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La cathédrale d'Otrante
Patrimoine et mystère...
Postée en sentinelle sur le talon de la botte italienne, Otrante veille depuis des siècles sur l’étroit goulot qui unit la mer Ionienne et le golfe allongé de l’Adriatique. Presque orientale, elle cache au cœur de ses ruelles éclatantes de blancheur une merveilleuse cathédrale, fruit d’un art roman qui a trouvé dans les Pouilles une terre féconde où s’épanouir.

Un cœur médiéval préservé

Otrante a joué dans l’Histoire le rôle d’une porte d’entrée de la péninsule italienne. Cité grecque puis romaine (Hydruntum), aboutissement de la via Traiana et port le plus proche de l’Epire et de Corfou, elle fut le chef-lieu du Salento sous les Byzantins. Importante étape vers l’Orient, elle vit passer les croisades et abritait des colonies de Vénitiens, de Dalmates et de Levantins. L’apogée de sa prospérité, du XIe au XIVe siècle, fut brutalement interrompue en 1480 quand les Turcs l’assiégèrent longuement avant de s’en emparer. Rapidement reprise par les chrétiens, elle ne retrouva jamais la superbe qui avait été la sienne au cours du Moyen Age. C’est, en somme, une chance pour ses visiteurs actuels : Otrante a conservé son cœur médiéval, entouré de murailles léchées par la mer, où un réseau de ruelles s’organise en anneaux concentriques autour de la cathédrale romane.

Un martyrium baroque

La cathédrale, ou duomo, résume l’histoire de la ville : elle est construite sur les ruines d’une maison romaine et d’un premier temple chrétien. C’est le prince normand Bohémond de Tarente qui fait entreprendre vers 1080 la construction de l’édifice actuel. On l’aborde par une façade d'une grande sobriété, ornée d’une rosace relevant du gothique tardif, splendide cercle de dentelle de pierre, qui semble si fragile qu’on s’étonne presque que le temps l’ait épargnée. Un portail baroque donne accès à la nef principale, achevée en 1150. D’élégantes arcades la séparent des nefs latérales. Ces arcs s’appuient sur de fines colonnes à chapiteaux, remplois antiques pour la plupart. L’ensemble est coiffé d’un beau plafond à caissons dont la facture baroque, toute en sobriété géométrique, s’intègre parfaitement à l’atmosphère romane. Près du chœur, la Capella dei Martiri abrite les restes des huit cents martyrs tombés en 1480 sous les coups des Ottomans. Bien dans l’esprit baroque, crânes et ossements forment un mur macabre, en contraste avec une Vierge à l’Enfant en bois du XIVe siècle, pleine de douceur contenue. Mais davantage encore que l’église proprement dite, les merveilles d’Otrante se trouvent sous les pieds des visiteurs : la crypte et le pavement des nefs.

La crypte aux quarante-deux colonnes

Remontant au XIe siècle, elle est originale par sa forme semi-circulaire, avec trois absides saillantes. Quarante-deux colonnes d’une extrême variété de matériaux (marbre, porphyre, granit) et aux chapiteaux tout aussi éclectiques (grecs, romains, byzantins, arabes, romans) soutiennent des voûtes aux élégants arrondis. Avec ses arcs quelque peu outrepassés, elle serait une réplique en miniature de la grande mosquée de Cordoue. Une lumière parcimonieusement distillée par les rares ouvertures des absides crée une atmosphère recueillie. A certains endroits, il fait si sombre que l’on craindrait presque de se perdre dans cette forêt de colonnes. Il faut pourtant retrouver l’escalier qui ramène à l’église et à sa mosaïque géante.

Toute l'histoire du monde, de Gilgamesh au roi Arthur

C’est un fil de pierres colorées qui unit l’ensemble de la Pouille, et la Pouille au reste du monde : les pavements en mosaïque d’époque normande. C’est en effet la « gent de Hauteville » qui a donné à une ancienne civilisation la possibilité de s’exprimer en mêlant mystère, magie et révélations surprenantes. Les Normands donnèrent stabilité et richesse à Otrante, tant et si bien que Guillaume Ier le Mauvais, fils de l’illustre Roger II de Sicile, fit résumer sur le sol de la cathédrale, en un peu plus de 1 000 m2, toute l’histoire du monde. L’œuvre fut commandée en 1163 au moine Pantaléon, recteur de l’école de peinture de l’abbaye qui jouxtait alors l’édifice. Il en naquit un pavement en mosaïque sans équivalent dans tout l’Occident. 600 000 tesselles, tuiles multicolores en calcaire local très dur, furent taillées pour produire cette œuvre unique.

L’histoire se développe autour d’un arbre gigantesque, l’arbre de la vie de Gilgamesh, soutenu par deux éléphants indiens, symbole de la force et de l’équilibre. D’innombrables sujets et personnages de l’histoire du monde y sont représentés : Alexandre le Grand, la tour de Babel, les signes du zodiaque, le diable triomphant, Salomon et la reine de Saba. Des animaux incarnent les vertus et les vices : sphinx ailé (l’énigme), harpies (la voracité), Minotaure (la vulgarité), sanglier (Satan), loup (l'hérésie). Le plus étonnant est la présence d’éléments énigmatiques : sirène à double queue de l’Atlantide, amazone, chat botté, serpent à plumes… On y croise aussi le roi Arthur, qui semble indiquer une trace à suivre : le Saint Graal se trouverait entre Lyon, Londres, Cordoue et Otrante... avis aux amateurs de mystère !
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