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Ombragé et fleuri au cœur des régions arides, le jardin persan, dont le nom en vieux perse était paridaisa, est bien le lieu édénique de la rêverie mystique, poétique ou amoureuse. Héritier des plus anciennes traditions mésopotamiennes, le jardin persan a développé sa propre harmonie durant toute l’histoire de la Perse, jusqu’aux régions voisines de l’Inde et de l’Ouzbékistan.

Les jardins antiques 

A l’origine, il semblerait que les premiers jardins soient nés en Mésopotamie, en association avec les temples. Mais, dès le lointain empire d’Akkad, un jardin « laïc » apparaît, relié au palais du souverain. Plus tard, au VIIIe siècle av. J.-C., les empereurs du second empire assyrien sont les premiers à concevoir un jardin royal aux proportions monumentales, qui symbolise la légitimité du souverain, garant de la fécondité de l’agriculture. Le roi y illustre sa capacité à rendre la terre fertile, par l’aménagement de canaux d’irrigation permettant la culture d’espèces variées, souvent importées des territoires conquis.
Cette conception du roi bon jardinier et cultivateur est consciemment reprise par les souverains achéménides qui fondent le premier grand empire perse à partir de VIe siècle av. J.-C. Partout où ils résident, ces empereurs font édifier de vastes paridaisa, à la fois réserves de chasse et jardins botaniques. Ainsi, à Pasargades, la capitale de Cyrus le Grand, le palais prend la forme de pavillons d’apparat disséminés dans un vaste jardin planté d’essences rares. Les fouilles archéologiques ont livré le plan d’un jardin rectangulaire, entouré de hauts murs, parcouru de canalisations de pierre et jalonné de bassins.

Les caractéristiques du jardin persan classique

Le jardin achéménide contient déjà en germe les principales caractéristiques de son héritier persan : la clôture de l’espace, son organisation géométrique et l’importance de l’eau. Tous ces éléments, contrastant avec l’environnement aride de la région, magnifient une agriculture intensément irriguée et témoignent de la maîtrise exercée par l’homme sur les éléments.
Paradoxalement, les véritables concepteurs du jardin persan classique sont les Mongols Timourides qui, s’inspirant très probablement de ce qu’ils virent en Perse, créèrent à Samarcande à la fin du XIVe siècle, le modèle du chahar-bagh (littéralement « quatre jardins»), le jardin quadripartite de plan centré. Le jardin mongol est entouré de murs, le long desquels coule à l’intérieur un canal planté d’un côté de peupliers, de l’autre d’iris, puis d’abricotiers, de pêchers et de rosiers. Au centre, un bassin devant un pavillon de plaisance recueille l’eau du grand canal axial fleuri d’iris et de soucis. De part et d’autre de ce canal, l’espace libre est divisé de chaque côté par de nouveaux canaux, en deux grandes terrasses plantées d’arbres fruitiers : des grenadiers, des cognassiers, des pêchers et des poiriers, tandis qu’à leurs pieds, roses, tulipes, jasmins et violettes s’étalent en prairies.
Cet univers clos, dont la forme se répand dans toute la région, se pare progressivement d’un symbolisme religieux et philosophique. Si l’architecture quadripartite du jardin apparaît d’abord comme une représentation cosmique des points cardinaux, reliée aux quatre éléments naturels fondamentaux, cette organisation résonne à la période islamique avec les quatre fleuves du paradis coranique, dont le jardin est l’image terrestre. Topos majeur de la poésie persane qui le magnifie, le jardin devient le lieu d’une intense expérience sensorielle, propice à la méditation mystique ou à la rencontre amoureuse.

Le jardin persan à l’époque moderne

A l’époque safavide, la forme du jardin reste stable, mais il acquiert une nouvelle dimension urbaine. Lorsque Shah Abbas Ier décide, à partir de 1598, de la reconstruction de sa capitale Ispahan, il la conçoit comme un véritable jardin-ville, où un réseau d’espaces naturels dessine la scène urbaine. De cette époque, de nombreux jardins sont conservés ; dans la ville même d’Ispahan, le palais de Chehel-Sotun (littéralement « quarante colonnes ») compte parmi les plus beaux et témoigne au mieux de l’heureuse alliance entre l’architecture et le jardin, dans laquelle l’eau joue un rôle prépondérant. Démultipliant les colonnes du palais, l’eau du grand bassin recrée un édifice onirique entouré de verdure, et serpente par petites cascades et canaux parmi les arbres et les fleurs.
A la fin du XVIIIe siècle, sous l’influence culturelle de l’Europe, une évolution importante se fait jour. En rupture avec l’espace clos de relativement petites dimensions des périodes précédentes, les souverains Qadjars construisent à Téhéran de vastes jardins généralement situés à l’extérieur de la ville, vers le nord. Ils présentent de fortes dénivellations pour permettre au regard de courir, dans de grandes perspectives, vers les paysages lointains au-delà des murs.

Tranchant sur la nature aride, le jardin persan déploie la magnificence de son architecture, de ses arbres et de ses fleurs. Mais, au-delà de sa beauté, c’est une véritable forme culturelle qui fonctionne, dès ses origines et tout au long de son histoire, comme un puissant lieu métaphorique à la fois politique, social et religieux.
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