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La galerie de l'Accademia
Quatre siècles de peinture vénitienne
Prestigieuse pinacothèque, la galerie de l'Accademia est particulièrement représentative de la peinture vénitienne, et offre, à travers ses vingt-quatre salles d'exposition, un extraordinaire témoignage de l'apogée artistique de la Sérénissime. Paradoxalement, elle vit le jour peu après la chute de la République des Doges, à la faveur de l'invasion napoléonienne qui entraîna, en 1797, le pillage de la ville et la fermeture des églises. Les œuvres dispersées furent peu à peu rassemblées dans le palais ducal et l'église Saint-Antonin, mais bon nombre d'entre elles furent aussi transférées à la pinacothèque Brera de Milan ou encore transportées au musée du Louvre à Paris. A l'issue d'un long déclin, Venise, vaincue, dépossédée, avait perdu son faste et sa puissance, mais, malgré les destructions et les spoliations, restait pour toujours la ville dédiée à l'art et à la beauté. Quelques années plus tard, lord Byron allait ainsi constater : « Les palais se dégradent lentement au bord des canaux, la musique ne frappe plus à chaque instant l'oreille. Ces jours-là sont passés ; la beauté seule est restée. »

En même temps, la Révolution française avait instauré, avec le triomphe des « idées nouvelles », le principe selon lequel les œuvres d'art appartiennent, par l'intermédiaire de l'Etat, au « public » et doivent lui être accessibles. L'Accademia fut ainsi fondée officiellement en 1807 après l'annexion de Venise au royaume d'Italie. Elle regroupait sous ce nom à la fois une école des Beaux-Arts, une collection de sculptures et une pinacothèque, destinée « au confort de ceux qui s'exercent à la peinture ». L'institution – au départ, à vocation didactique – trouva place dans un ensemble architectural formé de trois édifices hétérogènes et contigus : la Scuola del Carita – l'une des six Scuole Grandi vénitiennes installées ici en 1344 –, l'église de la Carita – reconstruite par Bartolomeo Bon entre 1441 et 1452 –, et le couvent des chanoines du Latran – conçu par Andrea Palladio en 1561. Ces bâtiments furent réunis les uns aux autres et réaménagés par Gianantonio Selva en 1811.


La naissance d'un musée

La nef unique de l'église fut divisée en deux étages, avec, au rez-de-chaussée, cinq salles destinées à l'enseignement, et, à l'étage, deux espaces réservés aux collections. Les fenêtres gothiques furent murées en même temps qu'on aménageait un éclairage par le haut et un passage aboutissant à la Scuola, dans l'ancienne salle de l'Albergeo, autrefois réservée aux membres les plus insignes de la confrérie. Aujourd'hui encore, on peut y admirer, sur le mur même pour lequel elle avait été peinte, La Présentation de la Vierge au Temple, immense telero exécuté par Titien entre 1534 et 1539. La grande salle capitulaire, avec son somptueux plafond à caissons bleus et dorés, daté du XVe siècle, est restée quasiment intacte. Le couvent palladien, quant à lui, avait déjà été en partie détruit par un incendie en 1630. A partir des vestiges, Selva construisit une loggia à deux niveaux, adossée à l'église et communiquant avec elle. Là encore, toute l'attention fut portée sur l'éclairage et les capacités d'exposition. Comme à la pinacothèque Brera, récemment inaugurée, ces aménagements marquaient l'acte de naissance de la « muséographie ».

Constamment enrichie par les œuvres confisquées aux églises et aux couvents, la galerie accueillit rapidement des peintures des plus grands artistes, ainsi de Bellini, Carpaccio ou Titien. La chute de Napoléon entraîna aussi le retour à Venise d'œuvres majeures, comme Le Repas chez Lévi de Véronèse ou Saint Marc libérant un esclave du Tintoret. Lorsque l'Académie ouvrit au public, le 10 août 1817, on pouvait même y admirer la célèbre Assomption de Titien, rendue depuis à l'église des Frari pour laquelle elle avait été peinte. Les Vénitiens affluèrent pour admirer ces trésors enfin retrouvés et, d'après Leopoldo Cicognara, alors président de l'Académie, la foule se pressa durant quinze jours « sans qu'on puisse considérer sa curiosité comme rassasiée ».

L'aventure de l'Accademia au XIXe siècle

L'histoire de la galerie est dès lors ponctuée d'importants dons privés et d'acquisitions prestigieuses. Dès 1816, le musée avait bénéficié du legs de Gerolamo Molin qui apportait un remarquable groupe de primitifs, parmi lesquels les Récits de la Passion, attribués à Giovanni Baronzio, et Le Paradis de Michele Giambono. Le fonds naissant de l'Accademia bénéficia aussi de l'achat de la collection d'art graphique de Giuseppe Bossi, incluant les plus célèbres dessins de Léonard de Vinci. En 1838, Girolamo Contarini offrit son importante collection riche de 188 peintures, parmi lesquelles la Madone aux arbrisseaux et la Vierge à l'Enfant bénisseur de Giovanni Bellini. A cette époque était encore privilégiée la fonction didactique des collections et leur conservation confiée aux professeurs de l'Académie. En même temps, on élaborait un projet d'agrandissement qui allait aboutir à la construction d'une nouvelle aile, inaugurée en 1851, juste à temps pour recueillir le legs important de Felicita Renier, comportant notamment le Saint Jérôme de Pierra della Francesca. En 1856, l'achat par l'empereur François-Joseph de la collection Manfrin fut à son tour décisif. Il comptait en effet La Vieille de Giorgione, le Saint Georges de Mantegna et le Portrait d'un jeune homme de Memling. Après l'annexion au royaume d'Italie, la galerie et l'école furent définitivement séparées en 1878. L'Accademia, radicalement réorganisée sous la direction de Giulio Cantalamessa, ne répondait plus désormais qu'à sa vocation muséale. En même temps, les œuvres du XIXe siècle furent définitivement écartées et la prédilection pour l'école vénitienne, du XIVe au XVIIIe siècle, clairement énoncée.

De la première guerre mondiale à nos jours

Le conflit de 14-18 n'entraîna aucune perte pour l'Accademia et permit au contraire le retour d'œuvres transférées au musée de Vienne, au temps de la domination autrichienne, ainsi le Saint François de Véronèse, la Madone à l'oranger de Cima da Conigliano, le Polyptyque de Saint-Ambroise de Bartolomeo Vivarini. Réorganisé pendant l'entre-deux-guerres, notamment dans l'ancienne église où l'on découvrit à nouveau les fenêtres gothiques, le musée fit l'acquisition en 1932 de La Tempête de Giorgione. De 1945 à 1960, les efforts financiers se portèrent surtout sur la modernisation des espaces d'exposition, et l'aménagement des salles contenant le cycle de La Légende de sainte Ursule de Vittore Carpaccio ou encore les Récits de la relique de la sainte Croix. Mais, à partir de 1970, les achats reprirent, avec, parmi les plus prestigieux, ceux de L'Incendie de San Marcuola de Francesco Guardi et de La Famille du procurateur Luigi Pisani d'Alessandro Longhi. Depuis 2005 enfin, les bâtiments sont l'objet d'une progressive restauration. L'histoire de la galerie de l'Accademia, extraordinaire écrin d'une des plus belles collections au monde, se poursuit encore ainsi sous nos yeux.
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