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Saint-Sauveur-in-Chora (Kariye Camii)
La Renaissance byzantine
Les murailles de Constantinople
Bien que fondée au VIIe siècle av J.-C., et malgré sa situation remarquable sur le Bosphore, la cité de Byzance ne connut pas une grande expansion durant l'Antiquité classique. Les premières murailles ne défendaient que l'acropole, l'emplacement actuel du palais de Topkapi. Elles furent ensuite complétées à l'époque de Septime Sévère puis, à nouveau, lorsque Byzance devint Constantinople. Constantin décida, en 324, la construction d'une nouvelle ligne de murailles reliant la Corne d'or à la mer de Marmara, qui ne fut achevée que sous le règne de Constance II, vers 360. Cependant, dès cette époque, la ville commençait à s'étendre au-delà de cette nouvelle enceinte, avec le faubourg de l'exokionion. Le paysage présentait encore une allure campagnarde, et la petite chapelle, peut-être flanquée de quelques cellules monastiques, qui fut construite à la fin du IVe siècle, reçut le qualificatif en te Chora (« dans la campagne »). Elle garda cette appellation bien que, dès 413, elle se soit retrouvée à l'intérieur des nouveaux et puissants remparts édifiés par le basileus Théodose II. Aujourd'hui encore, c'est en longeant les remparts qui ferment à l'ouest la vieille ville et en les franchissant par la porte d'Or, dominée par la forteresse des Sept Tours – Yedikule – que l'on atteint la petite place où se niche l’église Saint-Sauveur-in-Chora.

Une architecture typiquement byzantine
En 534, l'empereur Justinien avait confié à Saint Théodore de Chora, l'érection d'une église et d'un monastère à l'emplacement de la petite chapelle, mais ce fut au XIe siècle que les bâtiments reçurent leur configuration actuelle. En 1077, Maria Angelina Doukaina, la belle-mère d'Alexis Ier Comnène, fit reconstruire l'église en adoptant le plan, devenu classique, de la croix grecque inscrite dans un édifice carré. La partie centrale, le naos, est surmontée d'une coupole sur tambour, comportant seize ouvertures. Deux petites coupoles s'élèvent aussi de part et d'autre de la bema, l'abside. Comme il est de tradition dans l'architecture byzantine, le corps principal de l'église est précédé d'une galerie parallèle à la façade, le narthex, où se retiraient les catéchumènes au moment de la consécration à laquelle ne pouvaient assister les non baptisés. Après avoir été endommagée par un séisme en 1296, l'église fut restaurée par Isaac Comnène, mais elle n'acquit sa forme définitive qu'au XIVesiècle, lorsque lui furent adjoints un exonarthex et une chapelle latérale, un parecclésion.

Kariye Camii
Classée comme musée depuis 1948, l'église Saint-Sauveur-in-Chora est souvent encore désignée sous le nom de Karyie Camii, la mosquée « chora ». Comme la majorité des églises de Constantinople, elle fut en effet transformée en mosquée en 1511, peu après la conquête turque. Paradoxalement, ce fut cette conversion qui permit de préserver des affres du temps ce qui constitue son véritable trésor. Comme la religion musulmane interdit toute représentation humaine, le vizir Hadim Ali Pacha, au lieu de les faire marteler, fit recouvrir les fresques et mosaïques qui décoraient Saint-Sauveur-in-Chora d'un enduit de chaux ou de panneaux de bois. En 1948, Thomas Whittemore et Paul Underwood, du Byzantine Institute of America, entreprirent enfin la restauration de ce qui est aujourd'hui la plus riche collection de mosaïques du dernier âge d'or de l'art byzantin.

Un trésor iconographique
En 1261, Michel Paléologue reconquit Constantinople qui avait été prise en 1204 par les Latins lors de la quatrième croisade. Lui-même et ses successeurs cherchèrent alors à redorer l'étoile ternie de l'Empire byzantin. Sous le règne d'Andonic II Paléologue, le principal artisan de cette « Renaissance byzantine » fut le grand logothète Théodore Métochite qui présida aux destinées politiques et à la vie intellectuelle de Byzance de 1305 à 1328. Métochite manifesta un attachement particulier au monastère de Saint-Sauveur-in-Chora qu'il dota d'une riche bibliothèque, aujourd'hui disparue, mais, surtout, il fit décorer l'église de peintures murales et de mosaïques, souvent présentées comme un apogée de l'art byzantin. Bien qu'élégante et parfaitement proportionnée, l'église Saint-Sauveur est de dimensions modestes, mais, lorsque l'on pénètre dans l'exonarthex, on ne peut qu'être ébloui par la vivacité et la fraîcheur des mosaïques à fond d'or, qui semblent capter la lumière, tout en magnifiant la figure imposante du Christ Pantocrator qui décore le portail du narthex, les scènes de l'enfance de Jésus et les miracles du Sauveur.
Le narthex présente Théodore Métochite offrant l'église au Christ et un cycle complet de la vie de la Vierge, inspiré essentiellement de l'évangile apocryphe de saint Jacques. Les mosaïques du naos ont, malheureusement, disparu en grande partie, mais la Koimesis (Dormition de la Vierge) qui subsiste est un fascinant chef-d'œuvre.

Une esthétique hellénistique
Contemporaines des œuvres de Giotto en Italie, les mosaïques de Saint-Sauveur sont une des meilleures illustrations de la renaissance artistique contemporaine des Paléologues. Abandonnant le fond uniforme caractéristique des époques précédentes et les strictes injonctions d'un programme iconographique contraignant, les artistes représentèrent des formes architecturales ou des paysages de caractère hellénistique qui ont su donner aux scènes une vivacité incomparable, où les anecdotes secondaires foisonnent, les personnages s'animent, les voiles s'agitent au vent, le tout rehaussé par le choix d'une très large palette de couleurs aux subtils demi-tons.

Les fresques
Les fresques qui ornent le parecclésion, peintes à la fin du XIVe siècle, sont un chef-d'œuvre de l'iconographie chrétienne. Un Jugement dernier d'une ampleur impressionnante et une Anastasis  (Descente aux limbes) – représentant le Christ qui, vainqueur de la mort et debout sur les portes de l'Enfer, tire Adam et Eve de leurs tombeaux tandis que Satan gît à ses pieds – ont une force expressive qui n'est pas sans rappeler celle de Théophanes le Grec, qui travailla à Byzance avant de partir pour la Russie où il fut le maître d'Andreï Roublev.
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