Logo Clio
Service voyages
Service voyages
Cartago delenda est.
« Carthage doit être détruite. » Tous ceux qui ont quelque peu étudié le latin, se souviennent de cette exhortation que l'on attribue à Caton l'Ancien. Caton ne vit pas son souhait réalisé, puisqu'il mourut en 149 av. J.-C., au début de la troisième guerre punique. Après trois ans de siège, Carthage tombait et était rasée : la plus puissante rivale de Rome pour l'hégémonie sur le monde antique disparaissait et, nous dit une légende apocryphe, son sol fut « semé de sel », afin que rien n'y repoussât jamais. Mais le site était si avantageux qu'une cité romaine ne tarda pas à s'élever sur les ruines, qui devint, après le règne d'Auguste, capitale de l'Afrique proconsulaire aux dépens d'Utique qui avait, pourtant, été l'alliée de Rome !

De la colonie phénicienne à l'empire
La légende attribue la fondation de la « Ville nouvelle » – Kart Hadasht – à une princesse de Tyr, Elissa qui, chassée par son frère Pygmalion, parvint à s'enfuir, sur les traces de navigateurs phéniciens de ce IXe siècle avant notre ère, vers les côtes d'Afrique du Nord. Première reine de Carthage, elle était surnommée « la fugitive » : Didon. Après la chute de Tyr, Carthage hérita de ses colonies et occupa la Corse, la Sardaigne, les îles Baléares, Malte... Avec son hinterland fertile qui lui permettait d'exporter du blé, le comptoir de Carthage devint une ville commerçante puissante. Ses visées impérialistes en Méditerranée occidentale, sous la dynastie des Magonides, lui valurent, dès le Ve siècle, de graves conflits avec les Grecs de Sicile. A plusieurs reprises, Carthage noua des alliances de circonstance avec Rome, mais le heurt des deux expansionnismes, surtout lorsque Carthage déploya ses colonies en Espagne, était inévitable.

Les guerres puniques
Lors de la première guerre punique (~264 - ~241), la victoire changea souvent de camp et, épuisés, les belligérants conclurent finalement une paix précaire. Carthage fut alors en proie à de graves troubles. Les mercenaires employés en Sicile par Hamilcar Barca n'ayant pas été payés, ils se révoltèrent et menacèrent l'existence même de Carthage, épisode dramatique qui constitue la trame du roman de Flaubert, Salammbô. Rome, à son tour, faillit périr lorsqu'Hannibal, qui déclencha la seconde guerre punique, menaça Rome après avoir vaincu les troupes des consuls Varron et Paul Emile. La défection de ses alliés italiens contraignit Hannibal à abandonner la lutte et ce fut sur la terre carthaginoise même qu'il fut battu, à Zama, par Scipion « l'Africain » en 202.

Le « Moloch »
Bien que la puissance de Carthage fût considérablement amoindrie, la cité faisait encore obstacle à l'expansion romaine en Afrique du Nord. Les orateurs romains ne cessèrent de présenter leurs ennemis comme de terribles barbares, insistant sur le culte rendu au dieu tutélaire de Carthage, Baal Hammon, le « El » phénicien, et sa parèdre Tanit. Les historiens d'aujourd'hui débattent toujours, non sur la réalité, mais sur l'ampleur des sacrifices d'enfants – molek – jetés dans la fournaise du tophet de Salammbô. Saisissant le premier prétexte venu, Rome assiégea et détruisit définitivement la cité phénicienne.

La Carthage romaine
Effectivement, il ne reste de la Carthage d'Hannibal que quelques blocs épars de son enceinte, quelques vestiges des ports intérieurs qui entouraient l'îlot du Côthon, les soubassements du tophet de Salammbô et, dans le « quartier Magon », la trace d'opulentes villae.

Malgré des projets de fondation d'une colonie romaine dès le IIe siècle av. J.-C., ce ne fut qu'au Ier siècle qu'Octave, le futur Auguste, fit réédifier, sur la colline de Byrsa, une véritable ville romaine qui reçut ensuite, sous Septime Sévère, le jus italicum.

La visite du site permet aujourd'hui de retrouver l'emplacement de riches maisons dont les splendides mosaïques sont exposées au musée du Bardo à Tunis. La Maison de la volière, en particulier, est comparable à celles que l'on peut voir à Pompéi, tandis que les aménagements urbains du forum, toujours visibles, donnent une bonne idée de la prospérité de la ville au IIe siècle. L'amphithéâtre, qui fut l'un des plus grands de l'empire, a, malheureusement, servi durant des siècles de carrière de pierres. En revanche, les immenses thermes d'Antonin, qui atteignaient trente mètres de haut, sont encore bien visibles non loin de la côte.

C'est la persécution mise en œuvre par Commode à la fin du IIe siècle qui témoigne de l'existence, dès cette époque, de communautés chrétiennes en Afrique romaine. Leur histoire est d'abord celle de leurs martyrs : Perpétue et Félicité, victimes en 203 de la persécution de Septime Sévère, ou saint Cyprien, évêque de Carthage, martyrisé en 258 sous le règne de Valérien. Cette période n'a guère laissé de traces archéologiques mais les textes – ceux des Pères de l'Eglise Tertullien ou saint Cyprien, des canons des conciles ou des actes des martyrs – constituent des sources précieuses, rendant compte de la vie de ces premiers chrétiens d'Afrique. Les plus anciens cimetières chrétiens identifiés aujourd'hui ne remontent qu'au IVe siècle, mais d'autres ont sans doute préexisté. L'édit de Constantin de 313 autorisant la pratique de la nouvelle religion, puis celui de Théodose de 392 interdisant les cultes païens firent que les premiers monuments chrétiens apparurent alors. Né dans les milieux juifs qui avaient prospéré à la faveur des progrès du commerce dans le grand port africain, le christianisme rencontra un succès grandissant aux IVe et Ve siècles puisque la ville était alors divisée en six, voire sept régions ecclésiastiques et que fleurissaient de nombreux sanctuaires ; la Carthage chrétienne a en effet compté jusqu'à vingt-trois basiliques, ainsi que de nombreux baptistères. La ville a aussi connu les grandes hérésies telles que le donatisme – né dans le contexte des persécutions – et l'arianisme – condamné à Nicée, mais renforcé par la conquête vandale – qui ont marqué cette période. Reconquise par les Byzantins sous Justinien, la cité demeura ensuite sous le contrôle de l'Empire romain d'Orient jusqu'à la conquête arabe qui, en 698, lui porta le coup de grâce et la fit disparaître de l'Histoire. Avec les réflexions de Cyprien sur la fonction épiscopale et les rapports des diverses Eglises avec Rome, mais, surtout, avec saint Augustin qui y fut étudiant puis rhéteur avant de devenir évêque d'Hippone, la Carthage chrétienne a pris une part décisive dans la construction de la tradition chrétienne.
 

 
Mentions légales Conditions Générales de vente Comment s'inscrire Hôtels à Paris Vos assurances Qui sommes-nous ? Clio recrute Nous contacter