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Le temple Byodo In à Uji
L'harmonie nippone
Le Japon recèle des milliers de temples, mais bien peu atteignent la qualité architecturale et l’importance historique du Byodo In. Cela fait des siècles que sa silhouette aérienne, posée sur les eaux sereines d’un étang, apparaît aux yeux des fidèles et des visiteurs comme l’expression magnifiée de l’art aristocratique de l’époque Heian (794-1185). Fraîchement restauré, il justifie pleinement son classement par l’UNESCO au titre de patrimoine de l’humanité.

Uji et les Heian

Au pied des collines qui limitent à l’est le bassin de Kyoto, la première capitale du pays, la ville d’Uji passerait inaperçue sans deux éléments essentiels aux yeux des Japonais : un thé vert, d’une qualité réputée, et le Byodo In, cher au cœur et à l’âme de ce peuple qui voit dans le respect de la tradition comme un antidote au rythme souvent frénétique des mégalopoles tentaculaires. A l’origine, on trouve une simple villa élevée à la fin du IXe siècle par Minamoto Toru. Un siècle plus tard, la construction devient la propriété d’un chef de clan en pleine ascension, Fujiwara Michinaga (966-1027), l’un des plus grands ministres qu’a connus l’ère Heian. C’est son fils Yorimichi qui transforme la résidence en un temple tenu par la secte bouddhique ésotérique Tendai. Nous sommes en 1053. L’ensemble forme un complexe de bâtiments divers centrés sur une petite île où s’élève la merveille d’Uji : le Hôô dô. En 1336, une guerre civile particulièrement violente entraîne la destruction d’un grand nombre de bâtiments du site. Cela ne rend que plus précieuse la structure du Byodo In, échappé comme par miracle des soubresauts de l’histoire du Japon.

Le Hôô dô en son jardin

Lorsque l’on pénètre dans le périmètre du Byodo In, on est immédiatement saisi par la sérénité qui se dégage de l’endroit. Le cadre naturel, beau en toute saison, touche au sublime au printemps, quand les cerisiers déploient la symphonie rose et blanche de leurs fleurs en fête. Instinctivement, le pas se ralentit, pour goûter le plus longtemps possible l’approche du pavillon central, qui apparaît bientôt posé sur son étang, au-delà d’un pont qui ne semble avoir été bâti que pour en empêcher la dérive. Hôô dô signifie littéralement le « pavillon du Phénix ». Ecoutons Danielle Elisseeff, une des plus grandes spécialistes de la civilisation japonaise. « Le Hôô dô, pavillon central, est flanqué de deux bâtiments latéraux, de taille moins grande et auxquels le relient deux galeries : c’est le type même de l’architecture shinden, qui fut celle des palais à l’époque de Heian […]. Le palais, enfin, se mire dans les eaux d’un étang artificiel et, double de son reflet, il évoque plus que jamais cette silhouette d’oiseau en vol que recherchaient particulièrement les architectes de l’époque Heian. » Le légendaire oiseau qui renaît de ses cendres figure, statufié et doré, sur le faîte du toit, prêt à prendre son envol, signe de sa vitalité intacte.

Amida et le paradis sur terre

Depuis que la secte amidiste a investi le Byodo In, l’ensemble a pour vocation de recréer le Paradis bouddhiste de la Terre pure. Ainsi, le temple témoigne-t-il de la foi et du mode de vie de la noblesse heian, dans un temps où la divinité s’humanise et la compassion se fait miséricordieuse. C’est pourquoi, les panneaux intérieurs du Hôô Dô sont ornés de peintures laquées représentant le Paradis d’Amida et les neuf grades de Salut qui y mènent. Des paysages, d’une exécution remarquable et tout à fait révélateurs de la finesse des peintres japonais, illustrent les quatre saisons. Ce décor constitue un environnement idéal pour la merveille que constitue le Byodo In. La statue du Bouddha Amida trône au cœur du pavillon. C’est une œuvre admirable du XIe siècle, attribuée au moine et maître-imagier Jôchô. Haute de près de trois mètres, elle est constituée de pièces de bois sculptées et assemblées, recouvertes ensuite de feuilles d’or. Amida, assis sur un piédestal en forme de lotus, est flanqué de boddhisattva, les êtres promis à l’Eveil qui sont très souvent les compagnons de l’Eveillé. L’œuvre fascine. Amida est assis, calme et impassible, dans l’attitude de la méditation. Son regard fixe un point au-delà des choses. Ses traits lisses contrastent avec les arabesques compliquées du dais qui l’entoure. Il a atteint le point d’équilibre parfait entre sa foi intérieure et la compassion qu’il déploie pour le monde, illustration impressionnante de l’idéal bouddhiste.

Il est bien difficile de s’arracher à ce lieu d’harmonie parfaite entre les œuvres de la nature et celles des hommes. Heureusement, chacun peut emporter au creux de sa main un souvenir concret de ces instants hors du temps : le Byodo In figure en effigie sur les pièces de 10 yens...
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