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Frans Hals
Un portraitiste si proche de la vie
Aux côtés de Vermeer et de Rembrandt, Frans Hals (1580-1666) a largement contribué à la réputation du Siècle d'or de la peinture néerlandaise. Portraitiste de génie, coloriste merveilleux, même et surtout dans les couleurs sombres, il développe une technique picturale révolutionnaire qu'il met au service de son art et que d'autres artistes, plus tard, sauront redécouvrir pour faire avancer la peinture sur la voie de la modernité.

Une existence casanière
D'Anvers, ville catholique où il voit le jour en 1580, sa famille, fuyant les troubles qui ravagent les Pays-Bas espagnols, part pour Haarlem, ville protestante des Provinces Unies. A 30 ans, après une formation dans les milieux maniéristes, il intègre la guilde de Saint-Luc, l'une des corporations les plus influentes de la ville. Très rapidement, il se tourne vers le portrait, art majeur depuis la Renaissance, dont il renouvelle le genre en choisissant librement ses modèles. Au cours de sa très longue carrière, il connaît des heures de gloire qui lui assurent une vie confortable. Mais, à partir du milieu du siècle, il semble passé de mode et connaît les premières difficultés financières. Il se montre réticent à travailler hors de sa ville, ce qui l'empêche d'honorer maintes commandes. Perclus de dettes, les dernières années sont difficiles. Sans ressources, pris en charge par la municipalité, il s'éteint à l'âge de quatre-vingt-six ans à l'hôpital public de Haarlem.

Un portraitiste de génie
Ses modèles individuels appartiennent le plus souvent à la bourgeoisie hollandaise. Il sait se montrer un coloriste audacieux comme dans le célèbre Cavalier riant de la Wallace Collection de Londres. Ce mystérieux personnage affiche toute sa réussite dans son expression assurée, soutenue par un discret sourire. La position de la main sur la hanche, sous l'incroyable dentelle amidonnée, est, à coup sûr, un signe de supériorité condescendante. Dans d'autres portraits, grandes figures sombres sur fond neutre, modèles dignes et sobres, attitudes et gestes élégants, Frans Hals se conforme à tout un courant monochrome et sévère de la peinture hollandaise.
Mais son génie se révèle surtout dans ses portraits collectifs qui firent tant pour sa célébrité. Le premier, l'un des Banquet de la garde civique date de 1616. Animation, richesse des coloris, habileté magistrale de l'agencement des personnages : tout témoigne d'un renouvellement en profondeur de ce genre. C'est au musée consacré au peintre à Haarlem qu'il faut découvrir les Banquets des corps des archers de Saint-Georges ou de Saint-Adrien. Les officiers, rassemblés autour de tables recouvertes d'un somptueux damas garni de victuailles, qui sont autant de natures mortes, apparaissent dans toute la vivacité de leur jeunesse. Mais il faut surtout s'attarder sur le « testament » de Frans Hals que sont les deux groupes de Régents et Régentes de l'hôpital Sainte-Elisabeth. Achevés l'année de sa mort, ils sont fascinants : sa maîtrise parfaite lui permet de gagner en liberté et en audace. Ses portraits acquièrent désormais une présence d'autant plus intense que les procédés sont empreints d'une étonnante sobriété. Seul compte l'essentiel : la composition est simplifiée, les détails sont réduits, la gamme des coloris est restreinte. Le noir domine, mais quel noir ! Van Gogh distinguait vingt-sept nuances de noir dans la palette de Hals !

Une technique toute personnelle
L'œuvre de Frans Hals se caractérise par sa manière de rendre de façon immédiate le sujet, à travers un traitement pictural fait de touches rapides et irrégulières. Ecoutons Van Gogh : « J'ai surtout admiré les mains de Hals, des mains qui vivaient, mais qui n'étaient pas terminées [...] Peindre d'un seul coup, autant que possible, en une fois ! » C'est cette peinture comme jetée d'un seul trait sur la toile, sans retouche aucune, qui a longtemps fait passer Frans Hals pour un précurseur de l'impressionnisme. Après deux siècles d'oubli, Manet et ses amis le remettent à l'honneur, subjugués par cette instantanéité. D'un côté, Hals, à la manière de son temps, applique des couches successives sur une esquisse à la craie ou sur un fond rose. Mais de l'autre, il ne lisse pas parfaitement ses œuvres. Pour donner plus de vivacité à ses sujets, il applique la couleur par tâches, lignes, points, ou, au contraire, par de larges touches. Une technique reprise deux siècles plus tard par Manet ou par Cézanne, pour ne citer qu'eux.

De nos jours, Frans Hals conserve cette double postérité. Celle d'un peintre de son temps qui sait rendre avec réalisme les membres des classes dominantes des Pays-Bas du Nord ; mais aussi celle d'un artiste précurseur, usant d'une technique inédite qui ouvre la voie à d'autres génies, d'une autre époque. « C'est aussi beau que du Zola, en plus sain et plus gai, mais aussi proche de la vie » peut-on conclure avec Van Gogh.
Pour découvrir l'œuvre de Frans Hals avec Clio
HO 100 - 4 jours

Tout l'éclat du Siècle d'or hollandais se reflète encore dans les canaux d'Amsterdam. Ses musées abritent les plus fabuleux chefs d'oeuvre de Rembrandt et de Vincent van Gogh, et Vermeer y luit en silence ... Découvrir ce voyage
 

 
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