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L'Athènes des Pouilles
Dans le Sud de l'Italie, la province des Pouilles ne fut pas toujours une région déshéritée du Mezzogiorno. Après avoir été le lieu d'une féconde hybridation entre les cultures indigènes des Messapiens, des Dauniens et, avec plus de réticence, des Lapyges et la culture grecque des colons arrivés sur ces rivages dès l'époque mycénienne, les Pouilles devinrent province romaine dès le IIIe siècle avant notre ère. A cette époque, l'antique Lupiae – aujourd'hui Lecce – devint une ville si florissante qu'elle était parfois surnommée l'Athènes des Pouilles... De cette époque, subsiste essentiellement l'amphithéâtre et la cavea bien conservée du théâtre romain où furent retrouvées quelques belles statues conservées aujourd'hui au musée provincial.

Des Romains à la maison d'Aragon
Après la chute de l'Empire romain, après être passé aux mains des Byzantins et des Lombards, puis à nouveau des Byzantins, pillée à plusieurs reprises par les Sarrazins, Lecce fut enfin conquise, en 1069, par les Normands et, érigée en comté, confiée à Godefroi de Hauteville, frère de Robert Guiscard. A l'apogée du royaume normand d'Italie méridionale et de Sicile, le comté de Lecce dépendait directement du puissant Tancrède de Sicile. De nombreuses églises furent alors édifiées, telles que l'église Saint-Nicolas-et-Saint-Cataldo qui cache aujourd'hui, derrière sa magnifique façade baroque, une belle nef romane normande. Comme les autres possessions normandes, le comté tomba ensuite dans l'escarcelle de la maison de Souabe, à l'époque de Frédéric II, puis revint à la maison d'Anjou. En 1463, Lecce fut rattachée au domaine des rois aragonais de Naples et reçut des privilèges qui lui permirent de développer son activité commerciale. Pour défendre la cité contre les incursions ottomanes, Charles Quint fit édifier, en 1540, une forteresse et des remparts dont subsiste aujourd'hui la belle Porta Napoli.

Une incroyable floraison baroque
De fait, le développement spectaculaire de Lecce ne commença réellement que lorsque disparut la menace turque, quand l'armada de la Sainte Ligue détruisit, à la bataille de Lépante, l'essentiel de la flotte ottomane. Les Vénitiens édifièrent sur la place San Oronzo, le Sedile pour abriter leur représentation, édifice d'un style élégant mêlant étrangement gothique et Renaissance, avec son immense arc ogival surmonté d'une loggia tripartite. Depuis le concile de Trente, l'art baroque s'étendait en un flot irrépressible en Europe et, sous l'impulsion des autorités ecclésiastiques prolongée par les initiatives privées de l'aristocratie et des riches marchands, Lecce connut à la fin du XVIe et au XVIIe siècle, une floraison baroque exceptionnelle. Après les églises, ce furent les palais, les édifices civils, les demeures particulières qui cédèrent à l'engouement pour cet art nouveau au point que l'ensemble de la ville offre aujourd'hui une unité de style remarquable.

Le style de Lecce
Dans une région où le catholicisme n'était guère menacé par la Réforme, le style baroque pouvait s'affranchir de son aspect militant pour laisser libre cours à l'imagination d'architectes inspirés tels qu'Emanuele Manieri, Giuseppe Cino ou Giuseppe Zimbalo. Bénéficiant de la présence locale de la pietra leccese, ce calcaire fin et facile à travailler qui prend une couleur beige rosé lorsqu'il est exposé à la lumière, ils multiplièrent les ornementations légères et gracieuses où rinceaux de fleurs et branchages s'entremêlent à des figures fantaisistes, des êtres fantastiques, donnant, malgré la profusion, une légèreté unique au baroque de Lecce. On n'en finirait pas d'énumérer les merveilles qui forment le décor de la ville, mais il faut cependant citer le palais épiscopal, l'exubérante basilique San Giovanni al Rosario, l'église Saint-Mathieu à l'étonnante façade convexo-concave et, chef-d’œuvre de Francesco Antonio Zimbaldo achevé en 1695, la basilique Santa Croce. Du château de Charles Quint à la place du Duomo, qui n'est pas sans évoquer un fastueux décor de théâtre, toutes les perspectives bordées de palais et ponctuées d'églises s'inscrivent dans une scénographie d'une remarquable unité que l'on doit découvrir en flânant doucement dans un décor de rêve.
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