sann, et comme vice-Premier ministre chargé des Affaires étrangères, Khieu Samphan. Ce n’est qu’une union de façade entre des leaders que tout oppose. La lutte armée est peu efficace, notamment en raison de la division des troupes en factions concurrentes. 

1983 : Le fils de Sihanouk, le prince Ranariddh, prend la tête de l’ANS que rejoignent de nombreux chefs de l’ANLPK en proie à de graves tensions en 1986-1987. 
De 1981 à 1986, dans la République populaire du Kampuchéa, les effectifs du parti passent de 700 à 10 000 membres. Son fonctionnement reste relativement semblable à celui du parti dans le Kampuchéa démocratique. Ses dirigeants insistent sur la nécessité d’endoctriner la population, toujours plus contrôlée, espionnée, dénoncée tandis que les prisons ne cessent de s’emplir d’opposants. 
1984-1985 : Les Vietnamiens mènent une opération de grande ampleur contre les camps dont ils chassent 250 000 réfugiés qui progressent vers l’intérieur de la Thaïlande où trois nouveaux camps se constituent. Les individus y sont répartis en fonction de leurs affinités politiques : le site 2 rassemble 160 000 personnes proches du FNLKP, le site B, 50 000 partisans de Sihanouk et le site 8, 50 000 fidèles des Khmers rouges. 
Janvier 1984 : A Phnom Penh, le Comité central du parti proclame la mobilisation de la population toute entière en vue de la réalisation de « travaux de défense de la patrie » censés empêcher les infiltrations de résistants. Chaque individu peut être réquisitionné et enrôlé pendant plusieurs mois pour ces travaux. L’idée d’un mur le long de la frontière avec la Thaïlande est reprise et mise à exécution : ce « mur » consiste en plusieurs fossés piégés et minés, associés à une digue de trois mètres de haut, le tout protégé par un mur de bambou également piégé et miné. 60 000 à 100 000 personnes y travaillent dans des conditions alimentaires et d’hygiène effroyables. On estime à 50 000 le nombre de ces travailleurs forcés qui périrent en édifiant ce mur du fait des mines et de la malaria entre 1984 et 1987.
1984 : La résistance mène diverses actions de guérilla et attaque même la ville de Siem Reap. 
Septembre 1985 : Instauration d’une conscription de cinq ans pour les hommes âgés de 18 à 30 ans, afin de seconder les Forces armées de la RPK (FARPK). Les conditions de recrutement et l’obligation de se battre contre d’autres Khmers sont à l’origine d’un taux de désertion très élevé qui frise parfois les 50 %. 
Février 1985 : Nouvelle réunion des ministres de l’ASEAN pour trouver un accord entre les différentes parties. Cependant, ils n’ont guère d’influence sur les Khmers rouges et sur le gouvernement provietnamien. 
Mars 1986 : Afin de sortir de la guerre qui s’enlise depuis plusieurs années, Sihanouk parvient à imposer l’idée de la nécessité d’une réconciliation nationale. La possibilité d’un gouvernement rassemblant les trois factions de la résistance et les dirigeants de Phnom Penh est alors émise. Les Vietnamiens, soumis à un blocus économique de la part des Occidentaux et souffrant d’une situation économique catastrophique, acceptent pour leur part l’idée d’un retrait. 
1987 : Début du retrait des troupes vietnamiennes présentes au Cambodge. Sihanouk réclame des pourparlers en vue de la constitution d’un gouvernement de coalition regroupant les quatre tendances politiques.
7 mai 1987 : Sihanouk annonce par la voix de son fils Ranariddh qu’il se retire de la présidence du gouvernement provisoire de coalition, souhaitant notamment prendre de la distance vis-à-vis des Khmers rouges et plus de liberté pour mieux servir son peuple. 
1988 : Les Khmers rouges profitent du calme relatif pour mettre leurs armes dans des lieux sûrs et renforcer leur influence au sein des camps de réfugiés. 
24-28 juillet 1988 : Une première rencontre informelle a lieu en Indonésie entre les quatre factions en lutte qui accomplissent peu à peu des pas en faveur de la paix. 
30 juillet 1989 : Réunion d’une conférence internationale sur le Cambodge à Paris, sous la direction de dix-neuf pays et du secrétaire général de l’ONU. Les différents partis s’accordent sur le principe d’élections mais ne parviennent pas à se décider pour savoir qui prendra les rênes du pouvoir dans l’attente de celles-ci. La conférence se solde par un échec car cette question demeure irrésolue. Sur place, après le retrait des troupes vietnamiennes, les combats reprennent entre la résistance et l’armée gouvernementale. 
1989 : Le régime de Phnom Penh attribue au pays le nom d’Etat du Cambodge. Il opère de très nombreux changements dans son mode de fonctionnement en abolissant la peine de mort et en déclarant « archaïque » le « rôle prépondérant du parti communiste ». Le bouddhisme devient religion nationale tandis que le droit à la propriété privée est rétabli. Une évolution qui s'inscrit dans un contexte international marqué par la fin des démocraties populaires en Europe et une phase d'affaiblissement accéléré de l'URSS.
1989 : Le Vietnam assure que ses troupes auront quitté le pays dans leur intégralité en septembre.
1990 : L’ONU propose une solution au conflit qui passe par la création de l’Autorité provisoire des Nations unies au Cambodge (APRONUC) qui exercerait une tutelle sur l’administration du pays dans l’attente des élections. Elle émet également l’idée d’un Conseil national suprême (CNS), sorte de gouvernement qui réunirait les différentes factions en présence. 
Juin 1990 : Création du CNS à la réunion de Tokyo. Les Khmers rouges refusent d’y entrer et manifestent leur opposition systématique au processus de paix. 
Fin 1990 : Nouvelle réunion des cinq membres du Conseil de Sécurité de l’ONU qui vise à mettre un terme définitif au conflit cambodgien et évoque les questions du désarmement, du cessez-le-feu et de l’organisation des élections. 
1991 : L’Etat du Cambodge annonce la tenue des élections pour le mois de juin de l’année suivante. 
1er mai 1991 : L’ensemble des belligérants accepte le cessez-le-feu que la France et l’Indonésie, coprésidentes de la Conférence internationale pour le Cambodge, ont proposé. 
2-4 juin 1991 : Les quatre groupes politiques réunis à Pattaya en Thaïlande se mettent d’accord sur un arrêt inconditionnel et illimité des hostilités et décident de l’installation du Conseil national suprême (CNS) à Phnom Penh. Sihanouk en est désigné secrétaire général.
15 juin 1991 : L’Etat du Cambodge accepte la réouverture de la frontière avec la Thaïlande. 
23-29 août 1991 : Nouvelle réunion des quatre partis à Pattaya sous la présidence de Sihanouk qui a renoncé à toute fonction au sein de la coalition. 
Octobre 1991 : Le Parti populaire révolutionnaire du Kampuchéa (PRPK), avec, à sa tête, Hun Sen, prend le nom de Parti du peuple cambodgien (Pracheachon), renonçant ainsi formellement à son identité communiste passée. 
23 octobre 1991 : Nouvelle conférence de Paris où sont signés les accords de paix sur le Cambodge ainsi que l’accord sur la création de l’Autorité provisoire des Nations unies au Cambodge (APRONUC).
14 novembre 1991 : La foule accueille Sihanouk, un homme vieilli, à Phnom Penh. En revanche, deux semaines plus tard, Khieu Samphan, reçu par des manifestations violentes, est contraint de quitter le Cambodge avec le reste de la délégation khmère rouge. Le gouvernement de Phnom Penh rétablit Sihanouk dans ses fonctions de chef de l’Etat tandis que le FUNCINPEC du prince Ranariddh et le Pracheachon passent des accords politiques et militaires. Sihanouk dirige le pays avec Hun Sen qu’il nomme son « nouveau fils ». 
Cette alliance exclut les Khmers rouges et le FNLPK de Son Sann et met à mal les conclusions de la conférence de Paris qui avaient prévu un gouvernement à quatre. Alors que l’ONU n’y voit pas d’inconvénient, la Chine et la Thaïlande s’y opposent. 
Mars 1992 : Arrivée de la force internationale dirigée par l’ONU, l’APRONUC. Ces 15 000 casques bleus, 3 000 policiers civils et 2 000 administrateurs occidentaux doivent maintenir la paix dans l’attente des élections de juin 1993 et permettre le retour des 370 000 réfugiés présents en Thaïlande. Ils doivent également veiller au désarmement ainsi qu’à l’évacuation des forces étrangères. 
Avril 1992 : Début du rapatriement des réfugiés dont une grande partie demande à s’installer dans la province de Battambang. De très nombreuses terres cultivables ne peuvent être attribuées car elles sont minées. 
1992 : Les violations du cessez-le-feu sont courantes de la part de l’Etat du Cambodge et des Khmers rouges qui refusent toujours de participer au processus de paix et minent les zones sous leur influence. Ils s’opposent à la présence des troupes de l’ONU sur les territoires qu’ils contrôlent et n’hésitent pas à attaquer leurs avions ou leurs hélicoptères. 
Fin 1992 : Le conseil de sécurité de l’ONU vote des sanctions économiques contre les Khmers rouges. 
Mi-1993 : Les soldats de l’APRONUC ont désamorcé 12 000 mines sur un total estimé de 2 à 10 millions. 
1993 : Le PPC de Hun Sen lance des campagnes violentes contre les partisans du FUNCINPEC et du Parti démocratique libéral et bouddhique de Son Sann. Le but du PPC comme des Khmers rouges est de saper le pouvoir de ces deux partis non communistes qui pourraient leur nuire aux élections.
24 septembre 1993 : Rétablissement de la monarchie. Une constitution est promulguée. Sihanouk remonte sur le trône et son fils Ranariddh devient Premier ministre d’un gouvernement formé avec des hommes du PPC.
Fin novembre 1993 : L’APRONUC se retire du Cambodge. Les Khmers rouges disposent encore de 15 000 hommes et maîtrisent un sixième du territoire. 
1995 : Hun Sen et Ranariddh s’entendent pour exclure Sam Rainsy du gouvernement où il exerçait la charge de ministre des Finances ; il doit aussi quitter le Funcinpec. Il crée alors son propre parti, la « nation khmère » (PNK), avec le soutien de Sihanouk qui s’était opposé à son éviction du gouvernement. 
1996 : Les leaders du PPC et du Funcinpec se livrent une bataille politique sans merci, le but de Hun Sen étant d’éliminer son adversaire Ranariddh. 
1996 : Amnistie de Ieng Sary.
Novembre 1996 : Hun Sen accuse Sam Rainsy d’être lié avec d’anciens Khmers rouges infiltrés à Phnom Penn et lance contre lui un mandat d’arrêt. 
26 juin 1997 : Pol Pot est arrêté et condamné à la prison à vie par les siens, dans des circonstances troubles. 
15 avril 1998 : Pol Pot meurt. Les uns après les autres, les dirigeants Khmers rouges font défection. 
Juillet 1998 : Les élections se déroulent dans le calme et sans fraude majeure. Le PPC obtient 41 % des voix, le Funcinpec 31.7 % et le PNK 14.75 %, les multiples petits partis se partageant le reste. Hun Sen devient Premier ministre mais le Funcinpec et le parti Sam Rainsy représentent une véritable force d’opposition. 
19 mai 2000 : Le Cambodge et l’ONU parviennent à un accord sur l’organisation d’un procès des responsables du génocide khmer.
10 août 2001 : Adoption d’une loi créant un tribunal spécial pour le jugement des anciens dirigeants Khmers rouges. Il comprendra aussi bien des Cambodgiens que des juges internationaux.
Décembre 2001 : Inauguration du premier pont sur le Mékong qui permet de relier l’est et l’ouest du pays. 
3 février 2002 : Les premières élections locales ont lieu. Le Parti du peuple cambodgien du Premier ministre Hun Sen recueille 60 % des voix, le parti royaliste FUNCINPEC un peu plus de 20 % et le mouvement d’opposition Sam Rainsy, moins de 20 %. 
8 février 2002 : Les Nations unies se retirent des préparatifs du procès des Khmers rouges du fait du manque de garanties sur l’indépendance et l’impartialité des juges cambodgiens. 
Début 2003 : Tensions diplomatiques entre le Cambodge et la Thaïlande après les affirmations d’une présentatrice thaïlandaise qui prétend qu’Angkor appartient au patrimoine de son pays. Ces propos provoquent des émeutes anti-thaïlandaises à Phnom Penh. 
6 juin 2003 : Nouvel accord entre l’ONU et le Cambodge pour la mise en place du tribunal spécial qui doit juger les dignitaires Khmers rouges. 
27 juillet 2003 : Le Parti du peuple cambodgien remporte les élections législatives face au FUNCINPEC en baisse et au parti Sam Rainsy en hausse, sans obtenir toutefois la majorité des deux tiers des députés, ce qui rend impossible la constitution d’un gouvernement. 
5 novembre 2003 : L’ancien chef Khmer rouge de Phnom Penh est condamné à la prison à perpétuité.
5 novembre 2003 : Le FUNCINPEC et le parti Sam Rainsy acceptent d’entrer au gouvernement, ce qui doit mettre fin à la crise politique. Cet accord reste cependant lettre morte.
16 juillet 2004 : Le Parlement approuve la formation d’un gouvernement tripartite.
14 octobre 2004 : Norodom Sihamoni est élu roi du Cambodge après l’abdication de son père la semaine précédente. 
2004 : Entrée du Cambodge à l’Organisation mondiale du commerce.
Décembre 2005 : Sam Rainsy, réfugié à Paris, est condamné par contumace à 18 mois d’emprisonnement pour diffamation à l’encontre de Hun Sen et de Norodom Ranariddh. 
Mars 2006 : Norodom Ranariddh démissionne de ses fonctions de président de l’Assemblée nationale à la suite du limogeage de deux ministres issus du Funcinpec par Hun Sen. 
3 juillet 2006 : Inauguration du tribunal spécial qui doit juger les anciens chefs Khmers rouges. Il est formé de 30 magistrats, 17 Cambodgiens et 13 juges internationaux tandis que le début de l’instruction est prévu pour le 10 juillet. 
21 juillet 2006 : Mort de l’ancien Khmer rouge Ta Mok qui devait être jugé par le tribunal. 
Octobre 2006 : Exclusion du prince Ranariddh du Funcinpec qu’il dirigeait depuis une vingtaine d’années.
31 juillet 2007 : Après de multiples désaccords entre juges étrangers et cambodgiens, le procès des responsables du génocide cambodgien s’ouvre enfin. Kang Kek, connu sous le nom de « Douch », ancien directeur du centre de détention de Tuol Sleng, est le premier inculpé pour crimes contre l’humanité.
19 septembre 2007 : Arrestation de Nuon Chéa, l’un des principaux dirigeants Khmers rouges, considéré comme l’idéologue du régime. Il est inculpé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité mais nie toute implication dans les massacres. 
Novembre 2007 : Arrestation de Ieng Sary et de son épouse Khieu Tirith ainsi que de l’ancien président du Kampuchéa démocratique Khieu Samphan. 
27 juillet 2008 : Le Parti populaire cambodgien remporte les élections législatives. 
Juillet 2008 : Le site khmer de Preah Vihear est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. 
Octobre 2008 : Crise frontalière entre le Cambodge et la Thaïlande à propos d’une zone de 4,6 kilomètres carrés aux alentours du temple de Preah Vihear que se disputent les deux pays. 
2009 : Le Cambodge subit de plein fouet les effets de la crise entamée aux Etats-Unis l'année précédente. Alors qu'il bénéficiait en 2006 d'un taux de croissance de 10,8 %, celui-ci s'effondre à -2,6 % en 2009. L'inflation recule de 19,7 % en 2008 à moins de 15 % en 2009 mais le pays es étroitement dépendant de l'aide internationale.
18 décembre 2009 : Inculpation de Khieu Samphan pour meurtres, tortures et persécutions religieuses.
2010 : La croissance repart (4,5 %) grâce aux exportations textiles vers la Chine, au tourisme et à la construction alors que la valeur ajoutée de l'agriculture demeure encore trop faible (près de 65 % d'actifs pour 37 % du PIB). L'accélération de l'exode rural, la persistance de la misère (30 % de la population vit avec moins de 1,30 euros par jour) et le poids insuffisant des classes moyennes demeurent de sérieux handicaps. La compétitivité apparaît d'autre part insuffisante par rapport à celle des voisins thaïlandais et vietnamien. La découverte en 2005 de gisements pétroliers dans les eaux territoriales cambodgiennes ouvre cependant des perspectives encourageantes à l'horizon 2015.
2011 : Avec une croissance à 6,7 % – maintenue l'année suivante malgré d'importantes inondations qui ont détruit 10 % de la récolte de riz –, le Cambodge poursuit son redressement. 
2012 : Avec un système politique enfin stabilisé, un déficit budgétaire en baisse sensible, un progrès rapide des exportations (riz, caoutchouc, textiles), un essor régulier du tourisme (2 millions de visiteurs en 2012), la confiance retrouvée des investisseurs étrangers qui interviennent dans le domaine minier et une monnaie stable (le riel), le petit Cambodge semble avoir entamé une convalescence prometteuse. Avec une population dynamique (taux de fécondité à 2,51 enfants par femme) et jeune (22,9 ans d'âge médian, 50 % de la population en dessous de 20 ans), alphabétisée à 85 % dans la génération des 15-24 ans, le pays peut aborder l'avenir avec une confiance retrouvée, même si des points d'inquiétude, notamment l'urbanisation rapide mais mal maîtrisée et le chômage des jeunes diplômés peuvent constituer de réels handicaps. Après les tragédies qu'a connues le pays au siècle dernier, les perspectives apparaissent cependant plutôt prometteuses.
15 octobre 2012: Mort à Pékin de l'ancien roi du Cambodge Norodom Sihanouk. Il est monté sur le trône en 1941, mais a abdiqué en 1955 avant de retrouver son titre puis d'être illégalement destitué en 1970 lors de l'intervention américano-sud vietnamienne contre son pays, puis d'être prisonnier des Khmers rouges à Phnom Penh de 1975 à 1979. Revenu au Cambodge en 1991, il est remonté sur son trône en 1993 avant d'abdiquer en 2004 en faveur de son fils Sihamoni
juillet 2013: Elections législatives Le Parti du Sauvetage National du Cambodge représentant l'opposition réalise une percée spectaculaire en obtenant 55 sièges contre 64 au Parti du Peuple Cambodgien, la formation du premier ministre Hun Sen, qui perd ainsi 22 députés et la majorité des deux tiers à la Chambre basse du Parlement. Le chef de l'opposition, Sam Rainsy, dénonce des fraudes et des irrégularités..
De ce fait, l'opposition refuse de siéger à l'Assemblée.
janvier 2014: La répression d'une manifestation des ouvriers du textile fait cinq morts à Phnom Penh. Dans un pays où les trois quarts de la population ont moins de trente-cinq ans et où le souvenir des Khmers rouges s'estompe rapidement dans les jeunes générations, l'aspiration au changement apparaît considérable.

 
 
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