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Le musée Capodimonte
Un palais dédié à l'art dans la baie de Naples
Erigé au XVIIIe siècle sur la colline du même nom, le palais Capodimonte – en italien Reggia di Capodimonte – domine, à l’écart du centre historique, la magnifique baie de Naples et son tissu urbain façonné, au fil des siècles, à l’ombre du Vésuve. Logé dans une ancienne réserve de chasse devenue un somptueux jardin, il épouse un tracé rectangulaire de 170 mètres de longueur sur 87 mètres de côté et ordonne ainsi deux à deux quatre façades néoclassiques d’inspiration dorique. Sous le signe de la rigueur et de la sobriété, celles-ci s’élèvent, sévères et solennelles sur deux rangées de fenêtres surmontées, au niveau des combles, d’ouvertures plus petites, et ponctuées verticalement d’imposants pilastres en pierre volcanique grise, contrastant avec le rouge napolitain des murs. L’alternance de couleur observée sur tout le pourtour ainsi que les saillies aux quatre coins de l’édifice commandent son rythme à l’ensemble et concourent ainsi à l’effet d’imposante majesté. A l’intérieur, trois cours se succèdent, pareilles les unes aux autres et répartissent des espaces d’égale proportion.

Commandité par Charles de Bourbon, sacré roi de Naples et de Sicile en 1734, le palais vit le jour à partir de 1738 et fut conçu dès l’origine pour assumer une double fonction : cette résidence royale devait servir en effet d’écrin à de somptueuses collections d’œuvres d’art – peintures, sculptures, antiques, médailles et camées – héritées avant tout des Farnèse et permettant d’asseoir le prestige de la nouvelle dynastie.


La première phase de construction

A peine arrivé à Naples, Charles de Bourbon jeta immédiatement son dévolu sur le bois giboyeux de Capodimonte où il pouvait s’adonner à la chasse, passion commune à tous ceux de sa lignée. A la tête d’un royaume désormais indépendant, il eut en même temps à cœur d’y imprimer symboliquement sa marque en initiant, sur le plan architectural, d’importantes transformations urbanistiques, dont le palais de Capodimonte devait aussi être l’une des premières expressions. En place du modeste pavillon de chasse érigé dès 1735, c’est un projet beaucoup plus ambitieux que se voit ainsi confier l’architecte originaire d’Agrigente, Giovanni Antonio Medrano (1703-1760), bientôt assisté, en 1737, d’Antonio Canevari (1681-1764), né et formé à Rome. Mais cette collaboration se solde par un échec, les deux architectes, rivaux plutôt que complémentaires, s’accusant mutuellement de plagiat. Medrano demeure finalement seul en lice et les travaux commencent sous sa direction, en 1738. Il doit faire face alors à de nombreuses difficultés structurelles : le sol est très friable et impose de bâtir des fondations particulièrement profondes, tandis qu’on peine à transporter sur cette colline à l’accès encore impraticable les matériaux nécessaires.

A partir de 1750, la construction d’un nouveau palais royal à Caserte ralentit aussi considérablement le chantier de Capodimonte. Pour autant, Charles de Bourbon n’abandonne pas son projet initial d’y installer ses trésors artistiques et, en prévision, charge une commission de les recenser. Ceux-ci sont constitués avant tout de la richissime collection héritée de sa mère, Elisabeth Farnèse, dernière descendante de la famille ducale de Parme. Elle comportait des bronzes, des médailles, des monnaies, ainsi que des dessins et des peintures de maîtres italiens de la Renaissance, comme Sebastiano del Pombio, Giovanni Bellini, Titien, mais on y trouvait aussi des œuvres de Bruegel. Les peintres maniéristes de l’école émilienne y étaient aussi largement représentés – notamment le Parmesan et Gerolamo Mazzola Bedoli – ainsi que les artistes baroques, dans la lignée du Caravage, tels Bartolomeo Schedone, ou, au contraire, s’en démarquant profondément comme Annibale Carrache.

Mais c’est seulement en 1758 que les douze premières salles enfin achevées – sur les vingt-quatre prévues au total – peuvent finalement accueillir, au sud, côté mer, la pinacothèque et au nord, côté bois, les livres, médailles et autres objets d’art. A peine une année plus tard, Charles de Bourbon devient Charles III d’Espagne, et se résout à quitter Naples sans emporter aucune des œuvres d’art pour lesquelles il avait fait construire Capodimonte. Il considère en effet qu’elles ne lui appartiennent pas en propre, mais bien au royaume dont il laisse la couronne à son troisième fils, Ferdinand IV, tout juste âgé de huit ans. Venait de naître alors l’un des plus prestigieux musées d’Italie, alors que le peintre napolitain Antonio Joli immortalisait le départ de son véritable fondateur dans une veduta demeurée célèbre.


Le destin, au fil des siècles, de Capodimonte

Si Ferdinand IV de Bourbon (1751-1825), ce roi surnommé lazzarone en raison de sa fascination pour le petit peuple de Naples, ne fut pas animé par la même fièvre bâtisseuse que son père, il ordonna pourtant la poursuite du chantier de Capodimonte et, après avoir peuplé le jardin de statues de marbre, inaugura six nouvelles salles d’exposition. Tout au long du XVIIIe siècle, la galerie, même inachevée, jouit d’un immense prestige dans toute l’Europe et accueille parmi ses visiteurs Winckelmann, Angelica Kauffmann, Fragonard, ou encore Canova. Mais, en 1798, l’invasion française entraîne la fuite du souverain, réfugié à Palerme avec certains des plus beaux chefs-d’œuvre de sa collection, tandis que les troupes du général Championnet se livrent sur place à un premier pillage. Peu de temps après, c’est encore trois cents tableaux qui sont emportés vers Rome, avant de retrouver, quelques années plus tard, leur place originelle.

La chute de la république parthénopéenne, suivie d’une sanglante répression, précède le retour triomphal à Naples de Ferdinand en 1802. Mais ce dernier est à nouveau contraint à l’exil en 1806, pour laisser place sur le trône à Joseph Bonaparte, puis, de 1808 à 1815, à Murat. Durant cette période, la suppression des ordres religieux et la confiscation systématique des trésors artistiques appartenant au clergé enrichirent considérablement les collections de Capodimonte. En 1787 cependant, tous les fonds d’antiques de la ville – parmi lesquelles les œuvres exhumées à Pompéi et jusque-là conservés dans la ville royale de Portici – sont définitivement transférés au musée de l’ancienne université, plus tard rebaptisé Musée archéologique national. Capodimonte conserve avant tout le statut de pinacothèque et se voit doté de la somptueuse collection réunie par le cardinal Borgia (1731-1760), qui comptait des peintres gothiques, à l’exemple de Bernardo Daddi, ou renaissants, comme Mantegna. Tout au long du XIXe siècle, le musée s’enrichit de toutes les acquisitions des derniers Bourbons, puis des souverains de la maison de Savoie, tandis que le palais est enfin achevé selon les plans de Tommaso Giordano et Antonio Niccolini. En 1906, la célèbre Crucifixion de Masaccio, détachée du polyptique de Saint Matthieu, trouve tout naturellement sa place dans ce temple de l’art qu’est devenu peu à peu Capodimonte. Reconnue officiellement comme musée national en 1920, la galerie n’ouvre finalement ses portes au public qu’en 1957, et après de nombreuses phases de travaux et de restauration, livre depuis 1994 le visage que nous lui connaissons encore aujourd’hui.
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