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Nazca
un mystère non résolu
Aux confins du désert
Malgré des avantages naturels limités aux étroites vallées des cours d'eau qui se jettent dans le Pacifique après avoir traversé des régions désertiques où les précipitations sont pratiquement inexistantes, la côte péruvienne a vu, dès le Ier millénaire avant notre ère, se développer de grandes civilisations. On considère souvent la culture de Chavin, qui domina la région jusqu'au IIe siècle av. J.-C., comme la source de toutes les civilisations andines. Lorsqu'elle disparut, les cultures de Moche au nord, de Paracas au sud, puis de Nazca, recueillirent son héritage du IIe siècle av. J.-C. au VIIe siècle. Centrée sur la région de la vallée de Nazca et d'Ica, cette dernière culture exerçait une influence sur toute la côte qui s'étire de Pisco à Arequipa et jusqu'aux plateaux occidentaux des Andes. Confrontés aux aléas d'une pluviométrie erratique, les hommes de Nazca pratiquaient malgré tout une agriculture intensive que rendait possible un système d'irrigation sophistiqué, organisé à partir d'un réseau de puits et surtout de galeries creusées dans la nappe aquifère. Nombre d'entre elles – appelées aujourd'hui les puquios – sont encore en usage aujourd'hui. Les terres cultivables étant limitées, les villages de huttes d'adobe aux toits de chaume étaient installés en dehors de celles-ci, à la limite du désert. Plusieurs agglomérations, ceinturées d'une muraille en briques crues, présentaient des caractéristiques urbaines, avec des quartiers différenciés répartis autour d'un temple et d'une pyramide en adobe. On ne sait pas encore avec certitude si la plus importante d'entre elles, Cahuachi, était une ville ou un centre cérémoniel. Les fouilles effectuées à proximité ont révélé des sépultures de formes variées et, surtout, des ensembles de têtes coupées – celles d'ennemis ? –, trophées offerts aux divinités, avant d'être rassemblées et ensevelies dans des jarres.

Poterie et tissage
La culture de Nazca fut d'abord connue pour la grande finesse de ses poteries à décors polychromes qui comptent jusqu'à seize couleurs différentes, issues de colorants minéraux. Les archéologues ont discerné une évolution stylistique correspondant à trois grandes phases successives. Les gobelets, vases et cruches à deux goulots de la première phase sont essentiellement décorés de motifs réalistes de personnages, de fruits, de plantes et d'animaux, mais on voit ensuite apparaître des décors complexes associant à des motifs abstraits des représentations d'êtres mythiques, en particulier le démon-chat, mi-homme mi-animal, ainsi que des scènes guerrières ou de « chasse aux têtes ». En revanche, les dernières poteries n'offrent plus que des motifs géométriques, mais sont parfois modelées en forme d'animaux chimériques, de poissons, d'oiseaux, de singes ou d'êtres humains. L'aridité du climat a également permis de préserver des fragments de textiles en laine d'alpaga ou en coton, utilisant les techniques de la tapisserie, de la broderie et du brocart, parfois rehaussés de plumes ou d'aiguilles de cactus et teints de couleurs végétales. Dans la continuité des techniques acquises par la culture de Chavin, Nazca offre aussi de remarquables pièces d'orfèvrerie découpées dans de grandes feuilles d'or martelées et polies.

Les géoglyphes et les « lignes » de Nazca
Malgré cette richesse archéologique, ce ne fut qu'en 1939 que la culture de Nazca acquit sa célébrité auprès du grand public, quand l'historien américain Paul Kozok, lors d'un survol en avion du désert, découvrit que les énigmatiques lignes « gravées » à la surface de la Pampa Colorada, sur une surface de près de 500 kilomètres carrés, ne représentaient pas seulement des figures géométriques, mais aussi des dessins gigantesques, visibles seulement du ciel. Au nombre de soixante-dix environ, elles représentent des plantes, fleurs, arbres ou des animaux tels qu'un singe de 110 mètres de longueur, un orque, un condor, un colibri, un pélican, une araignée, mais aussi des figures humaines ou des mains géantes et des formes géométriques, cercles, triangles ou spirales. Les premières recherches réalisées par Paul Kozok en collaboration avec l'archéologue péruvien Julio C. Tello ont permis d'établir une chronologie des tracés : les plus anciens furent réalisés en léger relief de gravier concassé, tandis que les plus récents furent simplement obtenus par le dégagement de la couche d'érosion superficielle pour mettre à nu la roche plus claire. C'est cette technique qui fut utilisée pour tracer les lignes d'une rectitude parfaite qui s'entrecroisent sur des dizaines de kilomètres, franchissant sans dévier d'un pouce montagnes, torrents et ravins.

Un mystère non résolu
Nombre d'archéologues se sont penchés sur ces extraordinaires géoglyphes sans pouvoir dégager de certitudes quant à leur réalisation ou à leur signification. Passionnée par le problème qui lui fut présenté par Kozok en 1949, une mathématicienne allemande, Maria Reiche, consacra sa vie – jusqu'à sa mort survenue en 1998 à l'âge de 95 ans – à la recherche de sa solution. Selon son hypothèse, les tracés correspondraient à des repères astronomiques. L'étude sur ordinateur des relevés des lignes confirme cette idée selon certains astronomes, mais l'infirme selon d'autres. Et que dire des dessins qui, pratiquement indéchiffrables au niveau du sol, ne peuvent se voir que du ciel ? Etaient-ils destinés aux dieux, sollicités pour apporter les pluies bienfaisantes ? Selon Maria Reiche, ils figureraient les constellations telles que les hommes de Nazca se les représentaient. Ainsi, la grande araignée correspondrait à notre constellation d'Orion. Avec ou sans référence astronomique, il apparaît acquis que ces tracés avaient une fonction religieuse et certains avancent qu'il s'agirait de parcours rituels suivis par des prêtres ou les fidèles au cours de cérémonies cultuelles.
Le mystère demeurera peut-être toujours entier car la civilisation de Nazca a disparu à la fin du VIIe siècle, sans doute victime d'un défrichement excessif des zones boisées au profit de la culture du maïs et du coton. Une rupture de l'équilibre écologique fragile de la région, qui aggrava les contrastes climatiques en faisant alterner périodes de sécheresse et inondations catastrophiques. Les dieux ont peut-être détourné leurs regards des images que ces hommes leur avaient offertes.
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