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Saint-Jean-d'Acre
Des croisés à Bonaparte, une ville disputée
Aujourd'hui en territoire israélien, le port galiléen d'Acre est l'héritier d'un riche passé dont on retient surtout le temps des croisades et la renaissance à l'époque ottomane. Aprement disputé, il a connu plusieurs sièges, aux XIIe et XIIIe siècles, mais aussi en 1799, quand Bonaparte poussa jusque sous ses murs.

Un lieu chargé d'Histoire

C'est au IIIe millénaire avant J.-C., au début de l'âge du bronze, que la colline du Tell d'Akko, située à 2,5 kilomètres de la vieille ville ottomane, voit s'établir un premier peuplement. Occupée temporairement par les Israélites quand ils s'emparent du pays de Canaan, la ville passe sous le contrôle des Assyriens au IXe siècle avant J.-C., avant de compter, du VIe au IVe siècle, parmi les cités phéniciennes soumises à la domination perse. Après la conquête d'Alexandre, la cité actuelle est fondée sur la péninsule qui l'isole de la côte et revient aux Ptolémées d'Egypte, d'où son nom de Ptolémaïs. Elle passe ensuite sous la coupe des Séleucides d'Antioche puis, en 63 avant notre ère, sous celle des Romains. Les premiers siècles de l'Empire byzantin la voient bénéficier d'une belle prospérité, effacée en 638 par la conquête arabe.

Akko, qui a repris le nom du site voisin, relève, au Xe siècle, du califat fatimide du Caire et voit décroître ses activités portuaires et commerciales, mais, en 1104, sa prise par les croisés est à l'origine d'un nouvel élan. Les marchands vénitiens, pisans ou génois viennent alors s'y installer, tout comme les ordres militaires de l'Hôpital et du Temple, et l'on construit alors l'église Sainte-Croix. Redevenue active et prospère, la cité est un lieu d'échange des produits d'Orient et d'Occident. Saladin s'en empare en 1187 mais les croisés la reprennent quatre ans plus tard et, faute d'avoir pu récupérer Jérusalem, en font la capitale du royaume fondé par Godefroy de Bouillon. Un siècle durant, Acre redevient la porte d'entrée maritime de la Terre sainte, se dote d'un nouveau rempart, se couvre d'églises et crée de nouveaux quartiers. Les mamelouks égyptiens la prennent en 1291 et la conservent jusqu'en 1517, date à laquelle ils en sont chassés par le sultan ottoman Sélim le Terrible. La cité est alors détruite et abandonnée et il faut attendre le milieu du XVIIIe siècle et la reconstruction entreprise par le pacha Daher el Amar pour qu'elle entame une brillante renaissance.

Elle a encore une fois rendez-vous avec la grande Histoire quand Bonaparte vient l'assiéger en 1799. Après un XIXe siècle qui la voit retrouver son lustre d'antan, elle est supplantée, au XXe, à l'époque du mandat britannique, par sa voisine Haïfa dont le site apparaît plus propice à l'établissement d'un port moderne.

Port principal de la Terre sainte, Acre a été très disputée

La ville a vu se dérouler plusieurs épisodes majeurs de l'histoire des croisades. Prise en 1104 par Baudouin Ier de Jérusalem, elle ne va guère résister en 1187 à la reconquête engagée par Saladin au lendemain de la victoire remportée à Hattin sur l'armée franque de Guy de Lusignan. Il s'agit, pour le souverain ayyoubide qui s'apprête à assiéger Jérusalem, de prendre le contrôle d'un port susceptible d'accueillir des renforts croisés venus par mer. Le 10 juillet 1187, Josselin de Courtenay livre la cité sans combattre. A partir de l'été de 1189, Guy de Lusignan, désormais roi sans royaume de Jérusalem, prise en octobre 1187, vient assiéger Saint-Jean-d'Acre. La mort de l'empereur germanique Frédéric Barberousse affaiblit la troisième croisade, mais l'arrivée du comte Henri de Champagne puis celles, en avril et en juin 1191, de Philippe Auguste et de Richard Cœur de Lion créent un nouveau rapport de forces, et la garnison musulmane est contrainte à la reddition en juillet.
Un siècle plus tard, ce qui reste des Etats latins de Terre sainte – Saint-Jean-d'Acre, Beyrouth, Tyr et Saïda – se retrouve sous la menace des Mamelouks égyptiens. Des croisés récemment arrivés d'Europe ayant massacré des paysans et des marchands musulmans, le sultan mamelouk Al Ashraf Khalil vient assiéger la ville en avril 1291. Après l'échec des tentatives de sortie lancées par les Templiers, l'assaut général est donné du 18 au 28 mai et permet aux assaillants de s'emparer d'Acre, farouchement défendue jusqu'au bout. L'événement marque la fin de la présence franque en Terre sainte, Tyr, Saïda et Beyrouth tombant elles-mêmes peu après. Cinq siècles plus tard, en mars 1799, Bonaparte tente à son tour de prendre la ville, mais la garnison est ravitaillée et renforcée par la Royal Navy qui croise à proximité. Les Turcs menacent les assiégeants du côté de la terre, mais la belle victoire remportée par Kléber et Junot au mont Thabor encourage Bonaparte à relancer plusieurs assauts, finalement brisés. L'échec du corps expéditionnaire français est lourd de conséquences car il scelle l'alliance du sultan et de l'Angleterre.

Les charmes de la vieille ville ottomane

Défenseur de la ville, Djezzar Pacha a aussi contribué à son embellissement. Il restaure les murailles de la citadelle, tout en conservant les structures souterraines aménagées par les croisés, dont le célèbre « tunnel des Templiers » qui permit l'évacuation de nombre de chrétiens en 1291. Il fait également construire un hammam qui, inspiré de celui du Caire, s'inscrit aussi dans la tradition des thermes antiques. La mosquée el Jazzar, édifiée à partir de 1781, l'est à l'emplacement d'une ancienne église byzantine que les Arabes ont remplacé, après la conquête de la ville, par un sanctuaire musulman, lui-même détruit par les croisés en 1104. Le souk el Abiad ou Bazar blanc, fut construit à partir de 1750 par Dahar el Omar, puis réaménagé en 1818 par Soliman Pacha, le successeur de Djezzar. Il apparaît comme une longue allée couverte d'une coupole, bordée sur chacun de ses côtés de niches accueillant des boutiques. L'ancienne ville vaut aussi par ses khans, les caravansérails qui accueillaient jadis les voyageurs mais qui sont occupés aujourd'hui par des commerces. Acre en compte trois, édifiés à la fin du XVIIIe siècle par Djezzar : le Khan erl Umdan ou « auberge des Piliers », le Khan el Shawarada et le Khan el Afraj, celui « des Francs », construit là où se dressait jadis un couvent franciscain. Héritière d'une histoire aussi longue que tumultueuse, Acre témoigne donc encore aujourd'hui de ce que fut la rencontre, souvent conflictuelle de l'Orient et de l'Occident.
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