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My Son
Shiva, protecteur du royaume Cham
My Son, centre sacré du Champa
Les Français utilisaient, pour désigner le Vietnam, le terme d’Indo-Chine. C’est à l’influence indienne que se rattache ce royaume qui marqua, entre le IIe et le XVe siècle, l’histoire de l’Annam, au centre du Vietnam. Le peuple, lointainement apparenté aux Thai et aux Birmans, qui vivait dans ce chapelet de petites plaines littorales coincées entre l’océan et la chaîne annamitique, vit naître, au IIe siècle, une confédération de petites seigneuries qui fut très tôt en contact avec les commerçants, aventuriers, nobles et brahmanes exilés, venus d’Inde et qui apportèrent leur écriture, l’usage du sanskrit et leur religion. Profondément hindouisé, le Champa fut érigé, à partir du IVe siècle, en un royaume qui connut son apogée vers le IXe siècle. Le centre sacré du royaume était situé au nord de celui-ci, au sud de la ville moderne de Danang.

My Son, l’écrin de Shiva
Dès la fin du IVe siècle, le roi Bhadravarman Ier choisit le site de My Son pour élever un édifice, à la fois temple dynastique et temple dédié à Shiva. Naturellement, le culte qui y était pratiqué était purement indien, mais le choix du lieu ne fut certainement pas sans réminiscence de la symbolique géomantique introduite par les Chinois au Nord-Vietnam depuis déjà près de six siècles. My Son occupe en effet une petite éminence au centre géométrique d’un amphithéâtre naturel de plusieurs collines concentriques, qui ne manquait pas d’évoquer le linga de Shiva, symbole phallique qui, enchâssé dans son réceptacle féminin, le yoni, symbolise la nature duelle du dieu. Au cœur de ce svayambhu-lingalinga né de lui-même, c’est-à-dire œuvre de la nature – l’homme ne pouvait qu’en parfaire l’image en dressant un sanctuaire, réceptacle du dieu, qui magnifierait l’image du linga.

Le site
Découvert en 1889 par Camille Paris et étudié au début du XXe siècle par Henri Parmentier, le site de My Son n’a pas livré de traces significatives du premier temple. Les vestiges qui nous sont parvenus sont ceux des édifices réalisés au VIIe siècle par le roi Sambhuvarman, qui se prétendait héritier d’une antique dynastie du Chen-la, puis par tous les rois qui lui succédèrent jusqu’à la fin du Xe siècle, pour former un complexe remarquable associant des kalans ou sanctuaires s.s. en forme de tour et précédés d’un corridor ou mandapa, des kosargrha, annexes ou « sacristies » du temple, au toit en forme de selle, et des gopuras, tours-portails monumentales. Tout était réalisé en briques rouges d’une texture extrêmement fine, liées par un mortier si fin et si adhérent que l’on crut longtemps qu’il s’agissait d’une colle végétale.

Une architecture élégante
Chacun des kalans forme une tour au plan rectangulaire dont chaque face est ornée d’un portique. Celui de l’ouest donne accès à la cella tandis que les trois autres étaient autrefois ornés de statues ou de bas-reliefs. Encadrés de colonnes engagées sur les deux tiers de leur circonférence, ils sont surmontés d’une élégante double arche ogivale de style indien, sculptée d’une frise végétale qui semble jaillir de la gueule du monstre qui sert de clef de voûte avant de retomber en ondulant vers la base de l’arche. L’ensemble est couvert de trois étages de toits superposés, de taille décroissante et munis de templions à chaque angle, qui semblent, par un effet de perspective, se multiplier à l’infini vers le ciel.

Une sculpture raffinée
Linga ornés, statues de Shiva, de Ganesh, de Vishnou ou de Garuda, naga, monstres et gardiens protecteurs, représentations de la cour céleste hindoue, danseurs et danseuses célestes, scènes mythologiques : traduits avec sensibilité dans le fin grès rose, les sculptures cham, en bas relief ou en ronde bosse témoignent d’une approche originale caractérisée par des lignes trapues, mais jouant avec élégance de courbes douces et pleines. Après avoir admiré au musée Cham de Da Nang – ou au musée Guimet – des œuvres des artistes du Champa, chacun pourra ensuite les reconnaître au premier coup d’œil !

Une civilisation qui s’efface
Après avoir échappé au tribut chinois, le Champa fut ensuite pris en tenaille entre les royaumes en pleine expansion du Dai Viet au nord et des Khmers d’Angkor à l’ouest. Chassé de My Son en 980, le royaume se reconstitua plus au sud, à Vijaya. Les Chams luttèrent encore à plusieurs reprises contre les Khmers au XIIe siècle, mais furent ensuite soumis à la loi des Viets, et le Champa se dilua progressivement dans les brumes de l’Histoire, ne nous laissant que de merveilleux trésors artistiques qui furent malheureusement encore atteints par la folie des hommes durant la guerre du Vietnam...
Pour découvrir My Son avec Clio
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