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Le théâtre San Carlo
L'histoire d'une passion napolitaine
La ville de Naples abrite dans son centre historique un trésor sans pareil pour les amoureux de la musique : le légendaire théâtre San Carlo, bâti sous Charles III de Bourbon à qui il doit son nom, et demeuré depuis l'une des plus prestigieuses scènes d'art lyrique. Construite en 1737, quarante et un ans avant la Scala de Milan, et cinquante-cinq ans avant la Fenice de Venise, elle est aussi la plus ancienne des salles encore en activité et invite le spectateur à remonter le fil du temps, à la découverte de l'éclatant passé musical napolitain.
Le voyageur mélomane rêve ainsi à Stradella, Scarlatti ou Pergolèse, à l'univers fascinant des castrats et de l'opera seria, pénètre celui de l'opera buffa en compagnie de Cimarosa, Paisiello, Durante ou Puccini, se laisse transporter auprès de Rossini, Bellini ou encore Verdi et croit entendre chanter à nouveau les éternelles divas Maria Malibran et Isabella Colbran. Comme Stendhal en son temps, il peut s'exclamer : « Au premier moment, mes yeux sont éblouis, mon âme ravie. » Derrière une sobre façade d'inspiration néoclassique, se déploie en effet un long parterre d'environ trente-cinq mètres surmonté de cent vingt-quatre loges sur six étages disposés en fer à cheval et encadrant la somptueuse loge royale, le tout pouvant accueillir plus de 3 000 spectateurs.

Un joyau d'architecture à la mesure de la renommée musicale de Naples
Capitale à part entière, Naples rivalisa dès le XVIIe siècle avec les grands centres musicaux qu'étaient Rome et Venise. Ce fut sous l'impulsion d'Alessandro Scarlatti qu'y naquit l'opera seria, appelé à rayonner dans toute l'Italie et au-delà, pendant près de cent ans. Inspiré de sujets antiques et sérieux, ce nouveau genre d'opéra donnait la part belle à la musique, au détriment des effets de scène et de machinerie. De longs récitatifs pendant lesquels progressait l'action alternaient avec des aria da capo – airs en trois parties dont la troisième reprenait la première en l'ornementant. Ces aria, chargés d'une grande émotion, étaient aussi l'occasion pour le chanteur de montrer sa virtuosité vocale et sa capacité à exprimer les sentiments. L'avènement de l'opera seria coïncidait d'ailleurs avec l'âge d'or des castrats, portés aux nues particulièrement à Naples où quatre orphelinats avaient été transformés en conservatoires réservés à la formation des interprètes aux voix d'ange, parmi lesquels Farinelli et Caffarelli.
Lorsqu'il fait bâtir en deux cent soixante-dix jours le théâtre San Carlo par Medrano, Charles III consacre en monarque éclairé la passion napolitaine pour l'art lyrique. La salle est inaugurée le 4 novembre 1737 avec Achille in Sciro de Sarro. Sur six étages, des milliers de bougies éclairent des tapisseries alors bleues, or et argent et servent d'écrin lumineux à la loge royale surmontée d'une immense couronne. Quelques années plus tard, Charles de Brosses, en voyage en Italie, consigne dans son journal : « Le théâtre du palais est une pièce qui épouvante par sa magnificence. »

La montée en puissance de l'opera buffa et le devenir du San Carlo
Alors que l'opera seria triomphe presque partout en Europe, Naples, animé par un véritable élan créateur, donne le jour à un second genre musical : l'opera buffa. Léger et divertissant, il servira d'abord d'entracte aux opéras tragiques, pour finalement l'emporter sur les précédents et sonner le glas de l'ère des castrats. Dès 1733, Pergolèse compose dans cet esprit La Servante maîtresse, entraînant à sa suite Logroscino, Paisiello ou encore Cimarosa.
Devenu roi de Naples, Joachim Murat fait transformer en 1810 la façade du San Carlo par Niccolini. Mais le théâtre, alors dirigé par Barjaba, est ravagé par les flammes en 1816. Sa reconstruction est confiée au même architecte à l'initiative, cette fois, de Ferdinand Ier qui vient d'accéder au trône. Il rouvrira onze mois plus tard avec Il sogno di Partenope de Mayr, en présence de Stendhal : « Je ne me lasse pas du San Carlo – écrit-il alors –, les joies d'architecture sont si rares. » La façade se décompose en trois parties horizontales. Cinq arcades soutenues par de larges piliers soutiennent une grande loggia rythmée par quatorze colonnes ioniques, avec, au-dessus, un fronton légèrement incliné portant, en son sommet, Parthénope entre les génies de la comédie et de la tragédie. On conserve à l'intérieur la forme en fer à cheval de la salle tout en l'agrandissant considérablement. Sur le plafond, peint par Giuseppe Cammarano, Apollon présente à Athéna les plus grands poètes.

En 1854 enfin, le San Carlo reçoit ses couleurs définitives, rouge et or patiné. A partir de 1860, l'annexion des Deux-Siciles au royaume d'Italie entraîne le déclin culturel de Naples. Le San Carlo demeure cependant un important pôle lyrique et contribue à la renommée internationale de Rossini, Verdi et Bellini. Qui pénètre aujourd'hui dans ce magnifique théâtre, encore récemment rénové, croit véritablement franchir les portes d'un temple dédié, par-delà les siècles, à la musique européenne.
Le théâtre San Carlo avec Clio
IT 110 - 4 jours

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