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La Via Dolorosa
Entre Histoire et piété
La Via dolorosa le long de laquelle Jésus se serait avancé vers le lieu de sa crucifixion n’a pas été identifiée à partir d’une recherche historique rigoureuse, mais s’est imposée au cours des siècles dans l’imaginaire des croyants. A l’origine, les pèlerins byzantins venus sur les lieux de la mort du Christ organisaient, dans la nuit du Jeudi saint, une procession les conduisant de Gethsemani jusqu’au mont du Calvaire, mais l’itinéraire retenu changea souvent et des parcours différents coexistèrent à l’époque du royaume latin de Jérusalem. C’est dans le contexte de la révolution spirituelle initiée par les franciscains et du fait des mutations de la religiosité dans la Chrétienté latine d’Occident, à partir des XIVe et XVe siècles, que les choses évoluèrent pour aboutir, au XVIIIe siècle, à la définition du chemin emprunté aujourd’hui, même si les emplacements de certaines des quatorze stations reconnues ont encore varié au XIXe siècle.

Un parcours suivi par des foules de pèlerins

L’itinéraire emprunté par les fidèles ne suit pas un tracé historiquement établi et la localisation des quatorze stations est tout à fait arbitraire. Il faut, de plus, préciser que les trois chutes de Jésus et sa rencontre avec Véronique ne figurent pas dans les récits évangéliques, enfin que le sol des quartiers parcourus a été relevé de plusieurs mètres du fait des travaux réalisés à l’époque d’Hadrien, au IIe siècle après J.-C. Il n’en reste pas moins que l’importance qu’a revêtue la mort de celui que des milliards d’hommes vont ensuite reconnaître comme le Fils de Dieu venu racheter le péché originel et assurer le Salut de ses fidèles a naturellement conduit les pèlerins à suivre ses pas, au long d’un chemin qui s’est imposé au fil du temps, à la faveur de l’accumulation des croyances et traditions. Il va de l’Antonia, le prétoire où aurait pu siéger Ponce Pilate, à la basilique du Saint Sépulcre, bâtie sur le Golgotha, « la colline du crâne », où avaient lieu les exécutions capitales. Plus que la découverte d’un parcours historique, c’est la volonté de porter symboliquement la croix du Christ qui a motivé les innombrables pèlerins venus revivre à Jérusalem la Passion de leur Sauveur. Les stations se succèdent, du lieu de la condamnation par Ponce Pilate à celui de la mise au tombeau. Après avoir été flagellé et couronné d’épines, Jésus est chargé de sa croix et tombe pour la première fois, puis il rencontre sa mère avant que Simon de Cyrène ne vienne l’aider un temps à porter son fardeau. Il se retrouve ensuite face à Véronique, qui essuie son visage ensanglanté. Il tombe pour la deuxième fois, puis console les femmes de Jérusalem qui pleurent sur son sort. Il tombe pour la troisième fois avant d’être, à la dixième station, dépouillé de ses vêtements, et son sacrifice s’achève avec sa crucifixion et sa mort, suivie de la descente de croix et de sa mise au tombeau. La magie qu’inspire ce récit sacré va opérer ensuite pendant vingt siècles et c’est elle que ressent encore Pierre Loti quand il nous dit que « cette Voie douloureuse, le mystère des pénombres la transfigure ; son nom seul, que je redis en moi-même, est une sainte musique ; le grand souvenir semble chanter partout dans les pierres… »

Un retour nécessaire sur l’Histoire

La genèse de la Via dolorosa doit en fait beaucoup à la perception qu’ont eue les chrétiens d’Occident de la Passion du Christ. Ils ont d’abord tenu à édifier dans leurs pays des sanctuaires commémorant le sacrifice du Sauveur, et cette dévotion s’est largement développée à la faveur des croisades. Le monastère italien de Borgo San Sepolcro, l’église circulaire du bourg berrichon de Neuvy-Saint-Sépulcre ou le prieuré de Sainte-Croix à La Charité-sur-Loire illustrent le phénomène dès les XIe et XIIe siècles qui voient les débuts de l’architecture romane. Le XIVe siècle va apparaître ensuite comme un moment décisif dans l’histoire de la dévotion au chemin de Croix. C’est à cette époque que l’on identifie la forteresse Antonia au prétoire où Pilate aurait rendu son verdict et que l’on commence à construire le récit des « stations » successives, bientôt reconstituées dans les sanctuaires d’Occident. Cette époque, marquée par les terribles crises que furent la peste noire et la guerre de Cent Ans a aussi favorisé l’apparition d’une sensibilité religieuse nouvelle, propice à la méditation sur les souffrances du Christ. Les angoisses d’un temps qui voit apparaître le thème des danses macabres et des représentations différentes de la mort individuelle engendrent de nouvelles ferveurs qui s’expriment dans les processions de flagellants où les horizons ouverts par la mystique rhénane ou néerlandaise. L’irruption du pathétique dans la littérature et l’art, qui va atteindre son apogée avec les représentations de la Passion d’un Grünewald, pousse naturellement à l’exaltation des souffrances du Christ, déjà présente dans la piété franciscaine héritée des stigmates reçus par le fondateur des Frères mineurs. A la fin du Moyen Age, c’est l’auteur flamand de l’Imitation de Jésus-Christ qui recommande à ses lecteurs de s’identifier au Sauveur portant sa croix. Le spectacle de la Passion s’impose également dans les mystères qui fleurissent un peu partout et font écho à l’évolution qui a conduit des représentations du Pantocrator byzantin ou roman au Christ souffrant de Perpignan. Les récits des pélerins qui se sont rendus en Terre sainte contribuent à l’essor de cette nouvelle piété qui s’est enrichie au XVe siècle d’éléments complémentaires au récit traditionnel de la Passion, ainsi en est-il de la tradition de Véronique. A partir du XVIe siècle, divers auteurs tels que Jean Pascha ou le franciscain Boniface de Raguse entreprennent enfin de fixer le parcours de la Via dolorosa qui va s’imposer progressivement aux fidèles et devenir l’un des actes de piété incontournables des pèlerins se rendant à Jérusalem.
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