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Orta
Paradis suspendu entre l'eau et le ciel
Enchâssé dans les montagnes du Piémont comme une perle dans un écrin de verdure, le lac d’Orta s'apparente à un paysage d’aquarelle où se mêlent le bleu nacré des eaux, le vert infini des monts boisés, l’acier des roches et le blanc de la neige sur les cimes plus lointaines. Au centre, comme touche finale du tableau, émerge un unique et minuscule îlot, entièrement couvert de bâtisses médiévales resserrées autour d'une basilique romane miniature. Parallèle au lac Majeur, le plus petit et le plus occidental des grands lacs italiens issus du glacier Simplon n'a rien à envier à son prestigieux voisin : doté comme lui d'un cadre enchanteur et de joyaux architecturaux, il s'en distingue par le charme sauvage de ses berges préservées.

Sous la protection de saint Jules

Si le lac est aujourd'hui prisé pour son calme bucolique, les récits de la vie de saint Jules, prêtre du IVe siècle originaire de Grèce, en renvoient une toute autre image. Envoyé par l’empereur Théodose avec pour mission de combattre l’hérésie arienne, il atteint le village d'Orta vers 390 et entreprend de bâtir une église sur l'île voisine. Mais les habitants, terrorisés par la rumeur de son infestation en serpents et autres bêtes monstrueuses, refusent tous d'y conduire le saint homme. C'est donc sur son propre manteau qu'il navigue jusqu'à l'île, distante de 400 mètres du rivage. Arrivé à destination, il terrasse les créatures malfaisantes, sans doute symboles de l’hérésie : ce prodige lui vaut aussitôt d'être célébré comme patron de l'île et de la ville d'Orta qui depuis portent son nom. Sur les fondations de l’église qu’il bâtit se dresse aujourd’hui une admirable basilique romane dominée par son campanile. Sa façade, flanquée de deux tourelles du XIIe siècle, est précédée d'un pronaos du XVIIe à deux fines colonnes. A l'intérieur, la décoration picturale abondante et colorée s'échelonne de la fin du XIVe siècle, date du très bel ensemble de fresques représentant le martyre de saint Laurent, aux envolées baroques des voûtes du XVIe. A gauche de la nef centrale, juché sur quatre colonnes, le superbe ambon de 1130 est considéré comme une œuvre majeure de la sculpture romane italienne. Réalisé en marbre serpentin et finement ciselé, il représente entre autres figures le serpent et le dragon vaincus par saint Jules.

Un refuge sacré

Fortifiée au VIe siècle lorsqu'elle devient le siège d’un duché lombard, l’île San Giulio se mue en une place forte réputée imprenable. Elle fut pourtant assiégée et vaincue au moins à deux reprises. En 590 d'abord par le roi des Lombards Agilulf, pour réprimer la trahison du duc Mimulf dont la dépouille gît dans la crypte de la basilique, aux côtés de celle de saint Jules. En 962, dans le cadre des luttes pour l'expansion de l'empire germanique, c’est au tour de Willa, l’épouse du roi d’Italie Bérenger II, de se réfugier avec le trésor royal à l’abri des remparts de l’île. Mais l'empereur Otton Ier parvient à s’en emparer et la confie, avec ses dépendances, à l’évêché de Novare qui en reste maître jusqu’à la conquête napoléonienne. Plus qu’un refuge humain, l’île est un asile spirituel où règnent le silence et le recueillement. Au fil de ses rues « du silence » et « de la méditation », le visiteur est invité à s’imprégner de l’esprit des lieux par des maximes accrochées aux murs centenaires des bâtisses, rédigées par l’abbesse fondatrice du couvent installé dans l’ancien palais épiscopal : « Ecoutez le silence », « Dans le silence, on peut tout recevoir »...

Un lieu privilégié de villégiatures

Une toute autre atmosphère règne dans la ville animée d'Orta San Giulio qui déploie son enchevêtrement de petites ruelles pavées sur une presqu'île de la rive orientale du lac. Encadrée de maisons à portiques aux couleurs riantes, la place centrale, la piazza Motta, s'ouvre sur le lac. Pourtant, le regard y est d'abord irrésistiblement attiré par un minuscule bâtiment isolé, juché sur de fines colonnes de granit gris comme sur des pilotis. Il s'agit du palais communal, bâti en 1582, où était rendue la justice les jours où le marché prenait place sous ses arcades. Sur ses murs extérieurs entièrement peints à fresque, on reconnaît les armoiries de la puissante lignée lombarde des Visconti, un serpent avalant un enfant, témoin de l'étendue de leur influence. Voisine de la place, l'église baroque Santa Maria Assunta fut bâtie en reconnaissance de la fin d'une épidémie de peste. A la fin du XVIe siècle, une autre épidémie sévissant cette fois à Milan incita de riches familles à quitter leur ville insalubre pour s'installer sur les rives du lac d'Orta, initiant au sein des élites européennes une mode qui atteindra son apogée au XVIIIe siècle. Tout autour du lac, on devine à travers la végétation des jardins et des parcs la présence de leurs somptueuses demeures, et, à Orta même, se succèdent d'élégants palais, tous dotés de petits mais luxuriants jardins au bord du lac.
Depuis le sanctuaire baroque de la Madonna del Sasso, dressé sur un éperon rocheux, ou depuis le Sacro Monte dont les vingt chapelles éparses mettent en scène la vie de saint François d'Assise, le regard plonge une dernière fois vers ce lac qui sut séduire tant d'écrivains et d'artistes, de Nietzsche à Balzac qui vante avec enthousiasme la sérénité des lieux : « Un charme poétique et mélodieux l'entoure de toute les harmonies. [...] C'est à la fois une Chartreuse et la vie ! »
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IT 45 - 6 jours

Insérés dans l'environnement somptueux des montagnes qui les entourent, les lacs glaciaires formés sur le versant méridional des Alpes italiennes ont de tout temps suscité l'admiration des poètes, des ... Découvrir ce voyage
 

 
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