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Himeji-jo
Majestueuse forteresse blanche
Forteresse emblématique du patrimoine nippon, Himeji-jo demeure aujourd’hui l’un des rares exemples encore authentiques des anciens châteaux en bois japonais. Nombre d’entre eux furent en effet reconstruits à l’identique après la seconde guerre mondiale, à partir de structures en béton, mais celui d’Himeji, bâti au tournant du XVIe et du XVIIe siècle, a traversé presque intact les tribulations de l’Histoire. Conçu comme une imposante et imprenable place-forte, il domine, au plus haut point d’une colline, la ville paisible d’Himeji, située au centre du pays, dans la préfecture de Hyogo, et compte, sur 102 hectares, pas moins de quatre-vingt-deux édifices, dont le principal, visible à des kilomètres à la ronde, est un véritable chef-d’œuvre d’architecture militaire. L’étagement harmonieux des masses réparties sur cinq niveaux, la succession de multiples pans de toits élégamment courbés et recouverts de tuiles cuivrées, l’ordonnance parfaitement rectiligne des murs enduits de chaux blanche concourent à la beauté insolite des lieux. La fière élégance d’Himeji-jo avec ses puissantes fondations en pierre au tracé incurvé, son donjon élancé vers le ciel et ses trois tours plus petites lui a ainsi valu le surnom de Shirasagi-jo – « château du héron blanc » – qui, à l’instar du majestueux oiseau, semble, après s’être posé au-dessus de la vallée, prêt à déployer ses ailes pour s’envoler à nouveau. En contrebas, par-delà les pentes recouvertes de cerisiers, de larges douves ponctuées d’imposants bastions ceinturent l’ensemble et indiquent immédiatement aux visiteurs la vocation avant tout défensive d’un des sites les plus prestigieux du Japon, classé depuis 1993 parmi les trésors du patrimoine mondial de l’humanité.

L’émergence d’une première forteresse à la faveur des guerres incessantes

Situé à un carrefour important de voies de communication, au cœur de la plaine Harima, le mont Himeji se vit doter d’une première forteresse dès 1346, à l’époque Nanboku-cho de la période Muromachi, c’est-à-dire au moment où la guerre des Cours du Nord et du Sud faisait rage. On doit alors sa construction au chef de clan Akamatsu Sadanori, tandis que cent trente ans plus tard, son lointain successeur, Akamatsu Masanori, se charge de l’agrandir, peu après la guerre d’Onin, et la fait ceindre de doubles remparts. Mais c’est entre la fin du XVIe siècle et le début du XVIIe siècle que le site, à la faveur de plusieurs reconstructions, se pare peu à peu de l’apparence que nous lui connaissons aujourd’hui.

Tout au long du XVIe siècle, l’architecture castrale n’a cessé de se perfectionner avec l’émergence de hauts donjons, la généralisation des douves et l’évolution des techniques de construction. Les matériaux utilisés demeurent cependant principalement le bois et le mortier, la pierre étant réservée avant tout aux fortifications extérieures. L’instabilité sismique propre au japon exige en effet des constructions légères, souples et élastiques, d’autant que la pénurie généralisée de pierres dans l’archipel interdit d’y avoir exclusivement recours. Dans le cas d’Himeji, on n’hésitera pas à profaner de très anciens sites funéraires selon la pratique du remploi, et à encastrer dans les murs d’enceinte vingt-six sarcophages et plusieurs dizaines de pierres tombales remontant au VIe siècle.

L’époque Sengoku, marquée elle aussi par les guerres et les intrigues constantes, voit émerger successivement deux figures majeures animées à la fois par une volonté de pacification et une véritable fièvre bâtisseuse : Oda Nobunaga (1534-1582) donne le pas en faisant édifier le premier des somptueux châteaux défensifs, mais c’est avant tout son successeur Toyotomi Hideyoshi (1537-1598) qui ordonne la multiplication des places fortes, notamment dans les provinces de l’Ouest, ralliées depuis peu au shogunat. Parmi elles, on compte la citadelle d’Himeji, dont la construction – ou plus exactement la reconstruction à partir de l’ancienne forteresse – débute en 1580. Mais, à peine achevée, vingt ans plus tard, elle est en partie détruite à son tour, pour être finalement considérablement agrandie, en 1608-1609, par le daimyô Ikeda Terumas, alors maître des lieux. En 1617 enfin, le bastion occidental – dit Nishi-no-maru – est remodelé par Honda Tadamasa, comme quartiers pour sa femme, la fille du prestigieux shogun Tokugawa Ieyasu (1543-1616). Dès lors, et pendant près de trois siècles, vont se succéder à Himejo soixante-huit seigneurs, dont les différents sceaux – ou môn –, visibles en haut des différents faîtages, rappellent encore le souvenir.


Une citadelle à jamais imprenable alliant la fonction à l’esthétique

Dans son plan définitif, la citadelle d’Himeji comporte deux enceintes concentriques, derrière lesquelles s’ordonnent trois séries de douves inondées. Le long des murailles, percées de nombreux hazama – ou meurtrières – s’élèvent aussi donjons et tours de guet, voisinant avec les demeures de guerriers samouraïs. Dans ce dédale, les portes, massives et nombreuses, sont renforcées par des plaques de fer, et disposées le long d’un chemin dessiné lui-même en spirale. Contraints de longer les murs pour franchir chacune des poternes, les assaillants éventuels ne peuvent avancer qu’en tournant le dos à l’ennemi, ou encore en ayant l’illusion de tourner sur eux-mêmes. Très vite désorientés, ils sont aussi exposés aux jets d’eau ou d’huile bouillante déversée à partir des glissières d’angle et n’ont finalement aucune chance de parvenir jusqu’au haut donjon central, flanqué de trois plus petites tours. Là, les fenêtres alternent – selon leur fonction – les formes rectangulaires adaptées au tir à l’arc, et les formes triangulaires pour utiliser les armes à feu. La blancheur des murs enfin ne satisfait pas seulement le regard par sa beauté : obtenue à partir d’un mélange de chaux et de coquillages, elle protège du feu le bois qu’elle recouvre. Par ailleurs, seuls cinq étages sont visibles de l'extérieur, alors que l'édifice en compte six au total. Sans doute s'agit-il là encore de tromper l'attaquant, en s'offrant une possibilité de fuir par les toits tous reliés les uns aux autres.

L’ultime destin d’Himeji-jo

Réputée imprenable, Himeji-jo ne fut jamais ni détruite ni livrée aux ennemis. Avec l’avènement de l’ère Meiji, en 1868,et la chute du régime féodal, le château subit quelques aménagements : une partie du mur occidental, ainsi que des habitations de samouraïs sont remplacées par des structures militaires qui deviennent, après 1945, des bâtiments publics. Alors que, pendant la seconde guerre mondiale, la ville s’est transformée en un véritable champ de ruines, la fière citadelle demeure seule debout sous le feu des bombardements américains. Bénéficiant, par la suite, de mesures nationales et internationales de sauvegarde du patrimoine, elle devient l’un des plus hauts lieux touristiques du Japon. En raison d’une restauration d’envergure, entamée en 2009, le donjon, longtemps caché sous une bâche, s’offrira à nouveau au regard, dans toute sa splendeur, au printemps 2015.
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