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Trondheim ou l'ancienne Nidaros
Capitale spirituelle de la Norvège
Au centre de la Norvège, Trondheim, troisième ville du pays, après Oslo et Bergen, se niche au creux d’un fjord profond. Baignée par les eaux de l’embouchure de la Nidelva, au cœur d’un somptueux paysage, elle est, avec son port industrieux, l’une des principales étapes de l’Express côtier inauguré en 1897 en direction du Finnmark. Surnommée à juste titre « la porte vers le nord », elle est aussi dotée d’une prestigieuse université et abrite le premier centre national de recherche scientifique et industrielle, témoignant l’une et l’autre de son dynamisme et de sa modernité. Mais riche d’une histoire millénaire, c’est avant tout à son lointain passé que Trondheim, ancienne cité des sacres et haut lieu de pèlerinage, doit son profil architectural, à la fois gothique, classique et rococo, et son élégance à nulle autre pareille mêlant la pierre et le bois, les couleurs vives et les lignes délicates.


Sous le patronage de saint Olaf

D’après Snorri Sturluson (1179-1241), le roi Olav Tryggvesson décida en 997 de fonder une ville dans le Trondelag qu’il baptisa alors Nidaros, au creux de l'ultime méandre de la Nidelva. Soucieux à la fois d’unifier la Norvège et d’accélérer sa christianisation, il y installa sa résidence en même temps qu’une première église. Mais il trouva la mort à peine trois ans plus tard, face à ses ennemis danois et suédois, lors de la bataille de Svolder. En 1015, c’est au tour du roi Olaf Haraldsson de jeter son dévolu sur cette jeune cité, qu’il transforme en évêché. Considéré comme le premier père de la nation, Olav tente d’achever l’unification politique et religieuse du royaume, mais ses opposants le contraignent à l’exil en 1028. De retour en 1030, il est tué à la bataille de Stiklestad et enterré à Nidaros. Les miracles observés sur sa tombe confirment sa réputation de sainteté et justifient, en 1031, sa canonisation. Devenue un haut lieu de pèlerinage, la ville poursuit alors son essor pendant toute la période médiévale.

Dès 1093, Olaf III, dit « le Débonnaire », fait bâtir, en place de l’ancienne chapelle l’une des premières églises en pierre du pays, consacrée sous le nom de Kristkirken. De style roman, ce noyau originel de la future cathédrale fut vraisemblablement l’œuvre d’artisans anglais, comme en témoignent certains chapiteaux. En 1152, le pape promeut Nidaros au rang d’archevêché, avec, à sa tête, Oystein Erlandson. Celui-ci entreprend à partir de 1161 l’agrandissement du sanctuaire, avec l’adjonction du transept et de l’octogone sur lequel s’appuie le chœur. Là encore, on fait appel à des sculpteurs et architectes anglais, parmi les meilleurs représentants, cette fois, du style gothique. En 1230, l’ancienne nef romane est, elle aussi, en partie remaniée dans le goût nouveau, juste avant l’érection de la façade occidentale. Majestueuse et délicatement ouvragée, celle-ci est ornée d’une immense rosace centrale, ainsi que de trois rangées de saints et de rois sculptés, qui semblent autant de gardiens tutélaires.

La cathédrale n’échappa pas cependant aux tourmentes de l’Histoire et fut mise à mal au fil des siècles par les guerres, les incendies, les reconstructions hasardeuses, tandis que l’instauration de la Réforme mit fin, en 1539, au culte de saint Olaf, dont la châsse allait bientôt disparaître à jamais. Alors que l’édifice semblait en 1869 inéluctablement ruiné, on entreprit pourtant sa restauration en style gothique, et s'engagea alors un chantier qui devait se prolonger jusqu’en 1983. Reconstitution d'un trésor du patrimoine médiéval, il illustre ainsi à merveille la lente réappropriation par la jeune nation norvégienne d’une histoire trop longtemps oubliée.


Le plus grand palais en bois de Scandinavie

Autour de la cathédrale subsistent des vestiges de l'ancienne Nidaros, ainsi le palais de l’archevêché, reconverti au XVIe siècle en résidence du gouverneur danois. Il abrite aujourd’hui différents musées, dont celui des joyaux de la couronne. Rebaptisée par la suite du nom de « Trondheim », la ville fut ravagée par un incendie en 1681, puis reconstruite en son centre sur un plan parfaitement rectiligne par un général de lointaine ascendance française, Caspar de Cicignon. On lui doit aussi la forteresse de Kristiansten, érigée sur les hauteurs, dans le contexte de la guerre avec la Suède. En contrebas, se déploie le quartier du Bakklandet, remontant lui aussi au XVIIe siècle, et auquel on accède par le « Vieux Pont » au décor de bois coloré. Il se caractérise notamment par ses maisons sur pilotis, en bois gris, brun ou rouge, servant autrefois d’entrepôts aux marchands.

A partir du XVIIIe siècle, la ville voit éclore, dans le style rococo, de somptueuses villas de bois dont la plus prestigieuse est le Stiftsgarden, édifiée entre 1774 et 1778 et demeurée jusqu’à nos jours le plus grand palais en bois de Scandinavie. Trondheim est alors l’un des lieux phares du réveil culturel de la Norvège avec la fondation en 1760 d’une société savante, appelée à devenir l’Académie royale des sciences. A travers ses collections de peinture, le musée des Beaux-Arts de Trondheim se fait l'écho de cet extraordinaire renouveau, à l’origine, entre autres, du romantisme national incarné par Johann Christian Dahl (1788-1857).

Au XIXe siècle, Trondheim devient un grand centre portuaire et commercial et voit en périphérie une partie de son paysage urbain se transformer sous l’effet de l’industrialisation. Mais elle sait en même temps sauvegarder son patrimoine bâti le plus ancien, en déplaçant et regroupant dans son musée de plein air quatre-vingts maisons, églises ou granges datées entre le XIIe et le XIXe siècle. Le visiteur qui arpente ses allées, à partir desquelles il jouit aussi d’une extraordinaire vue sur la ville, a plus que jamais l’impression de remonter le fil du temps tout en tirant un trait d’union entre le passé et le présent.
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