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La Valette
Malte, carrefour de civilisations
Minuscule île au cœur de la Méditerranée, Malte vit se succéder, dès la préhistoire, des peuples et des cultures d'une extraordinaire variété. Après une brillante période mégalithique, Malte vit arriver sur ses rivages les Grecs, les Phéniciens, les Romains et fut l'une des premières terres christianisées en Occident avant d'être livrée aux Vandales, aux Ostrogoths, aux Byzantins, aux Arabes puis reconquise par le royaume normand de Sicile en 1091... Après être passée des mains de la maison d'Anjou à celles de l'Aragon, elle revint par héritage aux Habsbourg ! En 1530, Charles Quint, dans un grand élan de générosité donna l'île de Malte aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem contre le don annuel d'un « faucon chaperonné de soie, portant sonnettes d’or et bagué de vervelles aux armes impériales »...

Des Hospitaliers de Saint-Jean aux chevaliers de Malte

L'ordre naquit un demi-siècle avant le début des croisades, lorsque des marchands amalfitains obtinrent d'al-Mustansir, le calife d'Egypte, l'autorisation de construire une hôtellerie à Jérusalem pour y recevoir les pèlerins. Ils s'installèrent dans un hospice dédié à saint Jean l'Aumônier, puis à saint Jean le Baptiste, qui fut desservi par des bénédictins venus essentiellement de l'Italie du Sud, qui furent les bâilleurs de fonds à l'origine. Lorsque débutèrent les croisades, ils entreprirent de soigner les combattants blessés avant de devenir, au début du XIIe siècle, à l'instar des Templiers, un ordre de moines combattants. Richement dotés de territoires en Terre Sainte par le roi ou les seigneurs lorsque ces derniers faisaient appel à eux pour défendre ou reconquérir leurs fiefs, les Hospitaliers accumulèrent d'immenses richesses et transformèrent certaines de leurs places fortes en citadelles inexpugnables, telles que le crac des Chevaliers. Mais la reconquête musulmane devint inéluctable au XIIIe siècle et les Hospitaliers durent se réfugier à Saint-Jean-d'Acre. Lors de la chute de cette ville, en 1271, ils s'installèrent à Chypre. La conquête de Chypre par l'Empire byzantin les poussa vers Rhodes en 1308 où l'Ordre devint une puissance maritime destinée à contrecarrer les opérations de pillage des « sarrasins ». Ils perturbaient ainsi le commerce maritime de la nouvelle grande puissance de l'Orient, l'Empire ottoman. Après une vaine tentative menée par Mehmet le Conquérant, Soliman le Magnifique réussit à s'emparer de Rhodes à la Noël 1522, après un long siège durant lequel les chevaliers luttèrent vaillamment à un contre vingt-cinq. Les instances de l'Ordre se réfugièrent alors à Nice puis, sous la pression du pape Clément VII, ancien chevalier de Saint-Jean, le diplôme de Bologne du 24 mars 1530 donna au grand maître Villiers de l'Isle-Adam, les îles de Malte et Gozo.
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La lutte contre les Ottomans

Malte ne comportait, à cette époque, qu'une seule petite cité digne de ce nom, au centre de l'île, Città Notabile. Les chevaliers décidèrent donc de s'installer sur la côte orientale et édifièrent une petite place forte à Birgu, mais devant la menace ottomane toujours grandissante, ils construisirent aussi une forteresse sur la presqu'île lui faisant face : le fort Saint-Elme. 1565 fut une année terrible. Les fortifications n'étaient pas totalement achevées lorsque les chevaliers durent subir cinq mois de siège. Galvanisés par l'énergie du grand maître Jean Parizot de La Valette, ils résistèrent avec héroïsme, donnant ainsi le temps aux renforts envoyés par Séville, le pape et Philippe II. La victoire durement acquise mit définitivement fin au contrôle des Turcs sur la Méditerranée occidentale. Birgu prit dès lors le nom de Citta Vittoriosa.

La Valette

Le Grand Maître, tirant les leçons de cette attaque, décida d'édifier, en prolongement du fort Saint-Elme, une ville-forteresse inexpugnable. Il fit appel aux meilleurs architectes militaires de l'époque, Francesco Laparelli de Cortone et Gabrio Sarbeloni et, surtout, à l'ingénieur maltais Girolamo Cassar. Edifiée dans cette magnifique pierre calcaire blonde de Malte, la nouvelle ville prit le nom de La Valette. Le palais des grands maîtres reprit le schéma d'ensemble de celui de Rhodes tandis que les auberges, sièges des différentes « langues » de l'Ordre, rivalisaient de luxe et de beauté, dans ce style baroque plein de fraîcheur méditerranéenne qui fait tout le charme de la ville. Certaines d'entre elles, l'auberge de Provence ou celles d'Italie, de Castille ou de León, sont particulièrement somptueuses et portent la trace de l'influence de l'Italie et de l'Espagne. La grande bibliothèque de l'Ordre, en revanche, était d'inspiration française et fut construite par le Français Etienne Ittar. Devenue la capitale de l'île, La Valette s'enorgueillit ensuite d'une magnifique cathédrale, construite entre 1573 et 1577 par Girolamo Cassar. Lorsque la menace ottomane disparut après la victoire des forces navales chrétiennes à la bataille de Lépante en 1571, La Valette devint un port de commerce très actif et la cité s'enrichit de belles demeures de marchands qui bordent la Strada San Giorgio, aujourd'hui rue de la République, et la rue des Marchands, de l'église Notre-Dame-des-Victoires qui commémore la victoire du grand siège, de l'église Sainte-Catherine-de-Sienne construite pour la langue d'Italie en 1576 par Girolamo Cassar, du magnifique théâtre, édifié en 1731 sous le grand maître Manoel de Vilhena, du palais de Justice de l'Ordre – la castellania –, de l'opéra royal, œuvre de Barry, architecte de Covent Garden...
Après une brève occupation par la France du Consulat et la dissolution de l'Ordre par Bonaparte en 1798, Malte devint britannique jusqu'en 1964, mais ces cent cinquante années, malgré les terribles destructions de la seconde guerre mondiale, marquèrent beaucoup plus les modes de vie et la culture des Maltais que le paysage urbain de la ville, si l'on excepte l'apparition de nombreux pubs.
Aujourd'hui, une promenade à La Valette, depuis la magnifique terrasse paysagère des Upper Barraca Gardens qui offre une vue panoramique sur le grand port et les Trois Cités – Vittoriosa, Cospicua et Senglea – jusqu'au fort Saint-Elme, à l'extrémité de la péninsule, ne peut que séduire le voyageur, avec ses jardins et ses fontaines, ses ruelles qui semblent directement sorties du XVIe ou du XVIIIe siècle, ses palais et les façades élégantes des auberges qui abritent, telle l'auberge de Provence, des musées aux étonnantes richesses archéologiques...
 

 
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