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Le palais Ioussoupov
et l'assassinat de Raspoutine
Sur les bords de la Moïka, l'une des rivières faisant de Saint-Pétersbourg la Venise du Nord, s'élève un majestueux palais jaune et blanc, prestigieux vestige de l'ancienne Russie. A la veille de 1917, c'est derrière sa large façade, ordonnée sur trois étages et ponctuée d'immenses colonnes néoclassiques, que fut assassiné Grigori Raspoutine, un étrange moujik de Sibérie, mi-sorcier, mi-« fol-en-Christ », devenu, par son charisme exceptionnel, le plus influent conseiller de la tsarine. L'auteur du crime n'était autre que le prince Félix Ioussoupov, un jeune aristocrate aussi délicat que tourmenté, dont l'illustre famille possédait les lieux depuis 1830.

Luxe, marbres et fantaisies
Bâti en 1770 par l'architecte français Vallin de la Mothe, l'édifice connut de nombreux propriétaires avant d'être racheté par le prince Nicolas Ioussoupov, homme d'Etat et amateur d'art passionné. Convertie à l'orthodoxie et anoblie à l'époque d'Ivan le Terrible, sa famille, issue des Tatars de la horde Nogaï, aurait compté parmi ses ancêtres le neveu de Mahomet. Elle était devenue la plus riche de toute la Russie et à peine le palais était-il entré en sa possession, qu'elle en confiait la transformation radicale à l'architecte André Mikhailov. Il est l'auteur de la vertigineuse suite des salles d'apparat décorées en style Empire, avec ses élégants salons en enfilade, la salle de bal, la salle de banquet répartie sur deux étages, rivalisant de luxe et de magnificence, ou encore le somptueux escalier en marbre de Carrare, d'inspiration Renaissance avant d'être redessiné en style baroque.

Partout, ce n'est plus que grandiose et délicate féerie, à l'image du théâtre rouge et or, véritable joyau rococo où ne tarderaient pas à se produire Franz Liszt, Mikhail Glinka ou encore Pauline Viardot.

Entre 1858 et 1860, c'est au tour d'Hippolyte Monighetti de remodeler l'intérieur du palais. Il réalise ainsi les appartements de la princesse Zinaïde et ceux du prince, parmi lesquels le salon Henri II, ou encore le salon de musique, décoré à l'image des palazzi italiens. D'inspiration romantique, la mode de l'historicisme, qui consiste à imiter les différents styles du passé, triomphe alors en architecture et va perdurer jusqu'à la fin du XIXe siècle. En 1890, Alexandre Stépanov réalisera dans le même esprit deux des pièces les plus fascinantes du palais : la salle à manger de chêne ornée de somptueuses boiseries néo-renaissantes et le salon mauresque, tout en mosaïque. Avec sa fontaine, ses colonnettes de marbre, ses volets en santal doré, sa cheminée d'onyx et ses versets du coran inscrits sur les murs, le salon est une « exacte reproduction d'une chambre de l'Alhambra », selon les termes de Félix Ioussoupov. Dès sa plus tendre enfance, il aimait s'y déguiser en sultan et faire mine de donner la mort à d'imaginaires esclaves désobéissants, se préparant, sans le savoir, au crime qu'il allait perpétrer à l'âge de 29 ans dans sa propre demeure.

La fin de Raspoutine
De dix-huit ans son aîné, Raspoutine avait grandi dans un village reculé de Sibérie, loin des ors et décors de Saint-Pétersbourg. Son goût de l'aventure et du mysticisme l'avaient conduit très tôt sur les routes, et même jusqu'au mont Athos. S'adonnant à la prière comme à la débauche, il était réputé autant pour ses pouvoirs de guérison que pour ses beuveries. Pour autant, une partie du clergé orthodoxe n'hésita pas à l'encourager dans sa quête spirituelle.

En 1905, il est présenté à la tsarine et entre immédiatement en odeur de sainteté auprès d'elle : n'est-il pas le seul capable de soulager son fils Alexis, l'héritier du trône, si souvent affaibli par des crises d'hémophilie ? Au fil des ans son emprise devient si grande que le couple impérial ne semble plus pouvoir prendre de décisions sans son assentiment. Même la nomination des ministres est soumise à son approbation. Quand la guerre éclate, en 1914, la colère gronde dans l'opinion publique. Raspoutine, « l'imposteur » semble désormais responsable de tous les maux de la patrie.

Aux yeux de Félix Ioussoupov, marié à la nièce du tsar, il est l'homme à abattre pour sauver le régime. A l'aide de quatre complices, dont le grand-duc Dimitri, il tend un piège au « moujik maléfique » en le conviant chez lui le soir du 16 décembre 1916. Dans les sous-sols du palais, spécialement aménagés pour l'occasion, il offre à Raspoutine des biscuits et du vin au cyanure. Contrairement à toute attente, le poison ne fait aucun effet. Félix, tremblant, s'empare d'un pistolet et atteint sa victime au cœur. Raspoutine s'effondre, mais rien ne semble pouvoir venir à bout du « moine fou », qui trouve la force de se relever et de se jeter sur son agresseur avant de tenter de s'enfuir par le jardin. Félix et ses amis l'achèvent alors à coups de matraques et jettent son corps dans la Neva. Dès lors, la prophétie qu'il avait adressée au tsar ne cessera de hanter les esprits : « Si l'un des tiens provoque ma mort, personne des tiens, aucun de tes enfants ne vivra plus de deux ans. Ils seront tués par le peuple russe. »
Pour visiter le palais Ioussoupov
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