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Çatal Höyük
aux origines de l'Anatolie
Une découverte tardive
Lorsqu'après la première guerre mondiale, Atatürk décida de rebâtir la « nouvelle Turquie » en faisant table rase de l'héritage ottoman, il incita les historiens et les archéologues à doter le nouvel Etat d'une histoire nationale centrée sur l'Anatolie. C'est ainsi que furent encouragées les recherches sur la civilisation des Hittites. Cependant, pour les savants de cette époque, la « révolution néolithique » et les premières cités restaient l'apanage du Levant et de la Mésopotamie. Ce fut donc une révélation quand les archéologues turcs et britanniques découvrirent en Anatolie, au cours des années cinquante, les plus anciens sites néolithiques. Le plus remarquable d'entre eux demeure sans conteste celui du tertre de Çatal Höyük. Dominant la plaine de Konya, en Anatolie centrale, il a été identifié, non loin du fleuve Carsamba, par James Mellaart, de l'Institut archéologique britannique d'Ankara. Entamées en 1961, les fouilles ont révélé bien plus que quelques outils de pierre polie...

Une ville ?
Elles ont permis d'exhumer, sur plus de treize hectares, une agglomération de structure agglutinante, dont les maisons rectangulaires de briques crues étaient accolées les unes aux autres, sans aucune rue, avec seulement parfois une cour intérieure. L'ensemble formait un village compact et l'on n'accédait aux habitations que par une ouverture ménagée sur les toits plats, en utilisant une échelle de bois. Les premières datations indiquèrent que les plus anciennes de ces maisons remontaient aux environs de 6700 et les plus récentes de 5650 avant notre ère. Même si le climat anatolien était alors plus humide qu'aujourd'hui et le paysage plus arboré, les habitants de Çatal Höyük devaient certainement maîtriser certaines techniques d'irrigation pour pouvoir cultiver, dans la plaine environnante, le blé et l'orge, les pois, les lentilles, le lin, l'avoine et élever non seulement moutons et chèvres rustiques, mais aussi porcs et bovins. Ce régime était complété par les produits de la chasse au cerf, au sanglier et à l'onagre. Avec une population estimée à près de 5 000 âmes, Çatal Höyük s'approchait bien de la définition d'une ville. Cependant, l'absence, dans l'état actuel des fouilles, de structure urbaine hiérarchisée et spécialisée conduirait plutôt à le définir comme l'une des plus grandes bourgades néolithiques connues.

Des maisons décorées
Les fouilles ont livré des objets artisanaux raffinés : miroirs et poignards d'obsidienne et haches d'apparat en pierre polie, vaisselle de bois et, pour la période la plus tardive, céramique de teinte sombre. C'est cependant l'aménagement des maisons qui apparaît le plus remarquable, comme on peut le constater dans la reconstitution présentée au musée anatolien d'Ankara. Chaque habitation comportait deux ou trois pièces dont la principale était munie d'un foyer surélevé, d'un petit four à pain et d'une banquette pour dormir, sous laquelle ont ensevelissait aussi les défunts ! Les murs, recouverts d'un enduit de plâtre, étaient décorés de peintures murales, figurant des hommes et des animaux – taureaux, chevaux, cerfs, ours – dont l'interprétation demeure difficile. L'une de ces peintures représente l'une des éruptions du Hasan Dag, volcan de Cappadoce visible depuis Çatal Höyük. Des bucranes complétaient la décoration tandis que, parfois, des frises de seins féminins en relief d'argile couraient le long de la banquette...

La Déesse-Mère
Il ne semble pas y avoir de sanctuaire proprement dit : chaque maison possédait le sien. La mythologie et la religion de Çatal Höyük semblent avoir été complexes, mais les représentations dominantes sont celles du taureau ou d'un dieu-taureau et d'une déesse de la fécondité. On a en effet retrouvé d'assez nombreuses figurines et, en particulier, celle d'une parturiente obèse, assise sur un trône de panthères, étrange prémonition des représentations de Cybèle cinq mille ans plus tard...

Les premiers métallurgistes
L'usage du plomb et du cuivre natif, travaillé par martelage, est apparu en Anatolie dès le VIIIe millénaire av. J.-C., mais la découverte à Çatal Höyük de scories attestant la fonte du cuivre place la cité dans les tout premiers sites métallurgiques et il apparaît que l'Anatolie était alors à la pointe de l'innovation technique en ce domaine. Pour une raison qui nous reste inconnue, Çatal Höyük fut déserté et abandonné vers 5650 avant notre ère.
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TR 31 - 14 jours

Des côtes de l’Egée aux hautes terres de la Cappadoce, le territoire de l'actuelle Turquie a vu se succéder plusieurs grandes civilisations dont chacune a marqué de son empreinte les littoraux ensoleillés ... Découvrir ce voyage
 

 
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