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Le mont Fuji
L'éternelle beauté
Le Tokaido
Courant le long de la côte méridionale de l'île de Honshu – l'île principale de l'archipel nippon – la voie du Tokaido fut, depuis les périodes les plus reculées de l'histoire du Japon, la route majeure reliant la capitale impériale de Kyoto à la partie centrale de l'île. Piétons et cavaliers, aristocrates en palanquin, parcouraient cette voie de relais en relais, cinquante-trois petites villes où fleurissaient les auberges et les échoppes de toute sorte, offrant rafraîchissements, écuries pour les chevaux et, dès le Xe siècle, boutiques de souvenirs. Lorsqu'en 1603, après s'être fait donner par l'empereur le titre de shogun, Tokugawa Ieyasu fit de son quartier général d'Edo – la future Tokyo – la nouvelle capitale du Japon, la voie du Tokaido prit encore plus d'importance. Praticable toute l'année, même lors de la saison pluvieuse grâce à son épaisse assise de graviers concassés recouverte de sable, elle était réputée pour ses paysages qui, égrenés sur près de cinq cents kilomètres, parlaient à l'âme du poète qui réside dans tout Japonais. Ils furent immortalisés par les estampes Les Cinquante-Trois Stations du Tokaido qu'Hiroshige peignit entre1833 et 1834. A une centaine de kilomètres à l'ouest de Tokyo, l'étape la plus emblématique était cependant celle de la ville d'Hakone, la dixième des cinquante-trois stations du Tokaido, réputée pour ses sources chaudes qui alimentent les onsen, les bains thermaux en plein air. Quittant Hakone vers l'ouest, le voyageur empruntait une splendide allée bordée de cryptomères géants, dont un tronçon subsiste encore de nos jours. Il arrivait ensuite sur les rives du lac Ashi et découvrait les lignes d'un immense cône parfait couronné d'un liseré de neige : le mont Fuji.

Sangaku shinkō
Même si le bouddhisme, introduit au Japon depuis la Chine et la Corée au VIe siècle, a fortement influencé la spiritualité japonaise, le shintoïsme reste la religion traditionnelle la plus caractéristique et subsiste encore dans bien des croyances et aspects de la vie. Le shintoïsme devait certainement être, à l'origine, une religion animiste, et les Japonais ont toujours montré une vénération pour les lieux naturels présentant des caractéristiques particulières. A côté des sources et des forêts, les montagnes, spécialement les volcans, qui présentent des lignes pures, couronnées de neige et environnées de lacs, furent très tôt considérées comme le lieu de résidence des esprits, les kamis, sensibles à l'harmonie des paysages. Nommées shintaizan, elles furent alors l'objet d'un culte particulier, le Sangaku shinkō, qui prit encore plus d'importance, à partir du XIIe siècle, dans le shugendo, manière de syncrétisme entre le bouddhisme ascétique et les pratiques traditionnelles du shinto dans lequel la relation entre l'homme et la nature est primordiale.

Fuji San
Pour désigner le mont Fuji, les Japonais n'utilisent jamais le terme Fuji Yama, mais le désignent en utilisant le suffixe san qui marque le respect : Fuji San. Pour les géographes, le mont Fuji est le plus haut sommet du Japon, culminant à 3 776 mètres pour un diamètre de 50 kilomètres. Strato-volcan actif de la ceinture de feu du Pacifique, le Fuji appartient à un complexe de trois volcans qui apparurent sur une faille majeure il y a quelque 600 000 ans, mais le cône actuel, le Shin Fuji – le « Nouveau Fuji » – n'a que 10 000 ans. Il connut de nombreuses éruptions à l'époque historique, dont la plus puissante survint en 864 et la dernière en date, l'éruption de Hoei, remonte à 1707, quelques jours après un violent séisme. Les retombées de cendres sur les pentes nord du Fuji firent un barrage sur plusieurs cours d'eau, donnant naissance aux « Cinq lacs du Fuji », Fuji Goko, devenus aujourd'hui des lieux de villégiature particulièrement appréciés des Tokyoïtes. Longtemps, l'accès au sommet de la montagne fut interdit : il ne convenait pas de déranger la déesse du Fuji Asama no Okami. Mais, à partir du XIIe siècle, les pèlerins vinrent le gravir en nombre durant la saison d'été. Après avoir fait les ablutions purificatrices dans les sources sacrées, munis d'un bâton, pieds nus ou chaussés de sandales de paille de riz – les waraji –, ils partaient des sanctuaires situés près des lacs, au pied du cône volcanique, pour une ascension qui pouvait durer plusieurs jours. Au XVIIIe siècle, le nombre de pèlerins augmenta considérablement et des sentiers furent aménagés, ainsi que des refuges et de petits sanctuaires qui ponctuent les dix stations du chemin. Ce ne fut qu'au début de l'ère Meiji, en 1872, que les femmes eurent l'autorisation d'effectuer l'ascension. Aujourd'hui, tant les pèlerins que les touristes ne partent plus du pied du Fuji, mais arrivent en train à la cinquième station...

Le circuit du Fuji
Si l'on ne désire pas arpenter les pentes du mont Fuji, la meilleure façon de le découvrir est encore d'opter pour le circuit qui, au départ d'Hakone, emprunte d'abord un pittoresque petit train de montagne vers le musée de plein air d'Hakone, qui offre une belle collection de sculptures de Rodin, Maillol et Bourdelle et plus de trois cents céramiques de Picasso. De la gare de Gora, on emprunte un funiculaire puis un téléphérique qui offre des vues uniques sur le mont Fuji. Un arrêt permet de découvrir les solfatares, les fumerolles qui attestent l'activité volcanique du cône montagneux. L'attraction majeure y est d'y plonger des œufs dans les sources d'eau sulfureuse bouillante, qui en ressortent cuits et... entièrement noirs ! Le téléphérique redescend ensuite vers Togendai, sur le rivage du lac Ashinoko. La traversée du lac en bateau offre encore, si le ciel est dégagé, des images du mont Fuji dignes des célèbres estampes qu'Hokusai publia en 1833 sous le titre des Trente-Six Vues du mont Fuji et qui marquent le sommet de l'art du paysage japonais et du style ukiyo-e.

La silhouette du Fuji est aujourd'hui le symbole universellement reconnu du Japon, une fascination qui était déjà exprimée en 759, dans le premier recueil de poésie japonaise, le Manyoshu : « Depuis que le ciel et la terre se sont séparés, la haute cime du mont Fuji se dresse à Suruga, noble et altière, telle une divinité. »
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JA 31 - 13 jours

Le pays du Soleil-Levant est un monde étrange, mélange subtil d’un passé toujours vivant et d’une fuite éperdue vers l’avenir. Les Japonais, sous l’égide de leurs empereurs, descendants de la déesse solaire ... Découvrir ce voyage
 

 
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