Logo Clio
Service voyages
Service voyages
La route de la soie
D'Orient en Occident
Les routes de la soie
Durant des siècles, de la Chine à la Méditerranée, les pistes caravanières furent le vecteur d'un commerce considérable. D'étape en étape, les caravaniers d'Asie se succédaient pour transporter, échanger les produits les plus divers, mais toujours caractérisés par une importante valeur ajoutée. Epices, ambre, topazes, lapis-lazuli, corail, indigo, ivoire, vaisselle en or et en argent, étoffes de lin et de laine, objets de verre et même vin, transitèrent sur des milliers de kilomètres. Cependant, il est un produit qui marqua profondément ce trafic commercial : la soie. Ce ne fut qu'au XXe siècle que naquit, sous la plume du géographe allemand Ferdinand von Richtofen, l'expression « routes de la soie » – Seidenstrasse –, qui fit rapidement florès.

La soie, d'Orient en Occident
De fait, la soie ne fut le produit phare de ce trafic que durant cinq siècles environ, du Ier siècle av. J.-C. au IVe siècle. L'élevage des vers à soie et la technique de dévidage des cocons en Chine remontent certainement au IIIe millénaire avant notre ère. D'abord réservée aux empereurs et à la cour, la soie se répandit plus largement au cours du Ier millénaire av. J.-C. La dynastie des Han (206 av. J.-C. - 220 apr. J.-C.) vit augmenter le prix de la soie, et le rouleau de soie devint une valeur monétaire. Dans leur politique d'expansion, les Han multiplièrent les ambassades, et les échanges de présents qui y étaient liés firent connaître la soie dans le royaume de Kokand – le Ferghana –, le pays des Yue Tché, le bassin du Tarim et, de là, vers l'Asie centrale puis la Perse des Parthes arsacides. Quand, en 53 av. J.-C., cherchant à se couvrir d'une gloire équivalente à celle des deux autres triumvirs, Pompée et César, Marcus Licinius Crassus partit affronter les troupes de l'empereur parthe Orodès Ier, les légions romaines furent « éblouies » par le chatoiement des oriflammes agitées par leurs ennemis : des bannières de soie. La bataille de Carrhes fut une défaite cuisante, Crassus fut tué, mais les Romains venaient de découvrir la soie... Très vite, la demande de l'aristocratie romaine devint considérable, à tel point que, craignant l'hémorragie de métaux précieux, on proposa, sous Tibère, d'interdire le port de vêtements en soie... A la fin du Ier siècle, Pline désignait la lointaine Chine sous le nom de Serica, le pays de la soie. Afin d'essayer d'éviter les intermédiaires parthes, un commerçant grec de Rome fit même reconnaître par ses agents la route qui menait jusqu'à « Seropolis », la capitale chinoise Chang’an (Xi'an aujourd'hui), origine du trafic de la soie.

Apogée...
La demande romaine accrut considérablement le trafic caravanier. Les villes relais connurent une prospérité sans précédant : Dunhuang, Tourfan, Kashgar en Chine, Maracanda (Samarcande), Bactres, Merv en Asie centrale, Ctesiphon, Doura Europos en Mésopotamie... Les routes de la soie furent aussi à l'origine d'un extraordinaire brassage culturel et c'est ainsi que, par exemple, le bouddhisme pénétra en Chine. Les caravanes ne suffisaient plus à assurer la totalité du trafic et la route terrestre fut doublée par une voie maritime, utilisant les flux de mousson pour naviguer vers l'Inde et, au-delà, vers la péninsule malaise et la Chine.

... et déclin
La légende nous dit qu'en 552, sous le règne de l'empereur byzantin Justinien, deux moines rapportèrent de Chine, dissimulés dans leurs bâtons de marche, des œufs de vers à soie et enseignèrent aux Byzantins la technique de leur élevage. A la même époque, il semble que les Perses maîtrisèrent aussi ce secret gardé jalousement par les Chinois depuis plus de deux mille ans. Dès lors, le trafic de la soie périclita. Cela ne signifia naturellement pas l'arrêt de tout le commerce caravanier, mais celui-ci connut bien des hauts et des bas, en fonction de la situation politique en Asie. Contrairement à ce que l'on pense parfois, la période de l'Empire mongol, de Gengis Khan et ses successeurs, fut une époque faste, la « pax mongolica » assurant la sécurité des caravanes. Et ce fut à ce moment que, pour la première fois depuis l'Antiquité, de courageux voyageurs suivirent, au XIIIe siècle, les pistes de la route de la soie : les franciscains Jean du Plan Carpin puis Guillaume de Ruysbroeck, et, bien plus célèbres, les marchands vénitiens Nicolo, Maffeo et Marco Polo. Avec les croisades, la soie avait pénétré dans les royaumes des Francs et, plus tard, Henri IV, aidé d'Olivier de Serres, encouragea l'élevage du ver à soie dans les magnaneries des Cévennes et le tissage à Lyon : la route de la soie avait vécu...
Un article de la bibliothèque de Clio
La « route de la Soie »
Histoire du commerce et des transferts de techniques avant le XIe siècle
par Lucette Boulnois

Que recouvre véritablement l'expression « route de la Soie », ou « routes de la Soie », devenue aujourd'hui une formule presque m... Lire l'article

 

 
Mentions légales Conditions Générales de vente Comment s'inscrire Hôtels à Paris Vos assurances Qui sommes-nous ? Clio recrute Nous contacter