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Le Musée russe de Saint-Pétersbourg
Mille ans d'art national au cœur d'un palais néoclassique
Le Musée russe de Saint-Pétersbourg est, comme l'indique son nom, exclusivement consacré à l'art russe. Il fut fondé en 1898 sur ordre du tsar, afin de concurrencer la galerie Tretiakov, ouverte quarante ans plus tôt à Moscou par un marchand fortuné, collectionneur averti et patriote. Riche aujourd'hui de plus de 400 000 peintures, sculptures et objets d'art, le musée impérial fut rebaptisé « musée national » après la révolution bolchevique, mais siège, comme à l'origine, derrière les murs de l'ancien palais Mikhailovski, dont la belle et imposante façade, ponctuée de blanc et de jaune, domine la place des Arts. Théâtres, musées et salles de concert, autant de monuments néoclassiques dessinés au début du XIXe siècle par l'architecte Carlo Rossi (1775-1849) s'y ordonnent en effet harmonieusement, sous la protection bienveillante d'une élégante statue de Pouchkine, érigée en 1954 en son centre. Sa main levée et ouverte semble inviter passants et visiteurs à approcher au plus près, via son art et son histoire, de l'âme russe, et à pénétrer sans attendre dans l'un des plus grands et des plus prestigieux musées qui lui soient consacrés.

Du palais Michel au Musée russe

La construction du palais Michel fut confiée à Carlo Rossi, un architecte d'origine italienne, qui, arrivé en Russie encore enfant, fit carrière à Saint-Pétersbourg. Sur un terrain naguère marécageux, allait ainsi s'élever entre 1819 et 1825 un somptueux édifice d'inspiration néoclassique, à l'image duquel serait bientôt dessinée toute la place des Arts, baptisée elle aussi, à l'origine, du nom de « Michel ». Place et palais furent édifiés en effet en l'honneur d'un illustre membre de la famille impériale, le grand-duc Mikhaïl Pavlovitch, frère cadet du tsar Alexandre Ier, dont le règne fut marqué, dans le domaine culturel, par un engouement sans précédent pour l'Antiquité. Surmontée d'un fronton, une majestueuse colonnade corinthienne s'avance légèrement en saillie et forme le corps central du palais. Derrière, se déploie en hauteur une frise animée de figures classiques en bas-relief et épousant le pourtour de l'édifice. L'ensemble offre un magnifique témoignage du « style Empire » et du goût alors triomphant en architecture. A l'intérieur, le vestibule et son escalier d'honneur, ainsi que la salle Blanche, ornée de bas-reliefs de Stepan Pimenov, de peintures murales d'Antonio Vighi et de sculptures de Mikhaïl Kozlovski, conservent les seuls vestiges de la décoration originelle.

En 1895, en effet, en hommage à son père Alexandre III qui avait désiré promouvoir l'art national, le tsar Nicolas II décida de transformer le palais Michel, alors demeure de la grande-duchesse Hélène, en musée dédié à l'art russe. Dès 1896, il confia la restructuration des espaces intérieurs à l'architecte Vassili Svinime. Prêt à accueillir les collections personnelles d'Alexandre III, jusque-là rassemblées au palais Anitchkov, le nouvel établissement ouvrit officiellement ses portes au public le 7 mars 1898, et cette inauguration fit figure d'un événement culturel majeur en Russie. Dès la première année, plus de cent mille visiteurs se pressèrent ainsi aux portes du musée pour admirer les œuvres des grands maîtres comme Fédor Rokotov, Karl Brioullov, Ilia Répine ou Wassily Souroukov. Très rapidement, s'ajoutent au fonds originel des œuvres provenant du musée de l'Ermitage, de l'académie des Beaux-Arts, du palais Alexandrovski à Tsarkoïé Selo, ou de collections particulières. En 1913, le musée fait ainsi l'acquisition de la collection Likhatchevitch, dont les quinze cents icônes constituent encore aujourd'hui l'essentiel du fonds d'art russe ancien.

Dès la première décennie du XXe siècle, la place vient à manquer, et l'on fait édifier entre 1914 et 1916, une aile supplémentaire, dont la façade s'oriente à l'ouest vers le canal Griboïedov. Elle porte encore aujourd'hui le nom de son architecte Leonti Benois (1856-1928) d'origine française. Lors de la seconde guerre mondiale et du blocus de Léningrad, le Musée russe est la cible de centaines de bombes et d'obus, et l'aile Benois est particulièrement endommagée. Mais, à l'issue du conflit, les travaux de réaménagement sont si rapides, que l'établissement rouvre ses portes dès 1945, suffisamment à temps pour célébrer son cinquantenaire. Les œuvres, précieusement cachées en dehors de la ville, reprennent place sur leurs cimaises, et le musée retrouve jusqu'à nos jours sa vocation première : la promotion de l'art national.


Des icônes de la Sainte Russie au Réalisme socialiste

Absent des grands musées occidentaux, l'art russe s'offre ici au regard au fil d'une présentation chronologique qui permet de parcourir mille ans d'histoire. La galerie s'ouvre ainsi sur des œuvres de la Russie ancienne, et restitue, à travers sa fascinante collection d'icônes, un panorama complet de cet art, fondé sur la reproduction et la répétition de modèles. L'Ange aux cheveux d'or remonte à la période antérieure à la conquête mongole et laisse transparaître l'influence exercée alors par Byzance. Néanmoins, entre le XIIe et le XVIIe siècle, divers centres artistiques s'épanouissent en Russie en affirmant leurs particularismes, et l'on peut aisément discerner la singularité de chaque école, comme à Novgorod, à Pskov, et, bien sûr, à Moscou. A partir du XVIe siècle, l'art de l'icône évolue et laisse peu à peu s'immiscer le monde profane dans cette peinture réservée jusqu'ici aux seuls sujets sacrés. En 1671, Simon Ouchakov copie la célèbre Trinité d'André Roublev, en la détournant de son intention première : la scène religieuse devient un merveilleux prétexte à la représentation du monde matériel.

Le virage décisif a lieu cependant à la fin du XVIIe siècle, sous le règne de Pierre le Grand qui ouvre la Russie à l'Europe dans tous les domaines et, notamment, celui des arts. Sous cette impulsion nouvelle, la peinture se libère de la seule tutelle ecclésiastique et laisse s'épanouir les genres du portrait, des scènes historiques et du paysage, dont le Musée russe possède les œuvres les plus représentatives. Au rythme des salles qui se succèdent, on observe cette extraordinaire effervescence créatrice, et la façon avec laquelle, arrivée à maturité, elle semble, au cours du XIXe siècle, se figer dans l'académisme. Surgissent alors les « ambulants », ces artistes-voyageurs qui partaient sur les chemins à la rencontre de leurs contemporains et souhaitaient, comme Kramskoï ou Répine, s'affranchir des influences occidentales pour créer un mouvement de peinture « authentiquement russe ». Dès lors, la création artistique ne se départira jamais tout à fait en Russie de cette dimension à la fois moderne et « identitaire » qui transparaît aussi bien à travers le « Monde de l'Art » de Léon Bakst, que dans les audacieuses avant-gardes ou les œuvres du Réalisme socialiste. Au-delà d'une simple spécificité nationale, c'est bien l'attachement poétiquement sublimé à l'âme russe que révèlent les incomparables collections du Musée national de Saint-Pétersbourg.
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