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Le monastère des Hiéronymites et la tour de Bélem
Guipures exotiques
Sous le règne du roi Manuel Ier (1495-1521) se développe au Portugal un style gothique exubérant dont les éléments décoratifs s'inspirent des Grandes Découvertes. A Bélem, au monastère des hiéronymites et à la fameuse tour, l'art manuélin traduit l'exotisme dans la pierre.

Une commémoration grandiose
Manuel Ier, comme ses prédécesseurs, a encouragé les voyages des grands découvreurs. Au début de son règne (1498), Vasco de Gama, reprenant la route de Bartolomé Diaz, croise à son tour le cap de Bonne-Espérance et fonde les premiers comptoirs commerciaux en Inde. Avec la prise de Goa en 1510, c'est un véritable empire maritime qui naît, que complétera bientôt Fernand de Magellan. L'océan Indien devient une « mer portugaise » et inonde le pays de produits à la plus haute valeur ajoutée : les épices.

Lisbonne est l'emporium de l'Europe. C'est pour commémorer la richesse de l'âge d'or des Découvertes que le roi ordonne la construction du monastère des hiéronymites (ordre de saint Jérôme). Le bâtiment, grandiose, est largement financé par « l'argent du poivre », les bénéfices du commerce des épices. Deux architectes de génie vont se relayer pour le faire sortir de terre. Diogo Boitac élève la nef aérienne de l'église et la galerie inférieure du cloître. A partir de 1515, Joao de Castilho achève ce dernier, la merveille de l'ensemble.
Architecturalement lié au gothique tardif européen, le monastère aère l'espace intérieur, en le décloisonnant presque, annonçant ainsi certains procédés de la Renaissance. La nef de l'église, portée par de hauts et graciles piliers, déploie un espace étonnant, enrichi d'un extraordinaire appareil décoratif qui fait à tel point partie de l'architecture qu'il la détermine. On retrouve ici les éléments déjà entrevus sur le splendide portail sud de l'édifice. Les fenêtres deviennent de véritables morceaux de bravoure d'orfèvrerie de pierre, des dais gothiques protègent les personnages royaux ou les saints, vasques et pampres classiques à l'italienne s'accordent à des archivoltes et à des colonnes torses toutes enrichies de feuillages et de fruits exotiques, les cordages des caravelles enlacent des coraux de l'océan Indien…

Dans le cloître, merveille d'équilibre et de guipures ajourées, on prend pleinement conscience à quel point l'art manuélin est le fruit, sur le sol royal portugais, de l'émerveillement et des richesses nées de l'effort de tout un peuple pendant un siècle. Sous nos yeux se concrétise la démonstration du goût du syncrétisme, que les Portugais sauront toujours garder, entre le monde européen et les « autres mondes » qu'ils découvrirent. Les solides galeries gothiques sont rendues aériennes par une véritable dentelle de pierre, le soleil joue sur les remplages de l'étage qui se déploient comme des palmiers pétrifiés. Dans un angle, une délicieuse fontaine surmontée d'un lion distille une poésie aussi raffinée que celle de l'Alhambra.

La sentinelle de l'Europe
A quelques encablures du monastère dont il léchait jadis les pieds, le Tage roule ses eaux aux reflets argentés, juste avant d'aller se jeter dans l'océan. Comme pour un dernier adieu, il enlace la tour de Bélem qui dresse à quelques mètres du rivage son élégante silhouette de navire échoué. L'effrayant tremblement de terre de 1755 a ravagé Lisbonne mais n'a pu venir à bout de cette merveille. Il l'a seulement rapprochée de la rive. A l'origine, lors de sa construction (1515-1521), elle s'élevait au milieu du fleuve, saluant en premier les lourdes caravelles chargées d'épices qui revenaient de leurs lointains voyages. Œuvre de Francisco de Arruda, la tour allie à un donjon médiéval classique des « loggias » presque vénitiennes, des échauguettes héritées des fortifications d'Afrique du Nord, et des symboles proprement « manuélins », comme la sphère armillaire ou la croix de l'Ordre du Christ. L'intérieur, gothique, est austère : la tour était le logis du capitaine-gouverneur de Bélem, et elle servit d'arsenal et de prison. Mais depuis sa terrasse aux étonnants merlons blasonnés, et, plus encore, depuis son sommet, le panorama est superbe sur le large estuaire qui prend, sous le soleil, des airs de bord de mer. On peut admirer de plus près le décor extérieur, tout d'exubérance : fruits exotiques, fleurs rares, cordages, coquillages...

Comme le soulignait Paul Morand, la tour de Bélem est bien « la loge du portier de l'Europe dont Lisbonne est l'antichambre ».
Pour visiter le monastère des Hieronymites et la tour de Bélem avec Clio
CF 80 - 9 jours

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