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Le canal de Corinthe
Du rêve à la réalité
Un site hors du commun

Toute personne découvrant le canal de Corinthe ne peut que faire sienne la réflexion du dessinateur Jean-Marc Reiser affirmant que « vivre à côté d'une nationale, c'est l'enfer. Une voie ferrée, on s'y habitue. Un canal, c'est un paysage ». Séparant le Péloponnèse de la Grèce continentale au point le plus étroit de l'isthme qui les relie, cette percée d'environ 6 kilomètres de long permet le passage du golfe de Corinthe au golfe Saronique. Elle se présente comme une tranchée aux parois abruptes, profonde de 80 mètres et large de 24, creusée dans un paysage d'allure presque lunaire, écrasé par le soleil. Les eaux de couleur turquoise contrastent fortement avec la blancheur des falaises calcaires qui les surplombent. Seuls signes visibles de la civilisation, la voie de chemin de fer et les quatre ponts routiers qui franchissent le canal rattachent la péninsule au continent. On remarque aussi les anciens chemins de halage qui, taillés à même la roche, permettaient jadis la traction à bras d’hommes des bateaux dépourvus de moteur.

L’ancien Diolkos

Le projet d’un canal perçant l’isthme de Corinthe et évitant aux navires reliant la mer Ionienne à la mer Egée le dangereux périple du Péloponnèse – dont les trois caps étaient jugés dangereux par les Anciens – remonte au VIIe siècle avant Jésus-Christ. Pour éviter les difficultés techniques propres à la mise en œuvre d'une telle entreprise et pour faire mentir les mauvais présages annonçant que le malheur allait s'abattre sur les responsables du chantier, on fit le choix d'aménager une route pavée et dotée de rainures, le diolkos, qui devait permettre le transport des marchandises ou des navires entre les deux extrémités de l'isthme. Cette route s'étirait sur 8 kilomètres et son tracé correspondait à celui de l'actuel canal. Elle aurait été construite à la fin du VIIe ou au début du VIe siècle av. J.-C., à l'époque où le tyran Périandre était au pouvoir à Corinthe. Les inscriptions et la céramique trouvées sur le site l’attestent et, dans son Histoire de la guerre du Péloponnèse, rédigée à la fin du Ve siècle avant J.-C., l'historien Thucydide estime l’ouvrage déjà ancien. Le diolkos serait resté en service de manière régulière au moins jusqu'au milieu du I er siècle de notre ère.
Cette voie de communication présentait un intérêt stratégique et commercial certain et, à l’instar des marchandises, plusieurs armées l’empruntèrent, comme le firent les forces spartiates en 428 avant J.-C. pour menacer Athènes, ou encore Octave qui, poursuivant Marc-Antoine à l’issue de la bataille d’Actium livrée en -31, ordonna de faire passer par cette route une partie de ses vaisseaux. Cependant, l’idée d’entreprendre la percée de l'isthme demeurait car l'entretien du diolkos, si utile qu'il fût, mobilisait une main d'œuvre nombreuse.
C'est en utilisant une pelle d'or que l'empereur Néron lança, en 67 après J-C, les travaux de percement d’un canal, ce qui condamnait à terme le recours à la route. Le chantier disposa d'une main d'œuvre de six mille prisonniers juifs envoyés par Vespasien, alors légat de Judée où il venait de mater une révolte d'envergure. Galba, le successeur de Néron, arrêta les travaux et, conscient de la charge financière qu'impliquait la réalisation d'un tel projet, décida d'y mettre un terme. Mais l’antique diolkos, dont le tracé se confondait avec celui du canal, avait été en partie détruit.

De l’indépendance grecque au percement du canal moderne

Déclenchée contre la domination ottomane en 1821, l'insurrection grecque suscite la sympathie en Europe et, lors de l'expédition de Morée, la France intervient au profit des rebelles. C'est l'occasion, pour l'ingénieur Pierre-Théodore Virlet d'Aoust, d'imaginer un nouveau projet de percement de l'isthme, proposé ensuite au gouvernement de la Grèce devenue indépendante. Le coût de l'entreprise est estimé à 40 millions de francs-or et il faut attendre 1869 et l’ouverture du canal de Suez pour que l’idée émise quarante ans – voire dix-huit siècles – auparavant, aboutisse à une loi qui, votée par le gouvernement grec, autorise enfin le percement de l’isthme de Corinthe. Les entrepreneurs français E. Piat et M. Chollet sont désignés pour réaliser l’ouvrage, mais le projet reste lettre morte. Il faut encore attendre dix ans pour que, dans le cadre d'une concession, le gouvernement d'Athènes confie, en 1881, au général hongrois István Türr, la mission d'ouvrir le passage. La Société internationale du canal maritime de Corinthe, compagnie française fondée en 1882 par Istvan Türr et le banquier français Jacques de Reinach, entreprend alors les travaux, lancés officiellement par le roi de Grèce Georges Ier le 23 avril de la même année.
Les mois qui suivent sont cependant pavés d’embûches : les études géologiques réalisées antérieurement sont incomplètes, ce qui entraîne un surcoût des matériaux utilisés. Très vite, la solvabilité de l’entreprise est mise en doute par les investisseurs et, en 1889, le scandale de la compagnie du canal de Panama amène la société, qui ne parvient plus à lever des fonds, à déclarer la banqueroute. Le chantier est suspendu, alors qu'il reste encore un quart de la surface à terrasser. Grâce à la création d’une nouvelle société, grecque cette fois, les travaux reprennent en 1890 et l’inauguration a enfin lieu, le 25 juillet 1893, en présence du roi Georges Ier. Ironie de l’histoire, c’est un navire français, le Notre-Dame-du-Salut, qui effectue la traversée d’inauguration en 1894, des glissements de terrain ayant retardé l'ouverture de la voie d'eau.
Des difficultés demeurent cependant. L’étroitesse du canal rend la navigation difficile et ses parois abruptes sont fragilisées par les mouvements des marées entre les deux golfes et par la force des courants. De nouveaux glissements de terrain nécessitent même, en 1923, sa fermeture pour une longue période. Toutes ces raisons font que le canal est essentiellement fréquenté aujourd'hui par des bateaux de tourisme et de plaisance dont les passagers peuvent pleinement goûter les charmes de ce paysage insolite.
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