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Les îles Eoliennes
Dans la bouche des dieux
A Lipari, Stromboli, Vulcano, parcourues par les vents fous d'Eole qui leur a prêté son nom, la mythologie rencontre la vulcanologie. De ce choc naissent des émotions multiples : l'impression d'un retour aux origines de la terre, quand elle émergeait du chaos primordial, mais aussi la sensation d'assister aux efforts des hommes pour ordonner leur monde et leurs dieux, dont ils sont parfois les jouets. Un voyage toujours fascinant entre nature et culture.

Lipari
L’île la plus vaste (38 km²), la plus peuplée, l'une des plus passionnantes pour la diversité de ses paysages – montagne noire et eaux limpides inextricablement entremêlées – telle apparaît Lipari, la capitale des Eoliennes. La nature, donc, mais pas seulement. Elle a suivi l'évolution de la Sicile toute proche, terre de prédilection pour tous les conquérants de la terre. Grecs et Romains la colonisent, puis elle sera tour à tour possession sarrasine, normande, napolitaine. Il en reste un joli castello, juché sur un rocher de lave, et une cathédrale romano-gothique qui fut décorée dans le style baroque au XVIIe siècle. Surtout, il ne faut pas manquer de s'attarder dans les salles parfaitement présentées du musée Eolien. Des pièces archéologiques, souvent de provenance sous-marine, se mélangent à un ensemble exceptionnel de céramiques locales d'inspiration hellénique. Des amphores, des « pithoi », des cratères où l'on mêlait l'eau et le vin fort, souvent ornés, comme il se doit, de thèmes dionysiaques, traduisent l'existence d'un commerce fructueux entre les îles et la Méditerranée antique.

Stromboli
Quand le bateau s'approche, sous certains angles, dans la brume légère du petit matin, on croirait voir la silhouette d'une gigantesque pyramide égyptienne qui se serait égarée sur les flots bleus de la mer Tyrrhénienne. Stromboli, colosse de lave de près de mille mètres de haut, règne sur un petit losange de 12 kilomètres carrés et sur quatre cents habitants intrépides, vivant dans l'ombre du seul volcan d'Europe en éruption permanente. Les rejets de la terre ont apporté la fertilité à ce bout du monde, et c'est partout une explosion de palmiers, de figuiers, de bougainvillées. A Stromboli, Eole abrite ses vents dans de sombres cavernes, comme lorsque Ulysse, pour son malheur, y passa. Ceux-ci sont parfois si violents que, l'hiver, ils rendent toute navigation impossible. Mais l'été, quand les flots s'apaisent, on comprend mieux l'attrait que l'île suscite. Les plus intrépides s'aventurent à pied sur le côté nord du cône de lave, jusqu'à la Sciara del Fuoco, le « sentier du feu », sorte de couloir d'un kilomètre de large, parfois noyé dans les fumerolles, mais une simple balade en bateau autour de l'île est déjà un enchantement : les rivages sont somptueux et l'alliance des couleurs sombres et claires est sublime. L'expérience la plus inoubliable est de gagner de nuit, en compagnie d'un guide chevronné, le sommet du Stromboli, de guetter les rougeoiements de lave dans la nuit et de voir se lever le soleil sur les monts de Calabre. Oui, cela donne vraiment l'impression d'assister à la création du monde.

Vulcano
L'île de Vulcano, la plus proche de Sicile, s'appelait Hiera (« Sacrée ») lors du séjour du légendaire Eole. Mais plus qu'au dieu des vents, c'est à celui du Feu et de la métallurgie qu'elle doit son nom. Sur l'Etna, disaient les Grecs, c'est Héphaïstos/Vulcain, aidé de ses cyclopes, qui forge les armes de Jupiter au fond du gouffre rougeoyant. Sans doute, après cet intense labeur, vient-il chercher quelque repos à Vulcano. S'il y habite parfois, le dieu, en tout cas, n'y vient pas souvent : toujours endormi, le volcan ne s'est pas réveillé depuis 1890. On peut donc sans crainte gagner le sommet de sa crête, à 390 mètres d'altitude. Le Grand Cratère, ou « Fossa di Vulcano », se révèle alors dans toute son ampleur, cercle impressionnant ouvert sur l'antichambre de l'Enfer. De cette hauteur, le panorama des îles qui se découpent en plans successifs sur le bleu clair du ciel et le camaïeu de la mer, constitue une juste récompense à l'effort fourni.

Quand vient la fin de l'aventure, quand se referme le sillage du bateau qui nous emmène vers Milazzo, les Eoliennes, îles de feu sauvages et belles, nous saluent à leur manière d'un long panache blanc qu'Eole ne tarde pas à disperser...
 

 
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