Logo Clio
Service voyages
Service voyages
La cathédrale Saint-Guy
Le premier âge d’or de la Bohème
Il y a 700 ans, le futur Charles IV, empereur du Saint Empire romain et roi de Bohème, naît à Prague. Sous son règne, la ville, capitale de l’empire et résidence de la cour, devient un foyer majeur du renouveau gothique européen qui prend ensuite, dans toute l'Europe, la forme du « gothique international ». Par la volonté de Charles IV et la grâce de son architecte Peter Parler, l’art de Bohème acquiert un éclat partout reconnu.

L’empereur et sa ville natale
En installant la cour à Prague et en décidant, dès 1347, de la reconstruction de la cathédrale et du château, Charles IV entend valoriser l'héritage de la dynastie des Prémyslide, celui des ducs et rois de Bohême que sa mère lui a transmis. C’est le sens de son prénom de baptême, Venceslas, donné en l’honneur du grand saint dynastique Venceslas Ier, le fondateur, au Xe siècle, de la cathédrale de Prague. Pourtant, de 7 à 14 ans, le jeune Venceslas, devenu Charles, est éduqué en France, à la cour de son oncle paternel le roi Charles IV le Bel. Il achève ensuite sa formation en Italie au côté de son père avant de s'installer durablement à Prague dans la décennie 1330. Le souverain poursuit alors une double politique de réorganisation institutionnelle de la capitale et du royaume (élévation de l’évêché de Prague au rang d’archiépiscopat en 1344, ce qui assure l’indépendance de l’église bohémienne, fondation de l’université de Prague en 1348…) et de constructions prestigieuses car il est conscient de l’importance politique de la création artistique.
Dès 1347, le futur empereur décide d’aménager les quartiers extérieurs aux murailles pour créer une nouvelle ville ceinte de remparts hérissés de tours où sont édifiées cinq églises neuves dont l’agencement forme une croix évoquant la Jérusalem céleste. La cité se redessine ainsi autour d'un parcours glorieux qui franchit la Vltava par le nouveau pont de pierre réalisé par Peter Parler à partir de 1357, passe sous l’arc de triomphe que constitue la tour du pont, et monte au château et à la cathédrale, cœur impérial de la ville. C’est sur cette colline de Hrdacany que se concentrent tous les efforts du fastueux constructeur. S’il ne reste pratiquement rien des aménagements du château réalisés sous Charles IV, la cathédrale Saint-Guy témoigne toujours des grandeurs de son règne.

Le génie de la cathédrale de Prague
La reconstruction du sanctuaire est d’abord réalisée par un maître d’œuvre français, Mathieu d’Arras, que l’empereur avait rencontré à la cour du pape. Le projet qu’il initie avec une façade harmonieuse et un chevet à chapelles rayonnantes relève directement du gothique rayonnant français. Mais sa mort et l’arrivée, en 1356, du jeune architecte d’origine allemande Peter Parler viennent bouleverser le chantier. Celui-ci développe en effet un style très novateur, créant des espaces dynamisés par de savants jeux optiques et une certaine exubérance décorative. Véritable laboratoire de formes, la cathédrale de Prague ouvre la voie à un renouveau exceptionnel de l’art gothique.
Dès la Porte d’or, située au flanc sud de l'édifice, le visiteur découvre dans le traitement de la voûte, l’un des aspects essentiels de l’art du jeune architecte. Conçue comme un large porche, la Porte d’or, dont le nom renvoie aux mosaïques vénitiennes qui ornent sa façade, voit jaillir du trumeau de fins bras d’ogives recoupés de liernes et de tiercerons qui forment comme un réseau végétal unifié. En s’appuyant sur une technique remarquable qui lui permet de hausser le départ des ogives et, ainsi, de les raccourcir, Peter Parler est en mesure de créer une voûte unifiée qui, telle la voûte céleste, se déploie sans rupture et sans pesanteur. La même prouesse se retrouve à l’intérieur de la cathédrale, dans le chœur et la chapelle dédiée à saint Venceslas, où les voûtes apparaissent comme un grand filet de nervures, rythmé de manière aléatoire par des clefs librement placées.
La seconde innovation majeure qu’apporte l’architecte concerne l’élévation intérieure. Le triforium de la cathédrale, extrêmement ajouré, se déploie de manière ininterrompue à la base des fenêtres hautes et offre ainsi l’impression d’un long mur de lumière ondulé ceignant le chœur. Le mur n’est plus traité comme une simple ossature, mais comme une masse véritablement plastique que l’architecte façonne à son gré. Il est vrai que Peter Parler n’était pas seulement un architecte exceptionnel ; les vingt-et-un portraits en buste qui ornent le triforium (dont son propre autoportrait) et les tombeaux des rois de Bohême dans les chapelles du chœur témoignent aussi de ses talents de sculpteur.

A la mort de l’architecte en 1399, ses fils poursuivirent le chantier, mais les temps troublés empêchent l’achèvement de l’édifice, poursuivi jusqu'au XXe siècle ! La très longue durée de la construction n’altère cependant pas la cohérence du monument, car les plans de Peter Parler, sont respectés jusque dans le voûtement de la nef en 1903. Cette longue histoire permet au contraire à la grandiose cathédrale gothique de s’enrichir d’œuvres, dont les plus célèbres sont les vitraux art nouveau de l’artiste tchèque Alfons Mucha.
Partir en voyage avec Clio
RT 100 - 4 jours

Capitale magique de l’Europe pour les uns, théâtre de toutes les métamorphoses pour les autres, Prague réunit tous les styles, toutes les écoles, tous les courants artistiques européens. Scrupuleusement ... Découvrir ce voyage
 

 
Mentions légales Conditions Générales de vente Comment s'inscrire Hôtels à Paris Vos assurances Qui sommes-nous ? Clio recrute Nous contacter