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Ulysse, les Tatars, Potemkine et Catherine II...
Non, au cours de ses pérégrinations, Ulysse n'aborda jamais les rivages d'Odessa ! Si les fouilles effectuées sur la côte ukrainienne ont bien attesté la présence de sites antiques influencés par la culture grecque, ce ne fut qu'au XIVe siècle que commença réellement l'histoire de la cité, quand les Tatars édifièrent, sur cette côte basse au nord de l'estuaire du Dniepr, une première forteresse, Khadzhibey. Deux siècles plus tard, celle-ci était aux mains des Turcs. Catherine II poursuivait alors la tâche commencée par Pierre le Grand, l'extension de la puissance russe vers la mer Noire. La conquête de la Crimée par son éphémère amant, mais fidèle ministre et général, Potemkine, était pratiquement achevée en 1783 et, en 1792, toute la côte ukrainienne était sous le contrôle russe. Une nouvelle forteresse fut construite et, dès 1795, le chenal fut approfondi, une nouvelle base navale et un port de commerce naissaient, auxquels Catherine II voulut donner un nom emprunté à la Grèce antique, celui d'Ulysse – Odysseus – mais féminisé en Odessa...

Richelieu, Pouchkine, Vorontsov...
Ce fut Richelieu, non pas le cardinal, mais Armand-Emmanuel du Plessis, duc de Richelieu, son arrière-petit-neveu, qui, après s'être illustré au combat, fut nommé maire d'Odessa en 1803 par le tsar Alexandre Ier, puis gouverneur de la Nouvelle-Russie. En quelques années, il fit de ce petit comptoir qui ne comptait que 700 habitants, le second port de Russie, après Saint-Pétersbourg, exportant le blé des grandes plaines ukrainiennes vers Marseille et le siège de toute la flotte russe de la mer Noire. Odessa fut bientôt l'une des plus belles villes de Russie à l'urbanisme inspiré : grandes avenues pavées et bordées d'arbres, au tracé géométrique, qui gardent aujourd'hui un charme inimitable. L'une des plus belles d'entre elles porte d'ailleurs le nom d'avenue Richelievskaïa. Lorsqu'Alexandre Pouchkine, en exil, y arriva en 1824 après bien des pérégrinations, il découvrit une ville élégante, intellectuelle, dont il put dire : « On peut sentir l'Europe. On y parle français, on y trouve des journaux européens... ». Mais le prince Vorontsov, qui s'était brillamment illustré dans les guerres napoléoniennes avant de devenir gouverneur de la Nouvelle-Russie, n'apprécia guère les assiduités du poète auprès de son épouse et l'exila à Pskov ! Le comte Vorontsov confia, en 1827, à l'architecte sarde Francesco Carlo Boffo, la construction sur le bord de la falaise dominant la mer, à l'emplacement de l'ancienne forteresse turque Hadzhibey, d'un imposant palais de style Empire qui se trouve maintenant à l'extrémité du boulevard Primorsky, l'artère la plus prestigieuse d'Odessa. A la mort de Vorontsov, le comte Tolstoy, lointain parent du poète, fit édifier à sa mémoire, une austère statue, due au ciseau de Frederick Brugger. Tolstoy fit également construire par Boffo un palais ensuite agrandi par l'architecte viennois Fellner, celui-là même qui construisit, plus tard, le prestigieux opéra d'Odessa.

... Eisenstein, Trotsky et Jeanne Labourbe
Ce fut aussi à Boffo qu'Odessa doit la réalisation du monumental escalier qui est devenu l'emblème de la ville depuis qu'il fut immortalisé par cette scène d'anthologie du cinéma que réalisa Eisenstein dans son film Le Cuirassé Potemkine, tourné en 1925 et relatant le soulèvement de la ville en 1905. En effet, Odessa, devenu un port d'une éclatante prospérité, avait aussi ses laissés pour compte, et cette ville où le jeune Lev Bronshtein, le futur Léon Trotsky, avait fait ses études, fut l'un des principaux foyers révolutionnaires. Odessa devint, dès 1917, la capitale de la république soviétique d'Odessa, rattachée ensuite à l'Ukraine. Lorsqu'en 1919, les Français débarquèrent, en appui des Russes blancs, à Odessa, Jeanne Labourbe, institutrice française, fondatrice du Groupe communiste français, se rendit à Odessa pour tenter de convaincre les soldats de fraterniser avec la révolution. Arrêtée par la police française, elle fut exécutée le 2 mars 1919... Reprise par l'armée Rouge en 1920, Odessa connut encore les affres de la guerre lorsqu'elle fut assiégée et prise en 1941 par les armées roumaines du maréchal Antonescu, allié des nazis, et vit alors une grande partie son importante communauté juive massacrée ou déportée.

Odessa aujourd'hui
Parfois surnommée "la Palmyre du Sud", renommée pour la douceur de son climat, Odessa a retrouvé aujourd'hui une prospérité économique qui lui a permis de restaurer ses somptueux palais, de rénover ses musées, et qu'une promenade dans la rue Deribasovskaya, avec ses boutiques de luxe et ses cafés animés ne dément pas.
Chronologie de l'Ukraine
L'Ukraine
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« Peuple fier et bon enfant parce que toujours proche de la terre… gai et rieur au milieu des pires tourmentes, qui tire du rythme des moissons au milieu ...
 

 
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