Logo Clio
Service voyages
Service voyages
Le Daibutsu-Den à Nara
Quand le Bouddha régna sur le Japon
L’éclosion du Japon impérial
Inaugurées dès le début de notre ère, puis un temps interrompues, les relations entre les petites seigneuries du Japon avec la Corée et la Chine reprirent avec vigueur au cours du VIe siècle, à l’époque dite « de Yamato ». C’est ainsi que, selon les chroniques anciennes, un roitelet coréen fit présent à la cour de l’empereur Ojin de statues et de sutra bouddhiques et que le lettré Wani introduisit au Japon les caractères chinois qui allaient permettre la formation de l’écriture japonaise. Après la mort de l’empereur Yomei et l’assassinat de son demi-frère Sushun, le pouvoir échut à l’impératrice Suiko ; il revenait à une femme pour la première fois dans l'histoire du Japon. En fait, l'autorité était, pour l'essentiel, détenue par le prince Shotoku-Taishi, nommé régent impérial en 593. Ce personnage, qui avait installé sa capitale à Ikaruga, tout près de Nara, invita à la cour de nombreux artistes, artisans et savants chinois. Séduit par le bouddhisme, il s’y convertit et en fit une religion officielle du Japon, sans pour cela écarter le shintoïsme ancestral. Dès 601, les temples bouddhistes se multiplièrent dans l’enceinte du Horyu-ji à Ikaruga. Après la mort du régent, les luttes de clans recommencèrent. Le siège du gouvernement et la résidence de l’empereur restaient mobiles : chaque empereur s’installait dans une nouvelle capitale. Avec l’appui du puissant clan Fujiwara, les empereurs du VIIe siècle renforcèrent leur pouvoir, adoptant le modèle de l’administration chinoise. Le règne de l’empereur Tenmu (673-686) marqua la victoire absolue des institutions impériales.


Nara et l’emprise du bouddhisme
Peu de temps après être montée sur le trône impérial, l’impératrice Genmei (707-715) décida de fonder une capitale stable à Heijō-kyō, aujourd’hui Nara, construite sur un plan imitant celui de la capitale des Tang, Chang'An (Xi’an). La cité accueillit alors de nombreux monastères bouddhiques qui s’implantèrent sur les collines bordant la plaine de Nara. Ce fut enfin avec les règnes de l’empereur Shomu (724-749), puis de l’impératrice Koken (749-758) que le bouddhisme atteint son acmé et fut déclaré « protecteur de l’Etat ». Fut instauré également le système du « kokubunji » consistant à mettre chaque province sous le contrôle d’un monastère dépendant de l’autorité centrale de Nara. On assiste à cette époque à la multiplication des écoles bouddhistes : les « Six écoles de la capitale du Sud » (Nanto roku shū), soit deux sectes mineures, Jojitsu et Kusha, et quatre grandes écoles, Sanron, Ritsu, Hosso – fondée par Dosho en 660 et qui introduisit la crémation au Japon – et, surtout, Kegon, introduite au Japon en 735 par le prêtre chinois Dosen et centrée sur le culte de Rôshana (nom japonais du bouddha Vairocana), le bouddha universel dont le bouddha historique, Shakyamuni, n’est qu’une émanation.

L’empereur Shomu
Monté sur le trône impérial en 724, Shomu fit déclarer impératrice son épouse en 729, bien que celle-ci ne fût pas du sang de la famille impériale, mais appartenait au clan Fujiwara. Les souverains étaient tous deux de fervents bouddhistes, proches de l’école Kegon. Shomu voyait la religion comme une puissance devant être étroitement liée à celle de l’Etat et destinée à apporter le réconfort moral au peuple, et la paix et la stabilité pour le pays. Afin d’affirmer l’autorité centrale de Nara, il décida, en 743, de faire édifier un temple-monastère destiné à rayonner sur tout le réseau des monastères bouddhiques du Japon. Commença alors la construction du temple Todai.

Le Todai-ji
« Construit pour la protection du pays et la prospérité de la nation » et en témoignage de la reconnaissance envers le bouddha guérisseur, Yakushi Nyorai, pour avoir mis fin à la grande épidémie de variole de 735, le « Grand Temple de l’Est » devait devenir le centre spirituel du Japon. Malgré les séismes et les incendies qui l’ont ravagé à plusieurs reprises, le Todai-ji reste le plus grand édifice en bois du monde. Après avoir franchi la porte sud, le Nandai Mon, de près de trente mètres de haut, construite en 1199, c’est en traversant un vaste parc de 5 hectares, adossé aux collines de Nara, où vagabondent de nombreux daims en liberté – considérés comme les messagers des dieux et vénérés comme tels – que l’on accède à l’édifice principal, le Daibutsu-den. Surmonté de deux kutsugata (imitation d’édifices chinois) qui doivent le protéger contre les incendies et d’une lanterne octogonale en bronze, sa construction fut entreprise en 747 pour abriter le grand bouddha, le Daibutsu.

Le Daibutsu
Statue colossale en bronze doré de 16 mètres de hauteur et d’un poids total de 250 tonnes, à l’effigie du bouddha Vairocana/ Rôshana siégeant sur un lotus à « mille pétales » (en réalité, au nombre de 48), chacune d’entre elles portant l’image d’une hypostase du Bouddha, elle fut réalisée en même temps que le temple, sous la supervision du sculpteur d’origine coréenne Kuninaka no Muraji Kimimaro. L’empereur Shomu mobilisa, pour sa réalisation, une grande partie des ressources de son « empire » qui, ne l’oublions pas, se résumait au centre et au sud de Honshu, à l’île de Shikoku et à la partie nord de Kyushu. Coulée par segments successifs, de bas en haut, sur le moule réalisé en terre sur une armature de bois, puis dorée au mercure et polie, la statue fut inaugurée 752. L’empereur, en présence de toute la cour et, dit la légende, de 10 000 prêtres et moines, procéda à « l’ouverture des yeux ». La cérémonie fut accompagnée également du don par Shomu de précieux objets rituels, toujours soigneusement conservés dans le trésor du Shoso-in, qualifié par les Japonais de « plus ancien musée du monde ».

La fin de Nara
Les monastères obtinrent l’exemption de taxes et la pleine propriété foncière de leurs domaines. Leur poids politique ne cessa alors de croître, à tel point qu’en 794, l’empereur Kammu déplaça la cour à Heiankyo (Kyoto) qui resta capitale impériale jusqu’en 1868. Nara perdit son importance politique, mais chaque fois qu’un séisme ou un incendie endommagea le grand bouddha ou le temple, les empereurs s’attachèrent à les faire restaurer en mémoire du grand empereur Shomu et en raison du symbole du prestige impérial que représentait le Daibutsu...
Partir en voyage avec Clio
JA 31 - 13 jours

Le pays du Soleil-Levant est un monde étrange, mélange subtil d’un passé toujours vivant et d’une fuite éperdue vers l’avenir. Les Japonais, sous l’égide de leurs empereurs, descendants de la déesse solaire ... Découvrir ce voyage
 

 
Mentions légales Conditions Générales de vente Comment s'inscrire Hôtels à Paris Vos assurances Qui sommes-nous ? Clio recrute Nous contacter