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La réouverture du Rijksmuseum d'Amsterdam
Une « cathédrale gothique » dédiée à l'art hollandais
Le Rijksmuseum – ce « grand monument polychrome à tourelles » comme le décrivait Paul Verlaine – abrite non seulement la plus importante collection d'art hollandais, mais compte aussi parmi les trésors architecturaux de la ville d'Amsterdam. Edifié dans un style néogothique et Renaissance par l'architecte Pierre Cuypers, il fut ouvert au public le 13 juillet 1885. Tout de pierre, de brique et de fer, il est demeuré aujourd'hui un des éléments les plus poétiques du paysage urbain, avec son élégante façade à la fois tournée vers l'eau et dressée vers le ciel, et ses nombreuses décorations retraçant par l'image l'histoire des Pays-Bas.
Conçu dès sa création comme un écrin pour les plus beaux chefs-d'œuvre du Siècle d'or, le Rijksmuseum nous rappelle à travers les tableaux de Rembrandt, Frans Hals, Vermeer et bien d'autres encore, à quel point la peinture peut traduire l'âme d'un peuple et se parer en même temps d'une dimension universelle.

Une grande partie des collections est demeurée inaccessible pendant près de dix ans, mais tous les amoureux de l'art qui attendent avec impatience sa réouverture seront comblés en découvrant, à partir du 3 avril 2013, un musée entièrement nouveau. Les bâtiments ont été restructurés par les architectes espagnols Cruz et Ortiz dans l'esprit de la création originale de Cuypers pour lui redonner tout son charme tout en le dotant des aménagements les plus fonctionnels. Le scénographe Michel Wilmotte a entièrement redéployé, selon « le sens du temps et le sens de la beauté », des collections parmi les plus belles du monde et dont il est intéressant de rappeler l'histoire et le détail.

De la collection princière à la collection nationale
Au XVIIe siècle, à la faveur d'un foisonnement créatif sans précédent, de somptueuses collections de peinture virent le jour en Hollande, à commencer par celle du stathouder, le prince régnant. Sous l'impulsion de Guillaume IV, puis de son fils Guillaume V, elle devint, au XVIIIe siècle, la plus importante des Pays-Bas. Mais, en 1795, les Français envahirent le pays et y établirent la République batave après avoir chassé le prince d'Orange. Une partie de sa collection fut transférée au musée du Louvre, inauguré deux ans auparavant, tandis que deux cents tableaux et quelques objets d'intérêt historique demeuraient en Hollande. On les rassembla à Huis Ten Bosch, palais d'été proche de La Haye. Suivant l'exemple français, la galerie ainsi constituée fut ouverte au public le 31 mai 1800, au titre de musée national d'Art. Sa première acquisition officielle fut Le Cygne menacé de Jan Asselijn.
En 1806, l'empereur français mit fin à la République batave et plaça à la tête du nouveau royaume de Hollande son frère Louis, délicat amateur d'art. Ce dernier fit d'Amsterdam la capitale et y annonça par décret le 21 avril 1808 l'institution d'un Grand Musée royal. Cinq salles de son palais résidentiel, aménagé sur le Dam, furent alors réservées à l'exposition des œuvres. La collection s'enrichit rapidement grâce aux achats royaux et à la générosité de nombreux donateurs. La municipalité céda dès cette époque la Ronde de nuit et les Syndics des drapiers de Rembrandt. Dix générations de visiteurs émerveillés allaient dès lors se presser sous le regard des drapiers et des gardes ou encore de cette petite fille aux vêtements dorés, comme tissés dans la lumière.

D'un bâtiment à l'autre, la naissance du Rijksmuseum
Entre-temps, Napoléon détrôna son frère et réduisit à néant sa politique culturelle en incorporant la Hollande à l'Empire. Ce n'est qu'en 1814, avec l'avènement du roi Guillaume Ier d'Orange, que l'Etat reprit le musée à sa charge et lui donna son nom définitif – Rijksmuseum – qui signifie « musée national ». Les œuvres « empruntées » par les Français furent rendues tandis qu'on faisait de nouvelles acquisitions, parmi lesquelles le Joyeux Buveur de Frans Hals. On installa la collection toujours plus riche dans le Trippenhuis, un hôtel particulier du XVIIe siècle, mais l'insurrection belge de 1830 et la crise économique qu'elle entraîna freinèrent considérablement son développement pendant près de cinquante ans. Faute de place et d'éclairage, le bâtiment se révéla par ailleurs inadapté à sa nouvelle fonction. Il arrivait qu'on roulât même certaines grandes toiles pour permettre les réunions de l'Académie royale. Rapidement perçu comme un abominable fatras indigne des œuvres d'art qu'il abritait, le Trippenhuis, situé à proximité d'un entrepôt de pétrole, encourait aussi en permanence un risque d'incendie !

Pourtant, c'est seulement en 1876 qu'on confia à Cuypers la construction d'un nouveau musée, inauguré au terme de neuf années de chantier. Son style néogothique jugé « peu national » entraîna alors moqueries et sarcasmes. Le roi Guillaume III lui-même déclara : « Jamais je ne mettrai le pied dans ce cloître ! », un « cloître » qu'on ne tarda pas à consacrer comme le temple universel de l'art. Dès son ouverture, il reçut en dépôt la magnifique collection Van der Hoop comprenant La Fiancée juive de Rembrandt, La Femme en bleu lisant une lettre de Vermeer ou encore Le Moulin de Ruysdaël. L'accroissement permanent des collections nécessita de nombreux aménagements jusqu'à nos jours.

Depuis 2003, les restaurateurs redonnent leur éclat originel aux vitraux et aux décorations d'inspiration médiévale, rendant ainsi hommage à Cuypers, cent vingt-cinq ans après l'inauguration d'un chef-d'œuvre si décrié en son temps.
Le Rijksmuseum avec Clio
HO 100 - 4 jours

Tout l'éclat du Siècle d'or hollandais se reflète encore dans les canaux d'Amsterdam. Ses musées abritent les plus fabuleux chefs d'oeuvre de Rembrandt et de Vincent van Gogh, et Vermeer y luit en silence ... Découvrir ce voyage
 

 
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