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La Géorgie
Un pays de cocagne malmené par les tourments de l’histoire

Pays montagneux au climat subtropical, la Géorgie est située dans l’isthme du Caucase entre la mer Noire et la Caspienne, aux confins de deux continents asiatique et européen. Avec ses glaciers couverts de neiges éternelles, la chaîne du Grand Caucase – la plus haute d’Europe – forme la frontière naturelle du nord de la Géorgie. Au sommet de cette chaîne, culmine le mont Elbrouz à plus de 5640 mètres d’altitude.

Officiellement d’une superficie de 69 700 km² (57 400 km² sans l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud), la Géorgie est frontalière de la Russie au nord, de l’Azerbaïdjan à l’est, de l’Arménie au sud et de la Turquie au sud-ouest.


Par la richesse de ces paysages et la douceur de son climat, l’antique pays de la Toison d’Or, de Jason et de Prométhée, a l’allure d’un pays de cocagne. Mais les aléas de la géopolitique et du jeu des grandes puissances rivales lui ont donné une histoire mouvementée. Cette terre qui a vu naître Staline, Béria puis Chévardnadzé, a été tour à tour envahie par les Perses, les Romains, les Byzantins, les Arabes, les Turcs, les Mongols, les Ottomans, enfin la Russie impériale et soviétique.

La Géorgie a néanmoins connu son âge d’or au XIIe siècle sous le règne de la reine Tamar. Au fil du temps, elle est devenue un pays occupant une position stratégique, trait d’union entre l’Orient et l’Occident, à l’intersection de deux axes porteurs d’influences antagonistes. Unifié par la langue et la religion orthodoxe (à l’exception notable de la province de l’Adjarie à majorité musulmane), les Géorgiens ont souffert par le passé du morcellement de leur pays en plusieurs entités distinctes. Marqués au fer rouge d'un morcellement récurrent, les Géorgiens demeurent néanmoins en quête perpétuelle d’unité et d’indépendance.

Si par le passé le territoire géorgien a souvent vu ses frontières, les cataclysmes consécutifs au brutal démembrement de l’Union soviétique, ont laissé des profondes séquelles. Tirant profit de son emplacement géostratégique, la Géorgie a su s’imposer comme un passage obligé de l’évacuation du pétrole et du gaz de la Caspienne. Pourtant, depuis la restauration de son indépendance en 1991, elle accumule les difficultés économiques et une grave crise politique due à l’amputation de deux provinces séparatistes : l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud. Malgré ces conflits internes non résolus et le sanglant épisode de la guerre du mois d’août 2008, la Géorgie constitue paradoxalement un pôle de stabilité dans la poudrière du Caucase.


D’où vient le nom Géorgien ?

Les Géorgiens nomment leur pays « Sakarthvélo » (le pays des Géorgiens). Karthvéli vient du mot Karthli, lequel renvoie au nom antique de l'un des anciens royaumes formés sur le territoire de la Géorgie qui se trouvait aux alentours de l’actuelle Mtskhéta. Par la suite, seule la région centrale a conservé ce nom. De leur côté, les Grecs de l’Antiquité ont désigné ce royaume sous le nom d’Ibérie et la Géorgie occidentale sous le nom de Colchide.

Le nom d'Ibères a troublé les géographes de l'Antiquité qui pensaient que ce nom n'était utilisé que pour les habitants de la Péninsule Ibérique. Cette confusion a induit certains Géorgiens à faire des Ibériens du Caucase les ancêtres des Ibéres de la péninsule étendue au sud des Pyrénées.

Le nom de Géorgien, quant à lui, a été utilisé pour la première fois dans les sources européennes au XIIIe siècle par Jacques de Vitry, évêque de Saint-Jean d’Acre. Ses écrits rendent compte du culte spécial que les Géorgiens vouent à Saint George de Lydda qu’ils tiennent pour leur saint patron. D’autres sources considèrent que la dénomination donnée aux Géorgiens est liée au mot grec georgos qui signifie l’agriculteur. En réalité, la dénomination européenne Géorgien provient respectivement des formes arabe et persane Gourdj –Gourdjistan et Djourzan, qui désignent les habitants et le pays. Ces formes proviennent du mot parthe et persan moyen Warucan qui signifie le pays des loups. Selon la tradition iranienne, ce nom totémique de loup désignait la Géorgie. La langue géorgienne de son côté fait partie d’un groupe de langues caucasiennes appelées les langues karthvéliennes qui comprend notamment le laze, le svane et le mégrélo-tchan.


La nature et les hommes

Traversée par de nombreux fleuves et cours d’eau, tel le Mtkvari (1515 km) qui traverse la capitale Tbilissi avant de se jeter dans la mer Caspienne, la Géorgie connaît un climat humide et subtropical à l’ouest, variant en fonction de la distance à la mer Noire, ainsi qu’un climat méditerranéen et plus continental à l’est. Les régions montagneuses de l’est et de l’ouest présentent pour leur part un climat alpin. La plaine Mtkaveri-Araxe configure une limite à l’est, et les montagnes de Géorgie méridionale délimitent sa frontière au sud où plusieurs crêtes de la chaîne du Grand Caucase s’abaissent graduellement. Une de ces crêtes, nommée Likhi, divise la Géorgie en deux parties : l’est (l’antique Ibérie) et l’ouest (l’ancienne Colchide).

Au cours de son histoire tourmentée, la population de la Géorgie a varié sans cesse en fonction de l’instabilité des frontières. Les invasions turco mongoles causèrent des ravages considérables au plan démographique entre le XIIIe et le XIXe siècle.

Après l’annexion du pays par la Russie impériale au début du XIXe siècle, de nombreux colons russes et étrangers vinrent s'installer dans la région et, au milieu du siècle, la fin des raids des Caucasiens garantit une stabilisation de la population qui commença à croître lentement. En 1918, lors de l’éphémère séquence de la République démocratique de Géorgie, la population s’élevait à 2 500 000 habitants. Durant la période soviétique, le nombre des habitants de Géorgie a connu une croissance continue, accompagnée d’un processus d’homogénéisation ethnique au détriment de certaines minorités du pays (abkhazes, ossètes). A la chute de l’URSS, la part ethniquement géorgienne constituait plus de 73 % de la population. En juillet 2014, la population de l’ensemble de la Géorgie (provinces séparatistes inclues) tournait autour de 4,9 millions d’habitants.

Selon des recherches paléontologiques entreprises de 1999 à 2001 dans le Sud de la Géorgie, les premiers hominidés représentés par l’espèce Homo georgicus apparurent aux frontières du Nord transcaucasien il y a environ 1,8 millions d’années. Le site de Dmanissi présente la plus ancienne preuve de présence des hommes préhistoriques en dehors du continent africain.

Les archéologues établissent la présence définitive des premiers habitants au Paléolithique moyen, il y a plus de 200 000 ans. En témoignent les sites découverts dans les régions de Shida Kartli, d’Iméréthie et d’Abkhazie. Protégée par la chaîne du Grand Caucase et le climat de la mer Noire, la Transcaucasie aurait servi de refuge biogéographique à l’époque du Pléistocène.


10 000 ans av. J.-C. : Néolithique, apparition de l’agriculture et de l’élevage.


6000 ans av. J.-C. : Premières traces de la culture du vin et de la vigne, sédentarisation des premières tribus.


5000 ans av. J.-C. : Transition de la chasse et de la cueillette à l’agriculture ainsi qu’à la conservation des aliments. La présence humaine se sédentarise sur le bassin du Mtkvari (Koura). Développement de la céramique, de la poterie et du tissage. 


Fin du IIIe millénaire av. J.-C. : Développement du commerce entre les tribus locales.


De 3400 à 2000 av. J.-C. : Développement de la culture kouro-araxe, la première culture transcaucasienne. Stabilité économique fondée sur l'élevage bovin et ovin. Contacts avec la civilisation akkadienne de Mésopotamie.


Vers 3000 av. J.-C. : Migrations des peuples ibéro-hittite d’Asie intérieure vers l’ouest.


Début du IIe millénaire av. J.-C. : Deux groupes se différencient, les Hittites et les Subaréens, ces derniers se présentant comme les lointains ancêtres des Géorgiens et apparaissent comme des rivaux des Hittites.

Acquisition de techniques nouvelles (chars de combat légers à deux roues, armement en bronze puis en fer), cultures du blé et du vin.


1800-700 av. J.-C : Développement de la culture colche.


XVIe au Xe siècle av. J-C. : Les tribus géorgiennes parviennent à vivre en marge des empires qui se succèdent au Proche et au Moyen-Orient (égyptien, sumérien, hittite, assyrien, babylonien), accueillant sur leur territoire de nouvelles tribus fuyant la région du Croissant fertile, notamment les Chaldéens et les Subaréens. 


XIIIe siècle av. J.-C. : Une union des tribus géorgiennes formée sur le littoral de la mer Noire favorise l’émergence du royaume de Colchide qui se maintiendra à compter du VIe siècle jusqu’au Ier siècle av. J.-C. Il est considéré comme le premier proto-Etat géorgien.


1200 av. J.-C. : La deuxième invasion des peuples de la mer balaie les empires assyrien et hittite. Les pays subaréens se reconstituent en vingt-quatre petites principautés qui tentent de préserver leur indépendance contre les rois assyriens. Elles affinent les techniques d’artisanat héritées de leurs ancêtres subaréens. Parmi ces vingt-quatre principautés situées à l’ouest de l’Euphrate, se dégage la puissance de celle habitée par les Muskhis, à l’origine des Meskhes (Géorgiens). Ils occupent, au début du Ier millénaire av. J.-C., un vaste territoire situé à l’ouest de l’Euphrate, à proximité de son cours supérieur.


Début du IXe siècle av. J.-C. : Fondation du puissant Etat d’Ourartou qui regroupe les principautés subaréennes. Le royaume d’Ourartou domine alors le Caucase.


VIe siècle av. J.-C. : Premières relations gréco-géorgiennes, avec l’installation des premiers colons grecs sur la rive nord de la mer Noire, échanges commerciaux dont témoignent la légende de la Toison d’or et le mythe des Argonautes. Les Grecs de Milet fondent en Colchide, des colonies dont la principale, Diascourias, sera plus tard nommée Sébastopolis, aujourd’hui Soukhoumi.


VIe – Ier siècle av. J.-C. : Existence du royaume de Colchide, situé dans l’actuelle Géorgie occidentale.


VIe siècle av. J.-C. : Le Caucase fait face aux invasions des Scythes et des Cimmériens. Mise en forme du premier alphabet géorgien.


Ve siècle av. J.-C. : Invasions perses achéménides. La Géorgie est conquise et intégrée au sein du royaume perse dont elle constitue les provinces les plus septentrionales (18e et 19e satrapies). Fereïdoune, le roi de Perse, envahit le territoire, divise le Caucase en plusieurs régions dans lesquelles il place un gouverneur (eristavi).

 

334-323 av. J.-C. : Epopée d’Alexandre le Grand qui détruit l’Empire perse et s’empare du Sud-Caucase. Même si elle n’est pas occupée, la Géorgie subit une forte influence grecque. Fondation des royaumes d’Ibérie (Géorgie orientale), d’Albanie (Azerbaïdjan) et de la principauté de Tao. La Colchide et l’Ibérie (Kartlie) connaissent des évolutions politiques différentes.


IIIe siècle av. J-C. : La Géorgie est divisée entre la Colchide à l’ouest, de culture grecque, et l’Ibérie dans la partie orientale. La Colchide tombe rapidement aux mains de ses puissants voisins (royaume du Pont, puis Empire romain), l’Ibérie, quant à elle, se développe, vassale de Rome puis des Parthes Arsacides venus d’Iran.

Société matriarcale en Géorgie orientale (Ibérie).


IVe-IIe siècle av. J.-C. : Royaume de Kartlie Ibérie avec, pour capitale, Mtskheta.


300-237 av. J.-C. : Parnavaz, premier roi géorgien, roi de Kartlie et d'Ibérie. Son règne est marqué par un effort de centralisation et d’unification du pays. L’Ibérie s’étend jusqu’à l’Araxe. Parnavaz accroît son territoire aux dépens de la Colchide, grignotant plusieurs provinces.


237 av. J.-C. : Le royaume d’Ibérie s’étend de la chaîne du Grand Caucase au fleuve Araxe.


190 av. J.-C. : Fondation des royaumes d’Arménie et du Pont qui domineront progressivement le Caucase sous les règnes respectifs de Tigrane le Grand (140-55 av. J.-C.) et de Mithridate Eupator (132-63 av. J.-C.).

 

120-63 av. J.-C. : Mithridate VI Eupator, roi du Pont (incluant la Géorgie occidentale). Il conquiert la Colchide et y place un vice-roi, conclut une alliance avec l’Ibérie voisine et mène la lutte contre les Romains.


93 av. J.-C. : Le royaume du Pont est rattaché à celui d’Arménie.


88 av J.-C. : Début de la guerre contre Rome.


66 av. J.-C. : Conquête du Caucase par les légions de Pompée. Mithridate et Tigrane sont écrasés. Début de la domination romaine en Géorgie, marquée par les campagnes de César (47 av. J.-C.) et de Marc Antoine (36 av. J.-C.)


66-65 av. J.-C. : Pompée soumet la Colchide, l’Ibérie et l’Arménie.


64 av. J.-C. : La Colchide est sous protectorat romain. Affaiblissement de l’influence romaine en Ibérie, vassale de Rome.


63 av. J.-C. : Pompée envahit la Colchide. Suicide de Mithridate. Les Romains concluent la paix avec l’Ibérie qui est incorporée à la sphère arsacide.

L’Ibérie demeure fidèle à Rome. Les apôtres André et Simon le Cananéen évangélisent la Géorgie occidentale.


1-58 de notre ère : Règne du roi Pharsaman Ier en Ibérie.


35 : Le roi d’Ibérie Pharsaman Ier envahit l’Arménie sous domination parthe. Il place sur le trône son frère Mithridate.

54 : Les Parthes reviennent en force et envahissent l’Arménie.

58 : Mort de Pharsaman. L’Ibérie est divisée en deux royaumes, celui de Mtskheta et d'Armaz.

69-79 : Sous le règne de Vespasien, la domination romaine sur la Colchide se fait plus pesante. La rébellion gagne toutes les couches de la population colche. Vers la fin du Ier siècle, instauration progressive de petites principautés qui s’affranchissent peu à peu de l’emprise romaine. Les Parthes multiplient les incursions dans le Caucase.

75 : Fortifications romaines en Ibérie, enceinte de Mtskheta renforcée par les Flaviens contre les incursions des peuples du Caucase.

116-132 : Règne de Pharsaman II en Ibérie. 

120 : Ambassade ibère chez Hadrien (117-138). Sous le règne d’Antonin le Preux (138-161), l’Ibérie change de statut politique vis-à-vis de Rome qui la reconnaît comme une alliée et non plus comme un vassal.

189 : Fin de l’alliance avec Rome. Les Parthes détrônent le roi Amazasp II d’Ibérie et placent un prince arsacide à sa place.

 

224 : Chute de la domination parthe en Iran. Fondation de la dynastie des Sassanides par Ardashêr Ier Papakan en Perse, politique d’expansion vers les Etats clients de Rome en Orient. La même année, les Perses conquièrent l’Ibérie qui redevient la Kartlie. La Colchide demeure sous le contrôle de Rome.


238 : Les Ibères signent un pacte avec le shah de Perse Chahpur Ier.


284 : Le shah Vahram II de Perse envahit l’Ibérie et oblige le roi Aspagour à se réfugier dans les montagnes du Caucase où il meurt. La noblesse géorgienne, en charge de la succession royale, décide de s’allier avec la Perse sassanide afin d’éviter une annexion probable. Ils font appel pour cela au prince perse Mirian qui devient le roi Mirian III d’Ibérie en prenant pour épouse l’héritière du trône d’Ibérie. Sous son règne, le royaume d’Ibérie se rapproche de la Perse. Le roi Mirian III est reconnu par Rome en tant que premier roi de la dynastie chosroïde. Début de l’influence perse en Géorgie orientale.


298 : Le traité de Nisibe assure à Rome le contrôle du Caucase au détriment de la Perse sassanide. Il scelle pour quarante ans le retour de l’Arménie, de la Colchide et de la Kartlie (Ibérie) dans le giron romain.


301 : L’Arménie devient la première nation chrétienne et les moines arméniens commencent à prêcher en Ibérie.


320 : Prêche en Kartlie de sainte Nino, fille d’un général romain née en Cappadoce vers 296. Sa tâche est facilitée par la conversion de l’empereur Constantin au christianisme.

325 : Plusieurs évêques géorgiens participent au concile de Nicée.


Début du IVe siècle : Eglise royale de Mtsheta (monastère de Samtavro), monastère et église royale de Nekresi.

 

337 : Le roi Mirian III se convertit et promulgue un édit reconnaissant le christianisme comme religion d’Etat. Le roi fait bâtir une église dans sa capitale Mtskheta sur le lieu où, plus tard, sera élevée la cathédrale de Svetiskhovéli qui représente encore aujourd’hui le centre religieux de la Géorgie chrétienne. Création du Catholicossat d’Ibérie. L’Eglise géorgienne est rattachée au patriarcat de Constantinople. La conversion au christianisme joue un rôle clé dans la formation de l’unité géorgienne.

Développement de la littérature et des arts.


338 : Expiration du traité de Nisibe, reprise des hostilités entre les empires romain et perse pour le contrôle du Caucase. Mort de sainte Nino.


360 : Le roi Mirian III se rapproche de Constantinople, il apporte son aide à l’empereur Constance II contre les Perses.


364 : L’armée perse envahit l’Arménie et chasse du pays le roi Archag II qui se réfugie en Géorgie.


368 : Les Perses s’emparent de la Géorgie orientale et de la capitale Mtskheta. Ils placent sur le trône de Kartlie le roi Aspagour, un des fils de Mirian III, qui avait choisi le camp perse, et menacent de s’emparer de la Colchide.

 

370 : Traité de paix entre les Romains et les Perses. La Géorgie se retrouve divisée en deux. La partie occidentale (Colchide et Lazique) est attribuée à Sauromace en tant que vassale chrétienne de Constantinople, tandis que la Géorgie orientale (Ibérie - Kartlie) revient à la Perse sassanide.


387 : La paix d’Aciliscène confirme ce statut. Les Romains abandonnent définitivement leurs prétentions sur le Caucase. Un traité reconnaît la prééminence sassanide sur la région, à l’exception de la Géorgie occidentale qui reste sous le contrôle de Constantinople.


406-409 : Règne en Ibérie de Pharsaman IV. Il restaure l’autonomie de son pays et cesse de payer tribut à la Perse. A sa mort, la Perse reprend le contrôle de l’Ibérie et place un vice-roi en Kartlie (sud) : le pitiarkhe. Celui-ci tient sa fonction héréditairement et possède de vastes domaines dans le Sud de l’Ibérie.


Ve siècle : Fondation du royaume de Lazique sous domination byzantine en lieu et place de la Colchide. Apparition de l’alphabet géorgien sacerdotal. Les Lazes monopolisent le commerce avec Byzance. Fondation des premiers monastères géorgiens à Jérusalem (Pierre l’Ibère) et en Syrie (Simon Messveté). La principauté de Tao est absorbée par l’Arménie.


404-406 : Invention des écritures arménienne, géorgienne et albanaise attribuées au moine arménien Mesrop Machtots (361-440).


407 : Le roi Pharsaman IV d’Ibérie se rebelle contre la domination persane et s’allie avec l’Empire romain d’Orient. Malgré cela, il échoue en 411.


vers 420 : Le christianisme redevient la religion officielle de l’Etat ibère.


vers 450 : Le roi des Lazes, Goubaz Ier, conclue un traité de paix avec Rome.


vers 480 : Fondation du premier monastère géorgien de Sainte-Croix près de Jérusalem par Pierre l’Ibère (409-490).


452-502 : Règne de Vartang Gorgasal (littéralement « tête de loup » en raison de la forme inhabituelle de son heaume) en Kartlie. Il tente, sans succès, d’unifier la Géorgie et de s’émanciper de la double tutelle perse et byzantine. Pour s’affranchir de celle de Byzance, il déclare autocéphales et réunifiées les Eglises de Géorgie occidentale et orientale, posant ainsi les germes tangibles de l’unification de la nation géorgienne. Il chasse les évêques nommés par Byzance et installe à leur place treize nouveaux évêques qui lui sont totalement dévoués. Vartang Gorgasal soumet ensuite les tribus montagnardes et part en campagne contre les Huns et les Alains, sécurisant ainsi ses frontières septentrionales.


456 : Révolte des Lazes de Colchide contre l’occupation byzantine. Violente répression.


470 : Martyre de sainte Chouchanik, épouse d’un hiérarque local qui refuse de se convertir au zoroastrisme.


478-493 : Construction de la basilique de Bolnisi.

vers 480 : Fondation de Tbilissi par Vartang Gorgasal, littéralement la « ville chaude ». Metskheta conserve son statut de capitale religieuse. Géorgie orientale (Ibérie) alliée de la Perse.


483 : Insurrection des Géorgiens sous Vartang Gorgasal. Traité de paix avec la Perse et reconnaissance de l’autonomie géorgienne – séparation des Eglises géorgienne et syrienne orientale.

484 : Schisme entre les Eglises de Rome et de Byzance.

486 : Autocéphalie de l’Eglise géorgienne.

488 : Le roi Vartang est vaincu par les Persans.


502 : Mort du roi Vartang.

vers 510 : Tbilissi, capitale du royaume d’Ibérie.

523 : Le roi Tatse de Lazique (Géorgie occidentale) est baptisé à Constantinople sous le parrainage de l’empereur Justin Ier.


532 : Traité de « la Paix éternelle » entre Byzance et la Perse qui se partagent la Géorgie. L’Ibérie est divisée en deux dans un partage familial entre les enfants du défunt monarque. La partie orientale, comprenant Tbilissi ainsi que le titre de roi, est attribuée au fils aîné de Vartang, Vatché II, qui doit se résigner à accorder à ses demi-frères puînés, Levan et Mihrdat, l’Ouest du royaume avec le titre d’archiducs. L’archiduché passe sous tutelle byzantine, tandis que l’Ibérie, qui rentre dans un court déclin, est annexée par la Perse. Le Caucase fait face aux invasions des Huns et des Alains.


Vers 550 : Le Roi Pharsaman V d’Ibérie accepte officiellement la suzeraineté persane, en échange de la préservation de son pays et de sa religion chrétienne. Or, les Sassanides ne respectent pas tout à fait leur part du contrat et annexent en quelques années la basse-Ibérie où se trouve Tbilissi. Le royaume d’Ibérie en est réduit à sa portion congrue.


552-554 : Rejet du monophysisme par l’Eglise géorgienne et absence au second synode arménien de Dvin.


562 : Traité de Dara. Les Perses renoncent à leurs prétentions sur la Géorgie occidentale (Lazique).

 

580 : Mort du roi d’Ibérie Bakour III. La Transcaucasie est totalement incorporée à la Perse sassanide.


588 : La population ibère, soutenue par la noblesse, se révolte contre la tyrannie du shah Hormizd IV (579-590) et appelle Gouaram, un prince géorgien réfugié en Lazique depuis l’annexion persane, pour régner sur le trône ibère. Son successeur, Stéphanos Ier (590-627), se retrouve dès les premières années de son règne engagé dans plusieurs guerres que mènent les Sassanides aux Byzantins.


591 : Le roi Stéphanos Ier retourne sous la domination du shah de Perse Khosro II.


vers 600 : Recouvrement de l’autonomie politique sous Stéphane Ier (590-607). Construction de l’église de Dzvari près de Mtsheta.

610 : Séparation des Eglises arménienne et géorgienne sous le catholicos Kyrion Ier (595- 610) et adoption de l’orthodoxie par l’Eglise de Géorgie orientale.


610 : L’empereur Héraclius, d’origine arménienne, instaure une nouvelle dynastie à Byzance.


624 : Les Khazars, alliés des Byzantins, s’emparent et mettent à sac Tbilissi. Ils chassent les Perses de Kartlie (Géorgie orientale). Ce peuple cavalier d’origine asiate, converti partiellement au judaïsme, contrôlait l’ensemble des territoires conquis entre la Volga et la mer d’Azov. Grâce à eux, les Byzantins parviennent à mettre la main sur la Géorgie orientale et à conquérir brièvement l’ensemble du Caucase.


628 : L’Empire byzantin établit sa domination sur l’ensemble de la Géorgie, mais aussi sur l’Arménie.

 

634 : Les arabes musulmans arrivent aux frontières sassanides et entreprennent d'annexer progressivement tout le territoire de l’empire perse sassanide. C'est chose faite en 651.


654 : Les Arabes s’emparent de la Géorgie orientale, de l’Arménie et de l’Albanie. La Géorgie occidentale demeure sous contrôle de Byzance. Seul le royaume de Lazique échappe aux Arabes.


655 : Traité de Maslama. Les Arabes s’engagent à respecter les pratiques religieuses en échange du paiement d’un tribut et la reconnaissance de l’autorité du Calife.


685 : Grâce à son alliance avec les Khazars, Byzance chasse les Arabes et reprend la Géorgie orientale et l’Arménie.


689-681 : Autocéphalie de la Géorgie confirmée, selon les chroniques, par le sixième concile œcuménique de Constantinople.


697 : Le royaume de Lazique est soumis par les Arabes.


735 : Création de l’émirat de Tbilissi.


736 : Les Arabes lancent une nouvelle offensive dans le Caucase, balaient les troupes géorgiennes et byzantines, et reprennent le contrôle de la Kartlie, de l’Arménie et de l’Albanie.


741 : Martyre des princes David et Constantin.


744 : Jean III (744-760) consacré catholicos par le patriarche Théophylacte d’Antioche, confirmation de l’autocéphalie de l’Eglise géorgienne.


750 : La dynastie abbasside renforce la mainmise du Califat arabe sur le Caucase et accroît les persécutions contre les chrétiens.


780 : Le prince d’Abkhazie Léon II s’allie aux Khazars pour s’émanciper de la tutelle byzantine. Disparition du royaume de Lazique. L’Abkhazie devient le royaume dominant en Géorgie occidentale. Délitement de l’autorité du Califat en Géorgie orientale.


fin du VIIIe siècle : Déclin économique et culturel.


786 : Martyre de saint Abo (un des serviteurs arabes de l’émir de Tbilissi, qui se convertit au christianisme avant d’être torturé, puis mis à mort par son maître).


787 : Martyre du roi Arcil.


vers 800 : Parution de l’ouvrage Vie de Vartang Gorgasal par Dzunaser.

 

809 : Achot Ier Bagration fonde le royaume de Tao-Clardjétie et donne naissance à la dynastie des Bagratides. Ses successeurs vont favoriser le processus d’unification de la Géorgie.


826 : Mort d’Achot Ier le Curopalate, ascension de la dynastie des Bagratides avec Bagrat Ier le Curopalate (826-876).


853 : Derniers soubresauts du Califat arabe en Géorgie. Tbilissi est assiégée, puis saccagée par l’armée du général Mourman le Sourd qui incendie la ville.


861 : Le prince Achod Bagratuni, « prince des princes d’Arménie, de Géorgie et d’Albanie ».


888 : Le prince Adarnassé IV d’Ibérie, allié au roi d’Arménie Sembat Ier, prend le titre de « roi des Géorgiens ». Pour la première fois, le nom de Géorgie est employé dans une titulature royale.


914 : Dévastation de la Géorgie par les troupes d’Abdul Qasim. Martyre du roi Sembat.


milieu du Xe siècle : Réorganisation de l’Eglise géorgienne orthodoxe qui échappe au patriarcat de Constantinople et déclare son caractère autocéphale.

966-978 : Fils d’Adarnasse V d’Ibérie, issu de la branche cadette de la dynastie des Bagratides qui trône en Géorgie et en Arménie, David III règne sur le Tao Clardjétie et la Kartlie.


976 : David III le Grand s'attache les bonnes grâces de l’empereur byzantin Basile II et l’aide à mettre un terme à la révolte de l’un de ses plus puissants vassaux, grâce aux exploits du général géorgien Torniké. Basile II consent à l’indépendance géorgienne. Grâce aux conflits internes du royaume d’Abkhazie, il sort vainqueur de ses suzerains.


978 : Sacre de Bagrat III, fils adoptif de David III, qui va réunir sur sa tête les trois couronnes de Kartlie, de Tao Clardjétie et d’Abkhazie. Dès son accession au trône, Bagrat III établit sa capitale dans la ville de Koutaïssi, Tbilissi demeurant encore aux mains des musulmans. Il soumet l’émirat de Gandja, renouvelle l’alliance familiale avec l’Arménie et assure Byzance de sa fidélité. Unifiant ainsi l'Ouest et le Centre de la Géorgie, il grandit en puissance, attisant la jalousie de son protecteur David III Bagration qui mène, par ailleurs, une courte guerre contre lui dans la décennie 990, guerre qui n'a toutefois aucune répercussion à long terme.


980 : Fondation du monastère des Ibères (Iviron) sur le mont Athos.

1003 : Achèvement de la cathédrale de Kutaïsi.


1014 : Mort de Bagrat III qui a choisi de se faire enterrer dans le monastère de Bédia, en Abkhazie, afin de marquer le rattachement durable de cette province au royaume géorgien. Pour la première fois dans son histoire, la Géorgie est réunifiée.


1014-1027 : Règne de George Ier, perte de la Kakhétie et de la Tao-Clardjétie.


1027-1072 : Son fils, le roi Bagrat IV, fait face à la fronde de ses vassaux emmenés par le général Liparit Orbéliani.


1030 : Construction de la cathédrale de Samtavisi et restauration du monastère de la Croix à Jérusalem.


1045 : L’Empire byzantin en profite pour envahir l’Arménie afin de prendre des gages face aux Turcs seldjoukides.


1048 : Bataille de Kapetrou contre les Seldjoukides. L'armée byzantine, commandée par le noble géorgien Liparit IV Orbéliani, remporte une victoire décisive contre les troupes d’Ibrahim Yinal.


Fin du Xe siècle : Unification religieuse entre le catholicos de Géorgie et le primat d’Abkhazie, prélude à l’unité géorgienne. Affranchissement de l’Eglise géorgienne de toute dépendance à l’égard de l’autorité religieuse de Byzance.


1060 : Le roi Bagrat IV de Géorgie scelle une alliance familiale avec le sultan seldjoukide Alp Arslan, en lui donnant en mariage sa nièce.


1066 (ou 1071 ?) : Le roi Bagrat IV donne sa fille en mariage au cobasileus byzantin Michel VII Doukas. Cet acte de mariage sera perçu comme un succès diplomatique pour le roi géorgien.


1065 : Les Turcs seldjoukides envahissent la Géorgie.


1068 : La seconde invasion seldjoukide dévaste Tbilissi, la Kartlie et les provinces d’Argvétie.


1071 : Epaulés par les Géorgiens, les Seldjoukides écrasent l’armée byzantine à Mantzikert et capturent l’empereur Diogène. Cette bataille marque la fin de la domination byzantine sur l'Anatolie.


1073 : Guiorgui II accède au trône de Géorgie, le sultan seldjoukide Malik Chah envahit la Géorgie et dévaste la capitale Koutaïssi.


1074 : Paix turco-géorgienne à l’avantage des Seldjoukides. La Géorgie doit céder une partie de ses provinces orientales aux Turcs.


1080 : Le roi Georges II accepte de payer le tribut au sultan Malik Chah, la Géorgie est soumise à l’impôt par les Seldjoukides.

 

1089-1125 : Epopée du roi David IV le Bâtisseur qui met au pas les féodaux, chasse les Turcs seldjoukides de Géorgie et étend l’influence de son royaume sur l’ensemble du Caucase. Il réforme l’armée, les institutions, et réunit sous sa coupe le pouvoir temporel et spirituel. Début de l’âge d’or de la Géorgie. Fondation du monastère et de l’académie de Gélati.

Les croisades franques contre l’Orient musulman offrent à David IV des perspectives de nouvelles alliances et détournent l’attention des Seldjoukides vers l’Occident. David IV s’attaque aux seigneurs féodaux, les « Aznaours », insubordonnés, fait exiler le seigneur rebelle Orbéliani.


1103 : Synode national de Rouïss-Uurbnissi et réforme de l’Eglise. Le roi David IV en profite pour imposer ses partisans aux postes les plus élevés de la hiérarchie ecclésiastique et s’assure du contrôle direct sur les affaires de l’Eglise tout en associant celle-ci à la direction des affaires nationales. L’Eglise orthodoxe géorgienne devient un instrument efficace au service de l’Etat en voie d’édification. En contrepartie, l’Eglise reçoit des avantages non négligeables : ses hauts dignitaires participent au darbazi, le conseil supérieur de l’Etat, des avantages fiscaux lui sont octroyés. Canonisation de l’apôtre André qui aurait évangélisé la Géorgie, construction d’églises et de monastères.

David IV crée une administration moderne et centralisée, les chefs de l’administration dénommées « Oukhoutsessi », rattachés à la cour royale, ont la haute main sur les différents départements administratifs : finances, affaires intérieures, armée. Le roi désigne un mtsignobarth oukoutsessi, sorte de Premier ministre. Réforme de l’administration judiciaire. Cour d’appel (Saadjo Kari).


1118 : Création d’une armée permanente de 50 000 hommes que David IV décide de recruter à l’extérieur, parmi ses voisins fidèles des montagnes du Nord-Caucase, les Kiptchak. Reconquête des terres de la Géorgie méridionale. Conquête de la région de Lori en Arménie voisine.


1121 : Bataille victorieuse de Didgori avec le soutien des croisés contre la coalition islamique (Perses arabes et seldjoukides).


1122 : Tbilissi est libérée après quatre siècles de domination arabe. Son accès au rang de capitale de la Géorgie unifiée constitue un tournant dans l’histoire du pays.


1123 : Annexion de l’Arménie du Nord par David IV. Les troupes géorgiennes entrent dans Ani, la capitale historique de l’Arménie, qui se trouvait sous domination musulmane depuis 1050. Occupation géorgienne de toutes les principautés musulmanes du Caucase (Ran, Daroubandi), expulsion des Seldjoukides de leurs derniers retranchements d’Arménie.


1125 : Mort de David IV à 51 ans. Il sera plus tard canonisé par l’Eglise orthodoxe géorgienne.


1125-1156 : Règne de Demetré Ier. Stagnation économique et culturelle, développement du faste à la Cour.


1156-1184 : Règne de Georges III qui inaugure une nouvelle période de prospérité dans l’histoire géorgienne.


1167 : Expansion territoriale jusqu’à la Caspienne.

 

1184-1213 : La reine Tamar parvient à imposer son autorité sur les Aznaours. Elle épouse un prince ossète, David Soslan, rétablit la puissance géorgienne et reprend la politique de son arrière-grand-père David IV de fédération caucasienne.

Sous le règne de Tamar, la Géorgie préserve ses intérêts en Terre sainte où elle conserve de nombreux monastères et une importante colonie géorgienne. Après que les croisés ont été chassés de Terre sainte, les Géorgiens s’accordent avec les Mamelouks d’origine caucasienne qui leur accordent l’administration des lieux saints de Jérusalem. Le clergé géorgien va exercer son autorité sur les monastères chrétiens pendant cent cinquante ans. Les Géorgiens sont les seuls chrétiens autorisés à entrer à Jérusalem sans payer tribut et sans se départir de leur drapeau. Sans être alignée sur l’Occident, la politique étrangère de la reine Tamar est empreinte de pragmatisme : tout en étant alliée des croisés, elle développe des relations cordiales avec ses voisins musulmans une fois la menace seldjoukide écartée.

Extension maximale de l’empire géorgien depuis la mer Noire jusqu'à la mer Caspienne, de la chaîne du Caucase à Spéri (Arménie actuelle) : la Géorgie devient un Etat multinational fort de plus de douze millions de sujets. Tbilissi entretient des relations avec tous les pays du Proche-Orient, de l’Europe occidentale et Rome. Le règne de Tamar correspond à l’âge d’or de la civilisation géorgienne. Le revenu annuel dépasse celui du califat de Bagdad.

La Géorgie tire profit de sa voie de passage entre l’Occident et les Indes. Epanouissement des œuvres d’art, des sciences, de la philosophie, de l’architecture. Essor artistique et littéraire marqué par l’œuvre de Chota Roustaveli, inspiré des légendes persanes, traduction d’œuvres grecques et de poèmes persans en géorgien par les académies de Ghuélathi et d’Ikalto ainsi que par l’université de Koutaïssi.


1204 : Soutien de Tamar aux croisés qui occupent Constantinople, création sur la frontière méridionale du royaume tampon de Trébizonde placé sous protectorat géorgien. La reine Tamar rattache à la Géorgie les territoires méridionaux occupés par les tribus géorgiennes lazes.


1205 : Victoire géorgienne de Bassiani contre le sultan seldjoukide du Roum qui est expulsé du Caucase. Vassalisation consécutive des sultanats turcs d’Erzincan, d’Erzeroum, d’Ardabil (1206 à 1209), l’ensemble des populations géorgiennes de la région étant réuni sous l’autorité de la reine Tamar.


1206 : Prise de Kars, seconde capitale arménienne.


1210 : Guerre offensive des Géorgiens contre les Seldjoukides établis en Perse. Batailles victorieuses à Tabriz, Kasvin, Korassan.

 

1213 : Mort de la reine Tamar, accession au trône de son fils George IV.


1219 : Début des invasions mongoles.


1220-1222 et 1235-1239 : Invasions mongoles en Géorgie.


1221 : Défaite géorgienne lors de la bataille de Didgori.


1223 : Le roi George IV succombe à ses blessures.


1243 : La Géorgie devient vassale des Mongols. L’Eglise joue un rôle important pour préserver la cohésion du royaume. Nombreuses révoltes contre les Mongols.


1247 : Domination mongole, installation des princes David V Narin (1245-1292) et David VII Oulou (1247-1270) comme régents. Eclatement de la Géorgie en deux royaumes : Géorgie occidentale et Géorgie orientale.


1259-1260 : Soulèvements contre la domination mongole.


1289 : Le roi Démétré II le Dévoué est exécuté par les Mongols. Ces derniers désignent trois rois pour lui succéder simultanément sur le trône de Géorgie.


1318-1346 : Sous le règne de Georges V le Brillant, la Géorgie regagne son unité et son indépendance.


1334 : Ayant achevé de réunifier entre ses mains l’ensemble des terres géorgiennes, le roi Georges V entre dans la capitale Tbilissi.


1386 : Invasion de Tamerlan – imposition de la religion musulmane en Géorgie – morcellement du pays en vingt-six principautés. Décadence économique et culturelle. Le pays sombre dans l’anarchie.


1387 : Tamerlan assiège et prend Tbilissi, les rois géorgiens Bagrat V et Georges VII ne déposent pas les armes.


1390 : Constitution d’un catholicossat autonome de Géorgie occidentale à Ptisunda (jusqu’en 1815).


1405 : Mort de Tamerlan à Samarcande.


Première moitié du XVe siècle : Fin des invasions mongoles. Les monarques géorgiens combattent les tribus montagnardes et azéries qui ravagent la Géorgie. Les luttes intestines minent toutes les tentatives de redressement du royaume. Echec de plusieurs tentatives de rapprochement avec l’Occident.

 

1453 : La prise de Constantinople par les Ottomans isole la Géorgie et la prive de sa seule route commerciale avec l’Occident.


1459 : Signature d’un traité entre les rois et les princes de Géorgie à l’occasion de la croisade contre les Turcs.

première moitié du XVe siècle : Mission spéciale des ambassadeurs géorgiens auprès du pape Pie II qui est rechercher l’alliance pour une attaque conjuguée des forces géorgiano-perses sur Jérusalem et des forces européennes sur la Palestine.

1465-1475 : Conflit entre les principales provinces géorgiennes qui refusent l’autorité du pouvoir central. Premières incursions ottomanes en Géorgie.

1475 : Ouzoun Hassan envahit la Géorgie, il emmène en captivité cinq mille familles.

1478 : Division de la Géorgie en trois royaumes (Kartlie, Kakhétie et Imérétie) et une principauté indépendante (Samtskhé). L’Abkhazie, la Svanétie, la Mingrélie et la Gourie se détachent par la suite de l’Imérétie. Division de l’Eglise orthodoxe géorgienne (l’Eglise de Géorgie occidentale passe sous l’autorité du patriarcat d’Antioche). Les luttes entre les grands barons s’intensifient. Délitement de la société féodale.

1514 : L’ouverture des hostilités entre la Perse des Safavides et la Turquie ottomane va faire alterner sur le territoire géorgien invasions turques et invasions perses au gré des rapports de force.

1514-1532 : Première guerre turco-persane. Les Turcs ottomans et les Perses safavides s’affrontent en Géorgie et dans le Caucase.

1555 : Le traité d’Amasya entérine le partage de la Géorgie en deux zones d’influence perse et ottomane. Les monarques géorgiens perdent leur indépendance. Les Perses et les Ottomans favorisent l’apparition de nouveaux Etats musulmans dans le Caucase et incitent les tribus montagnardes à harceler les Géorgiens.


1578-1590 : Deuxième guerre turco-persane qui permet aux Ottomans d’accroître leurs gains en Géorgie.


1578 : Incorporation à l’Empire ottoman et islamisation des principautés du Samtshe et du Tao- Clardjétie.

1587 : Montée sur le trône perse de Chah Abbas Ier (1587-1628). Résistance farouche en Kartlie et Kakhétie. Cent mille morts et prisonniers, division de la Kakhétie en deux provinces et installation de tribus turkmènes.

1590 : Annexion de l’ensemble de la Géorgie par les Turcs.

1598-1599 : Soulèvement antiturc à Gori.

début du XVIIe siècle : la Géorgie orientale enlevée aux Turcs par le shah Abbas Ier.

1602-1613 : La troisième guerre turco-persane contraint les Ottomans à revenir sur leurs positions initiales. En Géorgie, la partie occidentale reste vassale de l’Empire ottoman tandis que la partie orientale redevient vassale de la Perse. Les révoltes géorgiennes sont systématiquement écrasées.

1623- 1663 : Soulèvement contre les Perses en Géorgie orientale.

1624 : Le martyre de la reine Kétévane marque l’apogée des persécutions religieuses perses en Géorgie.

1625-1632 : Profitant de l’anarchie qui règne ponctuellement en Perse, Teimouraz Ier réunifie brièvement les royaumes de Kartlie et de Kakhétie.

1629 : Mort du Chah Abbas. Sephé Chah, son successeur, nomme sur le trône de Kartlie, Rostom, roi d’origine géorgienne, qui contribue à la diffusion de la langue et de la culture persanes. Publication du premier dictionnaire géorgien à Rome

Résistance du roi Teimouraz et du catholicos Diassamidzé qui créent un Parti national en Kakhétie. 

milieu du XVIIe siècle : Développement de l’activité missionnaire catholique romaine en Géorgie ; tentative de gagner l’Eglise géorgienne à l’union avec Rome. Ouverture de la noblesse à la civilisation occidentale dans l’espoir d’une aide militaire et financière de la France et de l’Italie.

1675-1737 : Règne de Vartang VI, monarque éclairé et patriote. Il compile les traditions orales et archives disponibles, œuvre connue sous le nom d’Annales géorgiennes. Rédaction du « code Vartang », réunion d’un ensemble de lois tolérantes

deuxième moitié du XVIIe siècle : Echec de plusieurs révoltes contre l’occupant perse et ottoman. Les monarques géorgiens intensifient leur lutte contre les tribus montagnardes. Redressement progressif de la société géorgienne.

1689 : Achèvement de l’église de la Dormition à Ananuri.

1707 : Première imprimerie à Tbilissi.

1714-1722 : Echec d’une nouvelle tentative géorgienne de rapprochement avec l’Occident et d’une première tentative d’alliance avec la Russie.

1714 : L’émissaire du roi Vartang VI, le moine et écrivain Saba Orbeliani, se rend en France et au Vatican auprès de Louis XIV et du pape Clément XI.

 

1722-1723 : Première guerre russo-persane. La Russie prend pied dans le Caucase. Les Ottomans en profitent pour occuper la totalité de la Géorgie (1724). Le roi Vartang VI est contraint de se réfugier en Russie.

1735 : Soutenu par les Perses, le roi Teimouraz II chasse les Ottomans de Géorgie orientale. Il tient à l’écart ses anciens alliés perses, et muselle les seigneurs géorgiens.

1745 : Teimouraz II se fait sacrer roi de Kartlie.

1762 : Mort de Teimouraz II. Son fils Iracli II (1762-1798) récupère le trône de Kakhétie et réunifie formellement la Kartlie et la Kakhétie en un royaume de Géorgie orientale. Règne prospère, protection accordée par Iracli II aux savants et historiens, publication de l’Encyclopédie géorgienne, œuvre poétique de David Gouramichvili.

1768-1774 : Première guerre russo-turque. La Russie s’empare de la Crimée. Maintien du statu quo dans le Caucase.


24 juillet 1783 : Le traité de Géorgievsk établit un protectorat russe en Géorgie orientale.


1787-1791 : Deuxième guerre russo-turque. La Russie améliore ses positions en mer Noire.


1783 : Traité de protection entre la Géorgie et la Russie.

1795 : Les Perses s’emparent une dernière fois de Tbilissi. Ils en sont chassés par les Russes.

28 décembre 1800 - 16 février 1801 : Le tsar Alexandre Ier de Russie annexe la Géorgie orientale. Fin de la monarchie géorgienne. La famille Bagration est contrainte à l’exil.

2 octobre 1803 : La Mingrélie se place à son tour sous le protectorat de la Russie.

3-4 juillet 1804 : La Russie étend son protectorat à la Gourie et à l’Imérétie. 

1808-1812 : Troisième guerre russo-turque. La Russie récupère une partie de la Géorgie méridionale.

17-20 février 1810 : La Russie étend son protectorat à l’Abkhazie et annexe l’Imérétie. Fuite du roi Salomon II en Turquie. Les Russes contrôlent désormais la Géorgie occidentale qui devient une province russe administrée par un gouverneur et des fonctionnaires russes. Appauvrissement du pays.

1811 : Abolition de l’Eglise autocéphale géorgienne qui passe sous la coupe du clergé orthodoxe russe. La politique de russification s’intensifie.

juin-septembre 1812 : Début de la campagne de Russie. Le général géorgien Pierre Bagration s’impose comme l’un des plus redoutables adversaires de Napoléon. Vaste révolte en Géorgie qui ne sera jugulée qu’après la défaite de l’armée française.


1813 : Par le traité de Golestan (12 octobre), la Russie annexe les dépendances perses situées dans le Caucase oriental et qui forment les provinces d’Azerbaïdjan et du Karabakh.


1817 : L’Eglise géorgienne orthodoxe est dirigée par des exarques russes, réduction des sièges épiscopaux de vingt-cinq à quatre.


1820 : Le gouverneur russe Alexeï Ermolov mène la pacification du Caucase qui vise à soumettre les tribus montagnardes rebelles (Tcherkesses, Kabardes, Tchétchènes, Ingouches, Lezguiens et Avars).


1826-1828 : La Russie conquiert les provinces perses d’Arménie et du Nakhitchévan, améliorant ainsi ses positions dans le Caucase.


1830-1854 : L’insurrection des tribus montagnardes du Caucase oriental se transforme en véritable guerre sainte au cours de laquelle l’imam Chamil s’impose comme le chef incontesté de la rébellion. Les Britanniques, désireux de s’implanter dans le Caucase, soutiennent en sous-main la rébellion tcherkesse qui s'est développée à l'ouest.


1845 : La Géorgie est dotée d’un nouveau statut administratif dans le cadre de la vice-royauté de Transcaucasie.


1854-1855 : Quatrième guerre russo-turque. Français, Britanniques et Turcs l’emportent sur les Russes en mer Noire pendant la guerre de Crimée, mais reconnaissent, par le traité de Paris (30 mars 1856), la mainmise de la Russie sur le Caucase.


1856-1860 : Le gouverneur russe Alexandre Baryatinski écrase définitivement la rébellion montagnarde. L’imam Chamil, capturé le 25 août 1859, est exilé en Russie. Exil massif des Tcherkesses en direction de l’Empire ottoman. Le Caucase est pacifié après cinquante ans d’âpres combats.


1861 : Abolition du servage en Géorgie comme dans le reste de l’empire russe. Début de la vague des grandes réformes sociales.


1868 : Les Britanniques sont les premiers à vaincre le mont Elbrouz et le mont Kazbeg, lançant par là même l’épopée de la conquête des sommets du Grand Caucase.


1875 : Début de l’industrie pétrolière à Bakou. Construction d’une ligne de chemin de fer en Géorgie pour évacuer le pétrole vers les ports de la mer Noire. Ouverture de la mine de manganèse de Tchiatoura.


1877-1878 : Cinquième guerre russo-turque. Les Russes récupèrent la Géorgie méridionale et s’emparent de Kars.


1879 : Naissance de Staline (Joseph Djougachvili) à Gori.


1881 : L’assassinat du tsar Alexandre II provoque l’arrêt des réformes en Géorgie.


1903 : Scission du mouvement social-démocrate entre mencheviques (Noé Jordania et Noé Ramichvili) et bolcheviques (Joseph Djougachvili, dit « Staline »).


1905 : Révolution russe. Grève générale dans tout le Caucase, suivie d’une violente répression. Incendie des installations pétrolières et pogroms à Bakou. La région sombre dans l’anarchie.


 28 août 1907 : Ilia Tchavtchavadzé, chantre du renouveau intellectuel et politique géorgien, est assassiné.


1914 : La Géorgie est entraînée par l’empire russe dans la guerre contre l’Empire ottoman. Une légion de Géorgiens exilés s’arme en Allemagne pour combattre la Russie sur le front du Caucase.


1915-1916 : Offensives russes contre la Turquie. Les Russes s’emparent d’Erzeroum et de Trébizonde. Génocide arménien.


1917 : Révolution menée par les mencheviques en mars, puis bolcheviques en octobre en Russie. La Géorgie reste fidèle aux mencheviques. Début de la guerre civile russe.

Proclamation de l’autocéphalie de l’Eglise géorgienne après la révolution de février et élection du catholicos Kyrion III.

 

12 février 1918 : Offensive turque dans le Caucase.


3 mars 1918 : La Russie se retire de la guerre par le traité de Brest-Litovsk.


15 avril 1918 : Les Turcs occupent Batoumi.


26 avril 1918 : Création de la république fédérative de Transcaucasie.


26 mai 1918 : Proclamation de la république démocratique de Géorgie.


8 juin - 11 novembre 1918 : Intervention militaire allemande en Géorgie.


15 novembre 1918 : Début de la présence militaire britannique dans le Caucase.


5 décembre - début janvier 1918 : Guerre entre l’Arménie et la Géorgie pour le contrôle de la région du Lori.


1919 : Les premières élections libres en Géorgie confirment la domination des Mencheviques.


mars 1920 : Retrait du contingent britannique du Caucase.


28 avril 1920 : Les Bolcheviques s’emparent de l’Azerbaïdjan.


3 mai 1920 : Coup d’Etat bolchevique avorté en Géorgie.


30 novembre 1920 : Les Bolcheviques s’emparent de l’Arménie.


21 janvier 1921 : La France et le Royaume-Uni reconnaissent la Géorgie.


16 février - 18 mars 1921 : Invasion soviétique, les Bolcheviques s’emparent de la Géorgie. Le gouvernement menchevique de Noé Jordania s’exile en France, à Leuville-sur-Orge (Essonne).

 

30 décembre 1922 : Création de l’URSS et d’une RFS de Transcaucasie qui englobe les trois républiques de Géorgie, d’Arménie et d’Azerbaïdjan. La Géorgie perd une portion de son territoire au profit de ses voisins. Campagne antireligieuse de Lavrenti Béria (jusqu’en 1938).


13 octobre 1923 : Le traité de Kars définit de nouvelles frontières entre la Turquie et la partie caucasienne de l’URSS.


1924 : Staline prend le pouvoir en Union soviétique. Echec d’une révolte en Géorgie, cruellement réprimée par L. Beria qui s’impose comme le nouvel homme fort du pays.


1930-1931 : Révoltes paysannes en Géorgie sévèrement réprimées.


1933-1937 : Le second plan quinquennal accélère l’industrialisation de la Géorgie. L’oléoduc reliant Bakou aux ports de la mer Noire est fermé. Tout le pétrole produit dans le Caucase est accaparé par la Russie soviétique.


5 décembre 1936 : L’URSS se dote d’une nouvelle constitution qui reconnaît un statut d’autonomie à l’Adjarie, à l’Abkhazie et à l’Ossétie du Sud au sein de la RSS de Géorgie.


1938 : Deux Géorgiens, Staline et Beria (chef du NKVD), règnent sans partage sur le Kremlin.


22 juin 1941 : L’Allemagne nazie envahit l’URSS. Début de la « Grande Guerre patriotique ». Une Légion de volontaires géorgiens exilés s’arme en Allemagne pour combattre l’URSS sur le front du Caucase.


août-décembre 1942 : L’armée allemande pénètre dans le Caucase, s’empare du mont Ebrouz, mais ne parvient ni à pénétrer en Géorgie ni à s’emparer des champs de pétrole de Bakou et de Grozny. Beria se montre très actif pour lutter contre les nombreux déserteurs et transfuges géorgiens.


janvier 1943 : La défaite de Stalingrad précipite la retraite allemande. La Wehrmacht quitte le Caucase.

Reconnaissance de l’autocéphalie de l’Eglise géorgienne orthodoxe par l’Eglise russe orthodoxe. Réouverture des églises.


1944 : La plupart des montagnards du Caucase (à l’exception des Ossètes) sont déportés en Asie centrale, notamment les Turcs de Meskhétie. La Géorgie récupère deux enclaves montagnardes au nord de son territoire jusqu’en 1957.


9 mai 1945 : La victoire de l’URSS sur le Troisième Reich marque l’apogée du règne de Staline.


1953 : Staline et Beria meurent à quelques mois d’intervalle. Fin de la domination géorgienne sur le Kremlin.


1956 : Le XXe congrès du PC soviétique entérine la déstalinisation du régime.


5-9 mars 1956 : Manifestations sévèrement réprimées à Tbilissi (plus de 106 morts).


1957-1962 : Boom économique et industriel en Géorgie. Sous la houlette du Premier secrétaire du Parti communiste géorgien, Vassili Mjvanadzé, le pays s’enrichit et devient la plaque tournante de l’économie parallèle pour toute l’Union soviétique.


1962 : Adhésion de l’Eglise géorgienne orthodoxe au Conseil œcuménique des Eglises (Genève), 80 paroisses en activité sur 1500.


29 mai 1972 : Edouard Chévardnadzé est nommé à la tête de la RSS de Géorgie pour lutter contre la corruption et rétablir l’orthodoxie marxiste-léniniste.


1977 : Ilia II (1933), catholicos de Géorgie. Renouveau spirituel du pays. L’Eglise géorgienne orthodoxe est rétablie dans ses droits, même si son clergé est étroitement encadré par Moscou.


1978 : Manifestation de grande ampleur à Tbilissi pour la défense de la langue et de l’alphabet géorgiens.


1985 : Mikhaïl Gorbatchev arrive aux commandes en URSS et lance un ambitieux programme de réformes et d’ouverture. Chévardnadzé devient son ministre des Affaires étrangères. Il va populariser en Occident la Perestroïka et la Glasnost, qui vont aboutir à la chute du Rideau de fer et du mur du Berlin.


8-9 avril 1989 : vingt Géorgiens tués lors de la répression d’une manifestation nationaliste à Tbilissi.

 

La période de réformes engagées en Russie voit la situation économique se détériorer en Géorgie, même si, faisant partie des périphéries méridionales de l’URSS, elle apparaît encore comme l’une de ses régions les plus prospères. C’est au cours de ces années qu’est ainsi terminé le tunnel de Roki, qui relie Ossétie du Nord et Ossétie du Sud en abolissant l’obstacle du Grand Caucase. Le réveil des minorités ethniques, l’échec subi par les Soviétiques en Afghanistan viennent s’ajouter aux effets psychologiques de la catastrophe de Tchernobyl pour fragiliser l’image de l’Union soviétique et saper sa légitimité. Les événements qui surviennent dans la Nagorno Karabakh où les Arméniens demandent leur rattachement à la république d’Arménie et donc leur détachement de la république d’Azerbaïdjan, vont encourager les séparatismes. En juin 1988, des intellectuels abkhazes demandent à M. Gorbatchev d’étendre le statut d’autonomie de leur région, en la soustrayant à l’autorité de Tbilissi. Les Ossètes en font autant.


Le 8 avril 1989, des dizaines de milliers de Géorgiens se mobilisent à Tbilissi pour dénoncer ces revendications séparatistes, mais, d‘abord pacifique, la manifestation dégénère et la violente répression exercée par les forces de l’ordre coûte la vie à vingt personnes. Le pays se tourne alors vers les leaders nationalistes Zviad Gamsakhourdia et Georges Chantouria.


9 novembre 1989 : La chute du mur de Berlin entraîne la fin des « démocraties populaires » d’Europe orientale. On craint en Occident une reprise en main en URSS, mais Gorbatchev et Edouard Chevarnadzé, son ministre géorgien des Affaires étrangères, confirment leur ligne de réforme de l’URSS, tout en intervenant en Azerbaïdjan pour tenter de contenir les affrontements arméno-azéris.


1990 : La fin de la guerre froide  effective à l’été avec la réunification allemande – et le déclenchement de la guerre du Golfe consécutive à l’invasion du Koweït par l’Irak de Saddam Hussein, créent des conditions nouvelles dans l’ancien espace soviétique. Les pays Baltes proclament ainsi leur indépendance et, le 25 août, les Abkhazes en font autant pour leur province, suivis, le 20 septembre, par les Ossètes. Revendication immédiatement reprise par le Soviet suprême de Géorgie.


28 octobre 1990 : Premières élections pluralistes organisées en Géorgie. Zviad Ghamsakourdia les remporte avec 64 % des voix, après s’être allié, entre les deux tours, avec Georges Chantouria.

Devenu président du Soviet suprême de Géorgie, Zviad Gamsakhourdia restitue à l’Eglise géorgienne, jusque-là simplement tolérée, ses droits et privilèges traditionnels. En réaction, les Abkhazes élisent Vladislav Ardzinba à la tête de leur province. Les Ossètes en font autant avec Torez Kolumbegov. Des affrontements entre la police et les séparatistes éclatent à Soukhoumi, capitale de l’Abkhazie, et à Tskhinvali, capitale de l’Ossétie du Sud. Une guérilla s’installe autour de cette dernière ville.


7 janvier 1991 : Gorbatchev tente de reprendre la main en condamnant les sécessionnistes abkhazes et ossètes, mais aussi la répression géorgienne.


31 mars 1991 : Gamsakhourdia réagit aux menaces de Gorbatchev en organisant un référendum sur l’indépendance de la Géorgie. 98 % des Géorgiens se prononcent en faveur de l’indépendance, qui est officiellement proclamée le 9 avril.


26 mai 1991 : Gamsakhourdia est élu président d’une Géorgie désormais indépendante et rétablit le drapeau de la première république géorgienne de 1918-1921, en admettant les frontières qui étaient celles issues de l’URSS.

Gamsakhourdia s’engage ensuite dans une dérive autoritaire qui l’éloigne de ses alliés, en raison surtout de son intransigeance sur la question des minorités abkhaze et ossète.


19-21 août 1991 : Echec du coup d’Etat de Moscou. Boris Eltsine, président du Soviet suprême de Russie, rétablit l’ordre avec Gorbatchev mais devient le nouvel homme fort et ne cache pas son intention d’en finir avec l’URSS. Quelques jours plus tard, l’Arménie, puis Azerbaïdjan, proclament leur indépendance. Bientôt suivis par le Nagorno Karabakh et par la Tchétchénie. A Tbilissi, Gamsakhourdia s’octroie les pleins pouvoirs.


2 septembre 1991 : Gamsakhourdia fait tirer sur la foule de manifestants qui conteste son pouvoir.


21 septembre 1991 : Scènes de guerre civile à Tbilissi où s’affrontent garde nationale et milices des différents leaders politiques.


12 décembre 1991 : Fin de l’Union soviétique. Gorbatchev démissionne. Chevarnadzé se convertit au christianisme orthodoxe de rite géorgien et prépare son retour à Tbilissi.


22 décembre 1991 : Les adversaires de Gamsakhourdia lancent l’assaut final contre Tbilissi, et leurs milices s’emparent de la ville. Le 6 janvier, Gamsakhourdia s’enfuit en Arménie, puis en Tchétchénie. La junte au pouvoir entreprend de contrôler le pays, sans intervenir toutefois contre l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, de même qu’en Adjarie (au sud-ouest du pays) où Aslan Abachidzé se constitue, autour de Batoumi, une principauté de fait.


8 mars 1992 : Retour à Tbilissi d’Edouard Chevarnadzé qui fait figure d’homme providentiel pour établir un pouvoir civil susceptible d’être reconnu par la communauté internationale.


24 juin 1992 : Echec d’une tentative de coup d’Etat « zviadiste » à Tbilissi.


1er juillet 1992 : A Sotchi, l’arbitrage de Boris Eltsine permet de calmer le jeu entre Géorgiens et Ossètes. Avec l’appui de la Russie, la Géorgie devient le 179e Etat admis à l’ONU.


août 1992 : Le ministre de l’Intérieur géorgien est enlevé à Soukhoumi par des nationalistes abkhazes, ce qui entraîne une intervention géorgienne, mais Vladislav Ardzinba reçoit le soutien du Tchétchène Doudaïev et de volontaires cosaques rendus furieux par le démantèlement de l’URSS.


11 octobre 1992 : Chevarnadzé gagne les élections générales.


janvier-mai 1993 : Soukhoumi est assiégée par les forces abkhazes, discrètement aidées par les Russes.


20 mai 1993 : Boris Eltsine jouant les médiateurs, un accord est conclu, par lequel les Géorgiens retirent leurs troupes d’Abkhazie, qui se voit accorder une plus grande autonomie.


1er juillet 1993 : La lutte reprend en Abkhazie, à l’initiative de Vladislav Ardzinba qui prend pour prétexte le repli trop lent des troupes géorgiennes. Un nouveau cessez-le-feu entre en vigueur le 27 juillet. Une mission d’interposition des Nations unies (MINUOG) est chargée de vérifier le respect de la trêve.

La situation du pays est alors lamentable, avec une pauvreté grandissante, les exactions des milices et les coupures d’électricité, alors que la guerre civile a repris, les partisans de Zviad Gamsakhourdia cherchant à s’imposer en Mingrélie. C’est dans ce contexte difficile que Chevarnadzé s’octroie les pleins pouvoirs et décrète l’état d’urgence.


En septembre, l’insurrection zviadiste se généralise en Mingrélie et s’empare de Poti. C’est le moment que choisit, le 16, Vladislav Ardzinba pour reprendre la lutte en Abkhazie où Soukhoumi est prise. Pour surmonter la crise, Chevarnadzé sollicite un nouvel arbitrage russe et accepte que la Géorgie rejoigne la Communauté des Etats indépendants, ainsi qu’une présence militaire russe. Dès lors, Eltsine soutient Chevarnadzé.


20 octobre 1993 : Chevarnadzé entame la reconquête de la Mingrélie, terminée fin novembre.


1er décembre 1993 : Géorgiens et Abkhazes signent un accord de cessez-le-feu permanent et envisagent des négociations quant au statut futur de l’Abkhazie, sous l’égide de l’ONU et de l’OSCE.


2 décembre 1993 : Chevarnadzé annonce officiellement l’adhésion de la Géorgie à la CEI.


31 décembre 1993 : Zviad Gamsakhourdia se suicide. Sa mort marque la fin de la guerre civile qui a fait 15 000 victimes et entraîné le déplacement de 250 000 réfugiés.


3 février 1994 : Signature d’un traité de paix et d’amitié entre la Russie et la Géorgie.


7 mars 1994 : Chévardnadzé se rend en visite officielle à Washington. La Géorgie adhère au partenariat de la paix de l’OTAN.


14 mai 1994 : Les accords de Moscou mettent un terme à la guerre civile en Géorgie et donnent mandat à la MINUOG et à la CEI pour surveiller le cessez-le-feu entre Géorgiens et Abkhazes.


3 décembre 1994 : Georges Chantouria, chef de l'opposition modérée en Géorgie, est assassiné à Tbilissi.


24 août 1995 : La Géorgie se dote d’une nouvelle constitution de type présidentialiste qui reconnaît un statut d’autonomie à l’Abkhazie et à l’Adjarie, mais pas à l’Ossétie du Sud.


29 août 1995 : Tentative d’attentat contre Chévardnadzé.


15 septembre 1995 : Accord formel sur la présence des bases russes en Géorgie.


5 novembre 1995 : Chévardnadzé remporte les élections présidentielles. Son parti gagne dans la foulée les élections législatives.


1996 : Mise en place du « Groupe des amis du secrétaire général des Nations unies » dont le mandat consiste à favoriser les négociations entre Géorgiens et Abkhazes.


22 avril 1996 : Accord de partenariat entre la Géorgie et l’Union européenne. Il n’entre en vigueur que trois ans plus tard.


31 décembre 1996 : Fin de la première guerre de Tchétchénie.

 

février 1997 : La Géorgie amorce un prudent rapprochement avec l’OTAN qui entame son élargissement en direction des pays de l’ancien bloc communiste.


10 novembre 1997 : Création du GUAM, l’Organisation pour la démocratie et le développement. Une organisation internationale de coopération à vocation régionale qui, outre la Géorgie, regroupe trois Etats de l'ex-URSS pro-occidentaux qui se sentent menacés par la Russie (Ukraine, Azerbaïdjan et Moldavie). 


9 février 1998 : Nouvelle tentative d’assassinat contre E. Chévardnadzé.


18-26 mai 1998 : Violents combats dans la région de Gali, en Abkhazie, entre miliciens géorgiens et troupes abkhazes soutenues par la Russie.


juin-juillet 1998 : Tensions en Adjarie.


août 1998 : Tensions en Djavkhétie avec la communauté arménienne.


18-19 octobre 1998 : Echec d’une mutinerie en Mingrélie.


27 avril 1999 : La Géorgie adhère au Conseil de l’Europe.


juin 1999 : Remise en service de l’oléoduc Bakou-Soupsa entre la mer Caspienne et la mer Noire.


août 1999 : Les Etats-Unis soutiennent l’adhésion de la Géorgie à l’OTAN.


14 novembre 1999 : Chévardnadzé remporte les élections législatives.


18 novembre 1999 : Officialisation du projet d’oléoduc BTC [Bakou (Azerbaïdjan) - Tbilissi (Géorgie) - Ceyhan (Turquie)] entre la Caspienne et la Méditerranée.


printemps 2000 : Des combattants tchétchènes se réfugient dans les gorges de Pankissi. L’OSCE lance une mission de surveillance le long de la frontière entre la Géorgie et la Tchétchénie.


9 avril 2000 : Chévardnadzé réélu président.


5 décembre 2000 : Instauration d’un régime de visas obligatoires entre la Géorgie et la Russie (au moins 700 000 Géorgiens vivent en Russie).


2 avril 2001 : Création de la Force navale en mer Noire (BlackSeaFor).


24 mai 2001 : Echec d’une mutinerie aux portes de Tbilissi.


4-18 octobre 2001 : Violents affrontements dans la vallée de Kodori, en Abkhazie, entre Géorgiens et Tchétchènes d’un côté, Abkhazes et Russes de l’autre.


19 novembre 2001 : Edouard Kokoyéti élu à la tête de l’Ossétie du Sud.


28 novembre 2001 : L’aviation russe bombarde les gorges de Kodori. Washington fait pression sur Tbilissi pour expulser les combattants tchétchènes qui y sont réfugiés.


décembre 2001 : Début du programme d’assistance « US Train & Equip » au profit de l’armée géorgienne.


25 février 2002 : « Suicide » de Nougzar Sajaïa, chef du Conseil de sécurité, à Tbilissi.


25 avril 2002 : Nouveaux accrochages entre Géorgiens et Abkhazes soutenus par des géorgiens prorusses dans la vallée de Kodori. Tbilissi frappée par un tremblement de terre.


24 mai 2002 : Déclaration conjointe russo-américaine sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale géorgienne.


28 juin 2002 : L’OTAN réalise un exercice de grande envergure (« Cooperative Best Effort ») en Géorgie dans le cadre du PPP.


25 août 2002 : Début de l’opération géorgienne visant à expulser les combattants tchétchènes réfugiés dans les gorges de Pankissi.


21 novembre 2002 : La Géorgie demande officiellement son adhésion à l’OTAN.

 

mars 2003 : Plusieurs sabotages visent le réseau énergétique géorgien.


21 avril 2003 : Le Parlement géorgien ratifie l’accord sur la présence permanente d’instructeurs américains en Géorgie.


14 mai 2003 : Le Secrétaire général de l’OTAN, en visite à Tbilissi, accueille avec bienveillance la demande d’adhésion de la Géorgie à l’Alliance atlantique.


23 mai 2003 : Début du tronçon géorgien du BTC.


7 juillet 2003 : Rencontre Baker-Chévardnadzé à Tbilissi.


16 juillet 2003 : Envoi d’un premier contingent de soldats géorgiens en Irak.


2-23 novembre 2003 : La « révolution des Roses » entraîne la démission d’E. Chévardnadzé. Nino Bourdjanadzé assume le pouvoir par intérim.


4 janvier 2004 : Mikhaïl Saakachvili est élu président de la Géorgie.


6 février 2004 : Révision de la Constitution géorgienne.


10-12 février 2004 : Visite de M. Saakachvili à Moscou.


23-27 février 2004 : Visite de M. Saakachvili à Washington. Renforcement du contingent géorgien en Irak.


28 mars 2004 : Le parti réformiste pro-Saakachvili remporte les élections législatives.


28 avril-6 mai 2004 : Crise en Adjarie. Aslan Abachidzé s’enfuit à Moscou. Saakachvili triomphe à Batoumi et parvient à réintégrer l’Adjarie dans le giron géorgien.


14 juin 2004 : La Géorgie intègre la politique européenne de voisinage de l’UE.


29 juin 2004 : Lors du sommet d’Istanbul, Saakachvili réitère la demande d’adhésion de la Géorgie à l’OTAN.


22 juin 2004 : Lancement de la mission européenne « Eujust-Thémis » en Géorgie.


18 août 2004 : L’armée géorgienne tente un coup de force en Ossétie du Sud pour essayer, sans succès, de récupérer la province sécessionniste.


décembre 2004 : Mikhaïl Saakachvili prend part, aux côtés de Viktor Iouchtchenko, à la « Révolution orange » en Ukraine. Les deux hommes s’engagent à réactiver le GUAM.


15 janvier 2005 : Sergueï Bagapsh officiellement désigné « président » de l’Abkhazie, après l’élection contestée du 23 août 2004.


février 2005 : Fin de la deuxième guerre de Tchétchénie.


3 février 2005 : Décès du Premier ministre géorgien Zourab Jvania.


mars 2005 : Mikhaïl Saakachvili soutient la « révolution des Tulipes » au Kirghizistan.


10 mai 2005 : Visite de George W. Bush à Tbilissi.


30 mai 2005 : Accord russo-géorgien sur le retrait des bases russes en Géorgie.


9 décembre 2005 : Le Parlement géorgien vote l’augmentation du budget militaire et des effectifs de l’armée.


27 mars 2006 : La Russie suspend la délivrance de visas aux Géorgiens et décrète un embargo commercial à l’encontre de la Géorgie.


13 juillet 2006 : Inauguration de l’oléoduc BTC.


août 2006 : Des pressions américaines empêchent in extremis le gouvernement géorgien de reconquérir l’Ossétie du Sud par la force.


27 septembre 2006 : L’arrestation à Tbilissi de quatre officiers russes accusés d’espionnage déclenche une grave crise politique entre la Géorgie et la Russie.


2 octobre 2006 : La Russie décrète le blocus total de la Géorgie.


2 novembre 2006 : La Russie déclenche une « guerre du gaz » contre la Géorgie.


12 novembre 2006 : Par référendum, l’Ossétie du Sud vote une nouvelle fois pour son indépendance.


janvier 2007 : Inauguration du gazoduc BTE (Bakou-Tbilissi-Erzeroum).


28 mars 2007 : Signature d’un accord entre la Géorgie, l’Azerbaïdjan et la Turquie pour la construction d’une ligne de chemin de fer reliant Bakou à Akhalkalaki et Kars.


8 juin 2007 : Le Parlement géorgien double le budget de la Défense.


6 août 2007 : L’aviation russe tire un missile antiradar KH-58 sur le territoire géorgien, à la suite de la proposition de M. Saakachvili d’accueillir une partie du bouclier antimissile américain.


25 septembre 2007 : L’ancien ministre de la Défense, Irakli Okrouachvili, met publiquement en cause le président Saakachvili dans des affaires de corruption et l’accuse de préméditer le meurtre de l’oligarque Badri Patarkatsichvili.


2 novembre 2007 : Violentes manifestations à Tbilissi appelant Saakachvili à démissionner.


7 novembre 2007 : le président Saakachvili décrète l’état d’urgence et ordonne aux forces de maintien de l’ordre de disperser les manifestants.


16 novembre 2007 : Fin de l’état d’urgence, annonce d’une élection présidentielle anticipée.


25 novembre 2007 : Nino Bourdjanadzé assume une nouvelle fois le pouvoir par intérim.


décembre 2007 : Fermeture effective des bases russes de Batoumi et d’Akhalkalaki.

 

5 janvier 2008 : Mikhaïl Saakachvili réélu président de la Géorgie avec 53 % des suffrages. Rétablissement des relations diplomatiques avec la Russie.


26 mars 2008 : Rétablissement des liaisons aériennes entre Moscou et Tbilissi.


3 avril 2008 : Lors du sommet de Bucarest, l’OTAN déclare que la Géorgie et l’Ukraine feront un jour partie de l’Alliance atlantique.


20 avril 2008 : La chasse russe abat un drone géorgien au-dessus de l’Abkhazie.


21 mai 2008 : Le parti de M. Saakachvili remporte les élections législatives.


15 juillet 2008 : Le Parlement géorgien vote une nouvelle loi augmentant sensiblement le budget de la Défense et les effectifs militaires. Les signes de préparatifs militaires russes se multiplient.


1er août 2008 : Regain de tensions en Ossétie du Sud. Nombreux accrochages.


7 août 2008 : L’armée géorgienne intervient en Ossétie du Sud.


8-12 août 2008 : Guerre russo-géorgienne. La Géorgie perd le contrôle de ses dernières enclaves dans les provinces sécessionnistes.


12 août 2008 : Navette diplomatique du président français Nicolas Sarkozy. Signature d’un accord de cessez-le-feu entre les parties.


25 août 2008 : Un navire de guerre américain fait escale en Géorgie.


26 août 2008 : La Russie reconnaît officiellement l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. Rupture des relations diplomatiques entre Moscou et Tbilissi.


5 septembre 2008 : Le Nicaragua reconnaît l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud.


9 septembre 2008 : Nouvel accord entre la présidence française de l’UE et la Russie pour le respect du cessez-le-feu. Bilan 192 000 personnes sont déplacés, 450 Géorgiens sont tués ou portés disparus.


1er octobre 2008 : L’armée russe achève son redéploiement en Abkhazie et en Ossétie du Sud après son retrait de la « zone de sécurité ». Mise en place de la mission de surveillance de l’UE en Géorgie.


22 octobre 2008 : Une aide occidentale de 4,55 milliards de dollars est débloquée pour la reconstruction de l’économie géorgienne. 


novembre 2008 : Manifestations contre le président Saakachvili à Tbilissi.


2 décembre 2008 : La perspective d’adhésion de la Géorgie à l’OTAN est reportée sine die. Création d’une commission OTAN-Géorgie.


4 janvier 2009 : Avant de quitter ses fonctions, Georges W. Bush paraphe un accord de partenariat stratégique entre les Etats-Unis et la Géorgie.


22 janvier 2009 : Dès son investiture, le nouveau président américain Barack Obama laisse entrevoir une relation plus équilibrée vis-à-vis de la Russie et de la Géorgie.


2 février 2009 : Le président Saakachvili procède à un important remaniement ministériel qui lui permet de raffermir son pouvoir.


13 février 2009 : Le mandat des vingt derniers observateurs actifs de l’OSCE en Géorgie est prolongé jusqu’au 30 juin 2009.


9 avril 2009 : Manifestations massives contre le président Saakachvili. Ils étaient 60 000 réunis le 26 mai dans le stade de Tbilissi à exiger sa démission.


22-23 juillet 2009 : Visite du vice-président américain Joe Biden en Géorgie.


10 septembre 2009 : Le Venezuela reconnaît l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud.


15 et 16 décembre 2009 : Le micro-Etat pacifique de Nauru reconnaît l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud.


janvier 2010 : La Russie et la Géorgie rouvrent leur trafic aérien aux passagers. Deux mois plus tard, les postes de frontières sont rouverts à l’exception de ceux situés dans les régions séparatistes.


13 avril 2010 : Les chefs de la diplomatie de l’Ossétie du Sud et du Nicaragua, respectivement Mourat Dijoïev et Samuel Santos, signent un accord établissant des relations diplomatiques ente Tskhinvali et Managua.


5 juillet 2010 : La secrétaire d’Etat américaine Hilary Clinton réitère son soutien à l’intégrité territoriale de la Géorgie au cours d’un déplacement à Tbilissi.


août 2010 : Les forces russes déploient des missiles sol-air en Abkhazie suscitant l’inquiétude des Géorgiens.


15 octobre 2010 : Le parlement géorgien approuve des amendements devant conduire à la réforme constitutionnelle en vertu desquels le Premier ministre dispose de pouvoirs élargis. Glissement vers un système parlementaire.


décembre 2010 : La police procède à l’arrestation de six Géorgiens, opérant pour le compte de la Russie, suspectés d’être à l’origine de six attentats à la bombe dont celle de novembre de la même année avait causé la mort d’une personne.


janvier 2011 : Tbilissi lance une chaîne de télévision en langue russe à l’attention du public russe.


mai 2011 : La police organise cinq jours de grève et de sit-in contre le président Saakachvili.


octobre 2011 : Les autorités géorgiennes déchoient de la nationalité géorgienne le milliardaire Bidzina Ivanichvili, une semaine après son annonce de candidature.

 

septembre 2012 : A quelques jours des législatives, la diffusion par une chaîne de télévision d'une vidéo montrant des scènes de tortures infligées à un détenu provoque la démission de la ministre géorgienne de l'Administration pénitentiaire.


1er octobre 2012 : Victoire, au terme d’une campagne difficile, de la coalition Le Rêve géorgien conduite par le milliardaire Bidzina Ivanichvili, soutenu par l’Eglise orthodoxe. Ce vote sanctionne la révolution des Roses, jugée d’inspiration libérale et qui avait produit de nombreux laissés-pour-compte. Une période de cohabitation tendue se met en place à Tbilissi. Le nouveau Premier ministre entend conduire en parallèle la normalisation des relations avec la Russie, avec la politique d’intégration à l’OTAN et à l’Union européenne. Doté de pouvoirs renforcés par les amendements constitutionnels de 2010, le Parlement est présidé par David Usupashvili, partisan d’un ancrage très fort à l’Occident.


février 2013 : Les autorités russes émettent un mandat d'arrêt, le 14 février, à l'encontre de Guivi Targamadzé, député du parti du président géorgien Mikhaïl Saakachvili, soupçonné d'avoir voulu renverser le gouvernement russe.


juin 2013 : Des vidéos montrant des prisonniers violés et torturés suscite une nouvelle dispute entre la jeune majorité et l’opposition proche du président Saakachvili. La coalition au pouvoir, emmenée par le milliardaire Bidzina Ivanichvili, dénonce le sadisme du régime précédent. Du côté du président Saakachvili, on crie à la tentative de détruire l’opposition.


27 octobre 2013 : Les élections présidentielles s’achèvent par la victoire facile de Guiorgi Margvelachvili (64 % des voix), soutenu par B. Ivanichvili. Le président sortant, M. Saakachvili, se retire de la vie politique. Cette élection marque la fin d’une séquence inaugurée par la révolution des Roses.


novembre 2013 : B. Ivanichvili annonce son retrait de la vie politique. Le jeune ministre de l’Intérieur Iracli Gharibashvili, (31 ans), lui succède.


14 mai 2014 : Visite à Tbilissi du président français François Hollande. A cette occasion, le chef de l’Etat français réitère le soutien de l’UE à la signature d’un accord d’association avec la Géorgie tout en faisant part de ses réserves quant à l’intégration géorgienne à l’OTAN et ce « pour ne pas provoquer une réaction brutale de la Russie ». La Géorgie maintient en Centrafrique un contingent de cent cinquante soldats dans le cadre de la mission européenne (Eufor-RCA).


28 mai 2014 : Tentative déjouée de coup d’Etat en Abkhazie. Moscou dépêche des médiateurs.


7 juillet 2014 : Décès de l’ancien président Edouard Chévardnadzé


3 août 2014 : Mandat d’arrêt contre l’ancien président Saakachvili, accusé d'avoir eu un recours excessif à la force lors des manifestations de novembre 2007 contre son pouvoir. Les partisans de l'ex-président dénoncent une décision politique.


5 novembre 2014 : Démissions en cascade au sein du gouvernement géorgien consécutives au limogeage du ministre pro-occidental de la Défense, Iracli Alassania, chef du Parti des démocrates libres.



24 novembre 2014 : Le président russe Vladimir Poutine signe, à Sotchi, avec le président de l’Abkhazie, Raoul Khadjimba, un accord stratégique. Pour Tbilissi, cette signature est un nouveau pas vers l’annexion d’une partie de son territoire.


5 février 2015 : Les ministres de la Défense des vingt-huit pays de l'Otan décident d'installer une « présence permanente » alliée en Géorgie. Situé à Vaziani, à 25 kilomètres de Tbilissi, ce centre d'entraînement conjoint est destiné tant aux pays de l'Otan qu'aux pays « partenaires ».


Après la sombre année 2008 qui a vu à la fois le conflit déclenché en Ossétie du Sud, l’indépendance proclamée et soutenue par la Russie de ce dernier territoire et de l’Abkhazie, et, enfin, les effets de la crise financière mondiale, la Géorgie, soutenue par les institutions internationales, s’est bien relevée en diversifiant son économie et en faisant reculer le chômage, même si ce rétablissement demeure fragile. La situation politique reste plus incertaine. Avec la fin de l’ère Saakachvili (l’ancien président en exil aux Etats-Unis, récemment transformé en conseiller du gouvernement ukrainien issu de l’émeute de Maïdan), le pays est entré dans une période nouvelle, marquée par les poursuites judiciaires engagées contre l’intéressé et ses proches. Les nouveaux maîtres de Tbilissi annoncent vouloir concilier le rapprochement avec l’Europe et le maintien de bonnes relations avec Moscou, mais les projets d’adhésion à l’OTAN qui furent un temps imaginés se sont éloignés et l’évolution de la région caucasienne semble conditionnée par les développements, difficiles à prévoir, de la crise ukrainienne.

 
 
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