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La tentation impériale et son échec (1932-1945)

La crise mondiale qui commence au début des années trente ne peut que remettre en cause le projet d’une croissance japonaise fondée sur le dynamisme économique et commercial et lui substitue celui d’une expansion territoriale seule en mesure de garantir l’autonomie du pays, menacée par les politiques protectionnistes que mettent alors en place les grandes puissances, notamment dans le cadre de la « préférence impériale » appliquée en Asie par la Grande-Bretagne, la France ou les Pays-Bas. Un tel contexte justifiant les revendications « d’espace vital » mises en avant par la caste militaire, le régime parlementaire tombe rapidement sous la coupe des officiers nationalistes radicaux. Héritiers de la morale guerrière du bushidô propre aux samouraïs, ceux-ci ont réussi, au cours des décennies précédentes et à la faveur des succès remportés par la révolution Meiji, à imprégner de ces valeurs l’ensemble de la société nippone. Ils ont une doctrine – exposée dès 1919 par Kita Ikki dans son Projet général de reconstruction du Japon – qui réclame la suspension de la constitution, la remise du pouvoir aux militaires, un réarmement massif et une politique d’expansion en Sibérie, en Asie du Sud et en Australie. Plusieurs sociétés secrètes plus ou moins violentes vont constituer le support de cette idéologie et la diffuser dans l’opinion. Les principales sont la Genvosha fondée en 1881, la Kakuryukai ou Société du Dragon Noir (autre nom donné au fleuve Amour) qui prône l’expansion en Mandchourie et en Sibérie orientale et qui a été créée en 1901 ; il faut ajouter la Société des Rônin, qui remonte à 1908, la Société des Vertus militaires, chargée de maintenir l’esprit du bushidô, formée en 1895, et l’Association des militaires de réserve fondée en 1910, toutes déjà solidement installées avant la première guerre mondiale. Il faut ajouter après 1920 l’Association de la Permanence fondée par Kita Ikki, la Société du Drapeau Impérial, celle du Cerisier, celles du Loup Noir et du Faisan Doré qui inspire les livres d’enseignement scolaire. Il faut ajouter en 1930 la Société de la Voie Impériale du général Araki et, deux ans plus tard, la Société pour la Défense du Prestige National. Il existe ainsi une cinquantaine de sociétés nationalistes en 1932, qui seront plus de sept cents en 1936. Ces différents groupes cultivent la xénophobie traditionnelle de la société japonaise mais se font aussi les champions d’un panasiatisme sous direction japonaise qui transforme en projet de « libération des peuples jaunes » la volonté d’expansion territoriale au détriment de la Chine ou de l’Asie du Sud. L’anticommunisme et la démagogie agrarienne – les paysans demeurent encore la classe largement majoritaire et fournissent le gros des effectifs de l’armée – se combinent avec la critique de la société urbaine et l’exaltation du culte impérial pour construire une idéologie nationaliste et militariste redoutable, à laquelle adhère une large majorité de la population.


1er mars 1932 : Pu Yi, le dernier empereur mandchou de Chine est désigné comme « chef de l’exécutif » de la République du Mandchoukouo. Il s’agit d’un pouvoir fantoche contrôlé de fait par l’armée japonaise du Kwantoung.


Mai 1932 – juillet 1934 : Gouvernement de l’amiral Saitô Makoto, un militaire modéré mais avec le général Araki comme ministre de la Guerre. Les budgets militaires sont doublés au cours des deux années suivantes.


2 septembre 1932 : Un « traité inégal » établit le protectorat japonais sur le Mandchoukouo. Le gouvernement de Tokyo manifeste ainsi le peu de cas qu’il fait de la commission d’enquête de la SDN conduite par Lord Lytton.


14 février 1933 : La commission de la SDN chargée de l’affaire mandchoue adopte le rapport Lytton, voté le 24 – à l’unanimité, moins l’opposition du Japon et l’abstention du Siam. Le représentant japonais Matsuoka se retire et le Japon décide le 27 mars 1933 de quitter la SDN dont les condamnations demeurent purement verbales.


25 février 1933 : Les Japonais entament la campagne du Jehol et occupent toute cette province voisine de la Mandchourie. Ils poursuivent leur progression au Hopei en avril et négocient le 22 mai la création d’une zone démilitarisée dans le nord de cette région. Les forces japonaises contrôlent ainsi la Grande Muraille, en même temps qu’elles maintiennent (depuis l’expédition des Boxers de 1900) des garnisons autour de Tien-Tsin.


1er mars 1934 : Pu Yi reçoit le titre d’empereur du Mandchoukouo, à l’initiative du Résident japonais, le général Muto. C’est en fait « l’attaché japonais auprès la maison impériale », Yoshioka Yasunori, qui apparaît comme le véritable dirigeant du pays.


Juillet 1934-mars 1936 : Ministère de l’amiral Okada Keisuké.


29 décembre 1934 : Le Japon dénonce les accords de Londres sur la réduction des armements navals.


23 juin 1935 : Les Japonais obtiennent une totale liberté d’action dans la région mongole du Tchaqar. En octobre, l’ambassadeur Ariyoshi réclame au gouvernement de Nankin la constitution d’un gouvernement autonome de la Chine du Nord.


15 janvier 1936 : Le Japon quitte la nouvelle conférence de désarmement naval tenue à Londres quand ses interlocuteurs lui refusent la parité avec les USA.


26 au 26 février 1936 : Tentative de coup d’État des éléments nationalistes les plus extrémistes. Plusieurs ministres ou anciens ministres sont assassinés mais les rebelles se rendent au bout de trois jours.


Mars 1936 - février 1937 : Ministère Hirota Kôki. Le nouveau Premier ministre est le fondateur de la Société de la Grande Asie et fait partie de l’aile radicale du nationalisme. C’est à celle-ci que profite ainsi finalement le putsch manqué de février. Le nouveau gouvernement favorise le progrès des industries liées au développement des moyens militaires, importe de grandes quantités de ferrailles américaines pour les besoins de l’industrie sidérurgique et dévalue le yen, ce qui doit favoriser les exportations.


6 juillet 1936 : Le Japon impose au gouvernement de Tchang Kaï Shek l’évacuation des dernières forces chinoises occupant encore le Hopei.


25 novembre 1936 : Signature avec l’Allemagne du Pacte Anti Komintern.


Février - juin 1937 : Hayashi Senjurô dirige un nouveau ministère ultra-nationaliste qui ne dure que jusqu’au 31 mai 1937 car les élections du 30 avril n’ont ramené qu’une cinquantaine de députés nationalistes à la Chambre alors que les partis classiques Minseitô et Seiyûkai, en obtenaient respectivement 179 et 175.


4 juin 1937 - 4 janvier 1939 : Ministère d’allure modérée du prince Konoe Fumimaro qui a su pourtant donner des gages aux nationalistes ; le remaniement intervenu en juin 1938 avec la nomination du général Ugaki aux Affaires étrangères et du général Itagaki à la Guerre témoigne d’une radicalisation en ce sens au moment où la guerre en Chine est engagée depuis l’été de 1937.


Nuit du 7 au 8 juillet 1937 : Incident du pont Marco Polo : des troupes japonaises auraient essuyé des coups de feu provenant de troupes chinoises au sud-ouest de Pékin. Des combats ont lieu autour de Wanping du 8 au 11 juillet, date de la conclusion d’un armistice. De nouveaux incidents se produisent près de Tien-Tsin dans la nuit du 25 au 26. Le 28, le général Katsuki, commandant les troupes japonaises en Chine du Nord exige l’évacuation par les Chinois des régions de Pékin et de Tien-Tsin, ce que refuse le gouvernement de Nankin. La guerre est marquée par une série de victoires japonaises : les envahisseurs s’assurent le contrôle de la région Pékin-Tien-Tsin puis occupent le Hopei et le Chansi. Shanghai est prise à la fin octobre après de violents bombardements. Le 14 décembre, Nankin est prise et mise à sac de manière barbare, ce qui vaudra au général Matsui d’être condamné à mort et pendu comme criminel de guerre lors du procès de 1946. Au début de 1938, les Japonais débarquent au Shantong et s’emparent de Tsing-Tao.


27 novembre 1937 : Création du Quartier Général impérial qui, traitant directement avec l’empereur, neutralise de fait le gouvernement officiel.


Décembre 1937 - janvier 1938 : Les Chinois repoussent les propositions de paix japonaises qui exigent la démilitarisation des zones avoisinant les conquêtes japonaises, l’installation de pouvoirs pro-japonais dans ces régions, l’adhésion de la Chine au pacte Anti Komintern, la reconnaissance de l’indépendance du Mandchoukouo par la Chine et un accord douanier plaçant la Chine en situation de protectorat économique du Japon.


19 février 1938 : Mise en place d’un Conseil de la Planification chargé d’organiser l’économie de guerre.


16 mars 1938 : Vote d’une loi de mobilisation nationale générale.


28 mars 1938 : L’un des leaders du Kuomintang, Wang Tsin-Wei, constitue un gouvernement « collaborateur » en Chine. Il sera reconnu par les Japonais qui l’installeront à Nankin le 30 mars 1940.


21 octobre 1938 : Les Japonais s’emparent de Canton.


25 octobre 1938 : Les armées japonaises engagées au nord et débarquées à l’est font leur jonction à Han Kéou et obligent le gouvernement Kuomintang de Shang Kaî Shek à partir se réfugier à Tchong-King, dans le Se Tchouen, sur le cours supérieur du Yang Tsé Kiang.


Janvier-août 1939 : Ministère du baron Hiranuma Kichiro, un proche du général Araki de tendance germanophile. La signature du pacte germano-soviétique conduira Hiranuma à la démission. Il est remplacé jusqu’en janvier 1940 par le général Abe Noboyuki ; l’amiral Nomura, qui était connu pour ses liens avec l’US Navy, occupait le ministère des Affaires étrangères.


Mai-septembre 1939 : Affrontement entre Japonais et Soviétiques sur les frontières mongoles. La bataille du Kalkin Gol se conclut sur une victoire complète des Russes commandés par Joukov. L’échec de l’armée japonaise du Kwantoung est lourd de conséquences car il dissuadera en 1941 les Japonais d’attaquer l’URSS en Sibérie et c’est la Marine, demeurée jusque-là invaincue, qui sera chargée de l’attaque contre la flotte américaine du Pacifique.


26 juillet 1939 : Roosevelt dénonce le traité de commerce nippo-américain de 1911.


4 septembre 1939 : Le Japon proclame sa neutralité mais exige le retrait de Chine des forces des pays belligérants, ce qu’acceptent l’Angleterre et la France. Roosevelt limite pour sa part les exportations de matières premières destinées au Japon.


Janvier-juillet 1940 : Ministère de l’amiral Yonai.


19 au 19 juin 1940 : À la faveur de la défaite de la France, le gouvernement japonais exige de l’amiral Decoux, gouverneur de l’Indochine, la fermeture de la frontière avec la Chine. Le 17 juillet, des accords anglo-nippons prévoient la fermeture de la route de Birmanie permettant d’acheminer du matériel vers Tchong-King.


Juillet 1940 - juillet 1941 : Nouveau gouvernement du prince Konoe, avec Matsuoka aux Affaires étrangères et le général Tojo à la Guerre. La plupart des ministres venaient de l’armée du Kwantoung et avaient participé à la mainmise sur la Mandchourie. Konoe n’en souhaite pas moins parvenir à une solution négociée avec les Américains.


30 août 1940 : Matsuoka impose à la France de Vichy de concéder au Japon le libre passage à travers le Tonkin et la disposition d’aérodromes. Le Japon soutient ensuite les revendications de la Thaïlande sur certaines régions du Laos et du Cambodge et impose sa médiation dans ce dossier en mars 1941.


27 septembre 1940 : Signature du Pacte Tripartite avec l’Italie et l’Allemagne.


Octobre 1940 : Dissous au cours de l’été, les différents partis politiques sont invités à fusionner au sein de l’Association nationale pour le service du Trône ou Taisei Yokusankaï.


13 avril 1941 : Un accord de non-agression est conclu entre le Japon et l’URSS, les dirigeants nippons pensant ainsi suivre les traces de l’Allemagne. Matsuoka fut donc d’autant plus surpris du déclenchement de l’opération Barbarossa le 22 juin 1941.


21 juin 1941 : Le Secrétaire d’État américain Cordell Hull réclame à l’amiral Nomura, devenu ambassadeur à Washington, l’évacuation de la Chine par les forces japonaises.


Juillet-octobre 1941 : Ministère Konoe remanié dans lequel Matsuoka est remplacé par l’amiral Toyoda. Un ultimatum est remis à Vichy pour exiger huit aérodromes dans le sud de l’Indochine et la remise des bases de Camranh et de Saigon. Roosevelt réagit en bloquant les avoirs japonais aux USA et en encourageant les Hollandais des Indes néerlandaises à résister aux exigences japonaises en matière de fournitures pétrolières.


16 octobre : Le général Tojo remplace le prince Konoe démissionnaire. Il cumule les fonctions de président du Conseil, de ministre de l’Intérieur et de la Guerre, et même des Affaires étrangères pendant quelques mois dans ce gouvernement qui exercera une véritable dictature jusqu’en 1944.


Novembre 1941 : Le nouveau cabinet décide de demander au gouvernement américain une réponse rapide à la proposition de maintien du statu quo en Indochine et de non-intervention américaine en Asie du Sud-Est – ce qui correspondait à la note remise le 6 août précédent à Washington par l’ambassadeur Nomura. Les demandes japonaises doivent en fait servir de prétexte à l’attaque prévue contre Pearl Harbor. Le 26 novembre, la flotte rassemblée à proximité des îles Kouriles prend la mer dans le plus grand secret et, le 2 décembre, l’amiral Yamamoto adresse à l’amiral Nagumo qui la commande l’ordre codé « Escaladez le mont Niitaka » qui doit déclencher l’attaque.


7 décembre 1941 : Depuis six porte-avions, les Japonais lancent contre Pearl Harbor – où est basée la flotte américaine du Pacifique – une attaque aéronavale de grande envergure qui marque le début de la guerre américano-japonaise, déclarée officiellement plusieurs heures plus tard.


Dès le lendemain, les bases américaines des Philippines sont bombardées à leur tour. Guam est occupée le 10 décembre. Le même jour, la Royal Navy perd le Repulse et le Prince of Wales dans le golfe du Siam.


8 décembre 1941 : Les Japonais imposent à l’amiral Decoux un accord de défense qui place l’Indochine sous leur contrôle.


21 décembre 1941 : La Thaïlande signe un traité d’alliance avec le Japon, ce qui lui vaudra de récupérer, par un traité conclu le 20 août 1943, les territoires de Malaisie contrôlés jusque-là par les Anglais.


23 décembre 1941 : Les Japonais s’emparent de l’île de Wake.


25 décembre 1941 : Hong-Kong tombe aux mains des Japonais.


1er janvier 1942 : Invasion de la Birmanie. Aux Philippines, les Japonais entrent dans Manille mais les Américains résistent dans la presqu’île de Bataan sous les ordres de Mac Arthur installé dans l’île de Corregidor.


15 février 1942 : Le général Yamashita Tomoyuki, le « Tigre de Malaisie », s’empare de Singapour.


27 février : La flotte hollandaise, renforcée d’unités anglaises, américaines et australiennes, est détruite dans la mer de Java et, le 8 mars, le général Ter Poorten doit abandonner les Indes néerlandaises aux envahisseurs qui s’emparent également du nord de la Nouvelle Guinée, des archipels des Mariannes, des Marshall, des îles Gilbert et Ellice ainsi que des îles Salomon au nord-est de l’Australie qui apparaît directement menacée. En six mois, la Blitzkrieg japonaise aura remporté des succès spectaculaires et assuré aux forces nippones le contrôle d’un espace allant désormais des Kouriles à la Nouvelle Guinée et de la Mandchourie aux îles Gilbert. Les tenants du Dai Nihon, du « Grand Japon », peuvent se féliciter que la majeure partie de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental soit ainsi passée sous le contrôle de l’empire du Soleil Levant qui réalisait ainsi ses projets d’expansion les plus maximalistes.


9 avril 1942 : Fin de la résistance américaine à Bataan. Les 70 000 prisonniers subissent une « marche de la mort » qui coûtera la vie à 10 000 d’entre eux et qui, lors du procès entamé en janvier 1946, vaudra la peine de mort pour crime de guerre au général Homma. Les Américains cessent la lutte le 25 mai suivant à Leyte. Les Japonais contrôlent alors l’ensemble des Philippines mais, avant de se replier sur l’Australie, Mac Arthur a lancé son fameux « I will come back to Corregidor ».


18 avril 1942 : Raid de bombardement sur Tokyo des B 25 du colonel Doolittle, partis du porte-avions Hornet à 1 200 km des côtes japonaises.


7-8 mai 1942 : La bataille aéronavale de la Mer de Corail marque un premier coup d’arrêt à l’expansion japonaise. Les forces nippones doivent renoncer à la prise de Port-Moresby qui, sur la côte sud de la Nouvelle- Guinée, devait constituer une base de départ vers l’Australie. À partir de l’été de 1942, l’expansion japonaise atteint ses limites et le reflux va commencer au cours des mois suivants. Disposant d’une supériorité industrielle écrasante, les États-Unis vont entamer la reconquête méthodique du terrain perdu alors que la sphère de coprospérité de l’Asie orientale voulue par les Japonais ne demeure qu’un slogan creux, faute de capacités navales suffisantes pour assurer sa mise en œuvre. Progressivement isolé et coupé de ses conquêtes, le Japon sera en mesure d’opposer une résistance prolongée mais, dès la fin de 1942, la victoire est hors de portée pour les militaires au pouvoir à Tokyo. Faute de pouvoir importer les matières premières et le pétrole nécessaires, la machine de guerre japonaise révèle ses limites alors que l’approvisionnement de riz se révèle lui-même insuffisant.


3-4 juin 1942 : Bataille aéronavale de Midway qui voit la destruction de quatre porte-avions japonais alors qu’un seul porte-avions américain est perdu. L’occupation de trois îles des Aléoutiennes ne peut compenser cet échec. Le temps travaille désormais pour les États-Unis et l’occasion de Midway ne se représentera plus pour la Marine impériale.


1er août 1942 : Un pouvoir collaborateur est mis en place en Birmanie.


Août 1942 - février 1943 : La bataille de Guadalcanal – livrée en parallèle avec les trois batailles navales des îles Salomon – tourne à l’avantage des Américains alors que les tentatives japonaises contre Port Moresby échouent également. Au cours des mois suivants, l’ensemble des îles Salomon est repris.


18 avril 1943 : Mort accidentelle de l’amiral Yamamoto.


Mai-août 1943 : Les Américains reprennent les îles de l’archipel des Aléoutiennes (Attu, Kiska) perdues en 1942.


14 octobre 1943 : Traité d’alliance nippo-philippin qui place l’archipel sous la coupe du Japon.


30 octobre 1943 : Le gouvernement collaborateur chinois signe avec le Japon un accord d’évacuation totale de la Chine propre – la Mandchourie n’est pas concernée – à l’issue de la guerre mais Wang Tsin-Wei mourra le 10 novembre 1944 et les Japonais n’auront plus d’interlocuteur crédible en Chine.


5-6 novembre 1943 : Réunion à Tokyo de la Conférence de la Grande Asie qui rassemble des représentants de tous les régimes acquis au Japon ainsi que l’Indien Chandra Bose et l’Indonésien Soekarno qui reviendra de Tokyo sans illusions quant aux intentions japonaises à l’égard de son pays.


23 novembre 1943 : Les Américains s’emparent de Tarawa dans les îles Gilbert.


15 décembre 1943 : Débarquement américain en Nouvelle Bretagne où Rabaul est détruite.


4 février 1944 : Prise de Kwajalein dans les îles Marshall. Le 20, c’est le tour d’Eniwetok.


15 juin-6 juillet 1944 : Bataille pour Saïpan dans les Mariannes. Tinian et Guam sont prises ensuite.


18 juillet 1944 : Le général Koiso Kuniaki succède au général Tôjô à la tête d’un ministère jusqu’au-boutiste.


7 septembre 1944 : Annonce par le Japon de l’octroi de « l’indépendance » à l’Indonésie mais celle-ci ne sera effective que le 17 août 1945.


23 au 23 octobre 1944 : Le débarquement américain aux Philippines fait suite à la bataille navale de Leyte. Manille tombera en février 1945 mais Yamashita résistera dans l’intérieur jusqu’au 3 septembre 1945.


Février 1945 : À la conférence de Yalta, Staline s’engage à entrer en guerre contre le Japon trois mois après la fin de la guerre en Europe.


19 février - mars 1945 : Les Américains entament la conquête d’Iwojima, au nord des Mariannes.


9 mars 1945 : Coup de force japonais contre les autorités françaises d’Indochine.


10 mars 1945 : Bombardements massifs de Tokyo au moyen de bombes incendiaires.


1er avril-juin 1945 : Bataille d’Okinawa, dans l’archipel des Ryu Kyu.


5 avril 1945 : Démission du ministère Koiso, remplacé par un cabinet modéré dirigé par l’amiral Suzuki Kantarô.


19 juin 1945 : Le rapport sur l’état des forces du pays remis par le secrétaire du gouvernement Sakomizu Hisatsume est particulièrement alarmiste et jure avec la décision prise le 6 juin par le Conseil suprême de la Guerre de poursuivre la lutte dans l’archipel. Des contacts sont cependant pris avec l’ambassadeur soviétique J.A. Malik pour solliciter une médiation de Staline.


26 juillet 1945 : Par la proclamation de Potsdam, les Alliés formulent les conditions qu’ils entendent imposer au Japon.


6 août 1945 : Bombardement nucléaire d’Hiroshima.


8 août 1945 : Entrée en guerre de l’URSS contre le Japon. Les forces soviétiques envahissent la Mandchourie.


9 août 1945 : Bombardement nucléaire de Nagasaki.


10 août 1945 : L’empereur déclare accepter les conditions fixées à Potsdam. Le 13 août, l’empereur déclare accepter la réponse de Byrnes, le Secrétaire d’État américain, selon laquelle lui-même et le gouvernement seraient soumis au commandement allié. Le 15, l’empereur s’adresse au pays pour lui demander de « supporter l’insupportable » et de cesser toute résistance. Le même jour, le ministre Suzuki se retire au profit d’un ministère confié au prince Higashikuni Naruhiko, un oncle de l’empereur.


29 août 1945 : Truman adresse à Mac Arthur (Supreme Commander for the Allied Powers, SCAP) des instructions qui lui donnent un pouvoir illimité pour diriger le pays dont le gouvernement national ne doit être qu’un simple organe d’exécution.


2 septembre 1945 : Signature de la capitulation japonaise en rade de Tokyo, à bord du cuirassé Missouri.


 

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